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Jean-Pierre Chevènement souhaite voir naître un grand parti qui récupère les valeurs républicaines : «La gauche doit savoir où elle habite»

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Débats autour de la refondation de la gauche, Le Che, Projet politique

Présidentielle La bataille à gauche Jean-Pierre Chevènement souhaite voir naître un grand parti qui récupère les valeurs républicaines :

«La gauche doit savoir où elle habite»

Par Renaud DELY

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 8 mai 2007

      

Pilier de la campagne de Royal, Jean-Pierre Chevènement plaide pur un nouveau «grand parti de gauche rassembleur» qui n’exclue pas de nouer des alliances au centre.

Cette défaite, c’est la faute de la candidate, de la stratégie, du projet ? 

Très clairement, ce n’est pas de la faute de la candidate, qui a donné le meilleur d’elle-même. C’est le résultat de l’état relatif de la gauche et de la droite. Nicolas Sarkozy a su, depuis des années, détourner un certain nombre de valeurs républicaines : le travail ­ c’est un comble ! ­ l’effort, le mérite, la nation même, valeurs que la gauche n’aurait jamais dû laisser choir. Notre candidate a cherché à les récupérer. Elle a insisté sur l’indissociabilité des droits et des devoirs, le «gagnant-gagnant», le refus de l’assistanat. Mais elle ne pouvait, à elle seule, pallier en peu de mois l’insuffisance d’une réflexion et d’une action collectives.

Une panne qui remonte au désastre du 21 avril 2002 ? 

Bien avant. Depuis la fin des années 80, le PS n’a pris aucune distance avec son tournant social-libéral. Il ne l’a ni critiqué, ni assumé. Il n’a pas fait sa conversion républicaine, il a fait, sans le dire, sa conversion libérale. Les socialistes auraient pu prendre le temps de trier le bon grain de l’ivraie. Mais, sous François Mitterrand, c’était le règne des «Commandements de Dieu». Puis vint l’époque d’un «droit d’inventaire» qui, de fait, n’a jamais été exercé. Enfin, depuis le 21 avril 2002, la gauche s’est tétanisée. Il n’y a pas eu de critique réfléchie des années 1997- 2002. Cette période est devenue taboue. Ségolène Royal a été amenée à faire des avancées qui étaient plutôt des échappés belles mais solitaires, sur des questions comme la République, la nation, dont on ne parlait plus beaucoup à gauche depuis longtemps, la sécurité ou l’Education.

Avec «l’ordre juste», ou l’autorité, certains reprochent à Royal de s’être placée sur le terrain de l’adversaire… 

C’est une erreur fondamentale. Historiquement, ce sont des valeurs républicaines. Mai 68 a été un moment de l’Histoire mais il serait absurde de lui opposer Jules Ferry. Moi-même, j’ai souhaité que l’école de la République relève les défis de la modernité dès que je suis devenu ministre de l’Education en 1984. L’habileté de Sarkozy a été d’enfermer la gauche dans cette caricature de laxisme et d’esprit soixante-huitard. La gauche n’avait pourtant aucune raison de se laisser ainsi «encager». Sarkozy a exploité abusivement les incidents de la gare du Nord en rejetant Ségolène Royal du côté des délinquants. Sarkozy a amalgamé dans une sorte d’enclos les immigrés, les «assistés» et les délinquants, en dressant contre eux la masse des «honnêtes gens», comme on disait au XIXe siècle. C’est la technique classique du bonapartisme : «Que les méchants tremblent et que les bons se rassurent !» 

Alors, sur quelles bases refonder la gauche ? 

Il faut que la gauche récupère la République, dont les valeurs sont aussi le travail, la liberté, la laïcité, le refus des communautarismes, le patriotisme, etc. Elle doit se réapproprier le regard républicain, qui s’oppose au regard ethnique et voit dans l’autre ses qualités avant de voir s’il a le cheveu crépu ou la tignasse blonde. Il est nécessaire de trouver ces «points justes» qui permettront à la gauche de reconquérir une hégémonie culturelle.

Redoutez-vous que les dirigeants du PS veuillent «rénover» la gauche en s’inspirant de Tony Blair ? 

Sur beaucoup de choses, Tony Blair n’a pas eu tout faux, par exemple sur les services publics. Et je l’ai moi aussi souvent cité : «Dur avec le crime, dur avec les causes du crime.» Mais on ne peut pas importer en France le modèle britannique. Depuis deux siècles, le modèle français, c’est le modèle républicain. La gauche doit se doter d’un projet ouvert à ceux qui se disent sociaux-démocrates, communistes, radicaux, démocrates, chrétiens progressistes et, bien sûr, aux républicains de tradition socialiste, qui sont beaucoup plus nombreux que les adhérents du MRC.

Vous souhaitez un nouvel Epinay ? 

