Front de gauche

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Généreux-Mélenchon. »Nous on peut !

Créé par le 23 oct 2011 | Dans : Front de gauche

Pourquoi et comment un pays peut toujours faire ce qu’il veut face aux marchés, face aux banques, face aux crises, etc.

Par Jacques Généreux • Mes livres

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Texte de la 4e de couverture

On connaît tous la rengaine de l’impuissance : « Dans une économie mondialisée, le gouvernement d’un seul pays ne peut plus faire grand-chose pour contrer le pouvoir de l’argent et des marchés. Ne songez donc pas à faire payer les riches, à mater les spéculateurs ou à présenter la facture des crises aux vrais responsables ! Ce n’est plus possible, et les peuples doivent accepter la régression sociale nécessaire pour payer la crise à la place des banquiers et des rentiers qui l’ont provoquée ! C’est ignoble, mais c’est ainsi : on ne peut pas faire autrement ! »

Eh bien, Nous on peut !, comme l’explique ce bref précis d’économie politique à l’usage du simple citoyen. « Nous », c’est-à-dire l’autre gauche incarnée ici par le secrétaire national à l’économie du Parti de gauche et par le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui préface l’ouvrage. Avec le talent pédagogique qui fait le succès permanent de ses livres d’économie, Jacques Généreux montre que la mondialisation néolibérale n’est pas une fatalité : c’est un processus politique entièrement commandé par des gouvernements nationaux qui font en réalité ce qu’ils veulent. Il explique comment un gouvernement déterminé peut se débarrasser des spéculateurs, reprendre le contrôle de la finance, surmonter la crise de la dette publique, s’affranchir du carcan imposé par les traités européens, sans même sortir de l’Union européenne ou de l’euro.

« Donnez-nous une semaine, un mois peut-être, et, en voyant ce que, nous, on peut faire, tous les Européens sauront aussitôt que le seul et unique obstacle à une autre politique… c’est leur gouvernement. »

Table des matières

Place au peuple !  Préface de Jean Luc. Mélenchon

1. Face à la rengaine de l’impuissance (introduction générale)

2. La politique gouverne toujours l’économie

Quand, pourquoi, comment ? Les trois âges du capitalisme

Qui a passé les menottes aux États, et dans quel but ?

Qui perd réellement du pouvoir ? Les citoyens, pas les États !

Le cas singulier de l’Union européenne

La seconde victoire politique du néolibéralisme

La mondialisation qui n’a pas eu lieu

3. Comment gouverner face aux banques, face aux marchés, sans faire payer aux peuples les crises de la finance ?

D’où viennent les crises du capitalisme ?

La déraison de la finance libre

D’où vient la crise contemporaine ?

L’origine de la crise de la zone euro : la crise privée changée en crise publique

Comment les gouvernements de l’UE se servent des crises

Comment gouverner face aux banques et aux marchés financiers ?

Comment surmonter la crise de la dette publique ?

N’ayez pas peur des représailles

4. Faut-il sortir de l’euro ? Comment s’affranchir de l’eurolibéralisme sans sortir de l’Union européenne ?

La nécessaire refondation de l’Union monétaire

L’Union monétaire est devenue l’instrument d’une régression économique et sociale

Ce n’est pas l’euro qui engendre la crise, mais le capitalisme et les politiques néolibérales

Le retour d’une monnaie nationale n’est pas nécessaire pour mener une politique nationale autonome

Une stratégie alternative : sortir du traité de Lisbonne en restant dans l’Union européenne.

Les options possibles face à un éventuel éclatement de la zone euro

En guise de conclusion : la révolution citoyenne passe par le bouleversement des possibles

 

A la Fête de l’Huma, Jean-Luc Mélenchon appelle à la « révolution citoyenne »

Créé par le 19 sept 2011 | Dans : Front de gauche

LEMONDE.FR avec AFP | 18.09.11

Il a été la vedette de la Fête de l’Humanité qui a réuni cette année plus de 500 000 personnes. Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon a véritablement lancé la campagne présidentielle du Front de gauche (Parti de gauche, Parti communiste français et Gauche unitaire). 2012 oblige, le traditionnel discours de clôture de la Fête de l’Humanité, dimanche, avait été remplacé par un meeting commun.

