Vive le blog citoyen

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Pierre Guillou (Elus 2.0): «Les politiques doivent prendre le train du Web collaboratif»

Créé par le 23 sept 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

Recueilli par Jonathan Bouchet-Petersen dans Libé du 23/09/2011

79 députés sur 575 n’ont pas d’autre présence sur le Web que leur page Wikipedia. Et alors que près de 40 millions de français surfent sur Internet et que plus de 20 millions disposent d’un compte Facebook, un député sur cinq n’a pas de blog et seuls 10% des blogs sont des sites collaboratifs permettant le partage et le dialogue avec les internautes. Quant à Twitter, seuls 22% des députés y ont ouvert un compte. Tels sont quelques uns des enseignements de l’étude publiée hier par le site Elu 2.0. Les explications de son fondateur Pierre Guillou.

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Commotion, le projet d’un Internet hors de tout contrôle

Créé par le 02 sept 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

LEMONDE | 30.08.11 |

Une vingtaine de jeunes gens finalisent un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s'appuyer sur aucune infrastructure existante.

Une vingtaine de jeunes gens finalisent un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante.Conspiritech / Wikimedia commons

Un immeuble confortable et anonyme, au cœur de Washington, à quelques rues de la Maison Blanche. Dans une enfilade de bureaux au fond du 5e étage, une vingtaine de jeunes gens, surtout des garçons, travaillent discrètement, dans une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cette petite équipe, composée d’informaticiens, de juristes et de sociologues, est en train de réaliser l’utopie suprême des hackers et des militants libertaires du monde entier : un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante – ni relais téléphonique, ni câble, ni satellite. Ils seront mouvants, horizontaux, entièrement décentralisés et échapperont à toute surveillance, car le trafic sera anonyme et crypté.

Ce projet ambitieux – nom de code Commotion– est dirigé par Sascha Meinrath, 37 ans, militant de longue date de l’Internet libre et précurseur des réseaux citoyens – au sein du collectif de journalistes en ligne Indymedia, puis à l’université d’Urbana-Champaign (Illinois), un des berceaux du logiciel libre, et dans diverses start-up et ONG d’action sociale : « J’ai bricolé mon premier réseau autonome il y a dix ans. Les antennes étaient faites avec des boîtes de conserves. » Depuis ces temps héroïques, Sascha Meinrath a fait du chemin. Dans sa version actuelle, Commotion est un projet très officiel. Il est hébergé et financé par l’Open Technology Initiative (OTI), département high-tech de la New America Foundation, organisme prestigieux consacré à l’étude des grands problèmes de la société américaine, et présidé par Eric Schmidt, l’un des patrons de Google.

Grâce à cette tutelle, Sascha Meinrath dispose d’un budget annuel de 2,3 millions de dollars (1,6 million d’euros), auxquels est venue s’ajouter une subvention exceptionnelle de 2 millions, octroyée par le département d’Etat. En effet, les diplomates américains s’intéressent de près à la technologie des réseaux sans fil autonomes, légers et faciles à installer. Ils espèrent les déployer bientôt sur le terrain dans diverses situations d’urgence : dans des zones dévastées par une guerre ou une catastrophe naturelle ; dans les régions les plus déshéritées de la planète, où les populations sont privées de moyens de communication modernes ; et, enfin, comme « outil de contournement » dans des pays dictatoriaux, pour aider les dissidents politiques à communiquer entre eux et avec le reste du monde, en déjouant la surveillance policière et la censure. « Fin 2010, se souvient Sascha Meinrath, j’ai appris un peu par hasard que le département d’Etat avait décidé d’aider ce type de recherches. Nous avons déposé un dossier, en concurrence avec d’autres organisations, et nous avons été choisis. Les autres projets s’appuyaient en partie sur les infrastructures existantes, alors que Commotion les court-circuite entièrement. »

« LE SEUL OUTIL À APPORTER SUR LE TERRAIN, C’EST UNE CLÉ USB »

