L’honneur de Jean Pierre Chevènement

Créé par le 23 déc 2006 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, Articles de fond, Le Che

 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16657 Jean Pierre Chevènement au meeting de la salle Japy

L’honneur de Jean Pierre Chevènement
par Xavier Dumoulin (IP:xxx.x03.98.246) le 16 décembre 2006 à  11H01

Qu’ils sont sévères ces pourfendeurs de la chevènementie ! Pas de mots assez durs pour stigmatiser la posture du Che et de ses amis. Aucun argument ne sera épargné. Amalgames, inexactitudes, jugements péremptoires…Il faut hurler avec les loups ! Comme ils ont la mémoire courte ces  blancs-becs arrogants et donneurs de leçons.

Tout a commencé bien avant la fatwa de Lionel Jospin, ce mal aimé des français. Nous sommes à Epinay en 1971. Un jeune statège travaille avec ses amis qui ont investi la vieille maison de la SFIO. Il est prêt à soutenir un certain François Mitterrand sur une ligne de rupture avec le capitalisme et d’Union de la Gauche. C’est chose faite en 1971 à Epinay grâce à l’appui du CERES. Jean Pierre écrit le projet socialiste et négocie aux côtés de F Mitterrand le programme commun. Tout ceci reste incontestable. Nous voici à Metz en 1979 avec l’affrontement des deux lignes: celle de Rocard (la société civile,contre le jacobinisme et l’étatisme,contre les nationalisations franches, le plan etc.) et celle de la fidélité à l’Union de la Gauche (« entre le plan et le marché il y a le socialisme » disait alors Fabius). A votre avis où se situe Jean Pierre Chevènement ? La victoire interne  de « la ligne de Metz », toujours avec le CERES,  permet ensuite celle de 1981 par le rassemblement des forces de gauche. Jean Pierre Chevènement qui avait été chargé de l’élaboration du projet socialiste (à l’origine des cent dix propositions de François Mitterrand), devient Ministre d’Etat (Industrie et Recherche). Il mène une action vigoureuse pour la recherche. 1983. Mitterrand hésite puis choisit d’ouvrir la parenthèse libérale avec l’arrimage du franc au SME et la politique de l’offre. Démission de Jean Pierre Chevènement qui mène la bataille au congrès de Bourg en Bresse. Ce diable de CERES est toujours bien vivant. En toute responsabilité, il choisit la synthèse. 1984 ; rappel de Jean Pierre Chevènement après l’échec du GSPULEN (A Savary échoue dans sa tentative d’unifier le service public de l’éducation nationale). Chevènement relève le défi de l’intelligence: « lire, écrire et compter » , « quatre vingt pour cent d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat ». Une impulsion forte qui remet les vrais enjeux au centre du débat. Jean Pierre Chevènement et ses amis changent le CERES en Socialisme et République, revenant aux sources de la pensée socialiste ; celle de Jaurès. Après la reconquête du pouvoiren 1988- je devrais dire l’exercice pour parler comme Léon Blum-  Jean Pierre Chevènement est tout naturellement investi d’un grand portefeuille : celui de  la Défense  Ce n’est pas surprenant puisque depuis très longtemps il oeuvre avec Charles Hernu pour une politique de dissuasion et a su faire adopter ce principe avant l’arrivée de la Gauche au pouvoir. La stratégie gaullienne de la sanctuarisation de notre territoire est cohérente avec la stratégie du refus de la politique des blocs. Elle autorise la France à rester hors du commandement intégré de l’OTAN.

La première guerre du Golfe se dessine. Nous sommes dans le début des années quatre vingt dix (période de l’écroulement du bloc soviétique). Jean Pierre Chevènement se désolidarise et refuse l’alignement de la France sur les Etats Unis. Ce n’est pas la guerre du droit mais celle du pétrole qui annonce la seconde guerre impérialiste de G.W. Bush (et entre temps l’embargo et ses milliers de morts). Jean Pierre Chevènement prend le risque de s’isoler. Sa démission est finalement acceptée par F Mitterrand.

