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Dans un récent article dans Libé, E Aeschimann fait le point sur « Mai 68, retour acide »

Créé par le 10 mai 2007 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche

Jusqu’au bout de sa campagne, Nicolas Sarkozy a fait le procès du mouvement. Renvoyant la gauche à ses ambiguïtés, il oublie que ce fut aussi la plus grande grève ouvrière française.

Par Eric AESCHIMANN

QUOTIDIEN Libé: vendredi 4 mai 2007

Scène «début de siècle». Un soir, au lendemain de la victoire du non au référendum sur la constitution européenne, Daniel Cohn-Bendit sort du café des Deux Magots, haut lieu du Tout-Paris, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il vient de prendre un verre avec un ami sondeur ­ un sondeur en cravate, précision importante, on le verra. Les deux hommes discutent quelques instants sur le trottoir quand un passant reconnaît le député européen et s’approche. Alors, au débotté, comme une colère trop longtemps retenue, commence le procès de 68 et de son héraut le plus fameux. Dany-le-Rouge aurait renié la révolte qui l’a fait star, serait devenu notable du oui, se serait fait le meilleur défenseur du vieux monde qu’il prétendait détruire et, circonstance aggravante, voilà qu’il se promène avec des amis encravatés. Comme si l’habit faisait le révolutionnaire, et la cravate le renégat.

Déjà, en 1985, Guy Hocquenghem avait donné à sa charge contre les soixante-huitards un titre vestimentaire : Lettre de ceux qui sont passés du col Mao au Rotary . Car cela fait des années, maintenant, qu’enfle l’accusation contre les anciens de 68, coupables tantôt d’avoir instillé dans la jeunesse le venin du relâchement des moeurs, tantôt d’avoir trahi les idéaux de Mai. Et, comme si chaque scrutin était l’occasion d’une nouvelle poussée de fièvre, les derniers jours de la campagne pour l’élection présidentielle ont vu Nicolas Sarkozy se livrer à une attaque sans précédent. «Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral , a lancé le candidat de l’UMP dans la salle surchauffée du palais omnisports de Bercy, à Paris. Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. [...] Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de Mai 68.» Sonnés, les ex-soixante-huitards ont eu le sentiment qu’ils étaient en train de devenir les boucs émissaires. «C’est de la haine anti-68», s’indigne Romain Goupil, cinéaste, auteur du film Mourir à trente ans qui racontait, justement, l’héritage de 68 ­ mais son versant tragique.

Mai 68 a eu lieu il y a trente-neuf ans, mais n’appartient toujours pas à l’histoire. De livres en déclarations, d’articles en discussions d’amis, l’ «événement obscur», selon l’expression de Sylvain Lazarus, continue de travailler les Français. Une face inattendue de l’exception nationale puisque, si l’agitation estudiantine traversa alors toute l’Europe, la France est le seul pays où la bataille de l’interprétation des événements connaît un tel regain. En pour ou en contre, en attraction ou en répulsion. A gauche, les mouvements sociaux sont systématiquement comparés à l’étiage de 68, comme si le but était de copier un modèle arrêté pour toujours ; à droite, cultivant la douce fiction d’une domination sans partage de l’idéologie 68, Nicolas Sarkozy a fait de sa dénonciation son cheval de bataille au service d’une droite qui retrouverait enfin la fierté d’être elle-même. Une floraison de livres et d’émissions spéciales est en préparation pour le quarantième anniversaire, qui viendra s’ajouter à une liste déjà très fournie d’ouvrages, dont la publication connaît un pic à chaque célébration décennale : 1978, 1988, 1998. Le sujet s’invite même dans les salles à manger : «L’autre jour, un ami venu dîner à la maison a qualifié mes arguments de « soixante-huitards » et j’ai vu que, d’un coup, tout ce que je pourrai dire n’aurait plus aucune valeur à ses yeux. La discussion était finie», raconte une Italienne vivant à Paris, bien trop jeune pour avoir connu 68.

