Gauche anti-libérale

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Lu dans le Monde : Didier Motchane, figure du Parti socialiste et inventeur du logo « Le poing et la rose », est mort

Créé par le 01 nov 2017 | Dans : Gauche anti-libérale

L’un des plus proches compagnons de Jean-Pierre Chevènement est mort dimanche des suites d’un cancer. Il était âgé de 86 ans.

LE MONDE | 29.10.2017 à 18h44 • Mis à jour le 30.10.2017 à 01h21 | Par Ariane Chemin

image: http://img.lemde.fr/2017/10/29/0/0/1024/764/534/0/60/0/34eb870_19576-42lg4b.los2359udi.jpgDidier Motchane à Madrid lors d’un meeting contre l’OTAN et le traité de Maastricht, le 5 juillet 1997.

Didier Motchane, l’un des plus proches compagnons de Jean-Pierre Chevènement, cofondateur en 1965 du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES), est mort, dimanche 29 octobre, des suites d’un cancer. Il était âgé de 86 ans.

Né le 17 septembre 1931, ancien élève de l’ENA, ce magistrat à la cour des comptes a été élu député socialiste européen de 1979 à 1989. Il avait quitté le Parti socialiste au moment de la guerre du Golfe pour participer à la création du Mouvement de citoyens (MDC).

Jean-Pierre Chevènement a rendu hommage à une « figure exceptionnelle », saluant « son intelligence supérieure, sa vaste culture et son caractère », qui le plaçaient « très au-dessus de la grisaille de la petite politique ».

« Depuis plus de cinquante ans, il a été, à mes côtés, une conscience exigente et fidèle (…) Toute sa vie, Didier Motchane a été un bloc de courage, un homme magnifique et une grande âme, qui a affronté la mort comme il avait mené sa vie, sans ciller », a ajouté l’ancien ministre de l’intérieur.

« Exigence de sa pensée »

Il était l’un des promoteurs de l’« union de la gauche » au congrès d’Epinay, en 1971. Fondateur de nombreuses revues, il était aussi l’inventeur du logo « Le poing et la rose », symbole du courant socialiste à l’échelle internationale.

Dans un communiqué, diffusé dimanche soir, le Parti socialiste a rendu hommage à un « intellectuel exigeant » qui « contribua par l’exigence de sa pensée à la construction » du parti. Concernant son départ, le PS estime que la « rupture n’efface pas la vingtaine d’années pendant lesquelles il fut un repère pour une génération d’hommes et de femmes de gauche qui sont toujours des cadres du PS ».

« Il avait formé tant d’entre nous ! Tristesse et respect », a confirmé dans un tweet la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/10/29/didier-motchane-figure-du-parti-socialiste-et-inventeur-du-logo-le-poing-et-la-rose-est-mort_5207559_3382.html#7AsjttEzozgZc3Vj.99

Lu dans Libé : Disparition de Didier Motchane, figure déçue du PS

Par Lilian Alemagna — 29 octobre 2017 à 20:56

Figure du Parti socialiste, Didier Motchane est mort dimanche à 86 ans des suites d’un cancer. Grand défenseur d’une union de la gauche, il a cofondé avec Jean-Pierre Chevènement le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialistes (Cérès), en 1965. Ce courant socialiste situé sur l’aile gauche a participé au congrès d’Epinay qui a vu, en 1971, François Mitterrand prendre la tête du PS sur cette ligne. Opposé au tournant de la rigueur décidé en 1983 par un Mitterrand devenu président, Motchane, ancien de l’ENA puis magistrat à la Cour des comptes devenu eurodéputé, sera l’un des dirigeants les plus critiques de l’évolution d’une famille politique qui lui doit pourtant, à l’échelle internationale, ce logo du poing tenant une rose.

Didier Motchane n’a cessé de critiquer, après 1983, des camarades ayant «pris congé du prolétariat en France au moment où ils ont découvert la classe ouvrière en Pologne.» Dix ans plus tard, il quitte le PS avec Chevènement pour participer à la création du Mouvement des citoyens (MDC) devenu Mouvement républicain et citoyen (MRC). En retrait de la vie politique, il fait le choix, en 2012, de soutenir Jean-Luc Mélenchon. «Je retrouve l’esprit du socialisme dans sa campagne»,expliquait-il alors. Critique de «l’européisme» et de «sociaux-démocrates virés libéraux», comme il les qualifiait encore en mai 2017 chez Mediapart, Motchane continuait à observer les tentatives de relance des gauches en Europe, défendant toujours le cadre de la nation.

