Une enquête du Monde : Hamon est-il compatible avec Mélenchon, Jadot et Macron ?

Créé par le 18 fév 2017 | Dans : Parti socialiste, Projet politique

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Le programme de l’écologiste Yannick Jadot est le plus proche de celui de Benoît Hamon, le vainqueur de la primaire à gauche.

LE MONDE | 29.01.2017 à 23h19 • Mis à jour le 03.02.2017 à 10h53 | Par Agathe Dahyot, Maxime Vaudano et Adrien Sénécat

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/01/29/534×0/5071134_6_5ac4_2017-01-29-a91b001-2362-13naapm-48tjdr6bt9_d2351a65f2304a06ba0a9c8dcf854de7.png

Benoît Hamon, vainqueur de la primaire à gauche dimanche 29 janvier face à Manuel Valls, pourrait-il se rapprocher d’autres candidats pour maximiser les chances de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle ?

Comme il l’a annoncé pendant la campagne, le désormais candidat socialiste a tendu la main à Yannick Jadot (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise) pour tenter de rassembler la gauche. Il partage une grande majorité de ses propositions avec le premier, et quelques orientations avec le second, même si son programme est moins radical.

Une enquête du Monde : Hamon est-il compatible avec Mélenchon, Jadot et Macron ? dans Parti socialisteS’il n’a pas cité le nom d’Emmanuel Macron, certains voudraient également voir Benoît Hamon entamer des discussions avec le leader du mouvement En Marche !, dont le flou du programme empêche pour l’instant de savoir si les deux hommes pourraient trouver des points de convergence.

Voici une comparaison de leurs positions relatives aux principales propositions de Benoît Hamon :

image: http://s1.lemde.fr/image/2017/01/29/534×0/5071136_6_3d80_benoit-hamon-yannick-jadot-jean-luc_7996bbe3b221a213b15f5e68db542c42.pngBenoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, candidats à l'élection présidentielle.

Sur l’économie

Benoît Hamon souhaite une mise en place par étapes d’un revenu de base inconditionnel, qui serait dans un premier temps réservé aux 18-25 ans.

 

Yannick Jadot est depuis longtemps favorable au revenu universel. Il envisage même qu’il soit attribué dès la naissance.

Jean-Luc Mélenchon est contre ce qu’il qualifie de « trappe à pauvreté ». Il y voit une menace pour les salaires, et refuse une « résignation face à l’idée que le travail est uniquement souffrance ».

Emmanuel Macron a plusieurs fois jugé intéressante la piste du revenu universel, avant de l’écarter définitivement en janvier. Le secrétaire général d’En marche ! a rejeté l’idée de « s’installer dans le financement durable d’un chômage de longue durée ».

Benoît Hamon veut fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG en un impôt unique progressif à 10 tranches. Il souhaite aussi fondre l’ISF et la taxe foncière en un impôt unique sur le patrimoine et développer une fiscalité écologique (TVA éco-modulable et taxe carbone).

 

Yannick Jadot souhaite, comme Benoît Hamon, fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG, réformer la fiscalité du patrimoine en tenant compte du patrimoine net et développer la fiscalité écologique.

Jean-Luc Mélenchon est hostile à la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, car il craint que le financement de la Sécurité sociale soit fragilisé par la disparition de la CSG. Il souhaite plutôt rendre l’impôt sur le revenu plus progressif, avec 14 tranches au lieu de 5.

Emmanuel Macron s’est opposé en 2015, alors qu’il était encore au gouvernement, à l’idée de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG.

 

Yannick Jadot souhaite lui aussi l’abroger (tout en conservant le compte personnel d’activité).

Jean-Luc Mélenchon veut également l’abroger.

Emmanuel Macron veut non seulement conserver la loi travail, mais aller encore plus loin.

Benoît Hamon souhaite prohiber les « rémunérations dépourvues de lien avec l’amélioration des résultats au cours de leur mandat » et mettre fin aux stock options et aux retraites chapeaux « en cas de démission ou de perte de confiance du conseil d’administration ».

Yannick Jadot n’a pas pris position sur la question, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon est pour également, mais va beaucoup plus loin que Benoît Hamon : il souhaite limiter les écarts de salaire de 1 à 20 dans l’entreprise et fixer un plafond à 400 000 euros annuels.

Emmanuel Macron a jugé l’idée d’encadrer les salaires « inefficace » lorsqu’il était encore au gouvernement, en mai 2016.