La subvention fédérale n’a pas suffi à transformer l’équipe de Commotion en fonctionnaires. Josh King, 28 ans, le responsable technique, a gardé son look très rebelle – vêtu de noir de la tête aux pieds, avec chaîne, piercing et cheveux en bataille… Son bureau est encombré d’appareils de toutes sortes, sur lesquels il fait des tests approfondis, car Commotion doit pouvoir fonctionner avec un assemblage hétéroclite. Ses logiciels transforment un routeur Wi-Fi ordinaire, un simple PC ou un smartphone en relais intelligents, capables de connaître en temps réel la configuration du réseau, et de trier les données pour les envoyer vers leurs destinataires, ou vers un autre relais, plus proche du but. Par ailleurs, Commotion peut être facilement raccordé au reste du monde : il suffit qu’un seul des appareils soit connecté à Internet pour que tous les autres profitent de l’accès. « En fait, résume Josh King, le seul outil indispensable à apporter sur le terrain, c’est une clé USB contenant les logiciels, qui doivent être installés sur chacun des appareils appelés à faire partie du réseau. » Depuis le printemps 2011, OTI propose des éléments de Commotion en téléchargement libre sur Internet. Une version de travail complète sera disponible en septembre, afin que des experts de tous les pays puissent l’étudier et faire des suggestions. Sascha Meinrath ne sait pas exactement qui télécharge quoi, car il ne garde aucune trace des internautes venant sur le site : « Si nous conservions une liste de nos visiteurs, nos serveurs pourraient être piratés par différents gouvernements – y compris le nôtre. »

Récemment, OTI a reçu des messages de militants du « printemps arabe », vivant en Egypte, en Syrie, en Libye, à Bahreïn et au Yémen : « Ils veulent se procurer Commotion, mais nous essayons de les dissuader. C’est trop tôt, il n’est pas sécurisé, ce serait risqué de s’en servir contre un régime répressif. Cela dit, si ça se trouve, des groupes clandestins utilisent déjà des versions provisoires, sans nous le dire. Certains interlocuteurs sont peut-être des agents au service des dictatures, mais peu importe, nous montrons la même chose à tout le monde. »

Sascha Meinrath se donne jusqu’à fin 2012 pour produire une version utilisable par le grand public. Pour aller plus vite, OTI s’approprie des systèmes mis au point par d’autres équipes. Pour la sécurisation, Commotion va intégrer les programmes du projet TOR (The Onion Router), inventé par une bande d’hackers allemands et américains pour circuler sur Internet en évitant d’être repéré. TOR a notamment été utilisé pour protéger les communications du site WikiLeaks –qui a divulgué en 2010 des masses de documents secrets appartenant au gouvernement des Etats-Unis. L’un des créateurs de TOR, l’Américain Jacob Appelbaum, fut un temps très proche de l’équipe de WikiLeaks. A deux reprises, en 2010, il a été arrêté par la police américaine, qui l’a interrogé sur ses activités au sein de WikiLeaks et a saisi ses téléphones et ses ordinateurs. Or, Jacob Appelbaum est aussi un ami personnel de Sascha Meinrath, qui fait appel à lui comme conseiller pour la mise au point de Commotion.

Pour expliquer cette situation paradoxale, Sascha Meinrath évoque la « schizophrénie » du gouvernement fédéral : « Parmi les responsables de Washington, il y a encore des gens formés pendant la guerre froide, qui rêvent de tout bloquer et de tout surveiller, mais il y a aussi des jeunes arrivés avec Obama, qui sont partisans de la transparence et de la liberté d’expression. En privé, de nombreux fonctionnaires du département d’Etat étaient en colère de voir leur hiérarchie critiquer WikiLeaks aussi violemment. Selon eux, l’affaire aurait pu être l’occasion de montrer au monde que les Etats-Unis savent défendre la liberté d’expression et la transparence, en toutes circonstances. »

