Parti socialiste

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Idées et portraits : les prétendants socialistes croqués au fil des jours par le blog citoyen. Primaire (s) : Martine donnait l’estocade jeudi contre la gauche molle et recueillerait plus de 30% des voix au premier tour des primaires!

Créé par le 07 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Parti socialiste

Dimanche 22h35 : Martine Aubry : « Je crois que tous ensemble nous avons montré une belle image de la politique, du socialisme et du radicalisme de gauche. Nous avons donné un avant-goût d’une belle équipe de France que nous pourrons constituer en 2012.

Il faut une gauche forte pour mettre la finance et les banques au service d’une économie réelle et des Français, et pour faire de l’Europe un continent qui à la fois innove et en même temps protège nos salariés.

Notre peuple sait aussi que pour présider en 2012, il faudra de l’expérience, la justice chevillée au corps. Durant cette campagne, je n’ai pas chercher à plaire ou à flatter. Je n’ai pas changé d’avis au gré des événements, j’ai tenu une ligne qui n’a jamais varié, si je suis précise c’est parce que je veux demain réussir un vrai changement pour notre pays.

Je rétablirai les comptes publics, mais je refuse d’entrer dans une course à l’austérité avec la droite, je serai la présidente  de la justice sociale, j’agirai pour tous ceux qui vivent ou qui aimeraient vivre de leur travail, j’agirai en lien avec ces gisements d’innovation, j’agirai pour établir une démocratie honnête. Ce premier tour est une promesse, mais tout reste à faire pour donner à la France en 2012 une femme présidente de la République. » 

J’entends ce matin à la radio l’évocation du dernier meeting de Martine à la salle Japy.  Dans ce gymnase historique, haut lieu de l’histoire des rassemblements ou des congrès du mouvement ouvrier et de  de la gauche, la candidate, encouragée par près de 3.000 personnes, était entourée de ses fidèles (  le maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ancienne ministre Elisabeth Guigou, le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon , l’adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo, le porte-parole du PS Benoît Hamon, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius - et de personnalités comme le généticien Axel Kahn et l’actrice Virginie Ledoyen ).

Dans une ambiance festive mêlant applaudissements, drapeaux et cornes de brume, Martine Aubry devait vite adopter un ton gouailleur, jovial et plein d’ironie à l’encontre de son concurrent. Raillant « la gauche molle », renvoyée tout de go avec « la droite dure », Martine démonte le programme de son rival dénonçant pêle-mêle l’absence d’ambition ( « La fin du cumul des mandats c’est en 2012, pas à la saint glin-glin » ) ou la démagogie ( « Il ne suffira pas de rajouter des enseignants aux enseignants » ). Histoire de rendre coup pour coup ( souvenez-vous des échanges peu amènes entre les deux protagonistes durant le festival d’Avignon autour du budget de la culture…) et de ne pas se laisser enfermer par les pronostics sondagiers très favorables au corrézien. Lequel se voit même reprocher de faire partie des  » tenants de la pensée molle « .

Traits d’expression d’un fichu caractère ou traduction sincère d’une vraie différence, la challenger n’en affiche pas moins une audace certaine :  » Je sais, j’ai du caractère, du mauvais caractere, me dit-on parfois, ça dépend avec qui: pour dompter les banquiers, résister aux financiers, affronter les groupes d’intérêt, je vous assure qu’il va en falloir du caractère! »

Comme d’aucuns s’amusaient sur ce blog à la dépeindre en bébé Delors, soeur jumelle de Flamby (Hollande pour les non initiés), je me devais de rendre justice à ce traitement bien inamical!

X.D

A lire – en cliquant sur le titre –  Martine Aubry racontée dans le blog citoyen

Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

En s’inscrivant dans le courant républicain, Martine Aubry donne sens à la modernité du socialisme

Montebourg : « Si la primaire réussit, nous serons invincibles

Créé par le 30 sept 2011 | Dans : Parti socialiste

Il veut repenser le socialisme. A 49 ans, Arnaud Montebourg croit plus que jamais en ses chances. Entre deux déplacements de campagne, le candidat à la primaire socialiste nous reçoit dans son bureau de l’Assemblée nationale pour le grand entretien hebdomadaire du JDD.fr. Costume noir sur chemise blanche, le verbe est haut, le corps s’agite. Celui qui se pose en défenseur de la démondialisation précise son projet, répète ses ambitions. Et critique ouvertement certains de ses rivaux socialistes.