Entre deux averses, Jean-Luc Mélenchon a donc enfilé son costume de candidat – sans oublier la cravate rouge – pour un discours d’une dizaine de minutes. Devant une foule compacte, le « candidat commun » a dénoncé les « tyrans » du G8 et G20 présidé par Nicolas Sarkozy dont le nom a été hué. « Le jour s’est levé, celui de la grande révolution citoyenne » , a-t-il lancé avant de s’exclamer : « Nous ne réclamons rien d’autre que de vivre décemment de notre paie. »

« RÉSISTONS ! »

Brandissant le livre-programme du Front de gauche, L’Humain d’abord publié cette semaine et vendu deux euros, M. Mélenchon a de nouveau appelé à l’interdiction des licenciements boursiers, à la taxation des « entreprises félonnes » et a dénoncé « les banques qui se sont gavées d’argent ». « Non, ce n’est pas l’immigré qui prend votre pain, c’est le financier ! », s’est-il exclamé.

Sous les applaudissements du public, il s’est prononcé pour un smic à 1700 euros, la sortie du traité de Lisbonne ou encore l’instauration d’une VIe République. « Résistez, résistez, ne cédez jamais, résistez », a-t-il lancé à la foule qui lui a répondu sous des applaudissements « Résistons ! »

« METTRE DEHORS » SARKOZY ET LE PEN

Quelques minutes plus tard, c’était au tour de Pierre Laurent de prendre la parole. C’est au gouvernement et à Nicolas Sarkozy que le premier secrétaire du PCF a réservé ses premières flèches. « Depuis cinq ans, le président, valet à la tête d’une armée de valets, abîme le pays (…) Sarkozy, ton règne est fini, Sarkozy dehors, bientôt tu entreras au Panthéon des dangereux inutiles ».

Celui qui présidera le conseil national de campagne du Front de gauche a enchaîné sur la crise de la dette. « Non, ce n’est pas au peuple de payer la crise, c’est aux marchés financiers ! » La voix cassée par un week-end passé à débattre, M. Laurent a dénoncé la règle d’or, « une camisole de force avec un seul principe : la soumission, toujours et encore, la soumission à la finance ».

Appelant à « mettre dehors » Sarkozy et Le Pen, il a enfin appelé à « trouver le chemin de l’unité . Reprenant une formule utilisée samedi, il a lancé : « Il y a vingt ans, vous nous disiez : ‘soyez démocratiques’ et nous sommes devenus démocratiques. Il y a dix ans, nous disiez : ‘Soyez écologistes’ et nous sommes devenus écologistes. Alors, aujourd’hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : ‘Soyez de gauche’ ». Vingt minutes sont passées. L’Internationale et la Marseillaise entonnés, la fête doit reprendre ses droits. Nolwenn Leroy avait cédé la place à Jean-Luc Mélenchon, c’est maintenant à Yannick Noah d’entrer sur scène.

«Le programme du PS, c’est une politique de superaustérité»

Créé par le 30 juil 2011 | Dans : Battre campagne, Front de gauche

Libération , mercredi 20 juillet 2011
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, attaque Martine Aubry et François Hollande sur leurs «divisions surjouées» et détaille ses idées pour 2012.
François Wenz-Dumas

Candidat du Front de gauche à la présidentielle depuis la mi-juin, Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG) affiche son ambition pour 2012 : détourner «2 à 3 millions d’électeurs socialistes» du vote utile.

Quelles sont vos premières impressions de candidat ?
Notre premier meeting à Paris a été un déclic. Le point de départ d’un cycle conquérant après une année où le Front de gauche a fait ses preuves dans la bataille des retraites et dans les urnes avec un score à deux chiffres [10,38%, ndlr] aux cantonales.

