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La chronique d’Evariste lue dans Respublica : Situation politique générale : l’arbre cache la forêt et la lutte des classes prend un chemin de traverse

Créé par le 09 juil 2020 | Dans : Non classé

mercredi 8 juillet 2020
 

« Partir du réel pour aller vers l’idéal », Jean Jaurès

Débattre sur l’idéal sans partir du réel, c’est comme vouloir grimper sur l’Everest sans en définir le chemin, c’est comme dire comment on pourra coloniser la planète Mars sans savoir comment s’y rendre. Et dans cet exercice, il y a pléthore de propositions dans tous les partis. Par contre, si on décide de « partir du réel pour aller vers l’idéal », c’est un peu plus difficile. Et là, il y a moins de candidats – c’est un euphémisme ! Mais n’est-ce pas nécessaire de partir du réel?

L’arbre vert qui cache la forêt…

Essayons ensemble d’y voir plus clair ! Les médias dominants y compris les mini-médias des organisations politiques et syndicales de gauche et des écologistes ont tranché : il y a une forte poussée verte ! La peinture verte est dévalisée dans tous les supermarchés ! Heureusement, le Canard enchaîné nous met sur la voie de la raison raisonnante avec sa formule : « un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert » ? Et puis, les instituts de sondage posent malicieusement la question : « Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous ? ». Et là, patatras, selon les candidats en présence, le candidat EELV arrive le plus souvent en 5e position au premier tour ! Ce n’est qu’une indication qui ne correspondra sans doute pas tout à fait au réel de 2022, mais cela nous permet de relativiser la course au verdissement d’un discours sans grande conséquence concrète. Car bien entendu, la dite poussée verte n’a lieu principalement que dans les villes centres des grandes métropoles et non dans les villes moyennes et petites, et pas plus en zone rurale et périurbaine. 

Si la cause écologiste est une cause sérieuse, impérieuse et centrale pour un projet humaniste de bifurcation économique, sociale et politique, savoir comment incarner cet indispensable combat n’en est qu’à ses débuts, n’en déplaise à ceux qui en restent à l’arbre qui cache la forêt. 

Conflits à tous les étages…

Concernant le capital, nous voyons qu’il est dans une restructuration intense qui a pour conséquence une concurrence de plus en plus violente entre tous ceux qui luttent pour le pouvoir. Sur la plan économique, les risques s’amplifient tant à cause d’un niveau de dettes de plus élevé, surtout dans le secteur privé, des risques de krach  bancaire et financier, que des risques pandémiques possibles. Sur le plan international, nous ne pouvons que prévoir une intensification des conflits inter-impérialistes avec des configurations très différentes ici et là sur le globe ce qui rend l’analyse globale plus complexe et les risques plus grands. (Voir dans ce journal « Dans quelle crise sommes-nous ? » n° 12.)

Sur le plan national, essayons de clarifier le complexe et surtout pas de simplifier.
Du côté du capital, la forte baisse du soutien des bases d’appui des collectivités territoriales au dispositif macronien, relance l’intensité du conflit stratégique du capital entre la tentative d’élargissement du dispositif macronien (à droite, finalement, plutôt que vers les écologistes) et celui de l’union des droites. Là, non plus, rien ne relèvera d’un long fleuve tranquille car pour l’instant, la défaite électorale en rase campagne des listes de la « République en marche arrière » aux municipales n’entraîne pas encore sa disqualification pour le deuxième tour de la présidentielle.
De ce point de vue, les deux élections de 2021 seront cruciales pour l’engagement politique du capital. Les militants auraient tort de s’en désintéresser. Du côté des forces populaires, la décomposition politique s’est approfondie. L’accroissement du vote abstentionniste de la classe populaire ouvrière et employée a franchi un nouveau seuil. Si on part d’un niveau d’abstention générale de près de 60 % des inscrits aux dernières élections municipales; de la croissance du nombre de non-inscrits et du fait que la classe populaire ouvrière et employée (elle-même majoritaire dans le pays) frise les 75-80 % d’abstention par rapport aux inscrits dans les communes et quartiers populaires (dont la majorité ne sont pas en banlieue des métropoles contrairement à ce que laissent croire les militants de la gauche communautariste, indigéniste ou racialiste), on voit alors que la décomposition politique de notre camp continue de se développer. D’autant que les votes des jeunes sont du même ordre que ceux de la classe populaire ouvrière et employée.

Quel « bloc historique » ?

Sauf pour les différentes écoles de l’idéalisme philosophique et politique (qui foisonnent dans la gauche et chez les écologistes) qui ne peuvent que nous proposer des impasses bien connues, nous savons qu’une approche matérialiste exige que toute bifurcation économique, sociale et politique réponde à certaines conditions, dont la nécessité de constituer un bloc historique dont la classe populaire ouvrière et employée est partie prenante en son cœur !
Oui, le mouvement destituant doit se lier à un mouvement constituant. Mais croire à un mouvement constituant sans constitution d’un bloc historique  avec une partie conséquente de la classe populaire ouvrière et employée, des couches moyennes intermédiaires et de la petite bourgeoisie intellectuelle, serait  une nouvelle impasse. Le populisme de gauche a un avenir provisoire dans les pays à forte économie informelle mais pas dans un pays développé comme la France.
Rappelons une des difficultés actuelles dans la constitution de ce potentiel bloc historique, c’est que la grande majorité des militants syndicaux et politiques sont des militants vivant dans les métropoles, alors que la gentrification a rejeté des pans importants de ce bloc historique potentiel hors des métropoles. Le mouvement des gilets jaunes en porte témoignage.

