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Emmanuel Hoog : « Trop de mémoire tue l’histoire »

Créé par le 25 oct 2009 | Dans : Articles de fond, Vive le blog citoyen

« L’histoire est scientifique, la mémoire est politique, le souvenir est privé », écrivez-vous, pour constater qu’il y a aujourd’hui une confusion. D’où vient-elle ?

Notre demande de mémoire a grandi plus vite que notre capacité à produire de l’histoire. Voilà ce que j’appelle l’« inflation mémorielle ». Trop de mémoire tue l’histoire. Paradoxalement, faute de repères historiques clairs, nous nous réfugions dans la nostalgie, aggravée aujourd’hui par le phénomène d’Internet, qui fait mémoire de tout. Désormais, le concept s’est privatisé : on ne se contente plus du quart d’heure de célébrité promis à chacun par Andy Warhol, tout le monde veut sa part de mémoire, à travers lui-même, à travers le numérique.

Autrefois, il y avait une organisation de la mémoire fondée sur une raison critique, qui s’incarnait dans les bibliothèques, les musées ou les archives, mais cela n’a pas empêché l’émergence de toutes sortes de discours souvent caricaturaux sur l’Occupation, la Résistance ou la décolonisation. Le couple identité-mémoire fondé sur l’émotion a pris le pas sur le couple identité-histoire fondé sur la raison, créant un rapport de doute, d’interrogation sur ce que nous sommes.

Vous analysez aussi le concept d’identité nationale et ses dangers. Est-il mis en avant aujourd’hui à cause de cette confusion ?

La gêne est incontestable. D’autant plus grande lorsque l’on se dit européen, héritier des Lumières et appartenant au camp du progrès. Néanmoins l’histoire de France existe. Des savants comme Fernand Braudel ou Claude Lévi-Strauss ont interrogé son identité.

Sur le plan politique, des forces extrêmes se sont emparées de cette idée. Et elle est revenue sur le devant de la scène il y a quelques années, en particulier à travers la campagne présidentielle de 2007. Avec, bien souvent, des réponses maladroites qui renvoient à la faiblesse non pas historique mais politique de cette notion. La vraie réponse sur l’identité est culturelle, et non sécuritaire.

Justement, vous soulignez à quel point la culture structure l’identité française, et vous mentionnez la présence culturelle française à l’étranger. Mais la France, qui n’a pas su se doter d’une institution comme le British Council, remplit-elle vraiment son rôle culturel, internationalement ?

La situation française est paradoxale. A l’étranger, notre pays revendique sa culture comme un élément essentiel de sa présence au monde, et tient un discours très généreux sur l’ouverture à l’autre et les vertus de la diversité. Mais, lorsque nous portons un regard sur nous-mêmes, nous ne sommes pas au clair avec notre histoire ni avec notre culture, qui est aujourd’hui celle d’un pays pluriel, multicolore. La multiplication des commémorations, les récentes « lois mémorielles » me paraissent symptomatiques de ce malaise qui, au-delà des problèmes institutionnels, nous empêche peut-être d’être à la hauteur d’une ambition internationale pourtant maintes fois revendiquée, portée avant tout vers l’avenir.

Au début du livre, vous parlez de « déprime hexagonale ». Plus loin, vous décrivez « l’autoflagellation » comme « un sport national ». Comment expliquer cette passion française de se dénigrer ?

D’abord une forme d’égotisme, un plaisir à se regarder. Aussi le refus de regarder l’autre, de regarder l’avenir. Et puis, c’est une manière d’éviter que les autres nous jugent à notre place. Quand on a le sentiment d’avoir été au centre du monde, de lui avoir donné Montesquieu, la Déclaration des droits de l’homme ou les impressionnistes, imaginer que le monde pourrait se passer de nous est d’une violence extrême. Les Français se disent que l’Histoire n’est pas finie mais qu’elle pourrait désormais se faire sans eux. Etre déclassé, voilà la peur.

Politiquement, cette inquiétude est parfaitement identifiée. La volonté de se réinscrire dans la marche du monde fait l’objet d’une attention permanente de nos dirigeants. Avec une difficulté majeure : celle de la discordance des temps médiatique, politique et historique. La technique aidant, la mémoire, le besoin d’identité et d’appartenance à un groupe se glissent au coeur de cette désynchronisation. Les réseaux sociaux explosent : Facebook, Twitter, etc. Dans ces espaces-là, il n’existe que des groupes d’individus fondés sur des affinités électives, il n’y a pas de nation – ou du moins pas encore.

