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« Le MRC est plus qu’un parti politique »

Créé par le 20 déc 2012 | Dans : Non classé

Discours de Jean-Pierre Chevènement lors du Congrès de Paris du Mouvement Républicain et Citoyen, dimanche 16 décembre 2012.

Chers camarades, Le MRC est plus qu’un parti politique. C’est d’abord un courant d’idées ancré dans 40 ans d’histoire politique française depuis le Congrès d’Epinay en 1971. C’est un superbe logiciel, rarement pris en défaut. Bref, c’est une boussole, indispensable à la gauche et à la France car il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port.

Quelle capacité avons-nous d’influer dans la vie politique française ?

D’abord parler le langage de la vérité qui, par principe, est celui de l’intérêt général. Combattre la facilité, celle du mensonge triomphant qu’ânonnent ceux qui se soumettent par principe aux puissants. Être libres, être citoyens, être Français, c’est-à-dire hommes et femmes de caractère, francs comme l’est le nom de notre pays. Nous devons retrouver la « grande vue », la vue générale, qui nous permettra de sortir la France de l’ornière.

Depuis la fin du communisme et le choix fait par la Chine du marché mondial, la France et l’Europe ont perdu la rente de situation sur laquelle elles avaient vécu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À la faveur de la globalisation libérale, de nouvelles puissances ont émergé, quelquefois milliardaires en hommes, qui maîtrisent la technologie, développent une croissance rapide et montrent une ambition conquérante.

Face à ce renversement du monde, les nations européennes, particulièrement la France, doutent d’elles-mêmes. Elles ont fait, il y a trente ans, derrière les États-Unis, le choix d’un néolibéralisme qui les vide de leur substance industrielle. Il est temps de réagir, de rétablir des règles du jeu équilibrées en matière commerciale et monétaire, de remobiliser les atouts de la France. C’est possible. Il n’y a pas de raison que l’Allemagne excelle et que la France périclite. Le rapport Gallois nous dit que la cote d’alerte est atteinte. Sur la base de ce constat et des propositions du rapport Gallois, le gouvernement et François Hollande ont fait un choix stratégique clair : la reconquête de la compétitivité conditionne la réindustrialisation de la France et le retour à l’emploi.

  Le chemin a été ouvert. Il faut s’y engager pleinement, mobiliser le pays. C’est le rôle de la gauche d’abord et, en son sein, de notre parti, le MRC, qui se veut la « boussole républicaine » de la majorité mais aussi du pays tout entier. Car c’est aussi le rôle de toutes les forces vives, de tous ceux pour lesquels le mot « patriotisme » a gardé un sens.

C’est ainsi que la France ira « du déclin au renouveau », selon l’expression employée jadis par le Général De Gaulle.

Certes il y a beaucoup à faire pour repenser l’euro d’abord mais aussi pour fonder un nouveau « pacte social », afin de réaliser cette « Alliance des productifs » qui est la clé du redressement.

La France est un grand pays au cœur de l’Europe. Ouverte sur le grand large et vers le monde, mais pays méditerranéen aussi, tourné vers le monde arabe et vers l’Afrique. Elle doit appuyer son renouveau sur l’essor des pays émergents : la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, l’Algérie, le Maroc, l’Afrique mais aussi la Turquie et demain l’Iran quand celui-ci aura accepté le protocole additionnel de l’AIEA, en échange de la levée des sanctions.

Où sommes-nous dans la majorité présidentielle ?

Nous soutenons François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Nous ne les soutenons pas les yeux fermés. Ils connaissent nos analyses. Nous n’en faisons pas mystère. Elles s’expriment d’ailleurs rationnellement, de façon argumentée. Nous apportons une contribution précieuse à la majorité présidentielle. Nous voulons en effet sa réussite parce qu’elle est celle de la France.

Cinq ans nous séparent des échéances de mai 2017. Ne gâchons pas tout ce temps.

Rassemblons les Français sans sectarisme sur l’essentiel. Je suis persuadé que les communistes n’ont pas oublié ce que signifie le mot production et je suis convaincu aussi qu’il est des hommes et des femmes venus de l’autre rive qui peuvent comprendre ce que signifie l’intérêt national, dès lors qu’on cesse d’ânonner le bréviaire européiste et libéral.

Pour réorienter l’Europe, il faut rompre avec la rigidité d’une monnaie unique qui a d’emblée méconnu la spécificité et l’hétérogénéité des nations. Il faut remettre la charrue derrière les bœufs et refonder l’Europe, non dans la coercition, mais dans la politique.