Les écologistes sont comme tous les autres courants engoncés dans de profondes contradictions qui n’ont pas fini d’éclater. Des épisodes du type De Rugy, Cohn-Bendit, Pompili, Lipietz, Canfin etc. sont à prévoir. Certaines  alliances de listes se réclamant de l’écologie ou de l’écosocialisme pour le deuxième tour des municipales du 28 juin 2020 ne manqueront pas de surprendre : alliance d’écologistes et d’écosocialistes avec un milliardaire de droite à Montpellier, alliance des écologistes EELV avec LR à Choisy-le-Roi, alliance de la liste écosocialiste FI avec LR à Arcueil… ailleurs alliance avec la « République en marche arrière », etc… 

Ceci est à rajouter aux alliances du PCF avec l’indigénisme et le communautarisme, comme à Ivry entre autres, ou des socialistes avec le communautarisme religieux comme à Créteil (82 % des investissements culturels pour les structures religieuses de la ville avec 805 000 euros pour le budget en cours) au détriment du social….

Et comme une politique écologique ne peut pas sur le moyen terme s’effectuer dans le capitalisme, toutes les alliances EELV-PS ne manqueront pas de vivre rapidement des tensions insupportables. Voilà pourquoi l’indispensable question écologique ne peut pas se traiter à part et ne peut pas être surplombante. Elle doit se lier aux autres questions démocratique, laïque, sociale, féministe et politique. Par ailleurs, sans prise en compte majeure des forces productives (et de leurs développements récents), des rapports de production et de leur interaction, de l’action du capital et des forces qui s’opposent à lui,  toute perspective sociale est bouchée.

Voilà ce qu’est notre perspective d’action pour l’automne : participer au débat argumenté nécessaire partout en France à l’invitation de toute structure visant à la refondation de l’éducation populaire dans une perspective alternative au système dominant. Nous avons déjà plus d’une vingtaine d’invitations au moment où nous écrivons. Il ne tient qu’à vous d’agir en ce sens si vous le voulez bien !

Bonne trêve estivale et rendez-vous à fin août pour de nouvelles aventures ! 

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Appel. Au coeur de la crise, construisons l’avenir

Créé par le 14 mai 2020 | Dans : Non classé

Dans une longue tribune collective, 150 personnalités du monde politique, associatif, syndical et culturel appellent à  » préparer l’avenir «  » Nous ne sommes pas condamnés à subir ! «  assurent-elles.  Elles  proposent qu’un grand événement, une  » convention du monde commun « , réunisse dans les prochains mois  » toutes les énergies disponibles « .
 
La France affronte un séisme d’une ampleur inouïe. Favorisée par la destruction de la nature, la pandémie a généré une crise économique de grande ampleur, une commotion sociale brutale, notamment pour les plus précaires, et une mise entre parenthèse du fonctionnement démocratique. Elle a révélé l’improvisation des pouvoirs publics face à cette crise majeure. L’engagement extraordinaire des soignantes et des soignants, le courage de celles et ceux qui n’ont cessé de travailler sans relâche au service de tous et le civisme de millions de personnes confinées dans des conditions difficiles appellent une reconnaissance unanime. Dès maintenant, il s’agit d’éviter le pire et de préparer l’avenir. La réparation des dégâts annoncés, la défense des libertés, l’obligation de préparer une société résiliente nécessitent de fortes dynamiques collectives. La crise confirme l’urgence radicale des grandes transitions. De cette impérieuse nécessité, faisons naitre une espérance. Nous ne sommes pas condamnés à subir ! 
 
Au coeur de cette crise, il nous faut tourner la page du productivisme. Il faut affronter les périls immédiats, s’accorder pour engager la transition écologique et dans un même mouvement les transformations sociales et économiques trop longtemps différées. L’impasse où nous ont conduits les politiques dominantes depuis quarante ans et le capitalisme financier exige une offensive résolue. Avec cette initiative commune, dans le respect de nos différences, nous nous engageons à la hauteur des principes que nos prédécesseurs ont affirmés dans la « reconstruction » qui suivit la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, en temps de paix, nous devons faire preuve d’une égale ambition, avec la volonté que les Français s’emparent de ces débats. 
 
L’état d’urgence sociale doit se déployer dès maintenant dans l’ensemble du pays, à commencer par les quartiers populaires et les territoires ruraux, partout où la crise remet à vif la grande pauvreté et les inégalités. Les familles déjà vulnérables, comme celles qui viennent brutalement de plonger dans le chômage et la pauvreté, se comptent par millions. La solidarité nationale doit intervenir pour aider les locataires, contribuer à payer les factures d’eau et d’électricité, par l’aide alimentaire et la fourniture gratuite de masques, par des soutiens exceptionnels individualisés pour que vivent décemment celles et ceux, y compris les jeunes, qui ont vu leur travail et leurs revenus disparaitre. Cette crise doit enfin imposer un basculement des politiques publiques : « sortir » des dizaines de milliers de personnes de la rue, c’est affaire de dignité d’abord, mais aussi d’ordre public sanitaire et social. 
 
