Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Articles archivés

En Israël, les envoyés de la Ligue arabe prônent la création d’un Etat palestinien

Créé par le 25 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Les ministres des affaires étrangères égyptien et jordanien, Ahmed Aboul Ghet et Abdelelah al Khatib, ont demandé à Israël, mercredi 25 juillet, « un calendrier précis » de négociations avec les Palestiniens au sujet de la création de leur futur Etat, tout en priant « Israël à ne pas rater cette occasion ».

Les deux émissaires de la Ligue arabe ont formulé cette demande à l’occasion de leur rencontre avec le premier ministre israélien Ehoud Olmert, à Jérusalem, alors qu’ils venaient présenter l’initiative de paix soutenue par la Ligue arabe. Ce projet de paix propose une reconnaissance d’Israël de la part de tous les Etats arabes en échange d’un retrait total de tous les territoires conquis lors de la Guerre des six-jours, de la création d’un Etat palestinien et d’une « solution juste » à la question des réfugiés palestiniens.

« UNE VISITE HISTORIQUE »

Pour sa part, si Ehoud Olmert a voulu voir « dans un avenir proche une occasion de passer au stade de discussions qui traiteront des étapes de l’établissement d’un Etat palestinien », aucun calendrier précis n’a été arrêté pour parvenir à des négociations sur le tracé définitif des frontières, sur le statut de Jérusalem ou sur le dossier des réfugiés palestiniens.

Le quotidien israélien Haaretz rapporte mercredi qu’Ehoud Olmert propose des discussions avec des Palestiniens au sujet d’un « accord de principes » qui permettrait l’établissement d’un Etat palestinien sur 90% des territoires palestiniens. Israël proposerait également de relier la bande de Gaza et la Cisjordanie par un tunnel, ainsi qu’un échange de territoires qui permettrait à l’Etat juif de conserver les principales colonies de peuplement installées dans les zones occupées en 1967.

La visite de ces diplomates est « historique » car« c’est la première fois qu’une délégation parrainée par la Ligue arabe arrive en Israël », a expliqué le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Mark Regev. En revanche, des diplomates arabes ont relativisé la portée de cette visite en rappelant les précédents accords de paix conclus entre la Jordanie, l’Egypte et Israël puis en insistant sur le fait que les autres membres de la Ligue arabe n’entretenant pas de relations avec Israël ne participent pas à la visite.

 

« On peut tourner la page,on ne peut pas l’arracher » par Benjamin Stora,

Créé par le 10 juil 2007 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Nicolas Sarkozy parle de « devoir de mémoire » et refuse le « repentir ». Or l’Algérie demande à la France de reconnaître ses crimes durant la colonisation. Comment les deux pays peuvent-ils se mettre d’accord ?

- Personne n’a jamais demandé à la France de se repentir. C’est Nicolas Sarkozy qui utilise ce terme. Le travail de mémoire est bien sûr nécessaire, et il ne fait que commencer, en France, depuis quelques années seulement. Mais dans un travail de mémoire, il faut que chacun reconnaisse ses responsabilités. On ne pourra pas éternellement repousser la reconnaissance de ce qui s’est passé, comme les exactions.
Pour faire ce travail de mémoire, il faut donner aux historiens les moyens de travailler. Dans les universités françaises, l’histoire contemporaine du Maghreb n’est presque pas enseignée. Il faut aussi avoir la volonté politique de créer des commissions mixtes, réunissant des historiens des deux rives. On ne peut pas se pencher sur l’histoire coloniale sans travailler avec l’autre. Ces commissions mixtes devront en particulier discuter de la question des archives.
Mais les enjeux commerciaux sont importants, entre les deux pays. Il y a une nécessité d’avancer. On ne sait pas encore quel type de relations le nouveau président de la République va instaurer avec l’Algérie. Je remarque tout de même qu’il choisit le Maghreb comme première destination hors d’Europe. Cela marque l’importance du Maghreb pour la France, c’est un recentrage important de la politique étrangère vers cette région du monde.

Interviewé par la presse algérienne, Nicolas Sarkozy appelle les jeunes à regarder vers l’avenir, plutôt qu’à se pencher sur les 132 années de colonisation. Ne sous-estime-t-il pas le poids du passé ?

- Les jeunes ont besoin de regarder vers l’avenir, qu’ils soient nés en France ou en Algérie. Mais chacun se tourne vers l’avenir avec ses blessures, le poids de sa mémoire personnelle, son propre héritage familial. On ne peut pas faire table rase du passé. On peut tourner la page, on ne peut pas l’arracher.
Le président de la République a annoncé un durcissement des conditions du regroupement familial. Cette mesure n’est-elle pas de nature à inquiéter les Algériens ?

- Personne ne pourra dénouer de manière arbitraire les rapports qui se sont noués entre les personnes, de chaque côté de la Méditerranée. Il y a une forte présence d’immigrés algériens en France et de Français en Algérie. En France, beaucoup de jeunes entrepreneurs aimeraient mettre en place des relations économiques avec l’Algérie, mais butent sur des problèmes administratifs. En Algérie, les jeunes continuent à être attirés par une vie en France, où ils ont souvent de la famille. L’Etat ne peut pas gérer ces relations, il est obligé de faire avec.

Propos recueillis par Cécile Maillard
Le Nouvel Obs (le mardi 10 juillet 2007)

1...2324252627

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY