Gauche anti-libérale

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Chevènement réhabilite le roman national

Créé par le 23 oct 2011 | Dans : Articles de fond, Gauche anti-libérale

 A lire dans le causeur cet article de la blogueuse Coralie Delaume

L’auteur

Coralie Delaume

Coralie Delaume est blogueuse (L’arène nue)

 http://www.causeur.fr/chevenement-rehabilite-le-roman-national,12525

Chevènement réhabilite le roman national dans Articles de fond che

Sortir la France de l’impasse, telle est la proposition de Jean-Pierre Chevènement, dans son livre-programme éponyme paru le 5 octobre. Car pour le « Ché », il n’existe qu’une seule façon efficace de « faire bouger les lignes ». « Y a-t-il d’autres moyens, les institutions de la V° République étant ce qu’elles sont, que de se porter candidat ? », s’interroge-t-il.

L’homme a toutefois adopté une façon originale de faire campagne. Après La France est elle finie ? couronné du prix du livre politique 2011, et son ouvrage d’entretiens avec Luc Chatel sur l’école, il signe son troisième opus en moins d’un an.

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Sortir la France de l’impasse

Jean-Pierre Chevènement

Fayard

Primaire socialiste : « une machine à voter raisonnable », par Francis Daspe

Créé par le 19 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Gauche anti-libérale

Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée)

Contrairement aux commentateurs qui ont vu lors des primaires socialistes une poussée à gauche du Parti socialiste, Francis Daspe remarque que celle-ci, à l’image du chantre de la « démondialisation » Arnaud Montebourg, est incapable de dépasser significativement les 20%. La ligne « centrale », qualifiée de sociale-démocrate ou de sociale-libérale, s’est de nouveau imposée. Le PS reste « une machine à voter raisonnable », souligne l’auteur de cette tribune.

Les primaires socialistes venant de livrer leur verdict, on peut convenir, quel que puisse être notre avis sur le fond de la question, de leur réussite en terme de participation. Elles ont su générer une implication populaire que bien peu n’osaient imaginer. Nous ne serons pas de ces grincheux mauvais perdants que nous trouvons à droite.

Mais cela ne nous empêchera pas d’exprimer des désaccords majeurs quant à l’interprétation à donner aux résultats des deux tours de cette consultation inédite. Arguant du score surprise obtenu par Arnaud Montebourg, les commentateurs ont noté une poussée à gauche du parti socialiste. Nous considérons qu’il s’agit de l’exact contraire.

Avec 17% des suffrages qui se sont reportés sur le chantre du concept de « démondialisation », jamais la gauche du Parti socialiste ne s’est retrouvée à un tel étiage. Une évidence s’impose durement aux tenants de la transformation sociale qui militent au sein de ce parti ou du moins gravitent autour : congrès après congrès entrecoupés de primaires, la gauche du parti socialiste se retrouve dans l’incapacité de dépasser significativement les 20%. Et ceci, quelle que puisse être le périmètre délimité par la motion proposée aux voix ou le nombre des soutiens du candidat.

Que Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Gérard Filoche ou Arnaud Montebourg soient parties prenantes de la ligne de gauche ou qu’ils aient opté pour un choix stratégique plus « tactique » n’a au final aucune incidence. Que Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou d’autres militants anonymes œuvrent au sein du parti socialiste ou qu’ils aient préféré agir à l’extérieur ne change rien.

Circonscrite dans son réduit n’excédant pas les 20%, la gauche du parti socialiste est au mieux condamnée à jouer un rôle d’aiguillon bien dérisoire face à la force dévastatrice du rouleau compresseur qu’est la mondialisation néolibérale conquérante. En d’autres termes, comme c’est parfois dit avec un zeste de méchanceté mais non sans véracité, à jouer les « idiots utiles ».

Ces primaires citoyennes ont confirmé de manière éclatante que le parti socialiste était devenu une « machine à voter raisonnable ». Car en fait, il n’existait que trois lignes différentes au cours de ces primaires. Il y avait celle de gauche incarnée par Arnaud Montebourg et son pendant de droitière portée par Manuel Valls.

D’ailleurs, il n’est pas indifférent de constater que ce sont les deux seuls candidats à avoir animé symétriquement d’un point de vue idéologique la campagne. Car en définitive les représentants de la ligne « centrale » qualifiée de sociale-démocrate ou de sociale-libérale selon les points de vue ne possédaient pas véritablement de divergences sur le fond à mettre en avant pour se départager.

