Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

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La crise de l’eau s’accentue en Israël et frappe durement les Palestiniens

Créé par le 18 août 2008 | Dans : Articles de fond, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

 

JÉRUSALEM CORRESPONDANT

Uri Shani, un universitaire qui préside aux destinées de la Water Authority (Mekorot), a lancé, en juillet, un véritable cri d’alarme : « Israël connaît la pire crise de l’eau de son existence. » « Nous allons à la catastrophe », a-t-il averti, en précisant qu’un peu partout les signaux d’alerte s’étaient allumés.

Le lac de Tibériade, qui fournit un tiers de la consommation nationale, a atteint sa ligne rouge (213 mètres au-dessous du niveau de la mer). A l’automne, il pourrait atteindre la ligne noire au-dessous de laquelle ce grand réservoir serait en péril en raison des risques de salinisation et d’apparition d’algues toxiques. Uri Shani a fait un état des lieux de tous les bassins aquifères. Leur niveau n’a jamais été aussi bas. Le bassin de la côte a déjà atteint la ligne noire, ce qui signifie qu’il y a déjà eu des infiltrations d’eau de mer et que « des dégâts peut-être irréversibles ont été causés », a-t-il souligné.

Uri Shani a déjà prévenu que les prochaines années risquaient d’être pires. Une série de mesures ont été et vont être prises. L’arrosage public pourrait être interdit dès l’an prochain. « Israël deviendra jaune et il faudra apprendre à nager dans des piscines vides », a prévenu Uri Shani. Les quantités d’eau utilisées par l’agriculture seront réduites d’un tiers. Une campagne nationale a été lancée pour inciter la population à économiser l’eau. Son prix va augmenter. Depuis quatre ans, il pleut de moins en moins. Pour l’année 2008, le déficit prévu sera de 350 millions de mètres cubes. Et la consommation domestique augmente de 4 % par an.

Le manque de pluie frappe aussi durement la Cisjordanie. Un tiers en moins au cours du dernier hiver. « 2008 a été déclarée année de sécheresse. La situation au sud et à l’est d’Hébron, à Bethléem, à Jénine est préoccupante », dit Ayman Rabie, responsable de l’organisation non gouvernementale (ONG) Palestinian Hydrology Group. L’approvisionnement venant d’Israël a été réduit de 20 à 30 %, affirme l’Office de coordination pour les affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Il y a désormais des coupures d’eau. Des camions-citernes pallient les manques, mais l’eau est quatre fois plus chère.

B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l’homme, lance un cri d’alarme, indiquant que 20 % de la population de Cisjordanie n’est pas connectée au réseau et que les réserves de l’hiver sont épuisées. « J’ai demandé 8 millions de mètres cubes supplémentaires à Mekorot. Ils m’ont été refusés », s’inquiète Shaddad Al-Attili, responsable de la Palestinian Water Authority (PWA). Le déficit se situera cette année aux alentours de 69 millions de mètres cubes.

A Gaza, « c’est catastrophique », raconte M. Al-Attili, qui explique que la nappe phréatique est à un niveau critique, qu’elle est totalement polluée par l’eau de la mer et par les rejets des eaux usées qui ne sont pas traitées. « Seuls ceux qui ont les moyens peuvent s’acheter un appareil pour purifier l’eau. On va au-devant d’une catastrophe sanitaire », s’alarme Ayman Rabie.

L’eau est un enjeu majeur des négociations entre Palestiniens et Israéliens pour la création d’un Etat palestinien. Le processus d’Oslo avait laissé cette question capitale de côté. Les Israéliens consomment 3,5 fois plus d’eau que les Palestiniens et contrôlent complètement les ressources en eau de la Cisjordanie.

Shaddad Al-Attili avoue son impuissance. « Il n’est pas possible de creuser un puits sans l’autorisation d’Israël et les accords ne sont donnés que pour le bassin oriental, le plus profond, et quelquefois pour celui du nord, le moins fourni. Pour la nappe occidentale, la plus importante, c’est impossible. Or notre population a doublé depuis que l’Autorité palestinienne a été créée et notre allocation en eau est toujours la même. Nous mourrons de soif alors que les Israéliens pensent seulement à réduire leur consommation. » Les Palestiniens veulent que leur eau leur soit rendue. « Israël alloue seulement 20 % de l’eau puisée en Cisjordanie et empêche la PWA de développer des ressources additionnelles », s’insurge B’Tselem.

