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Du « Grand Tout » au grand n’importe quoi! Billets de sagesse ou d’humeur, écrits au fil des jours de l’été et livrés en vrac, à l’usage de mes semblables qui ne s’en laissent pas conter…

Créé par le 17 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de XD

Des signaux et des codes pour les (dé)branchés du Grand Tout

Posté par sr07 le 31 juil 2016 à 3:03

 

P1030266crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

On annonce de nouvelles entreprises défiant l’imagination : il s’agit bel et bien de capter les messages interstellaires avec un appareillage de très haute technologie, cela va sans dire, et, en arrière plan, cette intuition d’une possible vie intelligente dans l’univers infini de l’espace intergalactique (1).

Donc un projet sans idées préconçues quant à l’équation de l’intelligence et de l’humanité, le postulat de base restant de facto celui d’une captation de signaux extra-terrestres, lesquels pourraient émaner de mondes savants ne partageant pas les principes élémentaires de la morale kantienne. Hypothèse tout aussi probable que ce mirage d’une rencontre de notre humanité avec un autre monde…

Par expérience, nous autres Terriens connaissons bien notre façon d’être première, totalement inhumaine, envers les peuples dominés dans ces chocs de civilisations ou les prétendus civilisés se conduisent en barbares. L’extermination des Indiens du nouveau monde en offrit un monstrueux exemple. Tout comme cet affligeant mode esclavagiste qui accompagna l’exploitation des richesses naturelles au temps de la première mondialisation post-colombienne.

Ce qui nous ramène à nos propres contradictions dans nos « conduites humaines » – si je peux me permettre cette expression – pour décoder, derrière les mots qui l’enveloppent, le grain des choses. Et depuis rien ne s’arrange vraiment. Les Lumières quelques peu tamisées de nos grands philosophes brillent parfois à des centaines d’années-lumière de notre présente humanité engloutie sous  le claquement des armes qui servent aux guerres ordinaires ou aux usages terroristes et font rage partout dans le monde.

L’Etat d’urgence ne serait-il pas  d’abord celui de la recherche d’un nouveau code universel? Pour donner le signal d’envoi d’un retour aux  principes du don, cher à Marcel Mauss, à l’opposé de cet individualisme méthodologique de Boudon, d’un retour aux codes de réciprocité et d’authenticité quand on se prend à singer « ceux qui nous tirent par le bas » pour satisfaire de bas instincts au détriment de l’intelligence du cœur, celle à la recherche d’unité dans l’association des individus, du Un dans le Tout.

Du singe à l’anthropologie…L’accueil dans le camp conservateur américain des provocations actuelles d’un Donald Trump  en dit long en matière d’ambivalence humaine. Et ici nos politiques restent sourds aux détresses de ceux qui n’en peuvent plus de cette insécurité sociale permanente, ceux-là mêmes qui sont souvent les plus exposés aux incivilités et aux violences quotidiennes et qui, dans leur exaspération, reçoivent parfois cinq sur cinq les messages des politiciens xénophobes. Dans notre univers en proie aux violences terroristes qui s’expriment sous de nouvelles formes toujours plus abjectes, on serait sans doute bien inspiré de ne pas en rajouter avec ces façons d’être agressives ne serait-ce que dans des codes chargés de violences symboliques, décrits avec intelligence et perspicacité par l’école de la théorie de la domination chère au regretté Bourdieu et à tous ceux qui, à tort ou à raison, s’en revendiquent. Mais ce serait alors tout un monde à changer!

Pour revenir à nos moutons, un retour sur nous-mêmes –  jusque sur nos échanges les plus élémentaires, nos pratiques, nos façons d’être au quotidien et, plus largement nos habitus,  – ne vaut-il pas mieux que ces imaginaires décodages interstellaires? Une telle introspection sur nos impostures inavouées et nos jeux de rôle, ne nous en dit-elle pas plus sur notre for intérieur, que nos récits de vie  qui en font trop souvent le déni?

Ce disant, quand je tente de m’élever de mon humaine condition faite de moments d’égarement, ne suis pas moi-même à des milliers d’années-lumière de la triviale réalité qui nous entoure? « Qui veut faire l’ange fait la bête » disait Pascal. Comprenne qui pourra! Mais l’ombre suppose la lumière comme la vérité l’erreur…Et le début est dans la fin et réciproquement. Autre façon de décliner Einstein,  pour qui la matière et l’espace forment un tout dans notre espace temps…

A bon entendeur – entendez décodeur - salut mon internaute branché, mon semblable, mon frère!

Xavier Dumoulin

(1) A lire dans Le Monde Diplomatique

Sous le soleil de satan…

Posté par sr07 le 19 août 2016 à 8:21

J’exècre cette stupide focalisation sur les tenues de bains qui tourne en guerre de religion. Si l’on peut voir dans le port du burkini une expression d’asservissement, cessons pour autant ces amalgames nauséabonds qui visent à exacerber les tensions au delà du raisonnable!

Quand tel candidat à la primaire de l’ex-UMP prétend vouloir légiférer par ordonnance sur le sujet dès son élection à la présidentielle, on mesure bien là le dérapage  d’une exploitation politicienne. Engranger un capital de notoriété dans le rejet et la stigmatisation conduit ni plus ni moins à s’aligner sur le fonds de commerce du FN et sur son trivial et sempiternel argumentaire. A ce jeu là, on voit bien à qui profiterait une élection qui se jouerait sur le sujet.

Sans tabou, il faut envisager les choses du point de vue le plus responsable. Qu’il y ait aujourd’hui un risque de trouble à l’ordre public fondé sur l’émotion provoquée par le port du burkini en dit déjà long sur l’état de l’opinion. En ces temps de vulnérabilité face au terrorisme, il est certes légitime de s’inquiéter de toute menace favorisée par une tenue susceptible de cacher des explosifs ou des armes dans des lieux publics.  Mais a contrario, le seul fait de se baigner habillé ne devrait pas constituer un délit sauf à réviser fondamentalement nos principes juridiques.

Quoiqu’il en soit l’ordre public dans sa version de moralité publique appréciée de longue date par le Conseil d’Etat renvoie au plus grand paradoxe. Dans une tribune au journal Sud-Ouest, le juriste Olivier Dubos nous expliquait hier que « l’un des arrêts qui ont conforté cette notion concerne la confirmation d’un arrêté pris au début du siècle par le maire de Biarritz et qui, au nom de la moralité publique et de la décence sur les bords de mer, interdisait de se déshabiller sur la plage et de circuler en costume de bain dans la ville! »

De quoi méditer sur la contingence des représentations et des jugements moraux dans cette époque ambivalente. Le très agnostique président Hollande s’entretenait avec le pape François de cette chère laïcité, parfois incomprise des gens d’église. D’abord au service de la liberté, elle doit rester un des principes socle de la république.

« La sortie par le haut du burkini » est en soi une question bien subalterne… Au diable les tabous! Laissons donc les corps et les esprits des aoûtiens jouir en paix du soleil et du sable…

Xavier Dumoulin

Du

Un débat sur l’identité relancé ad nauseam!

Posté par sr07 le 26 août 2016 à 7:17

« Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives. » Dixit Marisol Touraine venant ainsi contredire le premier ministre Valls dont on connaît la posture pro arrêtés, mis aussi en difficulté sur ce sujet par les propos nuancés de ses autres ministres parmi lesquels Najaud-Belkacem et Villeneuve. Ceux-ci ne s’inscrivent-ils pas dans une approche raisonnée de cette question émergente? A la manière du maire de Juan-les-Pins, Jean Léonetti, député LR, qui se refuse à de tels excès en l’absence de troubles à l’ordre public, à la différence de ses amis de la côte du même bord.

Avec les arrêtés anti-burkini, pris en considération affichée de risques de troubles à l’ordre public, dans cette région meurtrie par les attentas de Nice, dans une France également endeuillée par la répétition de tueries revendiquées par Daesh, la tentation d’une récupération politicienne menaçait de pourrir le débat. C’est chose faite avec la posture identitaire de l’ex-président candidat! Sarkosy s’engouffre comme à son habitude sur un terreau glissant, surfant sur cette vague estivale qui vient à point.

La médiatisation de l’affaire joue cependant dans les deux sens. Cette image d’une femme, verbalisée sur la plage à grand renfort de policiers et montrée du doigt par les estivants qui l’entouraient en raison de sa tenue, à de quoi inquiéter. Dans cette ambiance délétère, les termes du débat sont pipés. Et le maire de Paris, Anne Hidalgo, a bien raison d’intervenir à son tour pour un rappel à la modération.

Ne sombrons donc pas dans une stigmatisation qui raviverait les passions sur cette affaire. Le conseil d’Etat tranchera en droit ce jour à 15 heures. Mais il n’épuisera pas le sujet. Revenons-en aux vraies questions.

Oui, le port du burkini n’est pas en soi réducteur à une tenue de mode et peut même signifier une perspective humiliante pour la femme en faisant fi de décennies de lutte féministes.

Oui, le port du burkini peut, dans certaines situations, constituer un symbole d’allégeance à un islamisme militant intransigeant.

Oui, le port du burkini peut menacer l’ordre public quand l’émotion des populations est exacerbée dans ce contexte très particulier de la France endeuillée.

Non, le burkini ne constitue pas, en tant que tel, une atteinte aux principes de la laïcité quand son usage relève d’un choix personnel de tenue de bain. Au demeurant,  le choix de rester habillé sur la plage ne saurait constituer un délit généralisé sauf à porter une atteinte grave aux libertés fondamentales.

Il est grand temps de freiner cette déferlante de propos politiciens ambivalents sinon stigmatisants qui, sous prétexte d’une idéologie supposée s’exprimer dans la tenue burkini – c’est la thèse du premier ministre, de l’ex-président candidat et des maires pro-arrêtés – justifierait une posture généralisant l’interdiction de l’habit à la plage en raison d’un trouble à l’ordre public inhérent à la présence de femmes en burkini.

Une telle caricature de la réalité et du droit gomme la complexité et la diversité des situations. On devine ses objectifs. Au travers de la dénonciation du burkini, l’interdiction du voile à la plage, prônée par les identitaires « jusqu’au boutistes » ne repose sur aucun des fondements et principes du droit français. Cette idée saugrenue de vouloir légiférer en la matière est bien mal inspirée dans une période qui suppose plus que jamais de cultiver « le vivre ensemble » dans une république laïque, respectueuse des libertés publiques.

De ce point de vue, le « ni provocation, ni stigmatisation » du président Hollande renvoie à une posture équilibrée, nuancée et juste. Mais ce recadrage bien nécessaire suffira-t-il ?

Xavier Dumoulin

Du sport à la politique quand le cupide le dispute au sublime…

Posté par sr07 le 07 août 2016 à 17:45

P1040607crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

L’esprit sublime et l’instinct cupide ne constituent-ils pas l’envers et l’endroit d’une même impasse dans les façons d’être institutionnelles et collectives comme à l’échelle individuelle et dans les relations inter-personnelles?

Prenons les exemples des mondes du sport et de la politique qui  illustrent et résument toute l’ambivalence des façons d’être paradoxales de leurs protagonistes. D’où cette image trop souvent péjorative d’agissements qui altèrent les prétentions affichées!

En ces jours d’ouverture de jeux olympiques, il n’est point besoin de vanter cette mystique du sport. La communion d’une foule en liesse dans le spectacle qui accompagne l’arrivée de la flamme et les symboles qui entourent cette mise en scène expriment magnifiquement cette idéal originel.

Depuis l’Agora, la solennité du cadre de la délibération publique qui fixe l’intérêt général et dicte la loi, manifeste également cette grandeur de la politique. Depuis sa théorisation par les grands philosophes de l’Antiquité, la république s’entoure de fastes et de décors qui lui confère une majesté et une autorité qui participent de sa légitimité.

Des stades olympiques aux palais de la république, ces lieux offrent un décor adapté et solennel aux joutes des corps ou des idées.

Tout ce décorum veut exprimer et encadrer cette ambition d’un combat désincarné, noble et pacifique au service du dépassement de soi dans le sport comme de l’intérêt particulier en politique.

A contrario, dans ces mêmes champs du sport et de la politique, n’assiste-t-on pas trop souvent au dévoiement de cette éthique originelle? Malgré les règles, le jeu des acteurs viole leurs principes et dégrade leur image dans des attitudes peu « sportives  » ou peu « citoyennes ».

Cette plate constatation de notre part qui relève d’une sociologie primaire, mérite bien de souligner ce contraste entre l’expression sublimée et la triviale réalité ; les affaires de dopage et d’argent dans le sport, les scandales en politique, révèlent épisodiquement cette chute des protagonistes dans une pitoyable dégradation des mœurs.

Ces turpitudes qui traversent ces champs toujours excessivement médiatisés ne reflètent-elles pas nos propres défaillances plus confidentielles dans nos activités quotidiennes individuelles ou collectives, privées ou publiques, personnelles ou professionnelles? Je reste toujours sidéré face aux comportements aberrants, beaucoup plus courants qu’il n’y paraît. Je m’en étonne pour prévenir toute vulnérabilité personnelle.

Ne rencontrons-nous pas ces comportements à tous les niveaux, dans tous les domaines et presque quotidiennement? Nos attitudes, nos comportements et nos expressions ne trahissent-ils pas trop souvent cette fragilité psychologique, cette perte de maîtrise de soi, ce manque de courage et de discernement dans notre confrontation avec les problématiques ordinaires de la vie quotidienne publique ou privée ou dans  »les grands sujets qui fâchent »? De quoi s’interroger sur l’origine et la nature de ces défaillances dans leurs manifestations les plus péjoratives.

Ainsi, à titre d’illustration, ce manque d’empathie ou de réflexivité qui accompagne toujours ce lâche soulagement agressif  dans le mépris, la moquerie ou la violence envers l’Autre, cet étranger, quand il ne s’agit pas de ce retournement à l’encontre de ce partenaire il y a peu encore adulé, quand il pouvait servir de marche-pieds et ouvrir quelques portes utiles. Avec ce réflexe bien connu et si fréquent du coup de pied de l’âne… Je ne rappellerai pas ici, par pudeur, le détail de ces récurrentes manifestations de débilité humaine ou de froids calculs de ces mauvaises consciences torturées qui se répandent en propos calomnieux dans l’ignorance de ce sage adage du droit selon lequel « nul ne peut exciper de sa propre turpitude »…

Sans être psychologue, je peux poser l’hypothèse d’un manque certain de discernement à la base de ces vilaines attitudes, dictées souvent par la passion, la pulsion ou la répulsion. Je discerne quelques traits péjoratifs communs à tous ces porteurs de mauvaises manières : l’honneur mal placé, le respect humain, la force du préjugé, l’ignorance, l’arrogance, l’orgueil, la fatuité, la cupidité, l’ambition carriériste, l’absence de réciprocité et d’authenticité dans la relation aux autres, la mauvaise foi, le déni, la trahison, le besoin de domination… pour ne citer que ces vices cachés d’une triviale et cupide ambition!

Ce billet, qui voudrait exorciser ces mauvaises manières, ne saurait atteindre son but s’il n’avait plus modestement l’ambition de tempérer l’hyper sensibilité de son auteur avec cette tendance à la sublimation qui l’accompagne.

C’est en soi un objectif, dans cette impasse d’une quête du sublime comme antidote du cupide, qui favorise en nous cette humilité nécessaire à la connaissance de soi. Une invitation à la réflexivité ou à la philosophie pour l’harmonie de nos vies et de nos sociétés dans l’estime de soi, le partage et l’amour de l’humanité…

Xavier Dumoulin

Postures primaires, retournements et arrières pensées…

Posté par sr07 le 24 août 2016 à 6:33

A l’heure des primaires et autres déclarations de candidature à la présidentielle, chaque rival compte les siens. Bien sûr derrière les postures se cachent aussi les arrières pensées. Tel qui s’affiche candidat aux primaires pourrait bien se prêter à un petit jeu de participation pour négocier ensuite son désistement et promouvoir ensuite son positionnement favorable au sein d’une écurie présidentielle.

