Une autre mondialisation

Articles archivés

« Syrie : une solution politique et non une aventure militaire. »

Créé par le 13 août 2012 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Gauche anti-libérale, Une autre mondialisation

COMMUNIQUE  DE MARIE-FRANCOISE BECHTEL, VICE-PRESIDENTE DU MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN, DEPUTEE DE L’AISNE

En donnant des leçons à son successeur sur la Syrie , M. Sarkozy se croit encore aux années Bush, celles qui, à coup d’ingérences militaires, ont gravement déstabilisé le Moyen-Orient. Il est vrai qu’il a encore appliqué cette  méthode en Libye, poussant à dépasser le mandat donné par l’ONU. On en voit le résultat : l’éclatement du pays et, par ondes de choc successives, la très grave déstabilisation de l’Afrique noire dont celle du Mali aux mains de groupes extrémistes et terroristes.

En Syrie, instruite par cette expérience désastreuse, la France devrait au contraire pousser à une solution politique, respectueuse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il faut impérativement, avec les autres pays intéressés par l’avenir de la zone, apporter un appui à une solution négociée entre l’ensemble des forces syriennes, extrémistes exceptés. C’est aujourd’hui la seule voie pour tenter d’épargner au malheureux peuple syrien des souffrances pires et durables.

 Oui, décidément , M. Sarkozy est bien mal placé pour faire la leçon.

 

 

Le mouvement des indignés : Retour sur un phénomène mondial

Créé par le 22 mai 2012 | Dans : Pour une autre Europe, Une autre mondialisation

 

En écho au « printemps arabe », le mouvement des « indignés » (ou mouvement du 15-M), lancé à Madrid par le collectif Democracia Real Ya !, a vu le jour il y a un an.

Le 15 mai 2011, entre 20 000 et 50 000 personnes manifestent dans la capitale espagnole avant d’occuper la place Puerta del Sol pendant plus d’une semaine. Le rassemblement festif, sans leader et non violent, naît dans les ruines de la crise économique mondiale. Dans un pays, l’Espagne, très durement touché. Les revendications sont assez prosaïques : plus de diversité dans la représentation politique, plus de justice sociale et surtout moins de barrières à l’emploi pour une génération de jeunes diplômés qui souffrent (la « génération sacrifiée »).

Le mouvement fait des émules dans la plupart des capitales européennes. Les pays anglo-saxons connaissent à leur tour une poussée de fièvre : aux Etats-Unis, le mouvement Occupy Wall Street se constitue le 17 septembre                                 

2011, s’étend à tout le pays et touche 70 villes une semaine plus tard. Idem à Londres où le rejet du monde de la finance – et son emprise sur l’économie – fédère pendant plusieurs mois des milliers de manifestants (Occupy London). Le 15 octobre marque l’apogée du mouvement avec la Journée internationale des indignés : plus d’un million de personnes défilent alors à travers le monde.

Initialement, c’est le livre d’un ancien résistant français, Stéphane Hessel, qui a mis le feu aux poudres : Indignez-vous ! [Indigène éditions, 2010], lu par plusieurs millions de lecteurs et traduit dans 27 langues.

Le mouvement des indignés souffle aujourd’hui (le 15 mai) sa première bougie. A Madrid, des centaines de manifestants ont refait le chemin jusqu’à la place Puerta del Sol et l’ont occupé malgré l’intransigeance de la police. Huit d’entre eux ont été incarcérés après l’évacuation de la place.

Lu dans Courrier international avec un article très recommandé par le blog citoyen «  Le mouvement du 15 mai réveille la société civile  » http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/15/le-mouvement-du-15-mai-reveille-la-societe-civile

L’inquiétant oubli du monde

Créé par le 17 mar 2012 | Dans : Articles de fond, Battre campagne, Une autre mondialisation

 Par Régis Debray, écrivain et philosophe

Agis en ton lieu, pense avec le monde », conseillait l’écrivain Edouard Glissant. Agis pour l’emploi et le pouvoir d’achat, n’oublie pas l’arène planétaire. Que le ring électoral fasse si peu cas du grand large laisse pantois. Voir, à gauche, la bourrée auvergnate remplacer L’Internationale donne à penser que la jeune garde montante ne voit rien à redire, sur le fond, à la politique étrangère du sortant.

