Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

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Samir Amin «C’est un mouvement qui va durer des mois et des années»

Créé par le 02 août 2011 | Dans : Articles de fond, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Dans l’Huma du 1° Août 2011

Monde arabe

Pour l’universitaire 
et chercheur égyptien, plus rien ne sera comme avant :
ce mouvement 
de protestation remet en cause à la fois l’ordre social interne aux pays et la place des pays arabes dans l’échiquier politique régional et mondial.

Quel regard portez-vous sur ce qui se passe dans le monde arabe six mois et plus après la chute de Ben Ali en Tunisie et d’Hosni Moubarak en Égypte ?

Samir Amin. Ce qui est sûr, c’est que plus rien ne sera comme avant. Car il ne s’agit pas d’un soulèvement avec pour seul objectif celui de se débarrasser des dictateurs en place, mais d’un mouvement de protestation de très longue durée, qui remet en question à la fois l’ordre social interne dans ses différentes dimensions, notamment les inégalités criantes dans la répartition de revenus, et l’ordre international, la place des pays arabes dans l’ordre économique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au néolibéralisme, et dans l’ordre politique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au diktat des États-Unis et de l’Otan. Ce mouvement, qui a aussi pour ambition de démocratiser la société, réclamant la justice sociale et une autre politique économique et sociale, nationale et, je dirai, anti-impérialiste, va donc durer des années, avec, bien sûr, des hauts et des bas, des avancées et des reculs parce qu’il ne va pas trouver sa solution dans les semaines ou les mois à venir.

 Cela vous a-t-il surpris que 
ces soulèvements soient portés, 
voire impulsés, par de nouveaux acteurs – les jeunes en particulier ?

Samir Amin. Non, et c’est très positif. Les nouvelles générations se sont en fait repolitisées. En Égypte, par exemple, la jeunesse est très politisée. Elle l’est à sa manière, en dehors des partis traditionnels de l’opposition qui, dans la tradition égyptienne, sont les partis de tradition marxiste. Mais elle ne s’est pas repolitisée contre ces partis. Je peux vous dire qu’à l’heure actuelle il y a une sympathie profonde et spontanée entre ces jeunes et les partis de la gauche marxiste radicale, à savoir ceux de tradition socialiste et communiste.

 Vous dites que c’est un 
mouvement de longue durée, 
mais si on prend l’exemple 
de l’Égypte, est-ce qu’il n’y a 
pas un risque que ces révolutions soient récupérées par les forces conservatrices ?

Samir Amin. Il y a certes des risques de natures diverses, dont celui à court ou à moyen terme de mise en place d’une alternative islamiste et réactionnaire. C’est d’ailleurs le projet des États-Unis et, malheureusement, l’Europe les suit, du moins en ce qui concerne l’Égypte, c’est-à-dire l’alliance entre les forces réactionnaires égyptiennes et les Frères musulmans, avec de surcroît le soutien des alliés de Washington dans la région, Arabie saoudite en tête, et même d’Israël. Alors est-ce que cela réussira ou non ? Il est possible que cela fonctionne dans le moyen terme, mais cela n’apportera aucune réponse aux problèmes du peuple égyptien. Par conséquent, le mouvement de protestation et de lutte continuera et s’amplifiera. En outre, il faut savoir que les Frères musulmans sont eux-mêmes en crise…

 En rapport avec ce que vous venez d’évoquer, que pensez-vous 
de ce qui se passe d’abord en Syrie, où le régime de Bachar Al Assad vient d’autoriser le multipartisme, escomptant ainsi ramener le calme ?

Samir Amin. La situation syrienne est extrêmement complexe. Le régime du Baas, qui avait été légitime il y a longtemps, ne l’est plus du tout : il est devenu de plus en plus autocratique et policier, et en même temps, sur le fond, il a fait une concession gigantesque au libéralisme économique. Je ne crois pas que ce régime puisse se transformer en régime démocratique. Aujourd’hui, il est contraint à des concessions, ce qui est une bonne chose, parce qu’une intervention extérieure comme celle en Libye – heureusement elle n’est pas possible dans le cas de la Syrie – serait une catastrophe supplémentaire. En outre, par rapport à l’Égypte et à la Tunisie, la faiblesse en Syrie est que les mouvements de protestation sont très disparates. Beaucoup, je ne veux pas généraliser, n’ont même pas de programme autre que la protestation et ne font pas le lien entre la dictature du régime et ses options libérales en matière économique.