Avec le traité de Maastricht, il faut tout le tempérament de Jean Pierre pour s’opposer à F. Mitterrand et au parti socialiste. L’Europe libérale est devenue l’horizon des socialistes ! Le mouvement des citoyens rassemble des militants qui refusent cette allégéance au libéralisme et veulent relever la France, la Gauche et la République. Avec la Gauche plurielle Jean Pierre Chevènement reprend du service à l’Intérieur. Il agit avec équilibre sur les questions de sécurité (cf les récents compliments de Ségolène Royal), promeut l’inter-communalité et règle la question des sans papiers. Advint alors la question Corse. Dans son dos, Jospin et son directeur de cabinet préparent la partition de la République (l’histoire leur donnera tort avec le référendum en Corse). Jean Pierre Chevènement démisionne. Emile Zucarelli est d’accord avec lui.

Nous voici dans la campagne des présidentielles en 2002. Au dessus de la Gauche et de la Droite il y a la République ! C’est toujours vrai ! Sauf pour Monsieur Sarkozy, peut être avec ses penchants communautaristes et sa fascination pour l’Amérique. A l’extrême gauche, sous réserve d’inventaire, les approches évoluent dans le bon sens (C Piquet de la LCR publie »La République dans la tourmente » et Monsieur Mélenchon -qui ne sait pas toujours où il habite- reconnaît des vertus à la République). En 2002, disais-je Jean Pierre Chevènement entend relever la France « en faisant en tous points retour à la République ». Quelle ringardise pour tous nos pourfendeurs de cet ordre juste cher à Ségolène Royal. Traversée du désert face aux conservatismes des bien-pensants. Jean Pierre Chevènement et ses amis tiennent bon. Un aveu : ils font bien de se délester des soi disants souverainistes qui ont su brouiller les cartes (à la différence des éléments sincères possédant cette sensibilité forte sur la souveraineté populaire). Jean Pierre Chevènement mène tout naturellemnt une campagne énergique et crédible pour le « Non républicain » au référendum du 29 mai 2005. Son argumentation s’inscrit dans le droit fil de son action contre l’Europe de Maastricht. En joignant l’acte à la parole, le mouvement de Jean Pierre Chevènement a préparé de longue date cette grande victoire populaire. 

 Et nous voici dans le temps présent de cette nouvelle campagne présidentielle. Dans le droit fil de sa pensée exprimée dans son dernier et riche ouvrage « La faute de M. Monnet » et en phase avec la ligne du Mouvement Républicain et Citoyen, Jean Pierre Chevènement repart à l’assaut du libéralisme dans une élection majeure pour la France. Il ouvre sa campagne avec brio dans un grand meeting à la salle Japy. Ruse de l’Histoire : les socialites un peu déboussolés par la liberté de ton de leur candidate se résignent à négocier avec le MRC. On connaît le résultat et il faut s’en réjouir car Jean Pierre Chevènement qui veut être « l’instituteur républicain » dans cette campagne (discours de Japy) est aujourd’hui encore mieux entendu. Quelle constance ! Quelle détermination ! Quelle abnégation ! Avec une intelligence et une cohérence reconnues de tous, Jean Pierre Chevènement est à mes yeux l’honneur de la Gauche. Il se situe « du point de vue le plus élevé c’est à dire le moins encombré, « . Il y a du Jaurès et du Mendes-France dans cet homme. Avec lui, il reste un avenir.