Prenez Henri Guaino dont on devine bien qu’il ne peut être qualifié pour la candidature finale. Quel est aujourd’hui le sens de sa présence? Hier caution gaulliste qui faisait vivre les idées d’un Séguin, à quelle fonction s’adonne-t-il dans ce jeu de quilles de l’ex-UMP? Certainement pas en soutien de Juppé, ce libéral qui occupe une partie du créneau jadis pris par un Bayrou. Pour autant, la posture identitaire d’un Sarkosy suffira-t-elle à permettre le ralliement d’un homme qui croit encore en l’Etat et s’attache à défendre la souveraineté de la nation?

A gauche, ne peut-on envisager la candidature de Benoît Hamon comme un faire valoir d’un frondeur qui saura bien, en temps voulu, rallier le leader qualifié? Ce chef de file du courant « un monde d’avance », lâché par son mentor Henri Emmanuelli, n’affiche aucune ambition programmatique sérieuse. L’économie sociale et solidaire ne fait pas un projet! La réduction du temps de travail est une recette un peu courte pour relever les défis de la compétitivité et de l’emploi. Alors Hamon est-il sérieusement positionné pour une qualification à la primaire ou bien cultive-t-il une stratégie personnelle pour tirer les marrons du feu et regagner sa place de leadership que lui dispute Lienmann?

A contrario cette dernière n’affiche-t-elle pas une réelle ambition dans le triptyque de son projet abordé dans un billet précédent sur ce blog? Et ne présente-elle pas des gages de fidélité à sa sensibilité par la longévité de son positionnement politique à gauche?

Il n’empêche que ces deux personnalités viennent curieusement du rocardisme au sein duquel ils fourbirent leurs premières armes avant leur repositionnement. L’une en faisant sa propre motion au congrès de Bourg en Bresse de 1983 sur les bases de l’écologie et de la décroissance. L’autre en passant avec armes et bagages durant la précédente décennie dans un courant de gauche émergeant du mitterrandisme pur et dur (1). Sacré porte-parole, puis chef de file de son courant en 2008, Benoît Hamon n’en conserve pas moins une sensibilité sinon un ancrage dans une vision « deuxième gauche ».

Ce jeu de recomposition des postures en rapport avec les enjeux de pouvoir reste la clé de compréhension des trajectoires politiques des éléphanteaux du PS. Songez à ces alliances de circonstances et à ces fâcheries ultérieures au sein de la gauche socialiste qui voyait au coude à coude les Mélenchon-Dray et Lienemann à la recherche d’une « belle alliance ». Ou bien au sein du courant poperéniste, orphelin de son leader éponyme, le tandem Ayraut- Vidalies. Lequel rejoignit vite Martine Aubry (mais fut néanmoins nommé ministre chargé des relations avec le Parlement dans le gouvernement Ayraut puis secrétaire d’Etat aux transports sous l’actuel gouvernement) quand Henri Emmanuelli, cette figure incontournable de la gauche mitterrandienne revendiquait son autonomie d’action, exaspéré jadis par l’influence d’un Fabius… Fidèle à lui-même mais toujours bougonnant et cassant dans ses rappels à l’orthodoxie et aux fondamentaux de la gauche, cet orateur cinglant se conduit en vrai suzerain qui fait et défait les minorités socialistes au service d’une certaine idée du parti. N’oubliez pas ce soutien à Peillon (qui devait marginaliser  Montebourg à tel congrès de recomposition dont je n’ai plus ni le nom ni la date en mémoire) quand l’ancien premier secrétaire du PS fit son nid dans le courant Montebourg en chassant quelque poussin à la manière d’un coucou…

Hamon et Montebourg ont été ainsi complètement recadrés par ce vénérable socialiste qui s’applique à déranger ses amis dans son entreprise de légitimation de  François Hollande pour sauver – pense-t-il sans doute –  la gauche du naufrage…

Pour en finir avec ce bavardage nourri d’anecdotiques leçons de choses socialistes, la candidature Montebourg apparaît à ce jour tout à fait consistante. La teneur du message, sa médiatisation, le parcours d’Arnaud et ses qualités personnelles offrent une réelle opportunité de faire « turbuler » le système. Cette guerre de position peut-elle sortir la gauche de l’ornière? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. On attendra la suite et les postures au sein de l’ex Front de gauche pour apprécier l’ensemble des recompositions en œuvre dans le paysage politique. On oubliera ici les sensibilités écologistes qui illustrent cette hyper-personnalisation politicienne quand on ne voit plus les questions de fond dans les aventures individuelles des Duflot et autres protagonistes…

Avec, ne l’oubliez jamais, la présence discrète d’une extrême droite aux portes du pouvoir. Et ses jeux politiciens auxquels se livrent avec indécence les rivaux de la tribu Le Pen pour revenir à nos postures primaires…

L’internaute éclairé pardonnera toutes ces digressions de la part d’un citoyen lucide  qui pour s’être efforcé de ne jamais louvoyer n’en reste pas moins attentif aux enseignements de Machiavel qui savait distinguer la « virtù » de la « fortuna ». (2)

Xavier Dumoulin

(1) Ce courant mitterrandien est celui qui inspira l’alliance Mitterrand-CERES au congrès de Metz de 1979 (côté Mitterrandien Fabius-Jospin-Emmanuelli contre Mauroy et Rocard) qui tua dans l’œuf les velléités de Michel Rocard d’accéder à la magistrature suprême. Ce qui n’empêcha pas ce dernier d’exercer son influence idéologique sur la gauche non communiste pendant les années Mitterrand.

(2) Autant de platitudes nourriraient cette vision sidérante de la politique s’il n’y avait cet autre registre de “la grande politique”, laquelle ne refuse pas les emprunts à Machiavel, Rousseau, Marx ou Gramsci pour envisager d’arracher le monde à son destin et délivrer les politiques de leur trop étroites contingences. C’est le grand art machiavélien que de savoir utiliser la virtù – cette capacité subjective – pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés.

La vie de ce penseur nous est racontée cet été sur France-Inter à cette heure matinale (avant les actualités de 8 heures) par l’historien Patrick Boucheron …A écouter https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-machiavel/un-ete-avec-machiavel-19-aout-2016

 

Primaire à droite et jeux de rôle

Posté par sr07 le 14 sept 2016 à 6:31

Anne-Laëtitia Béraud et les chercheurs sollicités par ses soins s’interrogent dans 20 Minutes sur les motivations des outsiders des primaires à droite (1). Ceux-ci n’ayant aucune chance de figurer au second tour, à la différence de Juppé et Sarkosy, la question de leur intérêt à participer à cette élection semble bien légitime. D’où cette leçon de choses, politique sinon psychologique, construite autour de quatre hypothèses que nous empruntons à l’auteur de l’article ainsi que les citations des expertises sollicitées auprès de chercheurs en sciences politiques.

La première hypothèse envisage une candidature de « résurrection », voire de vengeance.

Copé illustrerait à merveille le cas de ces personnalités « sorties des limbes, prêtes à en découdre », après avoir évité la mise en examen dans l’affaire Bygmalion des fausses factures à la présidentielle de 2012. « C’est une candidature de résurrection, mais le motif de la vengeance est à mon avis tout aussi fort », souligne Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’Institut français de presse. « La candidature de Jean-François Copé vise à se venger de Nicolas Sarkozy, à ne pas laisser place nette à François Fillon, son ancien adversaire à la présidence de l’UMP en 2014, ou encore des autres candidats qui ont été ministres de Nicolas Sarkozy et qu’il surnomme la « bande des quatre » », ajoute le chercheur à l’Université Panthéon-Assas.

S’agissant de la candidature Fillon, le ressentiment d’avec Sarkosy vient immédiatement à l’esprit. « Il est son ancien Premier ministre et a eu le temps de nourrir sa colère. Par ailleurs, François Fillon sait qu’il est le troisième homme de cette élection. Il attaque Nicolas Sarkozy frontalement et tape fort sur les affaires judiciaires pour faire s’écrouler l’ancien président. » précise le politologue Thomas Guénolé.

La seconde hypothèse relève d’une volonté de gagner un maroquin et d’incarner la relève.

L’exemple de Valls, devenu premier ministre malgré son faible score de la primaire socialiste de 2012 (5,63%) ouvrirait des perspectives aux impétrants de la droite. Les candidats Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Geoffroy Didier (non qualifié à la primaire) pourraient ainsi espérer un ministère en cas de victoire de la droite en 2017. «Chacun prend date pour le tour suivant, à savoir la présidentielle de 2022, souligne Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. « Tous savent que Nicolas Sarkozy ne repartira pas pour deux mandats, et Alain Juppé affirme qu’il ne fera qu’un mandat en cas de victoire à la présidentielle. Ils veulent donc incarner la relève », ajoute l’enseignant à Sciences-Po Paris.

La troisième hypothèse est qualifiée de « candidature-sanction ».

A l’instar de Marie-France Garaud et de Michel Debré en 1981 qui » souhaitaient torpiller Jacques Chirac à la présidentielle, car ils estimaient qu’il n’était pas digne de la fonction », selon le chercheur Arnaud Mercier. Lequel place aujourd’hui dans cette même situation Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie qui ont décidé  de passer outre la primaire, qualifiée « d’escroquerie démocratique » par l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Les deux personnalités, en référence au gaullisme, estiment qu’une présidentielle se fait par « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Mais où peut mener cette capacité de nuisance à l’égard des favoris de la primaire de droite?

Se faire de la publicité constitue le dernier mobile hypothétique envisagé par Anne-Laëtitia Béraud.

La candidature à la primaire garantit la médiatisation. « La primaire est l’occasion d’exister pour un certain nombre de troisièmes, voire de quatrièmes couteaux », tranche le politologue Thomas Guénolé

Nadine Morano, avec ses propos polémiques sur la France, «pays de race blanche » attire les médias et pourrait bien trouver ensuite un moyen de monnayer sa captation d’une partie de l’électorat lepéniste. Frédéric Lefebvre,  président de son micro parti « Nouveaux horizons» profite de ces primaires pour sa promotion. « Les candidatures de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate, et Hervé Mariton, sont des candidatures de témoignage », complète Bruno Cautrès, qui conclut : « Ils n’ont pas de prétention ministérielle et ne sont pas motivés par la vengeance. Avec la primaire, ils veulent faire vivre leurs idées conservatrices qui restent minoritaires. »

Et à gauche?

Ne pourrions-nous pas prolonger cette étude par un détour à gauche? On y verrait un Benoît Hamon, soucieux de sa publicité pour garder le leadership à la gauche du PS, retrouver un maroquin dans la foulée d’une présidentielle. Leadership disputé par une Lienemann, cette Garaud de gauche, qui pourrait bien chercher une candidature-sanction vis à vis du président Hollande et de son gouvernement. Avec peut être chez Filoche le même mobile à moins qu’il ne veuille accomplir un acte de pures représailles contre la loi travail et la politique libérale qui n’a plus rien de sociale, à ses yeux, et détricote le code du travail. L’ancien ministre, Duflot, espère peut être se refaire une notoriété en vue d’un éventuel maroquin dans un hypothétique gouvernement futur incluant la mouvance écologiste.

Arnaud Montebourg, le républicain socialiste, membre du PS, le mieux placé derrière Hollande, dans les sondages, n’a pas dit son dernier mot quant à sa participation aux primaires, si elles ne devaient être que celles des socialistes. A l’instar des gaullistes, il va à la rencontre d’un peuple. Mais cet élan se réduit-il à une candidature sanction? 

Mélenchon qui retrouve une pêche d’enfer, son régime alimentaire aidant, semble dopé par sa volonté d’en finir avec la cinquième République. Avec son nouveau registre sur le droit animalier, cet humaniste républicain de gauche retrouve une notoriété certaine qui a de quoi inquiéter Hollande. Ce troisième homme chercherait-il une résurrection dans cette échappée solitaire, à l’instar d’un Fillon, à droite?

A la vérité, Montebourg et Mélenchon ne figurent pas dans les outsiders, à gauche, tant leur posture fait résonance à ce besoin de renouveau. Besoin de renouveau qui explique paradoxalement le succès médiatique d’un Macron. Lequel, pour ne s’inscrire nulle part dans l’échiquier politique,  sinon en homme politique au libéralisme assumé, joue parfaitement de tous les registres pour son plus grand bénéfice immédiat. Alors que dire de toutes ces postures?

En politique, la duplicité serait incontournable comme nous l’enseignent les politologues aguerris. Sans doute, mais alors la seule question qui vaille revient au grand galop : à quoi sert cette duplicité? Au service de la grande politique comme on voudrait le croire encore? Ou dans la poursuite de gains mesquins à l’image de cette légion de gagne-petit de la politique?

Xavier Dumoulin

 (1) http://www.20minutes.fr/politique/1923915-20160913-primaire-droite-notoriete-ministere-vengeance-peuvent-gagner-outsiders

 

La période des pré-primaires entre bluff et discours de vérité

Posté par sr07 le 07 sept 2016 à 8:18

Le temps n’est pas aux échanges apaisés dans cette rivalité qui précède les primaires. A droite d’abord dans cette guerre de tous contre tous. Avec le gros filon du thème de l’honnêteté et de l’exemplarité contre tous les soupçons, le mot est prudent, de comportements délictueux, jugés ou en passe de l’être, qui pèsent sur les deux principaux rivaux, l’ancien premier ministre, Juppé, pour le passé et Sarkosy, pour le présent et le futur.

Mais aussi autour des commentaires peu amènes des proches de l’ex-président vis à vis de ses ex-fidèles « candidats à la candidature », selon la dénomination même de Nicolas Sarkosy à leur endroit. Ces « ex » ont tous du ressentiment vis à vis de leur ingrat protecteur qui est plus enclin a donner des gages à ceux qui lui résistent plutôt qu’à ses courtisans. Alors  ils ont franchi le Rubicon, estimant ici qu’une ligne de rassemblement vaut mieux qu’un discours à droite toute et que la dérive identitaire conduit à la même impasse qu’en 2012 avec la ligne Buisson. Mais, s’il manque une colonne vertébrale gaulliste – que le député Guaino ne parvient toujours pas à imposer au sein de son parti -, la tentation reste entière pour les tenants de Nadine Morano de jouer la carte de l’alliance avec le FN. C’est une stratégie qui pousse encore un peu plus loin les signaux de 2012 et de ce début de pré-campagne de la part de Sarkosy qui donne dans l’identitaire et fera bon usage du travail de bout-en-train de sa challenger vis à vis de l’électorat FN.

A gauche, tremblements de terre et répliques depuis les déclarations, dans le plus grand désordre des fondeurs, Hamon et Lienemann, de l’écologiste Duflot et du socialiste républicain Arnaud Montebourg. Lequel semble nettement se dégager de ses rivaux du PS. Avec cette hypothèse d’une candidature Macron qui pourrait bien chambouler le jeu politique. Et ce vertigineux succès médiatique et son logique corollaire sondagier, plaçant Macron loin devant Hollande au premier tour dans tous les cas de figure, c’est à dire avec une candidature Juppé, Sarkosy, voir Juppé et Bayrou. De quoi précipiter le réveil du président qui  songe à présent à donner dès demain des signes forts de candidature virtuelle. Mais la période précédant l’entrée en campagne ne fait-elle pas souvent émerger des outsiders qui, pour finir, feront des scores électoraux décevants  à l’instar d’un Balladur en 1995 ou d’un Chevènement en 2002?

Dans ce climat de pré-primaires, une chose est absolument certaine : la candidature Mélenchon à gauche, avec cette bonne côte du député européen, le phénomène Macron qui fait irruption et bouscule le jeu, la guerre des chefs à droite, le capital entier d’attraction de l’offre lepeniste sur un électorat qui aurait besoin d’être mieux éclairé sur des choix stratégiques.

Où se situe aujourd’hui l’intérêt national et comment peut-on redresser la France, son industrie et ses emplois? Quelle sortie possible des traités européens qui phagocytent l’économie? Quelles protections vis à vis de la mondialisation libérale? Quel socle républicain pour le peuple de France dans une nation ouverte au monde?

Autant de questions qui appellent des solutions énergiques que tentent de construire des personnalités aussi différentes qu’un Montebourg ou un Mélenchon à gauche, un Guaino ou un Dupont-Aignan à droite.

Xavier Dumoulin

Sarkosy-Cahuzac, ces politiciens qui jouent gros…

Posté par sr07 le 06 sept 2016 à 5:45

Grand déballage dans l’affaire Cahuzac avec ce rebondissement lié aux prétendues révélations de l’ex-ministre du budget. L’intéressé aurait ouvert le premier compte illicite avec l’argent de l’industrie pharmaceutique pour financer les activité politiques de Michel Rocard. Ce dernier pourrait bien s’en retourner dans son tombe. On peut toujours épiloguer sur la proximité d’un Cahuzac avec le courant rocardien mais, de là à considérer comme plausible de tels calomnies, il y a un pas à ne pas franchir. Laissons donc la justice faire son œuvre.

Tout comme dans cette piteuse affaire Bygmalion qui met en cause le financement de la campagne d’un Nicolas Sarkosy qui multipliait meetings et dépenses sans compter en 20012. Avec ce dépassement phénoménal occulte,  de plus de vingt trois millions d’euros, des dépenses de campagne autorisées, qui laisse perplexe quant à la capacité de revenir aux affaires d’un sortant irrespectueux des règles élémentaires. A se demander même si le personnage n’est pas revenu en politique en 2014 pour se protéger!

Dans ces deux cas, quelle imposture! Ces façons d’être sont des marqueurs de la décomposition morale jusqu’aux sommets de l’État. Le mensonge et le déni qui tiennent lieu de posture pour tenir coûte que coûte! Une inversion totale du rapport des gouvernants à la chose publique : se servir au lieu de servir. Sans complexe, avec un affichage de mépris pour les principes qui transpire par tous les pores! Issus de la droite ou de la gauche, ces deux flambeurs en politique attisent le rejet populaire et la méfiance vis à vis des politiciens. A juste raison dans ce cas. L’exception ne fait pas la règle et la généralisation n’a pas lieu d’être. Mais à ce niveau, celui d’un ex-ministre et d’un ex-chef d’État, on comprendra bien la facilité à donner dans le « tous pourris », ce slogan incivique émanant d’un parti principalement impliqué dans les affaires de corruption et de blanchiment d’argent (l’ami de Cahuzac cité dans le procès serait aujourd’hui  un proche de Marine Le Pen, mais n’est-ce point là pure coïncidence?).

Ces deux dossiers atteignent donc des niveaux inégalés de corruption. Rien à voir avec certains précédents qui voyaient sanctionner tel responsable pour des irrégularités dans la tenue des comptes du parti en cause pour des sommes sans proportion avec celle de la campagne de Sarkosy. Quant à la parade inqualifiable d’un Cahuzac mettant en cause le financement des campagnes de l’ancien premier ministre pour faire croire qu’il ne s’agirait pas d’une évasion fiscale et donc d’une affaire d’enrichissement personnel, elle nous renvoie à la posture de celui qui niait jusqu’au bout détenir un compte en Suisse, droit dans les yeux devant nos concitoyens! « Aujourd’hui, je ne mens pas! » Chacun appréciera…

Ces minables arguties, d’un côté, ou bien le silence méprisant du déni, de l’autre,  en disent long sur les mœurs en vigueur. Le mot féroce de l’ancien premier ministre et rival de Sarkosy à la primaire fait sens. Imagine-t-on De Gaulle mis en examen? A la vérité ces affaires font la démonstration d’un rapetissement phénoménal de perspective chez ces ambitieux. Nous tombons ici en réalité sur des affairistes en politique qui intriguent plus qu’ils ne gouvernent quant ils font usage d’un registre moral dans leur posture de dirigeants.

Xavier Dumoulin

Quand Macron squatte les médias pour ne rien dire!

Posté par sr07 le 05 sept 2016 à 7:48

Présent tout le week-end, dans les pages du JDD puis dans la nouvelle émission de Nicolas Demorand, Questions politique de France Inter/franceinfo/Le Monde, Macron, le déserteur du gouvernement, continue son tour de force médiatique.

Pour mémoire, le très libéral ministre de l’économie a présenté sa démission mardi dernier en déclarant « avoir touché du doigt les limites de notre système politique ». Face à « l’impuissance collective » au sein du gouvernement » il prétend bien » transformer la France dès l’année prochaine ».

L’émission d’hier était l’occasion de sortir des déclarations d’intention pour aller plus au fond. Mais il commence par botter en touche sur sa probable candidature à la présidentielle : « Les questions d’incarnation se posent légitimement à un moment donné mais ce n’est pas le sujet maintenant ». On appréciera la façon d’être politicienne de ce tartuffe qui nie l’évidence.

Alors pourquoi ne pas vouloir conquérir le PS pour y faire prévaloir ses conceptions?  «Parce que je pense très profondément que le Parti socialiste aujourd’hui est dirigé par des gens qui ne veulent pas le moderniser ». D’ailleurs son mouvement « En marche » ne serait ni de droite, ni de gauche. Il est ouvert aux militants de les Républicains, du MODEM, du PS et aux non encartés de tous les bords. Face à « une gauche statutaire, conservatrice » incarnée, selon lui, par Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg, il revendique être de  » cette gauche du réel », sa filiation politique, « c’est Mendès France, c’est Michel Rocard », a-t-il encore affirmé.

Quelle est alors sa différence de vue d’avec Valls? « Nous n’avons pas le même parcours, parce que précisément, lui, a toujours vécu dans le Parti socialiste et a une carrière politique. Ma grande différence, c’est que je suis passé par la société civile, je n’ai pas la même formation et donc plus de liberté par rapport aux appareils ».

L’émission tourne ainsi en rond sans que l’on n’entende une seule proposition originale qui justifierait cette posture nouvelle d’Emmanuel Macron. Toujours le même art politicien de l’esquive et le recours aux astuces les plus éculées!

On revient sur la popularité du ministre démissionnaire qui atteint un fort capital de sympathie chez l’électorat de droite notamment. Et sur la façon d’occuper la sphère médiatique en jouant sur le registre people.  Mais là encore, Macron répond sur le registre du système D : « Je ne fais pas les unes de la presse people, la presse people fait des unes sur moi, c’est différent ». Avant d’ajouter : « Oui, ça me gêne. Là, c’est trop. On a là aussi, comme sur l’argent, en France, un rapport traumatique à la vie privée. J’ai décidé de ne pas cacher ma vie privée. Pourquoi ? Parce que oui, j’ai une femme, je pars en vacances avec ma femme parce que je l’aime, parce que ma famille est importante et parce que c’est le socle de ma vie. Donc je ne vais pas le cacher. (…) Ça me gêne, parce que ma démarche, elle est politique, pas frivole. »

On aura vraiment tout compris. Ce Macron, créature du président Hollande qui l’avait nommé à l’Elysée avant de le choisir à Matignon, n’a rien d’autre à dire que de laisser monter sa cote de popularité en jouant sur la séduction tous azimuts. Dans ce jeu obscur, il en perd déjà ses meilleurs soutiens. Son mentor socialiste, Julien Dray a des mots bien durs à son endroit! Et le premier ministre, son rival, ne l’a pas épargné dans un récent meeting toulousain.  L’effet immédiat de cette posture du ministre démissionnaire ne réside -t- il pas dans sa capacité de nuisance vis à vis du président? Ce qui pourrait en arranger beaucoup d’autres à gauche…

Xavier Dumoulin

 

Trahir avec méthode?

Posté par sr07 le 02 sept 2016 à 5:22

Telle serait l’œuvre de Macron selon le président Hollande qui dénonce ainsi son ministre (1). Un constat terrible qui place le président en bien mauvaise posture. Une frange de son électorat potentiel pourrait bien glisser sur le nom de cet amateur qui profita de ses fonctions à l’Elysée puis au gouvernement pour valoriser sa trajectoire dans une finalité électorale toute personnelle. En marche vers l’Elysée, sans troupe et sans expérience, le personnage ferait bien de se raviser à temps.

Si Montebourg représente un risque de destruction pour Hollande, Macron constitue une obstruction. Un comble pour ce président qui a fait la carrière politique de Macron! Ce dernier semble occuper une place auprès d’un électorat libéral, plutôt âgé et de droite. Celui qui se tournait, jadis, vers Bayrou. Macron pourrait ainsi piquer quelques « parts de marché de cette offre politique » à un Juppé, voir à un Beyrou dans l’hypothèse ou Sarkosy triompherait de la primaire à droite. Mais alors quel serait le départage de l’électorat captif des Beyrou et Macron sur l’un ou l’autre de ces mêmes protagonistes?

En attendant ces hypothétiques scénarios, le premier ministre n’est-il pas le gagnant de ce basculement au sein de son camp? Eliminé du paysage gouvernemental, Macron laisse le champ libre à Valls sur ce terreau libéral-sécuritaire. Un Valls récemment fragilisé par ses ministres Vallaud-Belkacem et Touraine qui n’ont guère caché leur opposition à l’approche du dossier des arrêtés anti-burkini. Avec en final un ministre de l’intérieur renforcé par sa posture équilibrée sur la question des rapports entre l’islam et la république, aidé en ce sens par l’émergence de son ami Jean-Pierre Chevènement qui l’a précédé dans cette fonction ministérielle sous le gouvernement Jospin de la « gauche plurielle ».

Après les candidatures Hamon, Duflot et Montebourg, l’espace d’un président-candidat se réduit comme peau de chagrin. Cette situation ne conviendrait-elle pas à un premier ministre qui affiche à l’envi son loyalisme et qui ne saurait disputer la place à une candidature  Hollande? Levée l’hypothèse d’une présentation à la primaire de l’ancien premier secrétaire du PS et actuel président pour un nouveau mandat, Valls aurait les mains libres. Si ce n’est une réelle difficulté à convaincre la base du parti, certes très étiolée et plutôt élitaire, et celle, plus large, des sympathisants socialistes, à désigner celui qui ne fit que 5% des voix aux précédentes primaires.

On n’en finirait pas d’épiloguer sur ces terribles projections qui débouchent in fine sur des impasses. Comme me le confiait hier, en aparté, un ami socialiste de toujours, la droite du parti pourrait bien trouver dans la sécession la réponse à ces questions. Le pire n’est jamais sûr dit-on. Mais au point où nous en sommes, une telle clarification ne ferait-elle pas l’affaire de Montebourg? Ce républicain socialiste aux accents gaulliens qui ne sont pas pour nous déplaire…

Xavier DUMOULIN

(1) « Il m’a trahi avec méthode! »

 

Ce clan, des néocons aux prétendus anti-racistes, qui moque Chevènement…

Posté par sr07 le 31 août 2016 à 8:01

Odieux battage médiatique autour des propos du président de la fondation pour un islam de France. Certains rivalisent de griefs et d’invectives, masquant mal leur profonde mauvaise foi!
Prenant prétexte des souvenirs des femmes qui allaient sans voile dans les rues du Caire ou d’Alger,  il y a de cela quarante à cinquante ans, évoqués devant les auditeurs de France-Inter par un Jean-Pierre Chevènement interrogé par Patrick Cohen, des internautes niais, reprennent en boucle l’antienne selon laquelle Chevènement ne serait pas retourné en Algérie ou en Egypte depuis des décennies. Et d’aucuns de faire leur presse autour de ces réactions, entretenant ainsi l’ambiguité!
Plus grave : telle journaliste de France-Culture feint de croire ces internautes et s’esclaffe sans retenue aucune pour dénoncer la soi-disant méconnaissance du monde arabe de l’ancien ministre, trahissant dans le même temps son manque de déontologie professionnelle et surtout sa bêtise assortie d’une mauvaise foi inouïe!
Se voulant plus féroce encore, tel historien arabisant écrit sur son blog : »C’est faire un mauvais procès à Jean-Pierre Chevènement que de lui dénier une certaine connaissance du monde musulman. Ce qui est en revanche problématique, c’est le caractère biaisé et partiel de l’expérience accumulée par celui qui préside, depuis janvier 2011, l’Association France-Algérie »… »En vue d’asseoir son crédit, M. Chevènement a mis en avant des séjours « au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans ». L’ancien ministre de l’intérieur ne cache pas sa nostalgie pour les grandes figures du nationalisme arabe qu’étaient Gamal Abdel Nasser, au pouvoir en Egypte de 1954 à 1970, ou Houari Boumediene, à la tête de l’Algérie de 1965 à 1978 (avec Abdelaziz Bouteflika aux affaires étrangères). Cette nostalgie d’une époque révolue ne favorise pas forcément l’imagination et l’inventivité indispensables pour contribuer à une nouvelle réalité de l’islam de France ». Et Jean-Pierre Filiou de dénoncer, dans la plus grande confusion, les positions diplomatiques de l’ancien ministre sur les dossiers de l’Irak et de la Syrie.
Nous approchons maintenant de la véritable motivation de ces détracteurs bien mal inspirés par ces néo-cons qui organisèrent la plus grande ratonnade de l’histoire récente avec les deux guerres du Golfe et leur cortège d’atrocités. Rappelons la position de l’ancien ministre de la défense dans cette affaire.
Quant au dossier syrien, les revirements de la diplomatie française ont donné raison à la posture initiale de Jean-Pierre Chevènement qui désignait Daesh comme principal adversaire. On connaît à présent le prix payé par la France du fait du développement de cet Etat terroriste.
Plus surprenante, cette cabale du président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, selon qui le souverainiste «a multiplié les confusions et les dérapages». Idem pour le député PS du département Mathieu Hanotin qui, auprès du Lab d’Europe 1, s’est dit «scandalisé à double-titre». «D’une, sa rhétorique paternaliste et colonialiste (…). De deux, ses propos scandaleux et racistes sur Saint-Denis. Il fait une confusion mentale entre être Français et être blanc. La ligne rouge a été franchie. Il faut que le président renonce le plus vite à nommer cette personne», exhorte-t-il.
Piteux arguments calomnieux que met en miettes Laurent Bouvet dans son entretien au Figaro, publié sur ce blog sous le titre « Attaques contre Chevènement : l’odieux clientélisme de la gauche antiraciste ».
Xavier DUMOULIN

 

Pour l’éditorialiste de 20 Minutes, Valls sème toujours la zizanie à gauche!

Posté par sr07 le 27 août 2016 à 5:41

http://www.20minutes.fr/societe/1914023-20160826-arrete-anti-burkini-suspendu-assumons-debat-lance-manuel-valls

L’éditorial politique du journal 20 Minutes, se penche aujourd’hui sur le cas Valls. Le Premier Ministre serait à la gauche ce que Sarkosy est à la droite…

Simple question de caractère? Non Valls est aussi celui par qui le scandale arrive! Il allume le feu, il clive, il provoque …

Allons donc! L’éditorialiste enfonce le clou : Manuel Valls n’est pas de gauche, il n’est pas du sang de la gauche française tout comme Sarkosy n’est pas du sang (gaulliste?) de la droite française! Et l’argument idenditaire permet de pousser le bouchon plus loin.

Ce Catalan ne partagerait pas la défense des minorités, des droits acquis dans l’entreprise, du multiculturalisme… Il n’épouserait pas la culture de l’excuse. Autant de thèmes inscrits dans les chromosomes de la gauche.

C’est pourquoi il s’oppose à ses camarades socialistes sur la question des rooms, du cannabis, des prisons et de la politique sécuritaire, de la réforme du code du travail, et, point d’orgue, sur le burkini!