«Révolution nihiliste» 

L’économiste Henri Guaino, auteur du discours de Bercy et ancien conseiller de Philippe Séguin, ne cache pas sa jubilation. «Ce que nous voulions, c’est mettre des mots sur ce dont tout le monde parle dans cette campagne. Que ce soit Royal, avec son ordre juste, ou Sarkozy, avec sa volonté de revaloriser le travail, on voit bien que tout le monde prône exactement le contraire de 68. Seulement, à cause de sa base militante, la candidate socialiste ne peut pas aller jusqu’au bout. Nous, si. Nous sommes à la fin du cycle 68.» Que l’air du temps ne soit pas à jouir sans entraves n’a échappé à personne. Mais si l’importance que Nicolas Sarkozy accorde au sujet est inédite de la part d’un homme politique, le procès de 68 pour laxisme moral est aussi vieux que l’événement lui-même. Ouvert par Raymond Aron, qui parla de «révolution nihiliste», il s’est déployé dans les années 80, quand Gilles Lipovestky y vit l’acte de naissance de l’individualisme narcissique moderne et Alain Renaud et Luc Ferry ­ qui se retrouve aujourd’hui en soutien actif de Nicolas Sarkozy ­, l’avènement d’un nouvel «antihumanisme». 

Depuis, «tiers-mondisme»,  «pédagogisme»,  «relativisme» ou «jeunisme» sont autant de qualificatifs aux effluves réactionnaires dont la «pensée 68» s’est vue affublée, non sans un air de famille avec les néoconservateurs américains lorsqu’ils accusent le «flower power» étudiant d’avoir plongé l’Amérique dans la décadence. «Le discours de Sarkozy, c’est de la nostalgie pure. Ça revient à dire que c’était mieux avant», résume le sociologue Jean-Pierre Le Goff, ex-mao et auteur de Mai 68. L’Héritage impossible . Posé en ces termes, le débat donne lieu à un rituel bien rodé. Dès que 68 est mis en cause, Daniel Cohn-Bendit et d’autres personnalités connues pour leur engagement dans la révolte étudiante s’empressent de rappeler l’héritage «libéral-libertaire» de 68 : droits des femmes et des homosexuels, liberté sexuelle, décrispation des relations hiérarchiques, ouverture à de nouvelles formes de culture. «Mai 68 a permis de moderniser la France», résume, en général, Daniel Cohn-Bendit. Indice pourtant d’un certain malaise, les mêmes débattent longuement des illusions et des erreurs inhérentes à l’esprit de Mai. Comme si, même pour un procès, on n’était jamais mieux servi que par soi-même.

Trois fois plus de grévistes qu’en 1936 

Nicolas Sarkozy n’invente donc rien. Sauf une chose : dimanche, pour la première fois, il a opéré une synthèse inédite entre la critique «morale» de 68 et une critique plus «sociale», jusqu’alors réservée aux débats internes à la gauche. «Voyez-la, écoutez-la, cette gauche qui, depuis Mai 68, a cessé de parler aux travailleurs, de se sentir concernée par le sort des travailleurs, d’aimer les travailleurs», a-t-il lancé, avant d’enfoncer le clou, mercredi, sur France Inter, affirmant qu’en 68, il n’y avait pas de travailleurs dans les manifestations du Quartier latin. Ce qui est factuellement vrai, mais n’empêche pas que les ouvriers furent des acteurs essentiels du mouvement. Le sociologue Jean-Pierre Le Goff ne peut que saluer l’habileté de la manoeuvre : « Il pointe les faiblesses de 68, il remue le couteau dans la plaie. Il y a eu effectivement une occultation de la classe ouvrière par la gauche à partir des années 70, et encore plus dans les années 80, en partie sous l’influence de 68. Sarkozy joue du ressentiment des classes populaires qui se sont senties méprisées par l’idéologie soixante-huitarde.» 

