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La sécurité est un dérivatif pour Sarkozy

Créé par le 25 août 2010 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Blog du Che, Gouvernement

Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l’hebdomadaire Les Inrockuptibles, mercredi 25 août 2010.


La sécurité est un dérivatif pour Sarkozy

Comment expliquez-vous ce retour brutal du discours sécuritaire chez Nicolas Sarkozy ? Est-ce uniquement pour masquer les dégâts de l’affaire Woerth ou les conséquences de la politique de rigueur ?
Jean-Pierre Chevènement : La sécurité, pour M. Sarkozy, est un dérivatif. La question principale est la question économique. Nicolas Sarkozy a été pris à contre-pied depuis son élection par la crise du capitalisme financier mondialisé. Il est aujourd’hui face à une situation difficile du fait de la crise de l’euro et des plans de rigueur que l’Allemagne a réussi à imposer à tous les pays de la zone euro. Le rapport de forces entre la France et l’Allemagne et la pression des marchés financiers ne lui permettent guère que de raser les murs. L’irruption massive de ce discours sécuritaire a essentiellement pour but de masquer l’extrême difficulté d’une politique de rigueur qui doit, conformément aux exigences de Bruxelles et du pacte de stabilité, ramener le déficit de l’Etat de 8 à 3% du PIB, soit presque 100 milliards d’euros à économiser en trois ans. C’est impossible, même avec une croissance forte – qu’on ne voit pas à l’horizon. Et le concours de politiques de rigueur auxquels se livrent actuellement les gouvernements de la zone euro ne peut mener qu’à une récession catastrophique.

Et pour masquer cette réalité objective, le gouvernement décide donc de mettre le projecteur sur les roms et de multiplier les expulsions…
C’est le discours classique du bouc-émissaire. Il y a bien sûr des noyaux durs de délinquance, je connais le dossier, mais on ne peut pas assimiler l’ensemble des roms à ces délinquants. On ne peut pas non plus assimiler les roms et les gens du voyage, ça n’a rien à voir. Le risque est grand de générer des amalgames. Personne n’est vraiment dupe dans le fond ; le gouvernement n’utilise pas de simples ficelles, il déroule un câble. Il y a un pas qu’aucun gouvernement ayant un peu de déontologie ne devrait franchir. A force de généralisations abusives, il a été franchi. C’est la raison pour laquelle la gauche , selon moi, ne doit pas tomber à pieds joints dans le piège qui lui est tendu. L’inégalité devant la sécurité est une réalité, il y a des gens qui souffrent plus que d’autres de la délinquance au quotidien. C’est un terrain très glissant pour la gauche. Elle devrait le savoir par expérience, et elle va devoir confier sa riposte à des gens qui savent de quoi ils parlent.


 

Dans quelle mesure la gauche est-elle prête ? Qui au-delà d’un Manuel Valls, spécialistes des sorties sécuritaires, peut tenir un discours crédible sur le sujet ?
La plupart des maires de gauche ont une bonne culture de ce qu’est la guerre contre la délinquance, puisqu’ils président les comités de prévention. La gauche doit comprendre que la prévention ne suffit pas. Je ne vais pas rentrer dans des considérations de personnes, j’observe simplement que le Parti Socialiste a très peu travaillé sur ces questions depuis 2002. Alors que les couches populaires, qui constituent en principe le cœur de l’électorat que doit viser la gauche, sont particulièrement victimes de la délinquance. Une politique de reconquête des couches populaires passe bien sûr d’abord par une autre politique économique, mais aussi par une politique à la fois ferme et républicaine dans le domaine de la sécurité. L’idéologie victimaire compassionnelle n’est pas la solution. Peut-être certains dirigeants du PS ne souhaitent-ils pas faire trop référence à une police de proximité dont j’ai été le concepteur.

Est-ce qu’il existe des solutions de gauche concrètes dans le domaine de la sécurité ?
La gauche doit surtout se méfier de certains réflexes conditionnés, laisser de côté sa « culture de l’excuse ». On ne peut pas se soucier que du délinquant, et laisser tomber les victimes. De 1999 à 2002, la gauche a mené sur le sujet un politique sérieuse et réfléchie : nous avions créé la politique de proximité. Peut-être l’extension, en 2002, de cette police aux petites circonscriptions n’était-elle pas opportune : la police de proximité est en effet très consommatrice d’effectifs.