Le voici en effet contesté non seulement par le conseil d’Etat mais aussi par ses ministres à l’instar de Vallaud-Belkacem ou de Marie-Sol Touraine, toutes deux représentatives de ces ministres politiquement corrects, rajoute notre éditorialiste. Ils  sont tous contre lui.

Observons plus sereinement que Manuel Valls, ce mal aimé des socialistes – avec son piteux score des 5% aux primaires socialistes de la précédente présidentielle – n’en demeure pas moins chef du gouvernement. Il gouverne sur tous ces sujets avec l’appui du P.S et la bénédiction de François Hollande qui présida les destinées du P.S de très longues années après l’installation de son prédécesseur, Lionel Jospin, à Matignon en 1997.

Quant à affirmer, dans cette litanie de griefs, qu’il ne serait pas représentatif de la gauche française c’est aller un peu vite en besogne! Rocard, en son temps, en se revendiquant lui-même de Mendès-France, n’a -t-il pas ouvert la voie à cette gauche réaliste? Cette référence à la deuxième gauche d’un Valls bouscule les lieux communs de la gauche. Mais nous voila en pleine confusion.

Car, en réalité, les termes du débat ne sauraient se laisser enfermer dans cette approche caricaturale mais bien réductrice. Une partie de la gauche est, il est vrai, enfermée dans un héritage à gauche qui charrie sans nuances un ensemble de poncifs éculés. Ceux-ci sont fondés sur un système de représentations qui donne dans l’angélisme et fait fi des réalités trop triviales. D’où ce fossé entre la gauche social-démocrate et les attentes populaires.

L’anti-racisme, le multiculturalisme, la croyance en l’existence d’un peuple européen et en la fonction régulatrice du grand marché européen, l’ouverture des frontières… Autant de thématiques glissantes vers une perspective libérale et libre échangiste qui conduisent les socialistes à s’opposer becs et ongles au protectionnisme, fut-il à l’échelle de l’Europe, à la sortie de l’euro – comme monnaie unique – et des traités européens. Avec, parfois, cette aversion envers  la réalpolitik versus les « droits de l’hommisme ». Prenez l’exemple des égarements de la diplomatie sur le dossier syrien!

Engoncée dan ses propres contradictions la gauche ne sait pas gérer son rapport à la réalité. Quand elle se veut réaliste, elle compose avec le néolibéralisme et épouse sans réserve les crédos les plus écoulés de l’économisme austéritaire. Quand elle n’en peut plus de son divorce d’avec son propre camp et sa base, elle exorcise le mal dans les discours des congrès socialistes sur le registre « A gauche toute »! Et ça marche. Enfin le temps d’un congrès et d’une alliance de circonstances. Vient ensuite le temps des frondes, des colères rentrées et des retournements de vestes…

D’où ces postures équivoques et cet éloignement durable des simples gens préoccupés par les sujets de vie quotidienne. Ceux-ci expriment un besoin de sécurité et de protection et s’indignent des privilèges usurpés par ceux d’en haut, amalgamant la classe politique, les  grands patrons du CAC 40 et la finance internationale. Avec parfois, en réaction à l’angélisme des bien pensants, ce dérapage entretenu par les démagogues dans la dénonciation des boucs émissaires…

Comment en sortir? « Partir du réel pour aller à l’idéal » enseignait déjà Jaurès. Une voie à suivre pour en finir avec ces postures équivoques. Il y a quelques années la dénonciation des « nouveaux réactionnaires » voulait en découdre avec toute velléité de s’émanciper des lieux communs de la gauche. C’est pourtant une tâche plus que jamais nécessaire. Après l’échec historique de la gauche qui a perdu la bataille des idées en ralliant la perspective européiste, il faut à nouveau défricher le champ idéologique en refusant les faux-semblants et les fausses évidences.  Un combat gramscien, en quelque sorte, pour refonder la république et redonner toute sa place à la citoyenneté et la laïcité. C’est tout le sens de ces mots de Jean-Pierre Chevènement, mis en exergue dans le bandeau de notre blog citoyen, socialiste et républicain :

« Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens, À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas », Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller, Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas. »

Une autre façon d’assumer notre héritage sans sombrer dans la facilité. Et de résister aux vents dominants…

Xavier Dumoulin

 

Cuba, la moringa, le vieil homme et la mer… Castro un mythe vivant!

Posté par sr07 le 16 août 2016 à 8:26

manifestation du 1° mai 2016 à Jagueymanifestation du 1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

L’insularité offre certainement quelques clés de compréhension de la façon d’être cubaine. Mais la longévité du « caballo » qui fêtait samedi ses quatre vingt dix ans n’est pas réductible à la plante miraculeuse consommée et traditionnellement vantée par le commandante auprès de ses hôtes en visite à Cuba. François Hollande en a peu être pris de la graine!

Libé consacrait son éditorial et ses premières pages au « survivant » avec cette faconde pourtant peu amène vis à vis de celui qui incarne toujours le socialisme cubain. On ne s’étonnera pas du réflexe anti-cubain de ce journal fondé il y a plus de quarante ans sur l’anti-impérialisme et l’exotisme des guérillas révolutionnaires. En politique comme en amour, on ne déteste jamais assez ce que l’on adorait, fusse au prix d’un reniement s’accordant de tous les mensonges.

Pour disqualifier ce mythique héraut de la Révolution cubaine qui talonne encore le Che dans sa notoriété, aucune médisance ne sera épargnée envers Fidel qualifié par Lançon dans son éditorial d’ « ogre historique » doté d’un « extraordinaire instinct » de « séducteur mobile et implacable qui transforma en or tout ce qu’il touchait »!

Et dans des pages vénéneuses François-Xavier Gomez en rajoute sur le même ton d’un article intitulé « Castro bon pied, mauvais œil ». Ce papier, trop vite bouclé et pétri de contradictions, balance, sans subtilité, mille griefs en vrac. Pour un peu on pourrait croire que Raoul et Fidel se livrent à une guerre idéologique sur la question des privatisations ou du rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis!

L’article mentionne les « Réflexions du camarade Fidel », cette « icône révolutionnaire »qu’il accuse de faire entendre sa voix, ce qui ne serait pas « une bonne nouvelle pour l’avenir de Cuba ».

Pour faire pièce à cette impitoyable accusation, nous livrons aux internautes le lien avec le blog de Fidel dont certains articles sont traduits en français. Nous en appelons à l’intelligence critique pour un autre regard sur l’histoire de ce pays en pleine ouverture…

Xavier Dumoulin

 

Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Posté par sr07 le 20 août 2016 à 7:48

 Macron s'affiche avec de Villiers et jette le masque... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Cjh3uidWUAA-RKp

Congratulations réciproques entre le très souverainiste de Villiers et le ministre Macron en visite au Puy du Fou!

Première personnalité du camp de gauche à venir saluer la réalisation de ce parc d’attraction, le ministre ne tarit pas d’éloges envers son hôte vendéen. « C’est le 2e parc d’attractions de France, juste derrière Eurodisney », a rappelé Emmanuel Macron. « Il y a eu l’engagement, la volonté d’un responsable politique qui est aussi véritablement un engagé de cette économie culturelle », a-t-il souligné.

De Villiers, cet entrepreneur culturel qui promeut tout à la fois l’emploi, l’économie locale, le spectacle autour d’une certaine vision de cette Vendée réactionnaire de la période révolutionnaire, lui rend bien cet hommage. Jouant de la métaphore, il voit en Macron, ce meneur,  une capacité à conduire des chars… Un vrai clin d’œil à son invité qui se draperait bien, dans son char imaginaire, des oripeaux du pouvoir à la manière toute césarienne d’un prétendant à la fonction suprême. Après Jeanne d’Arc à Orléans, le très libéral ministre de l’économie du gouvernement socialiste, travaille son image dans ses références diverses et contradictoires. Quand la pucelle d’Orléans boutait l’anglais hors de France, la chouannerie, plus de trois siècles après, voulait la victoire des coalisés contre la république.

Dans la gestion de ces paradoxes, pas de surprise dans cette communication magistrale. Interrogé par des journalistes qui s’étonnaient de sa présence aux côtés de M. de Villiers, fondateur du mouvement pour la France (MPF), Macron rétorque « Pourquoi c’est étonnant? (…) L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Mais quelle importance? Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l’intérêt général ».

On rendra grâce au ministre de faire le job en encourageant toutes les initiatives qui favorisent l’essor touristique du pays mais on pourra continuer à s’interroger sur cette désinvolture qui frise la provocation auprès des siens. Sans pour autant focaliser sur l’étonnant parcours de cet ancien chevènementiste.  Après tout n’est-il pas le seul à confesser son reniement d’un socialisme dont on ne voit plus la portée réelle dans la gestion gouvernementale?

A l’approche des primaires qui font le plein des candidats frondeurs, cette attitude médiatique n’a-t-elle pas le mérite d’assumer une vision libérale dont on mesure à présent à gauche toute l’imposture?

Xavier Dumoulin

 

Ségolène Royal : la femme qui n’était pas un homme…

Posté par sr07 le 01 sept 2016 à 7:46

C’est sous ce titre du reportage de Gérard Miller, diffusé hier sur FR3, qu’on pouvait redécouvrir cette battante, aujourd’hui ministre de l’environnement. Une Ségolène toujours surprenante depuis ses débuts en politique jusqu’à sa remise en selle récente (1).

Une femme cultivant l’authenticité dans une vie politique remplie d’obstacles, de codes et de tabous dans ce monde encore trop masculin! Cette Royal laisse parler son intuition, dans des propos, des tenues et des façons d’être jugées provocantes, ce qu’illustrent parfaitement ces retours sur cette jeune ministre, mère de quatre enfants, se laissant filmer à l’heure des tétées au risque de dégrader l’image du pouvoir froid et solennel.

Pour avoir fait campagne pour Ségolène en 2007, j’ai suivi ses discours et propositions tout en vivant les réactions à chaud de quelques personnalités de son camp. De quoi s’interroger sur cet écart entre une base dynamique et des éléphants qui n’y croyaient pas du tout…

Dans le film, Gérard Miller met en exergue ce contraste, allant même jusqu’à démonter cette mécanique infernale en présentant la pitoyable attitude des dirigeants du premier rang du meeting de Villepinte précédant le premier tour. Moqueries et parasitages en tous genres contrastaient avec l’exaltation d’une candidate qui aurait gagné sans cet ostracisme des éléphants…

Ceux-ci lui firent bien payer l’addition dès le congrès qui suivit sa défaite. Comme l’indique le synopsis de l’émission sur le site de Télé loisirs, «  l’ancienne candidate à la présidence de la République a connu sept ans de malheurs, entre 2007 et 2014. Après le tweet assassin de Valérie Trierweiler, suivi de son échec à la législative de La Rochelle, personne ne donnait cher de sa peau. Ségolène Royal a réussi à démentir les mauvais augures et à témoigner d’une étonnante résistance aux épreuves ». Elle a su rebondir et retrouver une place honorable auprès d’un président fragilisé à son tour en sa fin de mandat présidentiel.

Disputé par les siens, mal aimé des Français, retrouvera-t-il cette capacité d’étonnement et d’enchantement? Cet homme, trop muré dans une politique qui ne parvient pas à relever les défis économiques et sociaux, retrouverait sans aucun  doute un peu d’élan à prendre exemple sur son ex-proche compagne.

Pour notre part nous fûmes particulièrement honorés de la place qu’elle nous accorda en publiant ce blog citoyen sur son site de campagne, manifestant ainsi sa profonde sympathie pour nos idées quand elle remettait en vigueur les symboles de la nation et voulait changer la politique européenne.

Depuis, le temps a fait son œuvre mais notre fidélité à cette candidate reste entière. Les articles de la période, en ligne sur ce blog, en disent long sur le sujet (2).

Près de dix ans plus tard, je ne renie rien de mes choix. Et je regarde avec amusement les auto-proclamations de candidature à la présidentielle des prétendants du jour!

Xavier DUMOULIN

Temps libre et souci de soi…

Posté par sr07 le 01 août 2016 à 6:15

En cette période de vacances estivales nous redécouvrons nombreux ce temps de vivre et, avec lui, la liberté et le plaisir de se retrouver.  Quand nos obligations sociales nous entraînent dans un tourbillon vertigineux et  dans la fuite en avant, cette rupture du rythme ne représente-t-elle pas une opportunité salutaire?

Ce nouveau cycle de vie intime et ces échanges avec nos proches libérés de la rigidité des codes sociaux redonnent sens et relief à l’existence privée. L’authenticité et la réciprocité dans nos relations vont ainsi de pair avec la reconquête de nos espaces intérieurs. Car le temps libre est aussi celui des plaisirs simples, des rencontres et des amitiés, des lectures et des écritures, des sorties en tous genres, des promenades et des  voyages… Autant d’activités qui offrent un cadre propice à la découverte des pays et des hommes, à la méditation, à la réflexion et à la prise de distance avec l’univers mental trop dévorant des organisations professionnelles.

La sociabilité, clé du vivre ensemble dans toutes ses dimensions, n’est pas antinomique avec l’existence d’une sphère privée qui mérite qu’on lui réserve ce temps précieux, gage d’une qualité de vie. Faute de quoi  l’homme ordinaire risque deux écueils dans sa trajectoire : la routine du labeur quotidien qui tue en lui créativité, sentiment et énergie vitale; la perte de repères due à la normalisation des comportements dans nos sociétés de marchés, permissives envers le consommateur et toujours répressives envers le producteur. Peut-être Paul Lafargue signifiait-il ces mêmes préoccupations dans son éloge du « droit à la paresse » que nous sommes nombreux à n’avoir jamais pris le temps de lire!

Sans épiloguer sur les théories d’inspiration libertaire qui fondent ces considérations, ne convient-il pas de s’imposer au quotidien une ligne de conduite visant à limiter cet antagonisme entre temps contraint et temps libre? Le jardinage, le bricolage, l’élevage et le compagnonnage d’animaux domestiques, la gymnastique, le sport, la lecture, l’art et toutes les activités, futiles ou sérieuses, dans la diversité des plaisirs et des goûts, sont aussi de merveilleux antidotes contre le risque d’épuisement. S’il est de bon ton de critiquer l’individualisme dominant, on prendra bien garde à ne pas se tromper de cible.

Il faut en effet insister sur la promotion de l’épanouissement personnel dans les processus d’émancipation sociale. C’est dire que cette dialectique entre le groupe et l’individu, le temps contraint et le temps libre, le travail et les loisirs, n’a pas fini de stimuler nos réflexions et de façonner nos conditions d’existence. Pour résumer nos états d’âme, affichons sereinement une posture résolument pragmatique et libertaire faisant la part d’équilibre entre nos aspirations individuelles et nos engagements collectifs.

Cette philosophie du souci de soi sans repli sur soi peut bien heurter les gourous de l’économie productiviste totalement imperméables à nos visées émancipatrices! A quand le retour d’un ministère du temps libre?

Xavier Dumoulin

Dans le sillon des autres, inventer sa vie…

Posté par sr07 le 04 sept 2016 à 8:19

Dans le sillon des autres, inventer sa vie... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin france_libertes_vous_invite_a_son_anniversairele jeudi 24 novembre, France Libertés fête ses 30 ans http://www.france-libertes.org/France-Libertes-vous-invite-a-son-anniversaire.html

Mère Teresa canonisée par le pape François en raison de son engagement auprès des plus humbles, cela marque l’opinion à juste raison. Nous lui préférions sœur Emmanuelle (1) dont la bonté se dégageait de sa petite voix grêle toujours juste  pour parler de l’Autre.  Cette altérité nous la rencontrions aussi chez une Geneviève Anthonioz De Gaulle,  dans l’univers associatif humanitaire, une Lucie Aubrac dans l’épopée de la résistance ou une Colette Audry dans le monde des lettres, de la philosophie et de l’engagement en politique. Ces grandes figures féminines  tutélaires disparues offrent autant d’exemples de capacité de dons d’authenticité et de réciprocité auxquels nous sommes particulièrement sensible.

