Dans Libé, l’ entretien d’Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» Par Rachid Laïreche

Créé par le 25 août 2017 | Dans : Non classé

  • Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» dans Libération du 24/08/2017 Rachid Laïreche

La France insoumise se réunit à partir de ce jeudi à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, «Libé» a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement.

L’heure de la rentrée a sonné pour La France insoumise, réunie à partir de ce jeudi et pendant quatre jours à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, Libération a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement. Outre l’avenir des insoumis, il revient sur le «grand succès» de la campagne «de l’aveu même de nos adversaires», sur les premiers mois du «social killer» Macron aux «sourires permanents» et sur les polémiques à propos du Venezuela ou de Neymar.

C’est la fin des vacances, un nouveau cycle s’ouvre. Mais d’abord, retour en arrière : quel est le bilan de La France insoumise depuis sa création en février 2016 ?

La France insoumise rassemble désormais plus de 500 000 personnes autour de sa plateforme numérique. Force ouverte, populaire, rassembleuse, écologique, sociale et pour une VIe République, elle est tournée vers l’action concrète. Elle s’est constituée initialement en soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, avec un score de presque 20% à l’arrivée, c’est-à-dire dans le même étiage qu’Emmanuel Macron. La campagne, de l’aveu même de nos adversaires même les plus hostiles, fut un grand succès, mêlant intelligence et inventivité.

Cette dynamique ne s’est pas arrêtée au soir du premier tour. A l’occasion des élections législatives, les candidats de La France insoumise ont été présents dans la quasi-totalité des circonscriptions, et ils ont accédé au second tour dans près d’une centaine d’entre elles. Au final, nous avons fait entrer à l’Assemblée nationale un groupe parlementaire original qui a fait entendre une voix forte et une alternative sérieuse. Enfin, le nom d’«insoumis», devenu très populaire, s’est imposé dans le vocabulaire politique en tant que nouvelle sensibilité politique.

Bien sûr, à cette heure, nous aurions souhaité gouverner le pays pour répondre aux immenses défis qui sont devant lui. Mais ces deux campagnes ont permis de faire naître un large mouvement populaire qui dirigera un jour ce pays. Lire la suite »

Un premier ministre bien embarrassé sur des questions de politique sociale!

Créé par le 25 août 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

« Je ne suis pas un surhomme » : Edouart Philippe sèche face à Jean jacques Bourdin sur RMC/BFMV titre Arthur Berdah dans son papier du Figaro. La vidéo disponible sur le scan politique du journal en ligne montre en effet un chef du gouvernement dans un total embarras quand il est « soumis à la question » par Jean-Jacques Bourdin. 

Ce dernier trimballe notre locataire de Matignon avec ses interrogations pourtant basiques : questionné sur la baisse des cotisations sur les pensions d’invalidité, Philippe répond sur un ton crispé : «Alors pour les pensions d’invalidité, s’agissant des pensions, je vous ai dit que… euh… donc des pensions… les pensions d’invalidité, pardon, je pensais aux pensions de retraite pendant que vous me posiez la question. Euh… Si vous m’autorisez à vérifier ça pendant la pause, je vous répondrai après la pause», avouant «bien humblement» que certains chiffres pouvaient «parfois» lui «échapper».

.Quant à la question sur la date à laquelle les pensions de retraite seraient revalorisées,  elle laisse un premier ministre s’enliser avant une mauvaise esquive. «Euh… Il y aura… Un processus de revalorisation… euh… des pensions de retraites, comme c’est le cas… Euh… Je ne sais pas si ce sera le 1er octobre ou le 1er janvier, là aussi je vais revenir exactement vers vous», Avant que son interlocuteur ne lui souffle la réponse d’un ton quelque peu méprisant : «Théoriquement c’est le 1er octobre». «Ben ça sera le 1er octobre», approuve alors le chef de l’exécutif à la façon d’un potage trimballé par un jury de concours!