 Ne craignez-vous pas une implosion de la Syrie en raison d’un risque d’affrontement interconfessionnel entre sunnites et alaouites, druzes, chrétiens ?

Samir Amin. C’est un risque. L’implosion des États de la région est un projet des États-Unis et d’Israël. Mais ce ne sera pas facile parce que le sentiment national syrien est une composante forte et présente dans tous les mouvements qui contestent aujourd’hui le régime, et ce en dépit des divergences existantes entre eux.

 Il y a aussi le Yémen, allié 
des États-Unis ?

Samir Amin. Les États-Unis soutiennent le régime d’Ali Abdallah Saleh. La raison est leur crainte du peuple yéménite, surtout dans le sud du pays. Ce dernier avait eu un régime progressiste marxiste, légitime, bénéficiant d’un soutien populaire puissant, et dont les forces aujourd’hui sont présentes et actives dans le mouvement de protestation sociale. Washington et ses alliés craignent donc un éclatement du pays et le rétablissement du régime progressiste dans le Sud-Yémen. Par conséquent, en laissant al-Qaida, qui est un instrument largement manipulé par les États-Unis, occuper des villes du Sud, le régime yéménite, avec l’aval américain, veut faire peur aux couches progressistes afin de leur faire accepter le maintien de Saleh au pouvoir.

 Et s’agissant de la situation en Libye, où le risque d’implosion existe ?

Samir Amin. La situation est dramatique mais très différente de celles de l’Égypte et de la Tunisie. Les forces qui s’opposent en Libye ne valent guère mieux les unes que les autres. Le président du Conseil national de transition (CNT), ­Moustapha ­Abdeljalil, est un démocrate très curieux : c’était le juge qui avait condamné à mort les infirmières bulgares avant d’être promu ministre de la Justice par Kadhafi. Le CNT est un bloc de forces ultraréactionnaires. Quant aux États-Unis, ce n’est pas le pétrole qu’ils recherchent, ils l’ont déjà. Leur objectif, c’est mettre la Libye sous tutelle afin d’y établir l’Africom (commandement militaire pour l’Afrique) – aujourd’hui basé à ­Stuttgart en Allemagne – après que les pays africains, et ce, quoi qu’on en pense, ont refusé son établissement en Afrique. Concernant le risque d’éclatement du pays en deux ou trois États, Washington peut très bien opter pour le schéma irakien, à savoir maintenir formellement une unité sous la protection militaire occidentale.

Entretien réalisé par 
Hassane Zerrouky

Toi aussi, reconnais la Palestine!

Créé par le 27 juil 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2011/07/27/toi-aussi-reconnais-la-palestine/

Reconnaître la Palestine en deux clics, c’est ce que propose en somme le site Avaaz, champion du monde de la pétition citoyenne en ligne pour les dauphins, comme pour Aung San Suu Kyi. La dernière en date, comme sortie en droite ligne des bureaux de l’Autorité palestinienne, milite pour la reconnaissance de la Palestine par les Nations unies (qui est autre chose que la reconnaissance comme Etat-membre que les Etats-Unis en en mesure de bloquer au Conseil de sécurité.) Plus les signataires seront nombreux (550 583 à 12 heures 35, mercredi 27 juillet) , spécule Avaaz, plus les gouvernement concernés seront incités à « prendre leurs responsabilités » selon la formule de Nicolas Sarkozy sur cette question. Le texte proposé, un modèle gentillet de concision, est le suivant:

« Nous vous exhortons à appuyer la demande légitime de reconnaissance de l’Etat palestinien et la réaffirmation des droits du peuple palestinien. Après des décennies d’échec des pourparlers de paix, il est temps d’inverser la tendance, de mettre fin à l’occupation et de progresser vers une paix fondée sur deux Etats. »

D’anciens dirigeants européens, menés par Hubert Védrine, appellent les gouvernements de l’Union européenne à reconnaître l’Etat de Palestine en septembre.

Créé par le 20 juil 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Appel pour la reconnaissance de l’Etat palestinien

En 2009, l’Autorité palestinienne a défini une période de deux ans au cours de laquelle elle entendait achever le processus de construction des institutions du futur Etat palestinien. L’Union européenne a encouragé et soutenu cet effort en apportant son assistance financière et technique et en exprimant son appui politique à cet objectif.

