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Le souverainisme peut-il être un programme de gauche ? À retrouver dans l’émission LE TEMPS DU DÉBAT par Emmanuel Laurentin sur France Culture

Créé par le 12 mar 2021 | Dans : Non classé

Le souverainisme peut-il être un programme de gauche ?

https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/le-temps-du-debat-emission-du-jeudi-11-mars-2021

A l’occasion de la sortie en kiosque du nouveau numéro de la revue de France Culture, «  Papiers » dont le dossier central se demande « par où est la gauche ? ». Soixante-trois personnalités répondent à cette question, de Bertrand Badie à Daniele Linhart, d’Olivier Besancenot à Claire Nouvian ou d’Aude Lancelin à Thomas Piketty.

Il nous a semblé qu’une des questions importantes qui structurait la gauche ces derniers temps concernait la souveraineté, sanitaire, alimentaire ou bien énergétique. Une question pas si nouvelle, puisque le Parti communiste de Georges Marchais fut à la fois internationaliste et héraut d’une certaine souveraineté nationale. Puisque le chevenementisme a participé à développer cette idée de souveraineté à gauche. Mais est-ce la crise que nous connaissons qui motive le retour de cette idée ? 

Actes du colloque de la Fondation Res Publica : « Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances »

Créé par le 31 oct 2015 | Dans : Blog du Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Les actes du colloque du 29 juin 2015 sont en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.


Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances" Actes du colloque de la Fondation Res Publica : "Le Moyen-Orient dans la politique étrangère des puissances"
  • Accueil de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.
  • Introduction de Loïc Hennekinne, ambassadeur de France, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica
  • Conclusion de Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

Pour Bertrand Badie, l’opération au Mali marque un périlleux retour aux conflits d’antan

Créé par le 25 jan 2013 | Dans : Articles de fond

LE MONDE |24.01.2013 Par Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris

Il était un temps où l’entreprise était simple et facilement identifiable : la guerre opposait deux ou plusieurs Etats qui étaient en compétition de puissance. Cet affrontement paroxystique entre Etats, dotés de diplomates et de soldats, d’institutions et de frontières, et d’une propension à négocier à un moment donné, est au centre de notre histoire européenne. Elle en est même fondatrice, c’est bien ainsi que se sont constituées la carte et même les règles de notre Europe moderne.

Depuis quelques jours, on nous parle d’une « guerre au Mali » : en est-ce bien une si l’on fait preuve de rigueur ? L’affrontement met en scène un vieil Etat européen, un Etat failli africain et des bandes armées sur lesquelles croulent des appellations diverses et mêlées dans une synonymie des plus approximatives.

PAS DE TERRITOIRE FIXE, NI INSTITUTIONS, NI DIPLOMATES

Une chose est sûre : ces bandes ne constituent pas des Etats, n’ont pas de frontières, pas de territoire fixe, ni institutions, ni diplomates, ni soldats au sens classique ; elles n’ont même pas d’intérêt à négocier, tant leur survie est intimement liée à la pérennité des conflits. Ne nous égarons pas dans des comparaisons trop faciles et illusoires.

Il serait temps d’en tenir compte : cette forme nouvelle de conflictualité met en scène une violence surgie de la profondeur de sociétés fortement meurtries, mal intégrées ou pas intégrées du tout dans des Etats qui sont en décomposition ou en faillite depuis plus d’un demi-siècle.

Aux sources de l’affrontement, nulle rivalité de puissance, mais des échecs, des frustrations, des exclusions, des humiliations que sont venus gérer des entrepreneurs de violence qui y trouvent la clientèle idéale.

Le radicalisme religieux y sonne naturellement comme une réponse attendue à une démission complète, totale, du politique national et surtout international. A défaut d’être construit en société politique, le Sahel s’est constitué, au fil des décennies, sous le regard indifférent ou complice des uns et des autres, en société guerrière, comme l’Afghanistan, comme la Corne de l’Afrique, comme le Congo et d’autres encore…

On prétend trop vite que les entrepreneurs de violence sont des acteurs isolés qu’un usage judicieux de la force doit permettre de « détruire ». Imprudence dangereuse : une société guerrière ne se combat pas comme un Etat rival.

N’oublions pas que l’essentiel de sa rationalité se trouve, contrairement aux Etats, dans la banalisation de la violence ; la guerre qu’on lui porte la renforce et l’installe dans son jeu plus qu’elle ne l’éteint : on l’a déjà cruellement expérimenté sur d’autres terrains desquels de grandes puissances ont dû se retirer sans avoir vaincu.

CES SOCIÉTÉS LAISSÉES POUR COMPTE PAR LES TRANSFORMATIONS POSTCOLONIALES

Les Etats modernes ont appris, au fil des siècles qui nous séparent de la Renaissance, à combattre leurs semblables qui recevaient l’appellation claire d’ »ennemis ». Ils n’ont jamais su s’opposer avec succès à des acteurs surgis des méandres d’une société en crise, quelle que soit l’orientation de ces derniers, généreuse ou criminelle, parfois les deux à la fois…

Depuis longtemps, il devenait urgent de prendre en compte cette autre donnée de la mondialisation que constitue l’irruption des sociétés dans le jeu international, en particulier de ces sociétés laissées pour compte par les transformations postcoloniales.

