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PS : troisième tour dans un an

Créé par le 28 nov 2008 | Dans : Parti socialiste

Par Alain Duhamel

Le psychodrame socialiste, à la fois pathétique et dérisoire, ne fait que commencer. Il combine une malchance insigne (quelques dizaines de voix de différence seulement sur plus de 137 000 votes) et un châtiment mérité : à force de tolérer des irrégularités chroniques et des fraudes pagnolesques dans quelques poignées de fédérations, on déclenche la foudre et on provoque la tempête.

Il serait cependant trop facile de ne voir dans la crise du socialisme français que la combinaison malheureuse d’un destin ironique et de mœurs impardonnables. Derrière la querelle des chiffres et des mots, ce sont deux tempéraments, deux lignes et surtout deux conceptions du parti qui s’affrontent.

Inutile de biaiser et de chercher des antagonismes idéologiques de fond. Martine Aubry et Ségolène Royal sont l’une et l’autre des socialistes réformistes, européennes déclarées et désireuses de mener au pouvoir un parti de gouvernement. La maire de Lille a une approche plus sociale et la présidente de la région Poitou-Charentes, une sensibilité plus sociétale ? La belle affaire. Toutes deux acceptent l’économie de marché, préconisent des régulations, ont de l’autorité et de l’ambition à en revendre, lorgnent vers le palais de l’Elysée et ont signé semblablement et sans trembler la toute récente déclaration de principes du PS qui acte solennellement l’enracinement dans la social-démocratie.

Leurs styles sont certes aux antipodes l’un de l’autre, leurs formes d’expression ne se ressemblent pas. Si elles possèdent une même énergie et une même confiance en elles, leurs types d’intelligence et de comportement les différencient nettement. Le sentiment de prédestination charismatique de Ségolène Royal s’oppose à la fierté cartésienne de Martine Aubry. Avant la guerre, le Parti radical retentissait des querelles homériques des deux Edouard, Edouard Herriot et Edouard Daladier que leurs tempéraments et leurs rivalités transformaient en ennemis farouches. Aujourd’hui, le Parti socialiste tangue, roule et prend l’eau, ballotté entre Martine Aubry qui incarne l’unité historique d’une formation en quête de renouveau et Ségolène Royal qui personnifie la métamorphose virtuelle d’une force politique ayant épuisé ses recettes classiques. Leur compétition est personnelle, leurs antagonismes sont substantiels.Le PS doit choisir maintenant entre l’avenir trop sage de Martine Aubry et le destin trop ambigu de Ségolène Royal. Le désastre est que ce choix stratégique doit s’effectuer dans les pires conditions. Le Parti socialiste est aujourd’hui déconsidéré et traumatisé. Son image s’effondre, sa réputation se brise. Pire : il est divisé en deux blocs dramatiquement égaux, pathétiquement équivalents. Personne, absolument personne ne peut savoir qui l’a vraiment emporté au second tour de l’élection pour le poste de première secrétaire. Martine Aubry ? Ségolène Royal ? Il y a eu contestation, réclamation et, de toute évidence, fraude, peut-être marginale, mais indélébile.

Dès lors se pose de toute façon un problème de légitimité. Personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle. Martine Aubry s’installe dans le bureau de première secrétaire et Ségolène Royal interprétera sans désemparer, tout le temps qu’il faudra, un rôle dans lequel elle est passée virtuose, celui de la victime la plus populaire de France. Cela lui permettra, jour après jour, de pourrir la vie de Martine Aubry. A chaque événement politique, à chaque péripétie, à chaque rebondissement, il y aura la position officielle du PS, forcément responsable, forcément calibrée. Et puis, il y aura le contrepoint provocateur et inventif, inattendu mais médiatique de Ségolène Royal. Martine Aubry première secrétaire, toute combative et virulente qu’elle soit, sera la cible permanente. Ségolène Royal sera superbe en Diane chasseresse, vigilante et impitoyable. L’une prendra les coups, l’autre les donnera et c’est le Parti socialiste qui titubera. Comment gagner des élections, comment convaincre l’opinion, comment incarner une alternative lorsqu’un parti apparaît radicalement coupé en deux parties égales, menées de surcroît par deux femmes aussi belliqueuses qu’opiniâtres ?

Il faudra bien, un jour ou l’autre, dans un mois, dans un an, sans doute après les élections européennes du printemps 2009 (périlleuses pour le PS), sortir de cette impasse crépusculaire. Il faudra une légitimité sans controverse, une direction insoupçonnable, un leader sans boulets aux pieds ni entraves aux chevilles. Cela implique un congrès extraordinaire, un troisième et peut-être un quatrième tour pour le premier secrétariat, sous contrôle strict, en véritable transparence. Ou bien le duel Aubry-Royal reproduira l’affrontement mortel entre Marie Stuart et Elisabeth 1ere.

PS: Un fauteuil pour trois

Créé par le 16 nov 2008 | Dans : Parti socialiste

Par Maud PIERRON, envoyée spéciale à Reims
leJDD.fr
Dimanche 16 Novembre 2008

 Il y aura donc trois candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Après une nuit des résolutions qui a tourné à l’affrontement, Ségolène Royal, et Benoît Hamon ont maintenu leur candidature. Dimanche matin, Martine Aubry a fini par se déclarer, alors que Bertrand Delanoë a préféré renoncer. Les candidats seront départagés par un vote des militants le 20 novembre.

Comme prévu, la nuit a été très longue à Reims pour les leaders socialistes, chargés, lors de la fameuse nuit des résolutions, de dégager une improbable majorité. Mais pour certains, elle a été plus courte que pour d’autres. Ainsi, Ségolène Royal a quitté la commission des résolutions à 01h30, laissant ses trois rivaux, Benoît Hamon, Martine Aubry et Bertrand Delanoë, tenter de s’entendre. En vain. Au final donc, Benoît Hamon et Ségolène Royal ont maintenu leur candidature, Martine Aubry, au dernier moment, s’est lancé dans la course, alors que Bertrand Delanoë a préféré ne pas rajouter du désordre au désordre et a renoncé.

Les trois candidats désormais officiellement déclarés ont conclu le congrès dimanche en milieu de journée par des discours en forme de profession de foi. Martine Aubry a ouvert le bal. La maire de Lille a exhorté ses camarades à remplir « collectivement une obligation: c’est que nous soyons unis après le vote de jeudi. Il faudra respecter la minorité et la majorité ». Pour conclure, elle a promis d’engager le PS auprès des syndicats, des travailleurs, du mouvement social en général. Ce qui lui a valu une longue standing-ovation d’une partie de la salle. Benoît Hamon a pris la suite. « Ce qui peut-être exaltant, c’est un authentique combat politique, de ce combat peut naître l’espérance. Dans ce combat que nous allons mener ensemble, j’ai l’honneur de vous demander d’être en première ligne », a-t-il lancé, un brin lyrique. Enfin Ségolène Royal s’est avancée à la tribune. La candidate socialiste à la dernière présidentielle a prononcé un discours très politique, clairement ancré à gauche, fustigeant les marchés. A la fin, les applaudissement parvenaient tout juste à couvrir les sifflets, signe que le congrès a été difficile pour Ségolène Royal. La nuit des résolutions en a été la preuve flagrante.

Retour sur cette folle nuit. Rapidement sortie du jeu, Ségolène Royal a donc décidé de s’en remettre au vote des militants, comme elle l’a fait depuis le début. Selon plusieurs délégués, les discussions ne se sont jamais vraiment engagées autour de la motion E, pourtant arrivée en tête, pour le plus grand dépit de l’équipe Royal. Les motions A (Delanoë), C (Hamon) et D (Aubry) ont évacué rapidement le texte proposé par la socialiste, estimant que sur la conception du parti et celle des alliances, aucune synthèse n’était possible. François Hollande a demandé à ce que ce refus soit acté par un vote. Re-refus de la motion E, qui a demandé une interruption de séance pour ne pas être mise en minorité.

Le Premier secrétaire ne disposera pas de majorité

Au final, l’équipe de Royal a décidé de quitter la commission des résolutions, censée dégager une majorité au congrès. Quelques uns de ses membres sont toutefois restés pour entériner le non-accord. Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon, accompagnés de leurs lieutenants respectifs, Harlem Désir, François Lamy et Henri Emmanuelli se sont dans le même temps enfermés dans une salle afin de discuter d’un rassemblement, tandis que les autres délégués sont restés ensemble. C’est là que Martine Aubry a proposé à Bertrand Delanoë de soutenir, comme elle, la candidature de Benoît Hamon. Ce que le maire de Paris s’est refusé à faire.

Une fois Royal partie, ils n’ont pu que constater leur échec à constituer une majorité. Les derniers délégués sont partis vers 3h30 et la commission des résolution n’a jamais repris. Aucune synthèse partielle ou totale n’a été actée. Cette commission est également censée entériner les scores officiels de la consultation militante du 6 novembre, lors de la commission dite « de recollement ». Or, les litiges portent sur plus de 11.000 voix. Pas rien quand on sait que l’écart entre Martine Aubry et Bertrand Delanoë est de quelques centaines de voix.

Toujours est-il que le PS est dans une situation « inédite« , selon le mot de nombreux délégués. Un premier secrétaire va être élu jeudi, et il ne disposera pas de majorité, sauf retournement exceptionnel de situation. En effet, les membres du conseil national, parlement du parti, sont désignés par les délégués au congrès, réunis en assemblées de motion, proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions le 6 novembre dernier. Même chose pour le conseil national, qui assure l’administration. Or, le secrétariat national est lui nommé par le premier secrétaire, mais il faut que ses membres soient validés par le conseil national. D’où le risque d’une « cohabitation » au sein même du PS… C’est Michel Sapin, un proche de Delanoë qui résume le mieux la situation: « Nous sortons de ce congrès comme nous y sommes entrés« , divisés, égaux, sans majorité, ni chef.

PS: Reims, comme si vous y étiez

Créé par le 16 nov 2008 | Dans : Parti socialiste

Par Maud PIERRON, envoyée spéciale à Reims
LeJDD.fr
Dimanche 16 Novembre 2008

 La commission des résolution a eu lieu, mais n’a débouché sur rien. Ni synthèse partielle, ni synthèse générale. Ségolène Royal, dénonçant des « pratiques d’un autre âge« , a préféré quitter la réunion et s’en est remise aux militants. Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le nom d’un candidat commun. Revivez cette longue nuit avec leJDD.fr.

