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La gauche française encore et toujours à la recherche d’un nouveau souffle…

Créé par le 24 mai 2019 | Dans : a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin

la gauche française toujours en quête de sa révolution culturelle

Retour sur notre billet qui précédait les primaires de la gauche en 2016!!!

Le début de l’article daté est reproduit en bas de page pour ne pas alourdir le texte ci-dessous.*

La pensée Mao Tsé-toung constituait un vrai marqueur de ces années soixante-dix en France et en Europe. Auprès d’une jeunesse « aventuriste » à la recherche d’exotisme et de renouveau idéologique, cette grande révolution culturelle prolétarienne mythique fournissait, avec la révolution cubaine de Fidel et du Che, un exemple vivant d’une régénération révolutionnaire dans cet Occident enlisé dans ce plat réformisme des PC occidentaux, engoncés dans une posture accommodante avec l’ordre existant depuis le partage du monde en deux blocs. D’où le rayonnement du modèle chinois auprès des non-alignés, précédant cet espoir trahi d’une perspective nouvelle de cette voie chinoise. Lire la suite »

A lire à la Une de la lettre de la gauche républicaine Respublica : « L’émancipation demande de rompre avec les causes de la division du salariat », par Évariste

Créé par le 15 jan 2019 | Dans : Projet politique

 http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/lemancipation-demande-de-rompre-avec-les-causes-de-la-division-du-salariat/7403056

Publié par Évariste et rediffusé sur ce blog (qui pour remercier son auteur de cette salubre agitation d’idées pour donner des aîles à la critique de la critique dans l’objectif de rompre avec la division du salariat et de favoriser l’émergence d’un nouveau bloc historique, n’en garde pas moins sa totale liberté d’analyse) en raison de l’appel suivant en fin d’article  : « Cet article vous a plu, diffusez-le »
Extrait « Si on veut traduire dans la pensée de Marx, d’Engels, de Jaurès et de Gramsci l’objectif stratégique du mouvement des gilets jaunes, on doit dire qu’il est de défendre le pouvoir d’achat des travailleurs c’est-à-dire de maintenir ou d’augmenter la valeur et le prix à payer de la force de travail des travailleurs donc de faire ce que le syndicalisme dit de lutte aujourd’hui ne réussit plus. Nous devons donc soutenir cette résistance au mouvement réformateur néolibéral. Mais nous savons que la crise économique systémique du capitalisme rend cette revendication impossible. Chaque euro de pouvoir d’achat gagné diminuera d’autant la plus-value et donc le profit des capitalistes. Et comme nous sommes dans un moment où le taux de profit moyen dans l’économie réelle est faible (contrairement à la période 45-fin des années 60), la spéculation financière internationale devient alors une nécessité du système capitaliste. Et pour approvisionner cette « chaudière chaude en combustible monétaire », il est au contraire nécessaire de faire baisser la masse des salaires directs et socialisés pour en augmenter les profits et de pouvoir ainsi alimenter la chaudière chaude en combustible monétaire. Et donc aujourd’hui, pour satisfaire les revendications des gilets jaunes, il est nécessaire de changer le système lui-même et donc d’entrer dans un processus révolutionnaire. »
Retour à l’article

L’émancipation demande de rompre avec les causes de la division du salariat

La première question qui se pose à ceux qui veulent « rompre avec les causes de la division du peuple », c’est « par quoi on commence ? » ! À cette question, nous répondons : « par tout à la fois ».

Alors là, fusent de partout des réactions du type « tu exagères » ou « heureusement que je pars à la retraite, et après moi le déluge », « continuons comme hier mais en accélérant », « changeons un élément du puzzle pour garder le logiciel vermoulu », etc.

L’irruption du mouvement des gilets jaunes – dont une étude récente montre qu’il possède un pourcentage d’anciens grévistes supérieur à celui de la population française (44 % au lieu de 33 %) – a donc sidéré « la gauche dite radicale ». Ainsi que la fin des élections professionnelles donne une nouvelle possibilité aux équipe syndicales combatives du mouvement syndical de lutte (CGT, Solidaires, FSU et certains secteurs de FO) afin de sortir de l’ornière du syndicalisme « rassemblé » qui – non content d’être un simple organisateur des randonnées pédestres les 22 mai, 9 octobre et 1er décembre 2018 – a permis au mouvement réformateur néolibéral (CFDT et les autres) de poursuivre sa progression dans les institutions avec une abstention devenue majoritaire. Lire la suite »

« Pierre Mauroy ou la passion du Parti Socialiste »Message de Jean-Pierre Chevènement au colloque de l’Institut Pierre Mauroy, « Pierre Mauroy ou la passion du Parti Socialiste », le 7 décembre 2017.