Comme l’a dit Joschka Fischer, Madame Merkel ne peut pas prendre la responsabilité de faire apparaître l’Allemagne, pour la troisième fois en l’espace d’un siècle, comme le pays qui conduit l’Europe au naufrage. Ayons avec l’Allemagne une bonne et franche discussion. Nous lui proposons « l’union solidaire ». Mais l’Allemagne ne veut pas payer au-delà d’une certaine limite. L’Allemagne défend en principe la responsabilité des États.  Elle a raison jusqu’à un certain point. Mais si c’était le système européen, tel qu’il a été conçu, qui conduisait à des distorsions insoutenables ? N’est-il pas possible de le corriger ? de rétablir des amortisseurs tenant compte de la compétitivité relative de chaque pays ?

J’ai la conviction que nous pouvons être « le sel de la terre » à condition de présenter nos vues de manière positive, en nous appuyant sur la marche des événements.

Bien sûr, il y a des choix politiques à faire. Pour ce qui nous concerne nous n’acceptons pas le fameux grand saut fédéral qui serait aujourd’hui un saut dans le vide, dans cette Europe « post-démocratique » dont a parlé Jurgen Habermas. Un livre, récemment primé, est intitulé « Le passage à l’Europe ». Nous n’acceptons pas que ce passage soit payé du sacrifice de la France et de la fin de la démocratie.

J’ai un peu réfléchi sur l’avenir du MRC dans l’actuelle majorité. Souvenez-vous que nous valons par la qualité de notre logiciel. La Fondation de recherche Res Publica que j’anime par ailleurs est un précieux outil de réflexion.

Pour ma part, je sais que le Président d’Honneur est destiné à s’effacer. Je me réjouis de voir la troïka constituée autour de notre Président, Jean-Luc Laurent, avec nos deux autres parlementaires, également vice-présidents. Ils constituent la direction effective du Mouvement.

Mon rêve est celui du Tao Te King, selon Lao Tseu :

« Il agit sans rien faire
   Et enseigne sans rien dire
   Les choses apparaissent et il les laisse venir
   Les choses disparaissent et il les laisse partir
   Il a, mais ne possède pas
   Agit mais n’attend rien
   Son œuvre accomplie, il l’oublie
   C’est pourquoi elle dure toujours. »

Je vous lègue ce dernier distique. Il vous demande une rude tâche.

Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens,
À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas »,
Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller,
Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas.

Bon courage, chers camarades.
Je ne m’effacerai pas tout à fait, me réservant de parler si possible à bon escient.

Rédigé par Chevenement.fr le Mercredi 19 Décembre 2012 à 19:27 sur son blog

Jean-Pierre Chevènement : Nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe

Créé par le 16 sept 2012 | Dans : Non classé

Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l’Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen à Belfort 16 septembre 2012.

Je voudrais commencer par le rappel de quelques principes pour dissiper le brouillard dont ses adversaires de toujours et plus encore d’aujourd’hui, les tenants du néolibéralisme, ont voulu et veulent envelopper le mot « République ». Non, tout le monde n’est pas « républicain ». La République, ce n’est pas seulement le droit de vote. La République est une construction exigeante qui implique le rappel de quelques notions de base. Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les Etats et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers. 

Actuelle est la République, face au déchaînement des intérêts particuliers et corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens. 

Commençons par le principe de base. La République a pour fondement la souveraineté populaire : chaque citoyen est une parcelle du souverain.

 

En se soumettant aux lois, il n’abdique pas sa liberté, car l’Etat républicain est légitime pour intervenir, là où l’initiative individuelle ne le peut pas. Une politique industrielle est nécessaire et Delphine Batho a raison de vouloir imposer le « made in France » quand l’Etat lance un programme d’éoliennes ou de centrales photovoltaïques. Les grands prêtres du libre-échange laisseront-ils faire ? Répétons-le : la vie sociale implique des règles que seul peut fixer un Etat républicain. La République est un régime de liberté, mais la liberté d’un individu s’arrête là où, comme l’a bien vu Rousseau, elle attenterait à celle des autres. La critique de l’Etat républicain au nom de « l’anti-jacobinisme » est facile, mais elle est bornée. Depuis trente ans, le néolibéralisme triomphant n’a cessé de dénigrer l’Etat, de saper son autorité pour faire triompher la seule loi qu’il révère : celle de la jungle. On a fini par oublier Lacordaire : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit. » C’était il y a plus d’un siècle et demi ! Parce que le souverain a besoin d’être éclairé, la formation du citoyen est un des buts essentiels de l’Ecole républicaine. 