Ayman Rabie raconte : « Il faut des permis pour creuser des puits à une profondeur requise, entreprendre des réhabilitations du réseau, construire un réservoir, commander des pompes ou des tuyaux. Et ces derniers ne doivent pas être d’une largeur supérieure à 8 inches (20 centimètres) pour que l’on n’ait pas trop d’eau. » Ayman Rabie explique aussi que les colons font ce qu’ils veulent, qu’ils ont de l’eau 24 heures sur 24 et qu’il suffit de se promener en Cisjordanie pour voir le contraste entre les colonies vertes et les villages palestiniens arides.

Non seulement l’eau est rare, mais celle qui est utilisée souille les paysages et le sous-sol, car Israël ne donne pas d’autorisation pour la construction de centres de retraitement. 90 % des effluents sont rejetés non traités.

Shaddad Al-Attili enrage car, depuis plusieurs années, il ne peut utiliser l’argent alloué par la communauté internationale pour construire les unités de traitement des eaux. L’Agence française de développement a, par exemple, engagé 50 millions d’euros pour des projets qui restent gelés faute d’un accord israélien. « En fait, dit Ayman Rabie, nous aurions le feu vert si les colonies étaient autorisées à se connecter sur le réseau de retraitement des eaux, ce qui reviendrait à légaliser leur existence. »

A l’avenir, Israël va devoir non seulement répartir l’eau plus équitablement mais aussi trouver des ressources supplémentaires pour éviter une pénurie croissante. En 2001, une commission de la Knesset avait déjà dressé un constat alarmant et demandé que des mesures soient prises, notamment pour la construction d’usines de dessalement de l’eau.

L’objectif était d’atteindre la production de 400 millions de mètres cubes en 2006. Aujourd’hui, 130 millions de mètres cubes proviennent de trois usines. Trois autres vont permettre d’augmenter la capacité à 500 millions de mètres cubes, en 2012, et 750 millions, en 2020. Il est aussi prévu de favoriser le retraitement des eaux usées qui alimentent en bonne partie l’agriculture.

Mohsé Perlmutter, de la société de protection de la nature, pense que « le plan d’urgence vient trop tard » et annonce des lendemains difficiles pour Israël. Surtout si les Palestiniens exigent le contrôle de leurs ressources en eau.

Michel Bôle-Richard

Les Palestiniens enterrent leur poète Mahmoud Darwich

Créé par le 13 août 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Mahmoud Darwich, le poète de la cause palestinienne décédé aux Etats-Unis, a été enterré mercredi à Ramallah, en Cisjordanie, lors d’imposantes funérailles nationales.

Des dizaines de milliers de personnes, selon la police, ont accompagné la dépouille vers sa dernière demeure, près du palais de la Culture de Ramallah, dans un lopin de terre depuis lequel peut être aperçue la banlieue de Jérusalem, dont les Palestiniens ambitionnent d’en faire la capitale de leur futur Etat.

Le corps de Darwich, décédé le 9 août à l’âge de 67 ans dans un hôpital aux Etats-Unis après une intervention cardiaque, a été transporté depuis Amman par un hélicoptère militaire jordanien qui a atterri dans la Mouqataa, le QG du président palestinien Mahmoud Abbas.

Une garde d’honneur a présenté les armes devant le cercueil, enveloppé du drapeau palestinien et porté par huit officiers.

M. Abbas, d’une voix émue, a rendu hommage au poète qui incarnait l’aspiration de son peuple à l’indépendance et racontait leurs souffrances causées par l’exil et l’occupation.

« Nous ne pouvons croire qu’il est parti », a dit le président palestinien devant des membres de la famille de Darwich, dont sa mère de 92 ans, des responsables, des diplomates et des dignitaires religieux. « Tu resteras avec nous Mahmoud car tu nous a laissé tout ce qui nous unit. Nous ne te disons pas ‘adieu’ mais ‘au revoir’ ».

Il a promis que les Palestiniens réaliseraient le rêve du poète de « hisser le drapeau palestinien » à Jérusalem.

La France était représentée à la cérémonie par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui connaissait personnellement Darwich auquel il s’est référé, dans un de ses ouvrages, comme un homme qui « a la lumière d’une étoile triste ».

Le cercueil a été conduit vers la tombe sur un véhicule militaire qui a arpenté les rues de Ramallah dans des funérailles sans précédent depuis celles de Yasser Arafat, le chef historique des Palestiniens décédé en novembre 2004. Darwich a été mis en terre à l’ombre de trois palmiers fraîchement plantés.