A terme, oui. Le cycle inauguré en 1971 s’est achevé. Il n’y a plus de bipolarité du monde. L’influence du PCF est résiduelle. Cela ne veut pas dire qu’il faille plier devant la globalisation, la dictature de l’actionnariat, le capitalisme financier sans frontières. Il faut comprendre le monde pour le transformer. La gauche française manquerait à sa vocation si elle n’était que gestionnaire. Il faut trouver le centre de gravité d’un grand parti de gauche, rassembleur, qui renoue avec un débat d’idées qui nous a beaucoup manqué depuis une vingtaine d’années.

Ce parti pourrait-il se tourner vers le centre ? 

Il ne doit exclure aucune stratégie d’alliances, mais les alliances ne viennent qu’après. Avant de pratiquer l’ouverture, il faut savoir où l’on habite, sinon l’on n’est qu’un camp volant. Je suis contre une gauche sans domicile fixe. Bâtir un nouveau parti réformiste ? Pourquoi pas. Mais avec une grille de lecture du monde et la volonté de le changer.

Quel rôle doit jouer Royal ? 

Elle a un rôle évident. On ne rassemble pas impunément 17 millions d’électeurs. Mais je crois à la force de l’élaboration collective.

Vous souhaitez des états généraux de la gauche ? 

Pourquoi pas ? Mais il faut que ce genre de rendez-vous soit bien préparé. Quelle perspective pour la France dans la mondialisation ? Telle est la question à laquelle la gauche doit répondre. Il y a dans la société française un bouillonnement qu’il faut savoir capter. Nous avons su le faire, sur un projet, lors du congrès d’Epinay. Il faut le refaire. Pour ma part, j’y consacrerai mes efforts.

Déclaration de Jean-Pierre Chevènement à l’AFP

Créé par le 07 mai 2007 | Dans : Battre campagne, Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Débats autour de la refondation de la gauche, Le Che, Projet politique

Communiqué à l’AFP, lundi 7 mai 2007.

 

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a apporté un soutien sans faille à la candidature de Ségolène Royal. Celle-ci, au terme d’une campagne valeureuse, rassemble 47 % des suffrages, plus de 17 millions de Français. C’est une base solide pour la résistance et la reconquête.

Les trois partis qui ont soutenu Ségolène Royal au premier tour (PS – PRG – MRC) doivent rester unis dans la campagne des législatives.

L’accord MRC-PS du 9 décembre 2006 procurera à nos candidats une base politique solide en affirmant la nécessité d’une réorientation sociale de la construction européenne, d’une refondation républicaine et d’une voix forte et indépendante de la France dans les relations internationales. Ces orientations, portées par la candidate pendant la campagne présidentielles, doivent être confirmées dans la campagne des législatives.

Le MRC attend enfin du PS qu’il applique loyalement le volet électoral de l’accord politique MRC-PS, en particulier dans les trois départements des Ardennes (Sedan), de l’Indre (Issoudun), et dans la deuxième circonscription du Territoire de Belfort. Nous devons aller unis à la bataille pour créer dans le pays un môle d’équilibre face aux remises en cause prévisibles du pacte républicain telles que les a annoncées Nicolas Sarkozy.

 

Lundi 07 Mai 2007

Une gauche victorieuse, et d’abord de ses propres démons par Jean Pierre Chevènement

Créé par le 07 mai 2007 | Dans : Battre campagne, Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Le Che

  07 Mai 2007

Le MRC aura donné le meilleur de lui-même pour assurer la présence de Ségolène Royal au premier tour de l’élection présidentielle, avec sept points d’avance sur François Bayrou (18,7 % des suffrages).

La partie la moins à gauche du PS a de toute évidence fait une bonne part du score du candidat centriste le 22 avril. Faut-il évoquer Spartacus, les Gracques et autres Brutus qui s’en sont donné à cœur joie, dès avant le premier tour ?

Les mêmes se prévalent aujourd’hui du chiffre du premier tour pour préconiser la stratégie du « big bang » qui a toujours échoué : en effet, avant de prodiguer quelques alliance que ce soit, il faut d’abord savoir où on habite, qui on est et ce qu’on veut faire. La gauche ne peut exister sans une lecture du monde. Le socialisme s’est toujours défini comme une critique du capitalisme. Cela ne suffit certes pas. Il faut aussi une perspective républicaine, c’est-à-dire une éthique, des principes, une exigence. Ensuite, on peut être « ouvert ». Avec ses 17 millions de voix, Ségolène Royal a ouvert un chemin pour la résistance d’abord et la reconquête ensuite.

*
Pour ce qui concerne les législatives, les candidats du MRC disposent avec
l’accord MRC-PS du 9 décembre 2006 d’une bonne plate-forme politique (redressement économique, monétaire et social, de la construction européenne, refondation républicaine et politique étrangère indépendante de la France).

