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Politique étrangère et intérêt national – Entretien avec l’IFRI

Créé par le 05 mar 2017 | Dans : Blog du Che, Pour une autre Europe, Projet politique

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Une enquête du Monde : Hamon est-il compatible avec Mélenchon, Jadot et Macron ?

Créé par le 18 fév 2017 | Dans : Parti socialiste, Projet politique

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Le programme de l’écologiste Yannick Jadot est le plus proche de celui de Benoît Hamon, le vainqueur de la primaire à gauche.

LE MONDE | 29.01.2017 à 23h19 • Mis à jour le 03.02.2017 à 10h53 | Par Agathe Dahyot, Maxime Vaudano et Adrien Sénécat

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/01/29/534×0/5071134_6_5ac4_2017-01-29-a91b001-2362-13naapm-48tjdr6bt9_d2351a65f2304a06ba0a9c8dcf854de7.png

Benoît Hamon, vainqueur de la primaire à gauche dimanche 29 janvier face à Manuel Valls, pourrait-il se rapprocher d’autres candidats pour maximiser les chances de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle ?

Comme il l’a annoncé pendant la campagne, le désormais candidat socialiste a tendu la main à Yannick Jadot (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise) pour tenter de rassembler la gauche. Il partage une grande majorité de ses propositions avec le premier, et quelques orientations avec le second, même si son programme est moins radical.

Une enquête du Monde : Hamon est-il compatible avec Mélenchon, Jadot et Macron ? dans Parti socialisteS’il n’a pas cité le nom d’Emmanuel Macron, certains voudraient également voir Benoît Hamon entamer des discussions avec le leader du mouvement En Marche !, dont le flou du programme empêche pour l’instant de savoir si les deux hommes pourraient trouver des points de convergence.

Voici une comparaison de leurs positions relatives aux principales propositions de Benoît Hamon :

image: http://s1.lemde.fr/image/2017/01/29/534×0/5071136_6_3d80_benoit-hamon-yannick-jadot-jean-luc_7996bbe3b221a213b15f5e68db542c42.pngBenoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, candidats à l'élection présidentielle.

Sur l’économie

Benoît Hamon souhaite une mise en place par étapes d’un revenu de base inconditionnel, qui serait dans un premier temps réservé aux 18-25 ans.

 

Yannick Jadot est depuis longtemps favorable au revenu universel. Il envisage même qu’il soit attribué dès la naissance.

Jean-Luc Mélenchon est contre ce qu’il qualifie de « trappe à pauvreté ». Il y voit une menace pour les salaires, et refuse une « résignation face à l’idée que le travail est uniquement souffrance ».

Emmanuel Macron a plusieurs fois jugé intéressante la piste du revenu universel, avant de l’écarter définitivement en janvier. Le secrétaire général d’En marche ! a rejeté l’idée de « s’installer dans le financement durable d’un chômage de longue durée ».

Benoît Hamon veut fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG en un impôt unique progressif à 10 tranches. Il souhaite aussi fondre l’ISF et la taxe foncière en un impôt unique sur le patrimoine et développer une fiscalité écologique (TVA éco-modulable et taxe carbone).

 

Yannick Jadot souhaite, comme Benoît Hamon, fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG, réformer la fiscalité du patrimoine en tenant compte du patrimoine net et développer la fiscalité écologique.

Jean-Luc Mélenchon est hostile à la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, car il craint que le financement de la Sécurité sociale soit fragilisé par la disparition de la CSG. Il souhaite plutôt rendre l’impôt sur le revenu plus progressif, avec 14 tranches au lieu de 5.

Emmanuel Macron s’est opposé en 2015, alors qu’il était encore au gouvernement, à l’idée de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG.

 

Yannick Jadot souhaite lui aussi l’abroger (tout en conservant le compte personnel d’activité).

Jean-Luc Mélenchon veut également l’abroger.

Emmanuel Macron veut non seulement conserver la loi travail, mais aller encore plus loin.

Benoît Hamon souhaite prohiber les « rémunérations dépourvues de lien avec l’amélioration des résultats au cours de leur mandat » et mettre fin aux stock options et aux retraites chapeaux « en cas de démission ou de perte de confiance du conseil d’administration ».

