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Dans l’Huma du 7 septembre : Le message de Salvador Allende, 40 ans après

Créé par le 07 sept 2013 | Dans : Non classé

11 septembre 1973, le coup d’État au Chili

Fini, le temps des dictateurs sanguinaires, regroupés autour de l’abominable plan « Condor » et aidés par les États-Unis. En dépit de certains régimes autidémocratiques, l’Amérique du Sud conquiert l’autonomie politique et économique dont rêvait pour elle le président chilien, mort il y a 40 ans.

Dernier relais avec le monde extérieur, l’antenne de Radio Magallanes était sur le point d’être coupée, ce 11 septembre 1973, par les militaires putschistes qui encerclaient depuis le petit matin le palais présidentiel « La Moneda » dans le centre de Santiago du Chili. Les bombardements avaient provoqué l’incendie du bâtiment, les proches collaborateurs du président avaient reçu l’ordre de quitter les lieux. L’heure de l’assaut final s’approchait, Salvador Allende ayant refusé de se plier à l’ordre de Pinochet de prendre le chemin de l’exil à bord d’un avion militaire. Le président adressait son dernier message radio avant de se tirer une balle dans la tête:  « Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son de ma voix. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure ».

Dans l'Huma du 7 septembre : Le message de Salvador Allende, 40 ans après dans Non classé allencde2

Des années de répression de masse, de tortures et d’assassinats s’annonçaient sur l’ensemble du continent latino-américain. Aux manettes, les généraux formés aux Etats-Unis et les oligarchies locales. A la coordination et l’inspiration, les gouvernants nord-américains, le Prix Nobel de la Paix,  Henry Kissinger et son maître, le célèbre affabulateur Richard Nixon. Une longue nuit de terreur s’abattait sur l’Amérique du Sud. Objectif de Washington et de ses tueurs : exterminer les forces de gauche du continent : communistes, socialistes, révolutionnaires de toutes tendances, curés  proches de la théologie de la révolution, démocrates mêmes engagés timidement devaient disparaître. Si possible sans laisser de traces, les bébés rescapés des massacres étant livrés à des militaires en mal d’enfants  avec la plupart du temps le silence complice des autorités ecclésiastiques, seuls quelques évêques osant protester et le payant de leur vie comme le courageux archevêque de San Salvador, Mgr Romero. En ce temps là, le pape François, chef des Jésuites en Argentine, ne pipait mot. Les persécutés franchissant les frontières, il fallait trouver une parade : le « Plan Condor », du nom du célèbre oiseau de proie des Andes, était mis en place.

26 novembre 1975, 11 heures. Dans un sous sol de la police secrète à Asunción au Paraguay,  la « coordination » regroupant les représentants des dictatures d’Argentine, du Chili, de l’Uruguay, du Paraguay, de Bolivie, du Brésil et du Pérou s’installe. Autour de la table, le général Manuel Contreras, chef de la police secrète chilienne, le capitaine argentin Jorge Casas, le major Carlos Mena (Bolivie), le colonel Benito Guanes Serrano (Paraguay), le colonel José A. Fons (Uruguay), et les Brésiliens Flávio de Marco et Thaumaturgo Sotero Vaz. La CIA est représentée par deux « chefs de haut niveau » dont les véritables noms ne sont toujours pas connus. Sur les documents de la CIA déclassés, seuls apparaissent les pseudos  avec un oubli volontaire ou pas : les Péruviens. La réunion se prolonge jusqu’à l’heure du dîner. Le plan ficelé, le repas pris, chacun reprend le chemin de la capitale des pays respectifs. Le massacre pouvait commencer.
Peu de temps après, la vague de tortures et de meurtres démarre sur l’ensemble du continent. Elle durera près de dix ans. Parmi les victimes, Orlando Letelier, ancien ministre des Affaires étrangères du Chili et l’ex-président bolivien, Juan José Torres. Bilan de l’opération Condor : 50.000 assassinés, 30.000 disparus, 400.000 emprisonnés. La CIA et les principaux dirigeants nord-américains étaient impliqués dans l’opération. Pas seulement. Selon plusieurs militaires, notamment argentins, des éléments des services spéciaux français ont joué un rôle important en exportant des techniques utilisées lors de la guerre d’Algérie. Les anciens nazis réfugiés dans ces pays grâce au Vatican et sous couvert de la CIA ont participé eux aussi à « Condor ».

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Chaque dictature, au delà des pratiques courantes, a ses préférences répressives et de mort : en Argentine, les prisonniers sont jetés à la mer depuis les hélicoptères ; en Uruguay et au Paraguay, la torture est poussée jusqu’au raffinement avec un goût prononcé pour la baignoire et la découpe de membres. Au Chili, la technique de la « disparition » pure et simple devient monnaie courante ; au Brésil, on rassemble les familles puis, un par un, enfants, père et mère sont abattus pour faire parler les derniers. Au Paraguay, le dictateur Strossner aime alimenter les fauves avec de la chair humaine sortie des prisons. En Bolivie comme au Pérou, il est  courant de voir débarquer dans les villages au petit matin des pelotons de militaires fusillant sans distinction la population coupable de protéger des opposants. L’horreur, dix ans durant. La barbarie planifiée depuis Washington dans le plus grand silence où presque des prétendues «  démocraties » occidentales.
La plupart des tortionnaires sont morts. Certains de leurs descendants se distinguent aujourd’hui dans l’opposition aux gouvernements progressistes d’Argentine, de Bolivie et du Venezuela.

Les temps ont changé. A Miami, refuge doré des dictateurs latinos à la retraite, les exilés cubains côtoient les bas fonds du continent. Les plus vieux anticastristes, impliqués dans les affaires terroristes, n’intéressent plus personne, sauf certains médias français et européens hostiles par principe à la révolution cubaine. En plus de 50 ans, les uns et les autres ont réussi une seule chose : conforter la Grande Ile dans son orientation socialiste, assurer son prestige populaire continental et mondial tandis que le dernier message de Salvador Allende devient réalité : « Allez de l’avant sachant que bientôt s’ouvriront des grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure ». Les faits lui donnent raison.
Qui aurait pu envisager, il y a seulement 10 ans, que l‘Amérique du Sud et les Caraïbes allaient vivre des changements considérables en conquérant la souveraineté politique et économique, en mettant au pas les multinationales ? Qui aurait pu penser que la vieille organisation des Etats américains (OEA) à la botte des Etats-Unis serait remplacée par des structures de coopération régionale comme Mercosur ou Unasur ? Qui aurait pu croire  que le pétrole vénézuélien serait échangé contre le savoir faire médical cubain, La Havane ayant massivement investi dans la matière grise en faisant profiter les peuples de la région et sa propre économie ? Qui aurait pu pronostiquer voir ensemble sur une tribune les présidents cubain, bolivien, équatorien, vénézuélien, argentin, uruguayen et quelques autres venus des îles des Caraïbes ?

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Salvador Allende avait vu juste en évoquant « les grandes avenues » qu’allaient emprunter les peuples du continent. Aujourd’hui, il se réjouirait mais à l’instar de sa propre expérience il mettrait en garde contre les menaces planant sur les gouvernements progressistes du continent. L’impérialisme US, ses relais européens, les multinationales, les forces rétrogrades mondiales sont prêtes à tous les mauvais coups pour reprendre la main dans la région. Au Venezuela, l’oligarchie locale, ses médias, ses tueurs et leurs parrains US mènent une permanente guerre de déstabilisation ; en Equateur, des éléments de la police ont bloqué le président pendant des heures dans une caserne ; en Bolivie, le chef de l’Etat évoque lui même au lendemain du détournement de l’avion présidentiel avec la complicité de la France les menaces de mort qui planent sur sa personne. En Argentine, en Uruguay, des complots ont été désamorcés à temps. Quant à Cuba où Fidel Castro remporte le titre de champion toutes catégories pour les 650 tentatives d’assassinat montées contre lui, on reste très prudent et attentif.   
Salvador Allende, président chilien élu démocratiquement et mort il y a 40 ans, saluerait avec enthousiasme les changements intervenus près de son pays. Il ne manquerait pas aussi de mettre en garde ses jeunes camarades contre les sales coups dont est capable l’impérialisme yankee.

La justice demande pardon aux victimes de Pinochet. L’association  des magistrats du Chili s’est excusée, mercredi, de ses « actions et  omissions » durant la dictature de Pinochet. « L’heure est venue de  demander pardon aux victimes, à leurs proches et à la société  chilienne », ont déclaré les juges à quelques jours de la commémoration  du coup d’État militaire qui a renversé le socialiste Salvador Allende.  Environ 3 200 personnes sont mortes entre 1973 et 1990.