En ce sens nous gardons, chevillé au corps et gravé dans notre cœur, la mémoire de Danielle Mitterrand qui nous enseigna la vraie liberté : « L’homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir » (2). Cette devise offre un condensé de philosophie altruiste et nous tient lieu de boussole. De la même façon que cet emblématique « logo » de France-Libertés dans un arbre stylisé unissant le houppier du chêne et de l’olivier : la justice et la sagesse.

Cet olivier au tronc tortueux, volumineux et au ramage bien fourni de branches aux feuilles argentées, offert en l’honneur de mon entrée dans une nouvelle décennie, ne cesse de combler mon regard. Olivier rêvé de longue date et planté devant mes lieux favoris de lectures et d’échanges sous la diligence de la femme aimée dont je partage la vie. Je n’aurai pas de mots assez forts pour lui signifier toute ma gratitude envers ce geste hautement symbolique à mes yeux. Au delà du plaisir esthétique, ne traduit-il pas  nos justes et complices sensibilités dans ce regard sur le monde, ces engagements communs et l’expérience de nos vies partagées et réenchantées par ces moments heureux d’intimité? Autant d’occasions de vivre ensemble cet héritage d’une culture et de références qui continuent à guider nos pas.

Ce temps d’anniversaire ne pouvait qu’inspirer ce titre à la résonance existentialiste (je l’emprunte à ce titre d’un livre à paraître d’un philosophe, présenté dans une émission matinale radiodiffusée : inventer sa vie). Il vient opportunément interroger le sens de nos vies, de nos engagements, de nos rapports aux autres et à travers eux, à nous-même.

La période aurait pourtant bien des raisons de nous désoler dans cette débauche d’exhibition de vies privées à des fins électoralistes ou de voyeurisme médiatique! Loin de la sérénité de nos beaux exemples. La sortie précipitée d’un ministre en marche vers la conquête élyséenne qui s’offre à voir en couverture de Paris Match, en tenue de plage, tenant la main de sa compagne qui fut jadis sa professeure, ne provoque en moi aucun sursaut d’émotion et d’estime. Bien au contraire! Prendrait-on nos concitoyens pour des idiots dans ce renversement de sens à tous les niveaux?

Gardons donc nos idéaux et nos raisons d’agir dans la continuité et l’unité de nos vies. Sachons assumer avec dignité les épreuves de l’existence. Ne cherchons aucunement la renommée ou la notoriété au prix des renoncements ou des trahisons. Le bien le plus précieux n’est-il pas celui de cette reconnaissance dans nos combats de tous les jours, ici et maintenant? Dans ce dépassement de la contradiction millénaire entre l’égoïsme et l’altruisme, par le sentiment de participer à une œuvre plus grande que nous? Autant de raisons d’assumer notre humaine condition dans l’amour de l’humanité et l’ambition de servir. Et dans le sillon des autres, d’inventer sa vie…

Xavier Dumoulin

 

(1) Pour ses 60 ans de vie religieuse au Caire, Sœur Emmanuelle souhaitait un rassemblement large, avec des personnes issues de tous milieux et de toutes religions, d’où cette rencontre entre Danielle Mitterrand, alors femme du président de la République Française, et une femme musulmane, sous l’égide d’une soeur Emmanuelle très en verve.

Quelle alternative à cette gauche des chimères et des renoncements? Comment sortir de cet enlisement et de cette étrange connivence entre discours maximalistes et frilosité politicienne?Pourquoi faut-il mettre le cap sur la reconquête d’une république sociale?

Créé par le 23 fév 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a2-Blog-notes politique de XD, AGAUREPS-Prométhée

 marianne.gif« Même je prie les lecteurs de n’ajouter point du tout foi à tout ce qu’ils trouveront ici, mais seulement de l’examiner et de n’en rien recevoir que ce que la force et l’évidence de la raison les pourra contraindre à croire. » Descartes

Présentation du plan d’ensemble

Introduction: Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements

A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne

Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche

1° partie – Du glissement islamophobe – au prétexte de la laïcité- à la liquidation de la politique arabe de la France

§1 -Une polémique entre un écrivain et des chercheurs en sciences sociales révélatrice d’une intériorisation de l’islamophobie

1- Une chronique de l’écrivain Kamel Daoud sur les évènements de Cologne qui fait réagir le monde des sciences sociales

2- Une brèche dans le camp des laïcs

§2-Les virevoltes de la diplomatie française au Proche-Orient et dans le dossier syrien comme symptôme de l’absence de perspective face aux enjeux de la menace terroriste

§3-Le grossier amalgame de Valls entre la volonté de comprendre et la culture de l’excuse

2° partie – Du discours « écolo » radical, comme critique du progrès, à l’accompagnement des politiques de désindustrialisation et de déflation

§1-Le fondamentalisme écologique comme négation de l’héritage humaniste et progressiste et de la perspective d’éco-socialisme.

§2-De l’écologie à la théorie de la décroissance :

1-vert de rage ou de raison?

2- l’embrouille autour de la question du nucléaire Vox Populi,  Mox  Dei

§3-Européisme, austérité et chômage de masse

1-La Grèce, l’Europe et la souveraineté par Jacques Sapir

2-La leçon grecque par Jean-Pierre Chevènement

3° partie – De la déconstruction de l’idée de nation à l’enlisement
de la France dans le néolibéralisme et le capitalisme financier mondialisé

§1-Le grossier amalgame du fait des élites mondialisées entre le nationalisme, la conception citoyenne de la nation et la nature des institutions pour brouiller les repères historiques de la gauche, masquer leur domination et entretenir la confusion entre souveraineté populaire et régression populiste

1-La notion de Nation est-elle obsolète ? Pascale FOURIER, Jean-Pierre CHEVENEMENT

2-Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

§2-De la réfutation de l’intérêt national à la fuite en avant dans l’européisme

§3-La soumission aux dogmes de l’ordo-libéralisme et du capitalisme financier mondialisé

4° partie – Du dénigrement du droit à la sûreté et à la sécurité à la liquidation de l’ordre public social

§1-Du refus de l’ordre juste

§2-A l’acceptation des zones de non droit et au détricotage du code du travail

Problématiques en guise de conclusions provisoires

§1-Comment sortir la gauche de sa torpeur et de son essoufflement?

§2-Le communisme et la gauche de la gauche ont-ils encore un avenir?

1-PCF : quelle mutation?

2-L’avenir des gauches (de gauche ou à la gauche de la gauche?)

§3-Pour la rupture démocratique : sortir du néolibéralisme et combattre le néo-conservatisme

§4-Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

§5-Pour la refondation de la gauche sans mythe ni mirage

1- Quelle refondation? Avec qui? pourquoi? pour qui?

2-Pour prolonger notre conversation entre amis socialistes et républicains…

3-Le pari de la citoyenneté

Introduction:
Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements
A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne
Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche Lire la suite »

Compétitivité -emploi-redressement productif-financement de la protection sociale : les éléments du débat présentés par les intervenants à l’assemblée citoyenne montoise du 12 janvier 2013

Créé par le 12 jan 2013 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine

Compétitivité -emploi-redressement productif-financement de la protection sociale : les éléments du débat présentés par les intervenants à l'assemblée citoyenne montoise du 12 janvier 2013 dans Fédérations MRC d'Aquitaine vue-de-lassemblee-citoyenne-montoise-300x225Une vue de l’assemblée du 12 janvier 2013 à Mont de Marsan

Les formations et associations sollicitées ont toutes répondues présentes à notre appel au débat public. Nous ne citons ici que les représentants officiels, ceux-ci étant souvent accompagnés d’autres camarades.

L’AGAUREPS-Prométhée était notamment représentée par Jacques Senlecque, le PG par Guy Gaujacq, le PCF par Alain Baché, le PRG par les citoyens Michel  Mougeot et Benoit Vidal, le PS par Maryvonne Florence. D’autres « personnalités » et/ou élus du PS, de la gauche socialiste, du parti de gauche et du PCF nous ont fait le grand plaisir d’être là ainsi qu’à nos voeux chaleureux  et certains ont prolongé les échanges autour d’un repas avec les citoyens du Mouvement.

Notre camarade députée des Landes, Florence Delaunay a révisé son agenda pour réserver toute la matinée à cet important débat au cours duquel elle a pu prendre un temps conséquent pour défendre le pacte national du gouvernement et de la majorité présidentielle. Deux secrétaires nationaux du MRC se sont aussi totalement impliqués dans cette assemblée : Josette Robert et Bruno Moschetto ( SN aux affaires économiques).

« Le rapport Gallois nous dit que la cote d’alerte est atteinte. Sur la base de ce constat et des propositions du rapport Gallois, le gouvernement et François Hollande ont fait un choix stratégique clair : la reconquête de la compétitivité conditionne la réindustrialisation de la France et le retour à l’emploi.

Le chemin a été ouvert. Il faut s’y engager pleinement, mobiliser le pays. C’est le rôle de la gauche d’abord et, en son sein, de notre parti, le MRC, qui se veut la « boussole républicaine » de la majorité mais aussi du pays tout entier. Car c’est aussi le rôle de toutes les forces vives, de tous ceux pour lesquels le mot « patriotisme » a gardé un sens.

C’est ainsi que la France ira « du déclin au renouveau », selon l’expression employée jadis par le Général De Gaulle.

Certes il y a beaucoup à faire pour repenser l’euro d’abord mais aussi pour fonder un nouveau « pacte social », afin de réaliser cette « Alliance des productifs » qui est la clé du redressement. »

Jean-Pierre Chevènement

La motion d’orientation du MRC a été présentée en ouverture de séance par Josette Robert, Secrétaire nationale, qui a participé à la commission des résolution. Josette Robert a apporté toutes les précisions sur le déroulement du congrès des 14 et 15 décembre derniers (cf note 1 qui suit l’introduction).

Les enjeux liés de la compétitivité, du redressement productif et du financement de la protection socialeAssemblée citoyenne à l'initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l'AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif dans a-Fédérations MRC d'Aquitaine assemblee-citoyenne-a-mont-de-marsan-300x225De gauche à droite Josette Robert, secrétaire nationale du MRC, Florence Delaunay, députée des Landes (PS), Xavier Dumoulin, premier secrétaire MRC Aquitaine

Le cadre du débat politique sur ces thèmes est d’abord posé par Xavier DUMOULIN, premier secrétaire de l’Union Régionale d’Aquitaine du MRC

Introduction : Le cadre de la réflexion

L’adoption de la motion « Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France » affirme l’appartenance du MRC à la majorité présidentielle « les yeux ouverts » en tant qu’ « allié mais non rallié ». (1)

Les militants du mouvement doivent ainsi débattre des questions à l’ordre du jour de l’agenda gouvernemental et échanger largement avec les citoyens de ce pays pour donner sens à ces objectifs de compétitivité, de redressement productif et, en arrière plan des choix présents, du financement de la protection sociale (dans l’attente des propositions du HCFPS). Ils doivent le faire tout en se questionnant sur l’impact, les limites et le cadre objectif dans lequel s’incrivent les politiques visant à relever ces mêmes enjeux.

Enoncer les enjeux conduit à préciser leur nature et les intérêts en cause. Au MRC, notre logiciel est celui d’une gauche vraiment républicaine d’abord au service du peuple français et de l’intérêt général mais aussi habitée par la volonté de réorienter l’Europe dans l’intérêt de ses nations et de ses peuples.

La désindustrialisation de la France est le résultat d’une globalisation marchande (marché mondial dont l’Europe n’est qu’une passoire) et financière (les marchés financiers). Le processus s’inscrit dans un nouveau rapport social émergent, à la fin des trente glorieuses, avec la montée du modèle néolibéral anglo-saxon (EU et Angleterre) qui entame la logique du système productiviste fordiste.

Ce nouveau paradigme des années 70 se conjugue avec l’idéologie néo-conservatrice (Thatcher, Reagan et Bush père et fils) qui nie la société (le lien social, la solidarité, etc.) et désactive la démocratie (le colloque du CERES sur la rupture démocratique en 1979, les analyse de Michel Foucault sur le néolibéralisme dans ses cours au collège de France en 1977).

Le basculement du modèle productiviste fordiste (contesté dans l’ambivalence du mouvement étudiant et écologique de la fin des années 60 et de la décennie 70) avec l’émergence au sein des classes dirigeantes d’une interrogation sur les fondements du système (rapport Mansholt sur l’épuisement des ressources naturelles en hydrocarbures et la perspective de la croissance zéro) et la remise en question simultanée du rôle de l’Etat dans la régulation de l’économie et du social (Etat moderne=Etat modeste) impacte aussi la gauche (le débat sur les deux cultures au sein du PS, les débats au sein de l’Union de la gauche ou entre les forces syndicales – avec le recentrage de la CFDT d’Edmond Maire…).

Cette vague néolibérale ( envahissement des marchés – école des anticipations rationnelles-théorie de l’individualisme méthodologique de Raymond Boudon – l’invention de l’homo-économicus et le mythe anthropologique d’un homme mû par ses seuls intérêts individuels aux antipodes des perspectives sociologiques d’un Durkeim ou ethnologique d’un Marcel Mauss, son disciple avec les théories du
don et de la réciprocité) envahit l’Europe (politique du TINA de Mme Thatcher) et le vieux continent (en France la parenthèse libérale qui marque aussi la fin d’une politique des filières industrielles autour de grands groupes publics industriels et financiers tels que décidée dans le projet socialiste pour la France rédigé par Jean-Pierre Chevènement –en Europe de l’Est et centrale, la fin du socialisme réel et le retour au marché..).

Une confusion gagne l’esprit des dirigeants socialistes :

en France, la nécessaire politique de mutations industrielles du gouvernement Fabius marque aussi la liquidation

- d’une vision économique volontariste issue de la planification (le CERES d’avant l’exercice du pouvoir prônait le triptyque nationalisations-planification démocratique-contrôle ouvrier et insistait sur la dialectique entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas refusé dans les thèses pour l’autogestion du PS),

- d’un partage de la VA entre le Capital et le Travail sur les bases du compromis fordiste, de l’Etat social façonné par un siècle de conquêtes ouvrières…

En Europe, la période d’hégémonie politique social-démocrate est gâchée

- par une construction européenne construite autour du grand marché et de la monnaie unique qui ne tiendra jamais ses promesses d’une Europe sociale,

- par la montée du blairisme

- par les mutations à l’Est avec la réunification allemande et son jeu à part

- par les espoirs déçus de la gauche française.

Dans ce contexte, les contradictions ne cessent de s’exacerber (perte de compétitivité prix avec l’euro cher et surévalué par rapport au dollar – délocalisations – tendance à l’inversion du partage de la VA entre le Capital et le Travail – émiettement du tissu productif – l’emploi, variable d’ajustement et chômage de masse – les services publics de proximité menacés, liquidés ou dénaturés).

Le délitement du lien social et son cortège d’incivilités, l’abstention massive aux élections intermédiaires, la grave crise intellectuelle et morale générée par le capitalisme financier et ses élites mondialisées parfois drapées dans une parure de gauche font des ravages auprès d’une opinion populaire trop souvent abusée pour ne pas être désabusée…

D’où la belle campagne de Jean-Pierre Chevènement en 2002 pour un retour en tous points à la République, d’où notre mobilisation significative contre le projet dudit TCE au référendum de 2005, d’où notre soutien à Ségolène Royal en 2007 sur la base de l’accord PS-MRC-PRG prévoyant une réorientation de l’Europe conforme en tous points à notre perspective d’alors, d’où notre posture actuelle qui fait suite à nos accords et désaccords avec le PS actés dans un document qu’il faut lire et relire car il fonde notre perspective d’un soutien à la majorité présidentielle les yeux ouverts…

Aujourd’hui, une majorité présidentielle entend présider aux destinées de notre peuple. Nous devons montrer la direction sans confusion entre les intérêts populaires et ceux de la finance, les intérêts nationaux et ceux des prédateurs prêts à sacrifier ce qu’il reste du modèle de l’Etat social européen et français (le programme du conseil national de la résistance) et d’une certaine idée républicaine de l’intérêt général.