Yannick Jadot n’a pas pris position sur la question, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon est pour également, mais va beaucoup plus loin que Benoît Hamon : il souhaite limiter les écarts de salaire de 1 à 20 dans l’entreprise et fixer un plafond à 400 000 euros annuels.

Emmanuel Macron a jugé l’idée d’encadrer les salaires « inefficace » lorsqu’il était encore au gouvernement, en mai 2016.

 

Yannick Jadot est également favorable à un renforcement du compte pénibilité.

Jean-Luc Mélenchon veut revenir à la retraite à 60 ans.

Emmanuel Macron est très critique vis-à-vis du compte pénibilité. Il réfléchit à un système de retraite à la carte, modulable selon les parcours, sans plus de précisions.

Benoît Hamon a l’intention d’enfeindre les règles budgétaires du pacte de stabilité européen jusqu’à ce qu’il soit réformé pour pour exclure du calcul du déficit les dépenses de défense et d’investissement.

Yannick Jadot était plutôt favorable au traité budgétaire en 2012, avec des réserves. Il ne s’est pas positionné sur l’évolution des règles budgétaires à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon souhaite également s’affranchir des règles budgétaires européennes, mais on peut douter qu’il se contenterait d’une réforme incluant les dépenses de défense dans le calcul des déficits, comme le prône Benoît Hamon.

Emmanuel Macron n’est pas favorable à un retour sur la règle des 3 % de déficit, mais souhaite un budget européen pour financer des investissements communs.


Sur l’environnement

Benoît Hamon promet une forte réduction de la dépendance au nucléaire (50 % en 2025, dans la lignée de la loi de transition énergétique de 2015), un effort sur la promotion des énergies renouvelables, une sortie du diesel à l’horizon 2025 et un grand plan pour la rénovation énergétique.

 

Yannick Jadot est sur la même ligne que Benoît Hamon, même s’il affiche des ambitions supérieures : il veut sortir du nucléaire dès 2035.

Jean-Luc Mélenchon propose lui aussi une planification énergétique, avec une sortie du nucléaire et un mix énergétique 100 % renouvelable à l’horizon 2050. Plus radical que Benoît Hamon, il suggère la fermeture immédiate de la centrale de Fessenheim et l’arrêt des projets d’EPR à Flammanville et Hinkley Point. Il est également favorable à la fin du diesel et à un plan de rénovation énergétique.

Emmanuel Macron a une vision très différente : il promeut la compatibilité des énergies renouvelables et d’une énergie nucléaire qu’il présente comme « un choix d’avenir », et défend le diesel.

Benoît Hamon souhaite une TVA éco-modulable et une taxe carbone aux frontières de l’Europe.

Yannick Jadot annonce dans son programme la fin des niches fiscales nuisibles à l’environnement. Il se prononce également depuis longtemps pour une taxe carbone européenne.

Jean-Luc Mélenchon veut une taxe carbone sur les transports de marchandises et une taxe kilométrique sur l’éloignement entre la collecte des déchets et leur traitement.

Emmanuel Macron n’a pas dévoilé sa position sur le sujet.

Benoît Hamon veut l’abandon du projet.

Yannick Jadot est contre la poursuite de tous les « grands projets inutiles », dont l’aéroport nantais.

Jean-Luc Mélenchon est contre.

Emmanuel Macron souhaite poursuivre le chantier, au nom du respect du référendum.


Sur les institutions

Benoît Hamon veut limiter aux seuls projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale cette procédure qui permet au gouvernement de passer en force au Parlement.

 

Yannick Jadot n’a pas pris position sur la question, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon, hostile au « coup de force » permis par le 49.3, souhaite changer la Constitution.

Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur le sujet (même si le 49.3 a permis l’adoption de sa loi sur la croissance en 2015).

 

Yannick Jadot ne s’est pas positionné sur le sujet à notre connaissance, même si les écologistes y sont historiquement favorables.

Jean-Luc Mélenchon y est favorable.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné sur le sujet à notre connaissance.