 

Yannick Jadot est également favorable à un renforcement du compte pénibilité.

Jean-Luc Mélenchon veut revenir à la retraite à 60 ans.

Emmanuel Macron est très critique vis-à-vis du compte pénibilité. Il réfléchit à un système de retraite à la carte, modulable selon les parcours, sans plus de précisions.

Benoît Hamon a l’intention d’enfeindre les règles budgétaires du pacte de stabilité européen jusqu’à ce qu’il soit réformé pour pour exclure du calcul du déficit les dépenses de défense et d’investissement.

Yannick Jadot était plutôt favorable au traité budgétaire en 2012, avec des réserves. Il ne s’est pas positionné sur l’évolution des règles budgétaires à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon souhaite également s’affranchir des règles budgétaires européennes, mais on peut douter qu’il se contenterait d’une réforme incluant les dépenses de défense dans le calcul des déficits, comme le prône Benoît Hamon.

Emmanuel Macron n’est pas favorable à un retour sur la règle des 3 % de déficit, mais souhaite un budget européen pour financer des investissements communs.


Sur l’environnement

Benoît Hamon promet une forte réduction de la dépendance au nucléaire (50 % en 2025, dans la lignée de la loi de transition énergétique de 2015), un effort sur la promotion des énergies renouvelables, une sortie du diesel à l’horizon 2025 et un grand plan pour la rénovation énergétique.

 

Yannick Jadot est sur la même ligne que Benoît Hamon, même s’il affiche des ambitions supérieures : il veut sortir du nucléaire dès 2035.

Jean-Luc Mélenchon propose lui aussi une planification énergétique, avec une sortie du nucléaire et un mix énergétique 100 % renouvelable à l’horizon 2050. Plus radical que Benoît Hamon, il suggère la fermeture immédiate de la centrale de Fessenheim et l’arrêt des projets d’EPR à Flammanville et Hinkley Point. Il est également favorable à la fin du diesel et à un plan de rénovation énergétique.

Emmanuel Macron a une vision très différente : il promeut la compatibilité des énergies renouvelables et d’une énergie nucléaire qu’il présente comme « un choix d’avenir », et défend le diesel.

Benoît Hamon souhaite une TVA éco-modulable et une taxe carbone aux frontières de l’Europe.

Yannick Jadot annonce dans son programme la fin des niches fiscales nuisibles à l’environnement. Il se prononce également depuis longtemps pour une taxe carbone européenne.

Jean-Luc Mélenchon veut une taxe carbone sur les transports de marchandises et une taxe kilométrique sur l’éloignement entre la collecte des déchets et leur traitement.

Emmanuel Macron n’a pas dévoilé sa position sur le sujet.

Benoît Hamon veut l’abandon du projet.

Yannick Jadot est contre la poursuite de tous les « grands projets inutiles », dont l’aéroport nantais.

Jean-Luc Mélenchon est contre.

Emmanuel Macron souhaite poursuivre le chantier, au nom du respect du référendum.


Sur les institutions

Benoît Hamon veut limiter aux seuls projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale cette procédure qui permet au gouvernement de passer en force au Parlement.

 

Yannick Jadot n’a pas pris position sur la question, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon, hostile au « coup de force » permis par le 49.3, souhaite changer la Constitution.

Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur le sujet (même si le 49.3 a permis l’adoption de sa loi sur la croissance en 2015).

 

Yannick Jadot ne s’est pas positionné sur le sujet à notre connaissance, même si les écologistes y sont historiquement favorables.

Jean-Luc Mélenchon y est favorable.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné sur le sujet à notre connaissance.

 

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron semble être hostile au fait de l’inclure dans un programme sans garantie de pouvoir y parvenir, puisqu’il a raillé la promesse non tenue de François Hollande sur le sujet.

Benoît Hamon souhaite limiter le cumul à trois mandats identiques consécutifs.

 

Yannick Jadot n’a pas évoqué publiquement cette question à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon est pour également.

Emmanuel Macron est pour.

Pour rendre l’Assemblée nationale plus représentative, Benoît Hamon souhaite qu’une partie d’entre eux soit élus selon les résultats nationaux de leur parti, plutôt qu’au scrutin uninominal à deux tours actuellement en place.

 

Yannick Jadot veut aller plus loin et propose d’élire tous les députés à la proportionnelle.