Un récent sondage montre que vous avez conquis la troisième place après ce débat, au détriment de Ségolène Royal. Une première victoire?
Oui, c’est une victoire, la victoire des idées que je crois justes pour la France. Mais c’est seulement une première victoire. Me retrouver au second tour serait logique, car je représente la seule alternative à la ligne officielle du PS, incarnée par François Hollande et Martine Aubry. Une ligne politique dépassée par la gravité de la crise. Ils sont les enfants jumeaux du Delorisme. Leurs différences sont incompréhensibles pour les Français. C’est normal, il n’y en a pas!

Qu’attendez-vous du second débat?
Qu’il éclaire le choix des Français. Je le dis tranquillement :
dans cette primaire, il y a six candidats, mais il n’y a que deux options politiques. Celle représentée par Martine Aubry et François Hollande, et la mienne. Il faut donc que ces deux options soient présentes au second tour. C’est pourquoi je dis aux Français : si vous voulez vraiment choisir, il vous faut un débat utile, alors, mettez-moi en finale! Face à Martine ou à François, c’est du pareil au même…

Vous êtes-vous préparé différemment pour le second débat entre candidats de la primaire?
Non. Ma préparation, c’est la campagne que je mène depuis un an avec mon équipe d’experts et de militants de terrain.
Une campagne de fond qui m’amène au contact des Français. Des Français dont je veux être le porte-parole.

Vous êtes-vous astreint à quelques séances de media training, comme l’ont fait d’autres de vos rivaux?
Un débat radio-télévisé est un moment particulier, très fort, où l’on a l’occasion de toucher des millions de Français. Il ne faut pas traiter ce genre d’événement avec désinvolture. Il faut préparer une telle échéance avec sérieux. C’est ce que je fais.

Avec plus d’une semaine de recul, que retenez-vous du premier débat?
C’était une très grande réussite, comme en témoigne le score d’audience et le fait que TF1 ait été battu à plates coutures, malgré son programme Master Chef. Des millions de Français sont restés jusqu’au bout. Depuis ce débat, j’ai constaté un mouvement très puissant sur le terrain vers ma candidature.

«Je suis plus à droite que Franklin Roosevelt en 1933»

Vous rêviez d’une grande primaire à l’américaine. A trois semaines du premier tour, avez-vous toujours la même ambition?
Cette primaire, dont je suis l’un des architectes, à tout le moins l’inspirateur, j’ai du l’imposer à Martine Aubry, sous la menace publique de ma démission, car elle n’en voulait pas. Or cela passionne la France. Dans toutes les expériences étrangères, 10% du corps électoral s’est déplacé pour aller voter. Nous aurons donc quatre millions de personnes.

Vous avez vu Jean-Luc Mélenchon à la fête de l’Humanité, la semaine dernière. Vous sentez vous plus proche idéologiquement de lui que de certains de vos camarades socialistes, comme Manuel Valls?
On ne battra pas Nicolas Sarkozy avec la pensée conformiste du PS, et encore moins en reprenant les thèmes ou les idées de l’UMP, comme le fait malheureusement trop souvent Manuel. Je porte des solutions nouvelles et fortes. Et je suis au carrefour de toutes les sensibilités de la gauche. Nicolas Hulot a dit que j’étais le candidat socialiste le plus écologiste. Jean-Pierre Chevènement a dit qu’il voterait pour moi. Christiane Taubira, ancienne candidate radical, est dans mon comité de soutien. Et Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu’il pourrait y avoir des éléments d’entente. Donc je suis le meilleur rassembleur de la gauche. C’est pourquoi je suis le mieux à même de l’emporter face à Nicolas Sarkozy.

Vous êtes souvent décrit comme étant le candidat le plus à gauche du PS…
(Il coupe) Je récuse cette idée-là! Je suis plus à droite que Franklin Roosevelt en 1933… Lui était un gauchiste à côté de moi! Parfois, Angela Merkel propose des choses que j’approuve. Jean-Pierre Chevènement est plus à droite que le PS. Pourtant, il se reconnaît dans certaines de mes propositions. Donc je ne peux pas être enfermé dans ces préjugés.

Vous avez dit vouloir « œuvrer à trouver un meilleur centre de gravité de la gauche ». Où se situe le programme du PS?
Dans un autre temps. Ce projet est inapplicable si on ne prend pas des mesures draconiennes pour mettre la finance au pas et la soumettre à l’intérêt général.

Alors pourquoi ne pas avoir porté une candidature indépendante du PS?
Parce que je suis socialiste! Et même plus socialiste que beaucoup d’autres. On a créé la primaire pour dépasser les partis politiques repliés sur eux mêmes. Avant, le peuple de gauche exécutait les décisions de l’appareil. Maintenant, le peuple de gauche décide et l’appareil exécute. C’est un renversement magistral de perspective. Nous avons inventé l’outil qui permet rapprocher le PS de la société française, alors qu’il s’en était éloigné. Voilà pourquoi, si la primaire réussit, nous deviendrons invincibles.

«Manuel Valls ne pèse pas lourd face à la pensée moderne de ces intellectu»Aujourd’hui, on associe votre nom au concept de « démondialisation ». Comment expliquer que ce concept vous colle autant à la peau?
Dans mon livre, il y a 100 propositions et un seul chapitre sur ce thème. Je parle de la VIe République, de la mise sous tutelle des banques, de la mutation écologique des modes de vie, des projets de réindustrialisation du pays… Mais ce projet a accroché les Français car il répond à une attente.

Votre volonté de revenir à davantage de protectionnisme vous attire en revanche nombre de critiques. On vous accuse de vouloir revenir 30 ans en arrière.
C’est pourtant une idée validée par beaucoup d’économistes et de penseurs, de tous bords politiques : Hubert Vedrine, en passant par Emmanuel Todd, Henri Guaino, Michel Onfray ou Edgar Morin… Manuel Valls, puisque c’est lui qui me critique le plus sur ce sujet, ne pèse pas lourd face à la pensée moderne de ces intellectuels. Mon programme est un projet républicain de
reconstruction de la politique et de l’économie, devenue un cheval fou qui s’est échappé de l’enclos. Il faut un cavalier sur ce cheval pour reprendre les rênes.

Qui a ouvert la porte du box? La droite?
La droite, mais aussi la gauche! C’est le cercle de la pensée dominante, qui comprend autant de libéraux de droite que de gauche. Pour Rawi Abdelal*, un prof d’économie de Harvard, ceux qui ont dérèglementé la finance mondiale sont des Français : Pascal Lamy, Michel Camdessus et Jacques Delors, le père spirituel de deux de nos candidats (Martine Aubry et François Hollande, Ndlr).

Les Français sont à l’origine de la dérégulation mondiale, donc c’est à eux de réparer leur erreur?
Oui. On doit bien ça au monde, non?

C’est là le sens de votre candidature?
Oui, exactement. Je défends une vision de la France et de l’Europe qui n’est défendue par personne : c’est pourquoi je suis candidat.

C’est donc plus une nécessité qu’une envie?«C’est le moment le plus heureux de ma vie publique»
C’est une nécessité pour moi-même et pour des millions de Français! Je fais campagne pour les perdants de la démondialisation. Je suis le rempart du lepénisme, contrairement au procès que me fait une certaine classe politique. Mon projet est internationaliste, altruiste, et européen. Le sien est nationaliste, racialiste et haineux.

Comment vivez-vous cette campagne?
Je vous confesse que c’est le moment le plus heureux de ma vie publique. Je défends mes idées, je suis en accord avec moi-même. Je ne suis pas obligé de passer des compromis de sous-courants et de sous-chapelles. C’est une joie, intérieure et profonde, pour moi. Quand s’est achevée la présidentielle de 2007 – où j’étais porte-parole de Ségolène Royal -, je me suis dit que, désormais, je savais faire. J’ai appris.

On dit qu’une campagne électorale est dure, éprouvante. Pourtant, vous parlez de plaisir.
Oui, car je suis passionné et amoureux de mon pays. C’est un bonheur d’être sur le terrain. Vraiment.

Lors du débat de la semaine dernière, vous avez confié « avoir changé en trois ans ». Qui a changé? L’homme ou le politique?
Je préférerais que vous posiez la question à mes proches. Mais je sens que j’ai mûri, oui. Je suis prêt.

* Capital Rules, publié en 2007, aux éditions Harvard University Press ******

Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: « L’Europe dans la mondialisation: que faire? »

Créé par le 25 août 2011 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Battre campagne, Gauche anti-libérale, Parti socialiste, Pour une autre Europe

Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg débattront ensemble de la crise, de l’Europe et de la mondialisation, après une discussion entre Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint et Olivier Ferrand.