DUMOULIN – 10.12.2006 – 06h44

Jean Pierre et Ségolène : un courant qui passe

Créé par le 23 déc 2006 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Projet politique

 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16655#commentaire253355

 par Xavier Dumoulin (IP:xxx.x03.33.127) le 15 décembre 2006 à  07H56

Il ne faut pas stigmatiser des positions pour dénoncer sans arguments de fond. Visiblement notre journaliste ne connait rien du projet de Jean Pierre Chevènement. Je l’invite à découvrir la République européenne dans son dernier ouvrage : « La faute de Monsieur Monnet ». Il verra que l’approche des questions internationales et européennes sont au coeur de sa réflexion. C’est une pensée éclairée sur le Monde et l’universel. L’approche historique et la philosophie politique fondent un regard lucide sur la situation présente. Jean Pierre Chevènement part de la réalité du cadre démocratique aujourd’hui en Europe : celui des Etats. Il envisage une réorientation de l’Europe à laquelle il assigne des objectifs nouveaux: rompre avec la logique d’une Europe de la mondialisation libre échangiste au profit d’une Europe des coopérations à géométrie variable, d’abord préoccupée par la croissance, le développement durable et l’emploi. Cette Europe doit s’ouvrir au Sud (Afrique) et à l’Est (Russie) en favorisant des coopérations économiques utiles au développement. Cette vision est au coeur du projet de JPC. L’accord MRC-PS traduit une maturité des approches dans ce domaine et il faut s’en réjouir. Bien sûr, il n’est pas aisé d’aller à contre-courant de l’idéologie dominante du libre échange et de son bras armé: l’OMC. C’est pour cela que l’union autour de Ségolène Royal est importante car elle peut barrer la route au candidat du capitalisme mondialisé, de surcroît atlantiste et communautariste.

Aller vers les gens

Créé par le 23 déc 2006 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Ségolène Royal

Ségolène Royal a sans doute raison d’inciter à aller vers les gens. En démocratie la participation de tous aux élections c’est un enjeu majeur. C’est déjà une posture de vouloir parler avec les gens de peu, ceux qui se sentent exclus du système. Mais il faut que les réponses soient en cohérence avec le projet. Et ça c’est aussi une question majeure.

DUMOULIN – 17.12.2006 – 08h01

Petits calculs ou grands défis?

Créé par le 23 déc 2006 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Contre le candidat du capitalisme mondialisé

 sarkozy.jpgLa République a besoin de relever de grands défis. Face à la crise économique et morale un candidat à la fonction suprême doit incarner cette capacité à rendre les français plus grands qu’eux-mêmes. Monsieur Sarkozy affiche une autre intention. Il a le mérite de la franchise. Etre élu Président : il y pense en se rasant. La fonction présidentielle est pour lui à l’image de sa gestion ministérielle. Orientée vers sa promotion personnelle et non sur le règlement des questions essentielles. Tout est communication, le fond c’est de l’habillage. Force est de constater que ça marche un peu. En reprenant le tréfonds des idées lepénistes tout en se posant en républicain sincère, Monsieur Sarkozy a pu même égarer quelques hautes figures intellectuelles.

Xavier DUMOULIN 20.12 à 06h46

La politique de la preuve

Créé par le 23 déc 2006 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Ségolène Royal

Xavier DUMOULIN
C’est incensé de prétendre régler les problèmes des personnes sans domicile fixe sans prendre en compte l’ensemble des causes à l’origine des situations. Notre société génère de l’exclusion. Quels sont les processus en oeuvre? Ils sont nombreux et souvent cumulatifs (privation d’emploi, isolement, bas revenus, emploi précaire, santé, etc). On estime que trente pour cent des personnes sans domicile fixe ont un travail. Les politiques du logement et des revenus sont sans doute au premier chef concernées : action en direction des bas salaires et des minima sociaux, revenu de solidarité active pour favoriser la reprise de travail des « bénéficiaires » du RMI, obligation des collectivités en matière de construction de logements sociaux, etc. Mais surtout ne convient-il pas d’inverser l’ordre des priorités dans la gestion économique et sociale? La machine à exclure fonctionne à plein régime et il est tabou de prétendre changer la donne. C’est d’abord en coordonnant l’ensemble des politiques (santé, protection sociale, emploi …) que se préparent les réponses à la hauteur de l’enjeu. La question sociale est au centre des débats. Et les résultats de cette politique doivent être suivis, communiqués, réfléchis et discutés. Ce serait un vrai changement de méthode!.  Samedi 23 Décembre 2006 – 10:38

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