Jean-Luc Mélenchon souhaite « élire l’Assemblée nationale à la proportionnelle » (ce qui suggère qu’il est favorable à la proportionnelle intégrale).

Emmanuel Macron est favorable à une « introduction » de la proportionnelle à l’Assemblée.

Yannick Jadot n’a pas repris cette proposition de Cécile Duflot pendant la primaire écologiste.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas pris position sur le sujet, à notre connaissance, bien qu’il réclame dans son programme l’abolition de la « monarchie présidentielle ».

Emmanuel Macron n’a pas pris position sur le sujet, à notre connaissance.


Sur les questions de société

 

Yannick Jadot s’est prononcé pour l’euthanasie.

Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé pour la légalisation du suicide assisté.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

Benoît Hamon souhaite renforcer la loi Sapin II en supprimant le « parcours par étapes » que doit suivre un lanceur d’alerte au sein de son institution.

Yannick Jadot y est favorable.

Jean-Luc Mélenchon est très engagé sur le sujet. Il souhaite même naturaliser français Edouard Snowden et Julian Assange.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

L’aide médicale à la procréation est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels.

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet, à notre connaissance.

  • La gestation pour autrui :

Comme Benoît Hamon, MM. Jadot, Mélenchon et Macron sont opposés à la légalisation de la GPA.

 

Yannick Jadot le propose.

Jean-Luc Mélenchon le propose.

Emmanuel Macron est favorable à une simple dépénalisation pour la détention en petite quantité, mais pas à une légalisation.

Benoît Hamon souhaite les autoriser à travailler après trois mois sur le territoire et faciliter l’apprentissage du français.

 

Yannick Jadot tient un discours d’ouverture sur l’accueil des demandeurs d’asile, sans avoir pour l’instant dévoilé de propositions concrètes.

Jean-Luc Mélenchon a durci son discours ambigu sur l’immigration depuis l’été 2016, s’attirant les foudres de Benoît Hamon, qui a jugé sa position « grave ».

Emmanuel Macron est favorable à une politique d’accueil généreuse. Il a salué la position d’Angela Merkel en Allemagne et a jugé que c’était un « devoir » pour la France.


Sur la sécurité

Benoît Hamon souhaite remplacer tous les départs à la retraite et créer 1 000 postes par an.

 

Yannick Jadot ne s’est pas positionné publiquement sur le sujet à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon veut 10 000 recrutements.

Emmanuel Macron veut 10 000 recrutements en trois ans.


Sur l’Europe

Le CETA, approuvé par les chefs de gouvernement européens à l’automne 2016, doit être ratifié par le Parlement européen (en février 2017) et par les parlements nationaux des Vingt-Huit Etats-membres européens (dans les prochains mois et les prochaines années).

Yannick Jadot est contre le CETA.

Jean-Luc Mélenchon est contre le CETA.

Emmanuel Macron est favorable au CETA, et a critiqué la tentative de veto de la Wallonie.


Sur la politique internationale

Benoît Hamon veut proposer la reconnaissance de la Palestine par le gouvernement français.

Yannick Jadot est pour.

Jean-Luc Mélenchon est pour.

Emmanuel Macron refuse toute reconnaissance de la Palestine avant la conclusion d’un accord de paix.

Benoît Hamon souhaite que la France reste dans le commandement intégré de l’alliance atlantique.

Yannick Jadot n’a pas proposé d’en sortir, à notre connaissance.

Jean-Luc Mélenchon veut sortir de l’OTAN.

Emmanuel Macron n’a pas proposé d’en sortir, à notre connaissance.

Correction : Jean-Luc Mélenchon est favorable au non-cumul des mandats dans le temps. Une version précédente de cet article indiquait qu’il n’avait pas pris position à ce sujet.