Date : mardi 30 août 2011 à 18h30
Lieu : 101 Rue de l’Université, 75007 Paris

Présentation du colloque :
Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.
Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque. 19H00 : « Protectionnisme, euro et démocratie »
Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.

Avec :
-Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011

-Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste, auteur de « Mourir pour le Yuan? », Bourin, à paraitre septembre 2011


-Olivier Ferrand, Président de Terra Nova
 

20H30 : Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.
Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…
Pour assister à ce colloque, envoyer un mél à l’adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

http://www.chevenement.fr/index.php?preaction=view_nl&nl=95109&id=3394846&idnl=95109

Nélia E SILVA
______________________________________________
MRC – 3 avenue de Corbéra – 75012 Paris
téléphone : 01 55 78 05 40 – télécopie : 01 55 78 05 50
courriel :
contact@mrc-france.org

Montebourg: «On laisse les marchés sans gendarme ni radar!»

Créé par le 12 août 2011 | Dans : Parti socialiste, Une autre mondialisation

Recueilli par Lilian Alemagna pour Libé du 11/08/2011

Candidat à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg se prononce pour le «démantèlement des agences de notation» et «l’interdiction de la spéculation sur les marchés financiers».

Quelle est votre réaction au résultat (0,0%) de la croissance au deuxième trimestre?

Les discours d’autosatisfaction du pouvoir actuel assurant que la crise serait derrière nous sont une contre-vérité. Elle est devant nous. Trois ans après la plus grande crise financière depuis 1929, rien n’a été résolu. Aucune remise en ordre n’a eu lieu, la facture de la crise n’est toujours pas payée par le secteur financier qui en est le responsable. Pire, les pouvoirs politiques sont convaincus de devoir la faire payer par leurs contribuables en organisant partout des plans d’austérité qui conduisent à la récession. Tous ceux qui pensaient que le retour de la croissance pourrait atténuer la douleur des conséquences de la crise n’ont plus d’autre choix que de se tourner enfin vers des remèdes beaucoup plus sévères contre les marchés.

Lesquels?

Un bras de fer entre le pouvoir financier (les marchés, les institutions financières, les agences de notation) et le pouvoir politique vient de s’engager. Les premiers veulent faire payer aux classes moyennes et populaires, les contribuables des Etats, les conséquences de la crise financière dont ils sont pourtant responsables. Une lutte très dure s’est ouverte pour mettre en difficulté les Etats en faisant croire aux opinions publiques que les dettes accumulées par les Etats seraient de leur responsabilité.

C’est au contraire le secteur financier, sauvé par les Etats qui ont dû s’endetter pour y faire face en 2008, qui est responsable de la situation, les banques mordant la main de ceux qui les ont secourus il y a deux ans. Il est donc impensable que ces dettes publiques contractées dans la crise soient payées par les peuples. Quelle est la légitimité du patron de Standards and Poors pour dire ce que devrait être la politique de la France en matière fiscale et sociale?

Mais qu’est-ce que vous proposez?

Il n’y a plus d’autre choix que des mesures dirigistes et de prohibition. Le moment n’est plus à la régulation, qu’il aurait fallu faire il y a quinze ans. Nous sommes engagés dans un conflit ouvert et nous avons un arsenal juridique à notre disposition qu’il revient aux responsables politiques d’utiliser et mettre en œuvre: démantèlement des agences de notation, interdiction de la spéculation sur les marchés financiers pour tout établissement bancaire qui dispose d’une licence sur notre territoire et ses filiales.

Ce sont des mesures immédiates que nous pourrions prendre immédiatement, dès la session extraordinaire de septembre plutôt que je ne sais quelle règle d’or qui ressemble à une discussion sur le sexe des anges, concession surtout faite aux marchés financiers.

Enfin, il faut mutualiser chaque dette publique nationale des Etats de la zone euro due à la crise, dans une agence européenne chargée de racheter cette dette, financée par une taxe sur les transactions financières de la zone euro. Avec un tel dispositif, il n’y aurait aucune crise des dettes souveraines, et aucun plan de rigueur destiné à faire payer la crise financière par les gens.

François Hollande et Martine Aubry restent sur l’objectif de revenir à un déficit de 3% du PIB en 2013? Vous aussi?

Le désendettement progressif du pays est nécessaire. Mais il faudra le faire en faisant payer le secteur financier. Si c’est impossible au plan européen parce que les gouvernements européens sont encore aveuglés par leur idéologie libérale finissante, alors la mise en oeuvre doit être réalisée au plan national. Les contribuables issus des classes moyennes et populaires ne doivent pas financer par leurs impôts la dette due à la crise.

