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Le changement, en débattre maintenant, par Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l’Homme

Créé par le 27 juin 2012 | Dans : Non classé

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy nous laisse un paysage désolé et désolant. Le score du Front national est d’autant plus inquiétant qu’il s’articule à un arrière pays de droites extrêmes, prêtes à se rejoindre, s’unir et à ouvrir la page d’un projet gouvernemental combinant ouvertement xénophobie et autoritarisme. La Droite traditionnelle, si elle a été battue, n’a pas été sanctionnée et ses débats internes quant à sa stratégie n’ont rien d’autocritiques. L’abstention, enfin, fait que François Hollande, puis le PS, ont été choisis par un quart des citoyens en âge de voter (en tenant compte des non inscriptions sur les listes électorales, des abstentions et des votes blancs et nuls).

Dans ce contexte, comment contribuer à refonder le socle républicain du vivre ensemble ? Entre le « tout, tout de suite » et le « on verra après la crise », il faut modifier en profondeur un rapport de forces qui demeure instable, poser avec sureté et détermination une série d’actes fondateurs d’un changement réel et perçu comme tel.

La Ligue des droits de l’Homme, dans ce processus, a des responsabilités particulières. Il lui revient de réaffirmer l’indivisibilité et l’universalité des droits fondamentaux, fondement du vivre ensemble républicain, d’une société de solidarité. Il lui faut corrélativement réhabiliter la notion d’intérêt général, sans laquelle il n’est pas possible de penser une éthique de l’engagement politique. Enfin, réaffirmer que cette démocratie est mille fois plus efficace que les « actes de contrition et de renoncement » auxquelles nous convient agences de notations et marchés financiers.

Sur cette base de conviction, il est possible et surtout, nécessaire, d’engager un vaste débat national sur les changements à venir. Sans cette mise en débat, sans un puissant processus de construction et d’appropriation, la volonté de changement risque de s’émousser sur les dents du réel. Forte de cette conviction, la LDH s’est adressée au président de la République à propos des institutions, dont il est garant, et des modifications nécessaires pour leur assurer un fonctionnement plus démocratique.

Elle a également adressé trois missives au premier ministre : la première concerne le fonctionnement de la Justice, le respect des droits, la nécessité de mettre fin aux dérives sécuritaires et intrusives. La seconde porte sur les droits des étrangers et sur l’impérieuse nécessité de rompre avec une ère de défiance et de répression, au bénéfice d’un moratoire des expulsions, de réformes immédiates et de l’organisation d’un vaste débat national. La troisième porte enfin sur une demande de loi d’amnistie pour les citoyennes et citoyens dont l’engagement syndical et social a donné lieu à des mesures s’inscrivant dans la tentative de criminalisation de la protestation sociale et civique.

La Ligue de droits de l’Homme entend ainsi réaffirmer solennellement sa responsabilité et sa disponibilité pour tout examen visant à inscrire ses propositions dans une réflexion gouvernementale et législative.

lettre@ldh-france.org

François Hollande reprend l’écriture du roman et du récit national et réaffirme que la République reste la force de la France, par Claude Nicollet

Créé par le 16 mai 2012 | Dans : Non classé

 

François Hollande 1

Je peux bien vous le dire et l’avouer sans fausse pudeur, hier j’ai été à plusieurs reprises profondément ému par la cérémonie de passation des pouvoirs entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. C’est en réalité uniquement à cette occasion que je me suis senti mieux, plus léger, plus serein. C’est là notamment que j’ai encore mesuré le poids qu’a fait peser sur le peuple français la présidence précédente. Pourquoi? Je me suis interrogé bien sûr, mais le changement de style, la sobriété voire une certaine rigueur, une retenue dans l’expression, une qualité dans le discours, la syntaxe, le vocabulaire m’ont immédiatement marqués. Une certaine idée de la France et du peuple français était de retour à l’Elysée. Et j’avoue ça m’a fait un bien fou.

J’avais à nouveau le sentiment que le chef de l’Etat était là, qu’il s’adressait à la fois à notre intelligence, notre raison et notre coeur. S’inscrivant avec fierté dans le long fil de notre histoire et se faisant à la fois l’héritier et le le responsable de la continuité de la République. De 1789 à aujourd’hui en passant par 1848, la Commune de Paris, mai 68 et tant d’autres évènements il n’a cessé de rappeler ce que nous sommes, ce que nous devons au monde et aussi ce que le monde nous doit. Tout cela nous oblige.Vis à vis de nous mêmes mais aussi des autres. « La France n’est pas n’importe quel pays » n’a t-il cessé de dire pendant sa campagne. Il a raison, mille fois raison. La France a toujours été au rendez vous de l’histoire du monde et le peuple français a toujours trouvé, au plus profond de lui même et parfois dans les périodes les plus difficiles, l’énergie pour tracer le chemin de la Liberté.

François Hollande hier, continuait l’écriture du roman national et devenait par la même occasion le porteur du récit national. Lors de l’ université d’été du MRC à Valence en août 2010, il y a presque deux ans, il nous avait dit à quel point cela essentiel  était pour lui.

Puis ses hommages à Jules Ferry et Marie Curie furent très beaux et mirent en perspective l’idée que nous nous faisons de nous même et du génie de la France,du peuple français et de la République.

Son discours à la mairie de Paris fut de la même eau. Un sentiment de dignité retrouvée, de fierté empreinte de simplicité me faisait me sentir mieux. A l’opposé de l’arrogance, de l’indécence, de l’impudeur, du culte de l’argent, du mépris érigés en système dont le spectacle s’étalait en permanence sous nos yeux.

Alors c’est vrai, hier j’étais ému comme à chaque fois que j’entends parler de la France avec honneur et dignité. C’est vrai j’aime profondément notre pays, j’en ai une très haute idée et les cinq années qui viennent de s’écouler furent difficiles. Mais je ne suis pas naïf, je sais aussi que le travail sera dur, que les défis sont gigantesques, que la question européenne sera cruciale et que souvent elle nous a divisé dans le passé. Mais rien ne nous sera donné, nous le savons, tout comme je sais que nous avons en nous les ressources suffisantes pour faire face. Alors j’ai confiance, la République qui est la force de la France est à nouveau à sa place, c’est à dire la première car elle incarne la Nation et sa volonté.

Les feux de l’été du foutriquet : de la fiscalité aux franchises, des fonctionnaires à l’amalgame de tous les fauteurs de troubles …

Créé par le 04 mai 2012 | Dans : Non classé

Posté par sr07 le 01 août 2007 | Dans : a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, a6-Les colères du dogue patriote Modifier

Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s’enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n’ont qu’à bien se tenir ! Avis aux grèvistes ! Et pas de quartier pour les jeunes récidivistes ou clandestins !

La logique de cette furieuse politique repose sur une vision économique très libérale couplée d’une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme et de personnalisation d’un pouvoir hyperconcentré, le tout façon  Second Empire. La cohérence dans tout ça ? Inutile de se prendre la tête. Fichtre ! On fait dans la caricature manichéenne : d’un côté l’ordre, l’initiative, le travail, l’argent, l’effort récompensé ; de l’autre le laxisme, l’assistanat, la bureaucratie envahissante et parasitaire. Les réponses, inspirées de nos déclinologues experts et des franges de l’extrême-droite, ne coulent-elles pas de source ? La soi-disant revalorisation du travail derrière laquelle on masque une politique tout à l’avantage des riches. Pour donner le change N. Sarkozy use de faux-semblants et de longues litanies ;  les exonérations des cotisations sont instituées pour permettre aux salariés de gagner plus, les suppressions de postes dans la fonction publique,  pour mieux payer les fonctionnaires, le bouclier fiscal et l’exonération des droits de succession, pour faire revenir les entrepreneurs… Comment aller à l’encontre de si bonnes intentions quand les repentis et ralliés bien récompensés cautionnent cette politique décomplexée ? Prenez la dernière et généreuse trouvaille annoncée hier dans la capitale du thermalisme ; les franchises sur les soins, destinées à la recherche et à la prise en charge de l’Alzeimer, c’est à dire les malades payant pour les malades. Il fallait y penser. Et, surtout, oser.