Lilian Alemagna

 

 

Lu dans Ouest-France : Didier Motchane, figure du Parti socialiste est mort

Modifié le 29/10/2017 à 23:25 | Publié le 29/10/2017 à 21:49

  • Lu dans le Monde : Didier Motchane, figure du Parti socialiste et inventeur du logo « Le poing et la rose », est mort dans Gauche anti-libérale
    Didier Motchane, figure du Parti socialiste, est mort ce dimanche à 86 ans, des suites d’un cancer. | Capture d’écran Mediapart / Archives REUTERS

Ouest-Franceavecl’AFP

 

SurTwitter,ÉricCoquerel,députédelaFranceinsoumise,aditavoir« une pensée émue » pour Didier Motchane « intellectuel et militant engagé, vrai socialiste et républicain ».

 

Lorsdelaprésidentiellede2012,DidierMotchaneavaitapportésonsoutienaucandidatduFrontdegauche,Jean-LucMélenchon.

« Didier Motchane était une figure exceptionnelle. Sa disparition coïncide avec la fin du cycle d’Epinay. Il avait été avec Georges Sarre, Pierre Guidoni et moi-même l’un des fondateurs du Cérès au mitan des années 1960 », a déclaré Jean-Pierre Chevènement, saluant « son intelligence supérieure, sa vaste culture et son caractère », qui le plaçaient « très au-dessus de la grisaille de la petite politique ».

« Les socialistes ont perdu l’un des leurs qui, jusqu’en 1993, contribua par l’exigence de sa pensée à la construction du PS »,aparailleursrenduhommagedansuncommuniquélePartisocialiste.

« La rigueur doctrinale » du Cérès « a formé des milliers de cadres à une époque où l’idéologie comptait davantage que la petite phrase, où la recherche du sens primait sur celle du « buzz » »,ajoute le PS.

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«Arnaud président!» Ambiance dimanche à la fête de Frangy-en-Bresse …

Créé par le 21 août 2016 | Dans : Battre campagne, Gauche anti-libérale

L’ancien ministre a annoncé sa candidature à la présidentielle. Ambiance bon enfant mais solennelle selon l’envoyée spéciale du scan politique du Figaro  à Frangy-en-Bresse, Sophie de Ravinel.

« Arnaud Montebourg est arrivé chez ses camarades à midi, à l’heure du poulet de Bresse. Lui-même invité d’honneur pour cette 44e édition de sa Fête populaire de Frangy-en-Bresse, ex «Fête de la Rose», il a été accueilli par un nombre conséquent de militants, et autant de journalistes ».

« Le suspense sur la teneur de son discours est totalement nul. Arnaud Montebourg se présente pour succéder à François Hollande. Et selon François Kalfon, désormais son directeur de campagne, il compte cogner dru et direct contre le chef de l’Etat. «Celui à cause de qui nous en sommes là», précise Kalfon.
A table, Arnaud Montebourg s’est assis à droite de la députée PS de la Côte-d’Or Kheira Bouziane, toujours présentée comme aubryste. A la droite du candidat, sa compagne et députée Aurélie Filippetti, et en face la députée Cécile Untermaier. Une quinzaine de parlementaires sont présents, ses proches habituels et d’autres, comme l’aubryste Pierre-Alain Muet, la chevènementiste Françoise Bechtel ou Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée… »
«Arnaud président!»
« Parmi les militants, comme chaque année pour cette fête de fin d’été, l’ambiance est bon enfant. Mais la solennité avec laquelle Montebourg veut entrer dans la campagne présidentielle influe sur tout le monde. On ne rigole plus. La danse du ban bourguignon n’est pas de mise. Lorsque l’ancien boss du département passe au milieu des tables, on lance «Arnaud président!».
Lire la suite  http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/08/21/25001-20160821ARTFIG00091-arnaud-montebourg-ce-moment-la-il-l-attend-depuis-qu-il-est-tout-gamin.php#xtor=AL-202

Lire aussi sur le contenu du discours http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/08/21/25002-20160821ARTFIG00129-arnaud-montebourg-je-suis-candidat-a-la-presidence-de-la-republique.php et des premières propositions

