Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

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Syrie : Poutine, Bachar el-Assad, Daech… le virage diplomatique à 180° d’Emmanuel Macron

Créé par le 24 juin 2017 | Dans : Articles de fond, Contre la guerre, Gouvernement, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Syrie : Poutine, Bachar el-Assad, Daech… le virage diplomatique à 180° d’Emmanuel Macron

Lu dans Marianne Par Bruno Rieth

Publié le 22/06/2017
 
 
Dans un entretien accordé à huit journaux européens, Emmanuel Macron expose les grandes lignes de ce que sera sa diplomatie : rapprochement avec la Russie, lutte contre l’Etat islamique comme objectif principal, nécessité de « la stabilité de la Syrie ». Autant de positions qui détonnent avec les hésitations d’un François Hollande.

C’est bien plus qu’un entretien, c’est une véritable feuille de route qui fait table rase du passé. Emmanuel Macron, tout juste installé dans son fauteuil de président de la République, a décidé de ne pas perdre de temps sur le dossier syrien. Dans un entretien donné à huit quotidiens européens dont Le Figaro et Le Temps, publié ce jeudi 22 juin, le chef de l’Etat s’exprime longuement sur ses aspirations européennes, la diplomatie française et la place de la France dans un monde redevenu multipolaire. Et d’y assumer un véritable tournant diplomatique sous le signe de la « realpolitik » en ce qui concerne la crise politique et militaire qui secoue le Moyen-Orient.

Sur l’analyse d’abord, Emmanuel Macron pose un constat clair et précis (et nécessaire) sur les raisons qui ont vu la Russie devenir incontournable en Syrie. « Les Etats-Unis ont fixé des lignes rouges mais ont fait le choix in fine de ne pas intervenir. Qu’est-ce qui a affaibli la France ? De définir politiquement une ligne rouge et de ne pas en tirer les conséquences. Et qu’est-ce qui a du coup libéré Vladimir Poutine sur d’autres théâtres d’opérations ? Le fait d’avoir constaté qu’il avait face à lui des gens qui avaient des lignes rouges mais ne les faisaient pas respecter », explique le chef de l’Etat. Ce qui le conduit, une fois ce constat posé, à penser une stratégie diplomatique et politique dégagée des erreurs du passé pour être la plus utile aux intérêts français.

Emmanuel Macron défend un rapprochement avec la Russie

 

« Je respecte Vladimir Poutine. J’ai eu avec lui un échange constructif. Nous avons de vrais désaccords, sur l’Ukraine en particulier, mais il a vu aussi ma position », poursuit le président, rappelant ainsi que la Russie est un partenaire de la France tout en actant les désaccords existants. De quoi faire rougir un François Hollande ou un Jean-Marc Ayrault qui en appelaient en permanence à des « sanctions » contre le géant Russe. Puis, Emmanuel Macron lâche : « Il y a la Syrie. Sur ce sujet, ma conviction profonde, c’est qu’il faut une feuille de route diplomatique et politique. On ne réglera pas la question uniquement avec un dispositif militaire. C’est l’erreur que nous avons collectivement commise. Le vrai aggiornamento que j’ai fait à ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! » Une déclaration qui tranche radicalement avec la position qui a longtemps servi de boussole au ministère des Affaires étrangères. Pour rappel, en 2012, Laurent Fabius, alors le patron du Quai d’Orsay, tonnait contre un « M. Bachar el-Assad (qui) ne mériterait pas d’être sur la Terre », estimant que « le régime syrien devait être abattu et rapidement« .https://www.marianne.net/monde/syrie-poutine-bachar-el-assad-daech-le-virage-diplomatique-180deg-d-emmanuel-macron Lire la suite »

J.P Chevènement « Je conseille à François Hollande de prendre du recul »

Créé par le 22 oct 2016 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient, Pour une autre Europe, Projet politique

http://www.dailymotion.com/video/x4yewzu

Le président et le dictateur

Créé par le 09 sept 2016 | Dans : a4-Le blog citoyen croque la droite, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

C’était le titre d’un documentaire, diffusé hier soir sur la chaîne parlementaire, mettant aux prises Sarkosy et Kadhafi sous le précédent quinquennat. Avec cette affaire des infirmières bulgares autour de laquelle se renforce cette connivence entre le président fraîchement élu et le dictateur. A grand renfort de médiatisation, cette libération spectaculaire avait mis en scène, souvenons-nous, l’épouse, Cécilia, transformée ainsi en médiatrice sinon en ambassadrice de la France en Libye. Avec à la clef de ces retrouvailles de nouveaux marchés juteux annoncés à grand tapage. Une apparente victoire diplomatique grâce à cet arrangement familial faisant fi des traditions diplomatiques dans une ambiance qui inspirait le titre de notre article sur ce blog : « succès diplomatique ou charlatanisme? »(1)

Au fil de l’émission dans le débat qui suit la présentation du documentaire, une question a été soulevée : celle des rapports ambigus entre Sarkosy, alors ministre de l’Intérieur, venu à ce titre en voyage officiel en Libye, et le dictateur. Lequel confiait beaucoup plus tard, après la brouille irrémédiable des deux personnages, avoir été sollicité par Sarkosy pour financer ses activités politiques en préparation de la campagne présidentielle de 2007. Le mystère perdure toujours sur cette affaire non élucidée du financement occulte de l’ordre de 50 millions d’euros.

Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit de ces rumeurs, le documentaire apportait un réel éclairage sur ces relations ambigües avant de montrer la séquence de la réception du dictateur à l’Elysée que nous moquions dans ce blog tant elle apparaissait contraire à toutes les bienséances et traditions diplomatiques : « Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique ». (2) et « Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ?«    (3)

La présence très pesante du chef de l’Etat libyen s’accompagnait de couacs à répétition, notamment sur le plan des dénégations du libyen récusant sur nos chaînes nationales l’affirmation du président français selon laquelle il aurait profité des rencontres avec kadhafi pour évoquer les droits de l’Homme bafoués par le dictateur. Une véritable claque pour l’hôte élyséen ainsi ridiculisé. La semaine devait s’achever dans un climat très tendu avec une séquence de signatures de marchés affichant des perspectives jamais tenues dans les faits. Les deux chefs d’Etat n’échangent alors plus aucun regard dans le plus grand paradoxe de cette diplomatie humiliante pour la France. L’ouverture des hostilités remonte donc à cette réception.

Elle conduira au tragique dénouement que l’on connaît trop bien! Mal inspiré par un BHL qui tient lieu de guide diplomatique, Sarkosy oeuvre pour la reconnaissance internationale de l’opposition à Kadhafi. Dans un climat de guerre civile, il porte mains fortes aux combattants de la coalition contre le régime libyen. En violation du texte de la résolution de l’ONU, le président français place nos forces armées dans une stratégie de liquidation de Kadhafi, ce qui n’était pas du tout le mandat international, comme le confirme parfaitement notre entretien avec Jean-Pierre Chevènement sur ce mandat avant l’épilogue final (4). Toutes choses que nous dénoncions avec force sur ce blog : « Entre realpolitik sordide et prétextes humanitaires, l’étrange diplomatie de la chasse à l’alibi, sans queue ni tête! » (5)

Sans minimiser la nécessité de l’époque, celle de la protection des populations civiles, on s’interroge aujourd’hui sur la portée de cet épisode dans la liquidation de l’Etat libyen et la situation d’anarchie d’un pays livré à ses tribus et au terrorisme. On connaît la suite avec le développement de l’EI qui trouva des bases dans ce pays.

Ce retour sur un passé si proche constitue un véritable éclairage sur le manque de lucidité et de cohérence du candidat à la fonction présidentielle. « De quoi Sarkosy est-il le nom? » Cette question sur laquelle nous osions quelques éléments de réponses dans une conférence de l’AGAUREPS-Prométhée (6) se pose à nouveau à nos concitoyens. A droite, si l’on en croit les propos cruels des challengers de l’ex-président, on mesure à présent les dégâts du sarkosysme. Cette affaire libyenne en constitue un exemple fort et criant.

Xavier Dumoulin

(1) Succès diplomatique ou charlatanisme ?

(2)Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique

(3)Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ?

(4) Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

 (5) Entre realpolitik sordide et prétextes humanitaires, l’étrange diplomatie de la chasse à l’alibi, sans queue ni tête!

(6 )Du sarkozysme à la régression antidémocratique : l’AGAUREPS-Prométhée explore les analyses et réflexions de Sami Naïr et Jacques Généreux

 

 

Le vert et le noir – intégrisme, pétrole, dollar

Créé par le 09 août 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Le Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

memo00061.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain.