Vous voyez toujours la primaire PS comme un «PMU politique» ?
Là où il y en a eu, les primaires ont désintégré le parti qui les portait. En Italie, le résultat a été tragique : une raclée face à Berlusconi, la destruction de la gauche organisée dont il ne reste qu’une chose sans colonne vertébrale nommée Parti démocrate… Les primaires sont une machine à niveler. Les sondages poussent les électeurs vers le moins dérangeant. Les primaires produisent donc des divisions surjouées entre copies conformes. Mais peut-être que les socialistes vont trouver la formule magique ! Je leur souhaite bonne chance.

Le PS et Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) discutent programme, pourquoi le Front de gauche n’en est-il pas ?
Nous sommes prêts au débat. Mais qu’il soit public. Ce qui nous sépare sera ainsi tranché par le suffrage universel.

Ne craignez-vous pas d’apparaître en diviseur ?
Non. A l’heure actuelle, à gauche, il n’y a qu’un seul pôle de rassemblement et de stabilité : le Front de gauche. Sauf erreur, il n’y a pas de programme commun du PS et d’EE-LV… Ils en sont loin.

Mais ils discutent…
Certes, ils ont en commun le oui au traité de Lisbonne. Mais, à présent, Aubry et Hollande font de la surenchère à la rigueur. Ils veulent revenir à 3% de déficit public en un an. Leur programme, c’est donc une politique de superaustérité ! Eva Joly accepte ça ? Pas nous. Les électeurs ont donc un choix clair.

Justement sur l’Europe, qu’est-ce qu’un Mélenchon président proposerait pour régler la crise de l’euro ?
Les Etats de l’Union doivent pouvoir emprunter directement auprès de la Banque centrale européenne pour étouffer la spéculation. Et il faut aussi arrêter «l’Europe passoire», sans visas sociaux et environnementaux pour les marchandises, relocaliser un maximum de productions. Le reste doit se faire par coopération négociée. Certains appellent ça «démondialisation». Je préfère parler d’«altermondialisme».

Qu’attendez-vous du sommet de l’UE sur la situation de la Grèce ?
Nous payons cher le refus de punir la spéculation. Les dirigeants actuels sont aveuglés par leurs dogmes libéraux. La capitulation de Papandréou a facilité la contagion spéculative et l’aveuglement libéral. Il faut changer de méthode ! Résistons ! La BCE doit racheter la dette grecque avant qu’il ne soit trop tard. Elle doit permettre l’emprunt direct auprès d’elle pour tous les Etats de l’Union. Il faut
étouffer la spéculation, pas les peuples.

Vous parlez de «planification écologique». L’Etat doit-il tout organiser pour régler les problèmes environnementaux ?
La planification écologique consiste à rétablir les avantages du temps long dans la gestion publique pour garantir le respect de l’écosystème. Il faut d’autres méthodes de travail, de production, d’autres énergies… Mais ce n’est pas à l’Etat de tout planifier. C’est davantage une logique locale. L’Etat doit être l’organisateur des réseaux, le diffuseur des techniques, le gardien des objectifs, et l’échelon local l’inventeur démocratique et le maître d’oeuvre.

Vous êtes pour la sortie du nucléaire, et les communistes contre…
Ce débat traverse toutes les organisations politiques, sauf EE-LV et le Parti de gauche. Le Front de gauche s’est accordé sur trois idées : sortie des énergies carbonées, effort de recherche et d’innovation dans les énergies alternatives, référendum sur le nucléaire. Les socialistes en restent, eux, aux vieilles recettes.

Vous souhaitez instaurer un plafond de 5% de contrats précaires dans les grandes entreprises et 10% dans les petites. Est-ce la bonne méthode pour inciter à embaucher en CDI ?
C’est la seule. Le CDI doit redevenir la norme de l’ordre public social. Des gens qui ont peur du lendemain sont moins épanouis au travail et dans la société que des gens qui sont stabilisés. Le Front de gauche veut aussi titulariser les 850 000 précaires des trois fonctions publiques [d'Etat, territoriale et hospitalière, ndlr].

Mais si les entreprises choisissent ce type de contrat, c’est aussi parce qu’elles n’ont pas les moyens de multiplier les CDI…
Non. Ce sont de purs effets d’aubaine. Le pays a vécu avec le CDI comme règle pendant ses meilleures années de plein-emploi : les Trente Glorieuses. Qu’est-ce que le pays a gagné depuis que la précarité s’est généralisée ? Une décomposition de tous les liens sociaux.