Reste évidemment au Parti socialiste à appliquer loyalement le volet électoral de l’accord MRC-PS. Nous attendons que son bureau national qui avait approuvé à l’unanimité, le 12 décembre 2006, l’accord MRC-PS du 9 décembre, désavoue fermement les candidats socialistes dissidents dans les Ardennes (Sedan) où le MRC présente Gisèle Dessieux, l’Indre (Issoudun) où le MRC présente Marie-Françoise Bechtel, et dans la deuxième circonscription du Territoire de Belfort. Ce respect élémentaire de la parole donnée serait la moindre des choses si le Parti socialiste ne veut pas, par avance, insulter la perspective d’une refondation républicaine de la gauche, bref s’il entend vraiment préparer l’avenir d’une gauche victorieuse, et d’abord de ses propres démons.

Jean Pierre Chevènement dénonce l’énorme subterfuge de M. Sarkozy

Créé par le 03 mai 2007 | Dans : Blog du Che, Contre le candidat du capitalisme mondialisé, Le Che, Pour une autre Europe, Projet politique, Ségolène Royal, Une autre mondialisation

  02 Mai 2007 sur le blog de Jean Pierre Chevènement http://www.chevenement.fr/index.php

 

Toute la bataille se joue sur la compétence supposée de M. Sarkozy. Celui-ci s’est accaparé abusivement la « valeur travail ».

Mais cet accaparement n’aurait pas été possible s’il n’y avait dans le discours de M. Sarkozy une once de vérité : face au défi de la mondialisation, la France ne peut faire l’économie de l’effort. Ce que relevait déjà justement l’accord MRC-PS du 9 décembre 2006, en soulignant la nécessité d’élever les taux d’activités dans notre pays.Mais il est facile de déconstruire le discours de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal n’est pas contre l’effort. Elle est pour un effort justement partagé : relèvement des salaires et taxation des profits. Au contraire Sarkozy, en proposant d’exempter de charges sociales les heures supplémentaires, ne vise qu’à supprimer un salaire différé (retraite, assurance-maladie).La dévalorisation du travail en France comme dans les pays avancés (l’Allemagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne) est la conséquence de la mondialisation libérale qui met en concurrence les territoires et les mains-d’œuvre. Mondialisation libérale dont Nicolas Sarkozy est le candidat, quoi qu’il dise et fasse pour le dissimuler. Voilà l’énorme subterfuge qui se niche au creux du discours de M. Sarkozy : il ne dit pas ce qu’il fait et trompe le peuple avec des amusettes.

Jean-Pierre Chevènement était l’invité d’ « i » Télé à 8h15 ce dimanche 29 avril

Créé par le 29 avr 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Battre campagne, Blog du Che, Le Che, Ségolène Royal

  28 Avril 2007

Jean-Pierre Chevènement était l’invité d’Aymeric Caron sur i>Télé dimanche 29 avril de 8h15 à 8h25. http://www.itele.fr/

Le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen s’est félicité de ce beau débat républicain entre Ségolène Royal et François Bayrou qui augure d’une nouvelle ère dans la façon de débattre au fond.

Des divergences existent sur le plan économique et notamment sur la dépense publique mais il faut constater une souplesse des approches et des convergences : réduction de l’effet de serre, nécessité du pluralisme des media, prise en compte de l’allongement de la durée de vie dans les approches sociales, etc.

Jean Pierre Chevènement espère une même qualité de débat  entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy mais il doute de l’attitude de ce dernier qui brouille souvent les cartes en accusant ses opposants de s’en prendre à sa personne. Nicolas Sarkozy  a ainsi reproché à Ségolène Royal d’employer le mot de brutalité à son égard ( quand il s’agissait du qualificatif utilisé par Simone Veil, jugant Sarkozy parfois brutal ), il a dénoncé l’usage du terme ignoble à son encontre alors qu’il s’agissait de caractériser son projet de ministère de l’immigration et de l’identité nationale.

Interrogé sur la recomposition de la gauche, Jean Pierre Chevènement s’est montré favorable à  la constitution d’un grand parti de gauche républicain après la fin d’une ère : celle du gaullisme, liqudé par un Nicolas Sarkozy qui fait acte d’allégeance à Bush, celle du cycle d’Epinay, avec la situation du PC. Jean Pierre Chevènement a rappellé qu’il évoque depuis 1976 la nécessité d’élargir les base de la gauche (cf son livre « Les socialistes, les communistes et les autres », Aubier Montaigne, 1977).

Mais pour Jean Pierre Chevènement, le débat avec François Bayrou, n’a rien à voir avec celui de la recomposition des partis, d’une toute autre nature.

Interrogé sur sa place aux côtés de Ségolène Royal dans cette campagne, le Président d’honneur a rappellé ses convergences fortes avec la candidate : la nation comme communauté de citoyens, la sécurité qui suppose un équilibre entre prévention et répression, l’indépendance nationale, la République au coeur du dispositif idéologique de la campagne…

Jean Pierre Chevènement a vanté les qualités de Ségolène Royal et s’est montré confiant dans la reconnaissance portée par les français quant à ses capacités d’exercer le mandat suprême de Chef de l’Etat.

Xavier DUMOULIN

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