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Le prix Nobel d’économie pour l’autogestion

Créé par le 22 oct 2009 | Dans : Economie, Parti socialiste

Par MICHEL ROCARD ancien Premier ministre dans Libé du 20/10/2009

Le prix Nobel pour l’autogestion ! Vous avez bien lu. Ni l’auteur de ces lignes, ni la rédaction de Libération, ni l’AFP qui nous a informés, ne sont fous. Le comité Nobel de l’économie, c’est-à-dire le jury de ce prix, vient de couronner pour la première fois une femme, une Américaine, Mme Elinor Ostrom. Les travaux de cette dame portent, d’après le peu qu’il nous a été donné d’en lire, sur la gestion des biens publics. Elle découvre, affirme et prouve que les marchés ou l’Etat ne sont pas les seuls gestionnaires, les seuls régulateurs admissibles de ces biens, mais au contraire que les associations de consommateurs et d’usagers s’en acquittent au moins aussi bien et sont plutôt mieux armées pour ce faire. C’est moi bien sûr qui rajoute ici le mot d’autogestion. Mais enfin qu’avions nous dit d’autre que, précisément, ce mot étrange pouvait abriter un grand projet de civilisation. Il – le mot – a été tué par la référence à la Yougoslavie et à travers elle, au parti unique.

Mais l’intuition qu’il couvrait demeure : beaucoup plus de décentralisation, d’autonomie, pour les institutions de base et de responsabilités partagées sont les conditions d’une meilleure démocratie et de plus d’efficacité économique et humaine dans la gestion des biens et procédures collectifs. Déjà en couronnant Sen, puis Stiglitz, puis Krugman, le jury du Nobel d’économie avait montré qu’il tenait pour non pertinents les paradigmes et axiomes de Milton Friedman et du monétarisme. Il est manifestement à la recherche d’un autre système de références. Il est rare que les faits veuillent bien se charger de montrer jusqu’à l’évidence la pertinence ou la fausseté d’une hypothèse scientifique sur l’organisation sociale. La crise économique et financière que nous vivons vient de s’en charger, avec brutalité : les marchés sont autorégulateurs, leur équilibre est optimal. Les dégâts de cette forme de pensée sont énormes, nous ne sommes pas sortis de la crise.

Or, il faut une voie de sortie. Il y a là un boulevard intellectuel pour le courant politique qui depuis des lustres porte le projet d’une réconciliation de la démocratie et du marché, de l’Etat et des individus pour l’harmonie de l’organisation sociale. Ce courant, c’est la social-démocratie. Je ne suis guère optimiste sur la capacité des partis socialistes, notamment du nôtre, le français, à porter et à formuler ce nécessaire projet. Mais c’est la science qui est en train de le fabriquer.

C’est d’abord comme science que l’écologie entreprend de modifier la société pour la rendre soutenable sur longue période, c’est la science qui redécouvre la nécessité d’une régulation macroéconomique que les politiques hélas n’ont pas su imposer. Et voilà la science qui découvre et mesure les vertus gestionnaires du peuple organisé ! A l’évidence un nouveau projet pour le monde mûrit dans une gestation éparpillée et incertaine, mais buissonnante et convergente.

Aubry : «Pour Sarkozy, c’est le temps des échecs»

Créé par le 20 oct 2009 | Dans : Parti socialiste

Propos recueillis à Lille par Nicolas Barotte et François-Xavier Bourmaud pour Le Figaro
19/10/2009 | Mise à jour : 22:02

INTERVIEW – La première secrétaire du PS estime que la France «n’a pas besoin d’un grand emprunt mais d’un grand plan de relance».

Aubry : «Pour Sarkozy, c'est le temps des échecs» dans Parti socialiste coeur-

Le Figaro – François Fillon vous reçoit mardi matin. Comment jugez-vous le rôle du premier ministre aujourd’hui ?