Créé par le 12 jan 2018 | Dans : Blog du Che

Pierre Mauroy ou la passion du Parti Socialiste

I. Comment j’ai rencontré Pierre Mauroy, sept ans avant le congrès d’Epinay. J’ai adhéré au Parti Socialiste qui s’appelait alors la SFIO, en décembre 1964, à la 14ème section de Paris.
Si quelqu’un me l’eût prédit, dans les années de la guerre d’Algérie, «guerre imbécile et sans issue», comme l’avait qualifiée Guy Mollet lui-même, en 1955, pendant la campagne du Front Républicain, cette prédiction m’aurait laissé abasourdi. Que dis-je ? Je lui aurais ri au nez ! Je revois, en effet, mes parents, alors instituteurs à Besançon et qui votaient socialiste, pester contre Guy Mollet, au soir du 6 février 1956, où, Président du Conseil en visite à Alger, il avait reculé devant quelques jets de tomates, pour démettre le général Catroux et appeler Robert Lacoste à la tête du gouvernement général. Je me revois surtout crapahutant dans les djebels, en 1961-62, pour conduire cette guerre, en effet imbécile, à sa seule issue logique : l’indépendance de l’Algérie, à laquelle ensuite, quand les SAS auxquelles j’appartenais furent dissoutes, je m’efforçai de contribuer de mon mieux, pour qu’elle se fît, selon le mot du Général de Gaulle, avec la France plutôt que contre elle. N’empêche, la période avait été éprouvante pour ceux qui l’avaient traversée et il était difficile de ne pas en vouloir à Guy Mollet d’avoir aggravé les choses en envoyant le contingent en Algérie, en 1956. Par méconnaissance des réalités, celles de l’Algérie, et celles surtout de son temps, il avait sûrement prolongé la guerre de quelques années. Quand je revins d’Algérie, en 1963, la SFIO paraissait un bateau à la dérive. Le Général de Gaulle avait imposé, en septembre 1962, l’élection du Président de la République au suffrage universel. Les élections législatives lui avaient donné une majorité à l’Assemblée nationale. La SFIO, discréditée par les guerres coloniales, apparaissait comme un vestige du passé. Cependant un vent de contestation sociale soufflait sur le pays, avec la grève des mineurs de 1963 notamment. L’ «après de Gaulle» était déjà dans les esprits. Et il nous apparut à quelques camarades et à moi-même qu’en faisant l’union de la gauche avec le Parti Communiste, la «Vieille Maison», comme l’appelait Léon Blum, pouvait retrouver son lustre d’antan. Mais à cette condition là seulement.
 
C’est en allant voir Guy Mollet à la Cité Malesherbes, qu’Alain Gomez et moi-même, rencontrâmes Pierre Mauroy dont le bureau qui jouxtait celui du secrétaire général. Celui-ci revenait d’un voyage en Yougoslavie et nous fit une description élogieuse du titisme et de l’autogestion yougoslave. Guy Mollet était revenu épaté par la visite de complexes agro-industriels qui lui avaient ouvert des perspectives sur une société entièrement salariée, et dont la vocation était naturellement le socialisme. C’était l’époque de Monsieur K (Khrouchtchev) à Moscou. Guy Mollet nous parla du «dialogue idéologique» qu’il convenait de mener avec les communistes pour les ramener à une conception démocratique du socialisme. Nous trouvions dans ces propos la confirmation de nos intuitions sur la nécessité de l’union.

C’est dans ces années là que nous créâmes le CERES (Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialistes). Lire la suite »

« La République n’a pas de concessions à faire à l’ethnicisme » : Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, samedi 9 décembre 2017, propos recueillis par Alexandre Devecchio.