Concernant l’objectif de revenir à un déficit de 3% du PIB présent dans les critères de Maastricht, seuls trois pays le respectaient avant la crise! Pas même l’Allemagne! Pourquoi faudrait-il les respecter en pleine crise? Ce sont des critères obsolètes qui remontent à vingt ans. Il nous faut de nouveaux choix différents et adaptables: remplacer les règles stupides par des choix politiques me parait relever du bon sens.

Il est normal que les Français fassent des efforts pour financer la dépendance des personnes âgées ou le déficit de l’assurance maladie, qui exprime le niveau de solidarité qu’ils choisissent entre eux. Il est aussi normal de demander aux banques et aux grandes entreprises qui ont bénéficié d’avantage fiscaux et qui sont responsables de la crise de payer pour leurs propres impérities et leurs graves conséquences.

Vous êtes le plus radical des candidats socialistes à la primaire. Ne regrettez-vous pas de voir vos camarades jouer une carte beaucoup plus réformiste?

Mes propositions ne sont pas incompatibles. Je propose des mesures de démondialisation financière, ayant pour objectif de rendre le politique plus fort que les marchés. On me dit que je serais trop radical? Mais le plus radical et le plus extrémiste ne serait il pas le système qui a fabriqué cette crise?

Face à Nicolas Sarkozy, il faudra bien que le PS ait les idées de la France d’après. Il ne peut plus s’inspirer de la gestion libérale du système. C’est le sens de ma candidature. Il est impossible d’imaginer qu’on puisse mener la France dans la réalisation du projet socialiste, même a minima, si nous n’avons pas vaincu les marchés. Il faut interdire au marché de se comporter comme il se comporte, et briser leur pouvoir qui empêche d’exercer le nôtre.

On met des radars partout sur les routes de la vie quotidienne des Français pour assurer la sécurité routière. C’est une bonne chose, mais dans la finance, on laisse les marchés sans ligne blanche, sans gendarme ni radar. On laisse ses opérateurs se comporter comme des chauffards et en plus on leur fait des chèques! Si nous ne parvenons pas à faire cesser cette insécurité financière, le peuple aura perdu sa liberté de choisir, et je ne donne plus très cher de l’avenir de nos démocraties encore apaisées et tranquilles.

Manuel Valls propose une rencontre entre les candidats à la primaire avant l’université de La Rochelle. Quel est votre avis?

On peut se voir mais vous savez on se téléphone tout le temps! Il ne s’agit pas de solenniser cette rencontre. On s’entend bien les uns avec les autres!

Je propose un «prix unique» pour toute la culture, Par Arnaud Montebourg Candidat à la primaire présidentielle de la gauche

Créé par le 27 juil 2011 | Dans : Articles de fond, Parti socialiste

Dans Libé Culture 27/07/2011

Bonne nouvelle : grâce aux primaires ouvertes donnant aux citoyens le droit d’intervenir et de choisir, la culture est revenue au cœur du débat politique, et l’on ne peut que s’en réjouir, tant le travail de tous ceux qui la portent est précieux et nécessaire pour changer la France. Le débat devrait mieux s’engager qu’il ne l’a été dans les rues d’Avignon. Comme tous les services publics, santé, éducation, justice, police, la culture est exsangue, et ses protagonistes de plus en plus précarisés par l’absurde et dangereuse logique libérale qui domine les têtes. Martine Aubry a proposé d’augmenter de 30 à 50% le budget de la culture, posant question sur le terrain de la crédibilité au regard de la crise des finances publiques que la gauche va devoir traverser et résoudre. François Hollande de lui répondre que les artistes n’attendaient pas de «promesses alimentaires»… Et l’actuel ministre de la Culture de moquer le tout pour mieux masquer son pitoyable échec et son impuissance notoire : selon lui, si le Parti socialiste agite cette question de financement, c’est parce qu’il serait incapable d’avoir des idées.