En fin de compte c’est sur des questions d’image et de tempérament que l’affaire se joua. Il fallut faire le grand écart en démontrant à la fois l’authenticité de son label de gauche et la capacité à rassembler le plus largement possible au-delà des militants socialistes, voire même au-delà des rangs de la gauche. A ce périlleux exercice, un s’en tira mieux que certaines…

Chacun tenta bien de prouver qu’il était bien de gauche : Ségolène Royal par ses foucades davantage inspirées par son sens politique et l’énergie du désespoir que par la solidité de ses convictions, François Hollande au seul motif d’avoir dirigé l’appareil du parti plus qu’aucun autre, Martine Aubry parce qu’elle devait son élection à la tête du parti lors du congrès de Reims aux bonnes grâces des éléphants ou des éléphanteaux des courants de gauche.

Hélas, l’examen plus approfondi des programmes montre la timidité de l’ambition de transformation sociale, en raison principalement de l’acceptation, à l’instar d’une sorte de syndrome de Stockholm acclimaté à l’action politique, des contraintes extérieures qui verrouillent en l’état toute tentative d’alternative.

Arnaud Montebourg avait le mérite de vouloir s’en affranchir, à tel point que Jean-François Copé a crû y déceler de manière scandaleuse et pathétique une dérive bolchevique. Dans ces conditions, le parti socialiste est-il réformable de l’intérieur ? Nous, qui nous considérons comme « pleinement socialiste » sans appartenir au parti éponyme, aurions tendance à en désespérer. Le potentiel militant existe sans aucun doute. Mais il reste bridé. Le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européenne en constitue un exemple édifiant : alors qu’une majorité d’adhérents socialistes s’était prononcée dans le secret de l’isoloir le 29 mai 2005 pour le non, cela avait été l’inverse quelques mois plus tôt à l’occasion du référendum interne.

Pourtant, l’urgence sera de tout faire pour battre Nicolas Sarkozy l’an prochain. Nous nous emploierons à la besogne résolument, sans renâcler ni laisser passer notre tour. Mais en militant pour un véritable programme de rupture sociale et démocratique, qui fasse enfin coïncider alternance et alternative. Le seul à même de parvenir à l’objectif visé pour une gauche dont la diversité et la richesse ne s’arrêtent pas aux primaires socialistes.

Tribune parue dans Marianne du 18/11/2011

Les «pirates» ne sont pas que des «bobos»

Créé par le 28 sept 2011 | Dans : Gauche anti-libérale

Par Clémentine Autain Féministe, directrice du mensuel Regards et co-animatrice de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase) membre du Front de gauche

Après les Indignés de Madrid, d’Athènes, de Jérusalem, après les révoltés de Londres, les insurgés de la place Tahrir et ceux de Tunis, la jeunesse vient d’envoyer un nouveau message, convergent. Cette fois, il part du cœur de l’Europe, de Berlin. Il a pour particularité de ne pas emprunter les chemins de la contestation de rue, mais celui des urnes. Près d’un Berlinois sur 10 a donné sa voix au «parti des Pirates». Selon les enquêtes, ce serait même 15% des moins de 30 ans qui l’ont soutenu. Ces électeurs viennent à part égale des trois partis de la gauche allemande, le SPD, les Verts et Die Linke.

Que défendent ces «pirates» ? La gratuité des transports en commun et de la cantine, la nationalisation des biens de première nécessité et d’enjeux écologiques déterminants comme l’eau et l’électricité. Ils réclament la liberté d’accès aux biens culturels sur Internet, le droit de vote pour les étrangers et les mineurs. Ils mettent en cause une démocratie représentative dont ils pensent qu’elle ne les représente plus.

Certaines de ces idées sont neuves, pas toujours, mais leur force est liée à l’audace, à la modernité de leur formulation, au parfum général de rupture qui se dégage. C’est cela que l’on entend dans les débats des commissions de la place de Catalogne ou, en France, dans des collectifs comme Jeudi noir ou Sauvons les riches. L’avenir dira si ces joyeux pirates impriment dans la durée le paysage politique, si la cohérence de leur fibre libertaire les rend durablement mordants avec le néolibéralisme. Pour l’heure, ils sont les ambassadeurs d’une exigence de radicalité et les symptômes d’une recherche de renouveau politique.