Qui pourtant s’est intéressé au Sahel ? Qui s’est inquiété des échecs de la construction du politique en Afrique ? Qui, au contraire, n’a pas flatté et encouragé ses faiblesses pour continuer à dominer ?

Ces manquements coupables ressortent aujourd’hui sous les apparences d’un enchaînement fatal et diabolique qu’on croit naïvement pouvoir traiter par une guerre inadaptée, alimentant en fait des cercles vicieux de violence que seule la politique pourrait guérir, là où l’usage de la force risque de les enrichir.

Deux paramètres doivent être présents à l’esprit. D’une part, l’entrepreneur de violence n’est pas chevillé à un territoire, mais mobile sur des espaces sociaux vastes et dont il sait qu’ils lui sont favorables : telle est bien la nature du Sahel, dont l’écologie et la misère sociale et politique sont assez affirmées pour favoriser ceux qui s’inscrivent hors du jeu étatique.

LA DÉSESPÉRANCE Y EST TRAGIQUEMENT COMPENSÉE PAR L’ENRÔLEMENT

D’autre part, cet entrepreneur sait mobiliser en sa faveur un jeu social d’une étonnante densité, fait de réseaux de toute nature, mafieux ou non, d’une économie de guerre très au point, de populations que l’état d’abandon rapproche de ces pratiques de violence sous de multiples formes : la désespérance y est tragiquement compensée par l’enrôlement, y compris d’enfants, dans des bandes qui offrent vêtements, nourritures et comme un dérisoire semblant d’existence…

L’Afghanistan, la Somalie et d’autres cas de même nature auraient dû nous apprendre que la prétendue « communauté internationale » n’a trouvé à ces drames que de mauvaises solutions, souvent pires que le mal, dans la mesure où elles en ont amplifié les effets.

D’abord, parce qu’il n’y a pas de « communauté internationale », que tout a été fait depuis 1945 pour que les Nations unies n’interviennent pas en leur nom, mais laissent faire les autres, les puissants, ceux-là mêmes qui sont regardés avec le plus de suspicion, et que les entrepreneurs de violence attendent au tournant…

EST-IL CERTAIN QUE L’ALGÉRIE AIT ENVIE DE DEVENIR LE PAKISTAN DU MALI

Ensuite, parce que la régionalisation des solutions, prônée un temps et encore maintenant, suscite d’évidentes contradictions : dans un conflit qui, par définition, n’a pas de frontières, la première victime de toute internationalisation est d’abord le voisin.

Est-il certain que l’Algérie ait envie de devenir le Pakistan du Mali ? Aussi, parce que les Etats, les Etats-Unis en tête et l’Allemagne avant eux, comprennent de mieux en mieux les risques encourus dans ce genre d’aventure.

Enfin, parce que la guerre tue un peu plus l’imagination et la générosité politiques dont nous avons besoin pour avancer, qu’un gouvernement de gauche se devrait d’expliciter et de promouvoir à la face du monde. Il était un temps où le général Faidherbe (1818-1889) poursuivait des bandes armées qui s’attaquaient aux forts du Sahel et qui professaient déjà un islam radical. Qu’avons-nous fait depuis ?

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris, auteur de « Quand l’Histoire commence » (CNRS éd., 64 p., 4 €)

Bertrand Badie critique la faiblesse des propositions de politique étrangère des candidats

Créé par le 03 avr 2012 | Dans : Non classé

Dans un chatt avec des lecteurs du Monde, Bertrand Badie analyse la place et le sens de la politique étrangère dans les projets respectifs des candidats. Il exprime l’idée d’une prudence des candidats en la matière, en raison notamment de lignes de clivage qui traverseraient chaque camp. D’où la pertinence de l’interrogation du politologue, spécialiste des questions internationales,  placée en titre de la présentation du chat publié dans Le Monde du 29 mars : « Il est à se demander si Hollande n’assure pas une continuité avec Sarkozy en politique étrangère »

André : L’international est-il le grand oublié de la présidentielle ?

Bertrand Badie : C’est en tout cas l’impression qui s’en dégage. Mais il est vrai en même temps que l’international n’a que très rarement joué un rôle d’importance dans les élections présidentielles en France. Le général de Gaulle misait sur son équation personnelle en politique internationale pour construire la première élection, celle de décembre 1965, sur ce type de ressource. Le ballottage qui suivit le premier tour, à la grande déception du camp gaulliste, a montré le faible effet d’entraînement que les questions de cette nature pouvaient avoir sur l’opinion. Lors des élections suivantes, le thème a été marginalisé, d’autant qu’aucun des duels d’alors ne semblait opposer les candidats sur les questions internationales. Poher et Pompidou se rapprochaient autour d’une réintroduction de l’Europe à laquelle ils se disaient l’un et l’autre attachés. Valéry Giscard d’Estaing ouvrit une nouvelle séquence dans l’histoire de la droite, devenue avec lui plus libérale que nationale, mais très vite, les grandes questions internationales qui pouvaient l’opposer à François Mitterrand ont été écartées.