 

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron semble être hostile au fait de l’inclure dans un programme sans garantie de pouvoir y parvenir, puisqu’il a raillé la promesse non tenue de François Hollande sur le sujet.

Benoît Hamon souhaite limiter le cumul à trois mandats identiques consécutifs.

 

Yannick Jadot n’a pas évoqué publiquement cette question à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon est pour également.

Emmanuel Macron est pour.

Pour rendre l’Assemblée nationale plus représentative, Benoît Hamon souhaite qu’une partie d’entre eux soit élus selon les résultats nationaux de leur parti, plutôt qu’au scrutin uninominal à deux tours actuellement en place.

 

Yannick Jadot veut aller plus loin et propose d’élire tous les députés à la proportionnelle.

Jean-Luc Mélenchon souhaite « élire l’Assemblée nationale à la proportionnelle » (ce qui suggère qu’il est favorable à la proportionnelle intégrale).

Emmanuel Macron est favorable à une « introduction » de la proportionnelle à l’Assemblée.

Yannick Jadot n’a pas repris cette proposition de Cécile Duflot pendant la primaire écologiste.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas pris position sur le sujet, à notre connaissance, bien qu’il réclame dans son programme l’abolition de la « monarchie présidentielle ».

Emmanuel Macron n’a pas pris position sur le sujet, à notre connaissance.


Sur les questions de société

 

Yannick Jadot s’est prononcé pour l’euthanasie.

Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé pour la légalisation du suicide assisté.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

Benoît Hamon souhaite renforcer la loi Sapin II en supprimant le « parcours par étapes » que doit suivre un lanceur d’alerte au sein de son institution.

Yannick Jadot y est favorable.

Jean-Luc Mélenchon est très engagé sur le sujet. Il souhaite même naturaliser français Edouard Snowden et Julian Assange.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

L’aide médicale à la procréation est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels.

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

  • La gestation pour autrui :

Comme Benoît Hamon, MM. Jadot, Mélenchon et Macron sont opposés à la légalisation de la GPA.

 

Yannick Jadot le propose.

Jean-Luc Mélenchon le propose.

Emmanuel Macron est favorable à une simple dépénalisation pour la détention en petite quantité, mais pas à une légalisation.

Benoît Hamon souhaite les autoriser à travailler après trois mois sur le territoire et faciliter l’apprentissage du français.

 

Yannick Jadot tient un discours d’ouverture sur l’accueil des demandeurs d’asile, sans avoir pour l’instant dévoilé de propositions concrètes.

Jean-Luc Mélenchon a durci son discours ambigu sur l’immigration depuis l’été 2016, s’attirant les foudres de Benoît Hamon, qui a jugé sa position « grave ».

Emmanuel Macron est favorable à une politique d’accueil généreuse. Il a salué la position d’Angela Merkel en Allemagne et a jugé que c’était un « devoir » pour la France.


Sur la sécurité

Benoît Hamon souhaite remplacer tous les départs à la retraite et créer 1 000 postes par an.

 

Yannick Jadot ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon veut 10 000 recrutements.

Emmanuel Macron veut 10 000 recrutements en trois ans.


Sur l’Europe

Le CETA, approuvé par les chefs de gouvernement européens à l’automne 2016, doit être ratifié par le Parlement européen (en février 2017) et par les parlements nationaux des Vingt-Huit Etats-membres européens (dans les prochains mois et les prochaines années).

Yannick Jadot est contre le CETA.

Jean-Luc Mélenchon est contre le CETA.

Emmanuel Macron est favorable au CETA, et a critiqué la tentative de veto de la Wallonie.


Sur la politique internationale

Benoît Hamon veut proposer la reconnaissance de la Palestine par le gouvernement français.

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron refuse toute reconnaissance de la Palestine avant la conclusion d’un accord de paix.

Benoît Hamon souhaite que la France reste dans le commandement intégré de l’alliance atlantique.

Yannick Jadot n’a pas proposé d’en sortir, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon veut sortir de l’OTAN.

Emmanuel Macron n’a pas proposé d’en sortir, à notre connaissance.

Correction : Jean-Luc Mélenchon est favorable au non-cumul des mandats dans le temps. Une version précédente de cet article indiquait qu’il n’avait pas pris position à ce sujet.