Face à ce que vous appelez « l’inflation mémorielle », vous plaidez pour la mise en oeuvre d’une politique de la mémoire…

Il y a toujours eu des politiques de la mémoire. Par exemple, je me suis aperçu que dans les fonds de l’INA il y avait toute l’histoire de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de toutes les colonies africaines. Quand la télévision algérienne voulait des images d’avant 1962, elle devait les acheter. J’ai proposé aux pouvoirs publics de les donner. Quand je suis allé porter ces documents en Algérie, j’ai reçu un accueil extraordinaire. Mais, dans la seconde, sur le Net, j’ai vu apparaître des « Hoog fellagha ! », des caricatures, des insultes, anonymes bien sûr. La construction d’un espace méditerranéen passera par une histoire partagée, sinon, ici aussi, la guerre des mémoires trouvera un terrain d’élection.

N’est-ce pas la preuve que cette politique est difficile à mettre en oeuvre ?

En effet : sur Internet, vous n’êtes plus face à « des foules sentimentales avec soif d’idéal », pour reprendre l’expression d’Alain Souchon, mais plutôt face à des masses anonymes avides de pain et de cirque. J’espère que cela n’aura qu’un temps. Comme le disait Voltaire, il faut cultiver son jardin.

Vous préconisez donc de « civiliser Internet ». N’est-ce pas illusoire ?

Internet n’est pas seulement un mode de transmission, un média. C’est aussi un espace de diffusion du savoir. Diffusion un peu désordonnée, voire problématique, comme le montre le débat actuel sur l’omnipotence des moteurs de recherche. Mais il doit devenir un nouveau forum. Bientôt nous voterons sur Internet. Mais, pour cela, l’internaute doit être traité en véritable citoyen, avec des droits et des devoirs. C’est à ce prix qu’Internet produira de la citoyenneté. Pour l’heure, dans la vie virtuelle, les internautes n’ont aucun droit, sauf celui de consommer, de se divertir.

Il s’agit en priorité de créer un habeas corpus numérique. Faire sur Internet pour le XXIe siècle le même effort que les pères de la démocratie moderne au XVIIIe. Retrouver un droit à l’intimité, une distinction plus claire entre espaces – ou services – public et privé, qu’Internet met à mal.

L’oubli est nécessaire : loin de moi l’idée d’organiser une amnésie collective, mais il est indispensable de redonner au citoyen un droit à sa propre histoire sur Internet. S’il faut passer son temps à sécuriser son passé, à désamorcer ce que les ordinateurs vous rebalancent à la figure en permanence, cela deviendra proprement infernal.

Vous portez un diagnostic sévère sur la situation actuelle, mais vous demeurez optimiste. Toutefois, dans le combat entre la vitesse et la durée que vous évoquez, la durée n’a-t-elle pas déjà perdu ?

Elle est mal-en-point. Nous sommes dans une phase de recul. C’est la désynchronisation des temps que j’évoquais. Mais je ne peux pas me résoudre à l’idée que notre société entre dans une ère de barbarie technologique. Je me refuse au pessimisme, c’est une affaire de tempérament et de volonté. Je pense que l’intelligence collective existe, la conscience démocratique aussi.

Propos recueillis par Josyane Savigneau

Le contrôle de l’Icann, un enjeu diplomatique

Créé par le 30 sept 2009 | Dans : Vive le blog citoyen

Pour Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la société de l’information et des médias, c’est « une ouverture historique« . L’administration Obama va présenter, au début du mois d’octobre, un nouveau document mettant fin au contrôle unilatéral des Américains sur l’organisme chargé de la principale ressource d’Internet, la gestion des noms de domaine. 

Peut-on y voir une victoire de la diplomatie européenne ? En mai 2009, Mme Reding lance un appel remarqué au sein de la communauté internationale à un nouveau modèle de gouvernance de l’Internet. Avant l’expiration de l’accord entre l’Icann et le département du commerce américain (DoC), le 30 septembre, la commissaire a proposé un Icann totalement privatisé et indépendant se conformant aux meilleures normes de gouvernance d’entreprise, notamment en matière de transparence financière et de responsabilité interne.

Elle prône aussi l’instauration d’un « G12 de la gouvernance de l’Internet » qui formulerait des recommandations à l’intention de l’Icann. « L’initiative de Mme Reding pouvait d’abord sembler hasardeuse, tant au sein de la Commission européenne, de telles déclarations ne faisaient pas l’unanimité », explique un observateur proche du dossier. « Mais elle est finalement astucieuse, Mme Reding anticipant six mois de vide politique. »

CONTEXTE DÉFAVORABLE POUR L’EUROPE

Car ces fermes déclarations de principe ne sauraient cacher l’état réel des forces européennes dans les négociations. « L’action européenne s’est déroulée dans le désordre. L’année 2009 n’était pas la plus propice pour négocier à propos de l’Icann », souligne l’expert. Renouvellement du Parlement et de la Commission, échéance du traité de Lisbonne… Le contexte européen était si défavorable que les négociations avec les Américains ont été menées en l’absence du commissaire concerné.