Hommage à Clément Méric

Créé par le 06 juin 2013 | Dans : Non classé

La Ligue des Droits de l’Homme et le MRAP des Landes sont bouleversés par le meurtre de Clément Méric jeune militant qui luttait contre la résurgence des idées fascistes. Ce jeune paye de sa vie son engagement pour un monde meilleur, sans haine, sans racisme, sans xénophobie ou homophobie.

Ce meurtre s’inscrit dans la longue suite des violences et provocations de l ‘extrême-droite fasciste qui affectent actuellement la France et l’Europe.

Au-delà de l’extrême-droite tous ceux qui ont spéculé sur l’homophobie ou exploité les thèmes identitaires afin de diviser la société, ont alimenté le terreau dont se nourrissent les plus extrémistes.

Pour exprimer leur compassion envers les proches de Clément Méric, pour manifester leur refus de la haine portée par l’extrême-droite, le MRAP et la LDH  vous appellent à un rassemblement

lundi 10 juin 18h30 devant la préfecture des Landes.

La séparation bancaire: un objectif qui reste à atteindre

Créé par le 14 fév 2013 | Dans : Non classé

Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, Député du Val-de-Marne, s’est exprimé à la tribune de l’Assemblée nationale durant la discussion générale du projet de loi « Séparation et de régulation des activités bancaires », mercredi 13 février 2013. Voici la vidéo ainsi que la texte de son intervention.

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Madame le rapporteur, Le texte que vous nous présentez est un texte important. La question bancaire a bénéficié de quelques gros titres au cours des dernières années- les scandales, les affaires- mais ils n’ont jamais été à la hauteur des enjeux, à la hauteur de la révolution silencieuse amorcée dans les années 80 –malheureusement- par la gauche et qui a conduit à la « modernisation » du secteur bancaire, je mets des guillemets à modernisation car il s’agit en fait de libéralisation et branchement sur la finance globalisée.

 

Modernisation opérée non sans succès car la France exporte non seulement ses traders mathématiciens excellemment formés dans les écoles de la République mais elle dispose de champions bancaires dans un secteur qui aime à se qualifier d’ « industrie financière » et qui aime aussi rappeler lourdement les centaines de milliers d’emplois qu’il représente. Les banquiers qui s’expriment ainsi n’ont peur ni de l’usurpation ni du chantage à l’emploi. Monsieur le Ministre, vous présentez souvent votre projet de loi comme une réponse à la crise financière de 2008. C’est vrai pour le volet « résolution » des crises mais la question de la séparation mérite d’être posée indépendamment de la crise de 2008. Car depuis 30 ans, le secteur bancaire et financier a connu une croissance, une inflation qui mérite qu’on s’interroge sur son utilité sociale ou sur sa déconnexion de la réalité. En France plus qu’ailleurs, le secteur présente la particularité d’être particulièrement concentré avec de grosses banques « à-tout-faire » qui mélangent allègrement métier bancaire et métier de la finance au bénéfice des seconds. C’est à ces 30 années de révolutions silencieuses que la séparation doit répondre.

A la fois pour :
- ne plus offrir le parapluie public à des activités spéculatives,
- réorienter les banques vers le financement de l’économie,
- mobiliser les énergies, les carrières et les fonds propres- qui sont le nerf de la guerre- de l’économie casino.

La question de la séparation, de sa réalité, de son effectivité, sera au cœur de nos débats parlementaires. Certains ont déjà condamné ce projet, « insuffisant », « inoffensif ». Là où vous voyez des ciseaux, beaucoup ne voient qu’un couteau sans manche auquel on aurait ôté la lame. Je ne partage pas cet avis.

Je pense que des choix différents auraient pu être faits, des choix disons-le le plus radicaux. Pour autant je ne partage le jugement expéditif de beaucoup d’observateurs à gauche sur le caractère inoffensif du projet de loi. Nos collègues de la commission des finances et la rapporteur ont d’ailleurs bien travaillé pour faire progresser le texte à la fois sur la nature des activités à filialiser, la réalité du « cantonnement », les paradis fiscaux et la protection des clients des banques. Il reste des marges de progression, beaucoup d’amendements de la majorité vous y invitent. J’espère Monsieur le Ministre que vous y serez attentif.