Autre mesure : le salaire maximum. N’est-ce pas une atteinte au principe constitutionnel de libre entreprise ?
La Constitution permet de fixer un salaire minimum, elle permet donc un salaire maximum. Et le rapport de 1 à 20 est quand même large ! N’importe quel chef d’entreprise peut décider de se payer plus, mais il faudra qu’il en fasse autant avec le dernier arrivé en bas de la grille salariale. Les socialistes ont repris l’idée mais pour la limiter aux entreprises publiques. C’est de l’esbroufe !

Quelles sont vos propositions en matière de fiscalité ?
Je suis opposé à la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. L’impôt doit être adapté aux capacités de chacun. Il faut remonter à 14 tranches, dont la dernière à 100%. Tout ce qui est au-delà de 365 000 euros par an – soit 0,05% du total des contribuables – revient dans les caisses de l’Etat. On ne peut pas écrire partout «Liberté, Egalité, Fraternité», avoir des gens qui ont des revenus 450 fois supérieurs à la norme et 8 millions de pauvres.

Que visez-vous dans cette élection ?
Une alternative gouvernementale réelle ! Nous sommes la nouvelle résistance qui fait renaître l’idée d’un partage radical des richesses. Pour cela, je veux ramener 2 à 3 millions d’électeurs socialistes vers le Front de gauche. Mais je n’exclus pas une accélération de l’histoire sous l’effet de la crise. Dans ce cas, nous pouvons gagner. Nous serons alors le coeur d’un nouveau front populaire.

Le Parti de gauche : populaire ou populiste? Une juste incarnation du besoin de rupture, par Roger Martelli

Créé par le 20 nov 2010 | Dans : Battre campagne, Front de gauche

L’abstention devient en France un phénomène de masse. Les Français considèrent que les hommes politiques ne sont pas à l’écoute de leurs préoccupations. Des responsables de la République pratiquent la discrimination d’Etat, contre les immigrés, les Roms ou les quartiers « sensibles ». Or voilà que, si l’on s’indigne, ce devrait être contre « les populismes ».

Il y a trop de facilité dans le consensus qui s’installe sur l’usage universel et indifférencié du terme. Historiquement, la France a connu du césarisme, du bonapartisme, de l’orléanisme, du fascisme, du néolibéralisme, du socialisme, de l’anarchisme, de l’écologisme ou du communisme. On serait bien en peine d’y trouver « un » populisme ou « des » populismes.

Dans beaucoup de familles politiques, il n’a pas manqué de démagogues qui flattent le peuple en parole, pour le maintenir en pratique dans son antique sujétion. Surtout à droite, on a usé et use encore volontiers des limites de la démocratie représentative pour tourner le ressentiment populaire contre la démocratie tout court.

Cela nous rappelle qu’il ne suffit pas de flatter le peuple pour être populaire, de « parler » peuple pour « être » peuple. Voilà près de trente ans que des gouvernements conduisent des politiques qui accélèrent la pente économiquement libérale ou s’en accommodent. Voilà plus de trente ans que des compétences réelles et des bonnes volontés indéniables sont mobilisées pour expliquer que ces choix sont des contraintes inexorables.

En vertu de quoi, que les pouvoirs soient de gauche ou de droite, les services publics se réduisent, les protections collectives s’évanouissent et les inégalités se creusent. Telles sont les causes du gouffre qui sépare le peuple des institutions. Sans une rupture avec elles, les compétences s’enferment dans une bulle, l’expertise ne sert plus qu’à justifier le désordre existant, la politique perd son sens et l’esprit public s’anémie.

Inscrit dans la tradition communiste, je ne m’accorde pas toujours avec Jean-Luc Mélenchon dans sa manière de faire vivre la tradition républicaine. Je trouve qu’il confond un peu trop le commun et le ressemblant, l’espace public et la toute-puissance administrative de l’Etat. Je considère qu’il sous-estime, au nom de la dignité de l’engagement politique, la nécessité du renouvellement radical des formes de son organisation. En outre, je redoute tout ce qui, au nom de l’usage néfaste des experts, peut finir par désigner à la vindicte les « élites » en général. En bref, je n’aime pas le « Qu’ils s’en aillent tous ! ».

