Bella Ciao

Créé par le 05 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

Bella Ciao

« Et voilà qu’à mon tour, je sacrifie à la mode de l’egocentrisme. Je ne vaux pas mieux que mes congénères, pire, je suis peut-être pire qu’eux puisque j’entreprends d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi. Je ne me pose pas la question de savoir si l’épreuve que nous traversons mérite d’intéresser quiconque. Écrire m’apparaît comme le seul moyen de résister, résister à ma manière, non pas à l’invasion des Allemands, mais à la maladie de l’homme que j’aime, un homme qui n’est plus celui que j’ai aimé. Moi non plus, je ne suis plus celle qu’il a aimée. J’ai pris conscience, il y a bien longtemps, qu’il existait plusieurs versions de soi-même. » 

Le rapport à la maladie de Parkinson, la vie de couple perturbée dans une relation d’amour qui n’endigue pas l’épuisement, générant parfois la colère, sont évoqués dans une totale sincérité et laissent place à l’interrogation sur la nature humaine.

Dès les premières pages de son récit de vie avec Max, Marielle soulève la question de la dualité de l’être – « il existe plusieurs versions de soi-même » qui peuvent être « concomitantes » – dans « une multiplicité de temps individuels, superposés mais discordants ». Tout est rassemblé en quelques phrases. Mais au fond cette problématique n’est elle pas beaucoup plus large?

La maladie exacerbe à l’évidence ce difficile rapport à l’Autre. Elle ne saurait résumer les contradictions de l’existence. Marielle évoque sa vie compliquée avec ses trois enfants issus de trois pères, constat d’une vraie difficulté dans la vie de couple. Avec cette situation rocambolesque des retrouvailles des époux Gallo dans la garçonnière de Max pour s’adonner aux jeux de l’amour, loin des risques de promiscuité avec leurs enfants respectifs qui pourraient faire irruption dans la chambre d’amour quand Julien, le fils de Max déjà trentenaire au moment de l’écriture du roman, avait fait élection de domicile chez son père, Max refusant la recomposition parentale sous un même toit.

Ses moments de tendres complicités, Marielle en parle avec pudeur et drôlerie évoquant  quand même ses tenues affriolantes et ses talons aiguilles avec sa garde robe, précieusement rangés dans leur nid d’amour. Lire la suite »

Louis Gallois : « La mesure sur les APL est aveugle et frappe les plus pauvres »

Créé par le 24 juil 2017 | Dans : Santé-social-logement

« La baisse des aides au logement va mécaniquement aggraver la situation de ménages », ajoute le président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

LE MONDE | 24.07.2017 à 06h45 • Mis à jour le 24.07.2017 à 12h07 | Par Isabelle Rey-Lefebvre (propos recueillis par)

Louis Gallois, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité – qui regroupe 850 associations et organismes d’aide aux plus démunis –, se dit « préoccupé » par le silence du gouvernement quant à la lutte contre la pauvreté. Entretien.

Le gouvernement a annoncé une baisse de 5 euros par mois des aides au logement, à partir du 1er octobre, pour les 6,5 millions de bénéficiaires. Qu’en pensez-vous ?

Cette mesure générale est aveugle et frappe en premier lieu les plus pauvres. Non seulement elle met à mal la solvabilité des locataires, mais aussi le pouvoir d’achat, car pour une personne qui touche le revenu de solidarité active (RSA), 5 euros en moins par mois, c’est significatif. Je ne peux pas ne pas faire le rapprochement avec d’autres mesures annoncées, comme celle de réduire l’impôt sur la fortune, qui va coûter plusieurs milliards d’euros. Cela est peut-être justifié dans le but de stimuler le dynamisme économique, mais il faut une politique équilibrée.

Nous sommes également préoccupés par la reprise des expulsions locatives pour impayés de loyer depuis avril. Leur nombre n’a cessé d’augmenter sur les dix dernières années, faute d’une politique de prévention digne de ce nom. La baisse des APL va mécaniquement aggraver la situation de ces ménages qui ont déjà des difficultés à se maintenir dans leur logement.

Qu’attendez-vous du gouvernement ?

D’abord, qu’il sorte de son silence et dise quelle est sa politique pour lutter contre la pauvreté. Cela fait deux mois qu’il est installé et nous ne savons toujours rien dans ce domaine : c’est un motif d’inquiétude. Je rappelle qu’en France 8,7 millions de ménages vivent sous le seuil de pauvreté (1 008 euros par mois et par unité de consommation), un million de plus qu’en 2008. Concernant le logement, nous avons rencontré Richard Ferrand, alors ministre de la cohésion des territoires, puis son successeur, Jacques Mézard, qui semblaient d’accord sur la politique dite du « logement d’abord », visant à proposer directement un logement pérenne aux personnes sans abri, sans en passer par les centres d’hébergement. Lire la suite »

De l’écriture de l’histoire à l’accomplissement d’une oeuvre : hommage au citoyen et à l’intellectuel Max Gallo

Créé par le 22 juil 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Bien des années sont passées depuis son pamphlet à l’adresse des nouveaux muscadins (1). Max Gallo donnait alors sa voix pour s’insurger contre le révisionnisme en marche visant à liquider l’historiographie de la grande révolution française dans sa lettre ouverte à Maximilien Robespierre. Nous sommes à la veille de la commémoration du bicentenaire et depuis les années 70 le spectre du totalitarisme sert d’épouvantail et voudrait justifier l’assimilation de la révolution au Goulag. La liquidation d’une certaine vision du monde accompagne la chute de l’idée de progrès à la racine d’une perspective d’émancipation humaine. Précurseur, l’écrivain anticipait l’effondrement d’une pensée progressiste dans le basculement d’un monde. Ce faisant notre historien de la geste révolutionnaire ( Jules Vallès; Rosa Luxembourg; Le grand Jaurès…) savait entourer de critiques sévères ceux là même dont il faisait l’apologie de la pensée et de l’action à l’instar de « Robespierre: histoire d’une solitude ».

Cet intellectuel en politique – dont le premier diplôme fut celui de mécanicien ajusteur – trouva d’abord dans ses origines ouvrières et italiennes – son épouse, Marielle parle de son « italité » culturelle et comportementale – la capacité de propulsion dans le récit historique. De l’Italie mussolinienne, d’où n’est plus sa famille émigrée à Nice, à la fascination pour Napoléon dont il fut le énième biographe, quel fil conducteur trouver dans un parcours littéraire jalonné d’œuvres romanesques et de récits biographiques? Sans doute cet écrivain prolifique dont on connaissait les habitudes dans une stricte discipline d’écritures matinales, voulait-il ranimer l’âme de ses héros depuis la fenêtre du bureau de son immeuble donnant sur le Panthéon ou bien épouser l’épopée d’un peuple avec ses légendes et ses grands hommes au cœur de ses romans historiques à grand tirage dans la lignée de ses premiers succès littéraires. Entre le génie militaire de Bonaparte et la sensibilité d’un Victor Hugo, quoi de commun sinon cette farouche volonté de s’ancrer dans la réalité d’une histoire nationale qui de 93 à la réaction thermidorienne, au consulat puis à l’Empire donne place à ce récit national populaire. Lire la suite »

L’éloge funéraire de son ami Max Gallo par J.P Chevènement : « Le grand instituteur national »

Créé par le 21 juil 2017 | Dans : Blog du Che

 

Venu de la gauche communiste, Max Gallo se voulait fidèle à la mémoire ouvrière et antifasciste qui était celle de son père. Par une création inlassable, Max Gallo s’est progressivement imposé dans le paysage intellectuel et politique comme le grand instituteur national qui manquait. A une France en pleine perte de repères depuis la mort du général de Gaulle et le naufrage de l’union de la gauche, Max Gallo a fourni un substitut. En ce sens, il était devenu un repère. Ce grand écrivain populaire a rempli le vide laissé libre par des institutions qui avaient déserté leur mission de transmettre le récit national. Cette désertion – faut-il le dire – n’était pas celle des enseignants, mais d’abord celle des élites qui, depuis près de cinq décennies, avaient méthodiquement entrepris de ringardiser la nation. La gloire de Max Gallo est de s’être dressé contre cette démission. Et avec quel succès ! Il a ressuscité tous les grands personnages de notre Histoire et les lecteurs l’ont plébiscité. Max n’était pas seulement un grand écrivain, un historien pétri de culture, c’était un combattant, un orateur politique incomparable, un homme généreux qui savait parler au cœur du peuple. Il s’est détourné de la gauche à la fin de sa vie quand la gauche s’est détournée d’elle-même. Il n’avait plus qu’une seule passion, celle de la France.

Max était pour moi un frère dont la disparition me déchire. Sa grande voix manquera mais son combat ne s’éteindra pas.

J’adresse une pensée affectueuse qui est aussi celle de ceux qui ont partagé nos combats à sa femme et à son fils.

Mort de Max Gallo, académicien et roi du roman historique populaire

Créé par le 21 juil 2017 | Dans : Vive le blog citoyen

Max Gallo l’académicien…dans notre billet daté à l’occasion de sa réception à l’Académie française

Créé par le 31 mai 2007 à 22:33 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin,

Max Gallo voit son oeuvre couronnée avec son entrée à l’Académie française. Cet homme poignant sut conjuguer le verbe et l’action. Sa force de raisonnement et ses profondes convictions ont toujours dicté  sa conduite. Il avait placé en épigraphe de son « Robespierre – Histoire d’une solitude » ce mot de Mirabeau :   »Celui-là ira loin, il croit tout ce qu’il dit ». Nous avons appris  de  ce biographe dans ses récits des grandes vies de la geste ouvrière. Historien, écrivain et  militant, Gallo a porté un regard lucide sur le monde et  particulièrement  sévère sur son époque. Après nous avoir entraîné dans son sillage, il emprunte un nouveau chemin. Sa solitude est aussi la nôtre.

XD

L’écrivain a également touché à la politique, de député PS en 1981 à compagnon du souverainiste Jean-Pierre Chevènement. Il est décédé à 85 ans

LE MONDE | 20.07.2017 à 05h51 • Mis à jour le 20.07.2017 à 09h36 | Par Raphaëlle Leyris

L’écrivain Max Gallo en 2002.