Des portraits de Darwich, frappés du vers « Sur cette terre, il y a ce qui mérite la vie » tiré d’un de ses poèmes, étaient déployés sur des façades d’immeubles ou brandis par la foule. La pierre tombale portait la même inscription.

« Il était le symbole de la cause palestinienne et exposait notre souffrance au monde entier. Avec lui disparaît l’un des derniers symboles de notre peuple », a estimé Riham Baydoun, une Palestinienne de 24 ans.

Des poèmes récités par Darwich ont été diffusés par haut-parleurs. « Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps, près des jardins aux ombres brisées, nous faisons ce que font les prisonniers, ce que font les chômeurs: Nous cultivons l’espoir », clamait sa douce voix.

A Amman, où une brève cérémonie a eu lieu, notamment en présence du Premier ministre palestinien Salam Fayyad après le rapatriement du corps des Etats-Unis, le célèbre chanteur libanais Marcel Khalifé, qui a interprété plusieurs poèmes de Darwich, a chanté avec émotion l’un d’eux.

« J’ai la nostalgie du pain de ma mère, du café de ma mère, des caresses de ma mère… Et l’enfance grandit en moi, jour après jour, et je chéris ma vie, car si je mourrais, j’aurais honte des larmes de ma mère ».

Darwich avait acquis une notoriété internationale, avec près de trente ouvrages traduits en quarante langues. Entre autres récompenses, il avait reçu à La Haye le prestigieux prix Prince Claus pour « son oeuvre impressionnante ».

Son célèbre poème de 1964, « Identité », sur le thème d’un formulaire israélien obligatoire à remplir, deviendra un hymne repris dans tout le monde arabe.

Originaire du village d’Al-Birweh, en Galilée, rasé à la création d’Israël en 1948, il avait choisi l’exil au début des années 1970, avant de s’installer dans les territoires palestiniens en 1995.

20Minutes.fr avec AFP, éditions du 13/08/2008

La Palestine rend hommage à Mahmoud Darwich

Créé par le 10 août 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Par euronews euronews -

Le poète palestinien Mahmoud Darwich, mort samedi, aura droit mardi à des funérailles nationales à Ramallah Et ses obsèques seront à la mesure de celles de l’ancien président Yasser Arafat. Les habitants de Ramallah allument des bougies pour honorer sa mémoire. Le souvenir de l’un des plus grands poètes de langue arabe. Un homme pour lequel le président palestinien Mahmoud Abbas a décrété un deuil national de trois jours.

« Le décès de notre grand poète Mahmoud Darwich, l’amoureux de la Palestine, le pionnier du projet culturel moderne palestinien et le brillant dirigeant national, va laisser un grand vide dans nos vies politique, culturelle et nationale », a ainsi déclaré Mahmoud Abbas. En ajoutant que « Les mots ne (pouvaient) décrire la profondeur de la tristesse » qu’éprouve le peuple palestinien.

Mahmoud Darwich était un auteur engagé dans la cause palestinienne. Il avait démissionné du comité exécutif de l’OLP lorsque l’autorité palestinienne avait signé avec Israël les accords de paix d’Oslo, en 1993. « Il représentait la douleur palestinienne, explique cet écrivain palestinien, Hassan al-Kashef. Depuis la Nakba (la catastrophe de 1948, ndlr) jusqu’à son intervention chirurgicale au coeur, il y a deux ans. Que son absence soit une leçon pour l’unité du peuple palestinien. »

Le président palestinien aimerait que Mahmoud Darwich puisse être enterré dans sa Galilée natale. Autrement dit, sur le sol de l’actuel Israël.

Des militants anti-apartheid juifs sud-africains « choqués » par leur visite en Cisjordanie occupée

Créé par le 20 juil 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Andrew Feinstein n’était jamais venu en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Sud-Africain et juif, il a perdu sa mère et ses dix frères et soeurs dans l’Holocauste. Il a été très impressionné par le mémorial de Yad Vashem et l’évocation d’Auschwitz, où a péri sa famille. Cet ancien député de l’ANC (African national Congress) a également été très marqué par ce qu’il a vu à Hébron : les colons qui insultent et jettent des pierres sur les Palestiniens, qui s’en prennent à cette délégation venue se rendre compte sur place de la réalité des choses. « Comment, au nom du judaïsme, peut-on se comporter de cette manière ? Comment peut-on transformer en ville fantôme un quartier commerçant arabe pour protéger quelques centaines de colons ? », s’interroge-t-il.