La République a besoin du civisme et celui-ci ne va pas sans le patriotisme qu’il ne faut évidemment pas confondre avec le nationalisme qui en est la perversion. Mais, M. Bernard Arnault, quand il veut soustraire sa fortune au fisc, n’est pas l’objet d’une persécution. C’est la nation comme communauté de citoyens qui le rappelle à l’ordre à juste titre. Désastreux exemple qui illustre encore une fois à quel point nos élites, depuis longtemps, hélas, ont perdu le sens des intérêts de la France. Pour « faire France » encore faut-il croire en la France. 

La « chose publique » peut se définir à l’échelle de la cité ou de la nation, mais du dialogue des nations peut naître l’idée d’une « République européenne » et plus encore d’une « République universelle ». Ce sont ces règles élémentaires de justice et de droit que l’Europe fondée sur la dérégulation libérale et la concurrence, se refuse obstinément à définir. C’est pourquoi la République française ne doit pas disparaître. Elle a encore beaucoup de choses à dire et à faire. 

La République est laïque : elle n’enseigne pas une religion, sauf peut-être celle de la patrie, bien comprise. La laïcité implique la confiance dans la raison humaine et dans la capacité des citoyens à définir un bien commun dans un espace public soustrait à l’emprise des dogmes. On voit où peut conduire en Lybie et au Proche Orient l’exaltation des fanatismes qu’il s’agisse du fondamentalisme chrétien ou de l’intégrisme djihadiste. 

C’est la grande tâche de l’Ecole laïque d’apprendre à chaque citoyen à penser par lui-même. 

La République implique l’intelligence du monde, la lucidité, et pour la définition autant que pour le service du bien commun, l’esprit de responsabilité. Ainsi le citoyen ne va pas sans abnégation. Celle qui manque à M. Arnault. 

A notre époque de vive compétition, le maintien de la République française exige de tous un effort, mais un effort équitablement partagé. C’est le sens de la justice sociale que François Hollande a déclaré vouloir instiller dans notre fiscalité. A juste titre. 

En effet, la République ne va pas sans l’Egalité. 

Non pas une égalité niveleuse, mais une égalité des chances à laquelle il lui incombe d’œuvrer constamment. Là est d’ailleurs un des fondements les plus sûrs de sa légitimité. Pour faire reculer le Front National, il faut en priorité faire reculer le chômage. Joindre l’action à la parole. 

La République civique, celle de tous les citoyens, est sociale par définition. Il n’était pas besoin de l’inscrire dans une Constitution, même s’il est des choses qui vont mieux quand on les dit. 

La République est un idéal. Ses déviations ne peuvent servir d’argument pour la combattre, car c’est en la ressourçant à ses principes qu’on peut toujours la relever. 

Ainsi, les fractures sociales observables dans nos villes ne résultent pas d’une faillite de la République, mais d’un défaut de République. 

L’exigence républicaine, c’est celle du bien commun, tel que le débat civique permet de la définir. 

Réapproprions-nous l’héritage des grands républicains venus de l’Antiquité : Aristote, Polybe, Cicéron-, de la Renaissance italienne –avec Machiavel-, et du siècle des Lumières avec Montesquieu, Locke mais surtout Rousseau sans oublier Emmanuel Kant. 

Car il faut une armature théorique à la gauche, qu’elle trouvera plus dans la République que dans le catéchisme de la bien-pensance. 

La République du XXIème siècle aurait tout à gagner à se réapproprier aussi l’héritage des penseurs républicains de la IIIème République, non seulement de ses hommes d’Etat – Gambetta, Ferry, Clémenceau -, mais de ses penseurs – Alfred Fouillée, Léon Bourgeois, Emile Durkheim, Célestin Bouglé. Ces noms aujourd’hui largement tombés dans l’oubli, illustrent un effort théorique que les républicains d’aujourd’hui n’ont jamais égalé. 

Le Mouvement Républicain et Citoyen se veut le levain dans la pâte de la majorité présidentielle. Cette ambition peut paraître excessive. Nous n’avons que quatre parlementaires. Tous les moyens on été employés pour nous réduire, depuis notre création, au lendemain du référendum sur le traité de Maastricht, il y a vingt ans. 

Nous avons aujourd’hui plus que jamais confiance dans la force de nos idées. Chacun peut voir que les événements viennent à notre rencontre. 

« La souveraineté nationale et la démocratie sont », comme disait le général de Gaulle, « l’avers et l’envers d’une même médaille ». 