Créé par le 09 déc 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Projet politique

 A lire aussi sur le blog citoyen

« Une vie violente », un film pédagogique sur la violence terroriste à voir sur le grand écran

Créé par le 18 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin |

une vie violente« Un film incandescent au cœur de la chaudière nationaliste corse » titrait Jacky Goldberg dans sa critique du 23 mai dernier pour les Inrockuptibles à l’occasion de la semaine de la critique 2017. Notre cher critique talentueux compare ce second long métrage de Thierry de Peretti à « une tragédie grecque, avec son héros romantique et fataliste qui fonce droit dans la gueule du loup (pour venger ses copains assassinés), avec ses pythies attablées annonçant la catastrophe (superbe scène), avec enfin son attention extrême portée aux mots, à leur poids, à leur poésie. »
 
En ce moment de tragédies terroristes qui touchent l’Espagne, avec son cortège de victimes à Barcelone et à Cambrils, on est d’autant plus enclin à dénoncer cette violence aveugle qui  frappe sous tous les faux prétextes et, au-delà des victimes et de leurs proches, meurtrissent les cœurs de toutes ces communautés de citoyens solidaires attachées aux valeurs démocratiques et au respect des droits humains les plus élémentaires. Cette Espagne qui a déjà payé un si lourd tribut dans son histoire avant la chute du franquisme et, dans les dernières décennies, notamment la première du siècle, est rattrapée à nouveau par cette peste noire du terrorisme aveugle. A présent au nom de Daesh, hier de Al-Quaida ou de  l’ETA.
 
« Une vie violente » rentre de plein fouet dans cette machination infernale du crime quand la confusion entre militantisme indépendantiste du FLNC et mafia trouve à s’exprimer dans les exécutions sommaires et les règlements de compte avec la lâche complicité d’élus conduisant ce double jeu envers les institutions démocratiques au sein desquelles le poids des indépendantistes fragilise la république.
 
Inspirée de la mort de Nicolas Montigny le réalisateur met en scène Stéphane (Jean Michelangeli ), jeune bastiai qui se livre au traffic des armes dans un engagement au sein d’un mouvement indépendantiste radical se prétendant révolutionnaire de gauche. Avec son groupe d’amis il se trouve embarqué dans une sale logique de vendetta meurtrière que les protagonistes de l’action violente paieront de leur propre vie. « Le film souligne notamment le jeu de dupes dont furent victimes bon nombre d’activistes, exécutant, parfois jusqu’à l’assassinat commandité, les consignes des têtes pensantes, qui jouaient double jeu avec certains représentants de l’Etat central » souligne Mathieu Macheret dans sa critique du Monde du 23 mai.
 
Ce film d’une qualité cinématographique vraiment intéressante et, depuis la semaine passée, diffusé en salle,  mérite d’être vu. Il renvoie aussi au traitement du dossier Corse dans les dernières années du siècle précédent sous la mandature de Lionel Jospin. Ce dernier cédait, sous la pression d’une fraction  des élus insulaires qui avaient l’oreille attentive de son chef de cabinet, à la facilité de l’octroi d’un statut ultra-marin, sous condition de référendum remis à une date ultérieure, dans l’île de beauté. Fort heureusement celui-ci exprima le rejet d’une dérive autonomiste en 2004 grâce à l’action vigoureuse des républicains rangés derrière Emile Zuccarelli, cet ancien ministre démissionnaire de Lionel Jospin du temps de la gauche plurielle. Cette période qui devait conduire Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur, à démissionner à son tour dans un conflit houleux entre la place Beauvau et Matignon. Nous sommes juste après le meurtre du préfet Erignac et l’affaire dite des paillotes qui servit de prétexte à la destitution du préfet Bonnet, son successeur. 
 
Le locataire de Matignon oublie alors sa parole et finit par arbitrer au bénéfice des lobbies autonomistes, lâchant sur l’essentiel. Quand le ministre de l’Intérieur souhaitait renforcer le développement de l’île tout en faisant évoluer son statut dans le cadre constitutionnel de la France, le chef du gouvernement de cohabitation octroyait tout de go des compétences législatives à l’assemblée de Corse, négociant ainsi sans préalable d’arrêt des violences en cette période de redoublement criminel qui fait l’arrière plan du film de cette « vie de violence ».
 
 
On retrouvera tous ces éléments sur la politique insulaire dans les écrits de deux protagonistes aux postures opposées. Ceux d’Olivier Schrameck, le chef du cabinet du Premier ministre, inspirateur des accords de renoncements, ratifiés par Jospin, qui pousseront le ministre de l’Intérieur à la démission. Ce dernier livre dans ses ouvrages sa vérité sur ce dossier. Nous recommandons ainsi tout particulièrement deux lectures aux positions totalement opposées sur la gestion du dossier Corse: « Matignon Rive gauche 1997-2001″ (au Seuil octobre 2001) par O.Schrameck et « Défis républicains par Jean-Pierre Chevènement ( chez fayard, 2004);
 
Ces lectures offrent un complément substantiel pour une analyse factuelle par delà l’émotion générée par ce film recommandé d’une qualité esthétique et pédagogique certaine .
  
