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La « Tragédie du roi Christophe » racontée au présent, par Marina Da Silva, 9 février 2017

Créé par le 14 fév 2017 | Dans : Vive le blog citoyen

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Avec près d’une quarantaine d’artistes sur le plateau, Christian Schiaretti livre une version monumentale de « La Tragédie du roi Christophe » d’Aimé Césaire, une pièce-fleuve autour de la figure charismatique du chef de la première république noire, Haïti.

par Marina Da Silva, 9 février 2017

Pour Christian Schiaretti, directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne, la décentralisation passe par le Burkina Faso. Après Une saison au Congo (écrite en 1966), il met en scène, avec la même troupe, élargie, La Tragédie du Roi Christophe (1963), chef-d’œuvre flamboyant d’Aimé Césaire. Quarante artistes, dont une vingtaine de comédiens parmi lesquels le collectif Béneeré du Burkina-Faso, quatorze figurants, quatre musiciens et une chanteuse. La rencontre avec le collectif Béneeré — l’une des troupes les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest — a été déterminante pour Schiaretti, tant d’un point de vue artistique que personnel.

Lire aussi Yves Florenne, « Toussaint Louverture vu par Aimé Césaire », Le Monde diplomatique, août 1960. Le choix de Césaire — Christian Schiaretti a encore en projet de monter Une Tempête (1969), le dernier volet de la trilogie — s’est imposé pour mettre au devant de la scène la problématique de la colonisation et des indépendances, avec les comédiens du Pays des hommes intègres. Césaire a été « l’homme du vouloir-ensemble, c’est à dire de l’engagement par et pour le collectif, tout au long de sa longue action politique. Avec cette certitude, toujours affirmée, que les véritables avancées de la liberté et de la dignité ne sont pas celles qui s’octroient d’en haut ou d’ailleurs, mais celles qui se conquièrent — solitaires et solidaires — par la responsabilité collectivement assumée », selon les mots de Daniel Maximin, qui a été conseiller artistique pour la dramaturgie.

La pièce s’ouvre par un combat de coqs sur une place publique, véritable sport national en Haïti, et allégorie des querelles des politiciens. Le premier volatile figure Alexandre Pétion et le second Henri Christophe. En 1806, après la révolution et la proclamation de la première république noire du monde, en 1804, l’assassinat de Dessalines a provoqué la scission du pays entre le Sud (république d’Alexandre Pétion) et le Nord (royaume de Henri-Christophe). Christophe est couronné en 1811, sous le nom d’Henry Ier, et promulgue le Code Henry l’année suivante. Il veut conduire son peuple vers l’autonomie et inventer une culture nouvelle, puisant dans le modèle anglais d’une monarchie constitutionnelle et s’inspirant des traditions africaines. Mais une fois au pouvoir, l’homme qui a fait chuter le dictateur se transforme en tyran à son tour, sans tenir compte de la volonté de son peuple, en s’enfonçant peu à peu dans une solitude aveugle.

Lire aussi Christophe Wargny, « Les Spartacus de Saint-Domingue », Le Monde diplomatique, juin 2015. Césaire disait lui-même que La Tragédie du roi Christophe, qui représente un épisode authentique de l’histoire d’Haïti, était une œuvre complexe, qui se jouait en même temps sur trois plans différents : politique, humain et métaphysique. Un véritable défi pour la mise en scène, car pour Césaire « le théâtre est le moyen de mettre la poésie à la portée des masses, de donner à voir comme dirait Eluard » (1). Il a donné naissance « à un théâtre total, au développement multiforme et non linéaire, qui n’acceptera aucune contrainte, aucune règle de la dramaturgie classique. Poésie, prose, politique, danses, chants, rites, folklores, contes, films, tragique, burlesque, parodie s’y mêleront conformément à l’esthétique africaine mais aussi à l’esthétique européenne contemporaine », selon Jacqueline Leiner (2).

Des indications qui ont servi de canevas et d’inspiration à la mise en scène de Schiaretti, qui restitue les ambiances des quartiers populaires et des palais, les costumes des princes et les guenilles des pauvres, faisant fusionner tragédie et comédie, soliloques et dictons, poésie et langage cru. En fond de scène, dans une sorte d’estrade-habitacle en bois, un orchestre de chambre avec le compositeur Fabrice Devienne au piano, Henri Dorina à la basse, Aela Gourvennec ou Lydie Lefebvre au violoncelle, Jaco Largent aux percussions, interprète des musiques inattendues qui viennent sertir la voix jazzy et gospel de la chanteuse camerounaise Valérie Belinga.

Lorsque tous les artistes sont au plateau, c’est tout le peuple d’Haïti qui nous fait face. On a rarement le loisir de voir une telle distribution avec autant d’artistes de cette trempe. Marc Zinga interprète le rôle du roi Christophe avec incandescence, consumé de l’intérieur par une rébellion qui lui fait brûler sa vie par les deux bouts, jusqu’à ce qu’il soit frappé par un AVC, stoppé dans sa trajectoire. Comédien solaire, son jeu aimante tout comme la chorégraphie de ses partenaires de scène : Stéphane Bernard, Yaya Mbile Bitang, Olivier Borle, Paterne Boghasin, Mwanza Goutier, Safourata Kaboré , Marcel Mankita, Bwanga Pilipili, Emmanuel Rotoubam Mbaide, Halimata Nikiema, Aristide Tarnagda, Mahamadou Tindano, Julien Tiphaine, Charles Wattara, Rémi Yameogo, Marius Yelolo, Paul Zoungrana. Tous, dans leur présence et leur singularité restituent cette histoire de libération d’un peuple, glorieuse et malheureuse, qui continue à résonner si fort aujourd’hui.