Il n’était pas judicieux d’aliéner la souveraineté monétaire de la France dans un ensemble que nous ne dominons pas. 

Le TSCG, vingt ans après, retire aux Parlements nationaux la maîtrise de la dépense publique. Il instaure des mécanismes de correction automatiques et prévoit, en cas de déficit supérieur à 3% du PIB, l’intrusion d’instances non élues dans la procédure budgétaire nationale. Où est alors la démocratie ? 

On nous parle de « grand saut fédéral ». Mais dans une Europe où coexistent une trentaine de peuples – dix-sept dans la zone euro – on ne peut réduire les différences de charges, de protection ou d’endettement par un oukase qui irait à l’encontre de la volonté des peuples. C’est ce que viennent de signifier les juges rouges de Karlsruhe sans que personne en France, ne pipe mot. 

François Hollande, j’en suis sûr, comprend tout cela. Les événements le conduiront à faire encore bouger les lignes. 

Nous soutenons donc François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d’œuvrer à son succès. Sa réussite sera celle de la France. 

Chacun le sait, nous ne croyons pas que le destin de notre pays soit la dilution dans une Europe sans rivage, banlieue d’un Empire dont les centres nerveux ont depuis longtemps passé l’Océan. 

Nous voulons que la France pèse dans l’organisation de l’Europe et donc n’y disparaisse pas. Nous savons l’effort nécessaire. Nous ne le marchanderons pas mais le sens de l’effort doit être clair. Le chemin à parcourir est encore long. 

L’Allemagne a choisi, non d’édifier une Fédération solidaire et d’ailleurs impossible, mais la conquête des marchés au grand large. 
Prenons quelques exemples. 

A Pékin, Mme Merkel et M. Wen Ji Bao, le premier ministre chinois, présentent la sortie du 100ème exemplaire de l’Airbus dans l’usine de Tien Tsin comme le symbole de la coopération germano-chinoise. C’était il y a deux semaines. 

La France, l’Europe ne sont pas évoquées dans leurs discours. A la trappe ! J’étais à Pékin ce jour-là. Les Français baissaient la tête. 

On apprend quelques jours plus tard qu’EADS et BAE pourraient fusionner. Excellente chose sans doute pour l’entreprise qui va rééquilibrer la part du civil et celle du militaire. Mais, du point de vue de la France ? Cette entreprise sera de plus en plus dans la main du Pentagone. Dès aujourd’hui, Airbus fabrique en zone dollar plus qu’en zone euro. Le siège d’EADS restera t-il à Toulouse ? Quel moyen aura l’Etat français de peser encore à son Conseil d’Administration ? Les règles de rotation des dirigeants seront-elles maintenues ? Sous quelle forme ? C’est à ces questions qu’il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européen. Sinon EADS sera dominé par un axe américano- germanique. 

Prenons encore un autre exemple : le énième sauvetage prétendu de l’euro le 6 septembre dernier à Francfort et le 12 à Karlsruhe. On nous présente ces décisions comme la manifestation la plus éclatante de la solidarité allemande avec l’Europe. 

Trêve de plaisanterie : en plafonnant à 190 milliards d’euros la contribution de l’Allemagne au MES, les juges de Karlsruhe figent cet outil pare-feu dans son insuffisance. A vec 500 milliards de ressources potentielles, en fait très théoriques, le MES ne pourrait faire front à la crise si elle s’étendait à l’Espagne et à l’Italie. C’est l’hôpital qui vient au secours de la charité ! 

Des engagements de M. Draghi le 6 septembre, on a retenu le mot « illimité » : on a oublié de rappeler que l’intervention de la BCE se ferait sur un créneau très limité : les obligations à 3 ans sur le marché de la revente, et à des conditions très strictes (plans d’ajustement rigoureux) qui posent le problème de la démocratie dans une Europe soumise avec le TSCG, aux canons de l’ordo- libéralisme allemand. 

La France, qui offre 142 milliards d’euros, l’a fait sans chichi. Le contribuable français ne l’a jamais su.

Jean-Marc Ayrault s’est engagé à réduire en cinq ans à zéro le déficit de notre balance commerciale, hors énergie. Fort bien ! C’est un très bon objectif ! 

On attend cependant de savoir par quel moyen: le développement des entreprises de taille intermédiaire, même soutenu par la Banque Nationale d’Investissement, prendra du temps. L’euro remonte. Or, cette monnaie surévaluée pèse sur notre compétitivité. 

Le maintien de la souveraineté de la France passe moins que par la réduction de la dette que par un choc de compétitivité. Il faut l’expliquer aux Français. 