Atlantisme, européisme, ethnicisme et urgentisme caractérisent la diplomatie de nos défuntes années, d’une désastreuse banalité. Elle semble se fondre dans l’air du temps au point d’inhiber le vieux devoir d’examen au pays même de l’esprit critique.

L’alignement sur les Etats-Unis Nous voilà donc phagocytés, via la pleine réintégration dans l’OTAN, par une Sainte-Alliance qui n’a plus d’atlantique que le nom. Son actionnaire majoritaire, seul décideur en dernière instance, tend à se substituer aux Nations unies qu’il instrumentalise ou bien marginalise en tant que de besoin.

L’abandon symbolique de notre singularité de pensée et de stratégie avait un alibi : faciliter la construction du « pilier européen de l’Alliance ». Vaste blague. Les Européens n’en veulent pas (l’Est moins que quiconque), et les Etats-Unis non plus.

Amor fati (l’amour du destin) ? Certes, « interopérabilité » oblige, et tralalas aidant, le brain-wash des Etats majors est chose acquise et, entre la DGSE et la CIA, plus une feuille de cigarette. L’imprégnation coloniale des réflexes est telle que plus personne ne s’étonne de voir Nicolas Sarkozy mettre la main sur le coeur pour écouter La Marseillaise et Alain Juppé s’exprimer en anglais à l’ONU. Soit.

Mais, quand on se résigne à un rôle de supplétif, la glissade le long du toit débouche sur des catastrophes mal déguisées quoique prévisibles. Qu’il ait fallu dix ans à nos socialistes pour prendre leurs distances envers l’occupation militaire de l’Afghanistan, où l’inepte le dispute à l’inique, n’est pas de bon augure.

La superstition européenne Passons sur le rouleau compresseur du libéralisme exaspérant de Bruxelles. Le rêve s’est évanoui et la fuite en avant dans le fédéralisme, réflexe classique en histoire lorsqu’une belle cause périclite, ne ferait que précipiter le retour au chacun pour soi. Par-delà la désuétude d’un logiciel entre démo-chrétien et social-démocrate, qui donnerait des rides précoces aux enfants de Jacques Delors, ce qui agonise, c’est la grande illusion selon laquelle il revient à l’économie de conduire la politique, et à une monnaie unique d’engendrer un peuple unique.

Comment passe-t-on d’une inscription administrative (le passeport européen) à une allégeance émotionnelle ? Pourquoi un habitant de Hambourg accepte-t-il de se serrer la ceinture pour un habitant de Dresde, mais non pour un Grec ou un Portugais ? Le cercle des économistes n’a pas ici compétence. La réponse à la question première, qu’est-ce qu’un peuple ?, relève de l’histoire, de l’anthropologie, de la géographie et de la démographie, voire des sciences religieuses, dont les adeptes, pour leur malheur et le nôtre, ne hantent pas le dîner du Siècle.

Puisqu’un concert suppose un chef d’orchestre, avec ou sans podium – la Prusse pour le Reich allemand ou le Piémont pour l’unité italienne -, il est normal, si l’époque est à l’économie, que l’Allemagne tienne la baguette. Le vrai problème pour nous, c’est l’engluement dans une géographie mentale en peau de chagrin où une mappemonde avec 195 capitales se réduit à deux clignotants, Berlin et Washington. L’alibi selon lequel la France n’est plus de taille valait-il cette autopunition masochiste : se faire couper le sifflet par un ectoplasme sans voix comme l’Europe des commissaires ? Celle-ci est grasse et grande mais sans vision ni dessein, inexistante à l’international (et notamment aux yeux des présidents américains) et sans ancrage dans les coeurs.

Qui célèbre en Europe le jour de l’Europe ? Qui entonne l’hymne européen – l’Ode à la joie n’a pas de parole ? Qui s’intéresse à son Parlement, hormis les professionnels de la profession ? Un falot pour éteindre nos Lumières ? Un comble !

Le marketing communautaire Comment un exécutif qui fait sa cour à nos diverses minorités religieuses ou ethniques pourrait-il faire prévaloir l’intérêt à long terme d’un pays et d’une vision du monde ? S’il n’y a jamais eu de mur étanche entre l’intérieur et l’extérieur, chacun sait, depuis François Ier, que c’est en isolant au mieux le géo-stratégique du domestique qu’on agit à bon escient. Ce n’est plus le premier ministre, mais le chef de l’Etat qui se rend aux convocations dînatoires du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Notre Zorro s’empresse auprès de la communauté arménienne, soutenu par des députés qui se prennent pour des représentants de leur seule circonscription, quand ils le sont de la nation. On flatte la communauté pied-noire pour chanter le positif de la colonisation. Et qui sait si demain quelque instance arabo-musulmane ne nous enjoindra pas de rectifier la position sur Israël ?

Minable méli-mélo tiraillant à hue et à dia. Le modèle américain joue comme leurre : la mosaïque multi-minoritaire d’outre-Atlantique est transcendée par un patriotisme messianique, adossé à un Dieu confédéral, ce que ne permet pas, en France, notre assèchement mythologique.

Le diktat de l’instant Papillonnante et télécommandée, une diplomatie de postures et de « coups » (de gueule, de bluff et de menton), sous projecteurs et sans projection, sied autant à l’ère du zapping qu’à un autodidacte ayant plus de nerf que d’étoffe. Ecervelée, cette façon de coller au fait divers et à la compassion du moment met immanquablement en retard sur les tendances et flux de la mouvante histoire.

Dialoguer avec l’ANC de Mandela, dans les années 1970, vous faisait déjà passer pour un idiot utile. Prendre contact avec les Frères musulmans ou une organisation chiite vous faisait, ces dernières années, regarder de travers. Un suspect devient un interlocuteur quand il a pris le pouvoir – jamais avant. Et il faut un séisme ou un tsunami pour inscrire un pays – Haïti, Indonésie ou Japon – sur l’écran-radar, d’où il disparaîtra une semaine après.

Qu’une direction élyséenne aussi frelatée ait pu mettre à son service nombre de vedettes « socialistes » ne s’explique pas par un humain désir de gyrophares, huissiers et caméras : à ces appétits charnels s’ajoutait sans doute une communauté de vues plus spirituelle. Supériorité intrinsèque de la civilisation occidentale, seule détentrice de principes moraux universels ; fascination pour les media-events tels que ces sommets aussi rutilants qu’inutiles ; mépris des experts et des compétences géopolitiques du Quai d’Orsay, au bénéfice de BHLeries aussi frivoles que contre-productives ; culte du « réactif » (agir sans anticiper ce qui résultera de son action) et des vanités d’image, au détriment d’un sens élémentaire de l’Etat. Ces conformismes sont à haut risque. Ils se payent par l’évanescence de nos politiques spatiales, aussi bien européenne qu’arabe, latino-américaine et asiatique.

Au lieu du rebattement de cartes qui s’impose, c’est la benoîte reconduction d’un train-train provincial et crépusculaire que fait craindre le mutisme socialiste. Quitte à ripoliner sa godille avec des grands mots qui chantent plus qu’ils ne parlent : « les droits de l’homme » (couverture impeccable, comme l’Evangile sous l’Ancien Régime), « la communauté internationale » (un Directoire représentant 20 % de la population mondiale) ; « la gouvernance mondiale » (la Cité calquée sur l’entreprise) ; « la Démocratie » avec majuscule (laquelle, de Périclès à la reine Victoria, admet le massacre des âmes et des corps barbares).

Présentera-t-on ces idées faibles, quand on les regarde de près, en idées-forces pour avaliser un business as usual ? Ce serait sympa mais casse-gueule. Une politique qui prolonge le boy-scoutisme par d’autres moyens (les ONG humanitaires en bras subventionné du Bien) déguise le jeu cru des intérêts mais rend celui-ci encore plus cruel. Aristide Briand a plus de charme que Clausewitz, mais on sait sur quoi a débouché la diplomatie des lacs de l’entre-deux-guerres – juin 1940.

Rappelons-nous que les interdépendances dérivant de la mondialisation exaspèrent les identités nationales et religieuses au lieu de les éteindre. Le monde qui découvre qu’il fait un ne s’unifie pas pour autant : l’Europe compte seize Etats de plus qu’en 1988. Dire oui à la paix et non aux nations, ignorer les Etats pour défendre les individus, c’est ignorer combien il en coûte d’humilier un peuple et que, partout où la puissance publique s’efface, triomphent l’ethnie, les mafias, le FMI et les clergés. Soit la guerre de tous contre tous.

Le pire n’est pas toujours sûr. L’envisager comme possible pourrait servir de garde-fou.