Martine AUBRY. – Par rapport à un président présent partout et hypermédiatique, il est extrêmement difficile pour le premier ministre d’exister. Depuis l’instauration du quinquennat, nous souffrons d’une présidentialisation du régime mais c’est la première fois qu’un chef de gouvernement a un rôle aussi effacé. Toutefois, les institutions sont les institutions. François Fillon dirige le gouvernement. Personnellement, je pense qu’il faut accroître le rôle du Parlement et je suis attachée à la dualité président-premier ministre. Le président n’est pas là pour tout faire.

Qu’allez-vous dire au premier ministre sur le grand emprunt ?

La France n’a pas besoin d’un grand emprunt mais d’un grand plan de relance. Le budget 2010 ne remplit aucune de ses trois fonctions : relancer l’économie, accroître la justice sociale et préparer l’avenir. Au lieu de cela, le gouvernement continue à donner des avantages à quelques uns. Les deux dépenses actives de ce budget, c’est 12 milliards d’euros aux entreprises avec la suppression de la taxe professionnelle et 2,5 milliards de baisse de la TVA pour les restaurateurs. Aucune de ces deux mesures n’a d’effet à court terme, aucune ne prépare l’avenir. Depuis que la droite est au pouvoir, elle a consenti 30 milliards d’euros de réduction d’impôts sur les catégories les plus favorisées, sans compter les 20 milliards supplémentaires de niches fiscales. Au total, avec le budget 2010, les allégements d’impôts atteignent 65 milliards d’euros.

Vous n’êtes pas favorable au principe…

Pourquoi faire un grand emprunt aujourd’hui ? La France emprunte chaque jour un milliard d’euros. Faites le calcul : depuis l’annonce de ce projet le 14 juillet dernier, le pays a emprunté 100 milliards d’euros de dettes. Aujourd’hui, la France peut le faire à des taux corrects sur les marchés financiers. Ce grand emprunt, c’est avant tout une opération médiatique. Il sera souscrit par des gens qui ont de l’argent et qui bénéficieront d’avantages fiscaux liés à cet emprunt. A quoi cela nous mène-t-il ? A donner des avantages fiscaux à ceux qui ont les moyens, à un coût plus élevé pour l’État, qui devra être remboursé par tous les Français.

Le PS avait déjà présenté un plan de relance au début de l’année. Qu’allez-vous proposer de plus à François Fillon ?

Quand je parle d’un grand plan de relance, c’est un plan pour sortir de la crise et pour préparer l’avenir. Ce n’est pas seulement un plan de relance conjoncturel. Prenons sur les 65 milliards d’euros de cadeaux fiscaux faits par la droite. Que le premier ministre fasse rentrer les recettes qui existent. Pour quoi faire ? D’abord pour sortir de la crise en soutenant la consommation, qui est complètement en panne à cause de la baisse du pouvoir d’achat, en relançant l’investissement à court terme, par exemple sur le logement, et en arrêtant d’opprimer financièrement les collectivités locales. Ensuite, pour préparer l’avenir, en accroissant les dépenses de recherche et d’innovation, en préparant la mutation industrielle vers les secteurs d’avenir et l’économie verte, en investissant dans les transports collectifs, dans un grand plan carbone zéro. Enfin, nous demandons un fond de garantie pour les PME qui aujourd’hui n’obtiennent pas les financements des banques

Votre plan de relance ressemble à un réquisitoire contre Nicolas Sarkozy.

Le chef de l’État est passé du temps des promesses à celui des échecs, et maintenant des leurres et des mensonges. Nicolas Sarkozy avait promis de relancer le pouvoir d’achat, on voit qu’il n’en a rien été. Sa politique de réduction d’impôts pour les plus favorisés a crée des inégalités et n’a eu aucun effet économique. Il applique une idéologie libérale à tout crin, celle du «moins d’État». Il a dit dans ces colonnes qu’il était fier d’avoir supprimé 100 000 postes de fonctionnaires. Cela «rapporte» 500 millions d’euros au budget de l’État, c’est-à-dire cinq fois moins par an que la baisse de la TVA dans la restauration qui n’a eu aucun effet positif. Et après, Nicolas Sarkozy pleure des larmes de crocodile sur l’augmentation de l’insécurité alors que le nombre de policiers baisse. Il s’insurge contre la lenteur de la justice alors que les moyens pour fonctionner correctement ne sont pas là. Il se lamente des difficultés scolaires des enfants alors que la ponction la plus grande s’est opérée sur le budget de l’éducation nationale.

