L’éclatement du PS en six actes : du Congrès d’Epinay à la débâcle des législatives

Créé par le 14 oct 2017 | Dans : Parti socialiste

Après le départ de son candidat à la présidentielle qui a rejoint EELV et la menace d’exclusion de l’ancienne ministre Filippetti, retour sur le LE SCAN POLITIQUE du Figaro du 10 05 2017 par par  Edouard de Mareschal 

 http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/10/13/25001-20171013ARTFIG00165-l-ex-ministre-aurelie-filippetti-menacee-d-exclusion-au-parti-socialiste.php

- La déroute du Parti socialiste au premier tour de la présidentielle suivi de son effondrement aux législatives marque la fin d’un cycle d’union des gauches de gouvernement et menace le parti dans son existence même. Explications.

Au parti socialiste, l’heure est à la sidération. La lourde défaite enregistrée dès le premier tour des législatives, où le parti est arrivé en cinquième position, intervient quelques semaines après l’élimination de Benoît Hamon dès le premier tour de la présidentielle.

«Le tourbillon était trop puissant, les deux scrutins étaient beaucoup trop rapprochés pour permettre un véritable sursaut», a déploré le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, lui-même éliminé dès le premier tour dans la 16e circonscription de Paris. «On est à terre, décapité, éclaté, c’est quand même difficile d’avoir un soir de premier tour aussi violent», a pour sa part reconnu Thierry Mandon, l’ancien secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, avant de conclure: «Il faut donner les clés à une nouvelle génération.» Retour sur l’effondrement progressif du Parti socialiste, depuis sa fondation au Congrès d’Epinay jusqu’à sa débâcle aux législatives de 2017.

● Le Congrès d’Epinay: l’union des gauches pour «tuer» le Parti communiste

En 1971, le congrès d’Epinay pose un acte fondateur qui modèlera le visage de la gauche pour les cinquante années qui suivront. Le parti socialiste est rejoint par la CIR (Convention des institutions républicaines, créé par Mitterrand), et une partie du «courant chrétien». François Mitterrand s’empare du parti. «Pour lui, l’objectif est double», explique Philippe Buton, professeur en histoire contemporaine. «Il veut tout d’abord construire une nouvelle alternative à gauche face au Parti communiste. Dans un second temps, il va négocier un accord de gouvernement avec le Parti communiste pour mieux le neutraliser.» Pour cela, Mitterrand doit rassembler très largement, y compris à l’extrême gauche. Il attire à lui une partie des trotskistes comme les «lambertiste», dont sont issues des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon, Jean-Christophe Cambadélis et Benjamin Stora, ou des proches d’Alain Krivine, comme Julien Dray ou Harlem Désir. En juin 1972, le parti socialiste adopte un programme commun avec le parti communiste, contresigné par les radicaux de gauche. L’union des gauches, objectif de François Mitterrand, est atteint. Le PCF soutient sa candidature dès le premier tour de l’élection présidentielle de 1974. Puis François Mitterrand est élu président de la République en 1981. Avec 15% des suffrages, Georges Marchais (PCF) est relégué en quatrième position, derrière le RPR de Jacques Chirac et l’UDF du président sortant, Valéry Giscard d’Estaing.

Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, derrière le président François Mitterrand lors d'une prise d'armes aux Invalides à Paris, le 5 octobre 1990.

