Projet politique

Articles archivés

Sortons du déni de démocratie en Europe, par Jean-Pierre Chevènement

Créé par le 25 juin 2016 | Dans : Blog du Che, Pour une autre Europe, Projet politique

Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président du club République moderne, parue dans Le Monde, édition des 26 et 27 juin 2016.


 Sortons du déni de démocratie en Europe
Le fonctionnement opaque et technocratique des institutions européennes est rejeté partout. Même la Grande-Bretagne qui s’était pourtant ménagé un statut spécial en Europe vient de manifester spectaculairement son attachement aux prérogatives de son Parlement.  
Le peuple britannique n’a pas cédé au chantage et à la peur orchestrés par les milieux économiques dominants. Son vote courageux et massif a montré qu’il mettait la démocratie, c’est-à-dire le contrôle des décisions qui le concernent, au-dessus de tout.  
Le Royaume-Uni a manifesté encore une fois son esprit d’indépendance et son caractère qui est justement ce pour quoi nous l’aimons. Le peuple britannique est un peuple insulaire et en même temps c’est un peuple européen. Il vit au rythme de « l’anglosphère ». Cela fait partie des réalités qu’avait discernées jadis avec finesse le général de Gaulle.  
Un service rendu à l’Europe   Je demande aux dirigeants européens d’accueillir avec fair-play et sans esprit vindicatif la décision souveraine du peuple britannique. Rien ne serait pire qu’une volonté punitive de la part des élites européennes. La négociation d’un statut d’association du Royaume-Uni au marché unique européen, sur le modèle norvégien, peut intervenir dans les deux ans qui viennent, délai donné par l’article 50 du traité de Lisbonne. 
 Surtout, le « Brexit » peut être un service rendu à l’Europe. Il peut être une deuxième chance donnée à l’idée européenne : celle d’une refondation démocratique qui articulerait la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire. Il ne suffit pas de dire qu’on fera demain ce qu’on n’a pas fait hier.  
Comment oublier que, après le référendum du 29 mai 2005 rejetant clairement le projet de traité constitutionnel européen proposé par la Convention alors présidée par M. Giscard d’Estaing, nos gouvernants se sont engagés dans un effrayant déni de démocratie ? Enfin le traité de Lisbonne reprenait presque mot pour mot le texte du projet de traité rejeté à 55 % par le peuple français.  
Cela ne fut possible que par l’accord du PS et de l’UMP, c’est-à-dire de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, accord rendu indispensable par la nécessité de réunir une majorité des trois cinquièmes au Congrès de Versailles en septembre 2008. Ce déni de souveraineté et de démocratie n’a évidemment pas été oublié et pèse lourdement sur le fonctionnement de la démocratie dans notre pays (tout comme la non-renégociation du traité budgétaire européen de 2012).  
Une conférence chargée de redéfinir les institutions européennes   Pour sauver l’idée européenne, je demande la réunion à bref délai d’une conférence chargée de redéfinir les institutions européennes et de repenser le modèle de développement qui résulte notamment du traité budgétaire de 2012 et qui plombe la croissance européenne.  
Cette conférence pourrait s’inspirer d’un précédent : celui de la conférence de Messine qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense, a permis, en 1955, de remettre l’Europe sur les rails et de préparer le traité de Rome. Cette Conférence se tiendrait à vingt-sept, avec un statut spécial d’observateur pour la Grande-Bretagne.  
Cette conférence aurait pour objet la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l’affaissement de l’actuelle construction européenne : la souveraineté, c’est-à-dire la démocratie, la prospérité et l’indépendance stratégique.  
D’abord rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits dans une Europe confédérale qui serait faite de l’entente et de la coopération entre les nations : cela suppose une réorganisation profonde des compétences et, le cas échéant, du mode de désignation des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, Banque centrale européenne).  
L’« Europe européenne » du général de Gaulle   Il faudrait notamment outiller le Conseil européen où vit la légitimité démocratique en le dotant des services capables de préparer et d’exécuter ses décisions. De même le Parlement européen devrait procéder des Parlements nationaux pour que les compétences déléguées puissent être démocratiquement contrôlées.  
Ensuite, rendre à l’économie européenne les clés de la prospérité en revoyant profondément les règles actuelles en matière de politique économique et monétaire. Le paradigme néolibéral – la croyance en l’efficience des marchés – ne peut se substituer à la définition de politiques industrielles et d’un cadrage social. Le modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur supérieur à 10 % du PIB) est intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud. Il faut redéfinir un modèle européen de développement acceptable pour tous les Européens.  
Enfin, il faut donner à l’Europe la capacité stratégique qui lui a toujours fait défaut depuis l’origine. Nous nous rapprocherions ainsi de l’« Europe européenne » dont parlait jadis le général de Gaulle.  
Bien entendu, la Grande-Bretagne, le moment venu, aura toute sa place dans ce projet d’une Europe capable d’exister stratégiquement par elle-même et pour elle-même, dans le monde du XXIe siècle. N’oublions pas que le peuple britannique est un grand peuple européen et que nous partageons avec lui de très nombreux intérêts communs, notamment dans le domaine de la sécurité, si important aujourd’hui.  
Source : Le Monde

