Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
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Créé par sr07 le 02 avr 2026 | Dans : Articles de fond, Contre la guerre, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Dominique de Villepin, Lilith Verstrynge et Christophe Ventura : de Gaza à l’Europe de la Défense, la France s’enferme-t-elle dans l’occidentalisme ? Vassalisation croissante de l’Europe ; retour de la doctrine Monroe en Amérique latine ; militarisation de la politique étrangère ; intensification de la colonisation israélienne, justifiée par un discours millénariste ; surdité face à la souffrance des Gazaouis, cécité face à l’émergence du « Sud global ». Ces dynamiques qui trouvent un écho dans l’oeuvre de Régis Debray, de ses années latino-américaines – dont il a tiré des textes autobiographiques et théoriques – à ses voyages à Gaza et en Cisjordanie – qui dépeignent le martyr de la population palestinienne et les contradictions d’un Moyen-Orient en ébullition – à ses réflexions sur l’Europe et l’OTAN. Les relations internationales occupent une place significative dans ses livres, analysée par Christophe Ventura, Dominique de Villepin et Lilith Verstrynge, dans une conférence animée par Jean Mendelson. Avec :
⬛ GÉNÉRIQUE Ce colloque, organisé par la Fondation Res Publica, s’est déroulé le 16 et 17 décembre 2025, salle des conférences de la Bibliothèque nationale de France (BnF), avec la participation du média Le Vent Se Lève. Filmé par Romain Redler, Christophe Dimitri Réveille & Julien Schickel Monté par Julien Schickel Musique de Léo Schickel Cappello Produit par CDR-Prod
Pour écouter la vidéo cliquer sur l’écran ci-dessous
Créé par sr07 le 26 oct 2024 | Dans : Contre la guerre, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
Créé par sr07 le 24 juin 2017 | Dans : Articles de fond, Contre la guerre, Gouvernement, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
C’est bien plus qu’un entretien, c’est une véritable feuille de route qui fait table rase du passé. Emmanuel Macron, tout juste installé dans son fauteuil de président de la République, a décidé de ne pas perdre de temps sur le dossier syrien. Dans un entretien donné à huit quotidiens européens dont Le Figaro et Le Temps, publié ce jeudi 22 juin, le chef de l’Etat s’exprime longuement sur ses aspirations européennes, la diplomatie française et la place de la France dans un monde redevenu multipolaire. Et d’y assumer un véritable tournant diplomatique sous le signe de la « realpolitik » en ce qui concerne la crise politique et militaire qui secoue le Moyen-Orient.
Sur l’analyse d’abord, Emmanuel Macron pose un constat clair et précis (et nécessaire) sur les raisons qui ont vu la Russie devenir incontournable en Syrie. « Les Etats-Unis ont fixé des lignes rouges mais ont fait le choix in fine de ne pas intervenir. Qu’est-ce qui a affaibli la France ? De définir politiquement une ligne rouge et de ne pas en tirer les conséquences. Et qu’est-ce qui a du coup libéré Vladimir Poutine sur d’autres théâtres d’opérations ? Le fait d’avoir constaté qu’il avait face à lui des gens qui avaient des lignes rouges mais ne les faisaient pas respecter », explique le chef de l’Etat. Ce qui le conduit, une fois ce constat posé, à penser une stratégie diplomatique et politique dégagée des erreurs du passé pour être la plus utile aux intérêts français.