Il se pourrait que l’enjeu réel de ce débat quelque peu anachronique se trouve dans la question irrésolue du lien entre révolte étudiante et grèves ouvrières. Neuf millions de personnes ont cessé le travail dans toute la France, trois fois plus qu’en 1936 ; avec une hausse du Smic de 35 %, les accords de Grenelle ont marqué durablement le paysage social, comme ne s’est pas privée de le rappeler Ségolène Royal mardi au stade Charléty, en réponse à Nicolas Sarkozy. Et pourtant, cet «autre 68» n’a pas connu dans l’imaginaire français la postérité fastueuse de l’occupation de la Sorbonne par les étudiants. «Mai 68 a été la grève la plus importante de l’histoire du mouvement ouvrier français et l’unique insurrection « générale » qu’aient connue les pays occidentaux depuis la Seconde Guerre mondiale», écrit l’universitaire américaine Kristin Ross, dans un livre qui relate en détail la bataille des interprétations de Mai 68. Ross voit dans la réduction des événements aux seules barricades du Quartier latin une forme de «confiscation» historique et déplore une lecture générationnelle des événements, «une transformation bénigne des moeurs», le simple passage «d’un ordre bourgeois autoritaire à une nouvelle bourgeoisie moderne et économiquement libérale». 

Règlement de compte 

Dès 1978, Régis Debray avait interprété l’histoire de 68 comme une superbe «ruse du capital» , par laquelle des apprentis gauchistes s’étaient retrouvés les agents involontaires de la modernisation du capitalisme entamée au milieu des années 70. Dans le  Nouvel Esprit du capitalisme , Luc Boltanski et Eve Chiapello ont reconstitué le lien qui unit l’accroissement de la flexibilité dans les entreprises à partir des années 80 et l’idéologie libérale-libertaire de 68 ; tournant le dos aux revendications de pouvoir d’achat défendues par la CGT, expliquent-ils, une partie du gauchisme soixante-huitard avait préféré, avec la CFDT, réclamer une plus grande autonomie pour les salariés, dans laquelle ils voyaient le premier pas vers l’autogestion. Enfin, avec le  Destin des générations , Louis Chauvel a dressé le portrait du soixante-huitard en jouisseur égoïste des fruits des Trente Glorieuses. Solidement étayées, souvent pertinentes, ces analyses rencontrent depuis une dizaine d’années un large écho dans certaines franges des jeunes générations ; en témoigne la place que leur accorde le magazine Technikart . Pas sûr, pourtant, que la «critique de gauche» de 68 se montre ravie du renfort inopiné de Nicolas Sarkozy…

Henri Gaino, lui, se frotte les mains. «Ce sont les soixante-huitards qui se sont attaqués au peuple. Il y a eu deux Mai 68 qui ne se sont pas rencontrés.» Le passant du boulevard Saint-Germain avait laissé éclater sa colère contre Daniel Cohn-Bendit. En termes plus polis, Henri Guaino ne cache pas que la cible numéro 1 du discours de Bercy était bien l’eurodéputé. Lui, qui fut aux côtés de Philippe Séguin un adversaire acharné de la monnaie unique, semble poursuivre auprès de Nicolas Sarkozy un interminable règlement de compte avec ceux que Jean-Pierre Chevènement, souverainiste «de gauche» avait appelés, en son temps, «les nouvelles élites mondialisées», en visant, déjà, Daniel Cohn-Bendit.

De quoi remettre à leur juste dimension les propos de Nicolas Sarkozy : celle d’un rappel à l’ordre. «Trop longtemps, on a pensé que résoudre les problèmes économiques et sociaux réglait tout. Ce n’est pas exact. Dans les périodes de troubles, de contestation où même les institutions les plus anciennes hésitent et ne jouent plus leur rôle, l’Etat, seul, sert de rempart à la population contre les conséquences du désordre des esprits.» Ainsi parlait en 1971 Raymond Marcellin, lointain prédécesseur de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur. Place Beauvau, les ministres passent, mais la phobie de 68 demeure.

Débat sur un air de Croisette

Créé par le 29 avr 2007 | Dans : Non classé

Par Jérôme GUILLAS
leJDD.fr http://www.lejdd.fr/?/

Il a finalement eu lieu. Et tant pis si le débat sur le débat a quelque peu occulté l’intérêt de l’échange en lui-même. Réunis samedi dans une salle de réception de l’hôtel The Westin, près de la place de la Concorde, Ségolène Royal et François Bayrou ont discuté avec courtoisie. S’ils ont montré des points de divergence, la concorde a résumé la teneur du débat.