Mais j’attends aussi de nos débats une perspective : ce texte intervient vite, moins de 300 jours après l’élection présidentielle. Ce texte, les banques n’en voulaient pas et il faut saluer la volonté du Gouvernement d’en avoir fait une priorité. Mais ce texte n’a de sens que comme une première étape, comme le début d’un chemin.
Il y a deux questions : la nature et la taille des activités cantonnées…M.Oudéa la semaine dernière devant la commission des finances, a quelque peu troublé les esprits en évoquant des chiffres dérisoires. Nombreux seront les collègues pour proposer d’allonger la liste et de faire grossir le chiffre. Je souhaite que nous soyons entendus.

La seconde question pour moi, c’est la vente de ces filiales, le véritable découpage, la Séparation avec un grand S.

La séparation n’est pas inscrite dans le texte- d’ailleurs la loi est mal nommée et nous y reviendrons- mais elle doit apparaître comme un objectif au cours de la législature. 2013 sera une année difficile, socialement difficile. Je comprends parfaitement que 2013 ne soit pas la bonne année pour une restructuration radicale du paysage bancaire français. Nous sommes capables d’attendre 2014 ou 2015. J’ai la certitude que c’est le chemin que nous devons prendre. En créant un pôle public autour de la BPI l’année dernière, en votant le cantonnement cette année, la majorité entend jeter les bases d’une réforme ambitieuse du système bancaire français. Il est bon que chacun en ait conscience y compris au cœur de la forteresse Bercy

Cinq raisons pour exiger la libération des cinq héros cubains

Créé par le 10 fév 2013 | Dans : Non classé

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/32/46/53/Cinq-minutes-pour-les-cinq.pdf

« Le MRC est plus qu’un parti politique »

Créé par le 20 déc 2012 | Dans : Non classé

Discours de Jean-Pierre Chevènement lors du Congrès de Paris du Mouvement Républicain et Citoyen, dimanche 16 décembre 2012.

Chers camarades, Le MRC est plus qu’un parti politique. C’est d’abord un courant d’idées ancré dans 40 ans d’histoire politique française depuis le Congrès d’Epinay en 1971. C’est un superbe logiciel, rarement pris en défaut. Bref, c’est une boussole, indispensable à la gauche et à la France car il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port.

Quelle capacité avons-nous d’influer dans la vie politique française ?

D’abord parler le langage de la vérité qui, par principe, est celui de l’intérêt général. Combattre la facilité, celle du mensonge triomphant qu’ânonnent ceux qui se soumettent par principe aux puissants. Être libres, être citoyens, être Français, c’est-à-dire hommes et femmes de caractère, francs comme l’est le nom de notre pays. Nous devons retrouver la « grande vue », la vue générale, qui nous permettra de sortir la France de l’ornière.

Depuis la fin du communisme et le choix fait par la Chine du marché mondial, la France et l’Europe ont perdu la rente de situation sur laquelle elles avaient vécu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À la faveur de la globalisation libérale, de nouvelles puissances ont émergé, quelquefois milliardaires en hommes, qui maîtrisent la technologie, développent une croissance rapide et montrent une ambition conquérante.

Face à ce renversement du monde, les nations européennes, particulièrement la France, doutent d’elles-mêmes. Elles ont fait, il y a trente ans, derrière les États-Unis, le choix d’un néolibéralisme qui les vide de leur substance industrielle. Il est temps de réagir, de rétablir des règles du jeu équilibrées en matière commerciale et monétaire, de remobiliser les atouts de la France. C’est possible. Il n’y a pas de raison que l’Allemagne excelle et que la France périclite. Le rapport Gallois nous dit que la cote d’alerte est atteinte. Sur la base de ce constat et des propositions du rapport Gallois, le gouvernement et François Hollande ont fait un choix stratégique clair : la reconquête de la compétitivité conditionne la réindustrialisation de la France et le retour à l’emploi.

  Le chemin a été ouvert. Il faut s’y engager pleinement, mobiliser le pays. C’est le rôle de la gauche d’abord et, en son sein, de notre parti, le MRC, qui se veut la « boussole républicaine » de la majorité mais aussi du pays tout entier. Car c’est aussi le rôle de toutes les forces vives, de tous ceux pour lesquels le mot « patriotisme » a gardé un sens.

C’est ainsi que la France ira « du déclin au renouveau », selon l’expression employée jadis par le Général De Gaulle.