Article publié dans Le Monde du 15/03/2012


Né à Paris en 1940, Régis Debray participa aux guérillas d’Amérique latine et fut emprisonné en Bolivie (1967-1971). Il se consacra ensuite à la littérature avant d’être chargé de mission auprès du président Mitterrand pour les relations internationales (1981-1985). Créateur de la revue « Medium » en 2005, il est entré à l’académie Goncourt en 2011. Il publie « Rêverie de gauche » (Flammarion, 103 p., 10 €)

Régis Debray, écrivain et philosophe

Notre politique étrangère porte la marque d’une improvisation et d’une incohérence

Créé par le 08 fév 2012 | Dans : Blog du Che, Le Che, Une autre mondialisation

Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors du débat de politique étrangère au Sénat, le mardi 7 février 2012.

 

 
Monsieur le Ministre d’Etat, Je souhaite attirer votre attention sur la situation passablement chaotique qui se développe en Libye depuis la chute de Mouamar Khadafi :
Arrestations arbitraires, actes de torture relevés par des organisations humanitaires comme Amnesty International ou Human Rights Watch, comme ceux qui ont laissé mort l’ancien ambassadeur libyen à Paris, M. Brebech à Zentane, le 20 janvier 2012, ville où par ailleurs se trouve détenu Saïf Islam Kadhafi, traitement racistes de travailleurs africains, heurts armés, ainsi dans la ville de Beni Oulid, où un « Conseil des Anciens » issu de la tribu des Warfalla semble désormais s’être affranchi du gouvernement de transition, développement des féodalités locales fragmentant le pays, dissémination d’armes dans la bande sahélienne, avec les menaces qui recommencent à peser sur le Mali, le Niger, le Tchad, dissensions enfin à l’intérieur du Conseil National de Transition qui vient d’adopter une loi électorale fondée sur un système de listes pour élire la prochaine assemblée constituante. Or ce système de listes adopté sous la pression des Frères musulmans ne peut évidemment que leur profiter. Le CNT a aussi décidé de faire de la charia la source principale du droit et d’autoriser à nouveau la polygamie que la Libye était avec la Tunisie le seul pays arabe à avoir aboli. Vous nous confirmerez, M. le Ministre, si là était bien le résultat recherché et, sinon, quelles démarches le gouvernement français a entrepris auprès des autorités libyennes pour faire respecter les doits de l’Homme dont se réclamait la révolution libyenne soutenue par l’OTAN. Nous ne pouvons que nous interroger sur le fait de savoir s’il n’eût pas mieux valu à l’été 2011 rechercher une issue politique, comme il semble que cela eût été possible, sous l’égide de l’Union africaine. Vous-même, dans votre intervention du 12 juillet à la tribune du Sénat déclariez : « L’intervention militaire n’est qu’un moyen et non une fin ; la fin c’est la recherche d’une solution politique et nous y travaillons d’arrache-pied ». Vous évoquiez « un processus politique » et souhaitiez qu’une force de stabilisation internationale, de préférence une force de l’ONU, soit dépêchée sur place. C’eût été la sagesse pour favoriser une paix sans exaction, sans vengeance et sans esprit de revanche.
 

 