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Montebourg : «Du travail, il y en a, le problème, c’est qu’il est mal payé»

Créé par le 10 jan 2017 | Dans : Projet politique

Extrait

« Pour moi, la culture, c’est un investissement. C’est une économie soutenue par de l’argent public mais qui produit, d’abord pour la France elle-même, beaucoup de retombées sur les territoires. Et qui a beaucoup de conséquences dans la vie et dans l’imaginaire de ce pays. Pourquoi ? Parce qu’un pays qui n’a plus d’imaginaire, qui ne le cultive plus, c’est un pays qui commence à se préoccuper de son identité. Vous voyez ce que je veux dire ? Et c’est le début de la violence, de la fracturation et du séparatisme. »

Par LIBERATION — 9 janvier 2017 à 21:56
 
Arnaud Montebourg à Libération lundi. Photo Ivan Guilbert (Cosmos) pour Libération

 

Face à la rédaction, le candidat à la primaire PS a défendu sa vision d’une société dans laquelle «la question du salaire est centrale» pour sortir de la crise. Et développé ses propositions sur l’Europe, l’écologie, l’éducation ou la «VIe République».

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    Montebourg : «Du travail, il y en a, le problème, c’est qu’il est mal payé»

Arnaud Montebourg est malin. Avant de se faire cuisiner par la rédaction de Libération, il commence par une ode au journalisme : «L’information a besoin d’être triée, résumée, détaillée. Votre boulot participe de la construction d’une offre nouvelle.» Suivent deux heures d’échanges pendant lesquelles l’ex-ministre de l’Economie tente de convaincre que son offre à lui est aujourd’hui en mesure de remporter la primaire à gauche.

Après votre départ du gouvernement, vous aviez dit : «J’arrête la politique, j’ouvre une nouvelle expérience dans ma vie, je me lance dans le privé, etc.» Et puis vous revenez. Est-ce que la politique agit comme une forme de drogue dont on n’arrive pas à se passer ?

Je n’ai pas dit que je quittais la politique, j’ai dit que je cessais d’en vivre. C’est bien différent. D’abord, j’ai fait ce que je propose à tous les Français : je suis allé me former ! Tout le monde m’a dit : comment se fait-il qu’un ministre aille se former ? Mais tous les jours nous avons quelque chose à apprendre, y compris sur ce qu’on croit déjà savoir. Pour moi, cela a été une immersion dans la mondialisation à travers l’Insead [Institut européen d’administration des affaires] et surtout, une façon d’acquérir une crédibilité pour entrer dans une nouvelle vie professionnelle. La société change tout le temps ; la politique, elle, change moins. Je me suis retrouvé vice-président d’une grosse PME, Habitat. J’ai travaillé dans le comité stratégique d’une entreprise qui travaille sur la digitalisation de l’économie, Talan. J’ai été à la tête pendant plusieurs mois d’une start-up dans l’énergie, l’autoconsommation d’énergie renouvelable, notamment le petit éolien. J’ai fait tout cela et j’en suis très fier.

Mais vous n’avez pas répondu à la question : pourquoi revenir en politique ?

Parce que je ne l’ai jamais quittée, en vérité. Parce que toutes les positions que je défendais depuis longtemps sont devenues des idées dominantes : la VIe République, la lutte contre les paradis fiscaux, la finance folle, le rétrécissement de la mondialisation – ce que j’appelle la démondialisation et qu’on peut aujourd’hui appeler le «made in France». Toutes ces idées ont besoin d’un porte-parole politique pour les mettre en œuvre. A gauche, je veux rassembler autour de ces positions. Il ne vous a pas échappé que ce qui est au pouvoir, c’est encore et toujours le libéralisme. C’est l’alternance entre les sociaux libéraux et les libéraux autoritaires. C’est le moment de mettre au pouvoir ces autres propositions, cette vision du monde.

Pourquoi la campagne ne se positionne pas autour de vos propositions mais plutôt autour de celles de Benoît Hamon ? Il vous a «chipé» la modernité ?

Parce que mes idées sont dominantes. Sur le plan institutionnel, même Manuel Valls veut supprimer le 49.3 dont il a fait un usage immodéré. Je me souviens quand on débattait du sujet dans les motions du PS, à l’époque, c’était la croix et la bannière alors qu’aujourd’hui c’est naturel.

Que proposez-vous pour défendre les lanceurs d’alerte, déterminants dans les affaires de paradis fiscaux ?

Je propose de construire un statut des lanceurs d’alerte internationaux sur la question de l’optimisation fiscale. Il est nécessaire de protéger ceux qui dénoncent les atteintes à nos caisses publiques, à nos valeurs mais aussi à nos intérêts nationaux. Lire la suite »

« Je ne suis pas partisan du grand bond en arrière social de François Fillon »

Créé par le 07 jan 2017 | Dans : Blog du Che, Projet politique

https://youtu.be/Aa_WbHvc_sA

« En France, tous les éléments d’une politique industrielle ont disparu »

Créé par le 23 déc 2016 | Dans : Blog du Che, Projet politique

Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Tribune, propos recueillis par Jean-Christophe Chanut et Romaric Godin, mardi 20 décembre 2016.


La Tribune: Dans votre dernier ouvrage, Un Défi de Civilisation (*), vous tentez de comprendre comment la France a pu devenir la cible d’un terrorisme porté par ses propres enfants. Vous identifiez un long processus de haine de soi à l’œuvre dans notre pays qui, selon vous, remonte au début du 20e siècle…
Jean-Pierre Chevènement:
Selon moi, ce phénomène prend sa source dans le prix exorbitant qu’a dû payer la France pour préserver son indépendance durant la première guerre mondiale. Il en a résulté un sentiment très profond de désorientation et de rejet. D’autant que ce conflit a donné naissance à des monstres que la France de la troisième République n’était pas préparée à affronter : le bolchévisme, le fascisme et, plus tard, le nazisme. Le pacifisme généralisé a alors conduit les élites françaises à préférer la guerre entre l’Union soviétique et l’Allemagne qu’elles désiraient à la guerre entre la France et l’Allemagne qui leur a été imposée. Et c’est une des raisons les plus fortes, comme l’a montré Marc Bloch, de la capitulation de 1940. Celle-ci a ancré dans la conscience collective un sentiment de haine de soi. Sauf évidemment chez ceux qui ont résisté autour du général de Gaulle qui, en continuant le combat, a voulu maintenir la France dans le camp des vainqueurs.
Seul de Gaulle et les Résistants pouvaient préserver après 1940 une vision valorisante de l’histoire de France. Les élites françaises, parce qu’elles avaient été pétainistes en 1940 et sous l’occupation ont admis que Pétain, c’était la France. C’est, du reste, ce que confesse à sa manière et sans doute inconsciemment, Jacques Chirac lorsqu’il dit, en juillet 1995, que « la France a commis l’irréparable ». Il ne contextualise pas la rafle du Vel d’Hiv, l’impute à la France et non pas à l’Etat français. L’occupation allemande n’est pas évoquée. Entre Pétain et de Gaulle, le conflit de légitimité est ainsi tranché en faveur du premier. La haine de soi plonge donc ses racines très profondément dans le « Plus jamais ça ! » d’après 1918, l’effondrement de 1940 et la déconsidération à ses propres yeux d’une France incapable d’incarner la cause des démocraties face à l’Allemagne nazie. Les élites françaises, sous l’occupation, ont souhaité la victoire de l’Allemagne parce que, comme le disait Pierre Laval, « sans elle, le bolchévisme triompherait partout ». De cette chute vertigineuse de l’estime de soi que De Gaulle n’a pu enrayer qu’un court laps de temps (1958-1970) ont découlé les campagnes de repentance à répétition sur l’esclavage ou la colonisation. Ces campagnes ont objectivement contribué à l’effacement de la nation et du sentiment national à l’ère de la globalisation libérale, plus ou moins maquillée aux couleurs d’une Europe destinée à remplacer la France comme horizon collectif. Lorsqu’une personne est gravement malade, d’autres maladies, secondaires, se greffent sur l’organisme affaibli.
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