Gouvernement

Articles archivés

Appel des fédérations et des associations des élu/es

Créé par le 26 sept 2009 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Gouvernement

Socialistes et Républicains, Communistes et Républicains, Verts et Ecologistes, de la Gauche Radicale et Républicaine, du Mouvement Républicain et Citoyen

18 Septembre 2009

Le changement de statut de « La Poste » d’établissement public en société anonyme ouvre la voie à sa privatisation et fait peser de lourdes menaces sur le devenir de ce service public.

Le service public postal remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Elles dépassent le cadre universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale territoriale dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires. D’ores et déjà, en France, 6 100 bureaux de poste sur 17 000 ont été transformés en « partenariats » et plusieurs milliers d’emplois ont été supprimés depuis 2002, au détriment de la qualité d’accueil des usagers, du service de distribution de courrier et des conditions de travail des salarié/es. En Europe, les privatisations postales ont engendré la baisse de qualité de service, une augmentation des tarifs et de nombreuses destructions d’emplois.

Le gouvernement et la direction de La Poste invoquent une directive européenne pour justifier leur projet. Cet argument est faux. En aucun cas l’Union européenne n’impose de modifier le statut de l’opérateur ni sa privatisation. Du point de vue financier, La Poste dispose d’autres moyens que l’ouverture du capital et la privatisation pour faire face à ses besoins de financement.

Nous, élu/es socialistes, communistes, Verts et écologistes, radicaux de gauche et du Mouvement républicain et citoyen estimons que rien ne justifie ce changement de statut. Le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

Nous soutenons la journée de grève et de manifestations des postières et postiers qui aura lieu le mardi 22 septembre 2009, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales de La Poste.

Nous affirmons que le devenir de La Poste est l’affaire de chaque citoyen/ne. Face à l’obstination du Président Sarkozy et du gouvernement à refuser l’organisation d’une consultation nationale sur un sujet aussi important, nous sommes partie prenante de la mobilisation engagée par le Comité national contre la privatisation de La Poste. Une campagne de votation citoyenne aura lieu du 27 septembre au 03 octobre prochain -point d’orgue de cette mobilisation-, organisée partout en France par des comités locaux regroupant syndicats, associations, usagers, élu/es et collectivités territoriales partenaires.

Nous appelons l’ensemble de la population à venir s’exprimer lors de cette consultation populaire qui se tiendra dans les mairies, devant les bureaux de poste, sur les marchés, dans les entreprises… Aux côtés de nos député/es, sénatrices et sénateurs, nos fédérations et associations pèseront de tout leur poids lors du prochain débat parlementaire pour faire barrage au projet gouvernemental.

Claudy LEBRETON André CHASSAIGNE Jean-François CARON Patrick MOLINOZ Etienne BUTZBACH

Pdt de la FNESR Pdt de l’ANECR Pdt de la FEVE Pdt de l’ANEGRR Pdt de l’ARECA

Contacts :

FNESR : 01 53 20 46 36 – secretariat@mde-fnesr.fr ; ANECR : 01 48 51 15 85 – anecr@elunet.org; FEVE : 06 15 89 05 62 -

lafeve@ouvaton.org ; ANEGRR : 01 45 66 37 81 – 13 rue Duroc 75007 Paris ; ARECA : 01 55 78 05 40 – 3 Avenue Corbéra

75012 Paris

Le ministre, l’intégration et l’identité française, par Philippe Bernard

Créé par le 21 sept 2009 | Dans : Articles de fond, Gouvernement

 Les propos de Brice Hortefeux immortalisés par une caméra de la chaîne Public Sénat et diffusés par Lemonde.fr éclairent la conception de l’ »identité nationale » qui prévaut dans l’entourage proche de Nicolas Sarkozy. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la « diversité », ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux, l’idée d’ »inassimilabilité » qui jalonne l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers du ministre de l’intérieur.

Quiconque a visionné la fameuse séquence a pu se convaincre qu’il ne s’agissait ni d’une conversation privée ni d’un quiproquo. Quant à l’humour, l’intéressé en a balayé lui-même l’hypothèse. « Il n’y avait de ma part aucun humour, ni au premier ni au second degré », a-t-il déclaré à Libération. Ce sont bien des Français d’origine maghrébine dont parle le ministre de l’intérieur lorsque, à propos d’Amine Benalia-Brouch, un militant de l’UMP qui souhaite être pris en photo à ses côtés, il remarque : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. » Quel sens aurait d’ailleurs pareille remarque si elle visait les Auvergnats, comme l’intéressé l’a suggéré ?

Les « regrets » exprimés lundi 14 septembre par M. Hortefeux devant le Conseil français du culte musulman résonnent d’ailleurs comme un aveu pour celui qui, deux jours plus tôt, affirmait que « pas un mot dans (son) propos ne visait une communauté particulière ».

Les paroles lancées à Seignosse, elles, reflètent d’abord la confusion, au sein de l’exécutif, entre apparence physique, patronyme, intégration douteuse et religion. Fût-il militant sarkozyste, un homme prénommé « Amine » et au physique maghrébin est nécessairement perçu comme « musulman ». La toute première question qui se pose quand on l’aperçoit, est celle de son « intégration ». Peu importe si une militante a précisé qu’il « est catholique, mange du porc et boit de la bière » pour le rendre présentable. « Amine » est l’exception qui confirme la règle.

Le ministre semble adhérer à cette conception : « Il correspond pas du tout au prototype », remarque-t-il avant de prononcer la phrase désormais célèbre. Cette façon de renvoyer l’autre à une différence insurmontable – porter un prénom maghrébin, c’est attirer le soupçon de non-intégration – tout en magnifiant les individus exceptionnels – « un, ça va » – qui ont franchi le pas et vraiment choisi le camp de la France, renvoie au fonctionnement du système colonial.

Si la grande masse des indigènes, anciens combattants compris, n’était pas jugée digne de la pleine nationalité française (« quand il y en a beaucoup… »), la métropole a toujours distingué une infime minorité d’ »assimilés » jouissant de prérogatives étendues et montrés en exemple. Ainsi, dans l’Algérie française, les musulmans formellement français n’avaient pas le droit de voter dans le même « collège » que les colons européens. Entre 1865 et 1962 seule une infime minorité de 7 000 musulmans d’Algérie (ils étaient 9 millions en 1962) bénéficiait intégralement des droits liés à la nationalité française.

Qu’un demi-siècle après les indépendances, des jeunes Français aux prénoms musulmans dont les pères et parfois les grands-pères sont nés en France, soient encore sommés de fournir les preuves de leur allégeance (« manger du cochon », « boire de la bière »), que collectivement ils continuent d’être perçus comme « des problèmes » par un ministre de l’intérieur, témoigne du poids d’une histoire coloniale mal assumée.

Mais la phrase de M. Hortefeux renvoie aussi à l’idée d’ »inassimilabilité » qui a souvent servi de prétexte à l’exclusion des allogènes, les « bicots » étant, dès les années 1930, en tête de liste, devant les « polacks » (Polonais) et les « macaronis » (Italiens). La figure de l’ »Arabe de service » comme celle du « bon Juif » traverse, elle aussi, l’histoire comme pour justifier le racisme à l’égard du plus grand nombre.

Si elle flatte l’extrême droite, cette vision de l’intégration au compte-gouttes mise en oeuvre par M. Hortefeux au « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » ne correspond pas à la réalité. En dépit des discriminations, les réussites sociales et professionnelles d’enfants et petits-enfants d’immigrés n’ont plus rien d’exceptionnel dans la société française. Etre musulman et français n’est plus considéré comme une anomalie. Pour sept Français sur dix, « les Français musulmans sont des Français comme les autres » (sondage CSA de 2008). Et 60 % des musulmans français se considèrent « autant comme français que comme musulmans« , taux le plus élevé en Europe.

Mais les responsables politiques de tous bords, à force de répéter depuis deux décennies que « l’intégration est en panne » et de justifier cette fausse évidence par des considérations d’ordre religieux et culturel plutôt que par leurs propres échecs économiques et urbanistiques, ont enclenché une machine infernale. Leur discours encourage le repli identitaire et la marginalisation sociale. Pour les jeunes Maghrébins visés, le « Un ça va. Mais beaucoup, bonjour les dégâts ! » de M. Hortefeux ne résonne-t-il pas d’abord comme un message d’exclusion et de défiance ?



Courriel : bernard@lemonde.fr.

Philippe Bernard (Service international)

Pour éteindre Hortefeux

Créé par le 21 sept 2009 | Dans : Gouvernement

Par PIERRE MARCELLE dans Libé du 18/09/09

Lorsque, l’autre jeudi, nos jeunes collègues des écrans qui bougent nous firent savoir que l’irréfutable homme-lige de Nicolas Sarkozy s’était encore fendu d’une bruyante saillie raciste, on commença par soupirer, désabusé, qu’avec Hortefeux, c’est trop facile… Pourtant, sitôt visionné l’objet de son délire, il apparut que, pour le ministre des chaussures à clous, celui-là ne saurait de sitôt être chassé par un autre. Ce qui s’avéra.