Mais est-ce la raison véritable du grand concert anti-Mélenchon ? Je ne l’ai jamais entendu vitupérer les élus, les intellectuels, les « Parisiens », la solidarité de l’impôt ou les immigrés. En revanche, je l’entends dire qu’il faut en finir avec les reculades sociales-démocrates. Je l’entends affirmer qu’il faut un nouvel âge des services publics, du vivre-ensemble, de la démocratie. Qu’il faut, pour y parvenir, mettre au coeur de toute entreprise l’initiative populaire. Et que cela suppose une force politique nouvelle, à la gauche de la gauche.

Dynamique populaire

La forme de son discours, pugnace à l’extrême, fait débat. Mais il a le mérite d’énoncer le besoin de rupture et il sait le faire entendre dans l’espace politique public. Son style heurte parfois des pans de la tradition culturelle du combat ouvrier, syndicaliste ou communiste : Jean-Luc Mélenchon gagnerait à en tenir compte. Mais à focaliser contre lui la critique injuste d’un populisme par ailleurs improbable, on risque de précipiter la marginalisation de la gauche de la gauche. Nous vivons en effet un paradoxe : le mouvement social peut très bien ne trouver aucune expression politique adéquate dans les deux ans à venir et 2012 pourrait bien se limiter à l’affrontement d’une droite agressive et d’une gauche « centrisée ».

Si c’était le cas, le peuple serait aux abonnés absents. Or, sans dynamique populaire, la gauche au pouvoir irait une fois de plus à l’échec. Et les démagogues de droite auraient, comme ailleurs en Europe, un boulevard devant eux. Dans l’immédiat, que la gauche de la gauche ne gâche donc pas toute chance par avance, en tirant sur tout ce qui bouge.

Roger Martelli, historien Article paru dans l’édition du Monde du 20.11.10

Interview de Jean-Luc Mélenchon publiée dans les Inrockuptibles à la veille du congrès du parti de gauche

Créé par le 19 nov 2010 | Dans : Front de gauche

 « Les Inrocks » : Ces derniers temps on a beaucoup parlé de votre positionnement. Vous avez dit vous même que vous aviez choisi d’occuper un créneau. Pouvez-vous définir votre identité politique sur la scène actuelle française?

JLM : Cette scène va s’écrouler. Je joue en rupture du système. J’ai un objectif et un plan de route. Mon objectif est de permettre à ce pays de faire une révolution citoyenne, d’éradiquer la finance et d’y substituer des normes de fonctionnement socialiste et écologique. C’est ça l’épure générale. 

Avec des références quand même?

JLM : Ma référence générale, elle est constante, je suis un jaurésien, donc un républicain socialiste. Je suis partisan d’une révolution de la société. La révolution, c’est trois choses. Premièrement un changement du régime de la propriété. Contre la dictature de l’actionnariat, je veux ramener des secteurs comme l’éducation, la santé, l’énergie, la banque dans la propriété sociale, celle de l’Etat, des collectivités, et des coopératives. Deuxièmement, la révolution, c’est un changement des institutions. Je veux une Constituante pour tourner la page de la Vème République et de sa monarchie aggravée par dix  réformes au cours des dix dernières années. Et troisième élément, c’est le renversement des valeurs qui sont au pouvoir. Aujourd’hui, la valeur centrale, c’est le chacun pour soi, la concurrence libre et non faussée. Avec moi, les valeurs de solidarité, d’égalité, d’écologie et d’émancipation seront au pouvoir ! C’est ça une révolution. Et il y a l’adjectif « citoyenne » qui lui est accolé. Dans le système que j’imagine, on votera beaucoup. Je crois à la démocratie représentative !

Est-ce que cette révolution citoyenne c’est possible de la faire d’ici à 2012 ou est-ce qu’elle se fait sur un temps plus long ?