A présent, Jacob Appelbaum participe à un vaste projet baptisé Freedom Box – un ordinateur basique et bon marché transformé en serveur crypté et sécurisé pour le grand public. Sascha Meinrath envisage d’intégrer Freedom Box au réseau Commotion, notamment pour bénéficier d’une fonction dite de « connexion différée » : « Par exemple, lors d’une manifestation réprimée par la police, un manifestant prend une photo avec un smartphone connecté à Commotion. Internet a été coupé ce jour-là dans le quartier par les autorités, la photo ne peut pas sortir du pays, mais grâce à Commotion, elle est stockée à l’abri, sur une freedoom box locale. Puis, dès qu’Internet est rétabli, la box envoie automatiquement la photo dans le monde entier. »

LES ENTREPRISES DE TÉLÉCOMS, ENNEMIS POTENTIELS

OTI songe à intégrer d’autres appareils expérimentaux, qui permettront aux utilisateurs de partager des masses de fichiers lourds, de faire transiter sur Commotion des appels téléphoniques passés avec des mobiles ordinaires, de transmettre des données dans toutes les gammes de fréquences, et même d’interconnecter plusieurs réseaux voisins : « En juillet, raconte Sascha Meinrath, une équipe d’hackers en camionnette a monté un réseau éphémère, couvrant une zone de 60 km sur 30, à cheval sur l’Autriche, la Croatie et la Slovénie. C’est la preuve qu’on peut fournir une connexion Internet à toute une zone frontalière, sans être physiquement présent dans le pays. » Commotion n’est pas prêt pour un déploiement dans les zones à risque, mais il peut déjà être testé aux Etats-Unis – par exemple, dans les quartiers pauvres des grandes villes, dont les habitants ne peuvent pas se payer d’abonnement Internet classique. A Washington, à Detroit, et dans une réserve indienne californienne, l’OTI est entré en contact avec des associations de quartiers et des groupes militants qui avaient entrepris de créer des réseaux sans fil sauvages, pour offrir aux habitants des accès Internet gratuits. Grâce à son expertise et à son carnet d’adresses, l’équipe d’OTI a fourni à ces amateurs une aide technique et financière décisive.

Cette fois, les ennemis potentiels sont les entreprises de télécoms, qui pourraient faire pression sur les autorités, pour qu’elles tuent ces initiatives citoyennes à coups de lois et de restrictions bureaucratiques. Sascha Meinrath est conscient de la menace : « Notre technologie va bousculer pas mal de choses, y compris aux Etats-Unis. Si les gens se mettent à construire leurs propres réseaux, le business model des groupes de télécoms va s’effondrer. Il faut s’attendre à ce qu’ils contre-attaquent brutalement. » Commotion devra aussi affronter l’hostilité des majors d’Hollywood, car il peut faciliter le piratage des œuvres sous copyright. Sascha Meinrath est à la fois fataliste et optimiste : « Que ce soit aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou ailleurs, qui va mettre en place ces réseaux alternatifs ? Pas des vieux, on le sait. Ce sont les ados qui vont s’en emparer. Ils s’en serviront pour contester l’ordre établi et aussi pour partager leur musique et leurs films. Ce sera peut-être négatif pour les détenteurs de droits, mais le bilan global sera très positif. »

Yves Eudes

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Megaupload : Cogent porte plainte contre Orange

Créé par le 02 sept 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

LEMONDE.FR | 29.08.11 |

Une page de téléchargement sur le site Megaupload.

Une page de téléchargement sur le site Megaupload.Megaupload

C’est un nouveau rebondissement dans la bataille des opérateurs autour des services de streaming et de téléchargement direct : Cogent, un fournisseur de bande passante établi dans de nombreux pays, a porté plainte contre Orange auprès de l’Autorité de la concurrence, révèle La Tribune. Cogent accuse le groupe français de ne pas fournir à ses clients (des sites clients, notamment) le service pour lequel ils payent.

La plainte de l’opérateur ne le mentionne pas, mais ce sont les services proposés par les sites Megavideo (streaming) et Megaupload (téléchargement direct) qui sont à l’origine du conflit. Ces deux services très populaires sont notamment utilisés pour télécharger illégalement disques, films ou séries télévisées : d’après un comparatif du site spécialisé TorrentFreak, Megaupload est le deuxième service de téléchargement direct le plus utilisé au monde.