Pour aller plus loin, la France, comme d’autres en Europe, doit imaginer et mettre en chantier dès cette année un nouveau modèle de protection sociale. Pour ces temps de grande transition, il y a urgence à assurer un revenu digne rendant possibles à toutes et tous la formation, l’accès à un nouvel emploi ou un projet professionnel. Compte tenu de la hausse explosive du nombre des sans-emplois, ce serait une faute historique de maintenir la « réforme » de l’assurance chômage de 2020. Il faut permettre dès maintenant à tous les territoires volontaires de mettre en oeuvre la belle initiative Territoires zéro chômeur de longue durée, inspirée des expériences du mouvement associatif. Quant aux travailleurs étrangers en situation irrégulière, soutiers plus anonymes encore de nos économies, leur accès au droit au séjour doit être facilité. 
 
Pour pouvoir mobiliser les énergies de toutes et tous, il faudra inventer et consolider des protections collectives plus adaptées à notre temps, combler les failles majeures que la crise a soulignées, agir pour l’accès à la santé et des retraites décentes. Certains, à l’inverse, manifestent déjà la volonté de réduire les droits sociaux à la faveur de l’émotion générale, notamment sur la question du temps de travail. Nous ne laisserons pas faire, et nous demandons qu’il soit renoncé définitivement au projet de réforme des retraites qui mine la cohésion nationale dont nous avons tant besoin. Face à la précarité ou aux inégalités femmes-hommes, tous les travailleurs et travailleuses, indépendants, artisans et commerçants, professionnels des plates-formes, salariés en CDD, intermittents ou intérimaires, doivent être dotés de droits sociaux individuels complets et d’une capacité réelle de négociation collective. 
 
Le statu quo n’est plus possible. Nous défendons une société de la reconnaissance, qui sache valoriser celles et ceux sans lesquelles elle ne tiendrait pas, dans la crise comme après. Travailleurs de l’aube et du soir, fonctionnaires de jour comme de nuit, soignants et enseignants dévoués, elles (très souvent) et ils sont en droit d’attendre bien sûr des primes immédiates et légitimes, mais aussi une amélioration significative et sans délai de leurs conditions d’emploi et de salaire, à commencer par le Smic. Lorsque ces personnes ont des enfants, la prise en charge par les employeurs des frais de garde, l’organisation de nouveaux centres de vacances dès 2020 avec les mouvements d’éducation populaire seraient aussi de justes rétributions. Le confinement a mis également en exergue la nécessité de reconnaitre le féminicide en droit français et de ne plus reporter un plan national d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en doublant le budget alloué aux associations venant en aide aux victimes et aux lieux de prise en charge. 
 
Les Français vivent intensément les effets de l’affaiblissement de notre système de santé. Sous tension bien avant le tsunami du Covid19, l’hôpital public a été asphyxié par des années d’austérité budgétaire et la marchandisation de la santé. Une loi de programmation doit assurer au plus vite un financement pérenne des investissements des hôpitaux et des Ehpad, rompre avec la spirale des fermetures de lits et permettre la revalorisation des métiers de soignantes et soignants. Cette refondation permettra de retrouver une capacité de prévision et d’anticipation, et les moyens d’affronter collectivement les chocs de grande ampleur. Elle devra également garantir à tout moment la disponibilité des principaux médicaments sur le territoire national. Elle assurera enfin la réhabilitation des soins de premiers recours, efficients et réactifs face à de nouvelles crises et la fin des déserts médicaux, indignes de notre pays. 
 
L’avenir de notre économie et sa conversion écologique se jouent en ce moment. Le soutien public à la survie du système productif est vital. Il doit être associé à une conditionnalité environnementale et sociale exigeante. Des fleurons de notre économie sont au bord de la faillite, avec le cortège habituel de restructurations brutales et de chômage massif. Face à ces risques, la réaction de l’État en faveur de l’emploi doit être couplée à la mise en oeuvre accélérée de la transition écologique, à commencer par le respect des Accords de Paris sur le climat. C’est seulement ainsi que le sauvetage des emplois sera durable. Une politique industrielle crédible implique des choix stratégiques nationaux ; elle se construit dans chaque région avec toutes les parties concernées, entreprise par entreprise, branche par branche. La mobilisation doit intégrer pleinement les enjeux d’indépendance et de relocalisation, de recherche et d’innovation, mis en lumière de façon éclatante dans la crise actuelle. 
 
D’ici la fin de cette année, il appartient à la puissance publique d’identifier avec tous les acteurs les secteurs stratégiques à relocaliser au niveau français ou européen, les chaines de valeurs à contrôler et les productions à assurer au plus proche des lieux de consommation. Les événements récents confirment une fois de plus les fragilités de l’Europe quand elle se limite à n’être qu’un marché livré aux excès du libre-échange, renonçant à protéger son économie. La signature des traités qui amplifient cet abandon doit être stoppée, et ceux qui existent déjà révisés. Rien ne sera possible sans un pilotage ambitieux du système de crédit, avec un pôle public de financement et la BPI jouant enfin réellement son rôle. La mise en oeuvre de nationalisations là où il le faut doit permettre non de mutualiser les pertes, mais d’atteindre des objectifs d’intérêt général. Dans ce but, il faudra aussi miser davantage sur l’économie sociale et solidaire pour mieux ancrer l’économie dans les territoires et impulser le nouveau modèle de développement. 
 