● La rupture chevènementiste

Dès lors, l’unité réalisée par François Mitterrand sera constamment soumise à l’épreuve du réel. Les communistes quittent le gouvernement dès 1983, lorsque François Mitterrand nomme Laurent Fabius premier ministre, un an après avoir pris le «tournant de la rigueur». «Le Parti socialiste est schizophrène ; Il tient un discours très à gauche lorsqu’il est dans l’opposition, mais il opte pour une politique réaliste dans la pratique du pouvoir», analyse Philippe Buton. À la fin des années 1980, Michel Rocard devient premier ministre de François Mitterrand. C’est un tenant de la gauche «réformiste», favorable à l’économie de marché plutôt qu’à l’étatisme, au contrat plutôt qu’à la loi, et à la décentralisation. Il a, dans son gouvernement, plusieurs voix discordantes, dont celle de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense. Celui-ci quitte à son tour le gouvernement le 29 janvier 1991, pour protester contre l’engagement de la France dans le guerre du Golfe pour restaurer la souveraineté du Koweït. «Jean-Pierre Chevènement fait partie de ceux qui, à gauche, défendent une politique étrangère classique à l’égard des pays arabes», explique Laurent Bouvet, professeur de science politique à l’Université de Versailles. «Il considère que le nationalisme arabe de Sadam Hussein représente mieux les peuples arabes que les pétromonarchies.» Jean-Pierre Chevènement marque aussi son opposition au soutien français dans la guerre d’indépendance menée par les Bosniaques en ex-Yougoslavie. «Il voulait poursuivre l’alliance historique avec les Serbes, alors que François Mitterrand se rallie à la position de l’Union européenne et de l’Otan, qui soutiennent l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine.» Mais la vraie rupture avec le parti socialiste intervient en 1992. Fermement opposé au traité de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement quitte le parti et transforme le Mouvement des citoyens, qu’il a fondé un an plus tôt, en parti politique fondé sur un triple refus: libéral, atlantiste et européen. Lire la suite »

Lire dans Le Figaro : Il y a 50 ans, Che Guevara mourrait et une photo icônique naissait

Créé par le 07 oct 2017 | Dans : Amérique Latine, articles lecture limitée administrateur

Le Figaro

 http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/10/06/26010-20171006ARTFIG00310-il-y-a-50-ans-la-jeunesse-du-che-racontee-au-figaro-par-l-un-de-ses-proches.php

 

EN IMAGES – Cette photo d’un Ernesto Guevara au regard déterminée, saisie en 1960, était tombée dans l’oubli. La mort du Che, il y a un demi-siècle, en a fait l’image la plus reproduite de l’histoire de la photographie, transformant le Che en icône révolutionnaire, pop et marketing.

On la présente comme la photo la plus diffusée à travers le monde, et on peut ajouter sans crainte que c’est probablement celle qui a recouvert le plus grand nombre de murs de chambres d’adolescents. L’histoire lui a même donné un nom: Gerillero Heroico . Le «gerillero héroïque», c’est Ernesto Guevara, le «Che», littéralement immortalisé dans la mémoire par ce cliché de 1960. À l’époque, cette photo oubliée sur une pellicule ne semblait pourtant pas vouée à une destinée mondiale. Les conditions de la mort du révolutionnaire et l’inspiration habile d’un graphiste en 1968 en feront finalement l’un des visuels les plus célèbres.

Le portrait le plus connu d'Ernesto «Che» Guevara.

À l’origine du cliché, il y a un événement, la double-explosion d’un cargo français, et un photographe cubain, Alberto Diaz Gutiérrez, dit Alberto Korda. Ce dernier avait fondé son propre studio photographique de photos de mode. En 1959, il abandonne ce sujet, bien éloigné des barbudos Guevara et Castro, pour suivre de près la révolution cubaine à laquelle il s’est rallié.

Le 6 mars 1960, le photographe couvre pour le journal Revolución les funérailles des victimes du sabotage du cargo La Coubre , coulé alors qu’il transportait des munitions destinées de La Havane. Le président Fidel Castro y prononce un hommage. À ses côtés, on aperçoit les écrivains français Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Ernesto Guevara, qui les a invités, vient d’arriver, en retard. Alberto Korda se fraie un chemin vers la tribune. Au même momant, le Che s’est avancé sur le devant de la scène pour observer la foule. Alberto Korda, saisi par l’expression du révolutionnaire, appuie sur le déclencheur de son appareil Leica.

L'une des deux photos prises par Alberto Korda le 6 mars 1960.