Après l’intermède, le chef d’orchestre de la politique gouvernementale a pu vérifier quelques éléments majeurs et revient plus assuré. «Tout à l’heure vous m’avez posé deux questions précises, elles étaient parfaitement légitimes, il se trouve que je n’ai pas toujours (tout) en tête (…) mais quand je ne sais pas je vérifie», s’est-il félicité – interrompu par un mot de bon sens du journaliste, « remarquez, il vaut mieux! » – avant de poursuivre : «Les pensions de retraite augmenteront le 1er octobre à hauteur de l’inflation, donc il n’y a pas de sujet là-dessus», ajoutant ensuite que la question des pensions d’invalidité «n’est pas encore tranchée (mais) est encore en discussion».

Quelques minutes plus tard, le locataire de Matignon se fait à nouveau coincer par Bourdin. Après l’annonce de l’augmentation de l’allocation adulte handicapé promise pour 2018, « conformément aux engagements qui ont été pris», le premier ministre  affirme que «le minimum vieillesse augmentera également (…)». Il n’a en revanche pas su dire quand. «À partir de… Ah… Bon… Allez, encore une fois vous me laissez vérifier pour ne pas vous dire d’inexactitude», a-t-il balbutié.

Pour sa défense Edouart Philippe  qui accuse le coup réplique avec un accent se voulant stoïque : «Je n’ai aucune feuille devant moi, je n’ai pas tous les chiffres en tête, je ne suis pas un surhomme. Moi je suis un gars sérieux, j’essaie de faire les choses sérieusement. Quand je sais, je dis. Quand je ne sais pas, je vérifie».

Le journaliste du Figaro, Arthur Berdah, conclue son papier autour des réactions du député-maire PS d’Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, sur BFMTV. Ce dernier fait part de son étonnement d’avoir «entendu le premier ministre de la 5e puissance du monde qui est incapable de répondre précisément à des questions qui sont attendues à quelques jours de la rentrée». «On l’interroge sur le chiffre du chômage aujourd’hui, il nous dit “je ne le sais pas”. On l’interroge sur l’impact de la CSG sur la pension d’invalidité, il dit “après la pause, je ne sais pas”. On l’interroge sur la date de revalorisation des retraites, il dit “après la pause, je ne sais pas”. Et puis après la pause, on l’entend sur les pensions d’invalidité nous dire “ce n’est pas tranché”. Mais attendez, il est premier ministre! Il ne sais pas dire face aux Français pour la rentrée politique si celles et ceux qui touchent une pension d’invalidité seront touchés par la CSG! ».

Chacun entend l’argument défensif du Premier ministre : « Je n’ai pas toujours tout en tête ». On peut néanmoins exiger de l’exécutif des réponses concrètes – et donc mieux préparées – sur ces sujets élémentaires qui constituent autant de questions que se posent légitimement des millions de compatriotes face à l’évolution de leur pouvoir d’achat (1)

Xavier DUMOULIN

(1) pour un éclairage plus précis sur quelques décisions gouvernementales

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/08/24/25001-20170824ARTFIG00088-je-ne-suis-pas-un-surhomme-edouard-philippe-seche-face-a-jean-jacques-bourdin.php

Actes du colloque de la Fondation Res Publica: « Où va la Turquie? »

Créé par le 24 août 2017 | Dans : Non classé

Les actes du colloque du 29 mai 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

 Voir les actes du colloque « Où va la Turquie? » en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

Le ministre de l’Intérieur s’interroge sur le mécanisme comportemental de mimétisme dans la multiplication des assassinats avec un véhicule

Créé par le 23 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

« A peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur RMC/BFMTV. D’où cette perspective d’impliquer le monde médical dans le dépistage des menaces terroristes. Les sources ministérielles sont extraites du FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation)  soit environ 17.400 personnes recensées dans le FSPRT, créé en 2015, selon un rapport sénatorial publié au printemps.