Cette épidémie et sa propagation rapide sont liées à la destruction accélérée des habitats sauvages combinée à une mondialisation insuffisamment régulée. Elles renforcent l’urgence d’une remise en cause de notre mode de production et de consommation : la transformation écologique de la France est le nouveau défi de notre République au XXIème siècle. Cette prise de conscience des communs naturels à protéger et de l’impasse des modes de consommation actuels est essentielle, tout comme les combats de la gauche. Les propositions des participants de la Convention citoyenne pour le climat et sa méthode ont permis que progressent dans la société des projets d’une grande richesse. Les politiques publiques doivent être au rendez-vous de cette urgence planétaire. 
 
Nous proposons que soit discutée et mise en oeuvre rapidement une Prime pour le climat, afin d’éliminer en priorité les passoires thermiques et sortir les plus pauvres de la précarité énergétique. Elle accompagnera aussi les travaux de rénovation énergétique rendus obligatoires pour l’ensemble du bâti afin d’atteindre deux millions de logements par an, en privilégiant les rénovations complètes. Des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables pourraient être ainsi créés. 
 
La France a besoin également de bâtir un plan ambitieux de transition vers une mobilité durable, pour soutenir l’électrification des motorisations, les modes de transports collectifs et partagés, la relance des réseaux ferroviaires, mais aussi l’extension du droit au télétravail dans des conditions protectrices pour les salariés. 
 
Conçue pour éviter un recours accru aux énergies fossiles, dont les prix baissent du fait de la crise, la Contribution Climat Énergie doit s’accompagner de mesures de redistribution de grande ampleur pour en compenser les effets sur les plus vulnérables. Une relance publique du soutien à la transition écologique locale est plus que jamais indispensable afin d’impliquer beaucoup plus les territoires et les citoyen.ne.s dans le déploiement des projets collectifs d’énergies renouvelables. Ces investissements supplémentaires dans la transition écologique devront être sortis des critères budgétaires européens. 
 
La refonte des aides de la PAC en soutien des petites et moyennes exploitations doit être accélérée, pour permettre une agriculture respectueuse de l’environnement, la croissance des productions bio, et pour développer le paiement des services environnementaux (stockage du carbone, arrêt des intrants chimiques…). Il faudra enfin donner toute sa place dans nos textes fondamentaux au droit de la nature et mettre en oeuvre de façon strict sur l’ensemble du territoire la politique du « zéro artificialisation nette » et la protection de la biodiversité. 
 
Ces investissements massifs, pour l’immédiat ou le futur, exigent un financement soutenable et équitable. L’engagement de l’Europe en est l’une des clés. C’est une nécessité qui conditionne la survie de l’Union, quand les forces de démembrement prospèrent grâce au manque de solidarité européenne dans chaque moment de crise. On attend de l’Europe qu’elle conduise durablement une politique monétaire à la hauteur du risque actuel, mais aussi qu’elle mette en oeuvre des formes inédites de financement en commun pour empêcher une hausse de l’endettement des États, en particulier les plus affectés par la crise sanitaire. Il faudra aussi dès les prochains mois engager le chantier de la restructuration des dettes héritées des crises successives. 
 
Tous les pays en ont en effet un urgent besoin pour permettre un nouveau départ et la transformation de leurs économies tellement interdépendantes. Ces financements européens ne sauraient être assortis des mesures d’austérité qui ont creusé entre les peuples des blessures encore inguérissables. Les conditionnalités aujourd’hui se nomment écologie, cohésion sociale et respect de la démocratie. Une transformation profonde des structures de l’Union européenne est indispensable pour rendre possibles ces politiques ambitieuses de solidarité. Cela implique la remise en cause du pacte budgétaire. 
 
Mais l’Europe ne pourra pas régler seule l’addition de la crise. Les États devront eux aussi apporter une réponse fiscale et budgétaire dans un esprit de justice. Pour corriger les inégalités creusées au cours des dernières décennies et aggravées par la crise, et pour prévenir l’effondrement de nos sociétés. La France doit rétablir un Impôt de solidarité sur la fortune, mettant à contribution les patrimoines les plus élevés, et renforcer la progressivité de sa fiscalité sur les revenus, notamment ceux du capital, largement érodée depuis 2017. Compte tenu de l’ampleur des dépenses engagées pour faire face à la crise, elle devra appeler une contribution anti-crise des citoyens les plus aisés. La taxation des secteurs qui ont bénéficié de la crise et de ceux qui ont décidé, au coeur de la tempête, de continuer à distribuer des dividendes ou à s’enrichir à l’abri des paradis fiscaux doit être proposée sans délai au Parlement. La maitrise à l’avenir des écarts de salaires au sein des entreprises participe de ces préalables de justice : au-delà d’un écart d’un à douze, il ne serait plus possible de déduire les rémunérations et les cotisations de l’impôt sur les sociétés. Ces choix sont inséparables d’une action ambitieuse pour que les bénéfices des sociétés multinationales cessent d’échapper largement à la fiscalité française, notamment en les obligeant à une totale transparence sur leurs activités et les taxes payées dans les pays où elles sont présentes. Cette reconquête ne sera complète que lorsque les géants du numérique contribueront par un impôt juste aux efforts d’investissement qui attendent la France et l’Europe. 
 