Le 1er septembre, une troïka européenne, composée par la présidence tournante de l’Union européenne (Suède et Espagne) et un fonctionnaire de la Commission, s’est malgré tout discrètement rendue à Washington, afin d’écouter les propositions de l’administration Obama. Cette visite, suivie fin septembre d’une tournée des délégués du Département du commerce en Europe, n’a fait l’objet d’aucune communication officielle. Mais d’après une source proche du dossier, les Américains ont appelé à lever la responsabilité unique de l’Icann envers le gouvernement américain. « Au lieu d’adresser un rapport tous les 3 ans au département du commerce américain, l’organisme pourrait en faire un pour des instances plus internationales, notamment consultable par l’Union européenne. La délégation européenne a trouvé la piste intéressante, mais ne s’est alors pas trop engagée », note cette personne.

Souvent qualifiée de modérée dans son approche, l’Europe a notamment manœuvré, peu après la création de l’Icann en 1998, pour obtenir une représentation internationale, même si elle uniquement consultative, au sein du Governmental Advisory Committee (GAC), une instance qui participe à la nomination du bureau directeur de l’Icann. Le rôle qu’a à jouer l’Europe fait l’objet de nombreux sommets et réunions, dont le récent EuroDig, organisé à Genève en partenariat avec l’Union européenne de radio-télévision et le Conseil de l’Europe.

RESSOURCE STRATÉGIQUE

Chasse gardée au nom des intérêts économiques américains durant le mandat de George W. Bush, la gestion des noms de domaine, enjeu économique et politique crucial au niveau mondial, s’entrouvrirait donc avec le président Obama. Mais le projet d’accord commun (Joint Project Agreement ou JPA), signé en 2006 et valable jusqu’au 30 septembre, ne représente en réalité qu’un tiers du problème. Les deux autres étant la dépendance de l’Icann au droit californien, et surtout, la gestion de la racine d’Internet, dite « fonction IANA« . « La volonté de M. Obama est de rehausser le niveau de protection des infrastructures stratégiques de l’Internet. Au moment de l’échéance de la fonction IANA, en 2011, la position américaine sera beaucoup plus inflexible qu’elle ne l’a été pour le JPA », prévient Bernard Benhamou, délégué aux usages de l’Internet auprès du secrétariat d’Etat au numérique.

« Avec sa décision, le gouvernement américain veut s’assurer qu’il n’y aura pas d’attaque politique européenne quand, en 2010, un rapport sera remis au secrétaire général des Nations unies sur le futur de la gouvernance d’Internet », poursuit un autre observateur qui préfère rester anonyme. Barack Obama compte aussi sur l’Europe pour défendre un « Internet libre », alors que des Etats comme la Russie et la Chine développent des solutions techniques qui pourraient concurrencer, voire perturber, le système des noms de domaines géré par l’Icann.

LES PAYS ÉMERGENTS EN EMBUSCADE

Depuis le sommet mondial de la société de l’information qui s’est tenu à Tunis à la fin de l’année 2005, l’hégémonie de l’Icann fait l’objet de critiques, notamment de la part des pays émergents. « Avec la montée démographique et économique de la Chine, la banquise Internet risque de se disloquer », souligne un autre proche du dossier. « La Chine est déjà indépendante. Elle a un DNS [système de noms de domaine] en chinois, et il y a déjà plus d’internautes chinois qu’américains ; il lui suffit d’attendre », poursuit-il. De fait, le pays compte désormais 338 millions d’internautes ; une progression de 1 400 % en dix ans… « Le Brésil prend des positions très offensives contre l’Icann. Mais soucieux de préserver ses accords commerciaux avec les Etats-Unis, il ne fera pas grand-chose. L’Inde a une position ambiguë. Le maintien de l’anglais est un avantage stratégique. Les autorités indiennes jouent sur les deux tableaux : prônant une ouverture aux langues locales, mais pas de manière agressive, pour éviter les tensions entre communautés », poursuit-il.

La remise en cause de l’Icann se fait dès lors en ordre dispersé, inspirée par des intérêts et des visions particuliers. D’autant plus qu’avant son prochain sommet à Charm el-Cheikh en novembre, le Forum de gouvernance de l’Internet, émanation onusienne issue du Sommet mondial de la société de l’information de 2003, tout comme l’Union internationale des télécommunications, pensés comme de possibles alternatives à l’Icann, suscitent aussi des critiques, notamment de la Chine.

La gouvernance d’Internet souffre enfin de la comparaison avec la relative efficacité d’autres négociations internationales, comme celles sur le climat. « Plutôt que de résoudre tous les problèmes du réchauffement climatique en un seul accord, les négociateurs ont essayé de s’entendre sur un certains nombre de faits basiques », souligne John Mathiason, professeur à l’université de Syracuse aux Etats-Unis et spécialiste d’Internet. Même avec la politique d’ouverture du président Obama, la perspective d’un accord rassemblant tous les Etats demeure lointaine.

Laurent Checola

LEMONDE.FR | 29.09.09

Hadopi 2 : le PS saisit le Conseil constitutionnel

Créé par le 29 sept 2009 | Dans : Gouvernement, Parti socialiste, Vive le blog citoyen

Les députés PS ont déposé, lundi 28 septembre, devant le Conseil constitutionnel un recours contre la loi Hadopi 2 sur le téléchargement illégal. Dans la saisine, dont Ecrans.fr publie des extraits, les députés socialistes estiment que la loi Hadopi 2, définitivement adoptée par le Parlement le 22 septembre, « encourt les mêmes critiques » que la loi Hadopi 1, en partie censurée par le Conseil constitutionnel le 10 juin. Ils « estiment nécessaire que soit soulevée la question de la constitutionnalité de l’ensemble de la loi ».

En juin, les « sages » de la rue de Montpensier avaient censuré la principale disposition de la loi Hadopi, qui permettait à une haute autorité administrative de suspendre l’abonnement à Internet après deux avertissements, estimant qu’elle mettait en cause la liberté d’expression et de communication. Le gouvernement avait donc revu sa copie en proposant dans un nouveau texte de loi que ce soit un juge, et non plus cette haute autorité, qui prenne cette décision. Pour éviter d’encombrer les tribunaux, tout en maintenant un traitement massif, le gouvernement a opté pour l’ordonnance pénale. Il s’agit d’une procédure simplifiée, devant un juge unique, sans audience, ni débat contradictoire.  

« UN HABILLAGE COMMODE »

Selon la saisine des députés PS, « cette intervention judiciaire ne constitue qu’un habillage commode pour contourner la décision » du Conseil et ne respecte pas le droit à un procès équitable et la présomption d’innocence. « Le législateur n’a pas renoncé à mettre en place un système disproportionné et approximatif de sanctions incompatible avec nos principes constitutionnels, estiment les députés PS. Ces nouvelles procédures n’offrent pas aux justiciables les garanties procédurales suffisantes au regard des sanctions encourues. » Finalement, pour le député socialiste de Paris Patrick Bloche, « la loi Hadopi 2 porte une grave atteinte à la liberté d’expression, assurée par l’accès à Internet ».

Autre problème soulevé par les parlementaires socialistes : la remise en cause du principe d’égalité devant la loi pénale. La suspension de l’accès à Internet sera délicate dans les zones non dégroupées, pour lesquelles les fournisseurs d’accès peuvent difficilement couper Internet sans toucher à l’offre de téléphonie ou de télévision. Dès lors, pour les députés socialistes, « il est manifestement contraire au principe d’égalité devant la loi pénale d’établir une sanction dont la mise en œuvre ne sera pas la même sur l’ensemble du territoire national et dépendra des contingences techniques ».

Vous pouvez retrouver le texte complet du recours des députés socialistes sur le site des Echos.fr.

LEMONDE.FR | 28.09.09

Que contient Hadopi II ?

Créé par le 17 sept 2009 | Dans : Vive le blog citoyen

L‘Assemblée nationale a adopté mardi le projet de loi dit Hadopi II contre le téléchargement illégal, par 285 voix contre 225. Retour sur les principaux aspects du texte.

  • Suspension de l’abonnement Internet, amende et prison

La principale mesure du projet de loi reste la « riposte graduée ». Les internautes suspectés de téléchargement illégal recevront deux avertissements : un e-mail, puis une lettre recommandée. A la troisième infraction, les contrevenants encourent la suspension de leur abonnement Internet pour une durée maximale d’un an, mais également une amende, voire d’une peine de prison, ainsi que le paiement de dommages et intérêts aux ayants droit.