Ségolène Royal et François Baurou ont eu un échange courtois samedi lors du débat télévisé. (Maxppp)

Il ne fallait pas se présenter en retard rue de Castiglione, samedi matin. Parmi les touristes anglo-saxons éberlués qui flânaient dans le hall de réception de l’hôtel parisien, une foule cosmopolite de journalistes en effervescence se pressaient au point de contrôle d’accès à la salle. Discussion avec les agents de sécurité, bousculade, priorité réclamée par les journalistes de télévision qui n’hésitent pas à écraser les pieds de confrères moins dignes seulement armés d’un stylo… La petite troupe de retardataires finit par pénétrer dans le saint des saints, une salle de réception un peu à l’écart du tout-venant.Il y a foule, les journalistes courageux n’ont pas hésité à braver l’heure matinale et la climatisation excessive du parterre presse écrite! Les deux débatteurs sont un peu en retard, tant mieux. Les places sont chères et les quelques sièges apparemment vides ne le sont pas : « Réservés ! ». A l’arrivée de Ségolène et de François Bayrou, c’est la ruée des photographes et des caméramen devant l’estrade qui accueille le plateau de BFM TV et de RMC. « Ségolène ! M. Bayrou ! François ! Mme Royal ! Serrez-vous la main! Par ici !« . On se serait cru à Cannes, une soirée chaude de mai, lors de la montée des marches. Mais le mitraillage ne dure pas. Exclusivité oblige, les reporters d’images sont priés de quitter les lieux rapidement.Pas de consigne de vote

Le débat peut commencer et le maître de cérémonie, Olivier Mazerolle, de rappeler la situation inédite d’un débat d’entre-deux tours de la présidentielle qui ne réunit pas les deux prétendants à la fonction suprême. François Bayrou peut savourer. Il sait qu’il a été la vedette de cette semaine, éclipsant quelque peu les deux candidats des préférences médiatiques. Bayrou a réussi son coup: faire reculer le « système bloc contre bloc » en esquissant l’amorce d’un véritable multipartisme. Le député béarnais a dénoncé « la surdité dans laquelle sont plongés les gouvernants qui n’entendent plus les voix contradictoires. »

« Un événement sans précédent qui marque la modernisation de la vie politique« , souligne d’emblée Ségolène Royal qui préfère parler de « dialogue » que de débat. « Je n’attends pas de ralliement à la fin du dialogue« , continue la candidate socialiste. François Bayrou tient le même discours, précisant qu’il ne se ralliera pas à Ségolène Royal à la fin du « débat tranquille« . « Je ne veux pas briser ce grand courant indépendant, je ne donnerai pas de consigne de vote« . Mais le président de l’UDF de tenir à rappeler son agacement devant tant de « cris d’orfraie » avant la tenue de ce débat, « difficile à organiser comme si quelqu’un ici, dans une démocratie, pouvait empêcher deux personnes de parler librement au vu et au su de tous. A qui cela peut nuire, quel est le crime de lèse-majesté ? », s’interroge l’ancien ministre de l’Education.

Ségolène Royal, volubile comme à son habitude, attaque la première sur la question des institutions et se place « au-dessus des tractations de couloir« . « Je dépasse aujourd’hui les partis politiques« , lance la présidente de la région Poitou-Charentes qui réitère sa proposition de VIe République et de réforme des institutions. François Bayrou affine. « Il faut bâtir le pluralisme, ça n’existe plus depuis des décennies en France. C’est une mauvaise chose« . « Il faut faire respirer la France« , poursuit le député béarnais. Premier des quatre grands axes du débat avec « l’Europe », « l’économie » et la « vie quotidienne », la question des institutions n’a pas marqué de grandes fractures entre les programmes respectifs.