La même remarque vaut pour 1981 et 1988, François Mitterrand s’inscrivant très vite dans une mouvance néogaulliste en politique étrangère qui ne l’opposait pas à ses challengers de droite.
On aurait pu pourtant s’attendre à ce que cette fois-ci l’international revînt en force. D’abord parce que Nicolas Sarkozy, a été de tous les présidents de la Ve République, celui qui a le plus bousculé les lignes gaullistes traditionnelles et, réorienté les choix de politique étrangère vers des options qui étaient celles de la droite atlantiste et prégaulliste.

En bref, de quoi alimenter un débat avec la gauche. En outre, jamais le thème de la mondialisation n’a été aussi présent. Ce qui aurait dû conduire à un vrai débat sur la nature de celle-ci et sur la possibilité de la conjuguer différemment, selon qu’on appartienne à la droite ou à la gauche.
Enfin, le renouveau, certes partiel, intervenu aux Etats-Unis avec la présidence Obama, qui rompait avec les options néoconservatrices et ouvrait à de nouvelles lectures à l’international, aurait pu alimenter de nouvelles controverses. Le choix a été de les laisser de côté, peut-être s’explique-t-il par le fait que dans la tradition française, les clivages en matière de politique étrangère n’opposent pas la droite à la gauche, mais les droites entre elles comme les gauches entre elles.

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L’Etat palestinien, c’est maintenant !

Créé par le 30 avr 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

Le Proche-Orient est à la croisée des chemins. La poursuite de la colonisation israélienne de la Palestine a conduit les négociations de paix dans l’impasse. Le désespoir risque de provoquer l’éclatement d’une troisième Intifada. A l’heure où les peuples arabes reprennent en mains leur destin, seule une reconnaissance généralisée de l’Etat de Palestine dans les frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, peut ouvrir une perspective nouvelle.

Or, le 24 septembre 2010, le président Barack Obama a proposé à l’Assemblée générale des Nations unies de « revenir l’année prochaine avec un accord qui amènera un nouvel Etat membre aux Nations unies, un Etat palestinien indépendant et souverain, qui vive en paix avec Israël ».

Ce moment est venu. Le président Mahmoud Abbas a entamé une tournée afin d’obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine. En Israël même, des personnalités, pour la plupart issues du Mossad, du Shin Bet, de l’armée et du monde des affaires, ont rendu publique une « Initiative de paix israélienne » en faveur de la création d’un Etat palestinien à côté de celui d’Israël. Cette initiative a été suivie d’une pétition dans le même sens signée par une soixantaine de personnalités, dont dix-sept lauréats du prix Israël, une des plus hautes distinctions en matière d’art, de sciences, de lettres. Les signataires ajoutent : « Nous avons regardé autour de nous, constaté ce qui se passe dans les pays voisins et nous nous sommes dit qu’il est temps pour les Israéliens de faire entendre leur voix. »

Nous exhortons la communauté internationale à prendre enfin ses responsabilités : soixante-quatre ans après l’avortement du plan de partage de la Palestine qu’elle ne s’est pas donné les moyens d’appliquer, il lui revient d’assurer un règlement définitif, juste et durable fondé sur le droit international.

La France et l’Union européenne doivent prendre l’initiative en reconnaissant sans attendre l’Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, et en appelant l’ONU à faire de même sans délai. Mais nous ne pouvons nous en remettre aux seules autorités nationales et internationales.

Notre responsabilité de citoyens est aussi de mobiliser l’opinion pour qu’elle pèse dans ce sens. C’est pourquoi nous invitons les personnalités et les intellectuels de toutes origines, tendances et sensibilités à se joindre à cet appel.

Pour que la paix l’emporte sur la guerre. Pour empêcher de nouvelles tragédies. Pour assurer l’avenir des deux peuples vivant sur cette même terre.



Jean Christophe Attias, directeur d’études à l’EPHE (Sorbonne) ;
Bertrand Badie, politologue ;
Jean Baubérot, historien et sociologue ;
Esther Benbassa, directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne) ;
Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite (université Paris VII-Diderot) ;
Jean Daniel, éditorialiste, écrivain ;
François Gèze, éditeur ;
Gisèle Halimi, avocate, ambassadrice de l’Unesco ;
Stéphane Hessel, ambassadeur de France ;
Daniel Lindenberg, professeur émérite (université Paris-VIII-Saint-Denis) ;
Roger Martelli, historien ;
Edgar Morin, sociologue ;
Pierre Nora, historien ;
Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien ;
Joël Roman, philosophe ;
François Salvaing, écrivain ;
Dominique Vidal, historien et journaliste.

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