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/08/21/97001-20160821FILWWW00039-presidentielle-2017-montebourg-devoile-ses-premieres-propositions.php

Montebourg de retour avec « l’alternative », le livre d’Antonio Rodriguez qui relate la critique du « Sarkhollandisme »

Créé par le 07 fév 2016 | Dans : Articles de fond, Gauche anti-libérale, Projet politique

http://www.dailymotion.com/video/x3qncu9Dans l’Alternative (1) Arnaud Montebourg, le journaliste de l’AFP Antonio Rodriguez, estime que l’ex-ministre de l’Economie piaffe de retrouver la politique à un an et demi de la présidentielle et prépare son retour. « Il travaille son image pour apparaître comme présidentiable », affirme le spécialiste d’économie dans le livre, qui sort jeudi 11 février au Cherche-Midi et dont nous vous livrons les bonnes feuilles en avant-première. Pendant deux ans, il a fréquenté les coulisses du ministère du Redressement productif puis de l’Economie et partagé avec les conseillers du ministre les échecs (Petroplus, Florange, GoodYear, Mory-Ducros, Lejaby) et les victoires (Rio Tinto, en Savoie, FagorBrandt en Saône-et-Loire, Virtuose en Alsace…).

(1) (1) L’Alternative Arnaud Montebourg, Antonio Rodriguez, Cherche Midi à paraître jeudi 11 février 2016

 http://www.dailymotion.com/video/x3qncu9_montebourg-le-livre-qui-annonce-son-retour-en-politique_news#tab_embed

http://www.20minutes.fr/politique/1781775-20160207-video-montebourg-revient-devant-scene-grace-livre

Claude Cabanes est décédé …A lire dans l’Huma

Créé par le 27 août 2015 | Dans : Gauche anti-libérale

l’HUmanité.fr
Mercredi, 26 Août, 2015
Humanite.fr

cabannes.jpg

    Claude Cabanes est décédé ...A lire dans l'Huma dans Gauche anti-libérale
Claude Cabanes, ancien rédacteur en chef de l’Humanité de 1984 à 2000, est décédé mardi à l’âge de 79 ans des suites d’un cancer ont annoncé son fils et Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.
« Pour nous, c’est une des grandes figures de l’Humanité qui part. C’était une voix et un style particulier. Il ciselait les mots et les utilisait comme des armes, au bon sens du terme », a Patrick Le Hyaric à propos de cet homme « chaleureux, très cultivé et toujours à l’affût de l’information ».
Passionné par les mots et l’écrit en général, Claude Cabane était devenu en 2000 éditorialiste et chroniqueur. Il avait publié un livre d’inspiration autobiographique, « Le Siècle dans la peau » (2005) et un « Eloge de la vulgarité » (2011).
Né le 29 avril 1936 à Toulouse (Haute-Garonne), Claude Cabanes, licencié en droit, adhère au PCF en 1962, au lendemain de la guerre d’Algérie qui l’a profondément révolté. Il entre en 1971 comme rédacteur à l’Humanité-Dimanche, dont il sera successivement chef du service culturel (1973), adjoint au chef du service politique (1975), puis rédacteur en chef adjoint (1976). Deux ans plus tard, il assume les mêmes fonctions au quotidien l’Humanité, avant d’être nommé fin 1981 chef du service culturel des deux publications. En 1984, Claude Cabanes remplace René Andrieu comme rédacteur-en-chef. Il assume cette fonction durant seize ans.
 
Hommages
François Hollande :   »Fils d’un chef d’ État-major des FTP (francs-tireurs partisans, ndlr) dans le Sud-Ouest, il était resté fidèle à la mémoire des résistants communistes », a réagi le président de la République à propos de celui qui participait régulièrement à l’émission « On refait le monde » sur RTL ou de « Droit de réponse » sur TF1.
 