 
Xavier DUMOULIN
 "La République n'a pas de concessions à faire à l'ethnicisme"
Le Figaro: Les nationalistes corses sont arrivés largement en tête lors du premier tour des élections territoriales sur l’Ile de Beauté. Comment expliquez-vous ce résultat?
Jean-Pierre Chevènement:
Je ne suis nullement surpris par le résultat des élections en Corse. La montée du nationalisme corse est le résultat de démissions successives de tous les gouvernements de droite et de gauche depuis une quarantaine d’années. C’est Valéry Giscard d’Estaing qui a créé l’université de Corte qui est devenue la matrice et le fief du nationalisme corse. La gauche a accordé à la Corse son premier statut et si ce n’avait été l’intervention du conseil constitutionnel, elle aurait reconnu la notion de «peuple corse». J’ai moi-même quitté le gouvernement pour ne pas entériner un transfert de pouvoir législatif à l’Assemblée de Corse. C’était en l’an 2000 et pourtant j’avais accepté que, contre tous les engagements antérieurs, le gouvernement abandonne la renonciation préalable à la violence qu’il exigeait des nationalistes. C’est ainsi que s’est ouvert le processus dit de «Matignon». Je fais également observer que l’Etat français s’est assis sur le référendum de 2003. Les Corses avaient pourtant rejeté la fusion des deux départements. Ils voulaient garder un découpage territorial qui les rapprochait de la France continentale et n’acceptaient pas d’être transformés en territoire d’Outre-mer bis avec une collectivité unique. Le législateur, sous le précédent Président de la République, a fait fi des résultats de ce référendum. En 2003, toutes les forces politiques de droite et de gauche, ainsi que les nationalistes, voulaient la collectivité unique. Ne s’y opposaient que les radicaux de gauche, le PCF et moi-même. Les électeurs corses nous ont alors donné raison mais, en 2014, le Parlement leur a imposé la collectivité unique. Beau déni de démocratie!
 
Marine Le Pen, avec un programme qui se revendiquait souverainiste, est arrivée en tête au premier tour des présidentielles en Corse. Le vote nationaliste est-il un vote anti-France ou au contraire un signal d’alarme civilisationnel envoyé au continent?
Il s’agit d’abord d’un rejet des clans qu’ils soient de gauche ou de droite. La gauche dominait le Nord avec la dynastie Giacobbi et Paul Giacobbi sur le destin duquel je ne vais pas épiloguer (ndlr: il a été condamné à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds publics). Au Sud et à droite, c’est le clan Rocca Serra qui régnait depuis 1962. Ces clans ont fait l’objet d’un réflexe «dégagiste» qui s’est traduit aux présidentielles par un vote Marine Le Pen. Il faut observer que moins d’un quart des électeurs corses inscrits ont voté pour les listes nationalistes. Le taux d’abstention, qui s’élève à près de 50%, est massif. Nous allons voir ce que nous verrons, mais moi qui connait les oiseaux, je conseille au gouvernement une grande vigilance. Je ne pense pas qu’on puisse satisfaire la revendication de la co-officialité de la langue corse. Cela voudrait dire une politique d’exclusion à l’égard de tous les continentaux. Je l’ai observé quand j’étais ministre de l’Education nationale lorsque tous les agrégés et certifiés d’origine continentale ont été renvoyés dans leur «douar» d’origine. Je pense qu’on a accordé aux nationalistes tout ce qu’ils demandaient en matière d’aménagement du territoire. Les Corses se plaignent de la spéculation, mais ce sont les élus locaux, soumis aux pressions que nous savons, qui octroient les permis de construire. En Corse, on n’est pas libre de s’exprimer. Déroger à la doxa ou aux oukases nationalistes, c’est prendre le risque de passer un mauvais quart d’heure. Il faut maintenant tenir compte du résultat de l’élection. Je suis un démocrate, mais je n’augure rien de bon de ce qui suivra. C’est pourquoi j’attends du gouvernement de la République française qu’il reste ferme sur ses principes: la République n’a pas de concessions à faire à l’ «ethnicisme». D’autant que ce type de revendication peut se révéler contagieux.
La situation est-elle comparable à celle de la Catalogne? Lire la suite »