Certes il y a beaucoup à faire pour repenser l’euro d’abord mais aussi pour fonder un nouveau « pacte social », afin de réaliser cette « Alliance des productifs » qui est la clé du redressement.

La France est un grand pays au cœur de l’Europe. Ouverte sur le grand large et vers le monde, mais pays méditerranéen aussi, tourné vers le monde arabe et vers l’Afrique. Elle doit appuyer son renouveau sur l’essor des pays émergents : la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, l’Algérie, le Maroc, l’Afrique mais aussi la Turquie et demain l’Iran quand celui-ci aura accepté le protocole additionnel de l’AIEA, en échange de la levée des sanctions.

Où sommes-nous dans la majorité présidentielle ?

Nous soutenons François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Nous ne les soutenons pas les yeux fermés. Ils connaissent nos analyses. Nous n’en faisons pas mystère. Elles s’expriment d’ailleurs rationnellement, de façon argumentée. Nous apportons une contribution précieuse à la majorité présidentielle. Nous voulons en effet sa réussite parce qu’elle est celle de la France.

Cinq ans nous séparent des échéances de mai 2017. Ne gâchons pas tout ce temps.

Rassemblons les Français sans sectarisme sur l’essentiel. Je suis persuadé que les communistes n’ont pas oublié ce que signifie le mot production et je suis convaincu aussi qu’il est des hommes et des femmes venus de l’autre rive qui peuvent comprendre ce que signifie l’intérêt national, dès lors qu’on cesse d’ânonner le bréviaire européiste et libéral.

Pour réorienter l’Europe, il faut rompre avec la rigidité d’une monnaie unique qui a d’emblée méconnu la spécificité et l’hétérogénéité des nations. Il faut remettre la charrue derrière les bœufs et refonder l’Europe, non dans la coercition, mais dans la politique.

Comme l’a dit Joschka Fischer, Madame Merkel ne peut pas prendre la responsabilité de faire apparaître l’Allemagne, pour la troisième fois en l’espace d’un siècle, comme le pays qui conduit l’Europe au naufrage. Ayons avec l’Allemagne une bonne et franche discussion. Nous lui proposons « l’union solidaire ». Mais l’Allemagne ne veut pas payer au-delà d’une certaine limite. L’Allemagne défend en principe la responsabilité des États.  Elle a raison jusqu’à un certain point. Mais si c’était le système européen, tel qu’il a été conçu, qui conduisait à des distorsions insoutenables ? N’est-il pas possible de le corriger ? de rétablir des amortisseurs tenant compte de la compétitivité relative de chaque pays ?

J’ai la conviction que nous pouvons être « le sel de la terre » à condition de présenter nos vues de manière positive, en nous appuyant sur la marche des événements.

Bien sûr, il y a des choix politiques à faire. Pour ce qui nous concerne nous n’acceptons pas le fameux grand saut fédéral qui serait aujourd’hui un saut dans le vide, dans cette Europe « post-démocratique » dont a parlé Jurgen Habermas. Un livre, récemment primé, est intitulé « Le passage à l’Europe ». Nous n’acceptons pas que ce passage soit payé du sacrifice de la France et de la fin de la démocratie.

J’ai un peu réfléchi sur l’avenir du MRC dans l’actuelle majorité. Souvenez-vous que nous valons par la qualité de notre logiciel. La Fondation de recherche Res Publica que j’anime par ailleurs est un précieux outil de réflexion.

Pour ma part, je sais que le Président d’Honneur est destiné à s’effacer. Je me réjouis de voir la troïka constituée autour de notre Président, Jean-Luc Laurent, avec nos deux autres parlementaires, également vice-présidents. Ils constituent la direction effective du Mouvement.

Mon rêve est celui du Tao Te King, selon Lao Tseu :

« Il agit sans rien faire
   Et enseigne sans rien dire
   Les choses apparaissent et il les laisse venir
   Les choses disparaissent et il les laisse partir
   Il a, mais ne possède pas
   Agit mais n’attend rien
   Son œuvre accomplie, il l’oublie
   C’est pourquoi elle dure toujours. »

Je vous lègue ce dernier distique. Il vous demande une rude tâche.

Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens,
À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas »,
Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller,
Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas.

Bon courage, chers camarades.
Je ne m’effacerai pas tout à fait, me réservant de parler si possible à bon escient.

Rédigé par Chevenement.fr le Mercredi 19 Décembre 2012 à 19:27 sur son blog
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