JLM : Elle a déjà commencé sous une forme chaotique, bringuebalante, depuis 2005 quand la totalité des superstructures et des élites ont appelé à voter oui et que le pays a voté non. C’est une révolution permanente. Elle s’arrête quand les électeurs n’en veulent plus. C’est la méthode appliquée au Venezuela, en Bolivie, en Equateur…
Si on vote constamment, comment pouvez-vous être sûr que la société qui résultera de ces votes sera celle que vous appelez de vos vœux ? JLM : Il faut convaincre. Et s’incliner devant le résultat des votes ! Pour moi le dernier mot revient à la souveraineté populaire. On ne va pas faire le changement si profond  auquel j’aspire, de force, contre les gens. La révolution citoyenne, ce n’est pas une dictature. C’est une ligne politique pour révolutionner la société. C’est à la fois le moyen et la méthode.

Vous avez été sénateur, membre du gouvernement de Lionel Jospin. Comment peut-on être sûr que vous allez restez radical et ne pas devenir un notable à la solde du PS au sein du gouvernement ?

JLM : Ou nos idées gouvernent, ou on reste à l’extérieur ! Nous n’irons pas mendier des arrangements pour gouverner. C’est une vue de l’esprit ! 2005 a été une grande rupture, pour moi. A ce moment-là, j’ai ouvert les yeux. Je suis guéri. J’ai rompu avec le PS. Nous n’irons pas attendre, béret à la main, rue de Solférino, que les différentes factions se soient entendues sur le programme du plus petit dénominateur commun entre elles. Et ensuite l’avaler sagement au nom du vote utile ? L’élection n’a pas eu lieu mais il faudrait qu’on s’incline ! Rêve ! Le vote utile qu’exige le parti socialiste c’est un vote futile, sans contenu. Un chèque en blanc. Il n’en est pas question ! Au PS, ils croient qu’ils ont déjà gagné. Ils se font des illusions. Je fais le pari que certaines circonstances historiques, desquelles nous nous rapprochons, peuvent donner leur chance à un autre chemin à gauche, le notre. Et je leur pose cette question : si c’est moi qui suis en tête de la gauche au premier tour de la présidentielle, à supposer que ce soit moi le candidat, est ce qu’ils se désistent pour moi au second tour?

Ça ne sert à rien de vous demander si vous préférer Martine Aubry ou DSK?

JLM : Exact ! Choisir Strauss Kahn est une idée perdante à tout coup ! Appeler la gauche française à appliquer la politique du FMI ? Ce serait un désastre moral et politique total ! Je dis aux chefs socialistes et d’Europe Ecologie : si la gauche revient au pouvoir, elle devra trancher « qui va payer : le capital ou le travail ? ». Programme en main : si pour eux c’est le travail, ce sera sans nous et contre nous !

Au PS, on vous accuse d’être devenu « l’idiot utile » de Nicolas Sarkozy ?

JLM : C’est une injure de stalinien ! C’est le mot à la mode. Allons-y ! « Les idiots utiles » du système de l’Europe libérale ont un nom, les chefs socialistes et une adresse rue de Solférino. Moi je ne les injurie pas je critique leur programme. Eux, c’est l’horreur. Jean-Paul Huchon dit que je suis « pire que Le Pen », Manuel Valls que je suis un « danger pour la démocratie ».  Quelle honte de parler comme ça à un homme comme moi. J’ai gagné mes galons dans la bataille contre les dictatures. Et eux ? Pour qui ils se prennent? Ce sont les socialistes qui divisent la gauche aujourd’hui. Les seuls qui se soient prononcés, dans le débat sur les retraites, pour l’allongement de la durée de cotisation c’est eux ! Qui fait perdre la gauche depuis trois élections présidentielles ? Est-ce moi? Non ! C’est le PS ! Sa ligne social libérale est incapable d’entraîner le peuple français derrière l’idée qu’une alternative est possible.

Est-ce qu’au cours de la primaire du PS vous direz aux militants de votre parti de participer ?

JLM : Par facétie ? Mais ce ne serait pas loyal. On s’invitera dans la primaire par nos thèmes.

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