François Hollande, comme l’a rappelé Jean-Marc Ayrault, a voulu faire « bouger les lignes ». Grâce à une diplomatie habile, elles ont commencé à bouger, mais d’une manière qui est loin d’être irréversible. 

L’Union bancaire, sous l’égide de la BCE, pose un vrai problème de démocratie. Quant à l’adossement du MES à la BCE, nous sommes encore loin du compte. 

Bien qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir, nous soutiendrons le Gouvernement, en votant le budget, mais nous n’approuverons pas le TSCG. En votant le budget, nous donnerons du temps à François Hollande pour qu’il élargisse ses marges de manœuvre. Il existe d’autres issues, que les évènements, éclairés par la volonté des hommes, feront apparaître. 

Par exemple, l’idée d’une monnaie commune plutôt qu’unique, car nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe. 

Nous voterons le budget par loyauté, parce que cela correspond aux engagements de François Hollande. Même si le TSCG n’a pas été vraiment renégocié, nous comprenons la difficulté dans laquelle se trouvait et se trouve encore François Hollande, comme Président de la République, vis-à-vis de 23 Chefs d’Etat et de gouvernement de pays qui ont signé ou ratifié le traité. 

Mais nos parlementaires ne sont pas dans la même situation. Ils doivent continuer à s’exprimer librement, comme les accords passés avec le Parti Socialiste nous le garantissent. Il y a des élections en Allemagne et en Italie en 2013. Nous comprenons que tout n’est pas possible tout de suite, mais il est décisif que nous sachions où nous allons. 

Ce que nous voulons, c’est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un « machin » pseudo-fédéral où un soit disant « ministre européen des Finances » nous dicterait notre politique. 

Je ne voudrais pas ne parler que de l’Europe dans cette table ronde consacrée à la République. 

Quelques réflexions sur la situation internationale, et particulièrement des révolutions arabes me paraissent nécessaires. 
Ces « révolutions » ont ouvert dans chaque pays un processus dans lequel des contradictions des sociétés peuvent s’exprimer. 
L’essentiel est qu’elles puissent continuer à le faire dans un cadre constitutionnel qui préserve la liberté d’expression, de vote et par conséquent la possibilité d’une alternance. 

La surenchère des extrémismes peut faire capoter ce processus, comme on l’a vu avec le film provocateur conçu et réalisé par une poignée de fondamentalistes chrétiens, en Californie, et avec l’odieux assassinat des diplomates américains de Benghazi par une filiale d’Al Qaïda. 

Nous avons toujours combattu l’idée d’une « guerre des civilisations », d’où qu’en soit formulée la thèse, en Egypte ou aux Etats-Unis. 

Le droit international repose sur le respect des souverainetés nationales, le principe de non-ingérence et l’auto-détermination des peuples. 

La France n’aurait rien à gagner à se laisser entraîner dans des interventions militaires, que ce soit en Syrie ou au Mali. Les problèmes doivent se régler selon les procédures du droit international. La prudence commande de ne pas se laisser entraîner dans des guerres dont on ne mesure pas assez que chacune ouvre une boite de Pandore qu’il devient ensuite impossible de refermer. 

Le Mouvement Républicain et Citoyen doit continuer à s’exprimer à haute et intelligible voix. C’est ainsi qu’il contribuera, à travers un cap républicain clair, à orienter la majorité de gauche sur les voies de la réussite. 

Demain comme hier, nous servirons la République et la France.

Grâce au nucléaire, développons le photovoltaïque

Créé par le 14 sept 2012 | Dans : Non classé

 

A propos de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012 :

Grâce au nucléaire, développons le photovoltaïque

Le gouvernement souhaite – à juste titre – développer les énergies renouvelables. Mais aujourd’hui 80% des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine, dans des conditions désastreuses pour l’environnement. Et l’Allemagne est en train de revoir sa politique de subvention des prix de rachat de l’énergie photovoltaïque, tandis que les sociétés de fabrication de panneaux de ce pays connaissent des difficultés. Or, le prix des panneaux constitue plus de la moitié du coût d’une installation. Il y a donc urgence à développer une véritable filière industrielle en France.

«Comme elle a su développer la filière nucléaire en son temps, qui est une industrie d’avenir et offre une électricité moins chère et moins polluante, la France est très bien placée pour développer le photovoltaïque. Elle peut et doit se servir de la rente nucléaire pour en assurer le financement. C’est bien sûr vers la complémentarité entre les différentes filières, le nucléaire et les renouvelables, qu’il faut s’orienter, plutôt que sur une guerre stérile entre ces deux formes de production d’électricité» déclare Jean-Luc

Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) et député du Val-de-Marne.