Ces mesures n’auront de sens et d’efficacité que si dans l’après-crise, une transition démocratique offre à tous la capacité d’agir pour un monde commun. La verticalité du pouvoir fracture la société. Elle alimente l’impuissance et la défiance. C’est l’échec de la Vème République. Seule une refondation de nos institutions permettra de le dépasser. Il est impératif de ne pas confier à un « sauveur suprême » ou au pouvoir technocratique « la sortie de crise », mais au contraire d’augmenter la participation des citoyen.nes aux décisions qui les concernent et cela à tous les niveaux. 
 
Réussir les transitions exige un développement des emplois publics partout où leur manque cruel se vérifie aujourd’hui. Il faudra aussi rénover l’action publique en inventant les outils, l’organisation, les métiers du secteur public de demain. Rien ne progressera sans des délibérations collectives, valorisant bien davantage les citoyens et leurs compétences, l’éducation, l’innovation sociale et la création culturelle, les territoires, villes et villages. 
 
Cet impératif s’adresse aussi aux entreprises : pour réussir la sortie de crise, il faut y faire entrer la démocratie en associant réellement les salariés à leur stratégie. Cela doit s’incarner dans une codétermination à la française avec la présence de 50% de représentants des salariés dans les conseils de surveillance ou les conseils d’administration des grandes entreprises et le renforcement des pouvoirs des représentants des salariés à tous les niveaux. 
 
Lourde de souffrances inédites, cette période ne doit pas confisquer les espoirs de changement, bien au contraire. Faisons place à l’action collective et à ces premières convergences. Pour être à ce rendez-vous de notre Histoire, nous proposons qu’un grand événement, une « convention du monde commun », réunisse dans les prochains mois toutes les énergies disponibles, les citoyennes et citoyens épris de profonds changements, les formations politiques, les forces associatives, les initiatives que portent syndicats et ONG. C’est une première étape cruciale et attendue pour une alternative démocratique, écologique et sociale. Nous voulons lui donner la force de notre engagement.
 
 
Premiers signataires* :
 
Syamak Agha Babaei, Christophe Aguiton, Amandine Albizzati, Claude Alphandery, Nathalie Appéré, Guillaume Balas, Jeanne Barseghian, Marie-Laure Basilien-Gainche, Laurent Baumel, Romain Beaucher, Anne-Laure Bedu, Jacqueline Belhomme, Esther Benbassa, Patrice Bessac, Olivier Bianchi, Habiba Bigdade, Loïc Blondiaux, Alice Bosler, Maurice Braud, Rony Brauman, Axelle Brodiez, Ian Brossat, Philippe Brun, Julia Cagé, Sophie Caillat, Andrea Caro, Fanélie Carrey-Conte, Lucas Chancel, Pierre Charbonnier, Christian Chavagneux, Alain Coulombel, Annick Coupé, Jezabel Couppey-Soubeyran, Françoise Coutant, Thomas Coutrot, Cécile Cukierman, Ronan Dantec, Joël Decaillon, Carole Delga, Stéphane Delpeyrat, Laurianne Deniaud, Emmanuel Denis, Gregory Doucet, Marie-Guite Dufay, Cécile Duflot, Antoine Dullin, Jérôme Durain, Guillaume Duval, Timothée Duverger, Nicolas Duvoux, Anne Eydoux, Olivier Faure, Rémy Féraud, Aurélie Filippetti, Diana Filippova, Alain Foix, Didier Fradin, Philippe Frémeaux, Guillaume Garot, Karl Ghazi, Jean-Luc Gleyze, Raphael Glucksmann, Daniel Goldberg, Guillaume Gontard, Gaëtan Gorce, Aziliz Gouez, Bernadette Groison, Florent Gueguen, Denis Guenneau, Hélène Hardy, Jean-Marie Harribey, Anne Hessel, Catherine Hoeffler, Pierre Hurmic, Marie-Hélène Izarn, Pierre Jacquemain, Yannick Jadot, Hugues Jallon, Vincent Joineau, Régis Juanico, Nina Karam-Leder, Pierre Khalfa, Yazid Kherfi, Hella Kribi-Romdhane, Thierry Kuhn, Joël Labbé, Guillaume Lacroix, Delphine Lalu, Aurore Lalucq, François Lamy, Sandra Laugier, Pierre Laurent, Guillaume Le Blanc, Joël Le Coq, William Leday, Claire Lejeune, Corinne Lepage, Elliot Lepers, Nadine Levratto, Medhi Litim, René Louail, Benjamin Lucas, François Mandil, Bénédicte Manier, Edouard Martin, Gus Massiah, Nora Mebarek, Dominique Meda, Philippe Meirieu, Claire Monod, Beligh Nabli, Naïri Nahapetian, Alexandre Ouizille, Christian Paul, Renaud Payre, Willy Pelletier, Camille Peugny, Maxime Picard, Thomas Piketty, Eric Piolle, Dominique Plihon, Dominique Potier, Alexis Poulin, Angèle Préville, Audrey Pulvar, Valérie Rabault, Jean-Paul Raillard, Gilles Raveaud, Sandra Regol, Nadine Richez-Battesti, Martin Rieussec-Fournier, Jacques Rigaudiat, Marie-Monique Robin, Johanna Rolland, Barbara Romagnan, Laurence Rossignol, Muriel Rouyer, Virginie Rozière, Michèle Rubirola, Bernard Saincy, Eva Sas, Mounir Satouri, Frédéric Sawicki, Laurence Scialom, Sabrina Sebaihi, Aissata Seck, Gabrielle Siry, Emmanuel Soulias, Jo Spiegel, Olivier Szulzynger, Sophie Taille, Bernard Thibault, François Thiollet, Isabelle This Saint-Jean, Stéphane Troussel, Henri Trubert, Hulliya Turan, Boris Vallaud, Najat Vallaud-Belkacem, Shahin Vallée, Antoine Vauchez, Denis Vicherat, Anne Vignot, Patrick Viveret.
* à titre personnel
 