 

De sa vie, il disait volontiers qu’elle était « une histoire française », lui dont les deux grandes affaires furent l’Histoire et la France. Historien, romancier, académicien, cet homme au talent oratoire porté par sa voix chaude et son léger accent du Sud était passionné de politique : son engagement avait commencé au Parti communiste (PCF) pour s’achever à la droite du spectre, après une expérience comme député et de ministre socialiste et un long compagnonnage avec Jean-Pierre Chevènement. Max Gallo est mort mardi 18 juillet dans sa résidence secondaire de Cabris (Alpes-Maritimes).

Agé de 85 ans, il souffrait de la maladie de Parkinson, ce qu’il avait révélé en 2015 lors de la parution de Dieu le veut (XO), son « centetquelquième » livre – la prolificité de cet auteur à succès, qui confiait « tomber » 10 000 signes par jour, tous les jours (soit l’équivalent d’une page entière du Monde), sur sa machine à écrire, et avait toujours plusieurs manuscrits d’avance dans ses tiroirs, avait fini par décourager d’en tenir le compte précis.

Si le grand amoureux de la République voyait dans son existence « une histoire française », c’est parce qu’elle apparaît d’abord comme une histoire de méritocratie. Max Gallo naît en 1932 à Nice dans une famille d’origine italienne, très modeste de part et d’autre. Sa mère lui lit au coucher des vers de La Divine Comédie, de Dante – dans le texte –, préparant ainsi, selon lui, le terrain à sa future vocation d’écrivain.

Ouvrier électricien, son père a servi comme marin pendant la première guerre mondiale, résisté pendant la seconde (quoique ses proches n’en aient alors rien su) et lui assène que la volonté peut tout.

Un écrivain populaire

Le parcours du fils en témoigne. A 16 ans, il obtient un CAP de mécanicien-ajusteur, puis passe un bac mathématiques et technique. Alors qu’il commence à travailler comme technicien à la RTF (Radiodiffusion-télévision française),…

http://http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/20/mort-de-max-gallo-academicien-et-roi-du-roman-historique-populaire_5162702_3382.html

L’académicien, historien et écrivain Max Gallo est mort

L’auteur d’une centaine de livres est mort à 85 ans. Sa carrière politique avait traversé les partis.

LE MONDE | 19.07.2017 à 18h38 • Mis à jour le 19.07.2017 à 20h48

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/07/19/534×0/5162637_7_d184_l-ecrivain-et-academicien-max-gallo-le-31_ddcecb6b7924bb200f372e74a1b4365f.jpgL'écrivain et académicien Max Gallo, le 31 janvier 2008 à l'Académie française, à l'issue de son discours de réception en présence du président Nicolas Sarkozy.

L’académicien Max Gallo est mort à l’âge de 85 ans, a annoncé mercredi 19 juillet la maison d’édition XO. Historien et romancier prolifique, Max Gallo est l’auteur d’une centaine de romans, biographies et études historiques. Il souffrait de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Ses obsèques seront célébrées vendredi à 10 h 30, en l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris.

Il avait annoncé lui-même être malade en mai 2015, au moment de la parution de son dernier roman, Dieu le veut. « Nous avons toujours la liberté d’en finir avec nous-mêmes », déclarait-il alors. Au printemps dernier, sa femme Marielle Gallet avait publié un livre, Bella Ciao, dans lequel elle racontait leur combat quotidien face à la maladie.

Né à Nice en 1932, dans une famille d’immigrés italiens, il avait la fibre patriotique et la passion de la République. Il s’est d’abord fait connaître comme historien, avant de toucher le grand public avec des sagas romanesques (La Baie des anges, Les Patriotes…) et des biographies historiques à succès, de Robespierre, Garibaldi, Jaurès, de Gaulle ou Napoléon.

Député, secrétaire d’Etat, député européen

Ancien militant communiste dans sa jeunesse, Max Gallo a également mené une carrière politique dans les années 1980-1990. Député socialiste de 1981 à 1983, puis porte-parole du gouvernement socialiste (1983-1984), il avait ensuite pris ses distances avec la gauche. Max Gallo avait par ailleurs exercé un mandat de député européen de 1984 à 1994. Grand pourfendeur de la « repentance », l’écrivain avait soutenu le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007. Il a été élu cette année-là à l’Académie française.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a adressé ses « pensées aux proches de Max Gallo » et rendu hommage à un « homme d’engagement. » Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a pour sa part salué un « conteur éclairant de notre récit national ».

« Max Gallo nous parlait si bien de la France, de son histoire, notre histoire », a regretté le maire de Bordeaux, Alain Juppé. Il a « mis sa plume au service de l’histoire et sa pensée au service de la France », a salué le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. La ville de Nice aura aussi son avenue Max-Gallo en hommage à l’académicien, a déclaré le maire de la ville (Les Républicains), Christian Estrosi.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/19/l-academicien-historien-et-ecrivain-max-gallo_5162638_3382.html#JvbESjV3wx2jfEX5.99

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