Fleur Pellerin, ministre de la Culture : « La culture de Claude Cabanes était immense, et bien connue des lecteurs du journal fondé par Jean Jaurès. Il avait pour lui cet amour des mots et de la langue française, et cette intelligence passionnée des combats d’idées ».
 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « Une grande plume de l’Humanité s’est éteinte » : Ce matin, il fait un temps splendide à Paris. Et pourtant , aujourd’hui, la chaude voix du sud de Claude Cabanes s’est éteinte, vaincue par le cancer. Claude était une des grandes plumes de l’Humanité, dont il a dirigé la rédaction de longues années. Personne n’oubliera ses éditoriaux cinglants. Il fut aussi une grande voix du journal dans de nombreux médias, de France Inter puis à RTL.
Avec sa  voix rocailleuse, son sourire ou sa plume  aiguisée et pleine d’humour, il aimait les mots, il aimait le débat d’idées, la confrontation des esprits. Il aimait l’impertinence, le monde ouvrier,  la vie.  Claude détestait les injustices, toutes les injustices.
Il trouvait à chaque occasion, le bon mot, la bonne phrase qui ferait mouche. Il pouvait parfois même être de mauvaise foi, mais toujours pour la bonne cause.  Cela fut vrai dans ses nombreuses tentatives d’arrêter la cigarette.  J’ai  eu la chance d’apprendre mon métier à l’Humanité quand Claude en était l’une des signatures illustres. J’ai pu apprécier son envie de faire comprendre les njeux politiques du moment. J’ai vu comment il cherchait les angles d’attaques d’un éditorial, d’un article.
Comment dire simplement des choses compliquées.  Je l’ai vu chercher toujours  comment renouveler le journal, ce qui valait de belles empoignades dans la rédaction. Homme d’une grande culture, Claude a  toujours partagé cette richesse avec les lecteurs de l’Humanité et de l’Humanité dimanche, mais aussi  à la Fête du journal où il aimait polémiquer sur les estrades.  A sa famille, sa femme que j’ai eue hier au téléphone, à  tous ses proches, à ses amis journalistes du monde de la culture, j’adresse le salut fraternel du Parti Communiste. A tous, j’adresse  mon affection et mon amitié dans ce moment si difficile. « 
 

Posté par le 07 juil 2008 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Débats autour de la refondation de la gauche Modifier

 

A lire sur le blog citoyen notre rencontre avec Claude Cabane
l’intervention de Claude Cabanes lors de la table ronde sur les perspectives politiques à la fête du PCF dans les Landes, le 6 juillet 2007

L'intervention de Claude Cabanes lors de la table ronde sur les perspectives politiques à la fête du PCF dans les Landes, le 6 juillet dernier dans a5-Les entretiens du blog citoyen photobio-claude-cabanes_232249_M » … Première chose. Quand on est communiste et qu’on parle, il peut y avoir des communistes qui ne partagent pas votre opinion. Donc je respecte les autres opinions des communistes et ce que je vais dire, évidemment, n’engage que moi…

Quand on écoute la radio et la télévision, on pourrait croire que le parti communiste français est mort puique on ne l’entend plus … Je veux dire que la parti communiste n’est pas mort. Pour moi, le parti communiste français, c’est comme une nappe phréatique. Il a subi, certes, beaucoup de défaites. Le communisme a été trahi ! Horriblement trahi  par certains dans le monde. Mais la nappe phréatique du communisme français, elle est toujours vivante…

Notre histoire, lorsqu’on a été acteur du Front populaire en 36, lorsqu’on a été acteur décicif de la résistance contre les nazis, lorsqu’on a pris part au gouvernement de la Libération, lorsqu’on a lutté contre les guerres coloniales, lorsqu’on a pris part à mai 68, on est une force politique encore vivante ! Je voulais le dire !

Deuxième chose… je pense qu’il faut garder le mot communiste (applaudissements). J’ai hésité longtemps, je me suis longtemps interrogé, mais ce n’est pas en effaçant les mots qu’on efface les choses. Et lorsque certains abandonnent les mots communiste et révolutionnaire, je pense qu’il est important pour nous de les conserver. Mais bien sûr, de les faire vivre avec les temps d’aujourd’hui et les temps de demain…

Je pense que la politique de Nicolas Sarkozy est minoritaire socialement mais qu’elle est majoritaire politiquement. Elle est minoritaire socialement parce qu’elle est détestable pour le sort du peuple français, détestable ! Par exemple nous passons tous à la station service. Nous sommes effarés du prix du sans plomb 98. Eh bien, il y a un an, le sans plomb coûtait un euro et il y avait 65% de taxes de cet euro qui rentraient dans les caisses de l’Etat. Aujourd’hui, il coûte un euro cinquante, il y a toujours 65% des taxes qui rentrent dans les caisses de l’Etat. Autrement dit, pendant que les pauvres travailleurs se posent la question  » mais comment je vais aller de mon domicile à mon travail, tous les jours avec ce prix de l’essence ? » hé bien, le robinet de l’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat !

… Je crois que la force de Sarkozy aujourd’hui, c’est la faiblesse à gauche ! C’est la faiblesse de la gauche ! Et je crois que la gauche – je vais vite – elle a perdu la bataille électorale, elle a perdu la bataille politique parce qu’elle a perdu la bataille des valeurs ! Parce que Sarkozy a enfoncé la gauche sur la question du travail ! Sur la question du progrès ! Sur la question du mérite ! Même sur la question des classes !

… Pendant la campagne électorale, c’est presque le seul qui a parlé de la classe ouvrière ! c’est incroyable quand même ! La gauche, elle a reculé sur tous les fronts qui faisaient ses valeurs… Je tends à penser que je reste communiste parce que je crois que la société française est toujours organisée en classes sociales. Et qu’aujourd’hui ce n’est pas parce que le capital est aujourd’hui la classe dominante qui écrase tout, qui domine tout, qu’il n’y a pas d’autres classes. Il y a dans ce pays, sept millions de travailleurs qui travaillent dans des conditions difficiles, qui sont mal payés, qui vivent mal en dehors de leur travail ! Eh bien, c’est ça la classe ouvrière ! Ce qui a reculé, c’est la conscience de classe. Mais les classes sont toujours là ! Et même (…)  on voit que ces contradictions de classes, elles gagnent la société aujourd’hui… On a été battu sur les valeurs ! Quand on est battu sur les valeurs, on est battu politiquement et syndicalement. Donc il faut reconquérir les valeurs. Vous savez qu’il y avait un grand révolutionnaire italien qui s’appelait Gramsci. C’est lui qui a dit (que) lorsqu »on perd les batailles sur les idées, on perd les batailles politiques ! Et alors, moi, j’avoue que j’ai été ravi d’entendre l’autre jour, monsieur Fillon, le premier ministre, dire  » nous avons battu la gauche idéologiquement ! »

Jusqu’ici on nous disait  »Mais l’idéologie c’est mort. Tout ça ce sont des ringardises, des vieilles choses… » Le premier ministre dit « On les a battu idéologiquement ! » Eh oui, ils nous ont battu idéologiquement au delà même des personnes, des partis… Donc la bataille à gauche, c’est une bataille très profonde maintenant. Très, très profonde…

J’ai deux convictions profondes depuis que je m’occupe de politique, depuis que je suis communiste. La première, c’est que sans l’union, l’unité – quelque mot qu’on utilise – de la gauche, on ne peut rien faire de fondamental dans ce pays. Première chose. Ca c’est la conviction absolue ! Il y a un peuple de gauche dans ce pays et quand on n’utilise pas l’ensemble de ce peuple de gauche, on ne peut pas bouger les lignes, on ne peut pas conquérir le pouvoir, on ne peut pas changer la société ! Mais inversement, quand la gauche renonce à être elle-même – et pardonne-moi mais quand j’entends un éminent dirigeant du parti socialiste – Manuel Valls - dire  » Moi désormais, je préfère Clémenceau à Jaurès «  eh bien j’appelle ça une défaite en rase campagne ! une défaite en rase campagne ! (applaudissements)