C’est tout le sens de la réflexion autour du thème du jour que d’illustrer cette nécessaire »alliance des productifs » pour le redressement du site de production France qui suppose la reconquête industrielle sans laquelle il n’est pas de création de richesses possible ( le mythe du libre échange facteur en soi de croissance a fait long feu). D’où l’impuissance d’une politique purement social-démocrate de redistribution en l’absence de croissance !

Je vous propose de présenter tour à tour
1°- les constats au travers notamment du fameux rapport Gallois – pour lequel je n’éprouve ni fascination, ni répulsion – en s’attachant au décrochage de notre industrie,

2°- les perspectives du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi proposé par le gouvernement,

3° – l’autre enjeu – lié à ceux de la compétitivité et du redressement productif – d’un choix cohérent de financement de notre protection sociale.

Avant d’ouvrir ce débat dans cette assemblée citoyenne sur ces questions, nous avons le souci de clarifier ces enjeux sur lesquels une certaine gauche bobo aurait tendance à faire l’impasse au faux prétexte que la compétitivité serait intrinsèquement une idée de droite, l’industrie ringarde et polluante quand nous serions à l’âge du post-industriel et de l’adieu au prolétariat, la conception républicaine de l’intérêt général une illusion dénoncée de longue date.

Pour notre part, nous ne joignons pas notre voix à ceux qui ignorent encore et toujours – dans le plus grand paradoxe et de concert avec les sociaux-libéraux et les libéraux pure souche – que de la défense de l’intérêt général au patriotisme économique, il n’y a qu’un fil conducteur ; celui de la souveraineté populaire !

 (1) La motion a été présentée en ouverture de séance par Josette Robert, SN, qui a participé à la commission des résolution. Josette Robert a apporté toutes les précisions sur le déroulement du congrès des 15 et 16 décembre derniers.

La motion affirme la place du MRC comme boussole républicaine pour la gauche et pour la France.

Elle précise l’origine du projet politique du mouvement à partir des grands repères qui jalonnent les dernières décennies (notamment parenthèse libérale, guerre du Golfe, Maastricht, campagne de 2002, référendum sur le TC, élections présidentielles de 2007 et 2012).

Le MRC affiche ainsi toute la pertinence de son logiciel républicain autour de six axes majeurs :

-L’Europe ne peut se construire qu’en s’appuyant sur des peuples souverains;

- Le peuple français peut se rassembler autour de l’intérêt général;

- L’Etat républicain est le garant de l’égalité des citoyens;

- L’industrie est la base de notre richesse collective;

- Notre pays a besoin de recherche, c’est à dire de science et de rationnalité;

- L’école de la République est le socle de la France de demain.

Pour accomplir son projet, la gauche a besoin d’une refondation républicaine à laquelle le MRC peut apporter une contribution décisive au travers de sa capacité d’analyse et d’action. Le MRC veut participer au mouvement des idées, être présent dans la vie économique et sociale, avoir une audience internationale, être actif au Parlement au travers de ses quatre parlementaires, élargir le champ de ses interventions (santé, protection sociale), promouvoir et former de nouvelles générations de militants, faire connaître ses idées dans les partis de gauche et préparer les échéances à venir.

La motion conclut ainsi : « Notre boussole est la République. Notre rôle ne consiste pas à réciter un bréviaire républicain mais de faire avancer par la pertinence de nos analyses la conscience de la gauche et du pays tout entier. Tâche exigeante. mais c’est seulement si nous nous en montrons capables que nous pourrons être nous-mêmes la boussole républicaine de la gauche et de la France. »

Alliés (et non ralliés), les citoyens du mouvement républicain soutiennent ainsi la majorité présidentielle « les yeux ouverts ».vue-de-lassemblee-cotoyenne-300x225 dans Fédérations MRC d'Aquitaine

 

La présentation des constats – avec l’examen rapide d’un extrait du contenu du rapport Gallois – d’un véritable décrochage qui appellent des réponses fortes et urgentes pour le redressement productif du site de production France (sources rapport Gallois)

 

Le décrochage de l’industrie française, qui s’est amorcé dans les années 1970 s’est accéléréau cours de la dernière décennie, notamment par rapport à l’Allemagne, mais aussi par rapport à la Suède ou l’Italie. Toutes les analyses récentes convergent vers un même constat3:

l’industrie française atteint aujourd’hui un seuil critique, au-delà duquel elle est menacée de déstructuration.

_ La part de l’industrie (hors construction) dans la valeur ajoutée totale, en France4, est passée de 18 %, en 2000, à un peu plus de 12,5 %, en 2011, nous situant désormais à la 15e place parmi les 17 pays de la zone euro, bien loin de l’Italie (18,6 %), de la Suède (21,2 %) ou de l’Allemagne (26,2 %).

_ L’emploi industriel (hors construction) s’est également continuellement dégradé : il est passé de plus de 26 % de l’emploi salarié total en 1980 (5,1 millions de salariés) à 12,6 %, en 2011 (3,1 millions de salariés), la France perdant ainsi plus de 2 millions d’emplois

industriels en 30 ans. L’accroissement de la concurrence étrangère, celle des pays européens comme celle de plus en plus présente des pays émergents, expliquerait entre un tiers et la moitié de ces destructions d’emplois sur la période récente (2000-2007)5._ L’affaiblissement de l’industrie française se traduit par des pertes de parts de marché

considérables à l’exportation : en Europe, premier débouché commercial de la France (58,4 % des exportations en 2011), la part de marché des exportations françaises est passée de 12,7 %, en 2000, à 9,3 %, en 20116. Sur la même période, les exportations intracommunautaires de l’Allemagne ont progressé de 21,4 % à 22,4 %.

Globalement, le solde de la balance commerciale est passé d’un excédent de 3,5 milliards d’euros en 2002 à un déficit de 71,2 milliards d’euros (soit 3,5 points de PIB), en 20117.

La balance hors énergie était de + 25,5 milliards d’euros en 2002, elle est de –25,4 milliards d’euros, en 20118.

Cette situation se répercute sur le déficit public et l’endettement de notre pays. La perte de compétitivité a ainsi des conséquences majeures sur l’économie française. Les drames industriels, que la presse évoque tous les jours, émeuvent à juste titre l’opinion publique et lui donnent le sentiment que l’industrie « fout le camp » et, pire, que c’est irrémédiable.

Quelques éléments de réflexion du MRC autour du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi

1 – L’urgence, pour s’attaquer au chômage de masse (actuellement 5,2 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues), c’est de mettre la France en ordre de marche pour reconquérir sa capacité industrielle aujourd’hui très affaiblie.

2 – Du rapport Gallois au pacte national pour la croissance, il y a une même inspiration nuancée de quelques inflexions.

3 – C’est d’abord par un taux de change de l’euro plus raisonnable que l’économie, et donc l’industrie française, récupèrera des marges. Le combat pour un euro faible et, à terme, pour une monnaie commune, reste d’actualité.

4 – Il ne s’agit pas de baisser la part des salaires, mais de baisser le coût direct et surtout indirect du travail, pour que la tendance à la localisation des activités ailleurs qu’en France soit enrayée et pour que le choix d’embaucher soit favorisé.

5 – La ré-industrialisation de la France ne peut que reposer sur un nouveau pacte social qu’il s’agit de construire : une plus grande sécurité des parcours professionnels, la participation des salariés à la gestion des entreprises.

6 – Elle passe aussi par la réciprocité dans les échanges internationaux, ce qui signifie la remise en cause des dogmes du libre échange, rendu inégal par de grandes différences dans l’ouverture des marchés. L’appui des entreprises françaises à l’international est une nécessité.

7 – Le rapport Gallois proposait un transfert de cotisations et contributions sociales vers l’impôt et la réduction de la dépense publique, mais le gouvernement a décidé le CICE, qui est un crédit d’impôt (sur les sociétés ou sur le revenu) pour la compétitivité et l’emploi, à hauteur de 6% de la masse salariale correspondant aux salariés jusqu’à 2 ,5 SMIC, ce qui allège de fait les charges sociales sur les salaires petits et moyens.

8 – L’augmentation prévue de la TVA en compensation de ce crédit d’impôt épargne les produits de première nécessité et porte sur le taux intermédiaire (dont la restauration, qui n’a pas tenu les engagements pris lors de la baisse) et sur le taux normal. Socialement, cette augmentation doit donc être justement répartie.

9 – L’exigence d’uns stabilité des dispositifs incitatifs est une exigence raisonnable des entreprises dans un environnement incertain. Cela concerne le crédit d’impôt recherche, les exonérations en faveur des jeunes entreprises innovantes, les investissements dans les PME, les dispositifs favorisant la détention et la transmission d’entreprise.

10 – La création de plates-formes territoriales d’appui aux mutations viendra en appui des TPE et des PME pour la gestion de leurs ressources humaines : formations pour évoluer en fonction des marchés de l’entreprise, embauche de salariés qualifiés nécessaires, reconversion des salariés touchés par la disparition de leur emploi.

Xavier Dumoulin a rappelé les positions nationales du MRC en matière de financement de la protection sociale avant de laisser la parole à la députée pour défendre le pacte national

Promouvoir une véritable sécurité sociale professionnelle

La sécurité sociale professionnelle découle de l’effort pour retrouver un niveau d’activité suffisant par une politique économique volontariste.

Rééquilibrer les revenus du travail et du capital

La revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut commencer en France par la réforme des charges sociales. Nous proposons que les cotisations sociales patronales, aujourd’hui assises sur les salaires, soient graduellement remplacées par un prélèvement sur la valeur ajoutée comptable de l’entreprise. Les cotisations salariales, à l’exception de la retraite, doivent être transférées vers une CSG. Ces transferts devraient permettre de revaloriser le SMIC et les bas salaires et de rendre aux salariés du pouvoir d’achat. A l’inverse, les revenus du capital seraient appelés à financer bien davantage la protection sociale. Une taxe sur les contrats précaires pourrait être instituée.

 

Garantir les protections sociales

Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue une immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. L’issue n’est pas dans les fonds de pension qui ne font qu’engendrer de nouveaux risques. Elle est dans la réforme de l’assiette des cotisations, l’amélioration du taux d’activité en fin de carrière… et dans le recul du chômage. C’est dans cette optique que nous estimons indispensable d’affirmer le droit à la retraite et de revenir à une logique de solidarité nationale, responsable et respectant un humanisme républicain. Cela demandera un important chantier de refonte des systèmes qui devra notamment prendre en compte la pénibilité du travail.

Nous voulons renforcer un système de protection universel, égalitaire et solidaire, dégagé des contraintes de rentabilité mais équilibré financièrement.Nous proposons de rendre au Parlement un rôle directeur dans la politique de santé publique et dans les dépenses de santé : (prévention, politique du médicament, libérée des pressions des grands groupes pharmaceutiques, défense et modernisation de l’hôpital public qui doit rester un élément essentiel de notre système de soins synergie entre médecine de ville et établissements, maintien des services de proximité , juste répartition des moyens , organisation du risque dépendance, etc.

tribune-assemblee-citoyenne-300x225 dans AGAUREPS-Prométhée

Florence Delaunay présente ensuite les perspectives du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi en s’attachant à détailler les huit principaux leviers et trente cinq décisions concrètes (lire le billet du blog en tête des articles récents – colonne de gauche du blog - reprenant l’intégralité du pacte national)

 

Mettre en place un Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi

Garantir aux TPE, PME et ETI des financements performants et de proximité

Accompagner la montée en gamme en stimulant l’innovation

Produire ensemble

Renforcer les conquêtes de nos entreprises à l’étranger et l’attractivité de notre pays

Offrir aux jeunes et aux salariés des formations tournées vers l’emploi et l’avenir

Faciliter la vie des entreprises en simplifiant et stabilisant leur environnement réglementaire et fiscal

Assurer une action publique exemplaire et des réformes structurelles au service de la compétitivité

 

Le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi structurera l’action du Gouvernement dans les mois et années à venir. L’ensemble des ministres sera pleinement mobilisé pour mettre en oeuvre ce pacte.

La mobilisation de l’État ne prendra tout son sens que si elle est accompagnée par un engagement de l’ensemble des acteurs économiques. La croissance, la compétitivité et l’emploi sont l’affaire de tous et un Pacte est un engagement réciproque. Le Gouvernement attend en particulier que les entreprises utilisent les marges financières créées par le crédit d’impôt pour investir ou embaucher. Il attend également un comportement exemplaire en matière de rémunérations et de civisme fiscal et social, ainsi qu’une réforme de la gouvernance des entreprises et une participation constructive à la démarche de modernisation de l’action publique en cours. Le Gouvernement attend également de l’ensemble des partenaires sociaux qu’ils contribuent à faire émerger des résultats rapides et ambitieux dans les négociations sur la sécurisation de l’emploi.

Le Premier ministre a reçu, accompagné des ministres de l’Économie et des Finances, du Redressement productif et du Travail et de l’Emploi, les partenaires sociaux pour des rencontres bilatérales.

Le Premier ministre saisit parallèlement le Haut Conseil du financement pour conduire des analyses et formuler des propositions sur les évolutions nécessaires des modalités de financement de la protection sociale.

La mise en oeuvre du Pacte fera l’objet d’un suivi très précis, auquel le Premier ministre a demandé à Louis Gallois de s’associer. Le Premier ministre réunira les ministres tous les six mois pour évaluer les avancées réalisées, qui seront rendues publiques.

Plusieurs projets de loi seront présentés début 2013 afin de matérialiser les premières décisions de ce pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.seance-dedicace-bruno-maschetto-300x225 dans MRC-PSBruno Moschetto, Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales(HEC) et à l’Université de Paris 1, par ailleurs secrétaire national du MRC aux questions économiques dédicace son livre à l’issue de l’assemblée citoyenne montoise

Bruno Moschetto a présenté ensuite une  réflexion approfondie sur  la  compétitivité et la croissance ( premier point de son intervention), l’accélération de la crise de l’euro appellant sa nécessaire et urgente maitrise par les autorités quelles soient politiques, économiques et monétaires (deuxième partie de son intervention reproduite dans sa totalité ci-dessous).

DU MYTHE DE LA COMPETITIVITE (1°) A LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO (2°)

Tel pourrait être – mes chers camarades – mes chers compagnons – le fil d’Ariane  des réflexions que je souhaiterais développer devant vous. Tout d’abord celles-ci passent par une analyse de la réelle compétitivité à l’irréelle croissance.
Premier point de mon intervention.

DU  MYTHE DE LA COMPETITIVITE

Dans notre environnement européen contemporain  le concept de compétitivité n’est-il pas fondamentalement paradoxal ? La compétitivité qu’est-ce-à dire ? S’agit-il  des ou de la compétitivité ?

Les compétitivités peuvent être sectorielles. Ainsi elles peuvent concerner le secteur agricole, le secteur  automobile, le secteur aéronautique, le secteur hôtelier, le secteur financier. Issues de la productivité c’est-à-dire du rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir, les compétitivités  se mesurent en prix, c’est-à-dire de nos jours en monnaie. Ce grand commensurable selon la formule d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque. Dans un pays déterminé, les taux de compétitivité sectorielles peuvent se compenser et permettre dans les échanges internationaux de bénéficier d’avantages dits comparatifs en fait  compétitifs. Où chacun s’enrichit de ses mutuelles différences. Le fait par exemple que la première de nos grandes  écoles de commerce  caracole en tête depuis plus d’une décennie dans le classement du Financial Times des business schools européennes est un témoignage éclatant d’une compétitivité sectorielle.