Le texte présenté aux députés prévoit que les internautes reconnus coupables de téléchargement illégal devront s’acquitter d’une amende de 1 500 euros ou, en cas de récidive, de 3 000 euros, tarif prévu pour les contraventions de cinquième catégorie. Les plus gros pirates pourront être poursuivis pour contrefaçon, dans une procédure classique qui les expose à une amende de 300 000 euros et à une peine de trois ans prison.

  • Le retour du juge

Selon la décision du Conseil constitutionnel, seule l’autorité judiciaire peut décider de la suspension d’un abonnement Internet. Les agents de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) seront dotés de prérogatives de police judiciaire pour constater les téléchargements illégaux et constituer les dossiers qu’ils transmettront au parquet. Il appartiendra ensuite au juge de prononcer les sanctions et de trouver l’équilibre entre droits d’auteur et protection des droits des internautes.

Pour éviter d’engorger les tribunaux, le projet de loi prévoit le recours à une procédure accélérée, l’ordonnance pénale : un juge unique rend une décision écrite sur la base d’éléments probants, sans débat contradictoire préalable, et sans être tenu de la motiver. En cas de « préjudice lourd » ou si les internautes forment opposition à cette décision, les parties seront convoquées par un juge unique devant le tribunal correctionnel. Selon les prévisions du gouvernement, 50 000 notifications de suspension d’abonnement Internet seront envoyées chaque année.

  • Obligation de sécuriser sa connexion Internet

Le projet de loi introduit le délit de « négligence caractérisée ». Les abonnés sont responsables de leur connexion Internet. Après avoir reçu un premier courrier recommandé, ils s’exposent à une amende de 1 500 euros et à une suspension de leur abonnement pour une durée maximum d’un mois s’ils ne sécurisent pas leur accès « en bon père de famille ». Il reviendra aux juges d’établir l’absence ou non de moyens de sécurisation compatibles avec la configuration de l’ordinateur et du réseau.

Le Monde.fr du 15/09/09

Pas vraiment net !

Créé par le 16 sept 2009 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

Avec Hadopi 2, le gouvernement réussit à faire adopter par sa majorité un mécanisme de contrôle  permettant de sanctionner l’internaute fautif, ce téléchargeur voyou qui violait jusqu’alors la propriété intellectuelle en toute impunité. Sous l’impulsion de Frédéric Mitterrand qui a repris ce dossier difficile, les droits d’auteurs seraient à présent mieux défendus avec cette possibilité de priver les coupables d’accès à internet.

Ces terribles internautes, potentiels délinquants, ne cessent d’être stigmatisés par une élite qui entretient ses liens privilégiés avec les médias officiels. Lesquels, c’est écrit dans la presse, ne racontent jamais de bêtises. Tout ce qu’ils disent, publient et diffusent fait l’objet d’une large critique préalable. On ne cherche pas l’émotion, encore moins le scandale. La presse régionale, la presse people, les radios et les chaines privées illustrent à merveille cette déontologie professionnelle. Vous l’avez tous constaté et ça se passe de commentaires !

Le Net, par nature, ouvre la voie à toutes les aberrations et peut même constituer une source de désinformation ou d’imbécilisation des esprits. Mais c’est là un autre débat qui rejoint celui de la profusion médiatique actuelle qui cache mal l’absence de pluralisme et d’originalité. Nous pourrions même concéder au conseiller Guaino quelque part de vérité dans son assimilation de la transparence au totalitarisme si sa dénonciation ne visait pas ce cas d’humour de fort mauvais goût qui frise la délinquance raciste. Cette adversité frénétique envers les blogueurs fait suite à l’impossible censure des vidéos à succès faciles mettant à mal tel ministre ou président se laissant aller en public à quelques vilains mots.

En répliquant avec une mauvaise foi avérée aux blogueurs qui les titillent, nos dirigeants se prennent les pieds dans le tapis. Ils ne feront croire à personne que la différence, de nature commerciale, entre les médias d’entreprise et les blogs amateurs justifie cette farouche dénonciation du Net qu’ils peinent à contrôler.

Etudiant en droit, j’apprenais que nul ne peut arguer de ses propres turpitudes. Lorsque celles-ci s’affichent sur la toile, nos importants, pris en flagrant délit de grossièreté publique, gagneraient à se montrer plus fair-play et à en tirer les conséquences pour l’avenir. S’ils devaient pour cela mieux se tenir ne s’en trouverait-on pas tous mieux ? En attendant ne faut-il pas envisager de leur verser des droits d’auteurs ? ou, à défaut,  priver les blogueurs indélicats à leur encontre de l’accès au net ?

X D

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