04h35: Bilan de « la nuit des longs couteaux »
Bilan de la soirée: Ségolène Royal s’en remet au vote des militants, comme elle l’a fait depuis le début. Selon plusieurs délégués, les discussions ne se sont jamais vraiment engagées autour de la motion E, pourtant arrivée en tête, pour le plus grand dépit de l’équipe Royal. Les motions A (Delanoë), C (Hamon) et D (Aubry) ont évacué rapidement le texte proposé par la socialiste, estimant que sur la conception du parti et celle des alliances, aucune synthèse n’était possible. François Hollande a demandé à ce que ce refus soit acté par un vote. Re-refus de la motion E, qui a demandé une interruption de séance pour ne pas être mise en minorité. Au final, l’équipe de Royal a décidé de quitter la commission des résolutions, censée dégager une majorité au congrès. Quelques uns de ses membres sont toutefois restés pour entériner le non-accord. Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon, accompagnés de leurs lieutenants respectifs, Harlem Désir, François Lamy et Henri Emmanuelli se sont dans le même temps enfermés dans une salle afin de discuter d’un rassemblement, tandis que les autres délégués sont restés ensemble. C’est là que Martine Aubry a proposé à Bertrand Delanoë de soutenir, comme elle, la candidature de Benoît Hamon. Ce que le maire de Paris s’est refusé à faire.

Une fois Royal partie, ils n’ont pu que constater leur échec à constituer une majorité. Les derniers délégués sont partis vers 3h30 et la commission des résolution n’a jamais repris. Aucune synthèse partielle ou totale n’a été actée. Cette commission est également censée entériner les scores officiels de la consultation militante du 6 novembre, lors de la commission dite « de recollement ». Or, les litiges portent sur plus de 11.000 voix. Pas rien quand on sait que l’écart entre Martine Aubry et Bertrand Delanoë est de quelques centaines de voix.

Mais la nuit n’est pas finie, et les portables vont chauffer jusqu’à demain matin afin d’échafauder un accord. A 8h00, les délégués doivent revenir au parc des expositions pour une nouvelle réunion de motion. Les motions seront ensuite mise aux votes devant les congressistes. Et ceux qui veulent se porter candidat doivent se décider avant 9h30, heure limite du dépôt des candidatures. Selon plusieurs participants aux débats de samedi soir, il peut y avoir de deux – les déjà déclarés, Royal et Hamon, – à quatre candidats. Le bluff est toujours de mise entre les différentes motions et c’est à celui qui cèdera le premier. Autant dire que l’issue de ce congrès, même si elle se rapproche, est toujours très floue.

Toujours est-il que le PS est dans une situation « inédite« , selon le mot de nombreux délégués. Un premier secrétaire va être élu jeudi, et il ne disposera pas de majorité, sauf retournement exceptionnel de situation. En effet, les membres du conseil national, parlement du parti, sont désignés par les délégués au congrès, réunis en assemblées de motion, proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions le 6 novembre dernier. Même chose pour le conseil national, qui assure l’administration. Or, le secrétariat national est lui nommé par le premier secrétaire, mais il faut que ses membres soient validés par le conseil national. D’où le risque d’une « cohabitation » au sein même du PS… C’est Michel Sapin, un proche de Delanoë qui résume le mieux la situation: « Nous sortons de ce congrès comme nous y sommes entrés« , divisés en quatre courants à peu près égaux, sans majorité, ni chef.

03h36: On ferme
Le service de presse met les journaliste, une grosse vingtaine encore présents, à la porte. Razzy Hammadi passe. A priori, la nuit n’est pas terminé pour ce soutien de Benoît Hamon, il reste du travail pour aboutir à un accord avec Martine Aubry.

03h32: Mais où est Bertrand Delanoë?
Il ne reste plus grand monde dans le centre des congrès… Mais quelques journalistes attendent encore que Bertrand vienne parler à la presse. Peine perdue, le maire de Paris a préféré éviter les journalistes et est parti par une porte dérobée.

03h31: Désir: Aubry et Hamon d’accord sur un nom
« Nous avons discuté avec les motions C et D pour trouver un candidat commun, mais en raison de nuances politiques et d’appréciations différentes sur le nom du candidat« , a dit Harlem Désir, le bras droit de Bertrand Delanoë après la commission des résolution. « Nous n’avons pas réussi à faire la synthèse autour de la motion A. Apparemment les motions C et D s’étaient mises d’accord sur le nom d’un candidat, a-t-il dit, ajoutant que Benoît Hamon n’envisageait pas de retirer sa candidature« . Le socialiste a jugé, comme Delanoë, que la motion A étant arrivée en tête, c’était à elle de proposer un candidat. « Nous avons fait tous les efforts pour parvenir à une majorité. Cela n’a pas pu se faire. Il y aura un premier secrétaire jeudi alors qu’il n’y aura pas de majorité à l’issue de congrès. Le premier secrétaire sera, au moins dans un premier temps, soutenu par une minorité. C’est inédit. Il faudra travailler à construire une majorité« . Même si la question n’est pas définitivement tranchée, il semble que l’équipe de Delanoë, ayant échoué à rassembler, ne souhaite pas présenter un candidat. « Nous n’avons pas de raison de porter un candidat s’il n’est pas porté par une majorité. Ce n’est pas notre conception du parti socialiste« , a-t-il dit.

03h21: Assouline: « Ils ont refusé la discussion« 
David Assouline le sénateur de Paris et proche de Ségolène Royal, en a dit un peu plus sur les « méthodes d’un autre âge » dénoncées par Ségolène Royal. Selon lui, les autres motions ont refusé de discuter du texte, « de l’amender« . « Lorsqu’il y a des désaccords, normalement, on amende, on discute pied à pied sur chaque mot, or là, ils ont refusé toute discussion. Normalement c’est la motion arrivée en tête qui sert de base de travail. Cela n’a pas été le cas, c’était très bizarre« , a-t-il regretté. « Ségolène voulait un compromis, ils ont tout rejeté. Par contre, ils sont partis ensemble, A-C-D, pour discuter entre eux. Ils n’ont pas abouti mais c’était écrit d’avance« , a avancé le sénateur de Paris, en allusion aux différences de fond entre Hamon et Delanoë. « La logique voudrait qu’il y ait quatre candidats mais la nuit va être longue et les discussions entre eux vont continuer« , a-t-il continué. Au final, la soirée a été « respectueuse et tendue« , a-t-il quand même conclu.

03h11: Hollande: « Ce n’est pas un drame« 
Jovial malgré les circonstances, François Hollande est venu parler à la presse. « J’ai pris acte du fait qu’il n’y a pas de majorité au Parti socialiste« , a dit le futur ex-premier secrétaire. « Ce n’est pas un drame, ce n’est pas un problème, c’est une difficulté« , a-t-il estimé, rappelant que son successeur serait élu jeudi prochain au suffrage direct par les militants. « Le Parti socialiste aura une majorité après le vote (…) Une majorité des militants induira une majorité au PS« , a-t-il avancé, même si le raisonnement paraît un peu aventureux. Surtout à cette heure là.

02h55: Aubry, partie presque sans un mot
Martine Aubry est partie du centre des congrès en ne lâchant qu’une phrase à la presse. « Le PS est à l’arrêt, notre responsabilité est de le remettre en marche, mais pour cela nous préférons le silence« , a dit la maire de Lille. Arnaud Montebourg a profité de l’aspiration pour quitter lui aussi le centre des congrès.

02h21: La commission toujours suspendue
Cela fait maintenant plus de deux heures que la commission des résolutions est interrompue. Les leaders des trois motions et leur gardes rapprochées se sont réunies, sans succès. Une partie de la délégation de Ségolène Royal est restée au centre des congrès, afin d’entériner les résultats de celle-ci, au cas où elle reprend. En attendant, les journalistes font le pied de grue devant es escalators, sévèrement encadrés par le service d’ordre, dans l’espoir de glaner quelques déclarations.

02h13: Moscovici: « Nous cherchons une solution« 
Signataire de la motion Delanoë, Pierre Moscovici est venu parler aux journalistes afin d’expliquer que désormais, c’est « la motion A qui doit rassembler autour d’elle« . « Nous cherchons à cette heure une solution« , a-t-il ajouté, faisant référence à la réunion « tripartite » entre Delanoë, Aubry, Hamon et leurs lieutenants, afin de se mettre d’accord sur un accord politique et le nom d’un premier secrétaire. Quant aux « méthodes d’un autre âge » dénoncées par Ségolène Royal, Pierre Moscovici a répondu, agacé: « Ce sont les règles du parti qui se sont appliquées. On ne peut pas prétendre diriger ce parti et ne pas accepter des règles communément admises. On ne peut pas à la fois jouer à un jeu et en changer les règles« . Il a expliqué devant les caméras que des « écarts importants » subsistaient entre la motion Royal et les autres courants sur « la conception du parti et sur les alliances« .

Selon Rebsamen, pas d’accord entre A-C-D
Selon François Rebsamen, l’un de lieutenants de Ségolène Royal, la réunion entre Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon n’a pas accouchée d’un accord. « On a tendu la main aux autres et ils ont préféré s’enfermer dans une salle à trois ou quatre. Ils viennent de sortir et bien sûr ils n’ont abouti à rien« , s’est désolé le maire de Dijon.

02h01: Valls dénonce des « prétextes« 
Peu après le départ de Ségolène Royal, Manuel Valls a tenté d’expliciter la décision de la motion E de quitter la commission des résolutions. « Nous avons eu de longs débats, assez étranges, notamment sur la question des alliances« . Vincent Peillon et Julien Dray notamment, ont demandé aux autres motions quels étaient les désaccords à ce sujet et « nous n’avons pas constaté de différences« , a-t-il raconté. Et d’ajouter que Martine Aubry avaient relevé qu’ils n’étaient pas d’accord sur « la crise financière, le pouvoir d’achat, la question européenne, le parti et le vote des militants. Nous n’avons pas compris quels étaient les désaccords sur ces points« , a-t-il expliqué. « Tout cela c’est un prétexte, au moment où nous incarnons le changement, pour garder la main-mise sur un parti qui n’en peut plus« , a estimé le député-maire d’Evry. « Il n’y a pas de front anti-Royal pour le moment. Nous sommes calmes, sereins et déterminés. Nous amènerons le débat devant les Français« , a-t-il conclu. C’est donc clair, la motion E va jouer les militants, la base, contre l’appareil. Depuis le début du congrès, c’est la même histoire.