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Créée au Théâtre national populaire de Villeurbanne du 19 janvier au 12 février.

Puis à la Scène Nationale de Sceaux, Les Gémeaux, du 22 février au 12 mars.

RÉPARER LES VIVANTS Bande Annonce (2016)

Créé par le 01 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

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Le scénario du film de Katell Quillévéré traite d’un don exceptionnel et particulièrement élevé, celui des organes humains sur donneur mort, en l’espèce, du cœur, en retraçant ces parcours et tranches de vie des protagonistes en prise à la mort, pour les uns, et à une nouvelle vie pour le receveur et ses proches.

Simon, adolescent plein d’entrain, laisse sa petite amie en plein sommeil nocturne, pour rejoindre ses copains surfeurs et prendre la direction de la mer, près du Havre. Après une séquence éblouissante de glisses sur les vagues, les trois amis s’en retournent en co-voiturage au petit matin. Sur la route, une catastrophe accidentelle provoque un traumatisme crânien au seul passager non attaché. Simon transporté à l’hôpital est très vite déclaré en état de mort cérébrale. Commence alors la longue et tragique annonce auprès de parents séparés et totalement désemparés face au drame. Le temps de l’acceptation du don d’organe vient rapidement succéder au mouvement de désarroi et de révolte. La recherche d’une volonté supposée de la part de leur fils conduit ces parents, Marianne et Vincent, à accepter ce prélèvement dans une démarche psychologique difficile mais courageuse.

Puis nous pénétrons soudainement dans la vie de Claire, musicienne, mère de deux garçons et malade du cœur. Condamnée à court terme, sa cardiologue la convainc de la nécessité d’accepter de s’inscrire pour recevoir un cœur en vue d’une éventuelle transplantation.

La séquence autour du prélèvement, avec des équipes médicales et soignantes fortement motivées par leur art dans une technicité à la hauteur de ce défi humain, nous plonge dans un univers extraordinaire pour le commun des mortels… Depuis cette qualité psychologique du coordonnateur dans son dialogue avec les parents en passant par l’agence de biomédecine qui régule les activités autour des prélèvements et des transplantations pour nous conduire ensuite dans les blocs opératoires. Celui de l’hôpital du Havre, d’où s’organise le prélèvement jusqu’à celui de la Pitié-Salpêtrière dans lequel nous vivons avec émotion la transplantation de cet organe vital en partageant cette psychologie ambiante d’une équipe solidaire et rigoureuse au professionnalisme très développé.

Dans l’alternance de scènes d’émotions et d’art professionnel, le scénario parfois dur, nous révèle la face encore trop méconnue de la transplantation d’organe. Tout le génie du film se situe dans ce mariage entre drame et espérance, issue fatale et rédemption, au travers d’une mise en scène réaliste et sentimentale d’une épreuve partagée par ces hérauts d’une chaîne de solidarité. Au-delà du documentaire sur cette question sociétale dans une conjoncture de manque tragique d’organes disponibles pour de potentiels receveurs, ce film porte en lui un message d’espérance. Il touche le cœur d’un public mieux informé sur les enjeux de santé publique des dons et prélèvements d’organes.

Dans ces chaînes de générations, celle du jeune Simon à celle de Claire, cette mère de famille de grands adolescents,  et  ces expressions d’amour et de solidarité dans ce don du cœur, le scénario mélange avec bonheur quête anthropologique et expression sublime de l’humain, irréductible à cette image galvaudée du consommateur d’une société de marché.

Xavier DUMOULIN

 

Quelques bons mots de Michel Rocard en vidéo : De la « misère du monde » à la politique « dégueulasse »…

Créé par le 03 juil 2016 | Dans : Vive le blog citoyen

 

Quelques bons mots de Michel Rocard en vidéo : De la « misère du monde » à la politique « dégueulasse »…

>> A lire aussi : VIDEO. Brexit, migrants, écologie… Les derniers combats de Michel Rocard

>> A lire aussi: Un «symbole de la gauche innovante» salué par la classe politique

 

« La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part. »

 

 

 

>> A lire aussi : VIDEO. Michel Rocard, père de la «deuxième gauche», est mort

 

 

« La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse. »

 

Hommage à Fidel Castro – Notre retour de Cuba la tête pleine des souvenirs du rassemblement de Playa Giron et de ces défilés du 1° mai 2016 dans l’allégresse et l’unité populaire

Créé par le 15 mai 2016 | Dans : Amérique Latine, Vive le blog citoyen

P1040505Le rassemblement de Playa Giron du mardi 19 avril dernier, jour de clôture du 7° congrès du PCC, commémorait le 55° anniversaire de la victoire du 19 avril 1961 dans la péninsule de Zapata (baie des cochons) sur l’impérialisme américain. Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain.
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Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain Une délégation de la santé au défilé du 1° mai 2016 à Jaguey de la province de Matanzas
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1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen
 manifestation du 1° mai 2016 à Jagueymanifestation du 1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain
1° mai 2016 à Jaguey
1° mai 2016 à Jaguey
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Lire les blogs de journalistes de CUBA en ligne sur le blog citoyen, socialiste et républicain

Créé par le 17 avr 2016 | Dans : Amérique Latine, Vive le blog citoyen

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