Or, ces sites sont très gourmands en bande passante – un poste de dépense important pour les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Megaupload et Megavideo disposent d’un contrat avec Cogent. Les utilisateurs de ces services consomment également de la bande passante, fournie par leur FAI. Pour gérer au mieux leurs coûts, les FAI, comme Orange, SFR, Free ou Bouygues, disposent le plus souvent d’accords dits « de peering » avec les autres fournisseurs d’accès. Les opérateurs mesurent la quantité de bande passante consommée par leurs abonnés auprès de services hébergés par d’autres FAI : si les flux sont équilibrés, les deux opérateurs ne se refacturent pas de frais. Si les flux sont déséquilibrés, le FAI qui consomme davantage de bande passante verse une compensation à son homologue.

Début janvier, Megaupload et Cogent s’attaquent à Orange, en l’accusant de brider intentionellement l’accès aux services de téléchargement et de streaming. Megaupload et Megavidéo affichent alors des messages incitant les utilisateurs à se plaindre auprès d’Orange. Mais pour le FAI français, au contraire, Cogent et ses clients sont eux-mêmes responsables du blocage : le volume de trafic renvoyé par Cogent est plus de quatre fois supérieur à celui renvoyé par Orange.

Depuis, les deux opérateurs semblaient avoir trouvé un compromis : menacés d’un procès en diffamation, Megaupload et Megavidéo avaient retiré les messages incriminés, et concèdent que le débit pour les clients Orange a légèrement augmenté. Mais ce lundi 29 août, Cogent a relancé les hostilités, en confirmant avoir porté plainte contre Orange auprès de l’Autorité de la concurrence, et en affirmant envisager également des poursuites au niveau européen.

Pour Cogent, « l’opérateur français veut nous faire payer pour atteindre ses clients, et ce n’est pas normal. Il profite de sa position dominante pour cela, c’est injuste et c’est un viol des règles de la concurrence », estime le PDG de la société, Dave Schaeffer, dans une interview à La Tribune.fr. L’entreprise reconnaît que son trafic avec Orange n’est pas équilibré, mais pour M. Schaeffer, ce n’est pas anormal : « aucun opérateur international ne peut avoir un trafic équilibré avec seulement les utilisateurs d’Orange », juge-t-il.

Le Monde.fr

Qui contrôle Internet ?

Créé par le 02 sept 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

Revue de presse LEMONDE.FR | 01.09.11 |Cet article et son illustration n’engagent en aucune façon la rédaction du blog citoyen

Qui contrôle Internet ? dans Vive le blog citoyen 1566584_6_968b_la-carte-des-pays-ennemis-d-internet-ou-sous

La carte des pays « ennemis d’Internet » ou « sous surveillance », d’après l’organisation Reporters sans frontières.RSF

Après la publication de notre article consacré au projet Commotion, qui permet de créer des réseaux informatiques non censurés et faciles à déployer dans des pays dictatoriaux, de nombreux lecteurs nous ont interpellés pour savoir qui contrôle aujourd’hui Internet. En raison de  sa nature décentralisée, Internet n’est pas « contrôlé » par un unique organisme, état, ou entreprise. Contrairement à une idée répandue, le réseau n’est pas non plus une « jungle » totalement libre : à tous les échelons, de nombreux organismes exercent ou peuvent exercer un contrôle ou une censure sur les informations qui y circulent.

AU NIVEAU MONDIAL

Les stuctures les plus fondamentales d’Internet sont sous le contrôle de l’Icann, l’Internet corporation for assigned names and numbers. Cet organisme a un statut particulier, puisqu’il s’agit d’une société à but non lucratif, soumise au droit californien. Composé de nombreuses commissions, qui gèrent des problématiques structurelles, l’Icann encadre notamment les noms de domaine ou le fonctionnement des adresses IP (Internet Protocol, les « adresses » de machines et de sites sur le réseau).