«Je n’ai eu que le temps de prendre deux clichés. L’un horizontal, l’autre vertical. Après, le Che a bougé», racontera Alberto Korda, cité par L’Humanité . La planche de contact du reporter, diffusée bien des années après, donne à voir les deux clichés. Le premier, recadré et légèrement retouché, deviendra le visage connu. Mais pas dès 1960. À son retour de reportage, Alberto Korda développe la photo, qu’il trouve bonne, mais Revolución ne la publie pas. Le journal l’utilisera quelques mois plus tard, sans que le cliché ne prenne d’ampleur particulière.

La planche de négatifs d'Alberto Korda.

Oubliée jusqu’en 1967

Sept années passent. Le 7 octobre 1967, le Che est capturé par l’armée bolivienne, avant d’être abattu le 9 octobre. Des photos de sa dépouille après les soins funéraires sont diffusées. On apprendra plus tard combien la communication de cette mort fut encadrée pour empêcher que le gerillero ne devienne une îcone.

C’était sans compter la photo d’Alberto Korda. Le photographe en a offert deux impressions, au cours de l’été, à l’éditeur italien Giangiacomo Feltrinelli, mandaté par le gouvernement cubain pour trouver un portrait, raconte The Guardian . La photo est ensuite publiée dans Paris Match en août 1967, sans qu’on sache comment le magazine y a eu accès.

La photo est publiée dans <i>Paris Match</i> en août 1967.

La popularité de la photo n’explosera réellement qu’en octobre, lorsque la nouvelle de la mort du Che se répand. Fidel Castro prend alors la parole sur la Place de la révolution, à La Havane, devant une foule rassemblée. Sur le bâtiment du ministère de l’Intérieur, situé sur la place, figure une gigantesque reproduction du fameux portrait. Il ne disparaîtra plus, ni du ministère de l’Intérieur, ni de l’imaginaire révolutionnaire et cubain.

De l’icône politique à la pop culture

Le portrait sérigraphié de Che Guevara a été utilisé par le pop artist Andy Warhol en 1968.

La photo du Che inonde la planète. Au cours des mois qui suivent, le Journal de Bolivie, rédigé par le gerillero et retrouvé sur sa dépouille, est publié par Feltrinelli, qui choisit le portrait de Korda pour la couverture. La diffusion de dizaines de posters en Italie assure la publicité du livre et du symbole. Le photographe n’empêche en rien la diffusion de cette image, qu’il affectionne et pour laquelle il ne touche aucun droit. «L’homme qui a offert le Che au monde», résumera plus tard The Guardian au sujet d’Alberto Korda, décédé en 2001. Le photographe finira toutefois par contester certaines utilisations commerciales de l’œuvre.

Le photographe Alberto Korda pose devant le portrait qu'il a réalisé de Che Guevara, le 8 août 2000, à 71 ans.

Du martyr à la pop, le destin mondial et marketing de l’œuvre est définitivemen scellé en 1968 par le travail d’un graphiste irlandais, Jim Fitzpatrick. Il reprend la photo de Korda dans un style sérigraphié, noir et blanc. «J’ai volontairement conçu l’image pour qu’elle se reproduise comme des lapins», affirme-t-il sans complexe à la BBC. «Avec la façon dont ils l’ont tué, il ne devait y avoir aucun mémorial, aucun lieu de pèlerinage, rien. J’étais déterminé à ce que cette image puisse recevoir la plus large diffusion possible.» Un pari définitivement réussi, que le graphiste au sens commercial résume ainsi: «Son image ne mourra jamais, son nom ne mourra jamais.»

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Le chevènementisme, une certaine idée de la France

Créé par le 05 oct 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

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Jean-Pierre Chevènement était l’invité de Sonia Mabrouk sur CNews dans Les Voix de l’Info, mercredi 4 octobre 2017

Créé par le 04 oct 2017 | Dans : Blog du Che

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Antiquité – Avenir

Créé par le 05 sept 2017 | Dans : Articles de fond, articles lecture limitée administrateur, Blog du Che

Contribution de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, Livre à paraître.