Mais la somme des  compétitivités forme un bloc de compétence et elle devient par là globale. Celle là tient compte du prix des produits marchands que ce soient des actifs corporels ou non corporels,  c’est-à-dire le prix des biens et des  services qui dans le combat économique extérieur se réduit au solde de la balance des transactions courantes, alors que seul le déficit de la balance commerciale stigmatise, à tort, les faiblesses compétitives d’une nation.

Mais dans la compétitivité globale,  il y  a aussi celle issue des produits marchands et celle issue des produits non marchands  tels que la protection sociale, les services publics, et plus généralement l’art de vivre. Tout ceci résulte d’un choix démocratique et culturel exercé par chacune des nations. Ainsi, nous déroulons effectivement un tapis rouge à nos amis anglais lorsqu’ils viennent se faire opérer dans les 18 jours de leur arrivée  alors qu’il leur aurait fallu attendre 18 mois dans leur pays avec le risque de passer de vie à trépas !

De nos jours, l’accent est mis dans le couple franco-allemand, sur la seule compétitivité des produits  marchands et qui se traduit par un insolent excédent de la balance commerciale   pour l’Allemagne (150 MD€) et d’un déficit récurrent  pour la France (75 MD€ )La France est ainsi  réputée être à la traine de l’Allemagne . Mais à la réflexion, l’Allemagne ne tire-t-elle pas par cette soi- disant réussite l’ensemble de ses partenaires de l’Europe, dont la France, vers le bas ?
C’est le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi en Europe dont les conclusions sont reprises par le Monde du 25 Janvier 2012 – Article qui s’intitule - : « la crise de la zone euro : la faute à Berlin » et qui pose cette impertinente question.

Pour l’OIT les bas salaires outre -Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro « la baisse relative du coût du travail allemand depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques. En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 90, l’Allemagne a créé au niveau européen les conditions d’un marasme économique prolongé, poursuit le rapport de l’institution onusienne. L’OIT épingle au passage les réformes Schröder qui ont eu  pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle notamment dans les services. Je rappellerai simplement que l’heure de baby sitting se rémunère en Allemagne 4€ contre 8 € en France. Tout ceci correspond à ce que l’on appelle la dévaluation interne qui se fait au détriment du monde du travail.

Nul doute qu’il faut pour l’Europe,  tout sauf de l’austérité, ( Bruno Moschetto –La Tribune – 20 mars 2010)  puisque dans l’équilibre économique ,  les dépenses des uns sont les revenus des autres. La cure de 30 MD€ annoncée par François Hollande  dimanche 9 septembre 2012,  équivaut à 1 ½% de la production intérieure brute (PIB)  et  se traduira immanquablement  par une contraction  mécanique de l’activité,  c’est-à-dire de  la croissance tant désirée et qui le sera encore plus. D’ailleurs Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie,  estime que l’Europe court à sa perte en persistant à mener des politiques d’austérité défendues principalement par l’Allemagne, dans une déclaration télévisée faite  le même dimanche, et  rapportée par le Monde du 11 septembre 2012.

Sans compter qu’à l’instar de la Chine –atelier du monde – l’Allemagne est devenue celui de l’Europe :   puisqu’elle achète des produits à bas coût dans son hinterland : les pays de l’Europe de l’Est , les assemble et les vend aux pays de l’Europe de l’Ouest – essentiellement ceux de la zone euro à pouvoir d’achat plus élevé  et où,  selon la formule de Jacques Sapir, les produits made by Germany remplacent ceux made inGermany.

Ces effets déflationnistes  dévastateurs entrainent  dans l’opinion et les médias  la création  d’une chaine de contrevérités . Celle –ci part du constat de l’analyse de la balance commerciale où il apparaît que les pays vertueux se situent au Nord et par là les non vertueux se situent au Sud ; d’où ceux du Sud doivent s’aligner sur ceux du Nord. Il s’agit là d’un véritable contresens .  Celui-ci est dénoncé par la parabole du jeu de billes de Jacques Rueff aux termes de laquelle les gagnants de billes (de devises)  équivalent billes en matière d’échange internationaux doivent les prêter aux perdants de billes (de devises)sinon il n’y a tout simplement plus de jeu de billes ni de jeu commercialinternational.

Ce contresens est poussé à son paroxysme par le slogan selon lequel l’Allemagne ne veut pas payer pour les pays du Club Med d’ailleurs, il ne s’agit pas de payer mais de prêter. Et s’il n’y a plus de Club Med parce que ces pays  ne disposeraient plus de devises i.e. de billes pour acheter,  il n’y aurait plus d’Allemagne qui, assise sur son tas de billes i.e.  devises  ne pourrait plus vendre ses produits.. Dans le même esprit on peut prétendre  que le Club Med dont la Grèce  a réellement payé pour l’Allemagne du fait de la surévaluation de sa monnaie – l’euro ! Alors comment en sortir ?

D’où les esquisses de solutions. Un autre prix Nobel d’Economie , Paul Krugman dans son dernier livre paru  le 5 septembre 2012, intitulé « Sortez-nous de cette crise ;maintenant »  en évoque trois possibles.   La première l’inflation sur les prix des flux. C’est-à-dire celle qui résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre de produits et la demande de produits sur l’ensemble des marchés de biens et de services.  

Les conséquences financières  d’un tel déséquilibre réel  se traduisent par une hausse générale et continue des prix et en cas d’indexation des salaires sur les prix – ce qui suppose un quasi plein emploi alors que nous sommes hélas  dans une période de chômage de masse – et par là un effacement des dettes des agents économiques que ce soient les ménages – les entreprises et les administrations . D’où dans cette hypothèse  et dans cette hypohèse de plein emploi  seulement, une relance possible de la demande et un retour à la croissance.

Mais même si l’on bousculait le mandat de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est  d’assumer d’abord et surtout  la stabilité des prix , reflétée par un taux  d’inflation bas et  délibérément fixé par son Conseil des Gouverneurs, et si ce taux était  porté par exemple de 2%  à 4 ½%  selon les recommandations du Fonds Monétaire International (FMI) – afin de contribuer à l’effacement des dettes et à la relance de l’économie –  ce taux d’inflation   serait unique pour tous les pays de la zone euro  et l’Allemagne n’en voudrait pas ! Traumatisée à tort par l’hyperinflation des années 20 et non pas par la politique déflationniste des années 30 dont le taux de chômage l’a faitbasculer dans l’irréparable. Donc  il faut  renoncer à cette  première solution.

Aussi  Paul Krugman évoque t-il comme deuxième  solution  la monétisation des dettes c’est-à-dire le financement des créances souveraines par les banques  centrales dont  - il faut le rappeler – ce n’est pas lavocation fondamentale. En effet les banques centrales  sont les banques des banques , elles  émettent des billets dont elles détiennent lemonopole d’émission , en mettant des liquidités à la disposition des banques commerciales  contre des actifs –  crédits ou titres préalablement détenus par celles-ci et qui avaient antérieurement donné lieu à création monétaire. Aussi ce transfert des actifs des bilans des banques commerciales vers ceux des banques centrales contre des liquidités  ne change en rien le volume de la masse monétaire tout comme le volume des contreparties de celles-ci.

En revanche, lorsqu’une banque centrale se comporte comme une banque commerciale en  prêtant  directement à des entreprises ou à des Etats – ce qui a été fait par la banque centrale américaine (FED) quant elle a prêté  – dès 2008 à General Motors ou au Trésoraméricain – il y a véritablement création monétaire par elle.  Ce n’est pas ce qui est demandé à la BCE. Mais les banques centrales créent également de la monnaie lorsqu’elles rachètent des bons du Trésor sur le marché secondaire ainsi que le fait régulièrement la BCE  depuis quelques années au grand dam de la banque centrale allemande. Et depuis le vendredi 7 septembre 2012 c’est ce que propose de faire  d’une façon illimitée mais conditionnelle dans le temps et l’espace  le Président de la BCE.

« Mais on trompe les Français » – nous a rappelé dans le cadre de nos travaux Jean-Pierre Chevènement -  «  sur la portée réelle des engagement pris par Mario Draghi »  … « On oublie de mentionner que ce rachat ne pourra intervenir que moyennant stérilisation de toutes liquidités additionnelles » Celle-ci  générées par l’achat des obligations publiques serait immédiatement compensée par la revente parallèle d’obligations privées .  Ce qui aurait  pour résultat de faire baisser le taux des créances souveraines au bénéfice des Etats mais de rehausser celui des obligations privées au détriment du financement des entreprises . Cette mise au point a été soulignée par l’Est Républicain du Dimanche 16 Septembre 2012 dans l’article : Chevènement refuse «  l’austérité. »

Une telle stérilisation n’aurait-elle pas lieu, ² encore faudrait-il  que cet accroissement du volume de la monnaie mise en circulation par les banques centrales  soit utilisé par la clientèle des banques commerciales. En effet comme le rappelait John Maynard   Keynes « on peut conduire un âne à la rivière mais on ne peut l’y contraindre à boire » . Autrement dit si les agents économiques ne veulent pas consommer ou investir , la demande globale ne sera pas relancée. Et ce d’autant plus qu’en période de stagnation ou d’austérité,  se manifeste la pratique de ce que l’on appelle l’équivalence ricardienne aux termes de laquelle on épargne pour faire face aux aléas enclenchés par la: perte de revenus dus à la montée des prélèvements obligatoires ou à la montée du chômage.

Reste, troisième solution  la dévaluation. A la différence de la dépréciation d’une monnaie , qui peut être progressive,  temporaire et réversible , la dévaluation correspond à un décrochage brutal et irréversible  de la valeur externe de la monnaie nationale par rapport aux autres : les devises. La dévaluation rend immédiatement les prix nationaux compétitifs puisque convertis en devises, le   prix de nos produits  baissent d’où l’augmentation de pouvoir d’achat de nos partenaires  et par  là le développement de notre potentiel  d’exportation.

Dans cet esprit, Michel Aglietta , l’un de nos plus lucides économistes , disait au sujet de la Grèce  dans le Monde du 8 février 2012, qu’elle avait eu tort de rentrer dans la zone euro et qu’elle devrait en sortir, c’est-à-dire revenir à la drachme    et de dévaluer de plus de 70% afin de relancer ses exportations. C’est ce que Jean Claude Trichet, lorsqu’il était Directeur du Trésor appelait les dévaluations compétitives auxquelles il fallait selon lui renoncer pour « coller » au mark, avec le résultat que l’on sait tout au moins pour  cequi nous concerne

Dans le même esprit, Paul Krugman dans son livre rappelle  que les pays ayant choisi « ab initio »,  i.e. depuis le départ  de ne pas adopter l’euro – la  Grande Bretagne et la Suède, s’en sortent beaucoup mieux que leurs voisins de ladite zone. D’où , pour lui, l’invite àles rejoindre en quelque sorte en sortant des contraintes de ladite zone. A cela il apporte un bémol en disant qu’un tel retour à la monnaie nationale , impliquerait pour les pays lourdement endettés en euros,  un coût de décrochage –  dû au  réhaussement de leur dette libellée  en euros  -trop important. Ce n’ est pas tout –à- fait exact  et même pas du tout exact. D’où l’évocation d’une véritable solution pour ceux qui le voudraient  – développée dans la deuxième partie de mon propos à laquelle j’arrive maintenant.

LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO

La description des mécanismes de cette construction nécessite d’être précédée par un état des lieux . L’accélération de la crise de l’euro appelle sa nécessaire et urgente maitrise par les autorités quelles soient politiques, économiques et monétaires. L’atermoiement du choix d’une solution rationnelle à un problème né de la non intégration des facteurs de risque d’éclatement lors de la conception de cette unité monétaire ne fait qu’ajouter la crise à la crise.

En effet tout semble être mis en œuvre pour le maintien du statu quo c’est-à-dire la poursuite de la gestion monétaire par l’ensemble des pays participants au prix certes d’un acharnement thérapeutique au chevet des pays malades d’un endettement réputé excessif.   

D’où la succession de plans d’aide aux finances publiques internes négociés en contrepartie de plans d’austérité acceptés par les gouvernements des pays bénéficiaires mais rejetés par les populations concernées. Par là,  les pays légaux s’opposent aux pays réels. Jusqu’à quand les résignés, devenus  indignés ne se transformeront-ils pas en insurgés. ? En revanche soit dit en passant  les déséquilibres des finances extérieures des pays en difficulté ne posent pas de problème quant à eux , puisqu’au sein de cette zone monétaire parfaite, mais non optimale qu’est la zone euro, les réserves publiques de change ont été communautarisées c’est-à-dire mises en pool et ainsi par exemple, les excédents commerciaux allemands financent les déficits de même nature français. Alors que paradoxalement ils ne veulent pas financer nos déficits budgétaires. Cherchez l’erreur !   

Toute  solution rationnelle implique que l’on puisse répondre à la question suivante : comment faire  durablement coexister dans le même ensemble économique et monétaire qu’est la zone euro des Etats-nation dont les performances économiques divergent à la limite de la rupture ? Ainsi par exemple l’une d’entre-elle – l’Espagne – affiche un taux de chômage de plus  25% et l’autre – l’Allemagne – un taux de chômage  de moins de 7 ½%  Dans une économie monde – selon la formule de Fernand Braudel –  telle que le sont  les Etats Unis d’Amérique la coexistence se fait par des mouvements  de population des Etats en difficulté vers les Etats prospères .Malheureusement ces mouvements  ne peuvent s’opérer dans l’économie monde composée des Etats de l’Union européenne et plus particulièrement ceux de l’Union économique et monétaire i.e. la zone euro, parce qu’à la différence des Etats Unis d’Amérique qui sont des Etats- région, ceux de l’Europe sont des Etats nation. Pour que les Etats- nation deviennent des Etats-région il faudrait que l’homogénéisation des populations soit quasi parfaite et leur fluidité impliquerait  l’adoption d’une langue commune pour l’ensemble de la pyramide de la  population et pas seulement  de  son élite. Cette  langue commune ne pourrait d’ailleurs  être que «l’ European English »avec tous les renoncements et les efforts que cela impliquerait, particulièrement pour le peuple français.  Nul doute que l’aboutissement des  Etats-Unis d’Europe ne pourra se réaliser en un quinquennat mais au plus tôt en un quart de siècle ! 

La confirmation de cette hypothèse  nous est donnée sans ambages par l’économiste Luis Carlos  Bresser- Peireira lequel  a notamment été Ministre des finances des Etats-Unis du Brésil. Il démontre dans un lumineux article reproduit dans le Monde du 7 août 2012 « qu’une monnaie commune » ne peut exister que dans un Etat fédéral ». Il ajoute d’ailleurs qu’arriver à créer pour et en Europe  un Etat fédéral prendrait beaucoup de temps, et que  le voir émerger à court terme est quasi impossible  puisqu’il faudrait que le budget de l’Union Européenne passe d’environ un peu plus de 1% du produit intérieur brut (PIB) à au moins 25% ce qui au rythme de croissance de un point par an demanderait vingt cinq ans. Il poursuit « si vous persistez à vouloir maintenir l’euro en vie la probabilité de le voir s’effondrer de façon incontrôlée grossit de jour en jour, ce qui ferait tomber ensuite toute la construction européenne ». En  fait l’euro – ce virus – tuerait l’Europe et par là toutes ses avancées. Aussi préconise t-il par un retour aux monnaies nationales, « de mettre fin  à l’euro de façon planifiée  et coordonnée ce qui lui semble être la voie la plus sage. »

A la réflexion, notre solution semble plus conservatrice. Avant que les marchés déclenchent  une désintégration anarchique de l’euro , une gestion pragmatique de leur monnaie par les pays membres de la zone euro s’impose. En effet, bien que la banque centrale, sise à Francfort soit européenne,  les billets émis par chacune des banques centrales nationale ne le sont pas. Cette affirmation résulte de notre code monétaire et financier lequel par son article 1er, du chapitre 1er intitulé l’unité monétaire, nous rappelle que « la monnaie de la France est l’euro et « que l’euro est divisé en cent centimes » . L’on peut en déduire par transposition  que l’euro est la monnaie de chaque Etat membre de ladite zone. . Cette donnée fondamentale est illustrée par le fait que les pièces de monnaie ont pour chaque Etat une face nationale et les billets un code national  qui précède le numéro de chaque billet :  les lettres U pour la France, X pour l’Allemagne, Y pour la Grèce et ainsi de suite. Par là, notre monnaie, l’euro, comme toutes les autres a gardé son ancrage national .