Comment jugez-vous sa rentrée ?

On a l’impression que le président de la République perd pied. Il affiche toujours la même autosatisfaction. Il est plus préoccupé de faire taire ceux qui pourraient le contredire que de régler les problèmes de la France. Il essaie de prendre la main sur l’ensemble des pouvoirs, les médias, la justice… et maintenant les collectivités territoriales et l’opposition. Ainsi, avec le «charcutage électoral» des circonscriptions législatives, il faudra plus de 51,3 % des voix à la gauche pour obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Cela signifie qu’une voix de gauche ne vaut plus une voix de droite. Il y a enfin cette volonté de tout contrôler et de placer ses hommes et ses amis, quand ce n’est pas sa famille. C’est tout à fait inquiétant. La nomination de son fils à la tête de l’Epad n’est que le concentré de tout ce que l’on voit : volonté autocratique et volonté de contrôler les intérêts économiques. L’affaire Jean Sarkozy, c’est un symbole, la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Vous défendez l’idée d’une «maison commune» de toute la gauche. Mais n’êtes-vous pas seule à la vouloir ?

Je n’impose pas ce terme. C’est une façon ouverte de montrer que le PS n’a pas une ambition hégémonique, même s’il veut prendre toute sa place. Il faut commencer par travailler sur le fond et non par se répartir les postes électoraux.

Mais il y a de la concurrence à gauche aujourd’hui…

Qu’est ce que vous appelez concurrence ? Le fait qu’on se présente côte à côte aux élections ? Oui, il y a des sensibilités différentes à gauche. Nous n’avons pas la même approche que Nicolas Sarkozy. Lui, il est prêt à s’allier y compris avec Philippe de Villiers, qui a parfois des positions proches du FN. Je préfère garder mon identité et écouter les sensibilités voisines plutôt que d’avaler tout le monde. Quand on fait de la politique, faire masse ne peut être le seul objectif, au risque de devenir informe. Je préfère engager une nouvelle histoire de rassemblement de la gauche pour gouverner ensemble nos territoires comme la France, une histoire faite de respect mutuel et de défense d’un projet commun.

Vos partenaires sont-ils ouverts au PS ?

Chaque organisation a envie de se renforcer, c’est normal. Je souhaite que le PS soit fort et que nos partenaires le soient aussi. Ce qui est important, c’est de se respecter. Avec les Verts nous avons convenu de l’écrire noir sur blanc. Pour les régionales, nous aurons un code de bonne conduite. Quel que soit le choix de chacun, nous nous retrouverons au second tour. Quant au MoDem, tout dépendra de sa volonté de clarté sur le projet et sur les alliances.

Comment abordez-vous ces élections ?

Je suis optimiste pour les régionales. Nous devons nous fixer pour objectif de garder toutes les régions à gauche car les Français en ont besoin. Le bilan de nos équipes régionales est extrêmement positif. Ce sont les régions qui ont assuré le plus gros plan de relance contre la crise actuelle.

La bataille pour les primaires à gauche commencera-t-elle après les régionales ?

Au lendemain des régionales, nous devrons concrétiser la rénovation et acter le nouveau modèle de société qui sera au cœur du projet pour 2012. Les primaires doivent être préparées dans la transparence. Elles pourraient avoir lieu autour du printemps 2011, nous prendrons la décision collectivement. Ensuite chacun devra se poser la question : «Suis-je le mieux à même de porter l’alternative à gauche ?»

Et vous-même ?

Je me poserai cette question le moment venu. C’est beaucoup trop tôt. Personne ne sait où nous en serons alors. Si la réponse est négative, je soutiendrai celui que je considérerai comme le mieux placé pour porter notre projet.

Aubry prête à travailler avec ses partenaires de gauche sur «l’essentiel»

Créé par le 19 oct 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Parti socialiste

«L’essentiel, ce sont les idées, le retour des valeurs de la gauche et c’est le projet que nous voulons préparer ensemble», a lancé la première secrétaire du PS devant quelque 200 personnes réunies samedi à Paris.

Martine Aubry, a estimé samedi que le coup d’envoi était donné pour « travailler ensemble sur l’essentiel » avec les partenaires de gauche du PS.

« Nous devons travailler ensemble sur l’essentiel, l’essentiel, ce sont les idées, le retour des valeurs de la gauche et c’est le projet que nous voulons préparer ensemble », a-t-elle affirmé, concluant la journée de débat et de réflexion sur l’emploi avec ses partenaires de gauche.

« Après les ateliers de la gauche du PCF auxquels nous avons tous participé, après cette journée que nous avons organisée, après les rencontres que les Verts organisent, je crois qu’on peut dire « c’est parti », a-t-elle lancé devant quelque 200 personnes réunies à La Bellevilloise à Paris (XXème arrondissement).

Une table ronde a réuni Jean-Vincent Placé (Verts), Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG), Patrick Quinquenton (MRC), Pierre Laurent (PC) et Alain Vidalies (PS).

«Des fondations solides»

La première secrétaire a jugé que l’expression « maison commune » de la gauche « n’aurait de sens qu’avec des fondations solides ».

« Ces fondations solides, ce sont les valeurs de la gauche que parfois nous avons un peu oubliées, ces murs, c’est le nouveau modèle de société qu’il nous faut mettre en place avec un nouveau modèle de développement qui remet l’économie devant la finance et qui porte à la fois un projet social et écologique », a-t-elle ajouté.

Sur la croissance, pierre d’achoppement possible avec les Verts, Martine Aubry a affirmé: « il faut se poser la question de la croissance. Je n’emploie pas le terme de décroissance. Je veux une croissance durable où nous sommes capables de dire: qu’est-ce qu’une société doit produire? Où doit-on mettre nos richesses? ».

A l’issue de la réunion, Martine Aubry, interrogée par la presse sur l’absence du Front de gauche et du NPA, a répondu: « je sais que vous avez l’habitude de regarder les petites choses qui ne vont pas, moi j’ai l’habitude de regarder ce qui va ».

Elle a jugé que « ce qui va », outre les ateliers du PCF, la journée sur l’emploi, et celle à venir des Verts sur le développement durable, c’est « la volonté de porter haut les valeurs de la gauche et d’être capables de construire un autre projet de société tout en étant près des Français aujourd’hui et notamment de tous ceux qui souffrent ».

(Source AFP)

Les ombres et les promesses de la rénovation socialiste, par Michel Noblecourt

Créé par le 16 oct 2009 | Dans : Parti socialiste

Un nouvel Epinay ? Au congrès de Reims, en novembre 2008, Martine Aubry en avait caressé l’espoir. Après le référendum militant du 1er octobre, la première secrétaire, se jugeant confortée par sa victoire, a souligné que « la rénovation est maintenant irrémédiable  » et qu’elle conduira, lors d’une convention en juin 2010, à « une transformation majeure du Parti socialiste, sans doute la plus importante depuis Epinay », ce congrès de la refondation socialiste en 1971. Mme Aubry a placé la barre un peu haut. Le référendum montre qu’à côté de ses promesses, la rénovation a ses ombres. 

La première ombre concerne la participation plus que modeste. Sur plus de 200 000 militants revendiqués, seuls 45,94 % ont voté, moins d’un sur deux. Le 1er décembre 2004, pour le référendum interne sur l’Europe, précédé par trois mois de campagne, la participation avait frôlé les 78 %. La comparaison est plus pertinente avec le référendum du 10 octobre 1995. Soucieux déjà d’impulser une rénovation, dans un parti encore traumatisé par ses Berezina électorales aux législatives de 1993 et aux européennes de 1994, Lionel Jospin avait marqué son retour à la tête du PS par un vote sur dix-huit questions. Le temps de campagne avait été aussi bref qu’en 2009. Résultat : 66,36 % de votants, sur moitié moins d’inscrits.

