Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
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Créé par sr07 le 03 mar 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
François SERGENT
QUOTIDIEN LIBERATION : lundi 3 mars 2008
Une comptabilité macabre. Dimanche, un éditorialiste de Haaretz calculait qu’en une après-midi Tsahal avait tué plus de Palestiniens que les Qassam n’avaient tué d’Israéliens en sept ans. En deux ans, l’armée israélienne a tué près de mille habitants de Gaza, dont la moitié de paramilitaires et la moitié de civils. On peut imaginer, écrivait le quotidien israélien, l’outrage mondial si les Palestiniens avaient fait la même chose, avec le même pourcentage. Ce week-end, les condamnations internationales ont été unanimes… mais tièdes. Comme si le monde entier se lavait les mains de la catastrophe annoncée. Israël a le droit et le devoir de se défendre des tirs aveugles des fusées du Hamas qui frappent écoles, rues ou parcs de Sdérot ou d’Ashkélon. Mais l’opération «Hiver chaud», en raison même de son ampleur et de sa méthode, ne protégera pas les Israéliens. Deux ans après l’élection du Hamas à Gaza, jamais le Parti islamiste n’a été aussi puissant. Les opérations militaires israéliennes ne font que renforcer son emprise sur le million et demi de Gazaouis, qui survivent dans des conditions de dénuement et d’isolation abjectes. Plus encore, la guerre à Gaza ne peut qu’ouvrir un second front en Cisjordanie, où les habitants se sentent solidaires de leurs frères attaqués. Aujourd’hui, Israël peut soit décider d’occuper Gaza, une opération à haut risque, sans fin ni garantie de réussite, soit choisir de négocier une trêve, d’ouvrir un dialogue avec son ennemi juré, le Hamas. Comme Jérusalem a fini par parler à l’OLP et au Fatah de Yasser Arafat qui, eux aussi, étaient alors ses pires ennemis.
Créé par sr07 le 03 mar 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
Par Ibrahim Barzak AP
GAZA, Bande de Gaza – Les troupes israéliennes se sont retirées du nord de la Bande de Gaza peu avant l’aube lundi après une profonde incursion en territoire palestinien dans le cadre d’une offensive contre les tirs de roquettes qui a fait plus d’une centaine de morts et conduit le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à suspendre les pourparlers de paix avec l’Etat hébreu.
Après plusieurs accrochages avec les militants palestiniens et des arrestations dimanche, l’infanterie israélienne a commencé à se retirer peu après minuit, a annoncé Tsahal, tandis que les bombardements aériens israéliens ont fait cinq morts.
Ces bombardements se poursuivaient lundi matin après les attaques de dimanche contre plusieurs cibles dans la Bande de Gaza, à proximité du camp de réfugiés de Chati et à Jebaliya, au nord, où deux militants ont été tués et trois autres blessés, selon des responsables des services de sécurité palestiniens. Ces décès portaient à 11 morts le bilan des violences de dimanche.
L’armée israélienne a confirmé avoir visé des hommes armés à Jebaliya, touchant une personne. Tsahal n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat concernant des frappes contre Chati, situé dans la ville de Gaza.
Le ministre de la défense Ehoud Barak a affirmé qu’une invasion de Gaza par les troupes israéliennes restait une option possible et qu’Israël essaierait de renverser le régime du Hamas. « Nous utiliserons la force pour changer la situation », a déclaré Ehoud Barak lors d’une réunion avec les responsables de la sécurité, selon un communiqué publié par son cabinet.
Lundi, aux premières heures du jour, les Palestiniens ont dénombré neuf raids israéliens séparés sur Gaza dans lesquels cinq militants du Hamas ont été tués. L’une de ces offensives s’est produite près du bureau du Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh qui ne se trouvait pas sur les lieux au moment de l’attaque. L’armée israélienne a précisé que l’avion visait des caches d’armes entre autres.
Avant minuit, Israël a déployé davantage de troupes et de blindés dans le nord de la Bande de Gaza, élargissant le théâtre des opérations à environ un kilomètre et demi, selon des témoins et des membres des services de sécurité palestiniens.