01h35: Royal claque la porte
L’attachée de presse de Ségolène Royal descend pour organiser le point presse. Les journalistes de presse écrite agenouillés par terre, avec ceux de radio, photographes et caméras, debout, derrière. Tout est préparé, jusqu’à l’endroit exact d’où parlera la présidente de la région Poitou-Charentes… Sur les coup d’1h30, elle descend enfin par l’escalator, aux côtés de Manuel Valls. Suivent ensuite sa garde rapprochée: Vincent Peillon, Gérard Collomb, Nadjat Belkacem et Dominique Bertinotti. « Les militants vont maintenant avoir la parole jeudi prochain. La main tendue aux autres partenaires n’a pas été saisie. Nous prenons acte« , a-t-elle dit. « J’en appelle à tous les militants du PS, ils vont avoir à choisir quel PS ils veulent. Le retour de méthodes d’un autre âge, comme celle auxquelles on a assisté, ou un PS tourné vers l’avenir. Car le Parti socialiste a besoin de changer profondément ses codes et ses pesanteurs« , a-t-elle lancé, avant de s’éclipser. Dans la cohue comme d’habitude, et au prix d’une nouvelle opposition musclée entre les cameramen et le service d’ordre. une habitude dans ce congrès…

00h53: Royal se fait désirer
La motion E sort de la « nuit des résolution » après interruption de séance, a-t-on dit il y a près de 40 minutes à la presse. Du coup, tous les journalistes sont au garde-à-vous, massés derrière le cordon de sécurité, pour attendre que Ségolène Royal descende l’escalator du centre des congrès… Un escalator, qui, ceci dit en passant, a changé son sens de fonctionnement depuis que la socialiste est annoncée, pour lui permettre de descendre sans se fatiguer. De longues minutes se passent… rien. Les journalistes en sont réduits à guetter un éventuel reflet blanc dans le plafond vitré du centre des congrès, pour deviner si Ségolène Royal, habillée de blanc, arrive. Mais toujours rien et certains baissent les bras. La motion E conciliabule loin des journalistes.

00h08: Première interruption de séance
Les discussions n’avancent pas du tout. Une première interruption de séance est demandée par la motion E, celle de Ségolène Royal, qui n’arrive pas à faire avancer ses points de vues, a priori contre un front des motions Delanoë, Aubry et Hamon. Texto reçu: « Est-ce que le texte de la motion E peut-être la base d’une majorité? Après de nombreuses discussions sur le modem, et interrogations sur la nécessité de vote sur cette question, interruption de séance à la demande de la motion E« . François Hollande aurait demandé d’acter le refus d’alliance des motions A-C-D avec la E par un vote. L’équipe Royal a préféré interrompre la séance plutôt que d’être mise en minorité.

23h50: La motion E impose la discussion
Les discussions se déroulent à huis clos, dans une salle à l’étage. Les journaliste attendent en bas. Mais tout le monde communique via texto. Attention à l’intox toutefois, selon l’émetteur du texto. On apprend par un delanoïste que les discussions préliminaires s’éternisent mais que très vite, la synthèse autour de la motion E apparaît impossible, notamment à cause de la question de l’alliance avec le Modem. Mais l’équipe de Ségolène Royal ne baisse pas la garde, car, selon ce proche de Delanoë, ils « imposent la discussion« , point par point, sur chaque idée.

23h00: Les débats débutent
Enfin! Les débats s’engagent autour du texte de la motion E, Royal, et notamment sur la question des alliances.

21h30: La commission des résolution débute
Après une nouvelle réunion des motion au Parc des expositions de Reims, les troupes socialistes, et les journalistes, migrent vers le centre de Reims, direction, le centre des congrès, où doit se tenir la commission des résolutions, censée entériner une motion de synthèse et les résultats officiels de la consultation militante du 6 novembre. Quelque 102 délégués issues de quatre motions se retrouvent. Les hostilités débutent par un dîner.

Samedi 19h35. Aubry sous la tente, Ségolène en conférence.
Tandis que les partisans de Martine Aubry se sont réunis en assemblée de motion sous une grande tente sur le parking, aux cris de « Martine candidate » ou « on va gagner », Ségolène Royal, toujours maîtresse du timing, accapare une grande partie des journalistes, en annonçant la tenue d’un point presse. Histoire de damer le pion médiatique à sa rivale.

Samedi 18h45. Moscovici: « La personnalité de Royal divise »
Le dsicours de Ségolène Royal n’a pas laissé ses rivaux indifférents. Pierre Moscovici, dans les travées du parc des expositions lâchait: « c’est un discours plein de fulgurances et de béances« . Et d’ajouter un peu hésitant: « il y a un problème, c’est un discours assez décalé. Certains applaudissent, on ne sait pas pourquoi, d’autres sifflent et ça je ne l’accepte pas« . Pour le député du Doubs, c’est la preuve que Ségolène Royal ne peut pas prendre le PS. « Je vois que c’est très clivé, sa personnalité divise. Cela va nuire au vivre ensemble du parti et ce n’est pas possible pour le parti. Il faut réfléchir à une solution« .

Samedi 18h16. Bartolone et « la théorie des dominos« 
Pour Claude Bartolone, l’un des lieutenants de Fabius, les discours de cet après-midi peuvent avoir fait changer la donne en faveur de Martine Aubry. « Il y a une dynamique qui s’est mise en place en faveur de Martine. Ce qui peut amener Delanoë à bouger vers Martine, ce sont ses congressistes. Quand on a écouté le discours de Ségolène et celui de Martine, on a compris la différence entre les deux. Il y a cette dimension physique du congrès qui joue« . Le fabiusien estime qu’il est tout a fait possible que Benoît Hamon s’écarte au profit de Martine Aubry, ce qui mettrait « la pression sur Bertrand ». « C’est la théorie des dominos« , a-t-il conclu en s’éloignant.

Samedi, 18h01. Pour Jean-Louis Bianco, Ségolène Royal a prononcé « un grand discours ».
Pour Jean-Louis Bianco, le discours de Ségolène Royal samedi devant le congrès de Reims a été « novateur« . « Elle dit les mêmes choses que nous tous, elle a les mêmes valeurs, mais elle les exprime à sa manière, avec ses mots. Il faut du recul je pense pour apprécier ce discours« , a dit l’élu des Alpes de Haute-Provence, indéfectible soutien de l’ancienne candidate à la présidentielle. « Elle a pris des risques, elle savait qu’elle serait sifflée mais elle y est allée. C’est un grand discours« , a-t-il conclu, lui aussi, lyrique pour l’occasion.

Samedi 17h53. Martine Aubry acclamée
Dans une salle largement acquise à sa cause -la maire de Reims, Adeline Hazan, est l’une de ses très proches- Martine Aubry a fait un triomphe. Longue acclamation à la fin de son discours et nom scandé pendant de longues minutes. Comme elle l’avait dit vendredi, Martine Aubry a répété, notamment en direction de Delanoë, qu’elle « ne faisait pas un préalable » de sa candidature à un rassemblement. Bref, les tractations ne sont pas terminées. En revanche, elle rejette en bloc la proposition formulée quelques minutes plus tôt par Ségolène Royal sur un possible réferemdum sur une alliance avec le Modem. Pour Martine Aubry, cela n’a « pas de cohérence globale« . « Le Modem ne porte pas un projet de société compatible avec le nôtre« , a-t-elle ajouté. Autre moment fort de son discours: Martine Aubry s’est étonnée de l’absence des socialistes dans les manifestations. « Ca m’embête d’être derrière des banderoles du MJS [les jeunes socialistes], à mon âge, ça le fait pas! » Applaudissements du MJS garantis.

Samedi, 17h35. Daniel Vaillant tacle Ségolène Royal
Daniel Vaillant a réagi sèchement sur la proposition de Ségolène Royal de consulter les militants pour une éventuelle alliance. Pour le maire du XVIIIe arrondissement de paris, jospino-delanoïste, si elle veut trancher la question par les militants, il faut le faire « au congrès. C’est à ça que ça sert. » « Si elle veut le faire dans trois ans, c’est parce qu’elle compte sur tous les nouveaux militants« , grogne-t-il.

Samedi 16h42. Reims souffle le chaud et le froid sur Royal
Le discours, très attendu tout au long de la journée, de Ségolène Royal au congrès du PS à Reims samedi, suscite à la fois satisfaction et irritation auprès des militants. Les partisans royalistes applaudissent le plus fort possible la présidente de la région Poitou-Charentes, tapent sur les tables. Ses opposants, eux, s’en donnent à coeur joie en la sifflant copieusement. Ségolène Royal a notamment demandé à ses « camarades » d’arrêter de se donner des « coups de boule« . Pour répondre aux inquiétudes de Bertrand Delanoë quant à une possible alliance avec le Modem, elle s’est engagée à mettre en place « une consultation des militants sur la question des alliances« .

Samedi 15h50. Martine Aubry en retard pour écouter Fabius
La maire de Lille est arrivée dans la salle du parc des expositions de Reims… alors que Laurent Fabius, l’un de ses alliés, avait entamé son discours depuis cinq grosses minutes.

Samedi 15h39. Hamon arrive sous les applaudissements
Les débats ont repris au congrès de Reims. Et Benoît Hamon entend bien ne pas en perdre une miette. Accompagné de Razzy Hammadi, secrétaire nationale à la Riposte, le leader de la gauche du PS est arrivé, très applaudi par les militants présents. Hamon envisagerait même d’assister au discours de Ségolène Royal.

Samedi 15h15. Fin de la pause déjeuner
Pause déjeuner terminée à Reims. Les débats ont repris dans la salle plénière du parc des expositions de Reims. Premier intervenant, Gérard Filoche pour la motion de Benoît Hamon, suivi par Gérard Collomb, premier signataire de la motion de Ségolène Royal. On attend toujours le passage de Ségolène Royal à la tribune et celui du Martine Aubry, qui devrait dire si, oui ou non, elle est candidate au poste de premier secrétaire.

Samedi 14h12. Manuel Valls soigne la presse
Manuel Valls, l’un des lieutenants de Ségolène Royal, est aux petits soins pour les journalistes. Il était mandaté par la présidente de la région Poitou-Charentes pour raconter le moment où elle a accepté d’être candidate au poste de premier secrétaire. Samedi, il est passé plusieurs fois en salle de presse pour expliquer aux journalistes à quel point la motion E pensait faire « le rassemblement« . Il est même revenu à l’heure du déjeuner pour faire la queue, avec les journalistes, à la buvette de la salle de presse. Il y a expliqué que face à Ségolène Royal, il n’y avait pas de « majorité alternative crédible« . Et que son équipe était sereine et travaillait déjà à la future « gouvernance du parti« , notamment avec Vincent Peillon en premier secrétaire délégué et la proposition faite à Pierre Moscovici de prendre le poste de n°3.

Samedi 12h51. Bianco compte sur les ralliements
Dans le hall du parc des expositions, Jean-Louis Bianco, qui avait tenu à assister au discours de Bertrand Delanoë, pense que le rassemblement autour de Royal va pouvoir se faire. « Je suis très optimiste« , a-t-il dit. Il compte notamment sur plusieurs « ralliements durant cette semaine, à commencer par les légitimistes du parti« . Et notamment sur le premier secrétaire en exercice. « J’entends encore François Hollande dire que l’on doit se rassembler derrière la motion arrivée en tête« .