La gouvernance de cet organisme stratégique fait l’objet de nombreux débats : plusieurs pays lui reprochent notamment la sur-représentation des Américains dans les différentes commissions. L’Europe et la Chine, notamment, demandent depuis plusieurs années une plus grande ouverture dans la gestion de la fonction Iana, la « racine » d’Internet, qui gère par exemple les noms de domaine en .com. Le pouvoir de l’Icann est fondamental, puisque l’organisation peut suspendre des noms de domaines entiers, comme elle l’avait fait pour le .iq irakien ou pour le domaine afghan.

Pour le bon fonctionnement du réseau, un organisme distinct de l’Icann est également chargé de fixer les normes techniques des technologies les plus courantes sur Internet, comme le langage HTML : le World Wide Web Consortium (W3C). Sa gestion est assurée conjointement par des experts américains, européens et japonais.

AU NIVEAU NATIONAL

S’il est décentralisé, le réseau reste cependant tributaire de la présence de câbles pour son bon fonctionnement : en l’absence de « tuyaux » suffisamment grands, le trafic peut être très fortement ralenti. Or, de nombreux pays sont dépendants, pour leur accès au réseau, d’un ou deux câbles sous-marins ou souterrains. En Afrique, des pays entiers voient leur accès tributaire des décisions des pays voisins ou des choix des entreprises privées.

Surtout, les pays disposent techniquement de la capacité de bloquer ou de censurer tout ou partie d’Internet. Durant les manifestations qui ont précédé la chute de Hosni Moubarak, l’Egypte a pu couper quasi-instantanément l’accès au réseau en faisant pression sur les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). En bloquant deux protocoles d’échange d’information vitaux, le pays a été coupé du reste de la Toile en quelques heures.

Sans aller jusqu’à ces extrémités, de nombreux pays exercent aussi un contrôle très fort sur le réseau. Des contenus contraires aux lois nationales sont ainsi bloqués dans la plupart des pays autoritaires, mais aussi dans des démocraties : en France, la loi sur les jeux d’argent en ligne permet d’ordonner le filtrage des sites qui n’ont pas reçu un agrément. En Australie, un vaste projet de filtre a été repoussé à plusieurs reprises devant les difficultés techniques et politiques. Ces systèmes de filtrage ne sont en effet pas infaillibles, mais les solutions de contournement peuvent être relativement complexes à utiliser.

L’organisation de défense de la liberté d’expression Reporters sans frontières publie chaque année un classement des pays qui censurent Internet. Dix pays sont classés par RSF comme « ennemis d’Internet » en raison de la censure draconienne qu’ils exercent sur le réseau. Parmi eux, la Chine, la Birmanie et l’Iran, où les activités des internautes sont également espionnées. La Russie, le Venezuéla ou la France sont, eux, classés comme « pays sous surveillance » en raison de lois en vigueur qui permettent de filtrer des sites Web.

POUR CHAQUE ORDINATEUR

Au sein d’un même pays, plusieurs acteurs peuvent exercer un contrôle sur la manière dont les utilisateurs accèdent à Internet. Les fournisseurs d’accès disposent théoriquement d’importants pouvoirs : ils peuvent par exemple bloquer ou ralentir certains types de trafic, par exemple le téléchargement en P2P. Depuis la création du Web, une règle non-écrite, dite de « neutralité du Net« , prévoit que les opérateurs ne font pas de discrimination des contenus circulant sur le réseau : quel que soit l’utilisateur ou le type de données, toutes les informations doivent théoriquement circuler à la même vitesse.

Mais les FAI, qui se plaignent d’engorgements suite au développement exponentiel du Web, souhaitent pouvoir, dans certains cas, s’affranchir de cette règle. Pour des raisons de gestion du réseau, estiment-ils, il serait par exemple souhaitable de pouvoir donner la priorité à certains « paquets » d’informations au détriment d’autres, comme les vidéos en ligne par exemple. Dans certains pays, et notamment aux Etats-Unis et au Canada, les FAI brident également la vitesse de connexion et la quantité de données téléchargeables par les internautes.