«Hortefeux, démission !» est un mot d’ordre simple et honnête. S’il ne fait pas l’unanimité à gauche, c’est vraisemblablement que la gauche n’est plus à gauche. Mais gageons qu’il retentira longtemps aux oreilles de l’ex-préposé à l’Identité nationale. Une semaine plus tard, l’incendie si exemplairement révélateur de l’état d’une république étouffée n’est pas éteint.

Tout pourtant aura été (mal) fait pour circonscrire les braises d’un aveu en forme de vidéo dont son diffuseur, le site du quotidien le Monde, confirma bientôt qu’elle avait été tournée cinq jours auparavant (le 5 septembre) par des journalistes de LCP (la Chaîne parlementaire) et trappée par leur institutionnelle chefferie (Libération des 12 et 13 septembre). Ça commençait mal. Du propos du grand blond notoirement coutumier du fait, ressortait qu’un Arabe («Notre petit Arabe», dit la vidéo), ça va, mais que plusieurs…

Dans un sursaut grégaire, les sbires de la Sarkozie, anticipant le courroux du Prince ou dûment briefés par lui, firent ce qu’il purent pour donner corps à la stupide dénégation de Brice Hortefeux, prétendant avoir parlé, en place des Arabes qui décidément l’inspirent, des natifs d’une Auvergne dont il serait «originaire». Mais on persiste à ne pas comprendre en quoi, hormis une ambition électorale, l’Auvergne concerne ce natif de Neuilly-sur-Seine, ni de quoi lui-même serait le «prototype», sinon d’un politicien médiocre et menteur patenté – assez représentatif, au demeurant, du premier cercle présidentiel.

Les pathétiques braiments des ministres et de l’état-major UMP – selon lesquels l’intouchable de la Place Beauvau serait un brave type prompt à «la déconne» (Copé dixit) et à «l’humour» certes un peu lourdingue, mais d’une moralité républicaine irréprochable – n’ont pas pesé lourd. Ni non plus la vindicative prestation de l’intéressé, lundi, devant le Conseil français du culte musulman, cependant qu’il évoquait encore, et assez misérablement, un «tohu-bohu médiatique». Car Brice «n’avoue jamais», Hortefeux est têtu autant qu’un Breton, comme diraient les adeptes de ses vannes racialo-régionalistes.

Trois jours durant, ses piètres défenseurs avaient contribué à normaliser un peu plus ce «racisme ordinaire» si bien partagé – nourri de post-colonialisme exacerbé durant les «émeutes» de banlieue de 2005 ou les grèves ultramarines de 2008 – et de beaufitude de comptoir légitimée en même temps que l’électorat de Le Pen lors de la présidentielle de 2007 ; le tout unanimement cimenté d’ignominieuses gauloiseries – des «harkis sous-hommes» de Frêche à «l’équipe de France de foot black-black-black» de Finkielkraut – promues marqueurs d’une «identité nationale», sinon culturelle, qui boit de la bière et qui mange du cochon…

Mais en refusant de s’excuser, en ne «regrettant» que «l’interprétation totalement inexacte» de son propos ainsi implicitement revendiqué, Hortefeux signifiait qu’il en voulait plus.

Il voulait que fussent délivrés, à lui et aux siens, le droit d’insulter d’abord et de mentir ensuite. L’absolution que lui délivra notamment, sur le site Nouvel Obs.com, le président de la Licra, Patrick Gaubert (pour mémoire, l’homme qui nous révéla avant Siné les fiançailles du fils Sarkozy avec une femme «juive, héritière de Darty») démontra, presque par l’absurde, que l’on s’enlisait. C’est alors qu’on s’avisa, au Château, que la meilleure défense c’est toujours l’attaque. Après les amusants épisodes du «lynchage médiatique» et de la «sortie du contexte», s’orchestra alors, sous la baguette de Copé (acteur de la vidéo controversée) et de Guaino (rédacteur du discours de Dakar), l’offensive contre le diable Internet.

Venant d’eux et destinée à défendre un furieux promoteur de la vidéosurveillance, l’initiative ne manquait pas de drôlerie ; elle cessa de faire sourire lorsque ces piliers d’une république en voie de poutino-berlusconisation évoquèrent respectivement une prétendue «dictature» de la Toile et «le début du totalitarisme». Que les partisans du régime leur emboîtent le pas ne surprend pas. Mais que leur fassent écho – quand elles ne les précédèrent pas – les voix de divers intellectuels comme le sociologue Wolton, le philosophant Finkielkraut et le rapporteur Olivennes (cités mardi dans le Monde) établit que la «polémique» a changé d’objet.

A suivre, bien sûr, mais mardi, l’Assemblé adoptait le volet sanctions de la loi Création et Internet, dite Hadopi 2… Autre victime colatérale: les sans-papiers de la «jungle» de Calais, que le traître Besson, successeur anti ADN, donc gentil, à l’Identité nationale du méchant Hortefeux, a promis mercredi d’éradiquer sous dizaine.

Brice Hortefeux, un habitué des propos polémiques

Créé par le 13 sept 2009 | Dans : Gouvernement

 A peine installé place Beauvau, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, avait prévu de se protéger des aléas de sa fonction, en exigeant un compte-rendu précis des événements nocturnes dès 6 h 30 chaque matin. Pas question, expliquait-il, d’être pris au dépourvu en découvrant à la radio une information sensible. Mais c’est dans un tout autre cadre, dans l’ambiance décontractée de l’université d’été de l’UMP, à Seignosse (Landes), le 5 septembre, que les ennuis sont venus.

Sitôt les images d’une vidéo de Seignosse diffusées, où l’on entend le ministre dire, face à un jeune militant d’origine arabe « quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes », la polémique a enflé. « Pour qu’il y ait excuses, il faudrait qu’il y ait faute », a riposté M. Hortefeux dans un entretien, samedi 12 septembre à Libération, en dénonçant un « lynchage médiatique ». Mais les témoignages ont surgi.

Azouz Begag, ancien ministre de l’égalité des chances dans le gouvernement Villepin, affirme se souvenir de gestes fort désagréables de M. Hortefeux, alors secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales. « Lors des derniers conseils des ministres, raconte le sociologue d’origine algérienne, Brice Hortefeux mimait avec son doigt en me regardant le geste de l’égorgement. » M. Begag, qui entretenait depuis la crise des banlieues de très mauvaises relations avec Nicolas Sarkozy et ses proches, rappelle une autre altercation à l’Assemblée. Voisin de banc, M. Hortefeux lui aurait lancé « Allez fissa, sors de là. Dégage d’ici, je te dis dégage d’ici. » Une anecdote que M. Begag a déjà conté dans son livre Un mouton dans la baignoire.

Des journalistes ont parfois aussi été les témoins de propos troublants. Ainsi, quelques-uns se souviennent que dans le train qui l’emmenait le 13 septembre 2007 à Lyon où il devait prononcer un discours sur l’asile, M. Hortefeux, soucieux de montrer qu’en tant que ministre de l’immigration il faisait preuve d’humanité, avait annoncé avoir pris l’initiative de régulariser « naturellement » une famille de la rue Rampal à Paris. « Les enfants sont bons élèves, ils portent des prénoms français », justifiait-il, estimant que cette famille avait « démontré par les prénoms qu’elle voulait s’intégrer ». « Des prénoms français, catholiques », insistait-il.

A contrario, des proches et une bonne partie de la droite ont pris la défense de M. Hortefeux, en réfutant toute accusation de racisme et en mettant en avant ses « blagues ». « C’est un mec net avec un humour britannique qui n’a pas été compris », a affirmé dans un communiqué le député de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult.

Pour Olivier Brachet, qui fut, en tant que directeur de Forum Réfugiés, un de ses interlocuteurs au ministère de l’immigration, M. Hortefeux « n’est pas raciste, du moins il ne l’est plus « . Les propos du ministre de l’intérieur sont typiques, estime-t-il, d’un certain milieu : « Ça me fait penser à des jeunes de Neuilly (ville dont est originaire M. Hortefeux), souligne M. Brachet, Il fait partie de ces gens qui ont toujours été de droite, qui sont issus de ces milieux qui, dans les années 60-70, parlaient des immigrés sans retenue. Même si ces personnes à 50 ans se sont assagies, elles n’ont pas été éduquées dans leur jeunesse à une certaine retenue et cela peut ressortir. »

M. Hortefeux, 49 ans, lance souvent des piques et possède sa manière bien à lui, mordante, de conter les anecdotes. Il peut aussi être brutal n’hésitant pas à sanctionner, déplaçant un jour le directeur départemental de la sécurité de Seine Saint-Denis, mettant d’office un autre jour à la retraite le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné d’avoir tenu des propos racistes.