Sur le plan des effectifs justement, la gauche s’est peu exprimée sur le hiatus entre le retour du discours sécuritaire et l’annonce de la baisse des effectifs de la police… Comment un gouvernement peut-il être crédible en faisant simultanément annonce de ces deux décisions en parallèle ?
C’est une très bonne question, la gauche n’a pas utilisé cet argument alors qu’il est pourtant très convaincant. On peut aussi parler du malaise de la police, qui est une réalité. J’ai gardé suffisamment de contact pour vous dire que la politique actuelle – celle du chiffre – n’est pas populaire chez les policiers.

Propos recueillis par Pierre Siankowski

Chevènement dénonce la « politique de l’esbroufe » de Sarkozy

Créé par le 23 août 2010 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Blog du Che, Gouvernement

Entretien au Parisien, propos recueillis par Philippe Martinat, vendredi 20 août 2010. Ancien ministre de l’Intérieur, le président d’honneur du MRC critique la politique sécuritaire du gouvernement. Et il applaudit celle d’Obama en Irak.


 

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, sera dimanche à Frangy (Saône-et-Loire) pour la Fête de la rose organisée par Arnaud Montebourg. Le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) commente l’actualité.

Quel jugement portez-vous sur le discours sécuritaire du gouvernement?
Jean-Pierre Chevènement :
C’est un choix essentiellement électoraliste et une stratégie dangereuse car elle peut nourrir l’extrême droite.
Je ne crois pas que ce sera une stratégie payante si l’opposition prend garde à ne pas tomber les deux pieds joints dans le panneau.

Quel est le piège?
Ce serait que la future campagne présidentielle tourne essentiellement sur la sécurité, sur laquelle beaucoup de gens n’ont pas les idées très claires, alors que les véritables questions portent sur la crise économique et une éventuelle sortie de crise.

Cet été, les responsables de la majorité ont souvent vanté votre bilan comme ministre de l’Intérieur pour l’opposer à celui de Lionel Jospin et du PS. Comment avez-vous reçu cet « hommage »?
Je trouve choquante cette tentative d’instrumentation. C’est M. Sarkozy qui a mis fin à la police de proximité que j’avais créée et expérimentée en 1999. En 2003, M. Sarkozy a révoqué à Toulouse, pratiquement devant les caméras de télévision, mon ancien conseiller, le commissaire Jean-Pierre Havrin (que j’avais nommé directeur de la sécurité publique en Haute-Garonne), en déclarant : « Les policiers ne sont pas là pour organiser des parties de foot avec les jeunes des quartiers. »


 

C’était une critique très directe…
C’est une vision très réductrice de la police de proximité qui est une police à la fois préventive et répressive et qui commençait à produire de bons résultats. Chacun sait que depuis son démantèlement les violences aux personnes ont augmenté. Et les agressions contre les policiers, qui étaient assez rares il y a une dizaine d’années, sont aujourd’hui beaucoup plus répandues. La politique du chiffre de Nicolas Sarkozy a été malheureusement un échec, je dis « malheureusement » car l’insécurité frappe tous les Français, et d’abord les plus démunis.

Le chef de l’Etat voudrait déchoir de la nationalité française certains délinquants. Qu’en pensez-vous?
Je suis assez surpris car M. Sarkozy avait supprimé en 2002 les peines complémentaires — la double peine —, c’est-à-dire la reconduite à la frontière d’un certain nombre de délinquants étrangers à leur sortie de prison. Il prévoit maintenant la déchéance de la nationalité française pour les délinquants graves : M. Sarkozy est dans la communication. Cette politique est une politique de l’esbroufe.

L’état de la réflexion à gauche est-il suffisamment avancé pour lui permettre non seulement de gagner les élections mais ensuite de bien gouverner?
Le vrai problème pour la gauche, ce n’est pas de revenir au pouvoir — c’est à sa portée —, mais de réussir vraiment. Le risque que la gauche déçoive, parce que sur l’Europe notamment elle n’a pas les idées claires, n’est pas écarté.

Vous serez dimanche aux côtés d’Arnaud Montebourg. Est-ce un signe de soutien à son éventuelle candidature pour 2012?
Nous n’en sommes pas là. J’y vais sans aucune arrière-pensée. Arnaud Montebourg est un ami. J’ai apprécié les positions courageuses qu’il a prises sur le projet de Constitution européenne en 2005. Mais le PS est le PS et le Mouvement républicain et citoyen (MRC), ce n’est pas le PS! Notre mouvement veut faire bouger les lignes pour que la gauche soit à la hauteur des défis que le pays a devant lui.