Boris Vallaud, PS.dans un entretien à l’Huma du 8/04/20: « Réaffirmer notre souveraineté et agir sur le réel »

Créé par le 09 avr 2020 | Dans : Non classé

Toute la semaine, l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « jour d’après ». Boris Vallaud, porte-parole du PS et député des Landes, plaide notamment pour un Parlement fort.

 

Cette crise bouleverse bien des certitudes et les bases de notre société. Quels enseignements en tirez-vous, notamment sur le plan économique et social ?

Boris Vallaud. La crise précède la crise. La pandémie n’en est que la morsure apparente et profonde parce que tout coagule : la crise des services publics, de l’hôpital, qui connaît un mouvement social fort depuis un an. Mais il y a également une crise de la puissance publique, de la mondialisation, de l’environnement. Le néolibéralisme, dans ce qu’il produit depuis des décennies, les inégalités, les violences, la destruction de l’environnement et la disqualification de la puissance publique, peut emporter avec lui le libéralisme politique, c’est-à-dire la démocratie. Nous avons besoin de faire la démonstration que la démocratie est capable de surmonter ce désordre. Nous devons réaffirmer une souveraineté et agir sur le réel, construire un rapport de forces avec la puissance privée. Car si l’État de droit s’est construit au XIX e siècle contre les abus de la puissance publique, il s’agit aujourd’hui de lutter contre les abus de pouvoir de la puissance privée : elle ne paie pas ses impôts, édicte ses normes, influence les opinions, bat sa monnaie et veut même rendre la justice.

Puisque vous abordez la question démocratique, quels problèmes pose, selon vous, la gestion de cette crise ?

Boris Vallaud. Dans la crise, la démocratie n’est pas un problème, elle est même une arme. Plus qu’à tout autre moment, il faut se ranger à ses impératifs, à son exigence. Cette crise montre que nous avons besoin d’un Parlement fort, et non faible comme aujourd’hui. Je plaide pour un rééquilibrage institutionnel. Les démocraties ont besoin de se réarmer.

Cela fait écho à une VI e République…

Boris Vallaud. J’y suis favorable, et depuis longtemps.

Le chiffre de 6 % de PIB en moins est aujourd’hui avancé. Comment éviter une catastrophe sociale ?

Boris Vallaud. La crise sociale est déjà là. Les mesures gouvernementales de soutien financier massif à l’économie étaient nécessaires, mais sont aidés ceux qui ont un travail, pas les familles précaires, les trois millions d’enfants pauvres qui ne mangeaient à leur faim qu’à la cantine… Très concrètement, il faut augmenter dès maintenant tous les minima sociaux, le taux de remplacement du chômage, accompagner les familles qui ont des conditions matérielles difficiles. Sur ces six points de PIB – au minimum – la question est : qui va rembourser ? Certainement pas ceux qui, frappés les premiers par la crise, seront aussi les plus fragilisés. L’UE est au pied du mur, elle a tout à y perdre ou tout à y gagner. Bien sûr, il faut mutualiser la dette, mais également un ISF européen. La BCE a un rôle important, par exemple en monétisant la dette ou même en annulant des dettes, en échange d’investissements dans la transition écologique, car nous devons également changer de modèle tout en redressant le pays. Notre modèle productif, dans son ensemble, est à repenser. On peut imaginer une sorte de Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale – NDLR) de la transition écologique. La place de l’État est centrale : sur ce point, je suis pour un colbertisme vert.

Dans cette place centrale de l’État, il y a la question des services publics. Ils ont été mis à mal depuis deux décennies au moins, notamment dans le domaine de la santé, y compris lors du quinquennat précédent. Pensez-vous qu’il faille en faire à nouveau une priorité ?

Boris Vallaud. Lors de l’examen du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), nous attirions l’attention sur la situation à l’hôpital, et nous avions proposé, comme d’autres formations de gauche, un plan d’urgence. Bien sûr, il faut desserrer l’étau, mais penser également à des réformes structurelles de notre système de santé : le partage public-privé, la question de la tarification, de l’accès universel aux services publics, le pilotage non pas sur des critères financiers, mais humains.