Successivement ministre, depuis 2007, de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, du travail , puis de l’intérieur, cet ami de longue date du président, avec lequel il a partagé bien des batailles, répète toujours qu’il n’a « pas d’ambition ». Un peu trop souvent sans doute pour celui que beaucoup, à droite, voyait comme un futur premier ministre. Vendredi 11 septembre, le ministre s’est employé à corriger les effets désastreux de la video de Seignosse en partageant un dîner de rupture du jeûne avec des musulmans d’Auvergne, sa région d’attache politique.

Au même moment, un communiqué envoyé par son ministère soulignait « sa volonté d’oeuvrer pour permettre à chacun, quelles que soient ses origines ou ses convictions, de trouver pleinement sa place dans notre République ». Lundi, invité du traditionnel iftar (rupture de jeûne) organisé chaque année par le Conseil français du culte musulman M. Hortefeux devrait rencontrer la communauté musulmane dans son ensemble

Isabelle Mandraud avec le service France

La gauche demande la démission de Brice Hortefeux

Créé par le 10 sept 2009 | Dans : Gouvernement

Le dérapage de Brice Hortefeux lors de l’université d’été de l’UMP a déclenché une vague de réactions négatives à gauche et au sein des association antiracistes. Dans une vidéo diffusée par Le Monde.fr, le ministre de l’intérieur pose pour une photo en compagnie d’un jeune militant d’origine maghrébine, et déclare : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

« La question n’est même pas de savoir s’il faut ou pas qu’il démissionne du gouvernement, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci ? », a réagi Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste. « Le président de la République doit le démettre immédiatement », a-t-il ajouté. Olivier Besancenot a lui aussi déclaré que le ministre de l’intérieur devrait démissionner.

Martine Aubry s’est dite « choquée et consternée » par les propos « insultants ». « Les Français ne peuvent accepter qu’un ministre puisse s’exprimer ainsi. Je ne tolérerai pas que des propos racistes soient tenus dans notre pays », a affirmé la première secrétaire socialiste. « A ce niveau, je ne demande pas au ministre de démissionner, mais au président de la République, en tant que garant des valeurs et de l’unité nationale, de le lui demander », a ajouté Razzy Hammadi, secrétaire national chargé des services publics.

Pour la porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni, « on sait dorénavant ce que M. Hortefeux a dans le ventre, et ça ne sent pas bon ». « Il vaudrait mieux changer de poste, c’est clair », a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

« CONSTERNATION » DE SOS-RACISME

Les associations antiracistes comme SOS-Racisme disent elles aussi avoir appris « avec consternation » les propos de M. Hortefeux. Après avoir vu ces images, Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires, s’est dit « triste que des paroles de cette nature puissent être prononcées par un représentant du gouvernement français ». « Ce que j’ai vu ne m’a pas semblé être une plaisanterie, a-t-il déclaré. Ces paroles sont aux antipodes des valeurs qu’un ministre est censé représenter. D’autant qu’il vient de sanctionner un préfet taxé de racisme. Si ces propos ont bien été tenus, il faudra appliquer la même règle au ministre de l’intérieur. »

Le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné de propos racistes alors qu’il était l’objet d’un contrôle à l’aéroport de Roissy, a été mis à la retraite d’office mercredi, en conseil des ministres. Il avait accusé son ministre de tutelle d’avoir « orchestré » cette affaire afin de « se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste ». Interrogé par France Info après les propos de Brice Hortefeux, Paul Girot de Langlade a estimé qu’il n’était pas « le plus raciste des deux ». « Moi, il [le ministre de l'intérieur] m’a mis à la retraite d’office, alors j’attends de voir maintenant ce que vont faire les associations antiracistes face à ce dérapage verbal. »

« POLÉMIQUE HONTEUSE » SELON L’UMP

Sur TF1, François Fillon a estimé que Brice Hortefeux était victime d’une « campagne de dénigrement ». « Aucun propos ne peut lui être reproché », a-t-il ajouté, alors que le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a évoqué « une polémique honteuse ». « [C'est la preuve] que la gauche est prête à tout pour nous nuire », s’est insurgé M. Bertrand.

En janvier 2009, Brice Hortefeux avait plaisanté sur les origines de Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, qu’il avait présentée comme « une compatriote » avant d’ajouter : « Comme ce n’est pas forcément évident, je le précise. » L’intéressée avait défendu le ministre en assurant qu’elle n’y avait vu aucun « propos tendancieux ».

Le Monde.fr, avec AFP

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