Avec un groupe de 22 Sud-Africains, défenseurs des droits de l’homme, membres de l’ANC, magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, blancs, noirs, indiens, une dizaine de juifs, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, du 6 au 10 juillet, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la « barrière de sécurité », rencontré des organisations de défense des droits de l’homme, visité Tel Aviv, tenté d’appréhender le conflit israélo-palestinien. Il ne s’agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l’apartheid que tous ont connu et subi.

« Il n’est pas question de dénier à Israël le droit d’exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j’ai vu », déplore Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l’extension de la colonisation, par « la façon de traiter un peuple comme s’il était de seconde classe, par les pesanteurs de l’occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés ».

Geoff Budlender se refuse à « faire l’analogie avec le système d’apartheid », estimant que ce n’est pas « approprié ». Mais Barbara Hogan, qui a passé huit ans dans les prisons sud-africaines parce qu’elle protestait contre la ségrégation raciale, a été stupéfaite de constater qu’existaient en Cisjordanie des routes séparées pour les colons et pour les Palestiniens, que ces derniers devaient obtenir des permis de l’administration israélienne pour se déplacer, ce qui lui a rappelé le système des « pass » pour les Noirs en Afrique du Sud.

« Les non-Blancs vivaient dans des zones séparées, mais il n’y a jamais eu en Afrique du Sud de routes séparées, de « barrière de sécurité », de check-points, de plaques d’immatriculation différentes, de cantonnements dans des zones délimitées », s’étonne cette députée de l’ANC. « Tout cela est absurde et je me demande jusqu’où cela va aller, ce que ça va donner », s’interroge Barbara Hogan, qui se dit « choquée » par ce qu’elle a vu dans les rues de Hébron : « l’injustice, la haine, le désespoir ». Elle se souvient de « la crainte dans les yeux des enfants », du silence régnant dans les rues du camp de Balata, à Naplouse. « Cette ville est assiégée. Les militaires contrôlent toutes les collines, tous les check-points. On ne peut pas entrer et sortir comme l’on veut. Cela n’a jamais existé en Afrique du Sud », ajoute Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne vice-ministre de la santé et députée de l’ANC.

Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l’occupation, l’importance des restrictions et la volonté d’établir une séparation complète. « La présence de l’armée partout, ces files d’attente aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pire que l’apartheid. Cela ne fait aucun doute. C’est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs, qui n’existaient pas à l’époque. Ce sont des méthodes déshumanisantes », insiste le juge Dennis Davis. Ce n’est pas son premier voyage et il trouve la situation « plus sombre qu’elle n’a jamais été ». « J’ai l’impression que nous sommes en 1965 en Afrique du Sud, lorsque la répression s’est intensifiée après la condamnation de Nelson Mandela. Il a passé vingt-sept ans en prison. A Naplouse, Saïd Al-Atabeh (membre du Front populaire de libération de la Palestine, condamné à perpétuité pour des attentats perpétrés en 1977 et qui avaient fait un mort et des blessés) est incarcéré depuis trente et un ans. Après le jugement de Mandela, il a encore fallu vingt ans pour que des sanctions internationales soient imposées contre le régime de l’apartheid. Ici, je ne vois aucune solution en perspective », dit-il.

« Le bout du tunnel est plus noir que noir », renchérit Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times, l’hebdomadaire dominical le plus populaire d’Afrique du Sud, avant d’ajouter : « Nous, nous savions qu’un jour, cela allait se terminer, que les lois de l’apartheid allaient disparaître. Ici, ce n’est pas codifié, c’est l’occupation qui fait que le Palestinien est un être de seconde zone. »

Le terme d’ »apartheid », considéré comme un outrage en Israël, est utilisé avec précaution par ces hommes et ces femmes qui se souviennent qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient encore qualifiés de « terroristes » par le gouvernement blanc sud-africain, rappelle Barbara Hogan. Ils se refusent aussi à parler de « racisme », de « colonialisme », « car nous ne sommes pas là pour juger mais pour nous informer », se défend Geoff Budlender, qui se déclare surpris de constater que « les Palestiniens veulent encore croire à une solution ». « Mais, ajoute-t-il, lorsque vous voyez ce chapelet de colonies sur la route de Naplouse et que vous vous heurtez partout au « mur de séparation », on se dit que cela ne va pas être simple. »