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Médecin de combat

Créé par le 18 fév 2017 | Dans : Articles de fond, Santé-social-logement

Médecin de combat
Parution :
11/01/2017
Pages :
208
Format :
132 x 205 mm
Prix :
17.90 €
Prix du livre numérique:
12.99 €
EAN :
9782246863298

Médecin de combat

Grand patron hospitalier, médecin-chef de la BRI, l’ancien Antigang, Denis Safran accompagne cette unité d’élite dans toutes ses actions. Le 9 janvier 2015, il participe à l’assaut contre l’Hyper Cacher. Le 13 novembre, il est le premier médecin à entrer au Bataclan.
À 69 ans, comment arrive-t-on en première ligne de missions aussi dangereuses ? Denis Safran raconte son parcours exceptionnel d’enfant de la République, fils unique de parents juifs polonais ayant échappé à la déportation. À 20 ans, il décide de vouer sa vie à réparer des corps cassés. Jeune interne, il va chercher les blessés de la route avec un des tout premiers SAMU. En 2000, il crée à l’hôpital Georges-Pompidou un grand service d’anesthésie-réanimation pour les polytraumatisés. Et en 2011, il médicalise la BRI.
Homme libre aux convictions fortes et aux propos déterminés, Denis Safran partage aujourd’hui sa vie entre sa péniche, le 36 quai des Orfèvres d’où partent les missions de la BRI, la place Beauvau et l’île de la Cité, où il conseille le ministre de l’Intérieur et le préfet de police sur les questions de santé.
Médecin de combat, ce farouche républicain est au cœur du dispositif antiterroriste. Son expertise, sa bravoure et sa vision offrent un éclairage unique sur les dangers auxquels nous faisons face.

Lire un extrait

Un système de santé égalitaire et solidaire: une chance pour les riches

Créé par le 18 fév 2017 | Dans : Santé-social-logement

Un système de santé égalitaire et solidaire: une chance pour les riches dans Santé-social-logement
André Grimaldi

13 févr. 2017 — Le débat sur la Sécurité sociale est souvent dramatisé et biaisé. Quatre idées fréquemment avancées doivent être réfutées :

1. La France dépense plus que les autres pays développés en matière de santé. Faux !
D’après les statistiques officielles de l’OCDE, nous étions en 2015 en 6ème position avec une dépense de 11% du PIB, derrière les Etats Unis 16.9%, la Suisse 11.5%, le Japon 11.2%, la Suède et l’Allemagne chacune avec 11.1%. Et en dépense de santé par habitant, nous sommes à la 13ème place avec 4367 dollars loin derrière les USA avec 9024 dollars et l’Allemagne avec 5119 dollars.

2. La France est le pays qui consomme le plus de médicaments. ça a été vrai mais ça ne l’est plus.
Depuis 10 ans nous avons rejoint le taux moyen des pays de l’OCDE avec une dépense totale de médicaments (ville /hôpital, médicaments remboursables) de 34.3 milliards d’euros (dont 0.2 milliard pour l’homéopathie) auxquels il convient d’ajouter 4 milliards de médicaments non remboursables. Les médicaments représentent environ 20% des dépenses, mais nous continuons à être de très forts « consommateurs » d’antibiotiques et d’anxiolytiques.

3. L’augmentation du reste à charge (franchises, forfaits, dépassements d’honoraires non remboursés, soins dentaires, auditifs ou d’optique mal remboursés) « responsabilise » les patients en les amenant à renoncer à des consultations inutiles. FAUX ! Une enquête de l’IRDES (institut de recherche et documentation en économie de la santé) d’octobre 2010 avait montré que l’effet des franchises touchait essentiellement les personnes ayant de faibles revenus aggravant leur renoncement aux soins. L’augmentation du reste à charge (RAC) ne diminue pas significativement la « consommation » de soins inutiles, mais elle augmente très significativement les inégalités sociales de santé. Plus encore, plusieurs études portant sur des maladies chroniques évolutives comme le diabète où la prévention des complications est essentielle, ont montré que la gratuité des traitements est un facteur d’amélioration de l’observance. L’étude la plus démonstrative a été rapportée en 2011 dans le célèbre New England Journal of medicine. Elle portait sur près de 6000 patients ayant fait un infarctus du myocarde. Par tirage au sort la moitié des patients ont bénéficié d’un traitement gratuit et ont été comparé à un groupe contrôle ayant un reste à charge mensuel en moyenne de 50 dollars. La gratuité a entraîné une meilleure observance des traitements et en conséquence une réduction des récidives d’accidents cardiovasculaires de 14% et finalement un coût moyen moins élevé pour les patients du groupe « gratuité des médicaments » que pour les patients du groupe « reste à charge usuel », même si cette différence n’atteignait pas la significativité statistique. Cette conclusion peut être généralisée à toutes les pathologies chroniques évolutives et justifie la prise en charge à 100% par la Sécurité sociale des 10 millions de patients reconnus en affection de longue durée (ALD) .Le reste à charge des patients en ALD reste malgré tout important, plus du double de la moyenne des patients . Seule une vision comptable à courte vue explique que des responsables gestionnaires aient en 2011 retiré de la prise en charge à 100%, 1 million de personnes ayant une hypertension artérielle sévère. Cette décision se traduira dans les années à venir par plus d’accidents vasculaires cérébraux, plus d’insuffisance cardiaque, plus d’insuffisance rénale terminale : crime de papier parfait qui restera impuni !