J’ai relu ce matin ce livre écrit par Jean-Pierre Chevènement quatre années après la première guerre du Golfe. La justesse de sa vision de la poussée de l’intégrisme en pays musulman est, rétrospectivement, tout à fait saisissante! Les origines idéologiques de l’intégrisme, sa géographie et ses développements dans la fin du siècle dernier sont remarquablement exposés avec une prospective pénétrante. Après le désastre des interventions occidentales dans ces guerres pour le contrôle des gisements de pétrole ne subit-on pas à présent ce retour de bâton?

Cet essai, riche de références et d’expériences, met en perspective les questions géopolitiques, économiques, religieuses et culturelles autour de cet Orient dévasté dans sa confrontation avec les appétits d’une Amérique prédatrice et, dans son sillage, d’un Occident aveugle et sourd, prétendant toujours faire la guerre « au nom du droit » et conduire une « ingérence humanitaire ».

Cette approche intellectuelle et concrète de Jean-Pierre Chevènement, fruit d’un engagement précoce dans une vie politique d’une exceptionnelle densité, tranche en effet avec les discours convenus de ceux qui n’ont toujours pas mesuré les effets directs et collatéraux de cette diplomatie incohérente.

Je recommande à nos internautes la lecture de cet ouvrage qui débute par ces mots aujourd’hui chargés de sens : 

« De Bagdad à Jérusalem et Gaza, d’Alger à Tunis, je n’ai entendu qu’une question : la Méditerranée, demain, deviendra-t-elle un enfer?

Et en mon for intérieur, j’ai souci pour la France ».

On trouvera surtout un éclairage très actuel et d’une grande pertinence sur ces questions dans les travaux de la fondation Res Publica dirigée par ce républicain laïc instruit d’une expérience concrète du monde arabe,- et ce, dès la guerre d’Algérie -, à la lecture et à la rencontre des grands penseurs et dirigeants du monde arabe et dans sa réflexion partagée avec les plus grands spécialistes de l’Islam et de l’Orient, parmi lesquels son ami, le regretté Jacques Berque.

Depuis l’annonce présidentielle d’une probable nomination de l’ancien ministre d’Etat à la tête de la fondation pour un islam de France, j’ai espoir en l’acceptation par l’intéressé d’une telle mission. Sa vision laïque, subtile et équilibrée et sa notoriété au sein du monde arabo-musulman sont un gage de  capacité à accomplir une oeuvre d’une particulière nécessité dans cette période de confrontation de notre république aux crimes terroristes et à la violence  de l’intégrisme.

Xavier Dumoulin

Fondation pour l’islam de France: Etre président, «une tâche difficile» estime Chevènement

Créé par le 03 août 2016 | Dans : Le Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

RELIGION                 Pour l’ancien ministre, c’est une mission « d’une importance très grande du point de vue de l’intérêt national

20 Minutes avec AFP

    • Publié le 03.08.2016 à 15:13
    • Mis à jour le 03.08.2016 à 15:13

« On ne peut pas refuser d’apporter sa contribution à cette tâche ». Pressenti par François Hollande pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France,  Jean-Pierre Chevènement n’a pas décliné, ce mercredi, la proposition du chef de l’Etat. « Je considère que c’est une tâche difficile, mais d’une importance très grande du point de vue de l’intérêt national. C’est une tâche difficile, mais à laquelle on ne peut se dérober », a-t-il déclaré.

François Hollande avait évoqué mardi soir de façon informelle le nom de l’ancien ministre, connu pour son attachement à la laïcité, pour prendre la tête de cette fondation créée en 2005 mais paralysée par des dissensions internes.

« J’ai été pressenti par Bernard Cazeneuve (le ministre de l’Intérieur) au mois de mars », a également expliqué Jean-Pierre Chevènement, affirmant qu’il communiquerait sa position officielle à la rentrée.

Quatre millions de musulmans avec « des droits » et « des devoirs »

« Il y a quatre millions de musulmans en France, pour la plupart Français, il faut qu’ils soient citoyens avec les droits que cela comporte, notamment la liberté de culte, et aussi bien entendu les devoirs », a-t-il estimé.

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol a, elle, plaidé ce mercredi pour qu’  une femme prenne la tête de cette fondation. Interrogé sur le sujet à l’issue du Conseil des ministres,  le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a refusé toute « polémique ». « Il y a besoin d’une personnalité qui puisse être un médiateur fort, à la fois ferme sur les grands principes de  la laïcité, et ouvert, pour permettre à l’ensemble des cultes d’assurer leur exercice dans le cadre de la République », a-t-il déclaré, assurant que Jean-Pierre Chevènement avait été évoqué « de manière très claire ».

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