Une poignée de mains recommencée trois fois à la demande des photographes. (Reuters)

Les divergences se sont faites jour sur l’Europe et l’économique notamment, et surtout sur l’Europe économique. « Royal et Sarkozy se trompent en pourfendant la banque centrale européenne, je suis contre la baisse de l’Euro« , indique François Bayrou. Le dialogue commence alors vraiment : Royal et Bayrou s’interpellent, en toute courtoisie, et l’échange est réel. Sur la question économique, le « troisième homme » reproche à la candidate socialiste sa vision étatiste. « L’Etat ne peut pas faire les choses à la place de la société, des gens. Je suis contre la distribution d’un argent qu’on a plus. Les partenaires sociaux doivent être sollicités« . « Vous êtes un excellent défenseur du pacte présidentiel« , plaisante Ségolène Royal. « Alors commencez à vous inquiéter« , lui rétorque le futur leader du Parti démocrate.

Complicités L’ambiance est détendue et badine mais le désaccord est plus ferme sur la question des régimes spéciaux de retraite, et notamment la loi Fillon. « Personne n’y touchera« , lance le président de l’UDF. « On reviendra sur cette loi« , répond la député des Deux-Sèvres. Petit agacement de la part de Ségolène Royal lorsque, à plusieurs reprises, François Bayrou établit des convergences entre les programmes de la candidate socialiste et celui de l’UMP. « Laissez-moi décider de ma convergence de point de vue avec le candidat que vous venez de citer« , coupe Royal.

La bonne humeur reste néanmoins présente quand est évoquée la question du drapeau national. « Les goûts et les couleurs ça ne se discute pas« , plaisante le député des Pyrénées-Atlantique. La salle est conquise sur une dernière boutade des deux candidats à la suite d’une question de Jean-Jacques Bourdin. « Envisagez-vous de vivre ensemble… dans un gouvernement démocrate ? » « Vous m’avez fait peur« , s’empresse de répondre François Bayrou. « Il s’appelle François mais tout de même…« , réplique, complice, Ségolène Royal. C’est la fin d’un débat de concorde. Dans la salle, qui réunit quelques personnalités politiques mais surtout beaucoup de journalistes, des applaudissements nourris font écho à la conclusion de l’échange. Ce débat avait définitivement un air de Croisette.

PS: passer du TSS au TPS

Créé par le 25 avr 2007 | Dans : Battre campagne, Contre le candidat du capitalisme mondialisé, Ségolène Royal

Les socialistes ne veulent pas victimiser l’UMP avec le «tout sauf Sarkozy». Ils préfèrent le «tout pour Ségolène».

Par David REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN LIBERATION : mercredi 25 avril 2007 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249802.FR.php

La position des socialistes, officiellement, est arrêtée : «Ségolène Royal l’a dit : elle n’est pas dans la logique du « tout sauf Sarkozy »» (TSS), assure un proche. François Rebsamen, directeur de campagne, confirme cette ligne : «L’extrême gauche a la volonté de s’opposer à tout prix à Nicolas Sarkozy en le caricaturant. Nous, on préfère s’opposer sur le fond.» 

«Débat digne». Les proches de la candidate n’ont pas manqué de flairer le traquenard tendu par le candidat UMP, qui, dès dimanche soir, appelait à un «débat digne». Mais «il cherche le « tout sauf Sarkozy », estime un conseiller. Il veut être la victime, le mec qui subit toutes les humiliations, sur le thème : « je suis maltraité, toutes les élites sont contre moi ».» Pas question, donc, de foncer tête baissée dans ce que l’équipe Royal tient pour une «muleta». Laquelle présente un risque majeur : «donner l’impression qu’on ne porte pas un projet, mais un rejet», décrypte Vincent Peillon, porte-parole de la candidate. « Car un rejet n’est pas une valeur très attractive. Si vous utilisez votre temps de parole pour taper sur ses propositions, les gens vont se demander : « Mais elle, qu’est-ce qu’elle propose » ?» 

La candidate a donc trouvé une solution : organiser le référendum non contre l’homme, mais contre son projet. Pure dialectique ? «L’homme peut être instable, inquiétant, mais c’est parce que son programme est dangereux, dribble François Rebsamen. «Nous ne sommes pas dans le TSS, mais dans le TPS» (tout pour Ségolène).