4 On croît communément que la concurrence est le moyen le plus sûr d’obtenir la meilleure qualité au plus bas coût. Faux ! En matière de santé, c’est l’inverse que l’on observe. La libre concurrence ne fait pas baisser les prix, elle les augmente, qu’il s’agisse des dépassements d’honoraires ou des tarifs des assurances privées (mutualistes ou à but lucratif).L’augmentation des uns entretient l’augmentation des autres. « Vous avez une bonne mutuelle ? » est devenue une question rituelle posée par le médecin spécialiste à son patient. En effet la santé est un bien supérieur. Et chacun est prêt à payer plus pour la santé, si ce n’est pour la sienne du moins pour celle de ses enfants, de son conjoint ou de ses parents. Quant à la personne malade ou qui se croît malade, c’est une personne anxieuse facilement manipulable. C’est pourquoi les médecins prêtent serment de ne pas abuser de cette asymétrie relationnelle En la matière, le concept de patient « consommateur éclairé », informé grâce à internet, faisant le choix du juste soin au moindre coût sur « le marché de la santé », est un mythe répandu par certains économistes libéraux. Ce mythe est utilisé par les assureurs privés qui proposent aux patients de faire le bon choix à leur place, en organisant leurs propres réseaux de soins remettant en cause l’indépendance professionnelle des médecins. On sait ce qu’il en est aux USA où ce modèle est appliqué : les dépenses y sont les plus élevées et les résultats les plus médiocres.
Un système de santé égalitaire et solidaire n’est pas qu’une chance pour les pauvres. C’est aussi une chance pour les riches d’être soignés aussi bien que les pauvres,  c’est-à-dire en fonction de leurs besoins !

Pr André Grimaldi au nom du Collectif pour une santé égalitaire et solidaire

La « Tragédie du roi Christophe » racontée au présent, par Marina Da Silva, 9 février 2017

Créé par le 14 fév 2017 | Dans : Vive le blog citoyen

http://blog.mondediplo.net/-Le-lac-des-signes-

Découvrez le blog collectif des journalistes et des collaborateurs du Monde diplomatique sur la culture.

Avec près d’une quarantaine d’artistes sur le plateau, Christian Schiaretti livre une version monumentale de « La Tragédie du roi Christophe » d’Aimé Césaire, une pièce-fleuve autour de la figure charismatique du chef de la première république noire, Haïti.

par Marina Da Silva, 9 février 2017

Pour Christian Schiaretti, directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne, la décentralisation passe par le Burkina Faso. Après Une saison au Congo (écrite en 1966), il met en scène, avec la même troupe, élargie, La Tragédie du Roi Christophe (1963), chef-d’œuvre flamboyant d’Aimé Césaire. Quarante artistes, dont une vingtaine de comédiens parmi lesquels le collectif Béneeré du Burkina-Faso, quatorze figurants, quatre musiciens et une chanteuse. La rencontre avec le collectif Béneeré — l’une des troupes les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest — a été déterminante pour Schiaretti, tant d’un point de vue artistique que personnel.

Lire aussi Yves Florenne, « Toussaint Louverture vu par Aimé Césaire », Le Monde diplomatique, août 1960. Le choix de Césaire — Christian Schiaretti a encore en projet de monter Une Tempête (1969), le dernier volet de la trilogie — s’est imposé pour mettre au devant de la scène la problématique de la colonisation et des indépendances, avec les comédiens du Pays des hommes intègres. Césaire a été « l’homme du vouloir-ensemble, c’est à dire de l’engagement par et pour le collectif, tout au long de sa longue action politique. Avec cette certitude, toujours affirmée, que les véritables avancées de la liberté et de la dignité ne sont pas celles qui s’octroient d’en haut ou d’ailleurs, mais celles qui se conquièrent — solitaires et solidaires — par la responsabilité collectivement assumée », selon les mots de Daniel Maximin, qui a été conseiller artistique pour la dramaturgie.