Aujourd’hui, la question de la reconnaissance de cet Etat est posée. En septembre, l’Autorité palestinienne pourrait solliciter la reconnaissance formelle de la souveraineté palestinienne sur les territoires occupés auprès de l’Organisation des Nations Unies et de ses Etats Membres.

Si cette demande est formulée, l’Union européenne devrait la soutenir en insistant sur la nécessité pour la Palestine indépendante de négocier avec Israël sur la base des paramètres reconnus internationalement.

Une majorité d’Etats Membres a d’ores et déjà reconnu l’Etat palestinien, mais la reconnaissance par l’Union européenne fera la différence.

Une demande légitime

Les signataires de ce texte considèrent que l’Europe ne peut s’opposer à cette demande légitime des Palestiniens. Refuser de leur reconnaître l’indépendance après avoir soutenu leurs efforts, après avoir reconnu qu’ils se sont rapprochés de cet objectif en construisant un système de gouvernance cohérent et après avoir reconnu qu’ils ont coopéré avec Israël sur les questions de sécurité serait contredire directement et de manière inacceptable nos propres positions et nos propres politiques.

Les Etats européens se sont déjà engagés en déclarant au travers du Comité de liaison ad hoc et de la Banque mondiale que la Palestine est prête pour l’indépendance. Revenir maintenant sur cet engagement serait faire preuve d’incohérence, de faiblesse et de manque de volonté politique. Ce serait également offrir une victoire aux forces du statu quo.

Un nombre croissant d’Israéliens – d’anciens responsables sécuritaires comme des personnalités éminentes de la société civile – ont récemment rejoint le chœur de ceux qui souscrivent à la reconnaissance d’un Etat palestinien et qui réclament la fin de l’occupation.

Les termes de l’accord de réconciliation inter-palestinien signé le 3 mai 2011 entre les mouvements Fatah et Hamas suggèrent qu’un gouvernement d’unité nationale pourrait être formé. Ceci ne devrait pas être perçu comme un obstacle et pourrait même constituer un levier efficace pour pousser Hamas à évoluer dans la bonne direction.

Les paramètres internationalement agréés pour un accord de paix – qui garantirait la sécurité de l’Etat d’Israël et d’un Etat de Palestine viable – ont été réitérés par le président Obama dans son discours du 19 mai. Les Etats-Unis n’en ont cependant pas dit davantage sur la manière dont ce résultat pourrait être atteint et le processus de négociations bilatérales tel qu’il a été mené jusque là a abouti à une impasse.

En reconnaissant la souveraineté et l’indépendance de la Palestine, et en accompagnant ce geste de l’indispensable soutien financier qu’il requiert, l’Europe ancrera solidement l’Etat palestinien dans le camp de la paix et de la coexistence et renforcera la stabilité de la région. Au moment même où l’Union européenne s’efforce de redéfinir ses relations avec les sociétés de la région, les Etats Membres ne doivent pas laisser passer cette occasion de jouer un rôle significatif et positif.

C’est avec à l’esprit ces considérations politiques et éthiques que les signataires de ce texte appellent les gouvernements européens à reconnaître l’Etat de Palestine en septembre prochain.

Les signataires

Hubert Védrine (Président du Groupe des Européens), France* ; Frans Andriessen, Pays-Bas ; Giuliano Amato, Italie ; Laurens Jan Brinkhorst, Pays-Bas ; Hervé de Charette, France ; Uffe Elleman-Jensen, Danemark ; Jean François-Poncet, France ; Felipe Gonzales, Espagne ; Lena Hjelm-Wallén, Suède ; Lionel Jospin, France ; Michael Lothian, Royaume-Uni ; Louis Michel, Belgique ; Andrzej Olechowski, Pologne ; Romano Prodi, Italie ; Mary Robinson, Irlande ; Michel Rocard, France ; Jorge Sampaio, Portugal ; Pierre Schori, Suède ; Clare Short, Royaume-Uni ; Peter Sutherland, Royaume-Uni ; Erkki Tuomioja (signataire avant sa nomination comme ministre des Affaires étrangères le 22 juin), Finlande ; Andreas van Agt, Pays-Bas ; Hans van den Broek, Pays-Bas ; Vaira Vike-Freiberga, Lituanie ; Richard von Weizsäcker, Allemagne.