Faisant suite aux crimes de Seine et Marne du 14 août dernier – un homme fonçant sur une pizzéria avec son véhicule, tuant une adolescente et blessant douze personnes – et à celui du 21 août – du fait d’un chauffeur de camionnette, présentant, semble-t-il, des troubles psychiatriques et un passé délinquant -  causant la mort d’une personne et en blessant une seconde, le ministre entend mobiliser la psychiatrie « pour identifier les profils qui peuvent passer à l’acte ». « Il est clair que le secret médical c’est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats » déclarait mardi matin Gérard Collomb car si « ce n’est pas du terrorisme (…) on a de l’imitation ».  « Un certain nombre d’esprits faibles peuvent se laisser entraîner à des actes de mimétisme ». « C’est ça qui est grave, c’est qu’un certain nombre d’esprits faibles qui voient ce qui s’est passé à Barcelone, qui voient ce qui s’est passé contre le dispositif Sentinelle, se disent ‘on va passer à l’acte comme ça’ », a-t-il ajouté. « C’est ce contre quoi il faut se prémunir, ce contre quoi nous voulons travailler avec ma collègue la ministre de la Santé mais également avec l’ordre des médecins, les psychiatres (…) Nous ne voulons pas faire cela dans notre coin », mais « trouver le juste équilibre », a-t-il conclu.

Ces propos rapportés par la rédaction d’Europe1.fr avec AFP poussent à la réflexion quant à leurs conclusions. Ces dernières présentent sans doute une part de vérité mais risquent d’hypothéquer la relation de confiance entre le malade et son thérapeute. On aura tôt fait, dans le grand public, d’assimiler  dangerosité et malades psychiatriques quand bien même ces derniers sont statistiquement plus souvent victimes qu’auteurs de violences. Cette tentation de focaliser sur la maladie psychiatrique est d’autant plus forte qu’une partie non négligeable des personnes détenues serait atteinte de troubles du comportement. Ce qui pose d’abord la question de l’accompagnement médical et psychologique des personnes présentant des troubles mentaux dans notre pays.
Entre une approche qui a toutes les apparences du pragmatisme, ciblant les personnes dépistée comme dangereuses, en situation pathologique, et le cloisonnement des thérapeutes dans leur art au nom de la déontologie médicale et professionnelle, comment trancher ce conflit d’intérêt?
L’assimilation d’un potentiel de dangerosité terroriste avec le risque de passage à l’acte par mimétisme, chez des personnes au profil psychologique fragilisé par une pathologie mentale, présente des limites évidentes au regard des symptômes et manifestations des troubles en question. Le combat contre la stigmatisation de la pathologie mentale constitue aujourd’hui un grand défi qui ne doit pas s’effacer derrière l’émotion suscitée par le déferlement d’attentats terroristes. Ceux-ci frappent partout dans le monde au nom d’un islamisme radical dégénéré qui fait naître des « fous de dieu » par milliers!
Xavier DUMOULIN

Madame Macron : une charte pourquoi faire?

Créé par le 22 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

La « charte de transparence relative au statut du conjoint de Chef de l’Etat » est en ligne sur le site de l’Elysée. Le rôle de l’épouse du chef de l’Etat est ainsi précisé :

Elle « assure la représentation de la France, aux côtés du Président de la République, lors des sommets et réunions internationales », »invitée comme tous les conjoints de chefs d’Etat ou de chefs de gouvernement. » Madame Macron « peut également prendre part à des actions nationales et internationales, mises en place avec d’autres conjoints de Chefs d’Etat, notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants. »

Elle « répond aux sollicitations des Français et des personnalités françaises et étrangères qui souhaitent la rencontrer » et répond aux courriers qui lui sont adressés.

Elle  « supervise la tenue des manifestations et réceptions officielles au sein du Palais de l’Elysée. »

Elle « soutient, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».

Pour conduire ses missions, « l’épouse du Chef de l’Etat ne bénéficie d’aucune rémunération et ne dispose pas de frais de représentation » ni de « budget propre ».