La pièce s’ouvre par un combat de coqs sur une place publique, véritable sport national en Haïti, et allégorie des querelles des politiciens. Le premier volatile figure Alexandre Pétion et le second Henri Christophe. En 1806, après la révolution et la proclamation de la première république noire du monde, en 1804, l’assassinat de Dessalines a provoqué la scission du pays entre le Sud (république d’Alexandre Pétion) et le Nord (royaume de Henri-Christophe). Christophe est couronné en 1811, sous le nom d’Henry Ier, et promulgue le Code Henry l’année suivante. Il veut conduire son peuple vers l’autonomie et inventer une culture nouvelle, puisant dans le modèle anglais d’une monarchie constitutionnelle et s’inspirant des traditions africaines. Mais une fois au pouvoir, l’homme qui a fait chuter le dictateur se transforme en tyran à son tour, sans tenir compte de la volonté de son peuple, en s’enfonçant peu à peu dans une solitude aveugle.

Lire aussi Christophe Wargny, « Les Spartacus de Saint-Domingue », Le Monde diplomatique, juin 2015. Césaire disait lui-même que La Tragédie du roi Christophe, qui représente un épisode authentique de l’histoire d’Haïti, était une œuvre complexe, qui se jouait en même temps sur trois plans différents : politique, humain et métaphysique. Un véritable défi pour la mise en scène, car pour Césaire « le théâtre est le moyen de mettre la poésie à la portée des masses, de donner à voir comme dirait Eluard » (1). Il a donné naissance « à un théâtre total, au développement multiforme et non linéaire, qui n’acceptera aucune contrainte, aucune règle de la dramaturgie classique. Poésie, prose, politique, danses, chants, rites, folklores, contes, films, tragique, burlesque, parodie s’y mêleront conformément à l’esthétique africaine mais aussi à l’esthétique européenne contemporaine », selon Jacqueline Leiner (2).

Des indications qui ont servi de canevas et d’inspiration à la mise en scène de Schiaretti, qui restitue les ambiances des quartiers populaires et des palais, les costumes des princes et les guenilles des pauvres, faisant fusionner tragédie et comédie, soliloques et dictons, poésie et langage cru. En fond de scène, dans une sorte d’estrade-habitacle en bois, un orchestre de chambre avec le compositeur Fabrice Devienne au piano, Henri Dorina à la basse, Aela Gourvennec ou Lydie Lefebvre au violoncelle, Jaco Largent aux percussions, interprète des musiques inattendues qui viennent sertir la voix jazzy et gospel de la chanteuse camerounaise Valérie Belinga.

Lorsque tous les artistes sont au plateau, c’est tout le peuple d’Haïti qui nous fait face. On a rarement le loisir de voir une telle distribution avec autant d’artistes de cette trempe. Marc Zinga interprète le rôle du roi Christophe avec incandescence, consumé de l’intérieur par une rébellion qui lui fait brûler sa vie par les deux bouts, jusqu’à ce qu’il soit frappé par un AVC, stoppé dans sa trajectoire. Comédien solaire, son jeu aimante tout comme la chorégraphie de ses partenaires de scène : Stéphane Bernard, Yaya Mbile Bitang, Olivier Borle, Paterne Boghasin, Mwanza Goutier, Safourata Kaboré , Marcel Mankita, Bwanga Pilipili, Emmanuel Rotoubam Mbaide, Halimata Nikiema, Aristide Tarnagda, Mahamadou Tindano, Julien Tiphaine, Charles Wattara, Rémi Yameogo, Marius Yelolo, Paul Zoungrana. Tous, dans leur présence et leur singularité restituent cette histoire de libération d’un peuple, glorieuse et malheureuse, qui continue à résonner si fort aujourd’hui.

Lire la suite sur le blog http://blog.mondediplo.net/-Le-lac-des-signes-

 

Créée au Théâtre national populaire de Villeurbanne du 19 janvier au 12 février.

Puis à la Scène Nationale de Sceaux, Les Gémeaux, du 22 février au 12 mars.

Pascal Picq : « Choisissez d’étudier ce que vous aimez »

Créé par le 11 fév 2017 | Dans : Articles de fond

Le paléo-anthropologue Pascal Picq encourage les jeunes à privilégier les métiers faisant appel à la créativité. Entretien, à l’approche de nos événements O21 / s’orienter au 21e siècle à Bordeaux et Villeurbanne.