En bout de chaîne, l’internaute est également soumis au contrôle de son réseau local, s’il n’est pas directement connecté à Internet. En pratique, ce sont souvent les entreprises qui détiennent le plus de pouvoir sur la connexion d’un internaute. Il est en effet plus simple de filtrer un réseau de petite taille que de le faire à l’échelle d’un pays.

Damien Leloup

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Le Web chinois veut la vérité sur l’accident de train

Créé par le 30 juil 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

Par Julie Desné Publié dans Le Figaro le 27/07/2011 .

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Un proche d’une des victimes de l’accident de train de Wenzhou, qui a fait 39 morts samedi selon les bilans officiels, s’adresse mercredi aux médias. Crédits photo : STR/AFP

Les autorités, bien décidées à garder la main sur l’information, ont donné des consignes très strictes aux rédactions.

Le Web chinois veut la vérité sur l'accident de train dans Vive le blog citoyen coeur-

À Shanghaï

Après l’émotion, les questions. Un nombre croissant de voix s’élèvent en Chine pour demander des comptes après la collision meurtrière de deux trains samedi soir dans la province du Zhejiang, voisine de Shanghaï. Le ministère des Chemins de fer, dont le dernier bilan fait état de 39 morts et 192 blessés, invoque un problème de signalisation, à la suite des coupures de courant provoquées par un orage. Mais de nombreux internautes soupçonnent une erreur humaine dans un système de gestion du réseau ferroviaire connu pour sa corruption.

«Ne pas enquêter»

Cette vague de critiques n’a pas échappé aux autorités qui entendent garder la main ferme sur les informations publiées à propos de l’accident. Les rédactions chinoises ont reçu des consignes très claires. «Ne citer que les bilans officiels des autorités. Ne pas mentionner ces chiffres trop souvent et publier plutôt des sujets émouvants, comme les dons de sang, les taxis gratuits… Ne pas enquêter sur les causes de l’accident et utiliser les informations des autorités», somme ainsi une note du département de la propagande adressée aux médias chinois en début de semaine.

Mais c’est compter sans la Toile chinoise, qui ne cesse de soulever des questions depuis la nuit du drame. L’opinion publique s’est notamment émue de la décision des autorités d’enterrer certains des wagons passés par-dessus la rambarde du viaduc sur lequel a eu lieu l’accident, sans les avoir fait expertiser au préalable. Depuis, les débris ont été transférés dans une des gares de Wenzhou, la ville la plus proche, pour être examinés. Selon un sondage réalisé par la plate-forme Weibo, le Twitter chinois, 97% des internautes interrogés ne croient pas un traître mot des déclarations du ministère.

La presse officielle, elle, continue d’éluder consciencieusement la question de l’origine des accidents, titrant plus volontiers sur les efforts des sauveteurs pour aider les victimes et le montant des compensations aux familles fixé à 50.000 euros par foyer, dont 15.000 euros en liquide. À une exception notable près. Celle du Global Times, organe du gouvernement, qui note que «la société chinoise change et la démocratie publique éclate à l’ère de l’Internet, mais l’arrogance de certains officiels demeure». Le quotidien estime que plus de transparence ne pourrait être que bénéfique pour l’image écornée du gouvernement.

Bougies blanches

En attendant, des rassemblements s’organisent pour rendre hommage aux victimes. Mercredi soir, des milliers de personnes s’étaient réunies dans un grand parc de Wenzhou pour une veillée funèbre géante. La foule a scandé «Longue vie à Wenzhou!» ou encore «Allez Wenzhou!», avant d’entonner des chants patriotiques.

Sur la Toile chinoise, les appels à manifester sont plus offensifs. Avec le titre accrocheur: «On veut savoir la vérité», une vingtaine d’internautes de six provinces veulent constituer un «groupe d’enquête des citoyens». Rendez-vous a été donné vendredi soir devant les gares de Chine avec des bougies blanches, d’ordinaire réservées aux funérailles dans la tradition chinoise. L’appel restait cependant discret sur Weibo mercredi.

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