A l’occasion de la conférence environnementale, le MRC, composante de la majorité gouvernementale, invite le gouvernement à conserver l’indépendance énergétique de la France et à agir pour permettre le développement d’une filière française de technologie et de production photovoltaïque.

 

« Nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la réorientation de la construction européenne »

Créé par le 09 sept 2012 | Dans : Non classé

     Entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal Le Pays, dimanche 9 septembre 2012

     Le Pays: L’université d’été du Mouvement républicain et citoyen
aura lieu à Belfort dans une semaine. Comment se porte le MRC
aujourd’hui?
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du MRC:
Le MRC se porte bien, il a triplé le nombre de ses députés : il en
avait un, il en a trois. Et nous avons la liberté d’expression et de
vote à l’intérieur du groupe « socialiste, républicain et citoyen ».
Nous sommes dans la majorité présidentielle, désireux d’assurer sa
réussite, même si nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la
réorientation de la construction européenne.Lors de l’université d’été, il sera forcément question du départ du MRC d’Étienne Butzbach, le maire de Belfort.

En aucune manière. Le MRC continue. Il a ses analyses politiques
solidement étayées et qui ne vont pas être remises en question par une
défection individuelle.

Tout de même, cela change la donne à Belfort.

C’est vrai, depuis 1977, la Ville de Belfort a toujours été animée
par une majorité Ceres*, MDC (Mouvement des citoyens) ou MRC. Mais le
MRC est toujours présent.

Et entend bien le rester?

Oui, clairement. La démarche d’Étienne Butzbach n’obéit qu’à un
électoralisme à courte vue. Ce n’est pas en changeant de maillot en
milieu de partie qu’on peut figurer à coup sûr dans l’équipe gagnante.
Étienne Butzbach devait tout au MRC, son écharpe de maire et la
circonscription dans laquelle il a été candidat au mois de juin dernier.
Il s’est disqualifié à mes yeux pour conduire une liste d’union de la
gauche en 2014. Cela dit, le MRC a toujours eu le souci de l’intérêt
général, il défend les intérêts de la population et il s’efforcera de
faire en sorte que la municipalité élue en 2008 puisse aller jusqu’à son
terme.

     S’agissant de la désignation de la tête de liste pour les
prochaines élections municipales, c’est l’affaire des partis politiques
de gauche, en admettant qu’ils parviennent à s’entendre, chose
souhaitable.Vous avez soutenu François Hollande durant la campagne présidentielle. Que pensez-vous de l’action gouvernementale?

Je pense qu’il faut donner à François Hollande et au gouvernement
le temps nécessaire pour traduire leur projet dans la réalité. Il
devrait être possible grâce aux emplois d’avenir et au contrat de
génération, d’infléchir la courbe du chômage au début de l’année
prochaine. Cela dit la réorientation de la construction européenne est
pour l’essentiel devant nous.

Vous êtes contre la ratification du traité budgétaire européen, ratification que veut le PS.

Je vous rappelle que le Mouvement des citoyens s’est créé en 1992
au moment de la ratification du traité de Maastricht parce que nous
considérions que le choix de la monnaie unique était assez grave pour
légitimer notre départ du Parti socialiste. Je pense que la suite a
confirmé nos analyses. La crise actuelle n’est pas d’abord la crise de
la dette, c’est une crise structurelle qui tient aux défauts inhérents à
la monnaie unique elle-même.

Les déséquilibres commerciaux entre Europe du nord et Europe du
sud, dont la France, sont très difficiles à résorber dans le cadre d’une
zone euro qui rend impossible les dévaluations. Or l’austérité à perte
de vue n’est pas une solution au moment où les risques de récession
s’accumulent de tous côtés.

Il
est, de nouveau, question du non-cumul des mandats voulu par le
président Hollande. Certains élus socialistes se sont prononcés contre
l’application immédiate de cette règle. Quelle est votre position?

Je n’en fais pas une affaire. Je ne détiens, pour ma part, qu’un
seul mandat mais je considère par expérience, que le fait d’avoir exercé
un mandat de maire m’a été très utile dans tout le cours de ma vie
politique. Je n’aurais pas fait passer la loi sur l’intercommunalité –
qui va concerner l’ensemble des communes – si je n’avais pas été
longtemps président du district de l’agglomération belfortaine.

Vous évoquez votre mandat de sénateur. Vous représenterez-vous lors des prochaines sénatoriales, en 2014?