La culture et les artistes ne peuvent pas être pris en otage et le sujet est trop grave pour être traité à la légère. Assurément, il faut d’urgence donner plus d’argent à la culture et, précisément, parce que nous vivons une période de crise ! Mais, face à la tempête financière qui gronde et nous menace directement, il sera très vite impossible de prétendre augmenter directement le budget de la culture. Est-il permis de rappeler qu’il sera nécessaire de bâtir sur les ruines du sarkozysme un service public de l’éducation qui réussisse contre l’échec scolaire, de reconstruire un hôpital et une santé pour tous, financer une décentralisation nouvelle et investisseuse, mettre de l’argent dans l’université et la recherche et trouver en sus 45 milliards par an à investir dans la renaissance technologique et industrielle du pays ? Pour autant, il faut être insensible et aveugle pour affirmer que les artistes n’ont pas de souci pour la survie de leur travail et que la défense de l’art n’aurait pas à se soucier de ces préoccupations (prétendument) bassement matérielles.

A force de céder aux intérêts de l’oligarchie qui nous dirige, le ministère de la Culture est devenu le cimetière des ambitions perdues. Il concentre son action sur les grosses institutions et industries amies, laissant en déshérence la foule des artistes qui ne peuvent pas vivre de leur art pourtant si nécessaire, écrasant financièrement les collectivités locales qui assuraient l’accès à tous les publics dans les territoires urbains et ruraux. La culture n’est aujourd’hui pensée que comme consommation et divertissement, alors qu’elle est avant tout affaire de production, de diffusion et d’élévation de l’esprit de tous.

Le monde de la culture est marqué dans sa chair par l’épuisement moral et matériel des intermittents maintenus dans la précarité, pendant que l’offre dans les territoires s’étiole et que la désertification culturelle regagne du terrain. Le ministre nous dit : ce n’est pas une affaire d’argent et vous posez les problèmes en termes budgétaires parce que vous n’avez pas d’idées. Pourtant, nous en avons des idées et même des rêves réalisables, nous apportons aussi les propositions nouvelles pour les financer sans augmentation du budget de l’Etat.

Je propose donc une taxation culturelle sur les industries de la culture, par des centimes prélevés sur les bénéfices publicitaires des télévisions privées, les profits gigantesques des fournisseurs d’accès à Internet et les produits industriels diffuseurs de culture comme ceux d’Apple. Ces prélèvements opérés par Bercy devront être explicitement réaffectés à la création artistique et à sa diffusion sur les territoires. Ce financement inédit, moderne et juste témoigne d’une vision responsable et généreuse, face à une économie qui doit participer à la création dont elle fait ses profits.

Je propose la création de coopératives d’artistes, associant la population à la création, et les élus à la diffusion, développées sur tout le territoire, à partir des initiatives existant sur le terrain, comme nouvelle étape de la décentralisation culturelle, car un pays qui se rebâtit est un pays qui mise sur ses créateurs et les encourage.

Je propose l’instauration d’un prix unique de la culture, à l’image du prix unique du livre en 1981, déployé, dans tous les établissements publics, afin de renouer avec les intuitions fondatrices des pionniers de la décentralisation culturelle : si la culture est un service public, comme l’eau, le gaz ou l’électricité, il est nécessaire que son coût reste modeste, donc accessible, comme cela se passe lorsqu’on va à la piscine ou à la patinoire municipale. En clair, pour les institutions culturelles publiques (théâtre, danse, musée, expos…), dans tous les cas, une entrée inférieure à 10 euros.

La relance et la généralisation du projet des «Arts à l’école», de la maternelle à l’université. Pour réussir l’intégration de l’art et de la culture dans l’éducation nationale, nous mettrons en place de véritables binômes artistes-enseignants qui travailleront ensemble, à l’année, dans chaque établissement.

Enfin, la construction d’un véritable parcours professionnel pour les artistes de toutes disciplines. Nous devons en effet avoir le courage de régler la crise (continue) de l’intermittence. Des dizaines de milliers d’intermittents sont sortis du système (une sorte de licenciement de masse invisible), et il s’agit, dans notre société qui a besoin de création, de redéfinir le statut de l’artiste en préservant l’esprit de l’intermittence : ils doivent pouvoir alterner des phases d’activité de production, de gestation, de réflexion et de recherche.

Il est donc urgent d’ouvrir le débat, avec l’ensemble des protagonistes, en posant un certain nombre de questions cruciales : comment continuer à développer l’incroyable énergie que l’intermittence a su développer pendant de nombreuses années, avant la crise de 2003 ? Comment préserver et retrouver cette liberté, unique au monde, qui a su placer les artisans de la culture au cœur des enjeux de notre société ? Dans le contexte actuel, cet esprit de liberté au service d’une mission publique et citoyenne doit maintenant trouver d’autres règles et d’autres formes. A nous de les construire ensemble.

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