Une attente nouvelle s’exprime à l’égard de la politique, de son contenu, de ses formes. A Berlin, elle vient de se dire en des termes explicitement politiques, en marge des forces existantes. Il faut l’entendre. Croire que les questions posées concernent «les bobos» serait ne pas voir les exigences démocratiques nouvelles de toute une génération. Ce serait ignorer la place prise par Internet au cœur de la vie de ces jeunes mais aussi au centre des productions contemporaines.

Ne pas écouter le signal envoyé depuis Berlin, Londres, depuis toutes les villes d’Europe et au-delà, serait resté sourd au rejet des inégalités et au refus du pouvoir de l’oligarchie. Que cela se dise avec humour ou violence n’ôte rien au sérieux du propos : une jeunesse refuse le manque d’avenir. Elle ne se résout pas à avoir pour idéal le paiement de la dette et le retour des équilibres comptables. Elle veut inventer un monde débarrassé de la précarité et dans lequel se loger, vivre décemment, étudier, devenir autonome est possible. Nous avons besoin de ce vent nouveau.

Tribune parue dans Libé du 26/09/2011

A New York, les Indignés tiennent bon malgré les violences

Créé par le 24 sept 2011 | Dans : Gauche anti-libérale, Une autre mondialisation

Dans l’Huma du 23/09/2011

Les quelques centaines de militants qui ont investi un parc près de Wall Street le weekend dernier pour dénoncer la dictature financière sont toujours en place, et ce malgré des violences policières et un silence médiatique scandaleux.

L’opération « Occupy Wall Street » a pris ses marques et s’organise. Ils se sont appelés les 99 pourcents, en opposition aux 1% de riches qui accaparent le pouvoir. Les revendications sont claires : fin des inégalités sociales, de la censure, de la corruption, de la guerre, de l’impérialisme américain… Et le soutien à Troy Davis est venu se greffer dessus. Les militants se disent solidaires des révoltés grecs et des Indignados espagnols, et essayent de faire grossir le mouvement sur tout le continent nord-américain. Ils expliquent bien que toutes leurs décisions sont prises à l’unanimité, avec des prises de paroles directes dans la droite lignée des mouvements des Indignés européens.
Des groupes de réflexion s’organisent également, avec des débats et de véritables moments d’éducation populaire. Par exemple, les rendez-vous de ce vendredi soir portent sur l’histoire des socialismes, leçon donnée par Stanley Aronowitz un éminent professeur de sociologie, et sur la classe ouvrière.

La mobilisation tient, totalement pacifique, malgré la répression policière. Le forces de l’ordre ont frappé plusieurs manifestants, faisant des blessés (voir la vidéo ci-dessous) et ont interpellé plusieurs d’entre eux. Une scène hallucinante alors que Barack Obama ne cesse depuis des mois de réclamer le droit à manifester librement dans les pays arabes… D’autres se sont également fait interpeller lors de la marche pacifique en soutien à Troy Davis. Les policiers s’en seraient pris également aux quelques (trop rares) journalistes présents.

Un peu en marge du mouvement, des hacktivistes se revendiquant Anonymous ont promis des attaques informatiques pour se « venger » des violences policières. Ce « Day of Vengence », devrait être samedi 24. Ils promettent plusieurs attaques en dénis de service, y compris sur des banques de WallStreet. Etrange choix de date, puisque la bourse de New York est fermée le samedi.

2012 : il faut un socle commun de gouvernement pour la gauche

Créé par le 25 août 2011 | Dans : Articles de fond, Battre campagne, Débats autour de la refondation de la gauche, Gauche anti-libérale

Elus de gauche et écologistes – Tribune publiée dans Marianne | Jeudi 25 Août 2011 à 15:01

A quelques heures de la Rochelle, plusieurs élus de gauche et écologistes appellent à un rassemblement autour d’un socle de propositions sur lequel pourrait être fondé à la fois une riposte et une future politique gouvernementale communes…



Louison

Dessin : Louison

L’été 2011 aura démontré l’irresponsabilité des dirigeants et des acteurs économiques qui avaient préféré renouer les fils d’un système financier condamné plutôt que d’affronter les réalités du monde.

La gravité de la crise est désormais perçue par tous. Alors que les dirigeants actuels prétendent colmater les brèches, « moraliser » le système et qu’ils annoncent régulièrement un retour à la normale, ressurgit, tous les 6 mois, un nouveau spectre. Les G20 qu’on prétendait prometteurs se sont succédés, Nicolas Sarkozy a fait des déclarations tonitruantes contre le capitalisme financier et le pouvoir démesuré des marchés, mais le système poursuit ses dérives de plus belle, tandis que se multiplient dans les pays développés le chômage et les mesures d’austérité.