En réalité, nous sommes allés bien au-delà de la « responsabilité de protéger » qui était au fondement de la résolution 1973 adoptée le 17 mars 2011 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Vous avez interprété la résolution 1973 comme si elle fondait un droit d’ingérence pour permettre le fameux regime change, le changement de régime contraire au principe de non ingérence qui, jusqu’à nouvel ordre, guide la doctrine de l’ONU et constitue un principe de notre politique extérieure, réaffirmé y compris par l’un de vos prédécesseurs, M. Kouchner, à l’occasion d’un communiqué franco-chinois signé en avril 2009. J’ai encore dans l’oreille la déclaration du Premier ministre le 22 mars 2011 devant le Sénat : « Nous appliquons toute la résolution 1973 et rien que la résolution 1973 ». Or nous l’avons interprétée de manière très extensive. Ce jusque-au-boutisme a favorisé le désordre actuel. Vous me direz sans doute, monsieur le Ministre d’Etat, qu’il est trop tard pour revenir sur le passé.
Eh bien non ! Il n’est pas trop tard, car en allant bien au-delà de la résolution 1973, vous avez discrédité la notion de « responsabilité de protéger » que l’ONU avait adoptée en 2005, notion qu’elle distinguait bien évidemment du prétendu « droit » ou « devoir d’ingérence ». Distorsion telle que l’un des vrais concepteurs du principe de la responsabilité de protéger, l’ancien ministre des Affaires étrangères australien, M. Gareth Evans, s’en est ému dans un article récent. Et nous voilà projetés au cœur du drame syrien où la « responsabilité de protéger » serait bien utile mais ne peut s’exercer du fait de l’obstruction au Conseil de Sécurité de pays comme la Chine et la Russie qui s’étaient abstenus, le 17 mars 2001, sur la résolution 1973 relative à la Libye. Le précédent libyen pèse lourd en Syrie. La Russie soutient, certes pour des raisons intéressées, le régime de Bachar El Assad contre ce qu’elle appelle « l’ingérence étrangère » laquelle est en fait une révolution populaire où s’affirment des éléments islamistes extrémistes. Au-delà de la revendication de la liberté et de la démocratie pour le peuple syrien, n’y a-t-il pas de forces qui veulent transformer la Syrie en champ clos d’une rivalité autrement plus décisive entre l’Iran et l’Arabie Séoudite ? Et ne peut-on craindre, en toute lucidité, à la lumière de l’évolution de l’Irak, les conséquences qui s’ensuivront à terme pour des minorités, notamment chrétiennes, au sort desquelles la France déclarait n’être pas indifférente ? On en vient ainsi naturellement à l’Iran. La France se situe à l’avant-garde de l’embargo décrété par l’UE sur le pétrole iranien, au prétexte de conduire l’Iran à la table des négociations et d’éviter ainsi des frappes israéliennes. Cette attitude qui s’insère dans une logique de surenchère ne garantit pas la suite et comporte dans l’immédiat un effet certain qui ira l’inverse du but recherché : les puissances asiatiques, à commencer par la Chine, occuperont la place laissée vide par les Occidentaux.

Le Golfe arabo-persique cesserait ainsi, par la force des choses, d’être essentiellement orienté vers le monde occidental.

Une nouvelle étape de la désoccidentalisation du monde se profile ainsi à l’horizon ce qui explique une plus grande retenue américaine. Dans le même temps, dans le contexte des retraits occidentaux d’Afghanistan, se lève chez les Iraniens la crainte d’un encerclement de leur pays par un intégrisme sunnite dominé par l’alliance du Pakistan et de l’Arabie Séoudite. La France a-t-elle bien mesuré les risques d’engrenage ?

On comprend la circonspection de la Turquie de M. Erdogan. Celle-ci a pris une position d’arbitre. La Turquie est évidemment une puissance d’équilibre dans la région. Etait-il bien judicieux de nous la mettre à dos par le vote d’une loi prétendant écrire l’Histoire ?

Cette politique porte la marque d’une improvisation et d’une incohérence qui ne vous ressemble pas. Il serait temps que la France revienne à une politique à la fois plus réaliste et plus proche des principes qui sont traditionnellement les siens : refus de l’ingérence, respect de l’autodétermination des peuples et protection égale de tous. Un certaine retenue accompagnée d’un effort lucide d’impartialité et d’objectivité, seraient plus conformes à nos intérêts qu’une diplomatie qui semble puiser son inspiration dans une forme d’interventionnisme expéditif, proche de celui pratiqué en 2003 par les néoconservateurs américains beaucoup plus que dans la tradition réaliste de notre politique étrangère dont nous pensions qu’elle était aussi la vôtre.

 A lire dans le blog citoyen
 

Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens sera le thème du grand débat de L’AGAUREPS-Prométhée mardi 22 novembre 2012 à Mont de Marsan

Créé par le 21 nov 2011 | Dans : Gauche anti-libérale, Pour une autre Europe, Une autre mondialisation

    L’AGAUREPS-Prométhée vous convie à une réunion de débat et d’échange

le mardi 22 novembre 2011

à Mont-de-Marsan,

Hôtel des Pyrénées (20 avenue du 34° RI ou Régiment d’Infanterie)

à partir de 18 heures 30

Ordre du jour : (animation Xavier DUMOULIN)

-         La demi-heure de l’actualité politique et sociale :

     (Intervention de Francis DASPE)

   L’intérêt général : objet politique non identifié ?

-         Le grand débat de l’AGAUREPS-Prométhée :

(Intervention de Xavier DUMOULIN)

Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens 

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