Autrement dit les émissions de billets pour l’ensemble des pays de la zone sont déjà segmentés en compartiments
correspondant aux sous ensembles nationaux. Aussi pour ce qui nous concerne rien n’interdirait de débaptiser notre unité monétaire , l’euro en euro-franc.  Une banque commerciale française  dont le déposant  résident ou non, souhaiterait convertir ses avoirs en compte, en billets se verrait offrir des billets portant explicitement la mention euro franc correspondant au signe distinctif U. Celui-ci cohabiterait avec les autres euros nationaux  et cette cohabitation pourrait donner lieu à des dépréciations ou des appréciations  qui tempèreraient le passage d’une euro monnaie à une autre et par là ne  nécessiterait pas l’établissement d’un contrôle des changes. Cette réforme monétaire pourrait se faire sans le recours à des dispositifs spécifiques et se ferait ainsi en toute simplicité et en  toute transparence.

Mais qu’en est-il du risque d’un tel passage pour les Etats qui adopteraient une telle réforme ? La réponse procède de la définition de la monnaie.  C’est pour ceux qui la détiennent, qu’ils soient résidents ou non,   des créances sur l’appareil bancaire des pays concernés,  en l’espèce des avoirs en compte  ou la monnaie dite  scripturale, lesquels  correspondent à des créances sur les banques commerciales. Et, des avoirs en poche, les billets ou la monnaie dite  fiduciaire lesquels  correspondent à des créances sur les banques centrales du système . La masse monétaire de chacune de ces monnaie a pour contrepartie et pour gage en quelque sorte, des crédits pour l’essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire tout se $ ramène aux territoires nationaux. Ainsi le passage pour un pays donné , de l’euro-euro à l’euro- national ne change en rien la nature et le montant  des dettes des pays qui opteraient pour le passage de l’euro euro à l’euro national.

Pour prendre l’exemple le plus sensible, le système bancaire grec serait toujours redevable vis-à-vis de ses créanciers ,  du même montant en euros dont la dénomination aurait tout simplement changée et serait devenu des euro drachmes .Par cette formule les craintes évoquées par Paul Krugman n’auraient pas lieu d’être. En revanche les détenteurs d’euro drachmes , pourraient voir la valeur de leur créance se contracter mais ce seulement s’ils sont non résidents et dans cette hypothèse, ils verraient la valeur de leurs créances se déprécier parallèlement à la dépréciation de l’euro drachme sur les marchés internationaux. Autrement dit les perdants potentiels ne sont pas les résidents mais les non résidents détenteurs de créances.

Ce qui est valable pour les avoirs monétaires, c’est-à-dire les dettes bancaires le serait aussi pour les avoirs obligataires – dont les dettes souveraines – lesquelles seraient au terme de leurs échéances respectivement payées en euro nationaux, c’est-à-dire en euro drachmes pour  ce qui concerne la Grèce par exemple. Naturellement ces créances ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire spontanée des « euro-euro »  en « euros nationaux » mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires. Aussi pourrait-on très bien imaginer que face à une dépréciationsignificative de ces créances leurs détenteurs et notamment les banques non résidentes seraient conduites à constituer des provisions compensatoires . Mais rien n’interdit de penser que ces provisions  pourraient être reprises en cas d’appréciation ultérieure de la valeur de leurs créances sur les marchés, due à une prospérité retrouvée grâce à une politique économique indépendante, susceptible d’entrainer  ,  un retour à la croissance et une évacuation du chômage de masse.  Cela pourrait tout particulièrement jouer pour la Grèce qui retrouverait ainsi la compétitivité de son industrie touristique.

L’avantage considérable de cette formule –  qui peut a priori être assimilée à un tour de passe –passe -   en réalité ne l’est pas du tout puisqu’un euro national quel qu’il soit vaut toujours nominalement un euro-euro. Autrement dit par une telle formule seuls les détenteurs non résidents d’euros nationaux pourraient voir éventuellementla valeur de leurs  créances se déprécier sur les marchés , tant qu’elles  ne sont pas arrivées à leur  échéance moment auquel ils en récupéreraient la totalité de  la valeur nominale. l

L‘euro zone   redeviendrait une zone monétaire soutenable et durable. L’Allemagne, n’aurait plus  à effectuer   des transferts financiers qui s’annoncent sans fond en dépit de la mauvaise  et bonne volonté de la Cour de Karlsruhe , ni la Grèce à supporter un appauvrissement qui s’annonce sans fin.

Ainsi  que vive l’euro franc et ses semblables! Dans ce nouvel univers monétaire chacunretrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et services,  sans avoir à rendre compte à une quelconque Troïka en cas de difficultés, qui auraient été par avance résolues et éliminées par l’adoption de changes multiples en lieu et place d’une monnaie unique. La France  retrouverait ainsi sa souveraineté monétaire en conservant l’euro. Mais elle serait redevenue prince –  c’est-à-dire la première –  dans son royaume c’est-à-dire l’hexagone et l’outre-mer.

Gauche molle ? gauche molle ? est-ce que j’ai une gueule de gauche molle ?

Créé par le 13 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de XD

Le « mou » occupe à présent le devant de la scène. Mais, pour son challenger, rien n’est cuit et on se la joue « gauche forte ». Lui se veut bon joueur, rassembleur et esquisse le compliment en faisant mine (un peu crispée quand même) de ne pas comprendre tout en refusant de tendre la joue droite…Les duellistes se payent de quelques jolis petits mots tout en préservant jalousement le futur. Si près du but! Tu parles. Derrière chaque expression, sourire mièvre et rictus,  le grand jeu. Cinoche? Sous la paille des mots, il y a le grain des choses écrivait l’Ancien, le verbe juste et  »la rose au poing »! A vrai dire, ce n’était pas l’ambiance des grands congrès ce débat des primaires bon enfant. Et surtout de bon ton (jusque là)… Un petit rien ironique, Martine, avec son attaque feutrée « je n’étais pas sur tes genoux non plus! ». Histoire de montrer sa maturité politique et d’afficher son autonomie vis à vis de son ancien complice du club deloriste transcourant « Témoin » des années 90. Ah! ces jumeaux Delors et enfants Jospin, infatigables reconvertis, comme ils ont cheminé… Lui, après un temps de respiration dans sa Corrèze, et elle, sa relève,  de son fief de Lille à Solférino.  Elle qui se voudrait bien, comme jadis Mauroy,  »héritière de l’Avenir ».

De fait, la référence à la gauche molle trouve une vieille résonnance guesdiste ou molletiste dans la pure tradition social-démocrate de la fédération du Nord, comme me l’enseignait avec son humour et sa faconde, l’inimitable et regretté  Scognamiglio, ce premier secrétaire fédéral des Landes de l’époque du Parti d’Epinay… Mais l’invective n’impressionne guère que les ignorants de cette tradition du verbe maximaliste et de l’habileté manoeuvrière, laquelle n’est pas sans panache et finesse : pour preuve, les subtiles distinctions d’un Blum entre la conquête et l’exercice du pouvoir pour justifier le programme réformiste (celui-là même que lui imposait les communistes dans leur stratégie de « Front Populaire » qui rompait avec celle de « classe contre classe »).

Cette même posture verbale radicalement de gauche qui accompagnait, de triste mémoire, les pires trahisons de l’idéal socialiste de ce chef incontesté de la SFIO d’après-guerre ; Guy Mollet, l’exécuteur de Léon Blum. Devenu secrétaire général de la SFIO, ministre puis président du conseil, celui-là même  qui conduisit « la politique de pacification en Algérie » avec les moyens que l’on sait, régnait sans partage sur son parti de 1946 à 1969 jusqu’à son éviction salutaire et définitive  par François Mitterrand au congrès d’Epinay de 1971 en dépit du score de sa motion. Guy Alcide Mollet, cet expert en discours néo-guesdistes, - qui sut même accueillir  le CERES dans la vieille SFIO ( le CERES sans lequel le nouveau Parti socialiste n’aurait pas vu le jour à Epinay) et polariser le courant de Jean Poperen ( allié à Mollet en 1971) -, disait du futur premier secrétaire - chantre de la rupture avec le capitalisme et de l’Union de la Gauche à Epinay-sur-Seine - sur le ton de la confidence et avec la plus grande défiance, qu’il « parlait bien socialiste ». Fallait-il voir un compliment dans la dénonciation de cette tare congénitale du socialisme guesdiste qui masque la mollesse d’une politique social-démocrate derrière la pureté du discours ?

Mais je m’égare en conjectures, histoire de prévenir toute perception naïve qui masquerait quelques enjeux primaires… J’avais du reste déjà tenté cette mise en garde lors d’un billet du blog citoyen, à la veille du congrès de Reims. : Gauche du PS : La tentation de la “molletude”.

Bon à présent, instruit d’un passé de renoncements, votre citoyen blogueur, retiré sur l’Aventin avec la plèbe, reste néanmoins habité comme vous d’un grand dessein politique pour  la France. En spectateur engagé, il écrit cela juste pour rigoler et détendre un peu l’atmosphère!

Atmosphère? Atmosphère…

X.D

P.S : Dans le camp des impétrants, les plus fervents partisans sauront bien me reprocher de tourner en dérision ces primaires. Pour eux « rien ne serait pire que de laisser accréditer l’idée selon laquelle il s’agirait juste de départager deux ambitions personnelles, deux « caractères » (cf la tribune http://www.marianne2.fr/Exclusif-Hamon-Emmanuelli-et-Lienemann-repondent-a-Montebourg-ce-ne-peut-etre-qu-Aubry_a211409.html. )  Voire! Je renvoie donc plus sérieusement les amis internautes aux déclarations de leur protagoniste et soutien respectif dans des propos parfois peu amènes…

N.B : point de presse 

«Le système a choisi Hollande car il est plus facile à battre pour Sarkozy»

Lire l’interview de Martine Aubry

POLITIQUE – La candidate aux primaires a répondu aux questions de 20minutes.fr…

A trois jours d’un vote décisif, Martine Aubry a reçu 20minutes.fr. Un entretien sans concession où elle affiche une nouvelle fois sa détermination à gagner les primaires et à devenir la première présidente de la République.

>> Retrouvez l’interview de François Hollande ici

Quel est votre sentiment au lendemain du dernier débat ?

J’ai pu montrer ma cohérence. Hier, j’ai mis le doigt sur des sujets majeurs : la mise au pas des banques, la sortie du nucléaire, la justice dans l’éducation, le pouvoir d’achat… Je suis celle qui incarne le changement réel. François Hollande a, lui, dit très clairement qu’il ne souhaitait pas s’engager sur une tranche supplémentaire de 50 % d’impôt pour ceux qui gagnent plus de 100 000 euros par part fiscale. Il n’a pas dit non plus qu’il reviendrait sur la réforme de l’ISF. La morale en politique, c’est d’être constant. De ne pas être flou.

Qu’est-ce qu’une gauche forte ?

C’est une gauche de transformation. Face à une droite dure et une crise qui dure, il faut une gauche forte et claire pour sortir la France de la crise, mettre la finance et les banques au service de l’économie et des Français. Je veux que les Français se disent : « Elle ne change pas d’avis. Elle nous dit aujourd’hui ce qu’elle va faire demain et défend des décisions difficiles. » Par exemple, le non-cumul des mandats au sein de mon parti. François Hollande n’a pas dit cela à ses soutiens. Autre proposition que je fais : en matière de santé, quand je dis aux médecins qu’ils devront s’installer en priorité dans les zones rurales, cela ne plaît pas à tout le monde mais je pense que c’est juste et je le défends.

Qu’est ce qui vous fait croire en une dynamique depuis deux semaines ?

Je le ressens sur le terrain depuis des mois. Cela a été masqué par ces sondages sur les primaires dont chacun sait qu’ils ne veulent rien dire. Le système s’est créé son candidat et nous a matraqués de sondages. Malgré tout cela, une majorité des Français s’est portée sur les trois candidats qui portent le changement, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et moi.

Vous estimez que le système médiatique a choisi François Hollande ?

Bien sûr. Peut-être parce qu’il est plus facile à battre pour Sarkozy. Mais les Français ont été libres dimanche dernier. Ils ont dit ce qu’ils pensaient clairement. Je pense qu’ils le feront encore dimanche prochain.

Les électeurs d’Arnaud Montebourg sont-ils la clé du second tour ?

Les Français sont libres de leur choix. Les citoyens qui ont voté pour Arnaud Montebourg aspirent, comme moi, à un profond changement. Ils se retrouvent dans l’essentiel de mes propositions. Mais lors de cet entre-deux tours, je n’ai voulu ni marchandage, ni tractations. Les primaires doivent être pures. C’est ma conception de la politique.

Le fait d’être une femme, est-ce vraiment un argument de campagne ?

Non, je ne le mets pas en avant comme un argument. Jamais. Je n’affirme pas : « Je suis une femme, élisez moi. » Mais je pense qu’une femme présidente de la République serait un symbole important pour les Françaises. Parce qu’elles pourront enfin se dire qu’ il n’y a plus aucun poste qui leur est interdit. J’ai d’ailleurs déjà préparé la première loi qui imposera l’égalité dans les entreprises. Elles auront trois ans pour négocier et arriver à l’égalité salariale au même poste et pour briser le plafond de verre qui bloque les salariées dans leur carrière. Sinon, elles perdront leurs exonérations de charges sociales. Les droits des femmes ne sont jamais acquis. En me battant pour ces droits, j’ai traversé des périodes dures. Quand j’ai fait la loi de réforme de l’IVG pour accroître le délai d’avortement, j’ai été la cible d’attaques personnelles très violentes.

Les attaques de cette dernière semaine nuiront-elles au rassemblement, lundi matin ?

Il vaut mieux que la clarté se fasse avant qu’après. Ensuite, les Français choisiront, c’est la démocratie. François Hollande a d’abord expliqué qu’il n’augmenterait pas les moyens de l’Education, puis qu’il le ferait, puis finalement non. Les Français ont besoin de clarté et, moi, je n’ai pas besoin de changer mes propositions entre les deux tours. C’est pour cela que j’insiste sur le caractère et la volonté. Parce qu’il va en falloir ans dans cette période de crise où il faudra tenir fermement la barre. Tout ce que j’ai fait dans ma vie me donne aujourd’hui la solidité et la conviction pour le faire.
 

Propos recueillis par Maud Pierron et Matthieu Goar pour 20 Minutes

« Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes »

Créé par le 08 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Fédérations MRC d'Aquitaine

Discours de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, lors de l’université d’été de Carros, 4 septembre 2011.



Chers camarades, chers amis,

Merci d’être venus nombreux à Carros.

Je voudrais d’abord remercier l’organisateur de ces universités d’été, Ladislas Polski …

Chers camarades, je voudrais développer deux points :

L’impasse d’abord dans laquelle se trouve la France, une tragique impasse dont, je crois, l’opinion n’a pas encore pris totalement conscience malgré ce que nous a dit Philippe Guibert. « Un avenir friable à court terme pour chacun » ce n’est pas tout à fait la même chose que l’impasse historique au fond de laquelle nous nous trouvons désormais mais ça y ressemble. Ce sera mon premier point.

Et mon deuxième point, naturellement, c’est que nous devons sortir la France de l’impasse et nous allons offrir un projet au peuple français. Nous allons faire surgir un recours. Ce sera difficile mais il y a un chemin.

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