Cette ambiance idéologique délétère, jouant sur l’opposition des Français, se répand dans la plus grande confusion des genres. En réalité, d’où vient l’argent facile ? De quelques aides aux plus fragiles, toujours allouées sous conditions sociales peu enviables quand les revenus du travail décrochent par rapport à ceux du capital ?   Ou bien des stock-options, des revenus du capital et de la rente ? Mais qui sont alors  les profiteurs du système quand les bas salaires sont légion et la précarité au travail devient un modèle  à généraliser ? « L’amour aussi est précaire », se plaît à déclamer Laurence Parisot, alors pourquoi pas le travail ? Histoire de hâter, côté patronal, la réforme attendue du contrat de travail. Foutre ! Et ce matin voici la très précieuse Roselyne Bachelot moquant sur les ondes la mesquinerie de ceux qui refuseraient de payer quelques euros de plus pour vaincre l’Alzeimer ! Dans la gêne pas de plaisir : on exonère les riches des droits de succession, on leur offre un bouclier fiscal, on augmente les honoraires des médecins et on voudrait culpabiliser les couches populaires. 

Entendrons-nous bientôt proférer des insultes à l’encontre de la « Gueuse » ? On risquerait alors de ressusciter le Père Duchêne apostrophant ainsi  » Messieurs les foutriquets aristocrates à culottes serrées, à grosses cravates, à petites cocardes…  » auxquels il s’adressait pour s’exclamer menaçant dans sa 26°lettre  » n’agacez pas le dogue patriote « .

Les remèdes de chien de notre docteur Diafoirus, partent d’un diagnostic vicié pour une thérapie de choc qui pourrait bien être fatale. La redistribution à l’envers c’est un manque à gagner considérable avec un effet mécanique sur le niveau d’endettement sauf à tailler dans le vif des dépenses publiques, d’où les suppressions de postes de fonctionnaires par dizaines de milliers. C’est assurément de l’argent qui va à l’argent et non à la consommation dont on connait l’impact décisif sur la croissance et l’emploi. Les franchises, ce sont des bombes à retardement pour tous ceux qui diffèrent les soins et se trouvent ensuite dans une situation sanitaire aggravée. Ce dispositif n’est-il pas la négation d’une politique de prévention dont on sait l’importance ? En raison d’un prétendu service minimum, c’est la remise en question du droit de grève. Dans tous les domaines, c’est le triomphe d’une réaction contre l’Etat social, la protection des travailleurs et des plus vulnérables.

Le sens caché de cette boulimie de réformes, autant iniques qu’ineptes, mérite d’être dénoncé avec la sévérité qui sied à pareille entreprise de destabilisation économique, sociale et idéologique. Car ça devrait pourtant tomber sous le sens ce non sens au pouvoir d’un pouvoir pourtant chargé de sens. A sens unique, bien sûr. 

  »le dogue patriote »

Le bling-bang du blanc-bec

Créé par le 04 mai 2012 | Dans : Non classé

Posté par sr07 le 17 mar 2008 | Dans : a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, a6-Les colères du dogue patriote Modifier

Parmi les critiques les plus cruelles envers la personne de N. Sarkozy, retenons celles de son propre camp, qui font porter le poids de cette Bérézina électorale sur le compte d’un comportement indigne mêlant provocations, irascibilité et lucre. De l’aveu même de ses supporters, ces détestables symptômes d’un mésusage de la fonction présidentielle seraient ainsi la cause première de cet échec. Arroseur arrosé, flambeur victime de ses propres turpitudes, la morale de l’histoire en appelle simplement à plus de modestie et de retenue pour conjurer le sort.

Trop simpliste sans doute, ce discours concocté par l’entourage présidentiel qui voudrait ignorer une dimension évidente de cette désaffection populaire ! La critique des urnes et des abstentionistes n’exprime-t-elle pas d’abord  l’attente déçue des Français vis à vis de leur pouvoir d’achat et de la confiance trahie ? Orientée sur la critique  de l’action gouvernementale, l’interprétation du vote sanction dans un contexte d’abstention record, prend alors un tout autre sens.