LE MONDE | 09.02.2017 à 12h09 • Mis à jour le 09.02.2017 à 13h06 | Propos recueillis par Laure Belot

Membre de l’Observatoire de l’ubérisation de la société et de l’Institut de souveraineté numérique, le ­paléo-anthropologue Pascal Picq, professeur au Collège de France, fait partie des 35 personnalités auxquelles Le Monde a demandé de partager leur vision du futur pour aider les jeunes à trouver leur voie dans un monde en pleine mutation. Et ce, dans le ­cadre d’O21, nos événements ­consacrés à l’orientation, dont les prochaines étapes se dérouleront à Cenon, près de Bordeaux, les 10 et 11 février, à Villeurbanne les 15 et 16 février et à Paris les 4 et 5 mars (inscription gratuite).

 

Pascal Picq croise ici son parcours personnel d’enfant de ­milieu modeste ayant brisé son plafond de verre et de spécialiste de l’évolution humaine passionné par la mutation numérique.

L’exemple des grands singes, que vous étudiez, peut-il aider les jeunes à faire les bons choix d’orientation ?

Je vais vous répondre en évoquant un livre que les jeunes doivent absolument lire : La Planète des singes, de Pierre Boulle. ­Comment les grands singes prennent-ils le pouvoir sur les hommes sur la planète Soror ? Ils ­attrapent une femme qui normalement ne parle pas et ils sont ­capables ­d’accéder à sa mémoire profonde par une espèce d’hypnose. Et là elle parle de manière inconsciente et dit en substance : « Tout allait pour le mieux sur la planète ­Soror. Nous avions des machines qui produisaient les biens dont nous avions besoin. Et nous avions domestiqué les grands singes pour faire les ­choses les plus complexes autour de nous et nous aider. Mais au fil du temps, nous avons cessé d’être actifs physiquement et de nous intéresser aux matières intellectuelles. Même les ­livres enfantins ne nous intéressaient plus. Et pendant ce temps, ils nous observaient. »

C’est le syndrome de la planète des singes : si nous nous abandonnons à la facilité, si nous cessons de marcher, si nous cessons d’aimer, si nous cessons de lire, de créer et d’inventer, alors oui les robots, comme les grands singes dans le livre, prendront le pouvoir. Ce qui fait de nous des humains, c’est justement garder la maîtrise de la créativité.

La parade que vous proposez face à la robotisation ­annoncée de nombreux ­métiers est donc la créativité ?

La grande question qu’on lit à la « une » des journaux est : « Les robots vont-ils prendre nos emplois ? » La réponse ne fait aucun doute : oui. En tout cas ceux qui recouvrent les métiers qui ont permis la fulgurante évolution de nos sociétés à partir des années 1950 et qui étaient basés sur les propriétés cognitives du cerveau gauche, le cerveau analytique, rationnel, calculateur.

Face aux robots, cette compétition est perdue d’avance : les ­algorithmes seront toujours plus puissants pour aller chercher des données, les comparer, les organiser, les restituer. Il nous reste néanmoins deux atouts majeurs. Le premier est notre cerveau droit, celui de la créativité, de l’émotion. Là, nous avons l’avantage. Le second est que nous marchons. Les robots pour l’instant ne sont pas près de battre mon petit-fils au foot. Donc utilisons nos pieds et utilisons notre cerveau droit !

Tous les métiers qui comportent des tâches automatisables sont-ils menacés ?

Ce qui est menacé, c’est la part de ces métiers qui relève de l’automatisme. Mais est-ce que les robots vont tuer les architectes et les comptables ? Non ! Mais l’expert-comptable ne sera plus celui qui calcule, il sera celui qui donne des avis, conseille des stratégies. Nous devrons être capables de faire des robots nos alliés. Ils ne sont un danger que si nous n’allons pas vers plus de créativité.

L’école prépare-t-elle suffisamment à ces mutations ?

Nous sommes le seul système complètement stupide dans ­lequel on dit à des jeunes à 10 ans : « Tu seras littéraire ou scientifique. » En outre, tout notre système éducatif est basé sur le développement des capacités du cerveau gauche – analyse, rationalité, algorithme, etc. Or la créativité, c’est plus le cerveau droit.

Alors que 65 % des métiers de demain n’existent pas encore, selon le World Economic ­Forum, que conseillez-vous à la jeune génération ?