Quel constat faites-vous pour l’instant du bilan de Martine Aubry à la tête du PS?
Elle a plutôt affermi sa position depuis le congrès de Reims qui l’a portée à la tête de son parti. Mais la question du projet de la gauche, si elle vient au pouvoir, est pendante. Nous avons encore beaucoup de sujets à débattre sur la politique économique, l’Europe et la nation notamment. Je dois la rencontrer pour cela au milieu du mois de septembre.

Comment jugez-vous le changement de stratégie des Américains en Irak et en Afghanistan?
Le président Obama a une idée assez claire : il veut se retirer aussi bien d’Afghanistan que d’Irak. Il a raison! L’invasion de l’Irak en 2003 a abouti à créer les conditions d’une véritable guerre civile dans ce pays qui n’a toujours pas de gouvernement et la destruction de l’Irak a mis l’Iran en position dominante dans la région. Quant à l’Afghanistan, tout le monde sait que sa stabilisation dépend du Pakistan qu’il faut aider à jouer un rôle modérateur. La question de la date précise du retrait américain est relativement accessoire. Il faut que l’ethnie majoritaire pachtoune se soit au préalable clairement dissociée d’Al-Qaïda. Ce qui est essentiel, c’est que les Américains ont décidé de se retirer. Je ne suis pas partisan d’un retrait inconditionnel. Il faut avoir créé les conditions d’une stabilité politique dans la région, qui ne peut venir que du Pakistan.

Source : site Internet du Parisien

Ils veulent défigurer la République

Créé par le 31 juil 2010 | Dans : Gouvernement

Editorial par Jean-Paul Piérot dans l’Huma du 30 juillet 2010

Les vannes sont ouvertes. 
La calomnie, l’amalgame, 
le mensonge, les accusations 
à l’emporte-pièce, tout devient possible dès lors que l’on parle des « problèmes » posés par le « comportement » de « certains » Roms 
et autres Tsiganes citoyens français. La parole extrémiste est libérée. À peine Nicolas Sarkozy et une escouade de ministres et de policiers galonnés achevaient-ils leur réunion juste avant les JT de 20 heures mercredi soir 
que le ministre Lellouche affirmait devant les caméras que le drame de Saint-Aignan n’était pas un cas isolé ; 
le lendemain un député UMP en redemandait en matière de répression et soutenait au micro de France Inter que l’errance n’était pas « compatible » avec la manière de vivre en France. Qu’y a-t-il donc au bout de sa pensée ? Une assignation à résidence et l’interdiction de se déplacer ? Le régime de Vichy avait eu cette idée, et avait même créé des camps pour y interner les Gitans récalcitrants. Les principes de la République, forgés par 
la Révolution de 1789, ne reconnaissent que des citoyens, et non des ethnies et autres communautés fondées 
sur la religion ou sur des lectures fantaisistes de l’histoire. À cet héritage, le clan sarkozyen préfère-t-il le modèle berlusconien en cours de l’autre côté des Alpes, où les Roms sont traqués et pourchassés, livrés en pâture aux nostalgiques du fascisme et aux agités de la Padanie ?

Nous voilà avertis. Pour assourdir l’écho 
des affaires de collusion entre le parti présidentiel et les plus grandes fortunes et pour tenter de distraire l’attention des Français du débat sur l’avenir des retraites, Brice Hortefeux va multiplier les opérations policières contre les campements « illégaux » – la feuille de route prévoit l’évacuation de trois cents campements. Toute réaction de colère sera exploitée pour stigmatiser un peu plus les victimes expulsées et tous les Tsiganes de France et d’ailleurs. C’est l’été meurtrier des expulsions vers les Balkans, et des bulldozers contre les familles qui commence. Sur le fond, les mesures annoncées ne constituent pas des nouveautés mais la réunion de l’Élysée est une incitation au harcèlement d’hommes, de femmes, d’enfants suspectés à l’avance de commettre des actes délictueux. Répression et rien d’autre, y compris par anticipation, tel est le message adressé depuis l’Élysée.

Nicolas Sarkozy a pris soin de ne pas accompagner l’arsenal répressif de mesures, fussent-elles cosmétiques, pour donner à l’ensemble 
du dispositif au moins une apparence d’équité. Rien n’est dit par exemple sur la scolarisation des enfants, qui risquent au contraire de voir les portes de l’école se fermer plus hermétiquement encore dans ce climat annoncé de chasse à l’homme. En 2002, un préfet avait été sanctionné pour avoir accusé les gens du voyage 
de « vivre à nos crochets et de la rapine ». Aujourd’hui 
ce genre de propos est à la mode en haut lieu.