Quand gouvernement, ministres et dirigeants de l’UMP n’ont de cesse de proclamer la nécessité d’accélérer les réformes anti-sociales et de décupler d’efforts pour que la politique gouvernementale se traduise dans la réalité, l’opposition demande au président de tenir compte de l’avertissement des Français. Sans mobilisation défensive, on peut pourtant craindre le pire malgré ce vote sanction. Il appartient à la gauche d’unir ses forces pour contester la logique néolibérale en oeuvre dans la politique sarkozienne et surtout tracer une nouvelle voie offrant au mouvement syndical et plus largement aux forces sociales la capacité de contrer patronat et gouvernement.  A l’heure d’un sérieux risque d’effondrement du système financier international, cette lutte sans merci du capital pour la confiscation de la valeur ajoutée est autrement plus significative de la réalité du capitalisme mondialisé que la dénonciation de cette façon d’être bling-bling. Le peuple a moins à craindre de cette posture de blanc-bec que de cette ambition des élites dirigeantes mondialisées de liquider notre modèle social en s’appuyant, s’il le faut, sur l’idéologie néo-conservatrice délégitimant les idées  rationalistes qui accompagnent l’esprit de Progrès.

D.P 

De Saint Jean Bouche d’Or à Gros-Jean

Créé par le 04 mai 2012 | Dans : Non classé

Posté par sr07 le 01 mar 2008 | Dans : a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, a6-Les colères du dogue patriote

On est toujours puni par où l’on a péché : le Chanoine honoraire de Saint Jean du Latran ne fait pas exception à la règle. Voici notre éloquent du menton, il y a peu encore adoré des médias et vénéré tel un Saint Jean Bouche d’Or, confondu à présent en pénitent, cloué au pilori et exposé en proie aux regards et à l’écoute de millions d’internautes. Ces acharnés voyeuristes, repus d’une vidéo en boucle trahissant une nature agressive, s’offrent, de surcroît, les confessions du Pèlerin au Parisien. Lequel, ironie du sort, a jeté en pâture le neuillyen au langage peu châtié et bien inconvenant à tous ces pauvres gueux, solidaires du provoquant quidam, ce tartarin matamore venu malencontreusement de la France profonde jauger les taureaux du salon de l’Agriculture. Lorsqu’il croisa, par le plus grand des hasards, le président, notre quidam lança sa tristement célèbre tirade « touche-moi-pas-tu m’salis ! » qui fit l’effet d’une muleta à notre intempestive tête cornée se prenant, en la circonstance, pour une bête de combat.

Pathétique, n’est-ce pas,  cette chute aux enfers d’un enfant de choeur immature, cette contre-performance verbale d’un président victime de ses nerfs, allant – il y a de cela tout juste sept jours – à la rencontre des paysans. Avec pour tout objectif, tenez-vous bien, de la part de cet avocat, de promouvoir les métiers de bouche. Diable ! Inscrire la gastronomie française au patrimoine de l’Humanité ça ne mangeait pourtant pas de pain ! Il eut suffi d’un peu de self-control de la part du neuillyen, au lieu de ce langage emprunté aux cités, face à la minable provocation de ce vilain rustre et le tour était joué. Triple coup si ce triste spectacle n’eut pas tourné en eau de boudin : une avalanche d’éloges médiatiques pour notre urbain, rattrapant son handicap vis à vis de son prédécesseur, ce corrézien, amateur de pommes et gros mangeur de têtes de veaux, lui qui n’avait pas son égal pour tâter le cul des vaches ; une reprise à bon compte de la devise royale faisant des paturages et labourages les deux mamelles de la France éternelle ; une promotion certaine pour ce mal aimé de la ruralité, déjà mis au ban des cités de banlieues. C’eut été aussi l’occasion pour notre jeune dévergondé,  de faire ripailles et de boire à satiété, comme le veulent les usages récents depuis l’aparté franco-russe.