J’y ai réfléchi. Je ferai connaître le moment venu ma réponse. Sachez qu’elle est déjà dans ma tête.

Propos recueillis par Céline Mazeau

« La prochaine fois que vous marcherez par une nuit dégagée et que vous verrez la lune vous sourire, pensez à Neil Armstrong et faites lui un clin d’oeil. »

Créé par le 26 août 2012 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Non classé

En hommage à Neil Armstrong : revue du blog citoyen dans nos quartiers libres

La Lune à la Une !

Posté par le 20 juil 2009 à 08:08  | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Editer

En ce jour anniversaire des premier pas sur la lune de Neil Armstrong et Buzz Aldrin, on rêve d’une nouvelle conquête spatiale. Quête contrariée, nous dit-on, par le vide sidéral de compétition internationale pour le leadership spatial. On attendrait presque le salut des Chinois, ces concurrents redoutés de la planète entière pour leurs productions bas de gamme et bon marché, qui pourraient en la matière, je parle de la lunaire, doper les protagonistes. Nos esprits s’excitent à l’idée d’une possible station lunaire permettant une résidence prolongée et pourquoi pas ouverte aux amateurs. N’a-t-on pas vu, ces dernières années, le marché de l’espace s’ouvrir à quelques richissimes avides de sensations fortes, jusqu’à ce couple convolant en juste noces à la recherche du septième ciel dans une capsule spatiale ? Un grand marché de l’infini pour d’insatiables en mal d’aventures ? Avant de marchandiser ce concept futuriste on annonce à présent à cor et à cri cette volonté de reconquête lunaire dès les prochaines années 20 du millénaire, certains imaginant même le voyage sur Mars. Ou s’y préparant ! (1)

De Mars aux extraterrestres il n’y a qu’un pas que franchit Le monde diplomatique, dans sa livraison de  juillet, en consacrant un dossier de cinq pages sur le sujet. A commencer par la très officielle affaire qui anima cet autre univers mental, celui des japonais après qu’ un membre de l’opposition, M.Yamane Ryuji, eût interpellé le gouvernement en 2007 dans une question en séance : « Le japon est-il prêt face à l’arrivée d’extraterrestres ? ». Ce qui créa, paraît-il beaucoup de confusion dans les médias, l’opinion et la classe politique après cette réponse du ministre de la défense, M.Ishiba Shigeru : « Nous ne disposons d’aucune certitude qui nous permette de prétendre que les ovnis n’existent pas ou que des formes de vie les contrôlant sont inexistantes ».

En attendant la suite, on lira avec intérêt ce dossier  qui mêle science fiction, imaginaire, guerre des mondes, religion et politique dans cette réflexion de Pierre Lagrange sur la place des théories du complot dans l’imaginaire politique avec le cas de « l’ufologie ». Je vous laisse découvrir plutôt que de m’aventurer sur cette « Terra incognita ». Car pour avoir les deux pieds sur terre, je peux affirmer sans surprendre que depuis quarante ans une chose est certaine : on n’a pas décroché la Lune !

X D

(1) Six hommes – quatre Russes, un Français et un Allemand – pilote, cosmonaute, ingénieur ou médecin, ont passé trois mois et demi dans des conditions de confinement à peu près total. Semblables à celles qui seront éprouvées par les astronautes qui, peut-être, voleront un jour vers Mars dans vingt, vingt-cinq ou trente ans. Ils sont sortis, mardi 14 juillet, de la maquette grandeur nature d’un vaisseau dimensionné pour faire le voyage vers la Planète rouge. Ils y étaient entrés le 31 mars, il y a cent cinq jours.

Eclipse

Posté par le 23 juil 2009 à 10:53  | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Editer

dsc01515.jpg Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

Cette semaine, l’Asie a connu la plus longue éclipse du siècle, 6 minutes et 39 secondes pendant lesquelles la lune a intégralement masqué le soleil, observée potentiellement par deux milliards de terriens sur un corridor de 15000 kilomètres. Heureux présages ou néfastes augures ? En Asie c’est selon.

Naturellement je n’ai rien vu d’ici. Mon dernier souvenir d’éclipse date de la fin du siècle dernier sur le rocher de Nazaré au Portugal. Mon premier, livresque,  reste le meilleur quand la survenue de l’éclipse accompagna la libération de Tintin et du capitaine Haddock, prisonniers des Incas. Cette vision, très connotée idéologiquement, m’avait, à l’époque, enchanté. On craignait le pire pour nos deux intrépides en proie aux rites sacrificiels de cette civilisation qui allait pour un peu atteindre son apogée sans ce débarquement d’un certain Colomb.