Les réactions de la gauche sont au niveau 
de la violence du coup porté aux principes républicains et à la cohésion nationale par ses premiers dirigeants. L’appel lancé par Pierre Laurent au nom du PCF à toutes les organisations de gauche, aux associations et aux syndicats devrait être entendu. 
On ne peut laisser ainsi défigurer la République.

Par Jean-Paul Piérot

Fonction publique : au service de tous…par Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

Créé par le 09 juil 2010 | Dans : Articles de fond, Gouvernement

Lors de son discours à Laon sur la fonction publique, en mars dernier, le président de la République a lancé « Soyez fiers d’être fonctionnaires ». Mais « fiers » nous le sommes monsieur le président et c’est justement parce que nous pensons que notre mission d’intérêt général est fondamentale que nous la défendons. Que ce soit dans les écoles et les établissements scolaires, dans les musées, dans les services sociaux et administratifs, dans les tribunaux, pour l’environnement…, il est nécessaire que les actions et les services soient rendus par des personnels en nombre suffisant, qualifiés et reconnus, assurés de l’indépendance et de la stabilité nécessaire à leurs missions.

Les services publics sont un élément central de notre modèle économique et social. Les français y sont fortement attachés. L’accès aux soins, à la culture, à l’éducation, à la justice et à tous les biens communs…, autant de réalités que vivent au quotidien les usagers et les agents publics. Chacun en mesure l’importance, les insuffisances également.

Les services publics, la fonction publique sont fondés sur l’idée d’intérêt général, sur celle d’égalité pour tous et sur tout le territoire, sur les valeurs de solidarités et de justice dans l’accès de tous à tous les services. Plus que jamais ils doivent répondre aux besoins de la société et donc évoluer. Un réel débat sur leur gestion, les missions, sur ce que les usagers sont en droit d’attendre est devenu indispensable. D’autant plus en période de crise où les inégalités se creusent, où les injustices sont les plus criantes…

C’est précisément parce que nous sommes fiers de nos missions et de notre travail que nous n’acceptons pas une politique qui les méprise, qui les compromet, qui va à rebours de ce qui est indispensable. Parce que nous en sommes fiers nous ne supportons plus ce double langage qui d’un côté vante le rôle incontestable « d’amortisseur social » joué par les services publics dans la crise économique et sociale et de l’autre n’a comme souci que de faire des économies sur leur dos et celui de leurs personnels en les présentant comme des luxes « inutiles ».

Suppression par milliers d’emplois de fonctionnaires avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, gel des salaires des agents, mise en concurrence des individus au détriment de l’intérêt commun, restructuration voire suppression de services et de missions avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP)… Sans compter la réforme des retraites qui, outre les régressions imposées à tous les salariés, prévoit sous couvert d’alignement du taux de cotisation des fonctionnaires sur celui du privé, une baisse supplémentaire du pouvoir d’achat, et la remise en cause de dispositifs comme le minimum garanti ou encore la possibilité de départ anticipé pour les parents de trois enfants pénalisant encore les femmes et les plus bas salaires. Loin d’une quelconque équité c’est d’abord une nouvelle mise en cause brutale des fonctionnaires.

FONCTIONNAIRES, QUELLE BELLE IDÉE !

Qu’on y prenne garde : nous avons avec les quelques 5 millions de personnes relevant du statut général des fonctionnaires une fonction publique de qualité, attachée au bien commun, des agents qui par leur travail, l’attachement à leurs métiers, leur sens de l’intérêt général, font la qualité de nos services publics. Une fonction publique créatrice de richesses.

Arrêtez de lui porter des coups car ce sont les usagers et singulièrement les plus démunis qui en paieront le prix. Arrêtez de brouiller les repères en termes d’objectifs à atteindre en remettant en cause les principes et valeurs de la fonction publique, de faire croire que l’on peut faire forcément mieux avec moins, de chercher à diviser les fonctionnaires eux-mêmes en multipliant les dispositifs individuels, au mérite, contre des dispositifs collectifs : personne n’est dupe sur le projet porté qui vise non seulement à faire des économies mais aussi à instaurer une société du chacun pour soi, du chacun selon ses moyens.

Comment peut-on imaginer des services pour tous reposant sur la précarité, l’étiolement des missions, la dégradation des conditions de travail des personnels ? Au lieu d’une logique purement comptable aux seules fins de réaliser des économies, il faut réfléchir en termes de besoins réels pour estimer les dépenses nécessaires en postes, en crédits, pour redéfinir les missions, les péréquations et régulations indispensables. Il faut se pencher réellement sur les qualifications et les formations nécessaires et leur reconnaissance en termes de rémunérations. Il faut aussi chercher de nouvelles recettes pour financer les besoins nouveaux. Et une réforme juste et équitable de la fiscalité s’impose. Tout autre logique est vouée à l’échec. Abandonner des missions, déserter des quartiers, refuser de penser les enjeux d’avenir…, autant d’économies qui se paieront. C’est en fait du rôle de l’Etat dans notre système économique et politique dont il est aujourd’hui question. La fonction publique s’inscrit toujours dans l’histoire de notre société. C’est une idée moderne porteuse d’avenir !

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

LEMONDE.FR | 08.07.10

Psychiatrie : un projet de loi inacceptable

Créé par le 17 juin 2010 | Dans : Gouvernement, Santé-social-logement

Communiqué de presse commun à propos du « projet de loi relatif aux droits et à la protection  des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge » 

Notre prise de position se situe à lenvers du projet gouvernemental ici dénoncé. Nous pensons qu’il faut un processus dévolution de la psychiatrie quand elle semploie à défendre et accroître la justice sociale dans le soin, quand elle cherche à augmenter les possibilités de liberté dans chaque situation de soin, quand elle considère toujours tout être humain en souffrance psychique en qualité de sujet, de personne et de citoyen, pris dans un environnement social et existentiel, quand elle garantit un accompagnement des professionnels garants de ce qui précède. Quels que soient les atours dont la ministre de la Santé veut lhabiller, le projet actuel est à lopposé dune telle orientation. Il ne fait quappliquer les discours sécuritaires du président de la République dans ce domaine.

Nous sommes plus que jamais dans lordre gestionnaire et administratif, où le préventif nest que prédictif, où le soin nest que contrainte, où la « personne présentant des troubles mentaux » nest que dangerosité à neutraliser. Toutes les mesures prises depuis décembre 2008 le confirment. Dans ce contexte, comment comprendre autrement la rétention de 72 heures que comme une « garde à vue «  psychiatrique, et les développements des « soins sans consentement » comme participant de la société de surveillance et du nouveau management scientiste promouvant lhomme économique.

Cela ne peut avoir échappé aux organisations professionnelles et aux associations dusagers et des familles, dont la ministre de la Santé affiche à longueur dinterviews avoir leur accord. Or, au climat dinsécurité nourri par toute occurrence tant auprès de la population que des professionnels, sadjoint un évident risque deffet opposé, soit une plus forte soustraction, voire une violente opposition, au soin psychiatrique.

Nous ne pouvons donc cautionner de telles « innovations » en trompe-lœil ! A la place dune attribution de dangerosité, à la place de la violence du soin intrusif et contraint, cest bien dune disponibilité et dune obligation à soigner dont il doit être question dans les attributions effectives de la psychiatrie, ainsi que dun engagement de lÉtat. A lextensivité du soin sans consentement (qui pourrait sétendre jusquà la collocation à domicile et lemploi de la géolocalisation), il est possible dopposer une psychiatrie de proximité, daccueil, découte, respectueuse de la personne, de sa parole, de sa dignité, de sa vie privée comme publique, capable de prendre en compte pleinement besoins et état de nécessité, la personne et son environnement.

Les organisations signataires déclarent quelles appellent les parlementaires à rejeter le« projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant lobjet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge », et quelles organiseront un débat public citoyen pour sy opposer. Elles se déclarent prêtes à œuvrer pour le développement dune politique du soin psychique respectueuse de la personne et de ses droits fondamentaux, mais aussi attentive aux demandes de son environnement. A ce titre, elles affirment quil sagit de supprimer mesure de sûreté et loi de police actuelles (sous lautorité du préfet), pour une loi basée sur la protection de la personne. Cest dire que toute mesure de contrainte, tout soin sans consentement relève de lautorisation préalable dun juge judiciaire et de son contrôle ensuite. Les organisations signataires en feront un thème démocratique fort.

Paris, le 16 juin 2010  Premiers signataires : 

Advocacy France, CAUPsy, collectif Non à la politique de la peur, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Groupe information asiles (GIA), Ligue des droits de lHomme, Parti communiste français, Parti de gauche, Solidaires, Sud santé sociaux, Union syndicale de la psychiatrie, les Verts…

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