Toutes ces problématiques posent également la question de la gauche. Hier, le député insoumis Adrien Quatennens parlait dans nos colonnes de construire autour des causes communes, et d’un « gouvernement de salut commun ». Alors que la situation oblige, êtes-vous prêt à travailler avec l’ensemble de la gauche ? Et comment ?

Boris Vallaud. S’unir autour de causes communes, c’est une proposition que nous avons également formulée : on doit pouvoir travailler ensemble. On aura des désaccords, mais nous devons parler. C’est d’ailleurs le cas : en ce moment, tout le monde parle à tout le monde pour faire face à cette crise profonde. Parmi ces causes communes, il y a la question sociale, la lutte contre les inégalités, qui se joue à tous les niveaux, en particulier dans l’entreprise. Le scandale du versement de dividendes, dans cette période, nous dit ce qu’il faut changer dans notre société. Je pense également à la place de l’État, de l’initiative publique : nous avons besoin d’investissements structurants pour l’avenir. Il faut pouvoir donner des perspectives, un espoir, réconcilier le rêve et l’action.

Lu dans l’Huma : « À l’épreuve du Coronavirus. L’échec de la « mondialisation heureuse », Par André Bellon

Créé par le 22 mar 2020 | Dans : Non classé

À l’épreuve du Coronavirus. L’échec de la « mondialisation heureuse » paru dans l’Humanité du 18 mars 2020

Par André Bellon, ancien président PS de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Il y a quarante ans, un virus idéologique se répandait sur le monde. Un Alain Minc, héraut autoproclamé, l’appelait « la mondialisation heureuse ». Refusant toute contestation, le bienheureux Minc s’inquiétait de voir la France être le mauvais élève de la modernité. Il entraînait d’autant plus facilement l’adhésion que les gouvernements de l’époque, droite et gauche confondus, sollicitaient ses conseils éclairés, qu’il présidait le conseil de surveillance du Monde, était responsable du rapport sur « la France de l’an 2000 » commandé par le premier ministre Édouard Balladur et faisait partie de nombreux cercles d’influence comme la Fondation Saint-Simon.

On ne comptait plus ses disciples, certains pontifiants, d’autres un peu plus ras de terre. La mondialisation devenait une sorte de conte de fées. On sourira en rappelant cette pauvre Laure Adler laissant échapper son émotion enthousiaste devant le « symbole » de tous ces humains, de toutes races, de tous sexes et de toutes conditions, regardant tous dans la même direction : l’éclipse de soleil. Une allégorie de la mondialisation fraternelle en quelque sorte !

Cette volonté béate de magnifier une mondialisation toujours évoquée, mais jamais analysée, que ne nous a-t-elle pas coûté ? Certes, certains cherchaient à prendre des distances en demandant une autre mondialisation – alter ? –, mais ne regardaient-ils pas, comme les autres, vers l’éclipse ? Même Jacques Attali, grand chantre d’un gouvernement planétaire, se croit obligé, depuis quelque temps, de se démarquer du bonheur mondialisé en critiquant une mondialisation financière qu’il a beaucoup aidé à favoriser dans les années 1980.

L’idéologie développée par les mondialistes, largement relayée par les médias, a conduit à considérer tout État comme oppressif et toute idée de frontière comme porteuse de xénophobie et de racisme. Ah, ce fameux gouvernement mondial, source de paix et de bonheur entre les humains !

Et pourtant ! Toute conception de gouvernement mondial se présente comme une transcendance ou, comme le dit Alain Supiot, professeur au Collège de France, comme « un fait de nature ». Il se réfère obligatoirement à des normes communes définies hors de tout contrôle des citoyens. D’ailleurs, il n’y a alors plus de citoyens, il n’y a plus que des individus atomisés, sans pouvoir politique. Un gouvernement mondial ne peut être qu’une expertocratie.

Il est d’ailleurs frappant que les thuriféraires de la mondialisation, ou de son secteur particulier qui s’appelle l’Union européenne, demandent à la fois des règles non contestables, en particulier économiques et financières, et le respect des identités. Mais, par identités, ils signifient des particularités qui caractérisent le genre, l’origine ethnique, les pratiques sexuelles, mais pas la citoyenneté, élément politique de base. La mondialisation détruit l’individu en tant qu’être politique. En ce sens, elle s’oppose à l’humanisme.

Elle peut donc être contestée par l’humain reprenant toute sa place dans l’Histoire, c’est-à-dire par le citoyen reconstitué. La question était largement posée après la Deuxième Guerre mondiale. D’un côté, l’ONU, forum de nations, ou la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui rappelait que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ». De l’autre, une volonté de domination monétaire et financière symbolisée par le FMI ou la Banque mondiale.

Les événements récents ne révèlent-ils pas quel a été le choix, ne font-ils pas apparaître la signification philosophique de la mondialisation ?

La pandémie de coronavirus constitue un double révélateur. Elle a d’abord mis en lumière la ruine des services publics de recherche qui auraient permis d’anticiper une telle catastrophe. Des programmes de lutte contre ce type de virus existaient il y a vingt ans. Ils ont été jugés inutiles parce que ne répondant qu’à des défis qui, n’étant pas immédiats, n’étaient pas prioritaires. Elle a montré la naïveté et l’imprévoyance du mondialisme, qui trouvait normal de déléguer la fabrication de médicaments européens importants en… Chine ou en Inde, créant des pénuries visibles depuis plusieurs années.