Dans l’est de la Cisjordanie, la petite troupe de Sud-Africains s’est rendue à Biddo, à Bilin et à Budrus pour voir de près à quoi ressemble la « barrière de sécurité » dont Dorit Beinisch, président de la Cour suprême, leur avait dit qu’elle avait permis d’éliminer les attentats-suicides. A peine sur place, le groupe a été prié de reculer à bonne distance par des militaires israéliens arrivés immédiatement à bord de jeeps. « Si vous ne vous dispersez pas, cela sera considéré comme une manifestation et nous devrons agir en conséquence », a lancé au mégaphone le plus gradé. Les Sud-Africains sont repartis écouter les responsables des villages qui leur ont raconté de quelle manière ce qu’ils appellent le « mur de l’apartheid » avait « pourri » leur vie. « Je comprends parfaitement la peur des juifs, mais elle ne peut justifier ce qui se passe », conclut Andrew Feinstein avant d’ajouter : « Et je trouve très triste que cela se fasse au nom du judaïsme. »

Michel Bôle-Richard

Le Courrier International : Palestine « Un peuple qui vit en en réprimant un autre ne peut être libre »

Créé par le 17 mai 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Des milliers de Palestiniens ont manifesté jeudi 15 mai en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour marquer l’anniversaire de la Nakba, la catastrophe que fut pour eux la création d’Israël il y a soixante ans. La presse palestinienne exprime son amertume et ses espoirs. 

« Les médias et responsables israéliens se plaisent à souligner que ce sont les Palestiniens qui ont rejeté en 1947 le partage de la Palestine [sous mandat britannique] décidé par les Nations unies [résolution votée le 29 novembre 1947 et qui divise la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe et place Jérusalem sous contrôle international]. Selon cette logique, les Palestiniens seraient donc en partie responsable de la Nakba [catastrophe] qui s’est abattue sur eux », relève Al-Quds.

« Les Israéliens passent ainsi sous silence le fait que la communauté internationale a soutenu à cette époque la création de l’Etat d’Israël alors que les Palestiniens aspiraient à l’indépendance de leur pays et à l’égalité des droits pour tous ses habitants, chrétiens, juifs et musulmans », poursuit le quotidien palestinien. Plus déplorable encore est « la partialité de la communauté internationale qui sombre dans l’oubli et fait semblant d’ignorer la réalité des choses, d’ignorer qu’Israël a vu le jour sur les ruines de la tragédie palestinienne et en dépossédant le peuple palestinien de sa terre ».

Et de regretter : « La position américaine aurait été tellement plus équilibrée si le président américain George W. Bush [en visite à Tel-Aviv dans le cadre des festivités des 60 ans de l'Etat hébreu] avait eu le moindre geste, même symbolique, à l’égard des Palestiniens, qui commémorent la Nakba de leur côté. »

« Mais la présence d’Israël et son maintien sur une partie de la terre de la Palestine grâce à l’usage de la force et à un soutien, financier et militaire, venant de l’extérieur, n’est qu’une forme de colonisation. Et un peuple qui vit en en réprimant un autre ne peut être libre », enchaîne le site Amin. « Depuis 1967, Israël se développe en accélérant la colonisation de la Cisjordanie. Et aujourd’hui ce pays construit un mur de séparation, œuvre pour la judaïsation de Jérusalem et isole la bande de Gaza en lui imposant un blocus. Des agissements qui sont en violation de la convention de Genève, laquelle définit les limites du pouvoir de l’occupant et protège les droits fondamentaux des civils subissant l’occupation », poursuit le site palestinien, rappelant le contenu du livre de l’ancien président américain Jimmy Carter, Palestine : la paix, pas l’apartheid.

Pour Amin, la commémoration de la Nakba est l’occasion de lancer un appel pour « une refonte de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) afin de lui insuffler un esprit plus démocratique et de la rendre plus efficace pour défendre les droits des Palestiniens ».

Même son de cloche dans le quotidien Al-Ayyam, qui appelle à l’union des factions palestiniennes et regrette les divisions et dissensions entre le Hamas et le Fatah. Le quotidien, proche de l’Autorité palestinienne, souligne que la solution doit être recherchée « en mettant l’accent sur une stratégie où l’offensive politique est privilégiée ».

Hoda Saliby

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