« Je respecte Vladimir Poutine. J’ai eu avec lui un échange constructif. Nous avons de vrais désaccords, sur l’Ukraine en particulier, mais il a vu aussi ma position », poursuit le président, rappelant ainsi que la Russie est un partenaire de la France tout en actant les désaccords existants. De quoi faire rougir un François Hollande ou un Jean-Marc Ayrault qui en appelaient en permanence à des « sanctions » contre le géant Russe. Puis, Emmanuel Macron lâche : « Il y a la Syrie. Sur ce sujet, ma conviction profonde, c’est qu’il faut une feuille de route diplomatique et politique. On ne réglera pas la question uniquement avec un dispositif militaire. C’est l’erreur que nous avons collectivement commise. Le vrai aggiornamento que j’ai fait à ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! » Une déclaration qui tranche radicalement avec la position qui a longtemps servi de boussole au ministère des Affaires étrangères. Pour rappel, en 2012, Laurent Fabius, alors le patron du Quai d’Orsay, tonnait contre un « M. Bachar el-Assad (qui) ne mériterait pas d’être sur la Terre », estimant que « le régime syrien devait être abattu et rapidement« .https://www.marianne.net/monde/syrie-poutine-bachar-el-assad-daech-le-virage-diplomatique-180deg-d-emmanuel-macron Lire la suite »
Créé par sr07 le 22 oct 2016 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient, Pour une autre Europe, Projet politique
Créé par sr07 le 09 sept 2016 | Dans : a4-Le blog citoyen croque la droite, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
C’était le titre d’un documentaire, diffusé hier soir sur la chaîne parlementaire, mettant aux prises Sarkosy et Kadhafi sous le précédent quinquennat. Avec cette affaire des infirmières bulgares autour de laquelle se renforce cette connivence entre le président fraîchement élu et le dictateur. A grand renfort de médiatisation, cette libération spectaculaire avait mis en scène, souvenons-nous, l’épouse, Cécilia, transformée ainsi en médiatrice sinon en ambassadrice de la France en Libye. Avec à la clef de ces retrouvailles de nouveaux marchés juteux annoncés à grand tapage. Une apparente victoire diplomatique grâce à cet arrangement familial faisant fi des traditions diplomatiques dans une ambiance qui inspirait le titre de notre article sur ce blog : « succès diplomatique ou charlatanisme? »(1)
Au fil de l’émission dans le débat qui suit la présentation du documentaire, une question a été soulevée : celle des rapports ambigus entre Sarkosy, alors ministre de l’Intérieur, venu à ce titre en voyage officiel en Libye, et le dictateur. Lequel confiait beaucoup plus tard, après la brouille irrémédiable des deux personnages, avoir été sollicité par Sarkosy pour financer ses activités politiques en préparation de la campagne présidentielle de 2007. Le mystère perdure toujours sur cette affaire non élucidée du financement occulte de l’ordre de 50 millions d’euros.
Ceci expliquant peut être cela. Quoiqu’il en soit de ces rumeurs, le documentaire apportait un réel éclairage sur ces relations ambigües avant de montrer la séquence de la réception du dictateur à l’Elysée que nous moquions dans ce blog tant elle apparaissait contraire à toutes les bienséances et traditions diplomatiques : « Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique ». (2) et « Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ?« (3)
La présence très pesante du chef de l’Etat libyen s’accompagnait de couacs à répétition, notamment sur le plan des dénégations du libyen récusant sur nos chaînes nationales l’affirmation du président français selon laquelle il aurait profité des rencontres avec kadhafi pour évoquer les droits de l’Homme bafoués par le dictateur. Une véritable claque pour l’hôte élyséen ainsi ridiculisé. La semaine devait s’achever dans un climat très tendu avec une séquence de signatures de marchés affichant des perspectives jamais tenues dans les faits. Les deux chefs d’Etat n’échangent alors plus aucun regard dans le plus grand paradoxe de cette diplomatie humiliante pour la France. L’ouverture des hostilités remonte donc à cette réception.
Elle conduira au tragique dénouement que l’on connaît trop bien! Mal inspiré par un BHL qui tient lieu de guide diplomatique, Sarkosy oeuvre pour la reconnaissance internationale de l’opposition à Kadhafi. Dans un climat de guerre civile, il porte mains fortes aux combattants de la coalition contre le régime libyen. En violation du texte de la résolution de l’ONU, le président français place nos forces armées dans une stratégie de liquidation de Kadhafi, ce qui n’était pas du tout le mandat international, comme le confirme parfaitement notre entretien avec Jean-Pierre Chevènement sur ce mandat avant l’épilogue final (4). Toutes choses que nous dénoncions avec force sur ce blog : « Entre realpolitik sordide et prétextes humanitaires, l’étrange diplomatie de la chasse à l’alibi, sans queue ni tête! » (5)
Sans minimiser la nécessité de l’époque, celle de la protection des populations civiles, on s’interroge aujourd’hui sur la portée de cet épisode dans la liquidation de l’Etat libyen et la situation d’anarchie d’un pays livré à ses tribus et au terrorisme. On connaît la suite avec le développement de l’EI qui trouva des bases dans ce pays.
Ce retour sur un passé si proche constitue un véritable éclairage sur le manque de lucidité et de cohérence du candidat à la fonction présidentielle. « De quoi Sarkosy est-il le nom? » Cette question sur laquelle nous osions quelques éléments de réponses dans une conférence de l’AGAUREPS-Prométhée (6) se pose à nouveau à nos concitoyens. A droite, si l’on en croit les propos cruels des challengers de l’ex-président, on mesure à présent les dégâts du sarkosysme. Cette affaire libyenne en constitue un exemple fort et criant.
Xavier Dumoulin
(1) Succès diplomatique ou charlatanisme ?
(2)Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique
(3)Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ?