Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Articles archivés

Israël poursuit le maillage routier des colonies juives en Cisjordanie

Créé par le 05 oct 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

En sortant du bloc de colonies de Goush Etzion, au sud de Bethléem, la route 60, le grand axe qui traverse la Cisjordanie du nord au sud, serpente entre les villages palestiniens avant d’atteindre la périphérie d’Hébron. Afin de remédier à cet inconvénient, les autorités israéliennes ont décidé de construire une nouvelle route, sur 8 kilomètres, qui, à l’avenir, permettra de rattacher la région d’Hébron à Goush Etzion.

Les colons pourront ainsi librement circuler sur cette nouvelle voie. Les Palestiniens, eux, devront emprunter l’ancienne route 60. Le projet, déjà existant mais qui vient d’être réactivé à la demande des colons, inquiète énormément les populations palestiniennes situées sur le tronçon, car l’accès à leurs terres sera entravé et leur liberté de circulation réduite.

En effet, les habitants craignent qu’à l’avenir, la route 60 soit coupée à l’entrée de Goush Etzion et qu’ils soient contraints d’emprunter la petite route 356 pour se rendre à Bethléem et à Jérusalem : ce qui constitue un énorme détour, sur une route étroite et accidentée.

« Pour moi, cela s’appelle l’apartheid. Tout cela est la preuve de ce que les Israéliens n’abandonneront jamais la Cisjordanie. Ils considèrent que c’est à eux, et les colons disent que nous n’aurons jamais la paix, que notre place est en Jordanie », raconte, début octobre, Saïd Madheh, enseignant en retraite. Il explique également qu’il n’a plus accès à ses terres, à proximité de la colonie de Karmi Zur. « Elle ne cesse de s’étendre et si, demain, cette nouvelle route est construite, toute cette région fertile sera coupée en deux. L’objectif est de relier les colonies entre elles en laissant les Palestiniens de côté », ajoute-t-il.

CONFISCATION DE TERRES

La « 60 bis », large de 20 m, gèlera de fait une section de 160 m de large, soit 326 hectares de cultures, selon les chiffres fournis par l’OCHA, l’Office de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Au passage, elle empiétera sur un site archéologique, occupera une partie du cimetière du camp de réfugiés d’Al-Arrub, écornera une réserve naturelle, sectionnera les champs d’une école agricole, contraindra à démolir plusieurs maisons, et coupera une quinzaine de chemins agricoles permettant d’exploiter les cultures. Des tunnels sont prévus, mais les paysans craignent qu’ils ne soient pas suffisamment larges et leur compliquent la vie pour se rendre sur leurs champs. Un immense pont surélevé est prévu à la hauteur du camp d’Al-Arrub. Ce qui inquiète énormément Issa Abu Kheiran, le responsable de ce camp de réfugiés de 7 000 personnes. « Des centaines d’arbres ont déjà été coupés. La route va passer tout près de l’école secondaire. Les gens commencent à se mobiliser. Ils veulent nous encercler. Ils ne veulent pas que l’on construise, que l’on cultive nos terres. Nous ne nous laisserons pas faire », dit-il.

Des responsables de la municipalité d’Halhul ont saisi la justice israélienne lorsque des ordres de confiscation de terres ont été notifiés. Une audition a eu lieu le 22 juillet. Le tribunal a demandé qu’une enquête approfondie soit effectuée afin de lui permettre de statuer. Moussa Makhamreh, l’avocat, s’efforce de recueillir des témoignages pour dénoncer ce projet.

Hussein Mourab, ingénieur de Halhul, explique que cette nouvelle route est un désastre pour la région et qu’il faut reconsidérer son bien-fondé et sa conception. Mais il est clair que la « 60 bis » n’a d’autre objectif que de désenclaver les colonies de Migdal Oz et de Karmi Zur ainsi que de permettre aux colons de Kiryat Arba, à proximité d’Hébron, de circuler en toute tranquillité sur les terres de Judée et de rejoindre Goush Etzion et Jérusalem sans côtoyer de Palestiniens.

Michel Bôle-Richard

Article paru dans l’édition du Monde du 06.10.07.

La conférence de paix sur le Proche-Orient doit se tenir sous l’égide de l’ONU ou du Quartet, selon Amr Moussa

Créé par le 29 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

LE CAIRE – Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a affirmé dimanche que la conférence de paix sur le Proche-Orient, souhaitée par le président américain George W. Bush, devrait se tenir sous l’égide de l’ONU ou du Quartet, qui rassemble la Russie, les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations unies.

Amr Moussa a exprimé son opinion à la veille d’une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire, au cours de laquelle il doivent donner une réponse à la proposition de M. Bush.

« Nous avons suggéré que le Quartet devrait prendre l’initiative pour une conférence de paix internationale, ou cela devrait entrer dans le cadre du Conseil de sécurité », a déclaré Amr Moussa.

Cette conférence devrait traiter de la question « de la création d’un Etat palestinien, et ne pas être une occasion pour se faire des salutations », a-t-il ajouté, insistant sur l’importance d’être concret et efficace dans les pourparlers. AP

La Libye des Mirage aux Rafale

Créé par le 27 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Grâce à la libération des infirmières bulgares, la Libye redevient un partenaire économique fréquentable.

Par François Burgat, Politologue sur le monde arabe contemporain

QUOTIDIEN LIBERATION: jeudi 26 juillet 2007

Les enjeux de la libération des infirmières bulgares et de leur collègue palestinien étaient de deux ordres. Le plus visible relevait bien sûr du «coup politique» ; le second, à plus long terme, était d’ordre économique. Au soir de son élection Nicolas Sarkozy avait dit sa préoccupation humaniste pour toutes ces femmes «martyrisées» de par le monde. musulman.

Dans cette catégorie, il avait englobé ces infirmières que, par erreur, il avait qualifiées de libyennes et proposé de recueillir à Paris. Elles étaient bulgares et sont donc rentrées plus logiquement chez elles, à Sofia. Mais elles l’ont fait dans un avion français et en compagnie de Cécilia Sarkozy. Ceux que cela agace rangeront l’épisode au rayon du «coup d’éclat permanent». En France, il ne fait pas de doute pourtant qu’un tel mirage en a séduit plus d’un. En Europe, la récolte sera sans doute plus contrastée : certains de nos partenaires saluent le coup de pouce, d’autres dénoncent plus ou moins ouvertement le coup de force, ou l’OPA, sur les bénéfices d’un effort prolongé et collectif.

Qu’en est-il de la perception de ce haut fait humanitaire français dans le monde arabe ? La portée de l’exploit diplomatique attribué à la famille Sarkozy y est sans doute bien moindre. Pourquoi ? Parce que dans cette région, y compris (pour ne rien dire de la Libye elle-même) dans la Tunisie ou l’Algérie voisines visitées récemment par le président français, des milliers d’autres personnes sont en prison sans raison valable. Il en va de même dans bien d’autres prisons, israéliennes (ou croupissent plusieurs centaines d’enfants) ou même américaines, à Guantanamo et ailleurs. Le vernis humaniste du coup d’éclat cette diplomatie française atypique ne brillera donc vraiment que si de telles «libérations» se reproduisent, ailleurs, au bénéfice cette fois de victimes qui n’auront pas le privilège de la nationalité européenne et seront détenues non point seulement par nos «adversaires» du moment mais également par nos alliés, y compris israéliens et américains. A défaut, la geste sarkozienne peinera à prendre plus de poids que celui d’un mirage.

Du côté de l’économie, la libération des infirmières va surtout achever de rendre sa respectabilité à un partenaire économique que ses réserves en hydrocarbures, que l’on découvre chaque jour plus importantes, placent au rang d’un petit Koweït maghrébin. Pour l’heure, la Libye n’est certes que le 76e client (loin derrière l’ancienne puissance coloniale italienne) et le 45e fournisseur (d’hydrocarbures) de la France. Mais la libéralisation en cours depuis un moment est en train, après tant d’années gaspillées par une diplomatie brouillonne, de mettre l’économie sur l’orbite d’une croissance qui pourrait atteindre 8 % en 2007.

La Libye achète des Airbus, développe ses réseaux de distribution d’eau et attise logiquement bien des convoitises. Il était dès lors urgent de rendre à Kadhafi un niveau de respectabilité qui pourrait permettre de lui vendre tout ce que l’on ne peut décemment vendre qu’à des gens. respectables.

Le pays auquel Jacques Chirac avait contribué en son temps à vendre des Mirage pourrait devenir ainsi celui à qui l’humanisme de Cécilia Sarkozy permettrait de vendre un jour des Rafale. A défaut d’être humaniste, tout cela est bien humain, non ?

En Israël, les envoyés de la Ligue arabe prônent la création d’un Etat palestinien

Créé par le 25 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Les ministres des affaires étrangères égyptien et jordanien, Ahmed Aboul Ghet et Abdelelah al Khatib, ont demandé à Israël, mercredi 25 juillet, « un calendrier précis » de négociations avec les Palestiniens au sujet de la création de leur futur Etat, tout en priant « Israël à ne pas rater cette occasion ».