« le cabinet du Président de la République. »reste à sa disposition avec notamment deux conseillers du Président de la République 

– Un conseiller spécial qui assure la fonction de directeur du cabinet de Brigitte Macron.
– Un conseiller qui exerce la fonction de chef de cabinet.- Un secrétariat est également mis à sa disposition

- La protection  de Madame Macron est assurée par le Groupement de sécurité de la Présidence de la République.

Tous « les coûts de fonctionnement associés au conjoint du Chef de l’Etat feront l’objet d’une présentation transparente dans la comptabilité analytique de l’Elysée, soumise au contrôle de la Cour des Comptes qui en rendra compte publiquement par un rapport spécifique. »

On observera la nouveauté du genre qui traduit cet esprit de transparence et de clarification au travers de cette formalisation. On passe de l’usage à la charte avec toutes les ambivalences du terme. Certes la mode est aux chartes, ces documents qui n’engagent que ceux qui les proclament. Et nous avions un peu oublié, malgré Carla Bruni-Sarkosy et le passage éphémère, en début de quinquennat, de la compagne de François Hollande, la place de la première dame de France à part entière.

Avec Madame Mitterrand et Madame Chirac, nous étions de plain pied dans une action soutenue qui perdure d’ailleurs au-delà du mandat de leur époux respectif. La fondation France-Libertés existe toujours après le décès de sa présidente et les célèbres opérations pièces jaunes continuent de venir en appui aux projets portés par les établissements sanitaires et médico-sociaux.

Pour avoir été l’un des présidents des comités relais de France-Libertés, je peux témoigner de la grande liberté de ton et d’action de la fondation qui trouvait dans son autonomie de réflexion et de développement de ses projets, une dynamique originale et un rayonnement certain en France et à l’étranger (1). En tant que « manager hospitalier », je mesure l’efficacité des aides aux projets par la fondation Bernadette Chirac-Hôpitaux de Paris.

Dans les deux cas ces actions vigoureuses et constantes se déploient, en toute autonomie politique, par le biais d’une fondation d’utilité publique reconnue et médiatisée. N’est-ce point là l’essentiel de la contribution féminine spécifique du couple présidentielle par delà les obligations mondaines ou de représentations que l’on retrouvent partout dans le monde? La personnalité de l’épouse constitue le principal vecteur de son action, laquelle bénéficie de la notoriété de ladite dame, avec, à l’évidence, le renfort d’opérations médiatiques. La charte participe de cette dynamique autour d’une Brigitte qui sait faire parler d’elle. Après le registre des considérations sur la psychologie du couple, vient le temps du statut de l’épouse du président à qui l’on souhaite de mener dans la continuité des exemples précédents sa mission au service des plus déshérités. Sans tomber ce faisant dans les travers de l’imagerie d’un conte de fée…

Xavier Dumoulin

(1) Cf la liberté d’expression et le caractère de Danielle Mitterrand qui nous accordait un entretien pour ce blog lors de la parution de sa dernière publication « le livre de ma mémoire »* :

Xavier Dumoulin  Alors, c’est ma dernière question : qu’est-ce qu’on peut faire aux côtés de votre fondation très concrètement pour ceux qui voudraient agir?

Danielle Mitterrand – Il faut tenir un discours qui entraîne les gens à résister au système actuel et puis pas seulement en mots mais en actions. Et aujourd’hui tous les jours il y a une possibilité de réagir contre ce système. Moi je ne spécule pas. Je n’ai pas une action (en bourse NDLR). Eh bien, que beaucoup de gens fassent comme moi et ils verront que ça finira par changer !

*Plus qu’un témoignage, « Le livre de ma mémoire » interpelle et ouvre des horizons, loin des conformismes et du prêt à penser… Danielle Mitterrand propose une alternative complète au néolibéralisme et appelle les citoyens à s’engager dans les combats majeurs. Elle puise dans la force de ses convictions sa capacité d’agir pour affirmer ses valeurs humanistes et œuvrer aux côtés des plus humbles pour l’avenir de l’Humanité.lelivredemammoire1.bmp

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