L’aviation israélienne a également frappé deux ateliers de métaux dans le nord du territoire, blessant dix personnes, a-t-on appris de mêmes sources.
L’armée israélienne a déclaré que les raids visaient des caches d’armes, et que les mouvements de troupes étaient des mesures de routine.
Dimanche, 11 Palestiniens, dont une petite fille de 21 mois, ont été tués et dix autres ont succombé à des blessures ou ont été retrouvés morts. En tout, 109 Palestiniens ont été tués depuis le début des violences mercredi dernier, selon des militants et des sources hospitalières. Environ la moitié sont des civils. Deux soldats et un civil israéliens ont également perdu la vie.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a suspendu les pourparlers de paix avec l’Etat hébreu en raison de ces opérations, réactions aux tirs de roquettes vers le territoire israélien.
Face aux condamnations internationales, Israël a fait valoir son droit à se défendre, et même laissé entendre que ses interventions pourraient s’intensifier. AP
Créé par sr07 le 02 mar 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
Par Par Sakher ABOU EL-OUN AFP
GAZA (AFP) – L’armée israélienne a poursuivi dimanche son offensive dans la bande de Gaza, où plus de 70 Palestiniens ont péri en 48 heures, poussant l’Autorité palestinienne à suspendre tout contact avec Israël.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a annoncé la poursuite de l’offensive, baptisée +Hiver chaud+, « contre les organisations terroristes » visant à mettre fin aux tirs de roquettes visant le sud d’Israël.
Il a dans le même temps indiqué vouloir préserver les négociations de paix avec l’Autorité palestinienne. Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé « de suspendre tous les contacts à tous les niveaux (avec Israël) car ils n’ont aucun sens au regard de l’agression israélienne », selon son porte-parole Nabil Abou Roudeina.
Cette nouvelle flambée de violences a précédé l’arrivée mardi dans la région de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice qui veut aider à progresser dans les négociations de paix relancées il y a à peine trois mois.
« La violence doit cesser et les discussions doivent reprendre », a déclaré la Maison Blanche.
A nouveau, l’armée israélienne a bombardé dimanche le nord de la bande de Gaza, où dix Palestiniens ont été tués. La veille, 63 Palestiniens y avaient péri, dont plusieurs femmes et enfants, selon des sources médicales.
Dans la localité de Jabaliya, des dizaines de blindés israéliens se frayent leur chemin dans les ruelles étroites aux murs criblés de balles. Des hélicoptères tournoient dans le ciel. Les charges artisanales palestiniennes et les roquettes israéliennes explosent.
« De ma vie je n’avais vu un tel massacre », dit Fatima Sayed, une habitante de Jabaliya. « Israël nous a chassés en 1948″, dit-elle en référence à la première guerre israélo-arabe après la création de l’Etat hébreu. « Maintenant, ils veulent nous tuer tous ».
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la mort de 37 de ses combattants dans l’offensive, et celle d’une dizaine d’autres activistes. Deux soldats israéliens y ont été tués samedi, et deux autres blessés dimanche.
L’armée israélienne a indiqué dimanche soir avoir saisi d’importantes quantités d’armes et arrêté une cinquantaine de suspects palestiniens.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des appareils israéliens avaient rasé les bureaux à Gaza d’Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement Hamas non reconnu internationalement.
Malgré l’ampleur de l’offensive israélienne, la plus meurtrière depuis 2000, 24 roquettes se sont abattues dimanche sur le sud d’Israël. La police a fait état d’un blessé, et indiqué qu’en soirée un autre engin avait frappé une maison à Ashkelon.
L’armée israélienne avait lancé mercredi des opérations ponctuelles à Gaza également meurtrières, après la mort d’un Israélien dans l’explosion d’une roquette à Sdérot (sud). Depuis mercredi, plus de 100 Palestiniens ont péri.
« Israël n’a aucune intention de cesser, ne serait-ce que pour un moment, les combats contre les organisations terroristes », a prévenu M. Olmert.