«Pouvoir d’un seul». Hier, l’équipe de campagne mettait la dernière main à un tract censé approfondir le clivage, dossier par dossier : «France rassemblée contre France qui oppose», «salariés sécurisés contre salariés précarisés», «excellence environnementale contre force des lobbies», «Etat impartial contre pouvoir d’un seul» … Au-delà, le staff de la candidate planche sur des «éléments polémiques» visant, selon un proche, à «renverser la tentative de victimisation. Quand il déclare qu’il est couturé de cicatrices, nous répliquons qu’il est fragile, puisque la moindre chose qu’on dit sur lui le déstabilise. Et qu’il faut avoir les traits de caractère de Ségolène Royal, garder ses nerfs et résister aux coups durs pour être présidente de la République». Sans attaque personnelle ?

Royal, ferme face à l’ouverture de Rocard

Créé par le 14 avr 2007 | Dans : Battre campagne, Projet politique, Ségolène Royal

L’ex-Premier ministre a proposé vendredi une alliance de la candidate PS avec Bayrou.

Par David REVAULT D’ALLONNES QUOTIDIEN LIBERATION : samedi 14 avril 2007  http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/247577.FR.php

De l’art d’esquiver les mines de fin de campagne. Ségolène Royal s’y est employée, vendredi, avec une certaine irritation et une indéniable dose de rouerie politique. La candidate, depuis plusieurs jours, s’était résolument engagée dans le mano a mano avec Nicolas Sarkozy, «projet contre projet». Tout en renvoyant François Bayrou à son «manque de sincérité» et à son «impasse». Las ! L’appel de Michel Rocard, dans le Monde daté de samedi, à un accord entre elle et Bayrou avant le premier tour «pour battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen» a bousculé ce bel ordonnancement. «Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d’autant mieux qu’ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d’espoir pour la France», écrit l’ancien Premier ministre socialiste. «Isolés, ni eux [les centristes] ni nous, n’avons aucune chance», ajoute-t-il. Aussitôt informé de la prise de position rocardienne, François Hollande lui oppose une fin de non-recevoir, jugeant qu’il n’y a «pas d’alliance concevable entre la gauche et une partie de la droite».  «Absurde», a aussi tonné Jack Lang.

Torpille. Moins catégorique, la réaction de Dominique Strauss-Kahn : «Chaque chose en son temps», a-t-il déclaré lors d’un déplacement à Toulouse, en mettant l’accent sur la nécessaire mobilisation «pour le premier tour». Pierre Moscovici évoque, lui, une «mauvaise formule» prononcée à un mauvais moment. Tout en reconnaissant que «rien n’est écrit, rien n’est exclu». 

La candidate, elle, a dénoncé «un certain nombre de tractations ou de manoeuvres [ayant] pour objectif d’empêcher la clarification du débat politique». Dès le mois dernier, Ségolène Royal le confiait : entre livre assassin d’Eric Besson et appel des Gracques au rapprochement avec l’UDF, «il n’y a que moi qui prends des attaques de mon camp. Ni Sarkozy ni Bayrou n’ont cela. C’est quand même une nuisance.» A neuf jours du premier tour, l’appel de Michel Rocard, qui «fait partie de l’équipe de campagne», comme l’a rappelé la candidate, et qui vient tout juste de lui rendre un rapport sur «l’économie numérique», prend donc des allures de nouvelle torpille tirée depuis ses propres positions.

A la mairie de Mulhouse, la candidate a tenté de rebondir. «Le fait que François Bayrou sollicite tel ou tel individu montre qu’il n’a pas d’équipe. Ça fait beaucoup : pas de programme, pas d’équipe, coresponsable du bilan…», a-t-elle déclaré. Et de dérouler l’argumentation : «Un certain nombre de candidats ont intérêt à la confusion. Ils ne veulent pas la confrontation des projets car ils seraient obligés de rendre des comptes sur le bilan. Moi, je veux rassembler au deuxième tour toute la gauche, et au-delà tous ceux qui veulent que cette élection soit utile, tous les électeurs républicains et humanistes.» Pas d’alliance politique, donc. Mais, assurément, la recherche de la plus vaste zone de chalandise électorale. «Au-delà» de «toute» la gauche.

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