A lire : « Didier Motchane vivant » par Philippe Corcuff (sur son blog)

Créé par le 04 nov 2017 | Dans : Non classé

LU DANS Blog : Quand l’hippopotame s’emmêle…

Quelques-unes des interventions et messages présentés hier jeudi 2 novembre 2017 lors de l’hommage public rendu à Didier Motchane (17 septembre 1931-29 octobre 2017) à la mairie de Montreuil : Régis Debray, Didier Leschi, Jocelyn Benoist, Sophie Wahnich et moi-même.

Didier Motchane a été un des cofondateurs en 1966 (avec Jean-Pierre Chevènement et quelques autres) du CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste, transformé en Socialisme et République en 1986). Il fut un des principaux artisans du congrès d’Epinay, qui a vu la refondation du Parti socialiste en juin 1971, ainsi que de la stratégie d’Union de la gauche, débouchant sur la signature du programme commun de gouvernement en 1972. Il a quitté le PS en 1993 pour participer à la création du Mouvement des citoyens (MDC). Il a été aussi et surtout un intellectuel exigeant en politique. Il a épousé la cinéaste Dominique Cabrera en janvier 2006.

Quelques témoignages lus le jeudi 2 novembre 2017 en mairie de Montreuil

Didier Leschi est aujourd’hui préfet. Il a rejoint le PS et le CERES en 1985, venant du trotskysme. Il intègre le secrétariat national de Socialisme et République, comme responsable du secteur Jeunes, après le mouvement étudiant de novembre-décembre 1986, dont il a été un animateur à l’Université Paris Nanterre. Son intervention :

Des amis et camarades ont souhaité faire part à tous du regret de ne pouvoir être avec nous dans ce moment de deuil et de fraternité.

Régis Debray a envoyé le message suivant qu’il m’a demandé de vous lire :

Ne pouvant être à vos côtés, permettez-moi de saluer en quelques mots plus qu’un vieil ami : l’un de ces hommes d’engagement qui n’ont jamais sacrifié leurs convictions à leur carrière, et qui ne sont pas légion. Historien du présent, d’autant plus remarquable que réfractaire à l’air du temps, et à ce titre bon perceur de baudruches, son ironie lucide et son art du mot juste se sont toujours évité les facilités du désespoir ou du haussement d’épaule. Avec lui, l’action et la pensée marchaient main dans la main, et cette exigence morale autant qu’intellectuelle restera pour tous ses camarades un exemple d’intégrité. On s’efforcera, cher Didier, de ne pas l’oublier

Régis Debray

Je voudrais ajouter quelques mots qui rejoindront la pensée de beaucoup. Didier était à mes yeux le frère bohème de Jean-Pierre Chevènement, un mélange de Rimbaud et Stendhal.

Il était généreux et affectueux. J’ai beaucoup bénéficié de sa générosité et de son affection, de ses invitations au restaurant qui se transformait en cour politique sur l’état du monde. Il aura joué un rôle fondamental dans mon évolution politique en polissant mon trotskysme originel avec sa pensée faite de rigueur et d’originalité,  ouverte sur le monde curieuse de tout. J’admirais son érudition, sa connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier, du marxisme, du socialisme, de la Révolution française. Didier ne nous entourait pas simplement par les idées, mais aussi par son affection attentionnée dès lors qu’il avait confiance. J’ai pu bénéficier de cette confiance plus peut être que je ne l’aurais imaginé quand j’ai commencé à le connaître. 

Et j’ai toujours vu Didier comme une sorte d’albatros qui refusait la plainte.

L’albatros s’en est allé…

Didier Leschi

Didier Leschi est de la même génération que moi (il est né en 1959 et moi en 1960). J’étais de la « dernière génération » du CERES, celle de la fin des années 1970, alors qu’il a rejoint ce courant politique juste un peu avant qu’il ne se transforme en Socialisme et République. Mon intervention :

Je suis entré dans la « famille » CERES, lycéen, en septembre 1976. J’ai quitté le MDC (Mouvement des citoyens) en 1994. Cependant, Didier est resté, depuis, un repère et un ami. Il a incarné de manière batailleuse et broussailleuse, exploratrice et joyeuse, impliquée et distanciée, la tension incandescente entre engagement politique et travail intellectuel, qui aujourd’hui se brouille sous le quadruple effet de la technocratisation, du présentisme médiatique, de l’anti-intellectualisme internautique et de l’éloignement académique des chocs de la cité. Didier a fortement contribué, comme après lui Daniel Bensaïd, à mettre cette tension au centre de mon parcours cahoteux. Á la conscience de la grandeur de ceux qui m’ont ainsi aidé à me faire plus humain et moins stupide, s’est ajoutée au fil des ans une lucidité quant au ridicule de ceux comme moi qui apparaissent décalés dans leur époque, dans leur métier intellectuel, dans leur cadre militant.

Didier fait partie des quelques-uns qui m’ont appris que l’effort pour « penser par soi-même » impliquait également de « penser contre soi-même ». M’étant déplacé depuis 1994 vers des rives militantes qu’il aurait qualifié dans les années 1970 de « gauchistes », je garde chevillé au corps, jusque dans mon engagement anarchiste actuel, une vigilance pragmatique et anti-gauchiste qu’il m’a transmise dans le rapport à l’exigence toujours actuelle de révolution sociale. Je pense tout particulièrement à une phrase de son livre de 1973 Clefs pour le socialisme qui m’accompagne encore de son ironie porteuse de sens politique : « Dans les grandes banlieues de la révolution, l’illusion lyrique n’est séparée de l’illusion comique que par un terrain vague : la confusion politique, la gesticulation idéologique s’y donnent libre cours. »

Philippe Corcuff

J’ai ensuite lu les messages de Jocelyn Benoist et de Sophie Wahnich, qui ne pouvaient pas être en France ce 2 novembre.

Jocelyn Benoist est professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Né en 1968, il est de « la première génération » de Socialisme et République. Son message :

Hélas je ne suis pas à Paris jeudi. Je le regrette. La mort de Didier me bouleverse profondément. Il me manque terriblement. Il a été en un sens un père pour moi et le seul qui encore aujourd’hui donne du sens à la politique même si je n’ai jamais trouvé ma propre voie dans l’intériorité / extériorité à elle qu’il avait su inventer. Il était unique et GRAND en effet. Mon amour s’adresse à l’ombre immense de sa bonté.

Jocelyn Benoist

C’est un autre fil que la galaxie CERES-Socialisme et République-MDC qui a relié Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française et directrice de recherche au CNRS, à Didier Motchane : celui justement de la Révolution française. Elle est d’une génération située entre celle de Jocelyn Benoist et la mienne. Son message :

Lorsque j’expliquais au moment du bicentenaire à Didier Leschi que la Révolution française ce n’était pas l’invention d’une république étatiste mais d’un espace continuellement délibératif,  sa première envie a été de me faire rencontrer Didier Motchane. Nous avons diné ensemble mais sans réussir cette fois à nous rencontrer. C’est parfois long une rencontre. Il aura fallu le mouvement de novembre et décembre 1995 pour rencontrer cette fois Dominique Cabrera. Mais ce n’est pas avec Nadia et les hippopotames que l’histoire continue mais avec Demain et encore demain.
Un film sur l’énigme de la vie, de l’amour et de la politique, sur ce qui tisse notre intimité. Nous avons alors discuté tous ensemble de la séquence « gauche plurielle », de ses impasses, des raisons qui faisaient qu’on ne pouvait plus voter, même au seul premier tour, pour un parti aussi décevant. Puis nous avons fait le stage au Moulin d’Andé, un moment heureux sur une journée politique malheureuse de juillet 1791, et dans la conversation qui a égayé un dîner qui venait clore cette séquence estivale, j’ai enfin compris que Didier Motchane non seulement avait entendu mes questions mais m’avait lue et qu’il avait aimé ça, et il faut reconnaître que ce n’est pas rien d’être lue par Didier Motchane.

Didier et Dominique sont venus au lancement de mon dernier livre dans une petite librairie du 11e arrondissement, puis nous avons dîné. Et il  y a peu j’ai reçu un message de Didier qui voulait me dire son plein accord sur ma manière de regarder la Catalogne et une légalité désormais faite pour protéger les puissants. Il avait lu le Libé des historiens et mon petit texte dedans.

Demain ne prendra plus bien sur la même couleur, mais ces moments précieux partagés sont pour chacun comme ces edelweiss, cueillies comme le miracle de la vie qui s’insinue, surgie, éclot et demeure.

Sophie Wahnich

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