« Le but de l’opération, qui est de mettre fin aux tirs de roquettes, ne sera pas atteint dans les deux prochains jours, nous continuerons nos activités et devons nous préparer à une escalade », a affirmé le ministre de la Défense Ehud Barak, ajoutant que le Hamas « paiera le prix » de « la dégradation de la situation ».
En brouille avec M. Abbas, le Hamas a appelé à la formation d’un cabinet d’union nationale d’urgence.
En Cisjordanie, des milliers de Palestiniens ont protesté contre l’offensive israélienne, et un Palestinien de 13 ans a été tué par des soldats israéliens. A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné les violences à Gaza comme dans le sud d’Israël. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon tout en reconnaissant à Israël le droit de se défendre, a critiqué « l’usage disproportionné et excessif de la force qui a tué et blessé tant de civils, y compris des enfants ».
Plusieurs pays arabes ont condamné l’opération israélienne, et le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé qu’Israël serait « déraciné ».
Les derniers décès portent à 6.270 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, pour la plupart des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.
Créé par sr07 le 02 mar 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
Par Nidal al Moughrabi Reuters – Samedi 1 mars, 19h51
GAZA, 1er mars (Reuters) – Quarante-six Palestiniens ont été tués samedi dans la bande de Gaza par l’armée israélienne, dont deux soldats ont également péri au cours des combats, ce qui fait de cette journée la plus meurtrière dans le territoire depuis le retrait israélien de 2005.
Au total, 81 Palestiniens au moins ont été tués en quatre jours de raids israéliens dans la bande côtière depuis la mort, mercredi, d’un civil israélien dans l’explosion d’une roquette tirée de Gaza.
Bien qu’hostile au mouvement Hamas qui contrôle Gaza depuis juin dernier, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a demandé que le Conseil de sécurité des Nations unies consacre des discussions sans délai à la situation.
Samedi encore, près de 50 roquettes et obus de mortier se sont abattus sur le sud d’Israël, notamment des missiles Grad de conception soviétique, plus puissants et plus précis que les roquettes Kassam produites localement, a indiqué Tsahal. Trois personnes ont été blessées à Ashkelon, ville de 120.000 habitants située dans le sud de l’État juif.
Sur les 46 Palestiniens tués, 26 étaient des civils et les autres des activistes, selon les services médicaux et le mouvement islamiste Hamas qui a pris, en juin, le contrôle de la bande de Gaza.
« Mon oncle, je ne veux pas mourir, je veux mon papa », hurlait une petite fille à l’hôpital Chifa de Gaza tandis que les médecins tentaient de soigner les brûlures qui lui recouvraient le corps. La fillette a été blessée dans une maison qui, selon l’armée, servait à stocker et à fabriquer des armes.
Parmi les civils tués figurait une mère de famille atteinte par des tirs alors qu’elle préparait le petit déjeuner de ses enfants, ont rapporté des proches et des médecins.
« PLUS QU’UN HOLOCAUSTE »
Des responsables palestiniens ont déclaré que les forces israéliennes progressaient en direction des villes de Beït Hanoun et de Djabaliya, dans le cadre de leur incursion la plus profonde à l’intérieur de la bande de Gaza depuis 2005.
Les États-Unis ont invité vendredi Israël à « réfléchir aux conséquences » de toute opération avant la visite, prévue la semaine prochaine, de la secrétaire d’État Condoleezza Rice.
La Russie et les Nations unies ont lancé des appels au calme.
De nouvelles effusions de sang risqueraient de mettre un terme aux espoirs du président George Bush de parvenir à un accord sur la création d’un État palestinien avant son départ de la Maison blanche, en janvier prochain.
À Damas où il vit en exil, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, a lancé un avertissement: « Je dirai aux dirigeants sionistes que s’ils décident d’envahir la bande de Gaza, ils devront se battre non pas contre une poignée de combattants, mais contre 1,5 million de personnes. »
En Cisjordanie, le président Mahmoud Abbas a jugé « incroyables » les opérations israéliennes, ajoutant que ces événements « sont plus qu’un holocauste », allusion à un responsable israélien de la Défense qui a menacé vendredi Gaza d’une « shoah ».