*Chris Patten était co-président du Groupe jusqu’à sa nomination comme Président de la BBC. Alain Juppé était membre du Groupe jusqu’à sa nomination comme Ministre d’Etat en novembre 2010.

Des milliers de manifestants pour la démocratie au Maroc

Créé par le 10 juil 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient, Vive le blog citoyen

LEMONDE.FR avec AFP | 10.07.11 | 21h03

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche 10 juillet à Casablanca et Rabat à l’appel du Mouvement du 20 février qui revendique des changements politiques et une plus grande justice sociale au Maroc.

A Casablanca, dans le quartier populaire d’Oulfa, plus de 8 000 personnes, selon un journaliste de l’AFP, ont scandé pacifiquement des slogans hostiles à la classe politique marocaine, réclamant « moins de corruption et une répartition équitable des richesses ». Né dans le sillage des révoltes arabes au début de l’année, le Mouvement du 20 février regroupe, en plus des islamistes du groupe Justice et bienfaisance, un important mouvement illégal mais toléré, des « cyber-militants » indépendants et des militants d’extrême-gauche.

« Non au cumul de la fortune et du pouvoir », « La souveraineté au peuple », « Nous voulons plus d’égalité », scandaient les manifestants à Casablanca qui étaient encadrés par un imortant dispositif policier. A Rabat, la capitale du royaume, plus d’un millier de personnes dont des islamistes ont également manifesté à la place Bab El Had, dans le centre ville.

Quelques dizaines de contre-manifestants, brandissant des drapeaux et des portraits du roi Mohammed VI, ont également manifesté sans qu’il y ait d’incidents. A Tanger, dans le nord, des manifestations étaient également prévues dans la soirée, notamment dans le quartier populaire Beni Makada. Ces manifestations interviennent dix jours après un référendum populaire sur une réforme constitutionnelle proposée par le roi et adoptée à plus 98 % des Marocains.

Déclaration de Leila Shahid, Déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne.

Créé par le 09 juil 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Des citoyennes et des citoyens européens ont répondu à l’appel de la société civile palestinienne, représentées par ses ONG, syndicats et associations, qui les ont invités, aujourd’hui 8 juillet, à se rendre en Palestine pour commémorer l’avis historique de la Cour Internationale de Justice de La Haye du 9 juillet 2004 condamnant le mur. Cet avis, de la plus haute instance onusienne, n’a pas empêché, depuis 7 ans, les autorités israéliennes de poursuivre la construction de ce mur en territoire occupé, violant ainsi le droit international. Ces citoyennes et citoyens venaient manifester leur solidarité avec les victimes d’une des occupations militaires les plus longues de l’histoire contemporaine. Cette action, solidaire, pacifique et non violente, devait leur permettre de rejoindre les citoyennes et les citoyens palestiniens dans le territoire occupé, comme d’autres européens ont tenté de le faire avec la flottille à destination de Gaza.

Les autorités officielles de différents Etats membres de l’UE, ainsi que des compagnies aériennes européennes, ont répondu aux injonctions du gouvernement israélien en acceptant d’interdire aux passagers européens, inscrits sur des listes de persona non grata établis par Israël, d’embarquer à bord des vols à destination de Tel-Aviv à partir de différentes villes européennes. D’autres, qui ont réussi à arriver à Tel-Aviv, ont été refoulés à l’aéroport Ben Gourion. Nul ne connait sur quelles bases de telles listes ont été dressées et de quel crime on accuse ces citoyens, ne serait-ce le crime de solidarité internationale. Il est évident que ces citoyens européens auraient préféré se rendre à l’aéroport de Gaza directement, sans passer par Tel-Aviv, si l’armée israélienne n’avait pas complètement détruit le terminal et les pistes de l’aéroport il y a dix ans, forçant ainsi toute personne souhaitant se rendre en Palestine à passer par l’aéroport de Tel-Aviv.

Il est scandaleux qu’un Etat du Sud de la Méditerranée, qui se prétend un partenaire privilégié de l’UE, se permette de violer ainsi les droits des citoyens européens de plusieurs Etats membres : droit à la circulation, droit à l’expression politique pacifique de leurs opinions, droit à la solidarité et la défense du droit international. Et ceci avec la complicité de certains Etats membres de l’UE !

vendredi 8 juillet 2011

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