Face à la menace que pressentent nos concitoyens, il ne faut pas que s’installent durablement la désespérance, le fatalisme, un sentiment d’impuissance collective, un doute de plus en plus marqué à l’égard de la démocratie. A mesure que le temps passe, que les reculs sociaux s’accumulent, l’absence de perspectives positives et d’alternatives politiques réelles risque de miner les capacités de mobilisation, de réactions.

Là est désormais la grande responsabilité de la gauche, qui doit proposer une voie effective de sortie de crise et l’émergence d’un nouvel espoir pour notre peuple. Il serait illusoire d’imaginer gagner en 2012, en surfant sur le rejet de la politique et de la personnalité de Nicolas Sarkozy et en sous estimant les effets de l’abstention et les tentations populistes. La gauche serait une fois de plus vaincue, si elle se laissait emprisonner dans l’hyperpersonnalisation de la Vème République, négligeant l’essentiel, le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour d’un socle commun de propositions, capable de donner du sens aux choix qu’exige la gravité de la situation.    

Celles et ceux qui se défausseraient de cette exigence majeure ne tarderaient pas à être sanctionnés par nos concitoyens, car nous sentons que pour gagner dans la durée, il faudra plus que des promesses et des idées. Il faudra définir les conditions de leur réalisation et d’un passage à l’acte qui implique l’exemplarité des comportements du pouvoir et l’audace d’un changement de modèle économique, dans le respect du grand principe qui fonde notre modèle français : la lutte contre les inégalités.

Nous pensons qu’il existe à gauche des convergences, des accords sur des points majeurs, qui constituent un socle sur lequel peuvent être fondées à la fois une riposte commune et une future politique gouvernementale de la gauche. Ce socle doit clairement mettre en évidence les ruptures nécessaires à engager à court comme à moyen terme. Ruptures avec les politiques actuellement suivies, ruptures aussi parfois avec des attitudes passées de la gauche. Il doit tout à la fois fixer les grands objectifs, les grandes lignes qui devront être suivies dans la durée et bien sûr se décliner par des propositions concrètes et immédiates. Dans la période difficile actuelle, il faut éviter de donner le sentiment d’organiser une sorte de concours Lépine des « bonnes solutions » à promouvoir, dans une confusion où nul ne peut clairement retenir ce que la gauche est réellement décidée à entreprendre.

Nous proposons donc une réunion au sommet des dirigeants de gauche et écologistes pour préparer ce socle commun, ce qui n’interdit pas que se manifestent par ailleurs des nuances, voire des divergences. Sans être exhaustif, il nous parait possible que, sur quelques points majeurs, se réalise un accord susceptible d’éclairer les Français sur nos orientations d’avenir. Par exemple :

1) L’affirmation que la crise a surtout des causes structurelles et pas simplement conjoncturelles
 
Il ne s’agit pas d’un simple dérèglement ponctuel du système, d’un phénomène conjoncturel, mais bien d’une crise structurelle du système, dont les racines viennent de la main mise du capitalisme financier sur le monde contemporain. Sans changement profond de logique, sans rupture, il n’y aura pas de solutions durables et de réponses adaptées aux besoins des peuples.

La crise doit donc être traitée dans sa globalité, par des actions concernant des domaines essentiels tels que la régulation et le contrôle de la finance et des marchés, ou une nouvelle organisation des échanges, pour combattre le dumping social et environnemental.

Les actions à court terme ne doivent pas, en tout état de causes, handicaper le long terme, en particulier la préoccupation du développement soutenable de l’économie réelle. La priorité doit être de mener une politique de croissance de l’emploi fondée sur la relance de véritables politiques industrielles intégrant pleinement la transition écologique. Cette priorité ne doit, en aucune façon, être sacrifiée sur l’autel de la résorption de la dette, même si l’objectif de maîtrise des déficits doit être pris en compte.

2) Le refus de faire payer les erreurs et les errements du capitalisme financier par les catégories modestes

Celles-ci ont déjà versé un lourd tribut aux politiques libérales : développement de la précarité, chômage, faible évolution des salaires, remise en cause de la protection sociale. Bon nombre de foyers ont de plus en plus de mal à « boucler » leurs budgets.

L’austérité, c’est les classes populaires et même les classes moyennes  sacrifiées, c’est la fin du contrat social. Elle signifie le refus de pratiquer une relance.

C’est pourquoi tout doit être fait pour soutenir le pouvoir d’achat, réduire la précarité, créer des emplois. Il est à noter que, pour être efficaces, certaines mesures n’exigent pas un engagement important de dépenses, puisqu’elles concernent la régulation, les normes, les contrôles (coûts du logement, excès des intermédiaires dans la distribution…)

3) L’engagement de mettre en œuvre une juste répartition des richesses

Cet engagement, préalable à toute politique de gauche, devra se traduire notamment par l’annonce d’une réforme fiscale d’envergure comprenant: la remise sur pied d’un système progressif d’impôt sur le revenu, la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux, la participation des revenus du capital au financement de la protection sociale, l’augmentation du taux d’imposition des hauts revenus.

Le temps n’est plus aux demi-mesures, ou même aux taxations ponctuelles des plus riches. C’est une révolution fiscale qu’il faut mettre en œuvre.

4) La détermination d’agir pour une réorientation stratégique de l’Europe

Le traité de Lisbonne ne pouvait répondre à cette exigence, faute notamment d’engager une véritable avancée démocratique de l’Europe. Il maintenait de fait les insuffisances de l’actuelle construction européenne et de la politique monétaire, la concurrence sans règles et sans limites, les risques de dumping social et fiscal.

Même si ce sujet n’est pas le plus simple à traiter à gauche, l’approfondissement de la crise modifie considérablement la donne et légitime a postériori bien des critiques et des craintes exprimées depuis des années par nos concitoyens et qui n’ont pas été entendues par les dirigeants actuels.

Une nouvelle avancée de la construction européenne ne peut s’établir qu’à travers de nouveaux principes et de nouvelles politiques en matière monétaire, sociale, fiscale, industrielle, d’investissements publics. Il faudra par exemple revoir le fonctionnement de la BCE, inclure dans ses missions la croissance de l’emploi, taxer les transactions financières, contribuer à la résolution des dettes souveraines par la mise en place d’eurobonds, mettre en place une véritable gouvernance économique de la zone euro avec la définition de politiques industrielles européennes, de grands investissements dans les domaines de l’énergie et des transports.

La victoire de la gauche française en 2012 devra s’accompagner d’une feuille de route définissant les éléments clefs d’un nouveau pacte européen. Il faudra en particulier expliquer clairement à nos partenaires que, faute de voir pris en compte la plupart de ces éléments, nous bloquerons le fonctionnement d’un système qui, de jour en jour, éloigne les peuples de la belle ambition européenne. Il s’agira de manifester une volonté, non pas d’engager un repli national, mais de créer un rapport de forces, en alliance avec les autres forces progressistes et écologistes européennes, destiné à permettre une réorientation majeure de l’Europe.

5) La volonté de mettre en place de nouveaux outils publics d’intervention

S’il est clair qu’une sortie de crise exige une dynamique européenne différente, il serait erroné de faire croire à nos concitoyens que la France ne possède pas des marges de manœuvre propres, lui permettant de reprendre davantage la main sur le pouvoir économique. Grâce à de nouveaux outils publics d’intervention, il sera possible de contrer certaines délocalisations, d’arrêter le démantèlement des services publics, de mettre en œuvre de nouvelles politiques industrielles et un développement économique au service de l’emploi et non de l’accumulation maximale de profits non réinvestis.

Nombre de ces éléments se retrouvent aujourd’hui dans la rhétorique des partis de gauche et des écologistes. Il est donc tout à fait possible d’affirmer et de hiérarchiser clairement les priorités, de consigner des mesures concrètes à court terme comme des changements plus profonds à inscrire dans la durée. Ce qui manque, c’est la volonté.
 
La plupart des animateurs actuels de parti ne prétendent pas vraiment à la candidature présidentielle de 2012. Seront-ils capables de montrer qu’en dépit de la présidentialisation, les partis de gauche ne sont pas rangés au musée et qu’ils conservent le rôle décisif de porter une espérance collective et de préparer les grands changements, en mettant en mouvement les forces vives de la société ? Sans cela, sans détermination, sans l’affirmation d’une réelle volonté de changement, pour la gauche, rien n’est possible.

Co-signataires : Etienne Butzbach (maire de Belfort), Gérard Charasse (député de l’Allier), Marie-Noëlle Lienemann (ancienne ministre), Alain Lipietz (ancien député européen), Emmanuel Maurel (secrétaire national du PS), Stéphane Peu (vice-président de la communauté d’agglomération Plaine Commune), Paul Quilès (ancien ministre), Lucile Schmid (membre du Conseil national d’EELV).

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