Le système mondialisé ne s’intéresse pas au long terme. Un pouvoir éloigné des humains ne raisonne pas à l’échelle de l’humain. Par ailleurs et paradoxalement, la mondialisation financière, censée réguler l’économie, a montré la fragilité des marchés financiers. Ce colosse s’écroule à la moindre secousse. La chose avait pourtant été démontrée, dans l’indifférence générale, en 2008 par la résistance islandaise à la crise financière. Comment ne pas évoquer aujourd’hui le président islandais invitant ses amis européens, à l’issue de ce séisme national, à inverser l’importance des facteurs. Il proclamait alors que les droits de l’humanité étaient supérieurs, dans tous les cas, aux intérêts des marchés financiers. La chose n’est-elle pas aujourd’hui d’actualité ?

Depuis plus de quarante ans, nos gouvernements ne savent plus penser l’intérêt général, qui ne les intéresse plus puisque les marchés sont supposés s’occuper de tout. Ils se soumettent à des logiques d’immédiateté, représentatives d’intérêts volatiles et inhumains qui s’opposent à des perspectives raisonnées. Ils ont abandonné le sens de l’humanité qui se construisait depuis la philosophie des Lumières. Ce n’est pas une crise conjoncturelle que nous vivons, c’est une crise historique qui doit remettre en cause le système économique et politique. L’heure est au retour des valeurs humanistes et du citoyen qui en est l’incarnation.

Lu dans Respublica : « Appel à la mobilisation dès le 5 décembre 2019″ par Evariste

Créé par le 26 nov 2019 | Dans : Non classé

lundi 25 novembre 2019

ReSPUBLICA est de tous les combats pour défendre et promouvoir les services publics, principal outil de cohésion et de justice sociale.

Tous les conquis sociaux sont aujourd’hui attaqués par le mouvement réformateur néolibéral au service du capital. Tous les services publics sont soumis à la privatisation des profits et à la socialisation des pertes. Le président Macron en est le grand ordonnateur et le MEDEF le seul bénéficiaire. Après la forte mobilisation des hospitaliers du secteur santé du 14 novembre qui a vu pour la première fois de notre histoire au coude à coude tous les métiers de l’hôpital – les ouvriers, les paramédicaux, les médecins, les chefs de service, les personnels administratifs –, le dispositif macronien ne répond toujours pas aux besoins des citoyens et de leurs familles. Pire, il se prépare à organiser la plus grande baisse des retraites jamais réalisée dans notre histoire par le régime de retraites par points qui vise à transformer le service public des retraites comme la variable d’ajustement nécessaire à la croissance des dividendes pour le plus petit nombre. Le plus grand nombre que nous sommes devons réagir !

La bataille des retraites devient donc la mère de toutes les batailles qui doit faire reculer Macron et le Medef, car nous avons la possibilité de lier la mobilisation sur les lieux de production aux blocage des flux par la proposition des salariés de la RATP et des cheminots de tenter une grève reconductible. Une partie grandissante des gilets jaunes a décidé de converger vers le mouvement du 5 décembre. Il convient donc pour le plus grand nombre,que tous les travailleurs de toutes les branches rejoignent ce mouvement unitaire.

En considérant les 200 milliards de niches fiscales et la captation de 60 % des richesses produites en France par seulement 10 % de la population et l’enrichissement inacceptable d’une poignée de profiteurs, le financement et l’amélioration du système actuel de retraite sont largement réalisables.

Il s’agit là d’une véritable lutte entre les propriétaires du capital, leurs représentants au gouvernement et à l’Élysée, et le reste de la population qui refuse de voir son avenir par le spectre de la paupérisation.

Personne n’est dupe sur les impacts des réflexions de M. Delevoye et sur leurs traductions dans une hypothétique loi, les pensions vont baisser drastiquement (entre 20 et 30 %) et l’âge de départ en retraite sera en recul permanent.

Pour nous, pour le plus grand nombre, les droits de base du départ en retraite doivent s’appuyer sur un taux de remplacement de 75 % minimum, un âge de départ à 60 ans sans décote et un départ anticipé jusqu’à 5 ans pour les travaux pénibles. Démarrons cette lutte d’ampleur le 5 décembre 2019, pour le maintien du modèle actuel et son amélioration. Une victoire dans ce domaine aura des conséquences positives pour l’ensemble des services publics en lutte.

Compte tenu de la faiblesse de l’écoute du gouvernement et de l’Élysée face aux revendications du monde du travail, Respublica soutiendra le mouvement syndical qui entrera fortement dans la lutte pour peser lourdement sur l’économie et les pouvoirs publics.

De nombreux syndicats ont décidé de revendiquer toutes les actions décidées par les assemblées générales de grévistes dans cette lutte (la liste ci-dessus n’étant pas exhaustive).

Donc, dès le 5 décembre 2019, comme de nombreux travailleurs et retraités du pays, nous vous engageons à entrer dans une lutte pour le maintien et l’amélioration du régime général et des régimes spécifiques de retraite.

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