« Le président a réclamé d’urgence une séance du Conseil de sécurité », fait savoir le porte-parole d’Abbas, Nabil Abou Rdainah, dans un communiqué. Le président palestinien a pris contact avec le secrétaire général Ban Ki-moon à ce sujet.
Des combats d’une violence sans précédent depuis plusieurs semaines ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi lorsque des hommes armés ont repéré une patrouille israélienne, appuyée par des hélicoptères, qui menaient une incursion dans la bande de Gaza, rapportent des témoins.
Un Palestinien a dit avoir vu extraire d’un char au moins un soldat israélien, dont le corps était coupé en deux.
OFFENSIVE PLUS VASTE?
Les dirigeants israéliens ont averti qu’ils pourraient être contraints de lancer une offensive plus vaste dans la bande de Gaza si les tirs de roquettes sur Israël ne cessaient pas.
« Tant que l’escalade se poursuit, les chances que nous recourions à une force plus grande vont croissant », a dit à la radio israélienne le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnai.
Le lourd bilan pourrait rendre plus difficile pour Abbas la poursuite des discussions de paix avec Israël et le négociateur palestinien Saëb Erekat a déclaré qu’une grande offensive « enterrerait » les efforts de paix.
Khaled Mechaal a juré de résister « à l’agression israélienne ».
« Quiconque jouit de toutes ses facultés ne souhaiterait voir Israël envahir Gaza, mais la bataille nous a été imposée. Les roquettes sont une réaction », a-t-il dit en accusant Israël d’avoir pris l’initiative de l’agression.
« Nous ne nous rendrons pas. Les roquettes sont l’arsenal dont nous disposons pour protéger notre peuple. La seule option qui s’offre à nous est la résistance et l’autodéfense. »
Répondant à la menace israélienne d’une « shoah », Mechaal a affirmé que les Palestinien subissent l’holocauste depuis la création d’Israël, en 1948.
Avec Khaled Yacoub Oweis à Damas et Ali Sawafta à Ramallah, version française Nicole Dupont
Créé par sr07 le 26 fév 2008 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient
Proche-Orient. Le rassemblement a été un demi-échec et s’est achevé sur des incidents.
AFP
QUOTIDIENLIBERATION : mardi 26 février 2008
Des milliers de Palestiniens ont formé hier une chaîne humaine à Gaza pour protester contre le blocus imposé par Israël. Cette manifestation était organisée par le Comité populaire contre le siège de Gaza, dirigé par le député Jamal al-Khoudari. Celui-ci est proche du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. Sous une légère pluie, les manifestants, pour la plupart des écoliers, se sont alignés sur l’axe Salahedine qui traverse le territoire palestinien de Rafah, au sud, jusqu’à Beit Hanoun, au nord, sur près de 40 km. En fin de matinée, un groupe rassemblé à Beit Hanoun, avec des cadres du Hamas en première ligne, a marché vers Erez, principal point de passage entre Gaza et Israël tandis que des appareils israéliens survolaient le secteur. Les manifestants portaient des pancartes contre le siège : «Le monde a condamné Gaza à mort», ou «Sauvez Gaza». Lors de la dispersion, un groupe d’enfants a mis le feu à un pneu à des dizaines de mètres de la position militaire israélienne d’Erez et lancé des pierres. Les soldats ont tiré, blessant deux enfants, selon des sources médicales palestiniennes. Tsahal a affirmé avoir arrêté «une cinquantaine» de Palestiniens.
Pour faire face à tout débordement à la frontière, l’armée et la police israéliennes avaient laissé entendre qu’elles tireraient si nécessaire des balles réelles. Israël craignait que la chaîne ne se mue en une marche vers le territoire israélien : en janvier, des centaines de milliers de Gazaouis, en quête de provisions, étaient passés en Egypte après la destruction de la clôture frontalière à l’explosif par des activistes du Hamas. «L’armée est prête, quel que soit le scénario choisi par les Palestiniens», avait dit un porte-parole militaire. Peu après la manifestation, un jeune Israélien a été blessé à Sdérot, au sud d’Israël, par une roquette tirée depuis la bande de Gaza.