Happés par le « court termisme » et affolés par l’instantanéité, notre civilisation disparaitrait sans le ressourcement dans la longue durée, c’est-à-dire dans l’Antique, ce passé principiel. Comment notre civilisation pourrait-elle encore nourrir un projet et l’envie d’un bel avenir, si elle laissait se tarir ses sources les plus profondes ? On définit souvent la civilisation occidentale comme « judéochrétienne ». Et certes on connaît peu de civilisations qui n’aient été, ou ne soient soutenues, par une religion, chrétienne, islamique, hindouiste, bouddhiste, etc. S’il n’est nullement dans mon propos de vouloir diminuer ce que la civilisation occidentale doit à l’Ancien et au Nouveau Testaments, j’observerai cependant que la deuxième religion de France, l’Islam, si elle n’ignore ni Moïse ni Jésus, vise cependant à « clore le cycle des prophéties ». Ce n’est pas une modeste ambition. Nous nous en accommoderons, dans notre société sécularisée et d’abord par la compréhension de ce que le Christianisme et l’Islam se sont développés, depuis quinze siècles, dans une si profonde interaction que ce dernier, lui aussi, fait désormais partie de notre identité moderne. Il est encore plus décisif que les musulmans déclarent s’accommoder de la laïcité et ainsi admettre le principe de l’autonomie du jugement individuel, contribuant à une lecture ouverte de leurs textes sacrés et à l’émergence d’un Islam de progrès. L’identité républicaine de la France puise à d’autres sources que la source vetero ou néotestamentaire. Faut-il rappeler à nos concitoyens que les sources de notre civilisation ne sont pas seulement à Jérusalem mais aussi à Athènes et à Rome ? C’est la mission de l’Ecole républicaine de transmettre cet héritage.
 

 

Ce sont les Grecs, et particulièrement Athènes, qui inventèrent une civilisation qui tend naturellement à l’Universel. Ils nous ont légué le culte de la Cité, au sein de laquelle chaque citoyen se doit de contribuer au Bien public. Bref, ils ont inventé la politique, la démocratie et aussi, il faut bien l’avouer, son corolaire inévitable : la démagogie. Encore cette dérive n’a pas eu que des aspects négatifs : l’apport des sophistes ne fut pas seulement d’apprendre comment on pouvait flatter le peuple. Ils affinèrent la langue et, à travers elle la pensée, tel Prodicos, qu’évoque Jacqueline de Romilly, qui donna à chaque mot son sens précis. Les sophistes contribuèrent ainsi à « serrer », si je puis dire, le raisonnement, la démocratie et le « logos » cheminant de pair. La Grèce nous a donc ainsi légué l’art de raisonner afin que, non seulement chaque citoyen puisse conformer, si possible, son action aux commandements de la Raison, mais surtout afin que le souci du Bien public s’impose dans la conduite des affaires de la Cité. La Grèce est aussi la mère de la philosophie, dont je rappelle que la IIIème République avait fait la discipline-reine de nos classes de terminale en lycée, à l’époque, décrite par Claude Nicolet, où la République française se voulait la résurrection de la « République athénienne ». Ces deux concepts associés de démocratie et de raison, ou si l’on préfère de philosophie, auraient pu périr avec la liberté des cités grecques et le triomphe de l’Empire, celui d’Alexandre le Grand d’abord, mais surtout l’Empire romain, dans lequel la Grèce tout entière bascula, après qu’à Pydna (168 avant JC) les armées de Paul Emile eurent défait celles de Persée, dernier roi de Macédoine. Il n’en fût rien. Après moins de deux mille ans, l’idée de liberté a refleuri avec les cités italiennes de la Renaissance, la Florence des Médicis et de Machiavel et, au siècle des Lumières, avec les Républiques américaine et française, inspirées de Locke et de Rousseau. L’idéal de l’autogouvernement avait survécu. Et qui ne voit que par nos temps d’incertaine « globalisation », l’avenir lui appartient encore ? Plus grande est l’incertitude en dehors et plus puissante, au dedans, la volonté de reprendre barre sur son destin. Lire la suite sur le site de J.P Chevènement

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