Mais ne nous y trompons pas. Cette légèreté blâmable – qui rendit inaudible ce message - frappe d’abord nos ruraux. Pour un peu, sans cette erreur de com’, ce salon 2008 prenait un autre tour : défense des terroirs et réforme de la PAC redevenaient au coeur de l’actualité du jour dédiée à une paysannerie retrouvant ainsi espoir en l’avenir. Que nenni ! L’impulsif aura donc tout gâché comme à son habitude. Adieu veau, vache, cochon, couvée…  Sondages obligent, le béotien en aura pris pour son grade : de quoi se rappeller qu’on passe vite du Capitole à la roche Tarpéienne dans cette charge régalienne !

Nous voudrions tant aider Sa majesté, coprince de la principauté d’Andorre aux sept paroisses, à égaler sa Sainteté le Pape qui le fit récemment Chanoine de Saint Jean du  Latran, en lui conseillant plus de retenue et de charité envers ce petit peuple trop ingrat de la cour du roi Pétaud.  Auprès de sa lignée, du prince Jean, de toutes ces dames et conseillers intrigants et autres gentils damoiseaux du Palais de l’Elysée et de sa basse-cour neuillyenne, puisse-t-il méditer, telle Perrette, cette morale d’une fable de La Fontaine narrant cette laitière plutôt sexy, allant légère, court-vêtue, en petite jupe bien troussée, un peu volage pour sauter ainsi transportée par ses pensées avant cette chute fatale qui lui fit craindre le pire de son mari d’homme brutal quand de son oeil marri, elle vit sa fortune ainsi répandue : 

Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m’élit roi, mon peuple m’aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.

N’en déplaise à Jean Jacques Rousseau – qui fustigeait, je crois, dans son Emile, l’apprentissage trop précoce des fables de monsieur de La Fontaine – serait-il  vraiment saugrenu de renouer avec ces bonnes vieilles traditions éducatives, récemment abandonnées ? Puisque le temps est à la réflexion pédagogique… A toute chose malheur est bon !

Le D P

N.B : Sur le site du franc-parler http://www.francparler.com  vous trouverez ces explications truculentes.

Le prénom Jean fut en son temps ce que d’autres sont aujourd’hui pour désigner populairement un idiot ou un malchanceux. Je ne me risquerai pas à lui trouver quelque équivalent pour ne vexer personne…

On trouve la première trace de être Gros-Jean comme devant chez Jean de La Fontaine («la Laitière et le pot au lait», Fables, VII, 9). Le personnage de Gros Jan (et non pas Jean) apparaît un peu plus tôt, au XVIème siècle, sous la plume truculente de Rabelais où il est présenté comme un personnage rustre… On pourrait dire une brute ou encore… un abruti.
Plusieurs expressions familières en découlerons comme « Gros-Jean en remontre à son curé » (c’est-à-dire que celui qui est ignare voudrait en apprendre ou corriger celui qui a réellement le savoir). La culture populaire a ainsi donné à Gros-Jean le rôle du personnage stupide, du nigaud toujours abusé.

Dans notre expression, encore vivante aujourd’hui, le terme devant doit être compris avec le sens vieilli d’avant. Reste à reconstruire le puzzle : être Gros-Jean comme devant, c’est se rendre compte que l’on a été berné et par conséquent que l’on est devenu ou que l’on était déjà avant …un Gros-Jean. L’avantage espéré ou attendu n’est plus qu’un joli souvenir et l’on se retrouve ‘comme un idiot’ dans la même situation qu’auparavant avec toutefois, en plus, le sentiment de désillusion et de ridicule de celui qui a raté son coup…

Pour la vie de Jean Chrysostome, dit Saint Jean Bouche d’Or, il faut s’en référer au bel ouvrage en onze volumes de l’Histoire des Saints et de la sainteté chrétienne sous la direction scientifique de F.  Chiovaro, J.  Delumeau, A. Mandouze, B. Plongeron, P.  Richet, C.  Savart et  A.  Vauchez (volume 3,pp 192 à 199, éditions Hachette).

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