Samedi 12h33. Moscovici ne veut pas être numéro 3
Pierre Moscovici, à qui Gérard Collomb, proche de Ségolène Royal, a proposé la place de n°3 du parti, a décliné. « Je ne suis pas dans ce genre d’appel« , a-t-il répondu. « Je défends avec loyauté depuis l’origine la motion A qui doit rester unie« , explique le député du Doubs, rallié de la dernière heure à Bertrand Delanoë.

Samedi 12h31. Michel Sapin ne veut pas de « combinaisons« 
Proche de Bertrand Delanoë, Michel Sapin a estimé que « la motion A voulait être partie prenante dans la constitution d’une majorité« . « Quel que soit le premier secrétaire élu jeudi prochain, il n’aura pas la majorité, il faut donc construire une stabilité » au sein du PS, a-t-il expliqué. S’il a reconnu que Ségolène Royal était « légitime » pour se porter candidate, il a jugé que sa personnalité était « trop clivante« . « Tout le monde a intérêt à faire des gestes de rassemblement dans ce cas là« , a-t-il analysé. La proposition de Ségolène Royal de faire du delanoïste Pierre Moscovici son n° 3, Michel Sapin a répondu: « Nous ne sommes pas dans les combinaisons, avec personne« .

Samedi 12h07. Royal quitte le parc des expositions
Ségolène Royal a été studieuse ce samedi, elle a écouté dans la salle plénière les discours des différents orateurs. Jusqu’à celui de Bertrand Delanoë. Ensuite, elle s’est éclipsée, laissant notamment son bras droit, François Rebsamen prendre la parole.

Samedi 11h14. Delanoë fait un tabac à la tribune de Reims
Lors de son discours à la tribune du congrès de Reims, Bertrand Delanoë s’est attiré plusieurs salves d’applaudissements nourries. « Pour sortir de ce congrès avec espérance, il faut que ceux qui ont de l’espérance fassent un compromis. Je met nos 25% à la disposition du parti socialiste. Qu’on dise que je suis le grand perdant de ce congrès ça m’est égal, ce qui ne m’est pas égal c’est que Nicolas Sarkozy ou François Bayrou soient les vainqueurs de ce congrès« , a-t-il lancé. « La motion A n’a de raison d’être que de servir le PS, je n’ai aucun intérêt personnel dans ce congrès. Mais nous ferons tout pour que la raison l’emporte d’ici ce soir. Il y a beaucoup plus grand que nous tous, que tous les signataires de motions -moi y compris- il y a le socialisme et le devoir que nous devons accomplir. Le congrès de Reims je n’ai pas envie qu’il soit celui de Rennes« , a-t-il conclu.

Vendredi 20h47. Delanoë ne soutient pas Aubry et Hamon
Les débats sont maintenant finis à Reims, et l’heure est à l’assemblée générale de motion. C’est dans ce cadre que Bertrand Delanoë qu’il ne pouvait pas soutenir au poste de premier secrétaire Martine Aubry ou Benoït Hamon, et d’ajouter: « Nous restons, aujourd’hui comme demain, avec nos 25% ». A l’issue de cette réunion, il a dit qu’il proposerait le rassemblement, dont le leadership serait mené par quelqu’un de sa motion. « Je ne fais pas de ma candidature un préalable », a-t-il ajouté.

Vendredi 20h21. Royal officiellement candidate
Manuel Valls a annoncé vendredi soir, depuis Reims, que Ségolène Royal est officiellement candidate au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. « Elle le fera au nom du vote qui a placé note motion en tête, elle le fera avec une équipe symbolisée par Vincent Peillon qui sera, si elle est désignée, premier secrétaire délégué« , a ajouté le député-maire d’Evry.

Vendredi 18h38. Standing ovation pour Hollande
Pour son -presque- dernier discours en tant que premier secrétaire, François Hollande a reçu une longue standing-ovation de la part des délégués socialistes du congrès de Reims. Le maire de Tulle a appelé ses camarades au « rassemblement« . « Les militants ont voté, il y a un ordre d’arrivée, personne n’a la majorité, c’est un fait. Nous devons tous mettre un terme à la fragmentation du parti« , a-t-il dit, ajoutant qu’il fallait « respecter le vote des militants« .

Vendredi 17h57. Reims: L’appel à l’union applaudi
Lorsqu’Eric Loiselet, pour le Pôle écologique, a expliqué à la tribune du parc des expositions du congrès de Reims pourquoi il avait fait « le choix de rejoindre la motion arrivée en tête« , celle de Ségolène Royal, il a recueilli les applaudissements d’une partie de la salle. « J’appelle mes camarades à se recentrer et à laisser de côté la tentation du pire, qui veut que si l’on ne peut pas gagner, on empêche ceux qui le peuvent de le faire« , a-t-il ajouté, sous les applaudissements, nourris cette fois, de l’assistance.

Vendredi 17h25. Royal est là!
Finalement elle est arrivée. C’est avec plus de deux heures de retard que Ségolène Royal a fait son apparition à Reims. Une arrivée qui a suscité une cohue indescriptible au point de provoquer une bagarre entre les gardes du corps de la présidente de la région Poitou-Charentes et certains cameramen bousculés. « J’attends de ce congrès que nous nous rassemblions, que nous restions nous-mêmes mais que nous soyons capables de changer », a déclaré Ségolène Royal qui était notamment escortée par David Assouline, Aurélie Filipetti, Manuel Valls ou encore Patrick Menucci.

Vendredi, 17h00. Le Foll veut éloigner le spectre du congrès de Rennes
Le bras droit de François Hollande, qui a soutenu la motion Delanoë, cherche toujours le « rassemblement à Reims. « Nous ne sommes pas pour un ‘Tout Sauf Ségolène’, cette ligne a déjà été assez pénalisante comme ça pour le parti. Il faut dégager une majorité. On a souvent repprocher à François Hollande de chercher l’unité, voyez aujourd’hui comme nous avons du mal à la faire« , a noté Le Foll, pour leJDD.fr. Réagissant aux déclarations de Laurent Fabius, qui voit nettement « deux lignes » politiques s’affronter, Stéphane le Foll a répondu: « Cela n’engage que lui. Si on entre dans ce jeu là, on arrive à la confrontation. Or, il est de notre responsabilité d’arriver au rassemblement. La ligne directrice de Bertrand, c’est celle de la majorité, c’est tout, nous voulons aider à la constituer pour conjurer le spectre du congrès de Rennes »

Vendredi, 16h44. Hamon arrive seulement
Le tenant de l’aile gauche du parti socialiste, candidat déclaré au poste de premier secrétaire, vient tout juste d’arriver à Reims. Avec plus d’une heure et demie de retard. Pas suffisant toutefois pour arriver le dernier. Car Ségolène Royal se fait toujours attendre…

Vendredi, 16h02. Le congrès de Reims s’est enfin ouvert
Le congrès du PS vient de s’ouvrir avec une heure de retard, avec le discours d’ouverture de Jean-Jacques Meyer, premier secrétaire de la Fédération de la Marne. Tous les délégués ne sont pas encore arrivés et les rangs de la salle plénière peinent à se remplir. Hasard du protocole, puisque les délégués sont placés selon leur fédération d’origine, Bertrand Delanoë se trouve au premier rang… au centre-droit de la salle, Martine Aubry, au centre-gauche et Laurent Fabius, tout à la droite de la salle.

Vendredi, 15h51. Hollande: Le TSS, « pas un bon programme« 
Un peu « inquiet, comme toujours avant un congrès« , François Hollande a appelé ses camarades à « faire attention » et à ne pas laisser des « conflits de personnes » parasiter ce rendez-vous socialiste. « Il ne faut pas être dans la surenchère socialiste, dans le jeu de rôle pour que ce congrès soit utile », a-t-il expliqué. S’il redit que c’est à Ségolène Royal de tenter le rassemblement, il concède qu’une « deuxième issue est possible mais que le ‘Tout Sauf Ségolène’ ne serait pas un bon programme« . Interrogé sur l’éventualité où la majorité issue du congrès serait démentie par le vote des militants, le futur ex-premier secrétaire du PS a répondu: « Ce ne serait pas la cohabitation car les socialistes pensent la même choses, mais la gestion du parti seait plus compliquée« . « Essayons de travailler dans le sens où les militants ont voté, car s’ils ne sont pas satisfaits, ils nous le feront savoir« , a-t-il ajouté, faisant référence à l’élection du premier secrétaire par les adhérents jeudi prochain.

Vendredi, 15h45. Fabius et les « deux lignes du PS« 
Arrivé juste avant Martine Aubry au congrès de Reims, Laurent Fabius a confirmé qu’il y aurait un affrontement entre « deux lignes » lors du congrès, celle défendue par Ségolène Royal et l’autre par Martine Aubry et Benoît Hamon. « Nous devrons choisir entre l’une des deux lignes lors de ce congrès« , a-t-il dit au JDD.fr. « Il me paraît difficile que les deux puissent se rassembler ensemble« , a-t-il conclu.

Vendredi, 15h21. Royal est en retard…
Alors que les cadres du Parti socialiste convergent vers Reims où débute ce vendredi le congrès tant attendu, Ségolène Royal n’est toujours pas arrivée sur place. Elle est annoncée en retard et devrait faire son arrivée après 16h00.

Vendredi, 15h15. Moscovici: « Rassembler, rassembler… »
Finalement signataire de la motion portée par Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici continue de tenir un discours anti-fragmentation du PS. « Les socialistes doivent penser avant tout à leur capacité à travailler ensemble à partir de demain. Nous devons rassembler, rassembler, rassembler, rassembler… inlassablement« , a déclaré le député du Doubs à son arrivée à Reims, où le congrès du PS débute.

Vendredi, 15h03. Le camp Aubry ne dira rien avant samedi
Martine Aubry est arrivée à Reims en début d’après-midi ce vendredi, accompagnée par ses alliés, Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis alias « la carpe et le lapin ». Le strauss-kahnien a aussitôt expliqué au JDD.fr qu’aucune annonce ne serait faite sur une quelconque alliance avec les motions de Benoît Hamon et Bertrand Delanoë avant que Ségolène Royal ne se prononce sur sa candidature au poste de premier secrétaire, ce qui est prévu samedi. « On ne va pas conclure le congrès avant même qu’il ne commence« , a déclaré Cambadélis.

Désert d’avenir à gauche ? Sept modestes contributions du blog citoyen, socialiste et républicain aux débats d’idées

Créé par le 11 nov 2008 | Dans : a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, Gauche anti-libérale

Révolution conservatrice

Didier Eribon développe la thèse d’une profonde mutation idéologique du PS des années quatre vingt sous l’effet du néo-conservatisme. Cet auteur considère qu’il y eut alors une véritable rupture avec les idées révolutionnaires libertaires de mai 68, elles mêmes préparées de longue date par une hégémonie de l’idéologie marxiste et contestataire.

On peut rejoindre partiellement cette analyse en distinguant bien deux périodes : la première de la Libération jusqu’à la fin des années soixante dix connaît un rayonnement très puissant des divers courants marxistes sur les  intellectuels et  la classe ouvrière. La seconde voit au contraire l’effacement progressif du marxisme. Cette dernière période coïncide avec l’arrivée de la gauche au pouvoir et, dans la même décennie, l’effondrement des pays du “socialisme réel”.

Dans la première période on assiste à un foisonnement intellectuel lié à la contestation du marxisme officiel – celui d’un PCF dont l’influence reste énorme – par l’école de Francfort et la mouvance libertaire, le structuralisme et le freudo-marxisme. La deuxième période est celle de la lente agonie d’un marxisme en butte aux assauts des “nouveaux philosophes”en croisade pour les droits de l’homme contre le Goulag. L’assimilation du socialisme au totalitarisme ternit durablement le message du camp progressiste.

En France, dans les années soixante dix, le PS forgeait sa stratégie de rupture avec le capitalisme. On peut dire que jusqu’à l’adoption du projet socialiste dans la foulée du congrès de Metz – qui consacre la ligne d’union de la gauche -, le PS tient bon dans une posture de gauche. Mais il remporte les élections présidentielles alors même qu’il est déjà défait idéologiquement. Commence alors une ère de véritable confusion idéologique pour la gauche française. Egarée dans la parenthèse libérale qui constitue le véritable Bad Godesberg du socialisme français, l’idée de construction européenne tient lieu de substitut à celle de la transformation sociale. Avec le grand marché puis le traité de Maastricht, il s’agit d’un complet renoncement à une alternative au néolibéralisme en pleine poussée. L’idéologie néolibérale règne alors sur les esprits et les dirigeants de gauche – en dépit de leur dénégation toute verbale -, se rangent aux raisons d’un capitalisme financier mondialisé. La rupture est totalement consumée avec les couches populaires dont une large fraction marque son attirance pour les idées du Front national dès les élections européennes de 1984 avec son point d’orgue en 2002.

Nous ne nous reconnaissons pas dans la définition d’une idéologie conservatrice présentée par Didier Eribon – qui inclut la conception de la communauté de citoyens en tant que nation démocratique, opposée pourtant à la conception ethnique et nationaliste, dans cette dérive conservatrice – alors même que le rejet du TCE a constitué un moment important de la contestation du libéralisme par l’expression d’un attachement au modèle démocratique social français.

Les nombreuses références au mouvement intellectuel des années soixante dix gomment certains apports nouveaux tels que la redécouverte de Gramsci et de sa pertinente analyse de l’hégémonie idéologique. Par ailleurs nous réfutons la thèse qui ferait de la pensée de Kant et de Rousseau le soubassement philosophique du néo-conservatisme. L’universalisme et le contrat social sont dénoncés comme expression du choix raisonné de l’individu – cet individu idéologisé par la bourgeoisie et qui ne résisterait pas à la critique sociale des structuralistes. Dans ce débat – structuralistes contre tenants du sujet - l’auteur rend cependant grâce à un penseur comme Henri Lefebvre. 

Pour autant la confrontation de la gauche de gouvernement avec le mouvement social, théorisé par Bourdieu, apporte des éclairages utiles. Par delà une problématique campée sur le terrain exclusif des prétendues références intellectuelles françaises incontournables de la gauche ( Sartre, Althusser, Lacan, Deleuze, Guattari, Foucault, Bourdieu, Derrida… ), Didier Eribon contribue à révêler le foudroyant bouleversement idéologique du PS dans les années quatre vingt. Il faudrait pourtant corriger largement les soubassements de cette réflexion qui s’enferme dans l’apologie du courant culturel soixante huitard pour dénoncer la dérive conservatrice de ce que nous appellons le social-libéralisme. Ce dernier, à l’instar de la droite actuelle serait libéral sur le terrain économique et conservateur sur le terrain idéologique. Il y aurait largement place au débat sur ce point quand le conservatisme assimilerait aussi, selon Eribon, les principes républicains de la gauche française.

Cette analyse oublie les références historiques du socialisme français et fait par ailleurs  la part belle à “la gauche de gauche” – différenciée de “la gauche de la gauche” en ce qu’elle continuerait à porter l’idéal de la gauche institutionnelle, elle même quelque peu idéalisée dans une essence révolutionnaire trahie -. 

Les racines profondes du conservatisme français  ne sont-elles pas plutôt à rechercher dans l’opposition historique à la construction républicaine – la droite légitimiste chère à la tripartition du regretté René Rémond - et sa manifestation actuelle dans l’abandon de ses principes – ne serait-ce qu’en raison d’une hyperconcentration des pouvoirs et d’une posture attentatoire aux  libertés publiques avec la droite bonapartiste, incarnée à présent par un Sarkozy,  assez différente de la droite orléaniste libérale qu’aurait pu incarner F Bayrou - ? Ce qui n’enlève rien aux influences néo-conservatrices dans la posture idéologique d’un Sarkozy qui dresse deux France contre elle-même et entend revenir à un certain ordre moral.

Oui, les néo-cons ont bien franchi l’Atlantique et trouvé de vrais disciples en France. Et, s’il n’est pas incongru de s’interroger sur la portée de leur influence jusqu’aux portes du PS – ou, plus exactement chez les socialistes qui ont franchi le rubicon en faisant allégeance au premier d’entre eux, vrai césariste drappé dans un faux  label républicain français (et qui a même poussé l’audace jusqu’à la prétention de s’en référer à Jaurès alors même qu’il faisait une cour assidue en direction des électeurs lepénistes ) -, il y aurait plus qu’un abus de langage à confondre ce courant idéologique musclé avec l’esprit républicain. Ce type de confusion constitue une erreur manifeste d’appréciation qui remet en cause les bases même du socialisme démocratique en interdisant toute visée républicaine comme ressort d’une démocratie sociale. Il nous conduit assurément dans une impasse théorique et pratique en cantonnant notre horizon aux mythes du passé qui ont perdu leur capacité d’attraction et leur force propulsive.

Nous reviendrons largement sur notre première critique de ce livre - ”D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française”, Edit Léo Scheer, mai 2007, 156 p – après une  lecture – sans doute trop rapide car d’un seul trait – et une réaction livrée à chaud et en vrac dans le souci d’entamer un débat de fond sur une hypothèse qui fait question : celle de la droitisation du paysage politique français.

X D, le 1° juillet 2007

Le néolibéralisme et le néo-conservatisme désactivent la démocratie

Le vocabulaire de la gauche radicale et mouvementiste emprunte souvent les termes de néolibéralisme et de néo-conservatisme pour désigner le système socio-économique et idéologico-politique dans lequel prospère le capitalisme financier légitimé par l’idéologie d’un nouvel ordre moral (3). L’analyse des relations entre capitalisme et posture morale n’est pas nouvelle. Le puritanisme protestant d’Outre-Manche et d’Outre-Rhin paraissait ainsi plus conciliable avec les processus d’accumulation du capital et de recherche du profit que le catholicisme romain, culturellement hostile à l’accumulation des richesses comme fin en soi. Le circuit du capital – “argent-marchandise-argent” qui permet à l’argent de faire des petits (A-M-A’) – , mis à nu par Karl Marx, s’épanouissait sans entraves auprès des anglo-saxons alors qu’il devait combattre, auprès des latins, bien des préjugés moraux hérités de la dénonciation de la recherche effrénée du profit (2). Pour Max Weber, cette attitude mentale fondait la tentative d’explication de l’avancée relative du capitalisme des pays anglo-saxons.

Aujourd’hui le retour à l’ordre moral pourrait apparaître, d’une certaine façon, comme antinomique de l’explosion et de la sacralisation du marché, ce Veau d’or des sociétés occidentales. Dans sa préface à l’ouvrage de Wendy Brown, récemment traduit en français, “Les habits neufs de la politique mondiale – néolibéralisme et néoconservatisme”, Laurent Jeanpierre nous éclaire sur les rapports complexes du néolibéralisme et du néo-conservatisme (1). Ce dernier serait en réalité “une virtualité inhérente à la rationalité politique néolibérale”, étudiée jadis par Michel Foucault sous le terme de “gouvernementalité”. Ces concepts peuvent se définir comme “conduite des conduites”. “Ils réunissent, nous dit Jeanpierre citant Foucault, ” l’ensemble constitué par les institutions, les procédures, les analyses et les réflexions, les calculs et les tactiques” qui permettent d’imposer des normes de comportement à des individus et des groupes.” Le néolibéralisme étant pour Brown “l’ensemble des techniques de contrôle d’autrui et de soi par accroissement des choix plutôt que par diminution de la liberté, ou plutôt par accroissement des choix ( et réduction de la liberté à l’acte de choisir), non seulement la liberté se doit d’y être autolimitée mais elle ne peut l’être désormais qu’en étant moralisée.” Ces analyses nous éclairent sur les processus en oeuvre d’intrusion du religieux dans l’espace public de notre France laïque que N. Sarkozy vilipende et voue aux gémonies devant le Pape et la dynastie souveraine d’Arabie saoudite. A nous de décrypter le sens de ces processus pour les délégitimer, faute de quoi, ils pourraient asseoir durablement l’hégémonie des néo-cons, indispensable semble-t-il aux avancées du néolibéralisme. Avec cet ouvrage de Wendy Brown, il y a ainsi matière à méditer car sous les coups de buttoir et les effets conjugués du néolibéralisme et du néo-conservatisme, c’est la démocratie qui succombe ! Cette démocratie inventée à Athènes et remise à l’honneur par les courants républicains dans le sillage des Lumières avant que les libéraux n’en usurpent plus tard toute la paternité.

X D, le 26 janvier 2008

(1) Wendy Brown : “Les habits neufs de la politique mondiale – néolibéralisme et néoconservatisme” ; édition les prairies ordinaires ; novembre 2007.

(2) Le taux de profit est le rapport du profit au capital, lequel intègre capital constant (locaux, machines, matières premières etc.) et capital variable (salaires). La baisse tendancielle du taux de profit est liée à l’augmentation de la composition organique du capital, c’est-à-dire de la modification du rapport entre capital constant et capital variable au détriment du capital variable seul créateur de plus-value. Absolue (plus de temps volé) ou relative (captation des gains de productivité liés à l’augmentation de l’investissement – en quelque sorte le travail mort – et à l’organisation du travail), la plus-value est en effet extorquée aux travailleurs sous forme de sur-travail (non rémunéré).