Mon conseil aux jeunes est simple : plus aucun parcours n’est sûr à 100 %, donc autant s’amuser et choisir d’étudier ce qu’on aime. D’autant qu’ils auront de toute façon à travailler pour réussir, même dans les nouveaux métiers qui peuvent sembler « fun ».

Demandez aux jeunes créatifs qui travaillent dans les jeux ­vidéo ou dans la e-publicité… C’est énormément de travail. Donc autant se faire un petit peu plaisir. Mon autre conseil serait de se doter d’un socle très solide dans une discipline – pour moi, ce fut la physique. C’est ce qui permet de toucher beaucoup de sujets par la suite.

La mutation numérique n’est pas la première que vous vivez…

Effectivement ! Mes parents étaient maraîchers dans la ­petite couronne parisienne – Gennevilliers, Asnières, ­Colombes… A l’époque, tout était vert. J’avais un terrain d’un hectare, donc je faisais ce que je voulais. Puis nous avons vu arriver les immeubles, littéralement sur le terrain de mes parents, qui ont été expropriés.

La crise du logement était aiguë et ces immeubles, on l’oublie trop souvent, semblaient tellement modernes et confortables. Mes parents ont compris que leur monde était fini, qu’il fallait changer de ­métier. Ils étaient peu instruits mais très intelligents. Je me souviens encore de ce que ma mère nous a dit, à ma sœur et à moi : « Je ne sais pas quel sera le monde de demain mais il faut que vous réussissiez à l’école. » J’avais 9 ans.

Ce qui ne va pas de soi quand on vient d’un milieu modeste…

Non. Le premier choc, ce fut l’arrivée au collège. Le ministère venait de créer des sections dites « modernes » pour les gens comme moi, qui venaient de ­familles où il n’y avait pas beaucoup de livres à la maison. On faisait du sport au lieu de faire du latin, si vous voyez ce que je veux dire. J’ai très tôt compris ce qu’était un plafond de verre.

Arrivé en 3e, alors que j’avais un très bon dossier sur le plan scientifique mais qui présentait des faiblesses en français, on ne m’a pas fait de cadeau. J’ai été orienté en technique sur la profession de mes parents, pas sur mes compétences ou mon potentiel. En somme j’ai découvert le monde que décrit Pierre Bourdieu longtemps avant de le connaître au Collège de France !

Cela étant, c’est aussi là que j’ai compris qu’il allait falloir que je bouge, que je me cultive, que je lise. Je me suis mis à tout dévorer, de tous les côtés, sans méthode.

Mais c’était une période absolument passionnante. Et c’est ainsi que j’ai obtenu un baccalauréat scientifique et technique puis que j’ai suivi des études ­supérieures de physique puis de paléo-anthropologie.

Comment restez-vous ­connecté face à cette accélération du monde ? Qu’est-ce que cela dit de la façon dont on se formera le mieux demain ?

Le modèle classique des aînés sachant qui enseignent à des jeunes ignorants est complètement obsolète. Les jeunes, d’ailleurs, ne s’y trompent pas. Quand je suis avec des jeunes start-upeurs ou des « digital natives », ils savent très bien que j’ai des savoirs qu’ils n’ont pas. Sans parler de respect, ils savent que je peux apporter des choses. Mais moi je sais aussi qu’ils peuvent m’apporter des choses et des savoir-faire que je ne maîtrise pas et que j’utilise de plus en plus.

Le modèle pyramidal, structuré, hiérarchique n’a plus de raison d’être aujourd’hui puisque effectivement les connaissances sont partout accessibles. En revanche, les aînés auront un rôle toujours fondamental dans la structuration d’un savoir. C’est un nouveau monde qui arrive et je trouve cela absolument passionnant.

Pascal Picq fait partie des 35 personnalités, acteurs ou témoins du monde qui vient, dont les propos irriguent, en vidéo, les événements O21, organisés par Le Monde. Placé sous le haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, O21 est également soutenu, au niveau national, par quatre établis­sements d’enseignement supérieur (Audencia, l’Essec, l’Epitech, et l’alliance Grenoble Ecole de management – EM Lyon) et un sponsor principal : Leboncoin.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/o21/article/2017/02/09/pascal-picq-choisissez-d-etudier-ce-que-vous-aimez_5077105_5014018.html#qtItRuSyGdPGR2ef.99

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