Les deux émissaires de la Ligue arabe ont formulé cette demande à l’occasion de leur rencontre avec le premier ministre israélien Ehoud Olmert, à Jérusalem, alors qu’ils venaient présenter l’initiative de paix soutenue par la Ligue arabe. Ce projet de paix propose une reconnaissance d’Israël de la part de tous les Etats arabes en échange d’un retrait total de tous les territoires conquis lors de la Guerre des six-jours, de la création d’un Etat palestinien et d’une « solution juste » à la question des réfugiés palestiniens.

« UNE VISITE HISTORIQUE »

Pour sa part, si Ehoud Olmert a voulu voir « dans un avenir proche une occasion de passer au stade de discussions qui traiteront des étapes de l’établissement d’un Etat palestinien », aucun calendrier précis n’a été arrêté pour parvenir à des négociations sur le tracé définitif des frontières, sur le statut de Jérusalem ou sur le dossier des réfugiés palestiniens.

Le quotidien israélien Haaretz rapporte mercredi qu’Ehoud Olmert propose des discussions avec des Palestiniens au sujet d’un « accord de principes » qui permettrait l’établissement d’un Etat palestinien sur 90% des territoires palestiniens. Israël proposerait également de relier la bande de Gaza et la Cisjordanie par un tunnel, ainsi qu’un échange de territoires qui permettrait à l’Etat juif de conserver les principales colonies de peuplement installées dans les zones occupées en 1967.

La visite de ces diplomates est « historique » car« c’est la première fois qu’une délégation parrainée par la Ligue arabe arrive en Israël », a expliqué le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Mark Regev. En revanche, des diplomates arabes ont relativisé la portée de cette visite en rappelant les précédents accords de paix conclus entre la Jordanie, l’Egypte et Israël puis en insistant sur le fait que les autres membres de la Ligue arabe n’entretenant pas de relations avec Israël ne participent pas à la visite.

 

« On peut tourner la page,on ne peut pas l’arracher » par Benjamin Stora,

Créé par le 10 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Nicolas Sarkozy parle de « devoir de mémoire » et refuse le « repentir ». Or l’Algérie demande à la France de reconnaître ses crimes durant la colonisation. Comment les deux pays peuvent-ils se mettre d’accord ?

- Personne n’a jamais demandé à la France de se repentir. C’est Nicolas Sarkozy qui utilise ce terme. Le travail de mémoire est bien sûr nécessaire, et il ne fait que commencer, en France, depuis quelques années seulement. Mais dans un travail de mémoire, il faut que chacun reconnaisse ses responsabilités. On ne pourra pas éternellement repousser la reconnaissance de ce qui s’est passé, comme les exactions.
Pour faire ce travail de mémoire, il faut donner aux historiens les moyens de travailler. Dans les universités françaises, l’histoire contemporaine du Maghreb n’est presque pas enseignée. Il faut aussi avoir la volonté politique de créer des commissions mixtes, réunissant des historiens des deux rives. On ne peut pas se pencher sur l’histoire coloniale sans travailler avec l’autre. Ces commissions mixtes devront en particulier discuter de la question des archives.
Mais les enjeux commerciaux sont importants, entre les deux pays. Il y a une nécessité d’avancer. On ne sait pas encore quel type de relations le nouveau président de la République va instaurer avec l’Algérie. Je remarque tout de même qu’il choisit le Maghreb comme première destination hors d’Europe. Cela marque l’importance du Maghreb pour la France, c’est un recentrage important de la politique étrangère vers cette région du monde.

Interviewé par la presse algérienne, Nicolas Sarkozy appelle les jeunes à regarder vers l’avenir, plutôt qu’à se pencher sur les 132 années de colonisation. Ne sous-estime-t-il pas le poids du passé ?

- Les jeunes ont besoin de regarder vers l’avenir, qu’ils soient nés en France ou en Algérie. Mais chacun se tourne vers l’avenir avec ses blessures, le poids de sa mémoire personnelle, son propre héritage familial. On ne peut pas faire table rase du passé. On peut tourner la page, on ne peut pas l’arracher.
Le président de la République a annoncé un durcissement des conditions du regroupement familial. Cette mesure n’est-elle pas de nature à inquiéter les Algériens ?

- Personne ne pourra dénouer de manière arbitraire les rapports qui se sont noués entre les personnes, de chaque côté de la Méditerranée. Il y a une forte présence d’immigrés algériens en France et de Français en Algérie. En France, beaucoup de jeunes entrepreneurs aimeraient mettre en place des relations économiques avec l’Algérie, mais butent sur des problèmes administratifs. En Algérie, les jeunes continuent à être attirés par une vie en France, où ils ont souvent de la famille. L’Etat ne peut pas gérer ces relations, il est obligé de faire avec.

Propos recueillis par Cécile Maillard
Le Nouvel Obs (le mardi 10 juillet 2007)

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