Selon les économistes marxistes, cette modification est une contradiction forte du capitalisme qui continue cependant à accroître ses profits malgré cette tendance en trouvant de nouvelles formes d’exploitation à l’âge de l’impérialisme et des monopoles – pillage du tiers monde, spéculation financière accrue avec la globalisation, etc. – ou de nouveaux cadres d’intervention – le capitalisme monopoliste d’Etat (CME) qui assure une certaine socialisation des coûts par la collectivité nationale (industrie nationale permettant des tarifs bas pour les entreprises – électricité, transport, infrastructures, etc.- des prestations sociales et de services liés à la reproduction de la force de travail – couverture sociale, chômage, santé, vieillesse, hôpitaux, éducation nationale, etc). Ainsi externalisés, ces coûts ne rentrent plus dans la composition du capital. Cependant une partie d’entre eux sont à la charge des entreprises du fait des prélèvements sociaux obligatoires, sorte de salaires différés.

Aujourd’hui, la théorie du CME n’est plus à même de traduire la réalité du nouveau capitalisme à l’âge de la globalisation. Annoncée par Lénine et en vogue jusqu’à la fin des années 70, cette théorie analysait la connivence entre le grand capital monopolistique – national et international – et l’Etat. La sphère publique prenait en charge les activités non rentables et les investissements collectifs lourds, facilitant la rentabilité des grandes entreprises, ainsi allégées dans leurs coûts de production tandis que les commandes publiques dans des secteurs porteurs assuraient d’importants débouchés. La réalité actuelle a sensiblement modifié les rapports entre l’Etat et les monopoles. D’une part, l’internationalisation du capital et l’interpénétration des économies se sont considérablement développées, rendant plus difficile la régulation étatique nationale, d’autre part, la globalisation financière a radicalement réorienté les stratégies des entreprises, à la recherche de placements financiers spéculatifs plus rémunérateurs que l’investissement productif – d’où le phénomène des licenciements boursiers. La socialisation des grands moyens de production à l’échelle nationale promue par les théoriciens du CME n’est donc plus une réponse pertinente, la gauche gouvernementale ayant par ailleurs totalement renoncé à mener une politique industrielle dans le cadre d’une planification démocratique. L’Etat perd la maîtrise des secteurs bancaires, énergétiques et productifs et remet en cause sa sphère d’intervention sociale, laissant plus de place à la régulation par le marché dans un processus de financiarisation de l’économie. X D, le 07/12/04

(3) Mon article dans ce blog sur les sept piliers du néolibéralisme

Dans son manifeste altermondialiste, l’association ATTAC développe ses analyses pour servir le débat public. L’introduction est réservée au diagnostic du néolibéralisme.

Le premier pilier du néolibéralisme c’est le libre échange et la libre ciculation des capitaux, les deux facettes du même processus de marchandisation du monde. L’OMC assure une concurrence directe des travailleurs et des systèmes sociaux et exacerbe les contradictions entre les pays du centre et ceux de la périphérie. On assiste au laminage des souverainetés populaires, à l’apauvrissement des peuples soumis aux plans d’ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale. L’Union européenne s’attache aux mêmes objectifs, soumettant ses états à la concurrence libre et non faussée. L’affirmation des souverainetés populaires est nécessaire pour contrer ce processus.

Le deuxième pilier est une approche de la nature comme réserve inépuisable et comme dépotoir. Elle se traduit par l’accaparement des ressources naturelles et de la biodiversité par les multinationales du Nord et des pays émergents tandis que les pays pauvres du Sud sont voués à accueuillir les déchets polluants et dangereux et sont surexposés aux changements climatiques. La réponse est dans l’affirmation des biens publics et communs (eau, énergie,etc.).

Le troisième pilier est la mise sous tutelle de la démocratie. Le néolibéralisme affirme le lien entre les libertés économiques et politiques en taisant les contre-exemples (Chili de Pinochet ou Chine). ATTAC dénonce la politique africaine de la France dictée par des considérations économiques ( pétrole et phosphate). Pour libérer la démocratie de ses tutelles il faut de nouvelles formes de participation populaire, une formation à la citoyenneté garantie par l’éducation, le droit d’être informé et le droit d’informer.

Le quatrième pilier c’est les politiques publiques au service des propriétaires du capital. Les dérégulations publiques profitent au tout marché. Les politiques publiques garantissent l’attractivité des territoires pour les entreprises par la stabilité de la monnaie, les taux d’intérêts élevés, la circulation des biens, des services et des capitaux. Les politiques publiques sont aussi internationales : FMI, Banque mondiale et OCDE formée des trente pays les plus riches et dont les études et les préconisations apparaissent comme une machine de guerre idéologique pour la promotion des politiques libérales.

Le cinquième pilier c’est le pouvoir absolu des actionnaires dans l’entreprise qui marque une rupture avec les modes de gestion de l’après-guerre fondés sur un compromis entre les entreprises, les pouvoirs publics et les syndicats. Les actionnaires recherchent le profit au détriment de l’investissement. Les transactions financières et les opérations sur le marché des changes s’opèrent dans un marché mondial dérégulé qui tue la démocratie sociale : licenciements boursiers, délocalisations, absence de démocratie dans les entreprises.

Le sixième pilier c’est la guerre permanente et les politiques sécuritaires. La guerre sert le contrôle des ressources énergétiques avec l’appui des régimes réactionnaires chez qui prospère le fondamentalisme. Le rôle des Etats Unis et même de la France est dénoncé par ATTAC.

Le septième pilier relève du formatage des esprits. La mondialisation est présentée comme inévitable et souhaitable. L’entreprise idéologique est conduite sous l’égide des grands médias, des élites administratives, politiques et parfois syndicales. Elle s’appuie sur la critique du totalitarisme et du populisme (stigmatisation de la politique de Chavez). Elle développe sa légitimité dans l’industrie américaine du cinéma porteur de l’ “american way of life”. Le refus de l’impérialisme culturel et linguistique par la promotion de la diversité des cultures et des langues constitue la réponse à cette offensive.

Nous prolongerons ces analyses fort intéressantes dans des prochaines notes qui aborderons la lutte contre toutes les dominations, l’Europe et la démocratie. Ce diagnostic introductif permet de mieux cerner le néolibéralisme. Ce manifeste est disponible en librairie. “Manifeste altermondialiste” aux éditions mille et une nuits, janvier 2007 (2,50 euros). Xavier DUMOULIN le 20/01/07

Désert d’avenir à gauche ?

Libé nous apprend que Guillaume Bachelay s’interroge sur l’avenir de la gauche dans un ouvrage à paraître à la rentrée. Titre possible : “Désert d’avenir ?”. Le quotidien qui fait une large place à la guerre des générations au PS, présente la problématique du livre. “Comment le PS peut-il s’adapter à la mondialisation libérale sans pour autant se droitiser ?”

Est-ce bien le reflet du questionnement de ce brillant et jeune socialiste fabiusien ? Si tel était le cas nous ne pourrions que lui conseiller de réfléchir davantage à la problématique.

Certes, la France et l’Europe se meuvent dans un environnement international donné incontournable. Est-ce à dire, comme on l’affirme trop péremptoirement dans les cercles idéologiques libéraux, qu’il n’y aurait aucune alternative aux politiques en oeuvre aujourd’hui dans notre région du monde ?

Faisons le pari qu’il existe à gauche des forces disponibles pour une réflexion décompléxée sur ces questions. On souffre depuis trop longtemps d’un non-dit sur une mondialisation libérale, prétexte à tous les renoncements et à toutes les trahisons. Faut-il analyser cet impensé comme le symptôme  “d’une décomposition intellectuelle du social-libéralisme” évoquée hier par Jean Pierre Chevènement sur son blog ? Ce mentor de la gauche républicaine et sociale qui oeuvre avec courage et intelligence depuis des lustres pour sortir la gauche de sa torpeur et de ses impasses sait de quoi il parle pour avoir payé de sa personne cet affront à la bienpensance de l’Establisment. Les étroites et fragiles marges de la gauche du PS  ne l’ont  pas beaucoup suivi jusqu’alors et il a fallu la dynamique de la présidentielle pour entamer un nouveau dialogue sur l’Europe.  Autour de sa personne et bien au-delà de son mouvement, il y a pourtant beaucoup de militants disponibles pour une profonde remise en question du social libéralisme. C’est à l’ordre  du jour, ça  cristallise  des divergences bien réelles et ça engage l’avenir de la gauche.

Il n’y a plus d’échappatoire possible pour ceux qui veulent reconstruire la gauche.  Je concède qu’une franche posture de rupture avec trois décennies d’engourdissement suppose quelques exercices de préparation. Le temps de la critique est pourtant venu. Qu”est-ce qu’on attend pour avancer ensemble et poser les bases d’un avenir désirable ? 

X D, le 11 juillet 2007

Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

Dans la tradition révolutionnaire, le centrisme n’a pas du tout la même acception que dans le langage politicien usuel. Il signifie une posture intermédiaire non pas entre la gauche et la droite mais entre courants de gauche. Ainsi Jean Longuet, petit fils de Karl Marx, passé par le guesdisme puis “le jauressisme de gauche”, fut-il qualifié de “centriste”  pour ses positions conciliantes envers l’aspiration à la reconstruction, sous réserves, de l”Internationale – après la faillite de la seconde - en réfutant néanmoins les exigences de Zinoviev et de Lénine au congrès de Tours de 1920. Jean Longuet devait finalement se ranger aux raisons d’un Léon Blum que celui-ci exposa dans son discours historique préparé par un mentor du socialisme français : Lucien Herr. Ce discours, “trop connu pour ne pas être méconnu” selon Philippe Corcuff, révêle “une tradition française réformiste révolutionnaire” susceptible de bousculer les idées reçues des militants communistes, trotskyste et /ou altermondialiste. “Les militants socialistes actuels qui croient, selon P Corcuff, que le socialisme français constitue une version vaguement sociale de l’économie de marché n’en seront pas moins perturbés par la radicalité du propos”.

Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche après la victoire idéologique et politique de la droite à la présidentielle de 2007, la position “centriste” originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin – peut nous éviter un double écueil :

-  Celui de l’abandon par la gauche de l’essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d’un prétendu  caractère indépassable de l’économie de marché dominée par le néolibéralisme. C’est hélas déjà une réalité incontestable avérée par de trop nombreux exemples : la posture du gouvernement Fabius en 1984 dans la lignée de la “parenthèse libérale” augurée par son prédécesseur à Matignon; l’adoption et la mise en oeuvre du “grand marché”,  de “l’acte unique”, des  traités de Maastricht et d’Amsterdam sous les gouvernements Rocard, Bérégovoy et Jospin – ce dernier ayant par ailleurs pulvérisé le record de cessions d’actifs d’entreprises nationales sous  sa législature et appuyé le camp favorable au TCE en 2005 – ; le positionnement actuel prétendument social-démocrate mais parfaitement social-libéral d’un Strauss-Kahn;

- Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste – incarnée jadis par Guy Mollet –  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d’opposition. C’est une tentation d’autant plus forte en cette période qui voit fleurir des critiques acérées sur la conduite d’une campagne présidentielle jugée perdue du fait même d’un discours droitier – c’est notamment la thèse de C Bartolonne dans son dernier ouvrage, thèse énoncée aussi par une large fraction de dirigeants socialistes à l’instar de L Fabius ou de J Mélenchon – alors même qu’un grand pas avait été franchi par le “ségolisme” sur les questions européenne et républicaine pourtant chères à ces deux contradicteurs, suite à l’accord MRC-PS et compte tenu, également, de la personnalité de la candidate. Chacun sait bien, par ailleurs, que les plus sociaux-libéraux dans la gestion gouvernementale ne sont pas forcément les moins disants en critiques gauchisantes dans l’opposition ! Les courants d’extrême-gauche  demeurent quant à eux totalement étrangers à toute perspective d’exercice du pouvoir et se perdent souvent en conjectures dans d’épuisantes querelles de chapelles parfaitement ésotériques pour le profane. 

Pour sortir de ces impasses, la posture centriste pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de “la  gauche de gauche” et de  l’altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche. Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français – qui porte  haut l’exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne -, la gauche reste le creuset d’une perspective sociale audacieuse. Le néolibéralisme – qui n’est rien d’autre qu’une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail –  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d’entamer et de contester sa légitimité. 

Il s’agit d’un  engagement concret de soutien et de relais aux luttes des salariés et aux aspirations populaires, en France, en Europe et dans d’autres régions du monde, couplé d’un travail d’analyses, d’échanges et  d’éducation populaire.  Une telle perspective – en contrepoint absolu avec la logique du néolibéralisme – suppose l’élaboration collective, en France, d’un  projet politique visant à souder un “Front de classes” d’abord  ancré dans les couches populaires ( sans oublier les travailleurs précaires ) et trouvant ses appuis dans de larges fractions du salariat, des travailleurs indépendants et des couches intellectuelles. C’est le combat pour une nouvelle hégémonie culturelle et idéologique autour des valeurs républicaines et sociales de la gauche française ! C’est une volonté de peser pour une Europe solidaire vraiment européenne, tournée vers le Sud et l’Est en contrepoids à la mondialisation libérale et à l’unilatéralisme américain.

La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique ”centriste” à la recherche de l’ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d’une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d’un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. D’où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau ”centrisme” a besoin d’être expliqué pour devenir un nouveau point d’équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C’est un défi encore loin d’être relevé !

X D, le 8 juillet 2007 

Les gagne-petit de la politique condamnés au syndrome des saute-frontières

Il y a bien quelques imprudences à gober sur parole les promesses qui n’engagent, selon l’adage, que ceux qui y croient ! Tel qui voulait changer la vie, ironise Jean d’Ormesson dans un billet pour Libé de ce jour, finit par changer d’avis… Et l’académicien d’évoquer les figures des  “présidents saute-frontières” de la V° République, en rupture de promesses faites à leur propre camp pour justifier leurs reniements respectifs et les chassés-croisés de la gauche et de la droite.

Sans doute, l’histoire réserve-t-elle bien des surprises; c’est que les rapports de forces –  exprimés sous forme de  réalités économiques, sociales et  juridiques -, l’hégémonie culturelle et politique des classes dominantes, les mentalités collectives et le poids des habitus structurent profondément des relations de pouvoir bien difficiles à déplacer. Le grand historien regretté de l’Ecoles des annales, F Braudel, distinguait trois rythmes dans l’histoire : le temps géologique qui place le décor quasi immuable de l’activité humaine, celui des longs cycles de l’économie puis le temps court de la conjoncture politique. Cette autre façon de présenter, après Marx,  la dialectique entre infra et superstructures n’enlève rien à l’idée de faire l’Histoire. Celle-ci ne se résume pas à l’accomplissement hégélien du génie de l’Esprit pas plus qu’elle ne traduit l’avancée mécanique vers l’âge positif, chère à la physique sociale d’Auguste Comte, et, d’une autre manière, à la vulgate marxiste qui voulait croire que le communisme sonnerait sa propre fin. Malgré  les délires du néo-conservateur Fukuyama, le monde reste toujours confronté aux réalités de la vie sociale faite d’avancées et de reculs et son devenir n’est inscrit nul part dans un monde en turbulence. La vision irénique d’un grand village planétaire pacifié est aussi sotte que celle du grand marché européen dans lequel la concurrence libre et non faussée asurerait d’un même élan la fusion des peuples et la prospérité.

Dans son  papier, Jean d’Ormesson vilipende avec humour la politique en s’appuyant sur les vire-voltes et têtes à queue des hommes de gauche aspirés par la droite et des hommes de droite ouverts à la gauche. Cette ironie d’une plume agréable et légère ne manque pas de réalisme cynique. Elle  traduit un certain relativisme conservateur basé sur une idée d’équivalence des politiques condamnées à la gestion des contraintes. Nourrie par l’actualité et des faits pourtant par trop avérés, elle prétend en ce sens titiller  nos consciences d’hommes et de femmes de progrès. Pour avoir du son nous pourrions ânonner avec Jean d’Ormesson quelques basses considérations  de tripot en guise de problématiques : peut-on vraiment s’émanciper des pesanteurs collectives d’ordre psycho-socio-économiques ou géo-stratégiques ? est-on condamner à trahir des idées généreuses  qui ne passeraient jamais l’épreuve des réalités humaines ?

Autant de platitudes sur la condition de l’humanité nourriraient cette vision sidérante de la politique s’il n’y avait cet autre registre de “la grande politique”, laquelle ne refuse pas les emprunts à Machiavel, Rousseau, Marx ou Gramsci pour envisager d’arracher le monde à son destin et délivrer les politiques de leur trop étroites contingences. C’est le grand art machiavélien que de savoir utiliser la virtù – cette capacité subjective – pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés. Nous arrivons là bien loin des considérations préliminaires de notre talentueux académicien pour qui ” les gouvernants ne tardent jamais beaucoup à mener, volontairement ou involontairement, une action à peu près opposée à celle pour laquelle ils ont été élus “.

Cette dérision de la politique érige l’impuissance en principe d’actions.  Elle oublie les grandes voix de ceux qui portaient au plus profond d’eux-mêmes le sens de l’intérêt général bien compris et surent bouger les lignes pour rassembler autour d’enjeux élevés.  Mais que n’entendons-nous les  héritiers putatifs d’un Jaurès ou d’un de Gaulle sortir la politique de cette triste léthargie ?

X D, le 20 juillet 2007

Agir en hommes libres

Depuis les premières générations de socialistes révolutionnaires, il est d’usage à gauche de marquer son territoire idéologique à l’encre rouge. Karl Marx, le premier, s’insurgeait contre les anarchistes avant de s’en prendre au programme platement réformiste des socialistes allemands. Son gendre, Paul Lafargue, à qui l’on doit l’importation en France d’un pseudo-marxisme, dogmatique, mécaniste et sectaire, très éloigné de l’oeuvre originale et géniale, fut avec Jules Guesde un terrible pourchasseur des hérésies socialistes au premier rang desquelles, jugeaient-ils alors, figurait la puissante pensée de Jean Jaurès. Il fallut des hommes comme Edouard Vaillant - lui-même originairement blanquiste et donc à la fois jacobin, patriote et révolutionnaire - pour concilier enfin les protagonistes. Et je pourrais citer les interminables polémiques entre “possibilistes”, guesdistes et d’autres tendances comme celle qu’incarnait alors Jean Allemane, authentique figure du prolétariat révolutionnaire et de laquelle se réclamait Lucien Herr dont l’influence intellectuelle sur Jaurès fut parait-il décisive dans sa “conversion au marxisme”. Allemane, à l’origine de tendance possibiliste, devint vite  scissionniste du parti de Paul Brousse et fonda le PSOR. Tout dans l’histoire socialiste est affaire de débats d’une richesse parfois phénoménale mais souvent pervertie par une dérive sectaire générant divisions de chapelles et excommunications… L’histoire des congrès ouvriers de la période post-communarde en constitue une excellente illustration. C’est grâce à la soif d’unité d’un Jaurès que se réalisa enfin, en 1905 au congrès du globe à Paris,  l’unité organique du prolétariat dans la section française de l’internationale ouvrière.

Y aurait-il un destin du socialisme français condamné à reproduire les mêmes tares séculaires ? La réalité actuelle pousserait  à considérer les choses sous cet angle si nous n’avions par ailleurs ces puissants modèles rédempteurs au travers  d’hommes de synthèse au  génie intellectuel et politique  reconnu de tous. Je veux évoquer Jean Jaurès, l’homme de la synthèse républicaine et socialiste, et Pierre Mendes-France, ce rénovateur du radicalisme, tout à la fois pragmatique et visionnaire. Tous deux savaient modérer l’appétit de pouvoir. Tous deux s’appliquaient à mettre en harmonie la parole et les actes. La vérité guidait leurs pas.

Aujourd’hui la gauche du  vingt et unième siècle a d’autres horizons. Elle n’est pas dépourvue d’hommes et de femmes de tempérament, d’expérience et de talents et il n’y a aucune fatalité de l’échec et de la division. Pour peu que la raison l’emporte sur les passions, de grandes choses restent encore possibles.  A la base nous attendons des paroles et des actes à la hauteur des défis de cette période quand  triomphe l’esprit de lucre au détriment des valeurs républicaines. En hommes libres et égaux, nous voulions retrouver jadis les chemins de l’émancipation et de la fraternité. Beaucoup d’esprit civique et une conduite vraiment citoyenne ne nous rapprocheraient-ils pas d’un tel idéal ? Alors, serait-ce vraiment trop demander aux héritiers de l’esprit des Lumières de bien vouloir écouter leur raison pour purger ce ‘tout à l’égo” et promouvoir l’universel ?

X D, le 28 juin 2007

Ne plus se payer de mots mais agir à gauche

Le grand déballage public autour d’enjeux personnels sert d’éxutoire à une certaine élite rose qui n’entend nullement procéder à son examen de conscience. Cet exercice nourrit d’ailleurs une approche frénétique et caractérielle de la politique, l’amnésie volontaire constituant une ruse opératoire pour éviter les sujets qui fâchent et l’attaque ad hominem, la manière peu élégante de canaliser les énergies.