Les Rencontres de République Moderne : de premières pistes

Créé par le 24 juin 2016 | Dans : Projet politique

Le projet de République Moderne a été dès le départ de dialoguer, hors de tout contexte partisan, avec des politiques ainsi qu’avec des intellectuels ou praticiens animés par le sens de l’intérêt général. L’objectif est d’articuler les grands problèmes qui se posent aujourd’hui à la France avec une vraie vision de longue portée.

A cette fin, Jean-Pierre Chevènement a réuni à l’Assemblée nationale fin 2015 et ce premier semestre 2016 des acteurs importants de notre vie publique autour de trois questions : Souveraineté populaire et Europe, République et Nation, Comment réindustrialiser la France ?

Une 4ème Rencontre autour de la Politique étrangère de la France a eu lieu le 15 juin. Dès la rentrée seront abordés les problèmes de l’Ecole et de l’intégration, et la question du développement.

Un premier bilan d’étape :

D’ores et déjà quelques pistes se dessinent pour aborder les questions essentielles que notre pays doit regarder en face, et d’abord à l’occasion de l’élection présidentielle, moment cardinal de notre vie politique.

Sans surprise, la question européenne se détache comme la question clé de notre avenir autour de quelques interrogations ou propositions centrales :

– Constat que le rôle de l’Europe est maintenant intégré dans la conscience des Français et que l’euroscepticisme qui est une donnée constante –et en progression- depuis une vingtaine d’années- intègre désormais le sentiment de la responsabilité de nos gouvernants dans les dysfonctionnements de l’Union Européenne.

– D’où une prise de conscience de plus en plus marquée que, Brexit ou pas, les choses ne peuvent continuer ainsi : la question de la marche de l’Europe vers une ouverture totale de son marché sans exemple dans le monde alimente l’effacement de l’axe droite-gauche (Jérôme Sainte-Marie). Ce phénomène met fin à l’ordre politique stable sur la base duquel nous avons vécu jusqu’ici.

– C’est que la gravité des problèmes ne peut plus être dissimulée, Jean-Pierre Chevènement, Henri Guaino et Arnaud Montebourg se rejoignent pour en exprimer la nature, qu’il s’agisse de la gestion à long terme des flux migratoires ou des rapports de l’Islam et de la République, de la capacité de retrouver la croissance et de résorber le chômage, de renouer avec une politique industrielle nationale, de la capacité stratégique de l’Europe à relever les défis scientifiques et technologiques, de savoir dire non lorsque les rapports de force internationaux l’imposent (Traité transatlantique, extraterritorialité du droit américain), de concevoir enfin une Europe nouvelle réorientée en lien avec les nations qui la composent.