Cette modeste participation n’efface pas le succès de Mme Aubry, qui a obtenu une très large majorité sur ses onze questions, mais elle le relativise. Sur chaque item, les scores sont élevés : 68,34 % pour des primaires ouvertes ; 70,02 % pour des primaires communes à la gauche ; 71,15 % pour le non-cumul des mandats ; 77,30 % pour le choix des dirigeants « en cohérence » avec les orientations politiques ; 86,39 % pour garantir «  la sincérité et la fiabilité » des votes internes – a contrario, en pleine relance de la polémique sur l’élection de Mme Aubry, 13,1 % des militants ont refusé d’approuver cette dernière règle.

L’approbation est massive. Mais sur le non-cumul des mandats, il y a près d’un tiers d’opposants, soit une proportion légèrement inférieure au nombre d’élus. L’application de la réforme risque donc d’être une longue marche. Au total, le référendum révèle une adhésion sans élan à la rénovation, ressentie plus comme une contrainte imposée par l’air du temps que comme une ardente obligation.

En elle-même, la rénovation est une promesse d’unité. En 1995, M. Jospin avait voulu l’engager dans « un esprit consensuel ». En 2009, Mme Aubry plaide pour « l’unité réelle ». « Nous avons mis en place les fondations et les murs, a-t-elle affirmé le 7 octobre. Il nous manquait le ciment. Le ciment, c’est notre unité. » Mais il y a plusieurs façons de jouer les maçons de l’unité. La première secrétaire aurait pu faire un coup d’audace : remanier son secrétariat national, en le ramenant de 80 à 25 membres. Et y faire entrer ces quadras dont elle disait, lors de la convention du 10 octobre : « Parfois, (ils) nous titillent un peu trop à l’extérieur du parti. J’aimerais mieux qu’ils nous titillent à l’intérieur. »

Comme Ségolène Royal qui, en 2007, alors que sa campagne patinait, avait appelé les éléphants, la maire de Lille a rappelé les anciens, comme Laurent Fabius et Bertrand Delanoë. Bousculant les statuts – l’article 7 prévoit que la composition du bureau national, à la proportionnelle des courants, relève du seul conseil national -, elle a nommé dans cette instance des dirigeants qui étaient déjà ses alliés et qui n’avaient pas fait de la rénovation leur priorité. Résultat : Mme Royal lui a fait la leçon - « Est-ce que vous pensez que ma présence va changer quelque chose ? », s’est-elle interrogée, faussement ingénue, sur RTL – et lui a délégué un jeune venu de la diversité, Kamel Chibli, qu’elle a refusé. Avec « l’affaire Frédéric Mitterrand » – objet d’une sévère passe d’armes entre le maire de Paris, relayé par Harlem Désir, et Benoît Hamon, porte-parole du PS, soupçonné de « populisme » -, l’« unité réelle » a à peine vécu ce que vivent les roses. Les régionales vont-elles « cimenter » l’unité ? La convention sur le nouveau modèle de développement a été reportée après mars 2010. Mais il reste le cactus des alliances. Mme Aubry veut « construire sans hégémonie » une « maison commune » de la gauche, avec des alliés qui se défilent.

Les Verts rêvent de disputer au PS des présidences de région. Le Parti communiste est déchiré entre la réédition du Front de gauche avec Jean-Luc Mélenchon, qui fait mine de croire à une alliance avec Olivier Besancenot, et la préservation de ses élus, qui suppose de s’allier au PS. Vis-à-vis du MoDem, qui tiendra un congrès programmatique en décembre, Mme Aubry a bougé. Le 17 septembre, elle a indiqué au Parisien qu’elle acceptait « volontiers de rencontrer (François Bayrou) pour discuter de ses propositions ». Le 7 octobre, elle a évoqué une « ouverture possible aux humanistes et aux démocrates » – reprenant la terminologie de la motion Royal au congrès de Reims – « à condition qu’elle s’accompagne de clarté et de transparence ». Pour les régionales, Mme Aubry récuse les accords à la carte avec le MoDem mais n’exclut pas une alliance nationale de second tour, sur la base du… projet socialiste. Une stratégie similaire à celle de François Hollande aux municipales de 2008.