Il ne suffit pas de jouer à plus à gauche que moi tu crèves pour exorciser le diable social-libéral et s’offrir une bonne conscience comme d’autres allaient à confesse. La liturgie socialiste voudrait, comme par magie, envoûter ses bons disciples, en se donnant une belle messe socialiste dans un congrès d’une teneur “à gauche toute” à partir duquel les ouailles socialistes porteraient à nouveau la bonne nouvelle dans cette terre de mission dominée par le sarkozysme.

Pendant que l’on se paie de vilains mots en aiguisant les couteaux pour sacrifier le bouc-émissaire, le nouveau bloc au pouvoir, avance à découvert. Sans doute quelque peu lézardé par les outrances de ses propositions en matière d’immigration – son intention affichée de maîtrise des flux migratoires s’accommodant d’une violation flagrante des principes républicains : tests ADN pour les étrangers voulant justifier leur appartenance familiale, limitation d’accès aux mesures d’urgences, etc. – il n’en poursuit pas moins sa course folle et débridée à la liquidation d’un modèle social issu du programme du Conseil national de la résistance. Quelle ringardise, n’est-ce pas? Cette remise au pas du pays suppose l’acceptation – par l’adoption d’un prétendu mini-traité qui n’est autre que le TCE rejeté massivement par notre peuple en 2005 – d’une Europe mondialisée dans laquelle la concurrence est libre et non faussée. On peut bien afficher quelques velléités vis à vis de la Banque centrale ou de la protection de certains marchés mais il y a quelques contradictions à se prévaloir d’une telle vision lorsque l’on montre par ailleurs sa totale allégeance aux objectifs du MEDEF et des mécanismes de régulation de la société de marché noyée dans le néolibéralisme. La politique budgétaire, fiscale et sociale du gouvernement s’inscrit totalement dans une perspective libérale ; celle qui organise dans le même temps  la dérèglementation du droit social – droit du travail et de la sécurité sociale – pour accentuer la précarité du travail, alléger son coût et désocialiser les dépenses liées à sa reproduction (santé, logement, services publics de proximité, etc.). Cet ensemble pose le cadre d’une politique économique qui, privée de ses principaux leviers, ne laisse guère augurer d’une croissance à la hauteur des espérances proférées par le président. Ce dernier prétend pourtant favoriser le travail et récompenser l’effort quand il incite en fait plus à la spéculation qu’à la création de richesses.

Comment agir autrement, dans le respect de l’autonomie des syndicats et des forces associatives, qui pourraient d’ailleurs inspirer davantage les partis de gauche, pour retrouver une capacité d’initiative et contrer  le pouvoir dans son entreprise néo-conservatrice sur le plan sociétal et néo-libérale dans les domaines économique et social ? Comment offrir une perspective d’alternative crédible sans repasser les mêmes plats, fredonner les mêmes rangaines et véhiculer les mêmes faux espoirs ?

Plutôt que de faire prévaloir la méthode Coué en évitant soigneusement d’aller là où ça fait mal, les dirigeants de la gauche seraient sans doute mieux inspirés de procéder à un vaste examen critique de la période pendant laquelle ils purent épisodiquement mais durablement gérer les affaires du pays.

Plutôt que de se contenter d’ériger, en bons sophistes, les faits en arguments d’autorité - comme ils le firent pendant la campagne en proclamant le dépassement des contradictions entre les camps du oui et du non lors du référendum sur le TCE ou bien en rappellant que le socialisme français a déjà fait son Bad-Godesberg un certain 23 mars 1983 à 11 h du matin -, nos ténors de gauche seraient aussi bien avisés de procéder à une analyse plus minutieuse  des vingt cinq dernières années. C’est d’ailleurs ce que réussit parfaitement Guillaume Bachelay dans son ouvrage ” Désert d’avenir ? Le Parti socialiste, 1983-2007 ” publié dans l’encyclopédie du socialisme. De notre point de vue, cette critique assez radicale des retournements de la gauche de gouvernement, atteint un degré qualitatif pertinent qui permet de réelles convergences à gauche pour entamer la reconquête sur de solides bases. Ce livre dont je vous recommande la lecture analyse, à sa façon, la dérive social-libérale, laquelle est aussi excellemment évoquée par Jean Pierre Chevènement dans “La faute de M.Monnet” aux éditions Fayard. A la différence de Jean Pierre Chevènement qui mena le combat contre le tournant de la rigueur et le dévoiement du socialisme français dans le paradigme européiste, Guillaume Bachelay n’était peut être pas en âge de voter lors du traité de Maastricht qui paracheva une construction européenne complètement libérale. C’est sans doute ce qui explique sa grande liberté de ton et la fraîcheur de son propos. De quoi conforter, ceux qui, à gauche, n’ont jamais renoncé à combattre haut et fort, contre les vents dominants, un européisme responsable de tant de démission.

Nous reviendrons sur ces ouvrages qui vont au fond des choses pour appréhender la réalité et tenter d’apporter des réponses utiles pour un véritable changement de cap à gauche !

X D, le 14 octobre 2007

Vers une société de surveillance sur le Net

Créé par le 30 oct 2008 | Dans : Articles de fond, Vive le blog citoyen

Par CHRISTIAN PAUL, député (PS) de la Nièvre, ancien ministre

Le temps des crises charrie le pire, mais anticipe aussi le monde qui vient. Le Parlement européen a jeté un utile pavé dans la mare, en affirmant «qu’aucune restriction à la liberté d’expression et d’information d’un citoyen ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire». C’est bien le moins dans un Etat de droit ! Confier à une police privée, puis à une autorité administrative (baptisée Hadopi) le contrôle des réseaux numériques pour préserver les intérêts des artistes est l’un des pires services à rendre au droit d’auteur. Les créateurs comme les producteurs seraient bien inspirés d’y regarder à deux fois. Par bonheur, se lève une génération d’artistes qui refuse de cautionner cette tentation liberticide, si éloignée de leurs pratiques et de leurs aspirations.

Une très large réprobation, au-delà des clivages traditionnels, a fort justement pointé les dérives du projet Edvige, le fichage généralisé de la population âgée de 13 ans et plus. Alors, Hadopi, Edvige, même combat ? Probablement la même tentation de taxinomie globale… Le projet de loi «Création et Internet» suscitera prochainement autant d’indignation. Il ouvre en effet la boîte de Pandore en promettant une surveillance automatique à très grande échelle des contenus échangés par les internautes. La société de surveillance, favorisant le traçage des personnes, mobilisant la biométrie, la vidéosurveillance, et le fichage de police mêlant indigestement terroristes potentiels et adolescents à la dérive, se construit à nos portes, et maintenant grâce à nos connexions, sur l’internet.

Demain, des agents, certes assermentés, pourront analyser nos échanges afin de déterminer quels films, quelles chansons, quelles œuvres nous avons téléchargés ou mis à disposition. Le repérage de Bienvenue chez les ch’tis n’apportera probablement pas de grand enseignement sur nos passions et nos inclinations, mais que penser de celui de contenus politiques, philosophiques ou proposés à tel ou tel public averti? C’est un pas décisif vers une analyse comportementale poussée, un «profilage» sans précédent et sans garde-fous.

C’est la culture des «autres» qui est visée, de ceux qui ne rentrent pas dans le moule, et avec elle l’exception culturelle, qui est visée. En plus de leur culture, la vie des «autres» serait singulièrement compliquée par cette avant-première du profilage automatique des internautes. Le projet prévoit en effet ni plus ni moins que la suspension de l’accès internet des «déviants» récalcitrants: une perte d’identité numérique, une mort virtuelle…

Un des arguments clés des opposants à Edvige a reposé sur la disproportion du dispositif envisagé. Le but affiché par la loi «DADSVI bis» est ni plus ni moins que de sauver la culture en mettant un grand coup de frein, sinon d’arrêt, aux échanges «illégaux» d’œuvres en ligne. Pourtant, chaque année qui passe à construire d’illusoires lignes Maginot prive les artistes de solutions équilibrées, et de nouvelles rémunérations substantielles. Le dernier auteur de tels détournements de fonds n’est autre que Jean-François Copé, inventeur d’une taxe inédite sur les opérateurs de l’internet pour financer la télévision publique, alors que l’équité voudrait que la création musicale et audiovisuelle, qui nourrit les réseaux, en bénéficie largement.

Trois ans après la loi DADVSI jamais appliquée, première bataille d’Hernani de l’internet, les tendances déjà visibles alors se sont confirmées et amplifiées. L’accès libre ou presque à la musique –la gratuité apparente- se généralise, sous la pression des internautes…mais aussi des industries culturelles elles-mêmes! Car la musique invente, dans la fièvre de sa crise, les nouveaux modèles et leur cohabitation possible.

Publicité, abonnements, forfaits viennent compléter la vente à l’acte, «au morceau» qui décolle lentement. Les offres d’accès gratuit se multiplient. Déjà, Universal pourtant grand pourfendeur de «pirates» a mis en «écoute gratuite» sur Jiwa l’essentiel de ses catalogues. Son PDG salue l’explosion du modèle gratuit, après l’avoir diabolisé. Il devient donc cocasse, voire impossible d’expliquer à un adolescent qu’il peut écouter sans limites toute la musique du monde sur son PC, et qu’il vire délinquant s’il la partage avec d’autres grâce un réseau peer to peer.

Les internautes qui souhaitent copier les chansons sur d’autres appareils sont invités à utiliser le système d’Amazon, qui leur permet de les télécharger en Mp3, sans avoir à supporter les aléas d’un dispositif technique de contrôle de l’usage, un de ces fameux «verrous techniques (DRM)» encensés il y a peu, désormais aux oubliettes. L’offre la plus spectaculaire et emblématique parmi les dernières en date reste bien celle de MySpace. Le premier réseau social du monde a en effet décidé de proposer gratuitement à l’écoute plusieurs centaines de milliers de chansons en flux. Si le site de Ruppert Murdoch met en avant les artistes indépendants recourant à ses services, sa nouvelle offre de musique gratuite ne repose que sur un accord avec les «majors» du disque. Les «petits» producteurs ne verront pas, pour l’essentiel, leurs artistes sur MySpace.

Au fond, cette stratégie maladroite ou cynique, rétrograde, permet aux leaders mondiaux de la production et de la diffusion d’établir des positions dominantes durables. Il est temps de rompre avec l’illusion sécuritaire, soutenue sans réserve depuis 2005 par l’actuel président de la République, d’abandonner une logique suicidaire qui ne profite qu’à certains intérêts très particuliers, au détriment des seuls acteurs incontournables de la culture: les artistes et le public.

La légalisation des échanges non-commerciaux des œuvres culturelles est inéluctable et souhaitable. C’est un fait de civilisation, un progrès à portée de main pour l’accès plus libre à la culture. Il revient aujourd’hui au Politique, en retard manifeste sur la société, de prendre ses responsabilités pour bâtir une régulation efficace et moderne, et pour rendre la révolution numérique profitable à tous.

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