Lorsque j’entends un éminent dirigeant du parti socialiste, par ailleurs pour lequel j’ai voté aux élections municipales à Paris – j’ai voté pour lui et pour les listes de gauche – dire qu’il veut marier le socialisme et le libéralisme, eh bien, je ne crois pas que l’on peut marier le socialisme et le libéralisme ! Je crois que si l’on veut avoir une perspective d’avenir, il faut avoir le courage d’affronter le libéralisme ! Eh je vais vous dire… je pense qu’à gauche, étant donné l’histoire  cruelle qu’on a vécu, en particulier nous les communistes… étant donné la catastrophe que ça a été à l’Est – à l’Est ils ont construit une société qui était complètement invivable, invivable, des Etats policiers, des Etats concentrationnaires… Eh bien tout ça nous a traumatisé… Mais je me pose maintenant des questions. par exemple : est-ce que pour une politique  de gauche vraiment … efficace pour reconstruire ce travail à gauche, est-ce qu’il ne faut pas se reposer la question des nationalisations, est-ce qu’il ne va pas y avoir des  moyens de production, des centres financiers  qu’il va falloir reprendre en main ? Pourquoi est-ce que l’on aurait peur du mot nationalisation ? Moi je n’en n’ai pas peur ! Certes les nationalisations, elles n’ont pas bien fonctionné en bas … mais je crois que l’on ne pourra pas faire une nouvelle politique de gauche si l’on ne reconquiert pas du terrain sur le marché et sur le capital. Voilà ! Et je pense  qu’il va falloir même de la planification, de la planification – j’ai presqu’envie de dire autoritaire ! Il va falloir  contraindre parfois à ne pas vider les usines pour les amener je ne sais où ! A ne pas accepter par exemple … Hier soit, il y avait un débat au casino d’ Hossegor – j’étais très fier car j’ai réussi à faire applaudir Karl marx au casino d’Hossegor ! – (rires) J’en suis très fier, ça je n’oublierai jamais ! Mais il y avait un débat sur mai 68 formidable  –  comme quoi, il y a un besoin quand même , très grand… Il y a eu un débat où on a évoqué la Chine, l’Inde, la mondialisation (avec une attitude résigné NDLR). Mais enfin, moi je crois qu’il n’y a aucun rapport entre ce que font les Chinois et le fait qu’un grand groupe de la grande distribution qui est côté au CAC 40, qui est un des plus grand bénéficiaire de l’économie française aujourd’hui , refuse à des caissières de supermarché des tickets de restaurant à 4,25 ou 5 euros. Ca n’a aucun rapport ni avec la Chine, ni avec la mondialisation ! Ca s’appelle simplement de l’expoitation ! Nous vivons dans une société où l’expoitation est toujours là de plus en plus présente…

Pour la gauche, on a un chantier formidable. Il y a deux congrès : le congrès du parti socialiste, le congrès du parti communiste. Je ne sais pas ce qu’il va en sortir. Je ne sais pas. Je m’inquiète un peu tout de même… Il faut qu’on devienne crédible… Il faut donc montrer les outils qui vont permettre de devenir crédible. C’est pour ça que je parlais de nationalisation. Il faut que l’Etat reprenne la main… En Grande Bretagne c’est l’Etat qui a renfloué une grande banque pour éviter la catastrophe ! Aux Etats-Unis, c’est l’Etat fédéral, d’autres Etats, qui prennent en mains toute une partie de l’économie pour la protéger ! Je ne vois pas pourquoi à gauche on aurait des pudeurs de jeune fille ! Franchement !

 … Donc il faut réfléchir, travailler !

L’Europe aussi elle va mal. On a vu que les Irlandais ont dit qu’elle allait mal ! Je suis toujours extrêmement choqué! Après que la peuple français a dit non, on lui a repassé le plat en douce à l’Assemblée nationale – pardonnez moi : repassé le plat en douce ! (bis) Je pense que sur l’Europe il ne va pas falloir se laisser faire ! Quand on pense que des commissaires européens, des hommes sans voix, sans visage, des sortes de spectres anonymes qui ne viennent jamais s’expliquer nulle part, ni à la TV… Et donc il y a un gros problème maintenant de la démocratie et de l’Europe !

Et quant à la gauche, il faut qu’elle ait du courage, qu’elle regarde les choses en face ! Actuellement on peut dire qu’elle est assez lamentable ! Elle est incapable de faire face à ce que dit Nicolas sarkozy ! Il faut vraiment qu’elle se reprenne. Mais peut être que pour ça il faut que le peuple s’en mêle ! (vifs applaudissements)

Propos recueillis et publiés par X D pour le blog citoyen, socialiste et républicain avec l’aimable autorisation de Claude Cabanes.

Claude Cabanes,  journaliste et écrivain  a été chef de la rubrique culture, puis rédacteur en chef adjoint de l’Humanité dimanche, puis rédacteur en chef de l’Humanité.

Les actes du colloque du 1er juin 2015 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

Créé par le 08 août 2015 | Dans : Blog du Che, Economie, Gauche anti-libérale, Projet politique, Une autre mondialisation

Actes du colloque de la Fondation Res Publica : « Quel modèle de réindustrialisation pour la France ? »

Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Quel modèle de réindustrialisation pour la France ?"
  • Accueil de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.
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