Courriel : noblecourt@lemonde.fr.

Michel Noblecourt, éditorialiste

Plus de transparence sur les salaires et bonus

Créé par le 16 oct 2009 | Dans : Parti socialiste, Projet politique

POLITIQUE. Avec sa proposition de loi, Alain Vidalies, député socialiste des Landes, prend Nicolas Sarkozy au mot pour assurer l’encadrement des bonus et la vérité sur les salaires

 

« Nous voulons instaurer une rémunération maximum en distinguant deux types d’entreprises ».

 

Député PS des Landes, Alain Vidalies a saisi l’occasion de la « niche parlementaire » pour déposer une proposition de loi qui viendra en débat aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Il explique qu’il s’est inspiré du discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 24 mars dernier, où il proposait d’encadrer, au besoin par la loi, les rémunérations des chefs d’entreprise. Un engagement promesse qui n’avait pas été tenu.

« Sud ouest ». Quel est l’objet de votre proposition de loi ?

Alain Vidalies. Son but est de rendre plus transparentes les rémunérations des dirigeants d’entreprise et des opérateurs de marché.

Nous voulons instaurer une rémunération maximum en distinguant deux types d’entreprises. D’un côté, celles qui bénéficient d’aides en capital de l’État ne pourraient distribuer des rémunérations 25 fois plus élevées que les salaires les plus bas. Les autres seraient soumises à une procédure commune qui ne fixe pas de plafond, mais prévoit la création d’un comité des rémunérations.

Celui-ci serait une émanation du conseil d’administration et proposerait une fourchette de rémunérations soumise pour avis au comité d’entreprise avant d’être votée par l’assemblée générale des actionnaires. Chaque entreprise aurait la plus totale liberté de la fixer, mais dans une totale transparence, face aux salariés et aux actionnaires. On vise l’ensemble des rémunérations fixes, variables et annexes.

Il n’y aurait donc pas de plafond ?

La loi en fixerait un dans le cas où l’État participe au capital de l’entreprise, mais pas dans le cas général.

Le texte que vous avez présenté comporte-t-il d’autres dispositions ?

Il prévoit de supprimer les stock-options pour les entreprises qui ont plus de cinq ans. Il les maintiendrait pour les plus jeunes afin de revenir à l’objet initial des stock-options, qui était d’associer les cadres à la réussite de l’entreprise. Il est prévu de plus de limiter les retraites chapeaux à 30 % de la rémunération, y compris la rémunération variable.

Pourquoi ce texte maintenant ?

Nicolas Sarkozy, dans son discours de Saint-Quentin le 24 mars, avait dit qu’il proposait d’encadrer par la loi les rémunérations dans les entreprises qui reçoivent des fonds publics. Nous passons des discours à l’acte. C’est d’autant plus nécessaire qu’on voit aujourd’hui des entreprises qui recommencent le même mal par le jeu des bonus, comme si rien ne s’était passé. On propose de plus la transparence parce que le système est aujourd’hui complètement opaque pour les salariés, comme pour les actionnaires.

Serez-vous entendu au-delà de votre parti ?

Interrogée mardi sur cette question, Christine Lagarde a dit qu’elle s’en remettait au code éthique proposé par le Medef. Sauf sur un point, l’article 2 de notre proposition de loi qui prévoit la création d’un comité des rémunérations à l’intérieur du conseil d’administration. On peut penser que les députés UMP garderont cet article pour le laisser isolé. Cela dénaturerait l’ensemble de notre proposition.

Auteur : Recueilli par J.-P. Deroudille pour le journal Sud-Ouest du 15/10/09

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