Presque du même nom, mais sans filiation aucune avec le navigateur gênois, devenu amiral et vice-roi des Indes, ce Collomb, baron du P.S, refuse, avec quelques uns de ses pairs et d’autres quadras, la paix des braves. Paix suggérée pourtant par madame Royal, cette feinte éclipsée, dans une posture altière et généreuse envers son ex-rivale, en délicatesse, aujourd’hui, avec des jeunes talents de son parti. Après ce qu’on croyait l’épilogue de cette ombrageuse querelle intestine dans ce verdict unanime de parlementaires – exprimant leur harassement en donnant du  »Maintenant ça suffit ! »-, je vous laisse en prime le soin de chercher qui est l’astre lunaire à la face cachée et qui est le radieux soleil. Question ouverte et sans aucune espèce d’arrière-pensée de ma part dans ces propos elliptiques sur des métaphores astrales. Autrement dit et pour finir : qui éclipse qui ? dans l’attente, peut être, d’une prochaine victime expiatoire, d’un nouveau désastre…  ou du retour aux Lumières !

X D

L’écho des savanes dans la nuit des étoiles

Posté par le 29 oct 2007 à 12:11  | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Editer

 

Habilis et érectus – que l’on croyait enchaînés par  un heureux engendrement  – auraient bel et bien cohabité  pendant près de cinq cent mille ans, en Afrique de l’Est,  il y a un millon et demi d’années. Cette découverte récente infirme donc la thèse préexistante d’une filiation chronologique pré-humaine faisant d’homo érectus l’enfant métamorphosé d’homo habilis. Pour mémoire, nous connaissions Lucy, notre antediluvienne arrière grand-mère australopithèque – cette chérie de l’anthropologue Yves Coppens – et savions qu’elle avait cohabité avec homo habilis, ce fabricant d’outils simples et tranchants à partir de galets. Ce dernier, avais-je cru comprendre, s’était développé sur plus de trois millions d’années pour s’épanouir pleinement et donner forme au pré-sapiens érectus, annonçant lui-même le  néanderthalien, ce sapiens à part entière, présent dans nos contrées avant l’avènement de son lointain cousin  sapiens sapiens, ce Cro-Magnon civilisé du paléolithique supérieur dont nous sommes les purs produits en tant qu’homme d’esprit, selon les dires du très regretté Leroi-Gourhan qui se moquait par ailleurs de cette désignation par trop flatteuse “d’homme de la totale sagesse”.

Depuis Boucher de Perthes et Darwin la connaissance de la préhistoire ne cesse de s’enrichir de théories révolutionnaires. Ces géniaux concepteurs d’une préhistoire matérialiste eurent tous deux maille à partir avec la sainte Eglise  avant que l’ingénieux abbé Breuil, premier grand admirateur de l’art pariétal, cet ornement magique ou religieux de la grotte de Lascaux, baptisée chapelle sixtine de notre préhistoire, ne réparât définitivement, un siècle plus tard, cette offense à l’intelligence humaine. 

Une précédente découverte  avait déjà ébranlé, tout récemment, beaucoup de nos certitudes. Néanderthal que l’on croyait disparu pour cause de déficience immunitaire, aurait en fait été supplanté par son concitoyen, Cro-Magnon, en raison de son esprit pacifique, ce que le trop calculateur sapiens sapiens sut sans doute mettre à profit. Pour preuve, les traits de notre présente humanité qui récompense les rusés et les bellicistes plus qu’elle n’encourage les hommes de bonne volonté, n’en déplaise à Rousseau. Faudrait-il pour autant se ranger derrière les théories génétiques remises fort malencontreusement en honneur ces derniers temps? Ah! L’inné et l’acquis, l’animal et l’homme, la nature et la culture,   la tradition et le progrès, le diable et le bon Dieu, la transcendance et l’immanence, l’idéalisme et le matérialisme… 

Dans ces temps lumineux favorables à l’observation des astres, un peu de métaphysique aiguise nos réflexions de philosophe profane.   Autant de sujets qui renvoient aux interrogations multiséculaires sur notre humaine condition. On sait depuis Montaigne se montrer modérément optimiste tout en  restant profondément humaniste. N’est-ce point, après tout, une posture bien raisonnable pour qui veut ménager un avenir humain? Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va tout en sachant s’arracher à notre primaire enfance pour devenir des hommes accomplis…

Xavier DUMOULIN

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