Des propositions en ce sens peuvent d’ores et déjà être mises sur la table avec : la prohibition de tout transfert de souveraineté non approuvé par referendum, une initiative française pour la révision des traités européens qui porterait sur l’euro et la capacité de la France à impulser une politique de réindustrialisation mais aussi sur les institutions et compétences de l’Union Européenne. Elle pourrait être précédée d’une conférence portant sur les difficultés de la zone euro et sur la nécessaire remise à plat des institutions européennes (Commission, Conseil, Parlement, Cour de Justice).

Telles sont les pistes de travail auquel invite République Moderne.

 

Marie-Françoise Bechtel

Vice-présidente de République Moderne

Rencontre République Moderne en ligne « De la souveraineté populaire à l’Europe européenne »

Créé par le 12 fév 2016 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Projet politique

 

 

 

 

 

Montebourg de retour avec « l’alternative », le livre d’Antonio Rodriguez qui relate la critique du « Sarkhollandisme »

Créé par le 07 fév 2016 | Dans : Articles de fond, Gauche anti-libérale, Projet politique

http://www.dailymotion.com/video/x3qncu9Dans l’Alternative (1) Arnaud Montebourg, le journaliste de l’AFP Antonio Rodriguez, estime que l’ex-ministre de l’Economie piaffe de retrouver la politique à un an et demi de la présidentielle et prépare son retour. « Il travaille son image pour apparaître comme présidentiable », affirme le spécialiste d’économie dans le livre, qui sort jeudi 11 février au Cherche-Midi et dont nous vous livrons les bonnes feuilles en avant-première. Pendant deux ans, il a fréquenté les coulisses du ministère du Redressement productif puis de l’Economie et partagé avec les conseillers du ministre les échecs (Petroplus, Florange, GoodYear, Mory-Ducros, Lejaby) et les victoires (Rio Tinto, en Savoie, FagorBrandt en Saône-et-Loire, Virtuose en Alsace…).

(1) (1) L’Alternative Arnaud Montebourg, Antonio Rodriguez, Cherche Midi à paraître jeudi 11 février 2016

 http://www.dailymotion.com/video/x3qncu9_montebourg-le-livre-qui-annonce-son-retour-en-politique_news#tab_embed

http://www.20minutes.fr/politique/1781775-20160207-video-montebourg-revient-devant-scene-grace-livre

Pour faire face au monde nouveau, commençons par recaréner la République !

Créé par le 01 déc 2015 | Dans : Projet politique

16 novembre 2015 | 1

Par Jean-Pierre Chevènement, Président de République Moderne

acronyme-RM1Confrontées à la désindustrialisation, à un chômage de masse, à une précarité grandissante, à des migrations incontrôlées qui résultent, en partie, d’une politique étrangère inféodée, incapables d’assumer l’héritage de la nation républicaine et par conséquent le service de l’intérêt national, ni la droite ni la gauche actuelles ne paraissent en mesure de redresser le pays. Elles ont fait ensemble le lit du Front National. Celui-ci incarne une conception non républicaine de la Nation. La souveraineté nationale, pour lui, implique repli, fermeture, xénophobie et nullement ouverture à partir de ce que nous sommes, coopération, partenariat, amitié entre les peuples.

Le mot République a perdu son sens parce que l’idée même de la souveraineté – nationale ou populaire – s’est dissoute. Or, elle fonde la responsabilité. Il faut donc à la fois restaurer le sens de l’intérêt national et l’ouvrir vers des partenariats positifs à l’échelle européenne (au sens d’« Europe européenne ») et mondiale. C’est le contraire d’un nationalisme rétracté. C’est la nation républicaine qui parle au monde.

Pour que la République puisse encore une fois sauver la France, elle doit jouer un rôle pédagogique et fondamentalement éthique. Tenir un discours de vérité et de responsabilité. La nation donc, mais pas tournée vers elle-même, défensive quand elle est attaquée mais pas repliée. Une nation imaginative, entreprenante, consciente, équitable. La nation selon Jaurès : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ». Pour créer le parti de la République moderne, il faudra évidemment faire bouger les lignes. Il faudra que les Français réapprennent à se parler au-delà des préjugés, des sectarismes, des intérêts dépassés. Pour faire face au monde nouveau, commençons par recaréner la République !

1...34567...85

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY