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Le grand écart de François Bayrou

Créé par le 24 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Cette fin de semaine, le MODEM tient son université de rentrée à Guidel, en Bretagne, jusqu’à Dimanche. Au programme, on l’imagine, la question des présidentielles. Y aller ou pas? Et si oui dans quelles conditions? Avec quels soutiens et pour quoi faire?

Le dernier sondage pour Les Echos et Radio classique donne 12% à Bayrou au premier tour, en cas de désignation de Sarkosy aux primaires. Une estimation encourageante pour les supporters du palois alors même que ce dernier attend les résultats de la primaire pour une vraie rentrée politique. Car à ce jour, Bayrou en reste au soutien à Juppé pour la primaire. Avec cette immense ambiguité, que l’on retrouve à gauche chez Montebourg, quant au statut et au sens de cette élection, en liant la candidature aux présidentielles aux résultats d’une primaire que l’on tiendra pour licite si son favori vient à triompher ou  bien comme nulle et non avenue si l’adversaire la remporte. De quoi y perdre son latin, la primaire étant justement la méthode de résolution de la pluralité de candidature dans chaque camp.

Désigner sa préférence pour la primaire pour  présenter ensuite sa propre candidature relève de la grande acrobatie. Mieux vaut la posture fermée d’un Mélenchon, à gauche, qui n’entend nullement légitimer les primaires socialistes et affiche la couleur depuis le début. Avec, à la différence de Montebourg,  ce refus de tout autre processus qui verrait une primaire ouverte de toute la gauche, excluant ou non la candidature du président sortant. A la vérité, Bayrou, ressent la même aversion pour Sarkosy que les candidats déclarés du camp de « la gauche de gauche » ou de « la gauche de la gauche »", expriment à l’égard de Hollande. Et pour couronner le tout, Bayrou, qui ne participera pas à ce scrutin, en redoute publiquement les effets pervers favorables aux discours les plus durs.

Si Alain Juppé ne passe pas l’épreuve de la primaire et si Nicolas Sarkozy est désigné candidat de l’ex-UMP, le président du Modem affiche la couleur : il se déclarera lui-même candidat à la présidentielle. François Bayrou voudrait une sorte de grand rassemblement des Français au-delà des clivages droite-gauche. Il estime d’ailleurs qu’il est temps de rompre avec ce système  qui est l’une des causes du mal politique français.  Il croit d’autant plus à la nécessité de se tenir sur cette ligne du rassemblement qu’elle serait la seule manière de permettre des majorités solides pour engager les grandes réformes nécessaires.

Entouré de ses soutiens et d’une liste impressionnante d’invités, Bayrou enfoncera davantage le clou à l’issue des travaux de Guidel, avec le sourire teinté d’impatience de celui dont son prédécesseur à la mairie de Pau, André Labarrère, résumait cruellement toute l’ambivalence en disant qu’en  l’observant, il ne savait jamais s’il fallait voir la tête d’un pâtre grec ou celle d’une face de boeuf. En d’autres termes il désignait ainsi cette tête de Janus inclinant à la sagesse du professeur de philosophie versus… Je vous laisse maître des mots pour illustrer la seconde image. Un bon point quand même pour le MODEM avec cette rencontre qui permet de tourner la page d’un récent scandale fortement médiatisé mettant en cause son vice-président.

Reste le fond des choses. Toutes ces postures de double jeux ne suffisent pas à faire une politique qui réponde aux défis de la période.  Si Juppé a la faveur du MODEM, c’est donc qu’il incarne le projet de Bayrou, auquel cas le choix de la droite à la primaire mettra fin au débat et Macron, une fois candidat, pourrait bien damer le pion au palois privé du soutien officiel d’un Juppé défait par son camp. Du grand écart sur la méthode au risque de chute vertigineuse, il n’y a qu’un pas de trop sur cette corde raide!

Xavier Dumoulin

Du « Grand Tout » au grand n’importe quoi! Billets de sagesse ou d’humeur, écrits au fil des jours de l’été et livrés en vrac, à l’usage de mes semblables qui ne s’en laissent pas conter…

Créé par le 17 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Des signaux et des codes pour les (dé)branchés du Grand Tout

Posté par sr07 le 31 juil 2016 à 3:03

 

P1030266crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

On annonce de nouvelles entreprises défiant l’imagination : il s’agit bel et bien de capter les messages interstellaires avec un appareillage de très haute technologie, cela va sans dire, et, en arrière plan, cette intuition d’une possible vie intelligente dans l’univers infini de l’espace intergalactique (1).

Donc un projet sans idées préconçues quant à l’équation de l’intelligence et de l’humanité, le postulat de base restant de facto celui d’une captation de signaux extra-terrestres, lesquels pourraient émaner de mondes savants ne partageant pas les principes élémentaires de la morale kantienne. Hypothèse tout aussi probable que ce mirage d’une rencontre de notre humanité avec un autre monde…

Par expérience, nous autres Terriens connaissons bien notre façon d’être première, totalement inhumaine, envers les peuples dominés dans ces chocs de civilisations ou les prétendus civilisés se conduisent en barbares. L’extermination des Indiens du nouveau monde en offrit un monstrueux exemple. Tout comme cet affligeant mode esclavagiste qui accompagna l’exploitation des richesses naturelles au temps de la première mondialisation post-colombienne.

Ce qui nous ramène à nos propres contradictions dans nos « conduites humaines » – si je peux me permettre cette expression – pour décoder, derrière les mots qui l’enveloppent, le grain des choses. Et depuis rien ne s’arrange vraiment. Les Lumières quelques peu tamisées de nos grands philosophes brillent parfois à des centaines d’années-lumière de notre présente humanité engloutie sous  le claquement des armes qui servent aux guerres ordinaires ou aux usages terroristes et font rage partout dans le monde.

L’Etat d’urgence ne serait-il pas  d’abord celui de la recherche d’un nouveau code universel? Pour donner le signal d’envoi d’un retour aux  principes du don, cher à Marcel Mauss, à l’opposé de cet individualisme méthodologique de Boudon, d’un retour aux codes de réciprocité et d’authenticité quand on se prend à singer « ceux qui nous tirent par le bas » pour satisfaire de bas instincts au détriment de l’intelligence du cœur, celle à la recherche d’unité dans l’association des individus, du Un dans le Tout.

Du singe à l’anthropologie…L’accueil dans le camp conservateur américain des provocations actuelles d’un Donald Trump  en dit long en matière d’ambivalence humaine. Et ici nos politiques restent sourds aux détresses de ceux qui n’en peuvent plus de cette insécurité sociale permanente, ceux-là mêmes qui sont souvent les plus exposés aux incivilités et aux violences quotidiennes et qui, dans leur exaspération, reçoivent parfois cinq sur cinq les messages des politiciens xénophobes. Dans notre univers en proie aux violences terroristes qui s’expriment sous de nouvelles formes toujours plus abjectes, on serait sans doute bien inspiré de ne pas en rajouter avec ces façons d’être agressives ne serait-ce que dans des codes chargés de violences symboliques, décrits avec intelligence et perspicacité par l’école de la théorie de la domination chère au regretté Bourdieu et à tous ceux qui, à tort ou à raison, s’en revendiquent. Mais ce serait alors tout un monde à changer!

Pour revenir à nos moutons, un retour sur nous-mêmes –  jusque sur nos échanges les plus élémentaires, nos pratiques, nos façons d’être au quotidien et, plus largement nos habitus,  – ne vaut-il pas mieux que ces imaginaires décodages interstellaires? Une telle introspection sur nos impostures inavouées et nos jeux de rôle, ne nous en dit-elle pas plus sur notre for intérieur, que nos récits de vie  qui en font trop souvent le déni?

Ce disant, quand je tente de m’élever de mon humaine condition faite de moments d’égarement, ne suis pas moi-même à des milliers d’années-lumière de la triviale réalité qui nous entoure? « Qui veut faire l’ange fait la bête » disait Pascal. Comprenne qui pourra! Mais l’ombre suppose la lumière comme la vérité l’erreur…Et le début est dans la fin et réciproquement. Autre façon de décliner Einstein,  pour qui la matière et l’espace forment un tout dans notre espace temps…

A bon entendeur – entendez décodeur - salut mon internaute branché, mon semblable, mon frère!

Xavier Dumoulin

(1) A lire dans Le Monde Diplomatique

Sous le soleil de satan…

Posté par sr07 le 19 août 2016 à 8:21

J’exècre cette stupide focalisation sur les tenues de bains qui tourne en guerre de religion. Si l’on peut voir dans le port du burkini une expression d’asservissement, cessons pour autant ces amalgames nauséabonds qui visent à exacerber les tensions au delà du raisonnable!

Quand tel candidat à la primaire de l’ex-UMP prétend vouloir légiférer par ordonnance sur le sujet dès son élection à la présidentielle, on mesure bien là le dérapage  d’une exploitation politicienne. Engranger un capital de notoriété dans le rejet et la stigmatisation conduit ni plus ni moins à s’aligner sur le fonds de commerce du FN et sur son trivial et sempiternel argumentaire. A ce jeu là, on voit bien à qui profiterait une élection qui se jouerait sur le sujet.

Sans tabou, il faut envisager les choses du point de vue le plus responsable. Qu’il y ait aujourd’hui un risque de trouble à l’ordre public fondé sur l’émotion provoquée par le port du burkini en dit déjà long sur l’état de l’opinion. En ces temps de vulnérabilité face au terrorisme, il est certes légitime de s’inquiéter de toute menace favorisée par une tenue susceptible de cacher des explosifs ou des armes dans des lieux publics.  Mais a contrario, le seul fait de se baigner habillé ne devrait pas constituer un délit sauf à réviser fondamentalement nos principes juridiques.

Quoiqu’il en soit l’ordre public dans sa version de moralité publique appréciée de longue date par le Conseil d’Etat renvoie au plus grand paradoxe. Dans une tribune au journal Sud-Ouest, le juriste Olivier Dubos nous expliquait hier que « l’un des arrêts qui ont conforté cette notion concerne la confirmation d’un arrêté pris au début du siècle par le maire de Biarritz et qui, au nom de la moralité publique et de la décence sur les bords de mer, interdisait de se déshabiller sur la plage et de circuler en costume de bain dans la ville! »

De quoi méditer sur la contingence des représentations et des jugements moraux dans cette époque ambivalente. Le très agnostique président Hollande s’entretenait avec le pape François de cette chère laïcité, parfois incomprise des gens d’église. D’abord au service de la liberté, elle doit rester un des principes socle de la république.

« La sortie par le haut du burkini » est en soi une question bien subalterne… Au diable les tabous! Laissons donc les corps et les esprits des aoûtiens jouir en paix du soleil et du sable…

Xavier Dumoulin

Du

Un débat sur l’identité relancé ad nauseam!

Posté par sr07 le 26 août 2016 à 7:17

« Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives. » Dixit Marisol Touraine venant ainsi contredire le premier ministre Valls dont on connaît la posture pro arrêtés, mis aussi en difficulté sur ce sujet par les propos nuancés de ses autres ministres parmi lesquels Najaud-Belkacem et Villeneuve. Ceux-ci ne s’inscrivent-ils pas dans une approche raisonnée de cette question émergente? A la manière du maire de Juan-les-Pins, Jean Léonetti, député LR, qui se refuse à de tels excès en l’absence de troubles à l’ordre public, à la différence de ses amis de la côte du même bord.

Avec les arrêtés anti-burkini, pris en considération affichée de risques de troubles à l’ordre public, dans cette région meurtrie par les attentas de Nice, dans une France également endeuillée par la répétition de tueries revendiquées par Daesh, la tentation d’une récupération politicienne menaçait de pourrir le débat. C’est chose faite avec la posture identitaire de l’ex-président candidat! Sarkosy s’engouffre comme à son habitude sur un terreau glissant, surfant sur cette vague estivale qui vient à point.

La médiatisation de l’affaire joue cependant dans les deux sens. Cette image d’une femme, verbalisée sur la plage à grand renfort de policiers et montrée du doigt par les estivants qui l’entouraient en raison de sa tenue, à de quoi inquiéter. Dans cette ambiance délétère, les termes du débat sont pipés. Et le maire de Paris, Anne Hidalgo, a bien raison d’intervenir à son tour pour un rappel à la modération.

Ne sombrons donc pas dans une stigmatisation qui raviverait les passions sur cette affaire. Le conseil d’Etat tranchera en droit ce jour à 15 heures. Mais il n’épuisera pas le sujet. Revenons-en aux vraies questions.

Oui, le port du burkini n’est pas en soi réducteur à une tenue de mode et peut même signifier une perspective humiliante pour la femme en faisant fi de décennies de lutte féministes.

Oui, le port du burkini peut, dans certaines situations, constituer un symbole d’allégeance à un islamisme militant intransigeant.

Oui, le port du burkini peut menacer l’ordre public quand l’émotion des populations est exacerbée dans ce contexte très particulier de la France endeuillée.

Non, le burkini ne constitue pas, en tant que tel, une atteinte aux principes de la laïcité quand son usage relève d’un choix personnel de tenue de bain. Au demeurant,  le choix de rester habillé sur la plage ne saurait constituer un délit généralisé sauf à porter une atteinte grave aux libertés fondamentales.

Il est grand temps de freiner cette déferlante de propos politiciens ambivalents sinon stigmatisants qui, sous prétexte d’une idéologie supposée s’exprimer dans la tenue burkini – c’est la thèse du premier ministre, de l’ex-président candidat et des maires pro-arrêtés – justifierait une posture généralisant l’interdiction de l’habit à la plage en raison d’un trouble à l’ordre public inhérent à la présence de femmes en burkini.

Une telle caricature de la réalité et du droit gomme la complexité et la diversité des situations. On devine ses objectifs. Au travers de la dénonciation du burkini, l’interdiction du voile à la plage, prônée par les identitaires « jusqu’au boutistes » ne repose sur aucun des fondements et principes du droit français. Cette idée saugrenue de vouloir légiférer en la matière est bien mal inspirée dans une période qui suppose plus que jamais de cultiver « le vivre ensemble » dans une république laïque, respectueuse des libertés publiques.

De ce point de vue, le « ni provocation, ni stigmatisation » du président Hollande renvoie à une posture équilibrée, nuancée et juste. Mais ce recadrage bien nécessaire suffira-t-il ?

Xavier Dumoulin

Du sport à la politique quand le cupide le dispute au sublime…

Posté par sr07 le 07 août 2016 à 17:45

P1040607crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

L’esprit sublime et l’instinct cupide ne constituent-ils pas l’envers et l’endroit d’une même impasse dans les façons d’être institutionnelles et collectives comme à l’échelle individuelle et dans les relations inter-personnelles?

Prenons les exemples des mondes du sport et de la politique qui  illustrent et résument toute l’ambivalence des façons d’être paradoxales de leurs protagonistes. D’où cette image trop souvent péjorative d’agissements qui altèrent les prétentions affichées!

En ces jours d’ouverture de jeux olympiques, il n’est point besoin de vanter cette mystique du sport. La communion d’une foule en liesse dans le spectacle qui accompagne l’arrivée de la flamme et les symboles qui entourent cette mise en scène expriment magnifiquement cette idéal originel.

Depuis l’Agora, la solennité du cadre de la délibération publique qui fixe l’intérêt général et dicte la loi, manifeste également cette grandeur de la politique. Depuis sa théorisation par les grands philosophes de l’Antiquité, la république s’entoure de fastes et de décors qui lui confère une majesté et une autorité qui participent de sa légitimité.

Des stades olympiques aux palais de la république, ces lieux offrent un décor adapté et solennel aux joutes des corps ou des idées.

Tout ce décorum veut exprimer et encadrer cette ambition d’un combat désincarné, noble et pacifique au service du dépassement de soi dans le sport comme de l’intérêt particulier en politique.

A contrario, dans ces mêmes champs du sport et de la politique, n’assiste-t-on pas trop souvent au dévoiement de cette éthique originelle? Malgré les règles, le jeu des acteurs viole leurs principes et dégrade leur image dans des attitudes peu « sportives  » ou peu « citoyennes ».

Cette plate constatation de notre part qui relève d’une sociologie primaire, mérite bien de souligner ce contraste entre l’expression sublimée et la triviale réalité ; les affaires de dopage et d’argent dans le sport, les scandales en politique, révèlent épisodiquement cette chute des protagonistes dans une pitoyable dégradation des mœurs.

Ces turpitudes qui traversent ces champs toujours excessivement médiatisés ne reflètent-elles pas nos propres défaillances plus confidentielles dans nos activités quotidiennes individuelles ou collectives, privées ou publiques, personnelles ou professionnelles? Je reste toujours sidéré face aux comportements aberrants, beaucoup plus courants qu’il n’y paraît. Je m’en étonne pour prévenir toute vulnérabilité personnelle.

Ne rencontrons-nous pas ces comportements à tous les niveaux, dans tous les domaines et presque quotidiennement? Nos attitudes, nos comportements et nos expressions ne trahissent-ils pas trop souvent cette fragilité psychologique, cette perte de maîtrise de soi, ce manque de courage et de discernement dans notre confrontation avec les problématiques ordinaires de la vie quotidienne publique ou privée ou dans  »les grands sujets qui fâchent »? De quoi s’interroger sur l’origine et la nature de ces défaillances dans leurs manifestations les plus péjoratives.

Ainsi, à titre d’illustration, ce manque d’empathie ou de réflexivité qui accompagne toujours ce lâche soulagement agressif  dans le mépris, la moquerie ou la violence envers l’Autre, cet étranger, quand il ne s’agit pas de ce retournement à l’encontre de ce partenaire il y a peu encore adulé, quand il pouvait servir de marche-pieds et ouvrir quelques portes utiles. Avec ce réflexe bien connu et si fréquent du coup de pied de l’âne… Je ne rappellerai pas ici, par pudeur, le détail de ces récurrentes manifestations de débilité humaine ou de froids calculs de ces mauvaises consciences torturées qui se répandent en propos calomnieux dans l’ignorance de ce sage adage du droit selon lequel « nul ne peut exciper de sa propre turpitude »…

Sans être psychologue, je peux poser l’hypothèse d’un manque certain de discernement à la base de ces vilaines attitudes, dictées souvent par la passion, la pulsion ou la répulsion. Je discerne quelques traits péjoratifs communs à tous ces porteurs de mauvaises manières : l’honneur mal placé, le respect humain, la force du préjugé, l’ignorance, l’arrogance, l’orgueil, la fatuité, la cupidité, l’ambition carriériste, l’absence de réciprocité et d’authenticité dans la relation aux autres, la mauvaise foi, le déni, la trahison, le besoin de domination… pour ne citer que ces vices cachés d’une triviale et cupide ambition!

Ce billet, qui voudrait exorciser ces mauvaises manières, ne saurait atteindre son but s’il n’avait plus modestement l’ambition de tempérer l’hyper sensibilité de son auteur avec cette tendance à la sublimation qui l’accompagne.

C’est en soi un objectif, dans cette impasse d’une quête du sublime comme antidote du cupide, qui favorise en nous cette humilité nécessaire à la connaissance de soi. Une invitation à la réflexivité ou à la philosophie pour l’harmonie de nos vies et de nos sociétés dans l’estime de soi, le partage et l’amour de l’humanité…

Xavier Dumoulin

Postures primaires, retournements et arrières pensées…

Posté par sr07 le 24 août 2016 à 6:33

A l’heure des primaires et autres déclarations de candidature à la présidentielle, chaque rival compte les siens. Bien sûr derrière les postures se cachent aussi les arrières pensées. Tel qui s’affiche candidat aux primaires pourrait bien se prêter à un petit jeu de participation pour négocier ensuite son désistement et promouvoir ensuite son positionnement favorable au sein d’une écurie présidentielle.

Prenez Henri Guaino dont on devine bien qu’il ne peut être qualifié pour la candidature finale. Quel est aujourd’hui le sens de sa présence? Hier caution gaulliste qui faisait vivre les idées d’un Séguin, à quelle fonction s’adonne-t-il dans ce jeu de quilles de l’ex-UMP? Certainement pas en soutien de Juppé, ce libéral qui occupe une partie du créneau jadis pris par un Bayrou. Pour autant, la posture identitaire d’un Sarkosy suffira-t-elle à permettre le ralliement d’un homme qui croit encore en l’Etat et s’attache à défendre la souveraineté de la nation?

A gauche, ne peut-on envisager la candidature de Benoît Hamon comme un faire valoir d’un frondeur qui saura bien, en temps voulu, rallier le leader qualifié? Ce chef de file du courant « un monde d’avance », lâché par son mentor Henri Emmanuelli, n’affiche aucune ambition programmatique sérieuse. L’économie sociale et solidaire ne fait pas un projet! La réduction du temps de travail est une recette un peu courte pour relever les défis de la compétitivité et de l’emploi. Alors Hamon est-il sérieusement positionné pour une qualification à la primaire ou bien cultive-t-il une stratégie personnelle pour tirer les marrons du feu et regagner sa place de leadership que lui dispute Lienmann?

A contrario cette dernière n’affiche-t-elle pas une réelle ambition dans le triptyque de son projet abordé dans un billet précédent sur ce blog? Et ne présente-elle pas des gages de fidélité à sa sensibilité par la longévité de son positionnement politique à gauche?

Il n’empêche que ces deux personnalités viennent curieusement du rocardisme au sein duquel ils fourbirent leurs premières armes avant leur repositionnement. L’une en faisant sa propre motion au congrès de Bourg en Bresse de 1983 sur les bases de l’écologie et de la décroissance. L’autre en passant avec armes et bagages durant la précédente décennie dans un courant de gauche émergeant du mitterrandisme pur et dur (1). Sacré porte-parole, puis chef de file de son courant en 2008, Benoît Hamon n’en conserve pas moins une sensibilité sinon un ancrage dans une vision « deuxième gauche ».

Ce jeu de recomposition des postures en rapport avec les enjeux de pouvoir reste la clé de compréhension des trajectoires politiques des éléphanteaux du PS. Songez à ces alliances de circonstances et à ces fâcheries ultérieures au sein de la gauche socialiste qui voyait au coude à coude les Mélenchon-Dray et Lienemann à la recherche d’une « belle alliance ». Ou bien au sein du courant poperéniste, orphelin de son leader éponyme, le tandem Ayraut- Vidalies. Lequel rejoignit vite Martine Aubry (mais fut néanmoins nommé ministre chargé des relations avec le Parlement dans le gouvernement Ayraut puis secrétaire d’Etat aux transports sous l’actuel gouvernement) quand Henri Emmanuelli, cette figure incontournable de la gauche mitterrandienne revendiquait son autonomie d’action, exaspéré jadis par l’influence d’un Fabius… Fidèle à lui-même mais toujours bougonnant et cassant dans ses rappels à l’orthodoxie et aux fondamentaux de la gauche, cet orateur cinglant se conduit en vrai suzerain qui fait et défait les minorités socialistes au service d’une certaine idée du parti. N’oubliez pas ce soutien à Peillon (qui devait marginaliser  Montebourg à tel congrès de recomposition dont je n’ai plus ni le nom ni la date en mémoire) quand l’ancien premier secrétaire du PS fit son nid dans le courant Montebourg en chassant quelque poussin à la manière d’un coucou…

Hamon et Montebourg ont été ainsi complètement recadrés par ce vénérable socialiste qui s’applique à déranger ses amis dans son entreprise de légitimation de  François Hollande pour sauver – pense-t-il sans doute –  la gauche du naufrage…

Pour en finir avec ce bavardage nourri d’anecdotiques leçons de choses socialistes, la candidature Montebourg apparaît à ce jour tout à fait consistante. La teneur du message, sa médiatisation, le parcours d’Arnaud et ses qualités personnelles offrent une réelle opportunité de faire « turbuler » le système. Cette guerre de position peut-elle sortir la gauche de l’ornière? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. On attendra la suite et les postures au sein de l’ex Front de gauche pour apprécier l’ensemble des recompositions en œuvre dans le paysage politique. On oubliera ici les sensibilités écologistes qui illustrent cette hyper-personnalisation politicienne quand on ne voit plus les questions de fond dans les aventures individuelles des Duflot et autres protagonistes…

Avec, ne l’oubliez jamais, la présence discrète d’une extrême droite aux portes du pouvoir. Et ses jeux politiciens auxquels se livrent avec indécence les rivaux de la tribu Le Pen pour revenir à nos postures primaires…

L’internaute éclairé pardonnera toutes ces digressions de la part d’un citoyen lucide  qui pour s’être efforcé de ne jamais louvoyer n’en reste pas moins attentif aux enseignements de Machiavel qui savait distinguer la « virtù » de la « fortuna ». (2)

Xavier Dumoulin

(1) Ce courant mitterrandien est celui qui inspira l’alliance Mitterrand-CERES au congrès de Metz de 1979 (côté Mitterrandien Fabius-Jospin-Emmanuelli contre Mauroy et Rocard) qui tua dans l’œuf les velléités de Michel Rocard d’accéder à la magistrature suprême. Ce qui n’empêcha pas ce dernier d’exercer son influence idéologique sur la gauche non communiste pendant les années Mitterrand.

(2) Autant de platitudes nourriraient cette vision sidérante de la politique s’il n’y avait cet autre registre de “la grande politique”, laquelle ne refuse pas les emprunts à Machiavel, Rousseau, Marx ou Gramsci pour envisager d’arracher le monde à son destin et délivrer les politiques de leur trop étroites contingences. C’est le grand art machiavélien que de savoir utiliser la virtù – cette capacité subjective – pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés.

La vie de ce penseur nous est racontée cet été sur France-Inter à cette heure matinale (avant les actualités de 8 heures) par l’historien Patrick Boucheron …A écouter https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-machiavel/un-ete-avec-machiavel-19-aout-2016

 

Primaire à droite et jeux de rôle

Posté par sr07 le 14 sept 2016 à 6:31

Anne-Laëtitia Béraud et les chercheurs sollicités par ses soins s’interrogent dans 20 Minutes sur les motivations des outsiders des primaires à droite (1). Ceux-ci n’ayant aucune chance de figurer au second tour, à la différence de Juppé et Sarkosy, la question de leur intérêt à participer à cette élection semble bien légitime. D’où cette leçon de choses, politique sinon psychologique, construite autour de quatre hypothèses que nous empruntons à l’auteur de l’article ainsi que les citations des expertises sollicitées auprès de chercheurs en sciences politiques.

La première hypothèse envisage une candidature de « résurrection », voire de vengeance.

Copé illustrerait à merveille le cas de ces personnalités « sorties des limbes, prêtes à en découdre », après avoir évité la mise en examen dans l’affaire Bygmalion des fausses factures à la présidentielle de 2012. « C’est une candidature de résurrection, mais le motif de la vengeance est à mon avis tout aussi fort », souligne Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’Institut français de presse. « La candidature de Jean-François Copé vise à se venger de Nicolas Sarkozy, à ne pas laisser place nette à François Fillon, son ancien adversaire à la présidence de l’UMP en 2014, ou encore des autres candidats qui ont été ministres de Nicolas Sarkozy et qu’il surnomme la « bande des quatre » », ajoute le chercheur à l’Université Panthéon-Assas.

S’agissant de la candidature Fillon, le ressentiment d’avec Sarkosy vient immédiatement à l’esprit. « Il est son ancien Premier ministre et a eu le temps de nourrir sa colère. Par ailleurs, François Fillon sait qu’il est le troisième homme de cette élection. Il attaque Nicolas Sarkozy frontalement et tape fort sur les affaires judiciaires pour faire s’écrouler l’ancien président. » précise le politologue Thomas Guénolé.

La seconde hypothèse relève d’une volonté de gagner un maroquin et d’incarner la relève.

L’exemple de Valls, devenu premier ministre malgré son faible score de la primaire socialiste de 2012 (5,63%) ouvrirait des perspectives aux impétrants de la droite. Les candidats Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Geoffroy Didier (non qualifié à la primaire) pourraient ainsi espérer un ministère en cas de victoire de la droite en 2017. «Chacun prend date pour le tour suivant, à savoir la présidentielle de 2022, souligne Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. « Tous savent que Nicolas Sarkozy ne repartira pas pour deux mandats, et Alain Juppé affirme qu’il ne fera qu’un mandat en cas de victoire à la présidentielle. Ils veulent donc incarner la relève », ajoute l’enseignant à Sciences-Po Paris.

La troisième hypothèse est qualifiée de « candidature-sanction ».

A l’instar de Marie-France Garaud et de Michel Debré en 1981 qui » souhaitaient torpiller Jacques Chirac à la présidentielle, car ils estimaient qu’il n’était pas digne de la fonction », selon le chercheur Arnaud Mercier. Lequel place aujourd’hui dans cette même situation Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie qui ont décidé  de passer outre la primaire, qualifiée « d’escroquerie démocratique » par l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Les deux personnalités, en référence au gaullisme, estiment qu’une présidentielle se fait par « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Mais où peut mener cette capacité de nuisance à l’égard des favoris de la primaire de droite?

Se faire de la publicité constitue le dernier mobile hypothétique envisagé par Anne-Laëtitia Béraud.

La candidature à la primaire garantit la médiatisation. « La primaire est l’occasion d’exister pour un certain nombre de troisièmes, voire de quatrièmes couteaux », tranche le politologue Thomas Guénolé

Nadine Morano, avec ses propos polémiques sur la France, «pays de race blanche » attire les médias et pourrait bien trouver ensuite un moyen de monnayer sa captation d’une partie de l’électorat lepéniste. Frédéric Lefebvre,  président de son micro parti « Nouveaux horizons» profite de ces primaires pour sa promotion. « Les candidatures de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate, et Hervé Mariton, sont des candidatures de témoignage », complète Bruno Cautrès, qui conclut : « Ils n’ont pas de prétention ministérielle et ne sont pas motivés par la vengeance. Avec la primaire, ils veulent faire vivre leurs idées conservatrices qui restent minoritaires. »

Et à gauche?

Ne pourrions-nous pas prolonger cette étude par un détour à gauche? On y verrait un Benoît Hamon, soucieux de sa publicité pour garder le leadership à la gauche du PS, retrouver un maroquin dans la foulée d’une présidentielle. Leadership disputé par une Lienemann, cette Garaud de gauche, qui pourrait bien chercher une candidature-sanction vis à vis du président Hollande et de son gouvernement. Avec peut être chez Filoche le même mobile à moins qu’il ne veuille accomplir un acte de pures représailles contre la loi travail et la politique libérale qui n’a plus rien de sociale, à ses yeux, et détricote le code du travail. L’ancien ministre, Duflot, espère peut être se refaire une notoriété en vue d’un éventuel maroquin dans un hypothétique gouvernement futur incluant la mouvance écologiste.

Arnaud Montebourg, le républicain socialiste, membre du PS, le mieux placé derrière Hollande, dans les sondages, n’a pas dit son dernier mot quant à sa participation aux primaires, si elles ne devaient être que celles des socialistes. A l’instar des gaullistes, il va à la rencontre d’un peuple. Mais cet élan se réduit-il à une candidature sanction? 

Mélenchon qui retrouve une pêche d’enfer, son régime alimentaire aidant, semble dopé par sa volonté d’en finir avec la cinquième République. Avec son nouveau registre sur le droit animalier, cet humaniste républicain de gauche retrouve une notoriété certaine qui a de quoi inquiéter Hollande. Ce troisième homme chercherait-il une résurrection dans cette échappée solitaire, à l’instar d’un Fillon, à droite?

A la vérité, Montebourg et Mélenchon ne figurent pas dans les outsiders, à gauche, tant leur posture fait résonance à ce besoin de renouveau. Besoin de renouveau qui explique paradoxalement le succès médiatique d’un Macron. Lequel, pour ne s’inscrire nulle part dans l’échiquier politique,  sinon en homme politique au libéralisme assumé, joue parfaitement de tous les registres pour son plus grand bénéfice immédiat. Alors que dire de toutes ces postures?

En politique, la duplicité serait incontournable comme nous l’enseignent les politologues aguerris. Sans doute, mais alors la seule question qui vaille revient au grand galop : à quoi sert cette duplicité? Au service de la grande politique comme on voudrait le croire encore? Ou dans la poursuite de gains mesquins à l’image de cette légion de gagne-petit de la politique?

Xavier Dumoulin

 (1) http://www.20minutes.fr/politique/1923915-20160913-primaire-droite-notoriete-ministere-vengeance-peuvent-gagner-outsiders

 

La période des pré-primaires entre bluff et discours de vérité

Posté par sr07 le 07 sept 2016 à 8:18

Le temps n’est pas aux échanges apaisés dans cette rivalité qui précède les primaires. A droite d’abord dans cette guerre de tous contre tous. Avec le gros filon du thème de l’honnêteté et de l’exemplarité contre tous les soupçons, le mot est prudent, de comportements délictueux, jugés ou en passe de l’être, qui pèsent sur les deux principaux rivaux, l’ancien premier ministre, Juppé, pour le passé et Sarkosy, pour le présent et le futur.

Mais aussi autour des commentaires peu amènes des proches de l’ex-président vis à vis de ses ex-fidèles « candidats à la candidature », selon la dénomination même de Nicolas Sarkosy à leur endroit. Ces « ex » ont tous du ressentiment vis à vis de leur ingrat protecteur qui est plus enclin a donner des gages à ceux qui lui résistent plutôt qu’à ses courtisans. Alors  ils ont franchi le Rubicon, estimant ici qu’une ligne de rassemblement vaut mieux qu’un discours à droite toute et que la dérive identitaire conduit à la même impasse qu’en 2012 avec la ligne Buisson. Mais, s’il manque une colonne vertébrale gaulliste – que le député Guaino ne parvient toujours pas à imposer au sein de son parti -, la tentation reste entière pour les tenants de Nadine Morano de jouer la carte de l’alliance avec le FN. C’est une stratégie qui pousse encore un peu plus loin les signaux de 2012 et de ce début de pré-campagne de la part de Sarkosy qui donne dans l’identitaire et fera bon usage du travail de bout-en-train de sa challenger vis à vis de l’électorat FN.

A gauche, tremblements de terre et répliques depuis les déclarations, dans le plus grand désordre des fondeurs, Hamon et Lienemann, de l’écologiste Duflot et du socialiste républicain Arnaud Montebourg. Lequel semble nettement se dégager de ses rivaux du PS. Avec cette hypothèse d’une candidature Macron qui pourrait bien chambouler le jeu politique. Et ce vertigineux succès médiatique et son logique corollaire sondagier, plaçant Macron loin devant Hollande au premier tour dans tous les cas de figure, c’est à dire avec une candidature Juppé, Sarkosy, voir Juppé et Bayrou. De quoi précipiter le réveil du président qui  songe à présent à donner dès demain des signes forts de candidature virtuelle. Mais la période précédant l’entrée en campagne ne fait-elle pas souvent émerger des outsiders qui, pour finir, feront des scores électoraux décevants  à l’instar d’un Balladur en 1995 ou d’un Chevènement en 2002?

Dans ce climat de pré-primaires, une chose est absolument certaine : la candidature Mélenchon à gauche, avec cette bonne côte du député européen, le phénomène Macron qui fait irruption et bouscule le jeu, la guerre des chefs à droite, le capital entier d’attraction de l’offre lepeniste sur un électorat qui aurait besoin d’être mieux éclairé sur des choix stratégiques.

Où se situe aujourd’hui l’intérêt national et comment peut-on redresser la France, son industrie et ses emplois? Quelle sortie possible des traités européens qui phagocytent l’économie? Quelles protections vis à vis de la mondialisation libérale? Quel socle républicain pour le peuple de France dans une nation ouverte au monde?

Autant de questions qui appellent des solutions énergiques que tentent de construire des personnalités aussi différentes qu’un Montebourg ou un Mélenchon à gauche, un Guaino ou un Dupont-Aignan à droite.

Xavier Dumoulin

Sarkosy-Cahuzac, ces politiciens qui jouent gros…

Posté par sr07 le 06 sept 2016 à 5:45

Grand déballage dans l’affaire Cahuzac avec ce rebondissement lié aux prétendues révélations de l’ex-ministre du budget. L’intéressé aurait ouvert le premier compte illicite avec l’argent de l’industrie pharmaceutique pour financer les activité politiques de Michel Rocard. Ce dernier pourrait bien s’en retourner dans son tombe. On peut toujours épiloguer sur la proximité d’un Cahuzac avec le courant rocardien mais, de là à considérer comme plausible de tels calomnies, il y a un pas à ne pas franchir. Laissons donc la justice faire son œuvre.

Tout comme dans cette piteuse affaire Bygmalion qui met en cause le financement de la campagne d’un Nicolas Sarkosy qui multipliait meetings et dépenses sans compter en 20012. Avec ce dépassement phénoménal occulte,  de plus de vingt trois millions d’euros, des dépenses de campagne autorisées, qui laisse perplexe quant à la capacité de revenir aux affaires d’un sortant irrespectueux des règles élémentaires. A se demander même si le personnage n’est pas revenu en politique en 2014 pour se protéger!

Dans ces deux cas, quelle imposture! Ces façons d’être sont des marqueurs de la décomposition morale jusqu’aux sommets de l’État. Le mensonge et le déni qui tiennent lieu de posture pour tenir coûte que coûte! Une inversion totale du rapport des gouvernants à la chose publique : se servir au lieu de servir. Sans complexe, avec un affichage de mépris pour les principes qui transpire par tous les pores! Issus de la droite ou de la gauche, ces deux flambeurs en politique attisent le rejet populaire et la méfiance vis à vis des politiciens. A juste raison dans ce cas. L’exception ne fait pas la règle et la généralisation n’a pas lieu d’être. Mais à ce niveau, celui d’un ex-ministre et d’un ex-chef d’État, on comprendra bien la facilité à donner dans le « tous pourris », ce slogan incivique émanant d’un parti principalement impliqué dans les affaires de corruption et de blanchiment d’argent (l’ami de Cahuzac cité dans le procès serait aujourd’hui  un proche de Marine Le Pen, mais n’est-ce point là pure coïncidence?).

Ces deux dossiers atteignent donc des niveaux inégalés de corruption. Rien à voir avec certains précédents qui voyaient sanctionner tel responsable pour des irrégularités dans la tenue des comptes du parti en cause pour des sommes sans proportion avec celle de la campagne de Sarkosy. Quant à la parade inqualifiable d’un Cahuzac mettant en cause le financement des campagnes de l’ancien premier ministre pour faire croire qu’il ne s’agirait pas d’une évasion fiscale et donc d’une affaire d’enrichissement personnel, elle nous renvoie à la posture de celui qui niait jusqu’au bout détenir un compte en Suisse, droit dans les yeux devant nos concitoyens! « Aujourd’hui, je ne mens pas! » Chacun appréciera…

Ces minables arguties, d’un côté, ou bien le silence méprisant du déni, de l’autre,  en disent long sur les mœurs en vigueur. Le mot féroce de l’ancien premier ministre et rival de Sarkosy à la primaire fait sens. Imagine-t-on De Gaulle mis en examen? A la vérité ces affaires font la démonstration d’un rapetissement phénoménal de perspective chez ces ambitieux. Nous tombons ici en réalité sur des affairistes en politique qui intriguent plus qu’ils ne gouvernent quant ils font usage d’un registre moral dans leur posture de dirigeants.

Xavier Dumoulin

Quand Macron squatte les médias pour ne rien dire!

Posté par sr07 le 05 sept 2016 à 7:48

Présent tout le week-end, dans les pages du JDD puis dans la nouvelle émission de Nicolas Demorand, Questions politique de France Inter/franceinfo/Le Monde, Macron, le déserteur du gouvernement, continue son tour de force médiatique.

Pour mémoire, le très libéral ministre de l’économie a présenté sa démission mardi dernier en déclarant « avoir touché du doigt les limites de notre système politique ». Face à « l’impuissance collective » au sein du gouvernement » il prétend bien » transformer la France dès l’année prochaine ».

L’émission d’hier était l’occasion de sortir des déclarations d’intention pour aller plus au fond. Mais il commence par botter en touche sur sa probable candidature à la présidentielle : « Les questions d’incarnation se posent légitimement à un moment donné mais ce n’est pas le sujet maintenant ». On appréciera la façon d’être politicienne de ce tartuffe qui nie l’évidence.

Alors pourquoi ne pas vouloir conquérir le PS pour y faire prévaloir ses conceptions?  «Parce que je pense très profondément que le Parti socialiste aujourd’hui est dirigé par des gens qui ne veulent pas le moderniser ». D’ailleurs son mouvement « En marche » ne serait ni de droite, ni de gauche. Il est ouvert aux militants de les Républicains, du MODEM, du PS et aux non encartés de tous les bords. Face à « une gauche statutaire, conservatrice » incarnée, selon lui, par Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg, il revendique être de  » cette gauche du réel », sa filiation politique, « c’est Mendès France, c’est Michel Rocard », a-t-il encore affirmé.

Quelle est alors sa différence de vue d’avec Valls? « Nous n’avons pas le même parcours, parce que précisément, lui, a toujours vécu dans le Parti socialiste et a une carrière politique. Ma grande différence, c’est que je suis passé par la société civile, je n’ai pas la même formation et donc plus de liberté par rapport aux appareils ».

L’émission tourne ainsi en rond sans que l’on n’entende une seule proposition originale qui justifierait cette posture nouvelle d’Emmanuel Macron. Toujours le même art politicien de l’esquive et le recours aux astuces les plus éculées!

On revient sur la popularité du ministre démissionnaire qui atteint un fort capital de sympathie chez l’électorat de droite notamment. Et sur la façon d’occuper la sphère médiatique en jouant sur le registre people.  Mais là encore, Macron répond sur le registre du système D : « Je ne fais pas les unes de la presse people, la presse people fait des unes sur moi, c’est différent ». Avant d’ajouter : « Oui, ça me gêne. Là, c’est trop. On a là aussi, comme sur l’argent, en France, un rapport traumatique à la vie privée. J’ai décidé de ne pas cacher ma vie privée. Pourquoi ? Parce que oui, j’ai une femme, je pars en vacances avec ma femme parce que je l’aime, parce que ma famille est importante et parce que c’est le socle de ma vie. Donc je ne vais pas le cacher. (…) Ça me gêne, parce que ma démarche, elle est politique, pas frivole. »

On aura vraiment tout compris. Ce Macron, créature du président Hollande qui l’avait nommé à l’Elysée avant de le choisir à Matignon, n’a rien d’autre à dire que de laisser monter sa cote de popularité en jouant sur la séduction tous azimuts. Dans ce jeu obscur, il en perd déjà ses meilleurs soutiens. Son mentor socialiste, Julien Dray a des mots bien durs à son endroit! Et le premier ministre, son rival, ne l’a pas épargné dans un récent meeting toulousain.  L’effet immédiat de cette posture du ministre démissionnaire ne réside -t- il pas dans sa capacité de nuisance vis à vis du président? Ce qui pourrait en arranger beaucoup d’autres à gauche…

Xavier Dumoulin

 

Trahir avec méthode?

Posté par sr07 le 02 sept 2016 à 5:22

Telle serait l’œuvre de Macron selon le président Hollande qui dénonce ainsi son ministre (1). Un constat terrible qui place le président en bien mauvaise posture. Une frange de son électorat potentiel pourrait bien glisser sur le nom de cet amateur qui profita de ses fonctions à l’Elysée puis au gouvernement pour valoriser sa trajectoire dans une finalité électorale toute personnelle. En marche vers l’Elysée, sans troupe et sans expérience, le personnage ferait bien de se raviser à temps.

Si Montebourg représente un risque de destruction pour Hollande, Macron constitue une obstruction. Un comble pour ce président qui a fait la carrière politique de Macron! Ce dernier semble occuper une place auprès d’un électorat libéral, plutôt âgé et de droite. Celui qui se tournait, jadis, vers Bayrou. Macron pourrait ainsi piquer quelques « parts de marché de cette offre politique » à un Juppé, voir à un Beyrou dans l’hypothèse ou Sarkosy triompherait de la primaire à droite. Mais alors quel serait le départage de l’électorat captif des Beyrou et Macron sur l’un ou l’autre de ces mêmes protagonistes?

En attendant ces hypothétiques scénarios, le premier ministre n’est-il pas le gagnant de ce basculement au sein de son camp? Eliminé du paysage gouvernemental, Macron laisse le champ libre à Valls sur ce terreau libéral-sécuritaire. Un Valls récemment fragilisé par ses ministres Vallaud-Belkacem et Touraine qui n’ont guère caché leur opposition à l’approche du dossier des arrêtés anti-burkini. Avec en final un ministre de l’intérieur renforcé par sa posture équilibrée sur la question des rapports entre l’islam et la république, aidé en ce sens par l’émergence de son ami Jean-Pierre Chevènement qui l’a précédé dans cette fonction ministérielle sous le gouvernement Jospin de la « gauche plurielle ».

Après les candidatures Hamon, Duflot et Montebourg, l’espace d’un président-candidat se réduit comme peau de chagrin. Cette situation ne conviendrait-elle pas à un premier ministre qui affiche à l’envi son loyalisme et qui ne saurait disputer la place à une candidature  Hollande? Levée l’hypothèse d’une présentation à la primaire de l’ancien premier secrétaire du PS et actuel président pour un nouveau mandat, Valls aurait les mains libres. Si ce n’est une réelle difficulté à convaincre la base du parti, certes très étiolée et plutôt élitaire, et celle, plus large, des sympathisants socialistes, à désigner celui qui ne fit que 5% des voix aux précédentes primaires.

On n’en finirait pas d’épiloguer sur ces terribles projections qui débouchent in fine sur des impasses. Comme me le confiait hier, en aparté, un ami socialiste de toujours, la droite du parti pourrait bien trouver dans la sécession la réponse à ces questions. Le pire n’est jamais sûr dit-on. Mais au point où nous en sommes, une telle clarification ne ferait-elle pas l’affaire de Montebourg? Ce républicain socialiste aux accents gaulliens qui ne sont pas pour nous déplaire…

Xavier DUMOULIN

(1) « Il m’a trahi avec méthode! »

 

Ce clan, des néocons aux prétendus anti-racistes, qui moque Chevènement…

Posté par sr07 le 31 août 2016 à 8:01

Odieux battage médiatique autour des propos du président de la fondation pour un islam de France. Certains rivalisent de griefs et d’invectives, masquant mal leur profonde mauvaise foi!
Prenant prétexte des souvenirs des femmes qui allaient sans voile dans les rues du Caire ou d’Alger,  il y a de cela quarante à cinquante ans, évoqués devant les auditeurs de France-Inter par un Jean-Pierre Chevènement interrogé par Patrick Cohen, des internautes niais, reprennent en boucle l’antienne selon laquelle Chevènement ne serait pas retourné en Algérie ou en Egypte depuis des décennies. Et d’aucuns de faire leur presse autour de ces réactions, entretenant ainsi l’ambiguité!
Plus grave : telle journaliste de France-Culture feint de croire ces internautes et s’esclaffe sans retenue aucune pour dénoncer la soi-disant méconnaissance du monde arabe de l’ancien ministre, trahissant dans le même temps son manque de déontologie professionnelle et surtout sa bêtise assortie d’une mauvaise foi inouïe!
Se voulant plus féroce encore, tel historien arabisant écrit sur son blog : »C’est faire un mauvais procès à Jean-Pierre Chevènement que de lui dénier une certaine connaissance du monde musulman. Ce qui est en revanche problématique, c’est le caractère biaisé et partiel de l’expérience accumulée par celui qui préside, depuis janvier 2011, l’Association France-Algérie »… »En vue d’asseoir son crédit, M. Chevènement a mis en avant des séjours « au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans ». L’ancien ministre de l’intérieur ne cache pas sa nostalgie pour les grandes figures du nationalisme arabe qu’étaient Gamal Abdel Nasser, au pouvoir en Egypte de 1954 à 1970, ou Houari Boumediene, à la tête de l’Algérie de 1965 à 1978 (avec Abdelaziz Bouteflika aux affaires étrangères). Cette nostalgie d’une époque révolue ne favorise pas forcément l’imagination et l’inventivité indispensables pour contribuer à une nouvelle réalité de l’islam de France ». Et Jean-Pierre Filiou de dénoncer, dans la plus grande confusion, les positions diplomatiques de l’ancien ministre sur les dossiers de l’Irak et de la Syrie.
Nous approchons maintenant de la véritable motivation de ces détracteurs bien mal inspirés par ces néo-cons qui organisèrent la plus grande ratonnade de l’histoire récente avec les deux guerres du Golfe et leur cortège d’atrocités. Rappelons la position de l’ancien ministre de la défense dans cette affaire.
Quant au dossier syrien, les revirements de la diplomatie française ont donné raison à la posture initiale de Jean-Pierre Chevènement qui désignait Daesh comme principal adversaire. On connaît à présent le prix payé par la France du fait du développement de cet Etat terroriste.
Plus surprenante, cette cabale du président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, selon qui le souverainiste «a multiplié les confusions et les dérapages». Idem pour le député PS du département Mathieu Hanotin qui, auprès du Lab d’Europe 1, s’est dit «scandalisé à double-titre». «D’une, sa rhétorique paternaliste et colonialiste (…). De deux, ses propos scandaleux et racistes sur Saint-Denis. Il fait une confusion mentale entre être Français et être blanc. La ligne rouge a été franchie. Il faut que le président renonce le plus vite à nommer cette personne», exhorte-t-il.
Piteux arguments calomnieux que met en miettes Laurent Bouvet dans son entretien au Figaro, publié sur ce blog sous le titre « Attaques contre Chevènement : l’odieux clientélisme de la gauche antiraciste ».
Xavier DUMOULIN

 

Pour l’éditorialiste de 20 Minutes, Valls sème toujours la zizanie à gauche!

Posté par sr07 le 27 août 2016 à 5:41

http://www.20minutes.fr/societe/1914023-20160826-arrete-anti-burkini-suspendu-assumons-debat-lance-manuel-valls

L’éditorial politique du journal 20 Minutes, se penche aujourd’hui sur le cas Valls. Le Premier Ministre serait à la gauche ce que Sarkosy est à la droite…

Simple question de caractère? Non Valls est aussi celui par qui le scandale arrive! Il allume le feu, il clive, il provoque …

Allons donc! L’éditorialiste enfonce le clou : Manuel Valls n’est pas de gauche, il n’est pas du sang de la gauche française tout comme Sarkosy n’est pas du sang (gaulliste?) de la droite française! Et l’argument idenditaire permet de pousser le bouchon plus loin.

Ce Catalan ne partagerait pas la défense des minorités, des droits acquis dans l’entreprise, du multiculturalisme… Il n’épouserait pas la culture de l’excuse. Autant de thèmes inscrits dans les chromosomes de la gauche.

C’est pourquoi il s’oppose à ses camarades socialistes sur la question des rooms, du cannabis, des prisons et de la politique sécuritaire, de la réforme du code du travail, et, point d’orgue, sur le burkini!

Le voici en effet contesté non seulement par le conseil d’Etat mais aussi par ses ministres à l’instar de Vallaud-Belkacem ou de Marie-Sol Touraine, toutes deux représentatives de ces ministres politiquement corrects, rajoute notre éditorialiste. Ils  sont tous contre lui.

Observons plus sereinement que Manuel Valls, ce mal aimé des socialistes – avec son piteux score des 5% aux primaires socialistes de la précédente présidentielle – n’en demeure pas moins chef du gouvernement. Il gouverne sur tous ces sujets avec l’appui du P.S et la bénédiction de François Hollande qui présida les destinées du P.S de très longues années après l’installation de son prédécesseur, Lionel Jospin, à Matignon en 1997.

Quant à affirmer, dans cette litanie de griefs, qu’il ne serait pas représentatif de la gauche française c’est aller un peu vite en besogne! Rocard, en son temps, en se revendiquant lui-même de Mendès-France, n’a -t-il pas ouvert la voie à cette gauche réaliste? Cette référence à la deuxième gauche d’un Valls bouscule les lieux communs de la gauche. Mais nous voila en pleine confusion.

Car, en réalité, les termes du débat ne sauraient se laisser enfermer dans cette approche caricaturale mais bien réductrice. Une partie de la gauche est, il est vrai, enfermée dans un héritage à gauche qui charrie sans nuances un ensemble de poncifs éculés. Ceux-ci sont fondés sur un système de représentations qui donne dans l’angélisme et fait fi des réalités trop triviales. D’où ce fossé entre la gauche social-démocrate et les attentes populaires.

L’anti-racisme, le multiculturalisme, la croyance en l’existence d’un peuple européen et en la fonction régulatrice du grand marché européen, l’ouverture des frontières… Autant de thématiques glissantes vers une perspective libérale et libre échangiste qui conduisent les socialistes à s’opposer becs et ongles au protectionnisme, fut-il à l’échelle de l’Europe, à la sortie de l’euro – comme monnaie unique – et des traités européens. Avec, parfois, cette aversion envers  la réalpolitik versus les « droits de l’hommisme ». Prenez l’exemple des égarements de la diplomatie sur le dossier syrien!

Engoncée dan ses propres contradictions la gauche ne sait pas gérer son rapport à la réalité. Quand elle se veut réaliste, elle compose avec le néolibéralisme et épouse sans réserve les crédos les plus écoulés de l’économisme austéritaire. Quand elle n’en peut plus de son divorce d’avec son propre camp et sa base, elle exorcise le mal dans les discours des congrès socialistes sur le registre « A gauche toute »! Et ça marche. Enfin le temps d’un congrès et d’une alliance de circonstances. Vient ensuite le temps des frondes, des colères rentrées et des retournements de vestes…

D’où ces postures équivoques et cet éloignement durable des simples gens préoccupés par les sujets de vie quotidienne. Ceux-ci expriment un besoin de sécurité et de protection et s’indignent des privilèges usurpés par ceux d’en haut, amalgamant la classe politique, les  grands patrons du CAC 40 et la finance internationale. Avec parfois, en réaction à l’angélisme des bien pensants, ce dérapage entretenu par les démagogues dans la dénonciation des boucs émissaires…

Comment en sortir? « Partir du réel pour aller à l’idéal » enseignait déjà Jaurès. Une voie à suivre pour en finir avec ces postures équivoques. Il y a quelques années la dénonciation des « nouveaux réactionnaires » voulait en découdre avec toute velléité de s’émanciper des lieux communs de la gauche. C’est pourtant une tâche plus que jamais nécessaire. Après l’échec historique de la gauche qui a perdu la bataille des idées en ralliant la perspective européiste, il faut à nouveau défricher le champ idéologique en refusant les faux-semblants et les fausses évidences.  Un combat gramscien, en quelque sorte, pour refonder la république et redonner toute sa place à la citoyenneté et la laïcité. C’est tout le sens de ces mots de Jean-Pierre Chevènement, mis en exergue dans le bandeau de notre blog citoyen, socialiste et républicain :

« Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens, À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas », Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller, Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas. »

Une autre façon d’assumer notre héritage sans sombrer dans la facilité. Et de résister aux vents dominants…

Xavier Dumoulin

 

Cuba, la moringa, le vieil homme et la mer… Castro un mythe vivant!

Posté par sr07 le 16 août 2016 à 8:26

manifestation du 1° mai 2016 à Jagueymanifestation du 1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

L’insularité offre certainement quelques clés de compréhension de la façon d’être cubaine. Mais la longévité du « caballo » qui fêtait samedi ses quatre vingt dix ans n’est pas réductible à la plante miraculeuse consommée et traditionnellement vantée par le commandante auprès de ses hôtes en visite à Cuba. François Hollande en a peu être pris de la graine!

Libé consacrait son éditorial et ses premières pages au « survivant » avec cette faconde pourtant peu amène vis à vis de celui qui incarne toujours le socialisme cubain. On ne s’étonnera pas du réflexe anti-cubain de ce journal fondé il y a plus de quarante ans sur l’anti-impérialisme et l’exotisme des guérillas révolutionnaires. En politique comme en amour, on ne déteste jamais assez ce que l’on adorait, fusse au prix d’un reniement s’accordant de tous les mensonges.

Pour disqualifier ce mythique héraut de la Révolution cubaine qui talonne encore le Che dans sa notoriété, aucune médisance ne sera épargnée envers Fidel qualifié par Lançon dans son éditorial d’ « ogre historique » doté d’un « extraordinaire instinct » de « séducteur mobile et implacable qui transforma en or tout ce qu’il touchait »!

Et dans des pages vénéneuses François-Xavier Gomez en rajoute sur le même ton d’un article intitulé « Castro bon pied, mauvais œil ». Ce papier, trop vite bouclé et pétri de contradictions, balance, sans subtilité, mille griefs en vrac. Pour un peu on pourrait croire que Raoul et Fidel se livrent à une guerre idéologique sur la question des privatisations ou du rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis!

L’article mentionne les « Réflexions du camarade Fidel », cette « icône révolutionnaire »qu’il accuse de faire entendre sa voix, ce qui ne serait pas « une bonne nouvelle pour l’avenir de Cuba ».

Pour faire pièce à cette impitoyable accusation, nous livrons aux internautes le lien avec le blog de Fidel dont certains articles sont traduits en français. Nous en appelons à l’intelligence critique pour un autre regard sur l’histoire de ce pays en pleine ouverture…

Xavier Dumoulin

 

Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Posté par sr07 le 20 août 2016 à 7:48

 Macron s'affiche avec de Villiers et jette le masque... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Cjh3uidWUAA-RKp

Congratulations réciproques entre le très souverainiste de Villiers et le ministre Macron en visite au Puy du Fou!

Première personnalité du camp de gauche à venir saluer la réalisation de ce parc d’attraction, le ministre ne tarit pas d’éloges envers son hôte vendéen. « C’est le 2e parc d’attractions de France, juste derrière Eurodisney », a rappelé Emmanuel Macron. « Il y a eu l’engagement, la volonté d’un responsable politique qui est aussi véritablement un engagé de cette économie culturelle », a-t-il souligné.

De Villiers, cet entrepreneur culturel qui promeut tout à la fois l’emploi, l’économie locale, le spectacle autour d’une certaine vision de cette Vendée réactionnaire de la période révolutionnaire, lui rend bien cet hommage. Jouant de la métaphore, il voit en Macron, ce meneur,  une capacité à conduire des chars… Un vrai clin d’œil à son invité qui se draperait bien, dans son char imaginaire, des oripeaux du pouvoir à la manière toute césarienne d’un prétendant à la fonction suprême. Après Jeanne d’Arc à Orléans, le très libéral ministre de l’économie du gouvernement socialiste, travaille son image dans ses références diverses et contradictoires. Quand la pucelle d’Orléans boutait l’anglais hors de France, la chouannerie, plus de trois siècles après, voulait la victoire des coalisés contre la république.

Dans la gestion de ces paradoxes, pas de surprise dans cette communication magistrale. Interrogé par des journalistes qui s’étonnaient de sa présence aux côtés de M. de Villiers, fondateur du mouvement pour la France (MPF), Macron rétorque « Pourquoi c’est étonnant? (…) L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Mais quelle importance? Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l’intérêt général ».

On rendra grâce au ministre de faire le job en encourageant toutes les initiatives qui favorisent l’essor touristique du pays mais on pourra continuer à s’interroger sur cette désinvolture qui frise la provocation auprès des siens. Sans pour autant focaliser sur l’étonnant parcours de cet ancien chevènementiste.  Après tout n’est-il pas le seul à confesser son reniement d’un socialisme dont on ne voit plus la portée réelle dans la gestion gouvernementale?

A l’approche des primaires qui font le plein des candidats frondeurs, cette attitude médiatique n’a-t-elle pas le mérite d’assumer une vision libérale dont on mesure à présent à gauche toute l’imposture?

Xavier Dumoulin

 

Ségolène Royal : la femme qui n’était pas un homme…

Posté par sr07 le 01 sept 2016 à 7:46

C’est sous ce titre du reportage de Gérard Miller, diffusé hier sur FR3, qu’on pouvait redécouvrir cette battante, aujourd’hui ministre de l’environnement. Une Ségolène toujours surprenante depuis ses débuts en politique jusqu’à sa remise en selle récente (1).

Une femme cultivant l’authenticité dans une vie politique remplie d’obstacles, de codes et de tabous dans ce monde encore trop masculin! Cette Royal laisse parler son intuition, dans des propos, des tenues et des façons d’être jugées provocantes, ce qu’illustrent parfaitement ces retours sur cette jeune ministre, mère de quatre enfants, se laissant filmer à l’heure des tétées au risque de dégrader l’image du pouvoir froid et solennel.

Pour avoir fait campagne pour Ségolène en 2007, j’ai suivi ses discours et propositions tout en vivant les réactions à chaud de quelques personnalités de son camp. De quoi s’interroger sur cet écart entre une base dynamique et des éléphants qui n’y croyaient pas du tout…

Dans le film, Gérard Miller met en exergue ce contraste, allant même jusqu’à démonter cette mécanique infernale en présentant la pitoyable attitude des dirigeants du premier rang du meeting de Villepinte précédant le premier tour. Moqueries et parasitages en tous genres contrastaient avec l’exaltation d’une candidate qui aurait gagné sans cet ostracisme des éléphants…

Ceux-ci lui firent bien payer l’addition dès le congrès qui suivit sa défaite. Comme l’indique le synopsis de l’émission sur le site de Télé loisirs, «  l’ancienne candidate à la présidence de la République a connu sept ans de malheurs, entre 2007 et 2014. Après le tweet assassin de Valérie Trierweiler, suivi de son échec à la législative de La Rochelle, personne ne donnait cher de sa peau. Ségolène Royal a réussi à démentir les mauvais augures et à témoigner d’une étonnante résistance aux épreuves ». Elle a su rebondir et retrouver une place honorable auprès d’un président fragilisé à son tour en sa fin de mandat présidentiel.

Disputé par les siens, mal aimé des Français, retrouvera-t-il cette capacité d’étonnement et d’enchantement? Cet homme, trop muré dans une politique qui ne parvient pas à relever les défis économiques et sociaux, retrouverait sans aucun  doute un peu d’élan à prendre exemple sur son ex-proche compagne.

Pour notre part nous fûmes particulièrement honorés de la place qu’elle nous accorda en publiant ce blog citoyen sur son site de campagne, manifestant ainsi sa profonde sympathie pour nos idées quand elle remettait en vigueur les symboles de la nation et voulait changer la politique européenne.

Depuis, le temps a fait son œuvre mais notre fidélité à cette candidate reste entière. Les articles de la période, en ligne sur ce blog, en disent long sur le sujet (2).

Près de dix ans plus tard, je ne renie rien de mes choix. Et je regarde avec amusement les auto-proclamations de candidature à la présidentielle des prétendants du jour!

Xavier DUMOULIN

Temps libre et souci de soi…

Posté par sr07 le 01 août 2016 à 6:15

En cette période de vacances estivales nous redécouvrons nombreux ce temps de vivre et, avec lui, la liberté et le plaisir de se retrouver.  Quand nos obligations sociales nous entraînent dans un tourbillon vertigineux et  dans la fuite en avant, cette rupture du rythme ne représente-t-elle pas une opportunité salutaire?

Ce nouveau cycle de vie intime et ces échanges avec nos proches libérés de la rigidité des codes sociaux redonnent sens et relief à l’existence privée. L’authenticité et la réciprocité dans nos relations vont ainsi de pair avec la reconquête de nos espaces intérieurs. Car le temps libre est aussi celui des plaisirs simples, des rencontres et des amitiés, des lectures et des écritures, des sorties en tous genres, des promenades et des  voyages… Autant d’activités qui offrent un cadre propice à la découverte des pays et des hommes, à la méditation, à la réflexion et à la prise de distance avec l’univers mental trop dévorant des organisations professionnelles.

La sociabilité, clé du vivre ensemble dans toutes ses dimensions, n’est pas antinomique avec l’existence d’une sphère privée qui mérite qu’on lui réserve ce temps précieux, gage d’une qualité de vie. Faute de quoi  l’homme ordinaire risque deux écueils dans sa trajectoire : la routine du labeur quotidien qui tue en lui créativité, sentiment et énergie vitale; la perte de repères due à la normalisation des comportements dans nos sociétés de marchés, permissives envers le consommateur et toujours répressives envers le producteur. Peut-être Paul Lafargue signifiait-il ces mêmes préoccupations dans son éloge du « droit à la paresse » que nous sommes nombreux à n’avoir jamais pris le temps de lire!

Sans épiloguer sur les théories d’inspiration libertaire qui fondent ces considérations, ne convient-il pas de s’imposer au quotidien une ligne de conduite visant à limiter cet antagonisme entre temps contraint et temps libre? Le jardinage, le bricolage, l’élevage et le compagnonnage d’animaux domestiques, la gymnastique, le sport, la lecture, l’art et toutes les activités, futiles ou sérieuses, dans la diversité des plaisirs et des goûts, sont aussi de merveilleux antidotes contre le risque d’épuisement. S’il est de bon ton de critiquer l’individualisme dominant, on prendra bien garde à ne pas se tromper de cible.

Il faut en effet insister sur la promotion de l’épanouissement personnel dans les processus d’émancipation sociale. C’est dire que cette dialectique entre le groupe et l’individu, le temps contraint et le temps libre, le travail et les loisirs, n’a pas fini de stimuler nos réflexions et de façonner nos conditions d’existence. Pour résumer nos états d’âme, affichons sereinement une posture résolument pragmatique et libertaire faisant la part d’équilibre entre nos aspirations individuelles et nos engagements collectifs.

Cette philosophie du souci de soi sans repli sur soi peut bien heurter les gourous de l’économie productiviste totalement imperméables à nos visées émancipatrices! A quand le retour d’un ministère du temps libre?

Xavier Dumoulin

Dans le sillon des autres, inventer sa vie…

Posté par sr07 le 04 sept 2016 à 8:19

Dans le sillon des autres, inventer sa vie... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin france_libertes_vous_invite_a_son_anniversairele jeudi 24 novembre, France Libertés fête ses 30 ans http://www.france-libertes.org/France-Libertes-vous-invite-a-son-anniversaire.html

Mère Teresa canonisée par le pape François en raison de son engagement auprès des plus humbles, cela marque l’opinion à juste raison. Nous lui préférions sœur Emmanuelle (1) dont la bonté se dégageait de sa petite voix grêle toujours juste  pour parler de l’Autre.  Cette altérité nous la rencontrions aussi chez une Geneviève Anthonioz De Gaulle,  dans l’univers associatif humanitaire, une Lucie Aubrac dans l’épopée de la résistance ou une Colette Audry dans le monde des lettres, de la philosophie et de l’engagement en politique. Ces grandes figures féminines  tutélaires disparues offrent autant d’exemples de capacité de dons d’authenticité et de réciprocité auxquels nous sommes particulièrement sensible.

En ce sens nous gardons, chevillé au corps et gravé dans notre cœur, la mémoire de Danielle Mitterrand qui nous enseigna la vraie liberté : « L’homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir » (2). Cette devise offre un condensé de philosophie altruiste et nous tient lieu de boussole. De la même façon que cet emblématique « logo » de France-Libertés dans un arbre stylisé unissant le houppier du chêne et de l’olivier : la justice et la sagesse.

Cet olivier au tronc tortueux, volumineux et au ramage bien fourni de branches aux feuilles argentées, offert en l’honneur de mon entrée dans une nouvelle décennie, ne cesse de combler mon regard. Olivier rêvé de longue date et planté devant mes lieux favoris de lectures et d’échanges sous la diligence de la femme aimée dont je partage la vie. Je n’aurai pas de mots assez forts pour lui signifier toute ma gratitude envers ce geste hautement symbolique à mes yeux. Au delà du plaisir esthétique, ne traduit-il pas  nos justes et complices sensibilités dans ce regard sur le monde, ces engagements communs et l’expérience de nos vies partagées et réenchantées par ces moments heureux d’intimité? Autant d’occasions de vivre ensemble cet héritage d’une culture et de références qui continuent à guider nos pas.

Ce temps d’anniversaire ne pouvait qu’inspirer ce titre à la résonance existentialiste (je l’emprunte à ce titre d’un livre à paraître d’un philosophe, présenté dans une émission matinale radiodiffusée : inventer sa vie). Il vient opportunément interroger le sens de nos vies, de nos engagements, de nos rapports aux autres et à travers eux, à nous-même.

La période aurait pourtant bien des raisons de nous désoler dans cette débauche d’exhibition de vies privées à des fins électoralistes ou de voyeurisme médiatique! Loin de la sérénité de nos beaux exemples. La sortie précipitée d’un ministre en marche vers la conquête élyséenne qui s’offre à voir en couverture de Paris Match, en tenue de plage, tenant la main de sa compagne qui fut jadis sa professeure, ne provoque en moi aucun sursaut d’émotion et d’estime. Bien au contraire! Prendrait-on nos concitoyens pour des idiots dans ce renversement de sens à tous les niveaux?

Gardons donc nos idéaux et nos raisons d’agir dans la continuité et l’unité de nos vies. Sachons assumer avec dignité les épreuves de l’existence. Ne cherchons aucunement la renommée ou la notoriété au prix des renoncements ou des trahisons. Le bien le plus précieux n’est-il pas celui de cette reconnaissance dans nos combats de tous les jours, ici et maintenant? Dans ce dépassement de la contradiction millénaire entre l’égoïsme et l’altruisme, par le sentiment de participer à une œuvre plus grande que nous? Autant de raisons d’assumer notre humaine condition dans l’amour de l’humanité et l’ambition de servir. Et dans le sillon des autres, d’inventer sa vie…

Xavier Dumoulin

 

(1) Pour ses 60 ans de vie religieuse au Caire, Sœur Emmanuelle souhaitait un rassemblement large, avec des personnes issues de tous milieux et de toutes religions, d’où cette rencontre entre Danielle Mitterrand, alors femme du président de la République Française, et une femme musulmane, sous l’égide d’une soeur Emmanuelle très en verve.

Un Montebourg ultra « chevènementiste »?

Créé par le 22 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin

En lien ci-dessous la déclaration de candidature d’Arnaud Montebourg

http://www.dailymotion.com/video/x4preic

Selon Maurice Safran http://www.challenges.fr/tag/francois-hollande (1), qui voudrait illustrer son propos autour de deux thématiques l’économie et l’Europe, « c’est un Montebourg ultra « chevénementiste » – soulignons l’accent aigu qui renvoie peut être à une certaine distance du Ché comme d’autres, jadis prononçaient  Mit’rand quand ils ne l’aimaient pas ! - qui a signifié la nécessité du retour en force de l’Etat, par toutes sortes de moyens, dans le dispositif économique, industriel et financier. »

Projet de gauche? s’interroge ainsi l’auteur d’un papier acide au titre grinçant « Présidentielles-Comment Montebourg accélère la destruction de Hollande ! »  » Pas tant que ça, avant tout un projet « interventionniste » où la puissance publique pèse et pèsera d’un poids démesuré. L’affirmation que le pouvoir jacobin reste et restera tout puissant. L’envers, en tout état de cause, du social-libéralisme que préconise Emmanuel Macron. »(sic!)

Nous nuancerions très largement ce propos incisif qui, du reste renvoie à une idée quelque peu simpliste d’une éventuelle référence à Jean-Pierre Chevènement dans la déclinaison de son rapport à la puissance publique et au pouvoir. Le président de la fondation Res Publica anime et coordonne une réflexion sur des thématiques utiles au projet politique et fait preuve d’un sens de la nuance et du pragmatisme nécessaire pour aborder les ruptures avec réalisme. Il en est ainsi de son rapport à l’Etat qu’il voudrait plus agile et meilleur stratège. Quand au pouvoir, le prétendu jacobinisme reste un qualificatif usé pour stigmatiser Montebourg en référence à un Chevènement qui fut, ne l’oublions pas, Ministre de l’Intérieur d’un Etat décentralisé (et même Minstre d’Etat lors de l’adoption des lois de décentralisation défendu par son prédécesseur Gaston Defferre) et à l’origine des communautés de communes.

Certes, les deux hommes, on le sait, s’apprécient. Arnaud devait même inviter l’ancien ministre en vedette à sa fête de Frangy à l’époque de sa rupture avec le PS, au début des années 90, lequel avait désigné Montebourg comme un homme politique le plus brillant de sa génération!

Ceci étant posé pour éviter d’emprunter et d’ânonner ces lieux communs repris de plume en plume par les thuriféraires de la pensée conforme, revenons aux analyses de notre chroniqueur.

« Il n’est donc guère étonnant que Montebourg, après s’être payé le président de la république, ait choisi de « cartonner » son successeur à Bercy. Les Français peuvent-ils encore être sensibles à cette musique étatisto-sociale. C’est tout le Pérou de Montebourg. » Soulignons la rengaine, sur le registre de la critique étatiste, voir de de l’Etat social! Suivons à nouveau Maurice Safran

« Reconnaissons que la thématique européenne fut traitée avec davantage de subtilité. Montebourg ne s’est pas rangé derrière les souverainistes, bien au contraire. C’est au nom de l’idéal européen, au prétexte d’une conviction européenne ancrée, qu’il en a appelé à une indispensable remise en cause de l’Union telle qu’elle fonctionne, telle qu’elle exaspère et rend furieuse les peuples de cette même Europe. Ils sont nombreux, à droite comme à gauche, Européens assumés et déterminés, qui, de ces propos, n’auraient rien à renier. » Le chroniqueur fait ici preuve d’un sens de l’observation et de la nuance dans cette subtile relation d’un habile discours sur une thématique essentielle : celle de la respiration économique du pays aujourd’hui engoncé dans l’étau de l’Europe de Maastricht.

Il faut effectivement considérer à sa juste valeur le volontarisme de Montebourg prêt à assumer jusqu’au bout la nécessaire rupture avec l’ordo-libéralisme et sa police économique qui condamne ceux qui voudraient s’émanciper des sacro-saintes règles de ces chiffons de papier que sont les traités européens. On pourra regretter, il est vrai, la participation du Ministre de l’économie au gouvernement Ayraut lors de l’adoption des textes qui parachevaient le dispositif national de respect de l’orthodoxie budgétaire exigée par cette Europe libérale.

Est-ce à dire qu’il faille contester aujourd’hui la posture du candidat Montebourg? Ce serait  une grande erreur que de réduire ce discours de Frangy à une habilité tacticienne et à un succès tribunitien. La nature même du projet surprend par sa capacité  à aller à l’essentiel sans succomber aux facilités du simplisme et en prenant souvent les choses à contre-courant des modes et du politiquement correct. La présence d’une députée chevènementiste, Marie-Françoise Bechtel, aux côtés d’Arnaud Montebourg ne saurait cependant être interprétée comme un soutien à cette candidature. Elle manifeste plutôt un intérêt certain envers le parcours et les propositions d’un homme inspiré qui partage bien des idées du président de République moderne, ce club récemment refondé – dont M.F Bechtel assure la vice-présidence -auquel participe sans réserve  notre ami Montebourg. Je vous invite à une lecture plus détaillée de ce projet repris dans Le Monde en ligne à l’issue du discours de Frangy-en-Bresse (2). La vidéo intégrale du discours est aussi en lien  http://www.dailymotion.com/video/x4preic

Xavier Dumoulin

(1) Un Montebourg ultra « chevénementiste »

Publié le 21-08-2016 à 19h13Mis à jour à 19h19

(2) En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/08/21/quelles-sont-les-propositions-d-arnaud-montebourg_4985846_4854003.html#RGFZaZs5x6P1qpkl.99

Croissance :

    Le soutien aux Petites et moyennes entreprises (PME), autour desquelles M. Montebourg souhaite dynamiser le « made in France ». Ce soutien passerait par l’attribution de 80 % des marchés publics aux PME « pendant une période de huit ans, le temps que la France se réindustrialise ». Il propose également l’investissement de « 10 à 20 % » de l’assurance-vie des Français dans les PME et la remise en place d’un « crédit national », car, selon M. Montebourg, la banque publique d’investissement ne finance que « de façon homéopathique » les projets de développement. Cette « banque d’encouragement au risque » cautionnera « 90 % des emprunts, des crédits aux PME, aux TPE, aux start-ups, aux artisans, aux commerçants ». La rénovation thermique des bâtiments dotés de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour « faire repartir fortement les PME du bâtiment et du secteur des travaux publics », de façon à ce que l’écologie devienne le « carburant de la nouvelle croissance ». La création d’un « Etat fort », avec la possibilité de « nationaliser temporairement ou partiellement une des cinq grandes banques françaises » pour agir sur l’économie nationale.     Le décret de la « fin de l’austérité », soit l’abandon du plafond de 3 % du déficit public autorisé au sein de l’UE.

Pouvoir d’achat :

    L’annulation des hausses d’impôts de ces cinq dernières années pour les classes moyennes et populaires.     L’accès à la propriété grâce à « une baisse de 50 à 70 % par rapport au prix du marché » pour les locataires de logements sociaux, de façon à faire baisser la charge du prix du logement.

Réforme du modèle social :

    La suspension de la directive des travailleurs détachés, un « dumping social à domicile » qui revient selon M. Montebourg à « importer le chômage des autres pays européens ». La formation des chômeurs « à un nouveau métier » pendant un an sur les 24 mois d’indemnités chômage, financé par l’argent de la formation professionnelle.     L’élection au suffrage universel dans chaque région d’un « commissaire chargé de la réduction du chômage » et de la formation professionnelle.

Sécurité :

    Le rétablissement du « service national, civil et militaire obligatoire pour six mois » pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes.     Le rétablissement d’une « police de proximité ».

Réformes européennes et institutionnelles :

    Le « sauvetage aux forceps de l’Union européenne » en remettant en cause les traités européens sur la base du refus de l’austérité budgétaire et monétaire et de la création d’un « gouvernement économique » de la zone Euro pour « impliquer les citoyens » dans l’avenir de l’Europe.     La réduction de l’Assemblée nationale de 577 à 350 députés, dont 50 élus à la proportionnelle afin que les partis politiques « exclus de la représentation parlementaire » soient représentés.     La réduction du Sénat à 200 membres dont 100 tirés au sort parmi les électeurs, « un par département, afin d’assurer l’entrée de citoyens dans le système politique » et 100 membres du conseil économique, social et environnemental.     La fin de l’utilisation de l’article 49-3, « sauf en matière budgétaire ».

 

Plaidoyer pour un Islam français par Gerald Darmanin, député Les Républicains (extraits)

Créé par le 03 août 2016 | Dans : Articles de fond

http://plaidoyerpourunislamfrancais.fr/Plaidoyer%20pour%20un%20Islam%20fran%C3%A7ais.pdf

Extraits (les numéros en bas de paragraphes renvoient aux pages du rapport)

1.4. Loi libérale, loi de compromis : loi de séparation des Églises et de l’État  
Pendant plus d’un siècle, malgré les nombreux régimes qui se sont succédés (Consulat, Empire(s), Monarchie, République, démocratie parlementaire), malgré les guerres et les défaites, malgré la révolution industrielle et la colonisation qui changèrent le XIXe  siècle, la France a vécu sous le régime concordataire. 
Le paradoxe veut que la montée de l’anticléricalisme, dont le petit père Combes est le symbole le plus connu, coïncide avec
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l’acceptation de la République par les catholiques : le Pape Léon XIII encourage les Français à accepter et vivre avec la République. Pendant plus de trente ans, la Troisième République et son cortège de parlementaires radicaux et progressistes vécurent avec le Concordat. L’affaire des fiches, dans laquelle le Gouvernement faisait ficher les officiers qui allaient à la messe, a eu raison du Gouvernement Combes et son intransigeance anticléricale a laissé la place à un nouveau Gouvernement qui mettra en place une loi d’inspiration libérale : la loi de séparation des Églises (au pluriel !) et de l’État. Ce texte avait pour but de mettre fin à la querelle religieuse, commencée au début du XXe  siècle avec l’expulsion des congrégations. 
Aristide Briand le dit très bien lui-même : la loi de 1905 est une loi de compromis, qui garantit la neutralité de l’État dans les affaires religieuses et qui permet la liberté de culte et la liberté de conscience. 
On ne retient souvent de la loi de 1905 que la neutralité de l’État dans les affaires religieuses et, pour une certaine lecture, son « ignorance » assumée des religions. Certes, les ministres du culte ne sont plus rémunérés par les pouvoirs publics et leurs principaux responsables ne sont plus nommés par le pouvoir politique. Mais cette loi est très positive pour les religions en général et pour le catholicisme en particulier. D’abord parce qu’elle réaffirme solennellement la possibilité pour chaque habitant de France de vivre selon le culte de son choix et selon sa conscience. Par ailleurs, elle renforce l’indépendance du clergé, indépendance qui avait été mise à mal depuis la période révolutionnaire. Enfin, même si les bâtiments ne lui appartiennent plus, l’Église peut jouir gratuitement de très nombreux lieux sacrés sans s’occuper de leur entretien extrêmement onéreux. Le
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rapport de 2006 de la Commission présidée par Jean-Pierre Machelon, le confirme : « En regard de la rigoureuse police des cultes qui caractérisait le régime concordataire, et une fois dépassés les aspects les plus violents de l’anticléricalisme militant, la loi du 9 décembre 1905 apparaît en effet d’abord comme un texte favorable à la liberté religieuse ». 
La loi de 1905 est technique. Elle compte 44 articles, dont essentiellement des « règles à caractère patrimonial, ce qui n’est guère surprenant dans le cadre du «  divorce » qu’il organise », selon Machelon. Cette loi, devenue un totem, est mal connue. Elle n’a rien d’un document sacré dont le blasphème suprême serait d’en changer une virgule pour l’adapter à notre temps. Depuis 1905, elle a connu treize modifications : le principe de laïcité n’est pas mort pour autant. La modifier une nouvelle fois, pour la renforcer, ne gênerait en aucune manière cette vieille dame qui ne demande qu’à épouser l’air du temps pour mieux imposer ses principes fondateurs. 
En 1924, après une Première Guerre mondiale où croyants et non-croyants fraternisèrent dans les tranchées et vécurent les mêmes événements terribles, la France trouve un accord, requalifié réciproquement comme un accord international, pour que l’Église accepte de gérer les activités cultuelles à travers la loi de 1905, en constituant des associations diocésaines contrôlées par les évêques. L’Église avait l’appréhension, jusqu’ici, que les laïcs prennent le pouvoir sur elle et sur le culte, grâce à la voie associative permise par la loi de séparation. Ces accords PoincaréCerreti, du nom du Président du Conseil français et du Nonce en poste à Paris, arrimèrent définitivement les catholiques à la législation de la République. 
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2. L’Islam et la France : les questions qui fâchent   
2.1 Qui connaît l’Islam ?  
La deuxième religion du monde est aussi la deuxième religion pratiquée en France. Elle est née après les « révélations » qu’un marchand, orphelin de père et de mère, a eu de l’archange Gabriel il y a plus de 1400 ans. Mahomet, qui ne savait sans doute ni lire ni écrire, récitait, à sa famille et à ses compagnons, les paroles divines qu’il aurait reçues directement. Une partie d’entre eux les transcrivirent : peu à peu, le Coran, littéralement « la récitation », s’est constitué de ces paroles. 
La vie de Mahomet à partir de cette « révélation » se partage en deux temps, qui divisent aussi le Coran. La période de La Mecque, qui traite essentiellement des rapports entre l’Homme et Dieu, et la période de Médine, qui traite essentiellement des rapports entre l’Homme et son environnement. Médine a été la première ville islamique mise en place par le Prophète, ce dernier ayant été chassé de La Mecque à la mort de son oncle protecteur et de sa femme Khadija, par ceux qui voulaient défendre le polythéisme, très présent à l’époque dans la péninsule arabique. 
Le Coran n’est pas « discutable » pour les musulmans. Il est la parole même de Dieu, le Prophète n’ayant été qu’un messager de cette parole. Ce qui est écrit dans le Coran ne peut être contredit. Mais bien évidemment, ce texte divin peut et doit être interprété. Comme deuxième source d’inspiration pour les musulmans la Sunna, les traditions, les Hadiths du Prophète : ce
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ne sont pas des paroles de Dieu mais les pensées, les comportements, les codes de Mahomet. Tout cela est très important pour les musulmans. Mais la Sunna ne se situe pas au même niveau que le Coran. Puis, comme autres sources d’interprétations religieuses, viennent les raisonnements par analogie, les explications des « savants » et la réflexion personnelle de chaque croyant musulman. 
Dans la péninsule arabique, les habitants étaient essentiellement des marchands et l’Islam s’est rapidement propagé notamment grâce à la simplicité de sa pratique. Pour se convertir à l’Islam, il faut simplement réciter la chahada, la profession de foi, devant deux témoins musulmans. Pour être un « bon » musulman, il faut remplir cinq engagements (les cinq piliers) : la prière, l’aumône, le pèlerinage, la profession de foi, le jeûne. Être musulman c’est se soumettre à Dieu et affirmer clairement que Dieu est unique. 
Pourchassés à leurs débuts, contraints à l’exil, Mahomet et ses compagnons musulmans forment une communauté. La notion de communauté (la oumma) est très importante dans la religion musulmane qui l’encourage dans les textes : il est même dit que la prière collective vaut soixante-douze fois la prière individuelle. La notion de communauté est particulièrement forte notamment dans sa dimension de solidarité : l’aumône, qui n’est pas la charité, est une obligation pour chaque musulman qui doit ainsi payer la zakat, un pourcentage important de ses revenus, pour survenir aux besoins du fonctionnement de la religion et pour aider les plus nécessiteux. 
Au lendemain de la mort de Mahomet, un conflit éclate afin de savoir qui a le droit de lui succéder. Le schisme que le monde
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musulman connaît, prend ici sa source : les chiites pensent que c’est à la famille du prophète et notamment à son beau-frère Ali que revient cet honneur, les sunnites pensent que c’est à ses compagnons les plus proches. Les chiites ne reconnaissent pas l’importance qu’accordent les sunnites aux hadiths du Prophète : leurs pratiques religieuses s’en trouvent radicalement différentes. 
Pendant les premières années de l’Islam, après la mort de Mahomet, un foisonnement d’écoles d’interprétations naissent et se propagent : le Coran est souvent assez ambigüe et poétique pour permettre ces différentes voies. Afin d’éviter la multiplication de sectes qui fragiliseraient le monde musulman au moment où celui-ci était en pleine expansion, les sunnites, puisqu’il s’agit d’eux, décidèrent d’arrêter la possibilité d’interpréter et d’adapter les textes religieux, et bloquèrent à quatre écoles, le sunnisme. 
L’Islam souffre encore de cet épisode. Toute innovation dans l’interprétation des textes a été stoppée officiellement. L’un des enjeux de l’Islam contemporain, pour s’adapter au monde moderne, est de rouvrir les débats savants en acceptant l’idée que l’interprétation à travers l’adaptation au monde moderne est acceptée et même encouragée.         
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2.2 Qu’est-ce que l’Islam radical ?  
Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme islamiste sème la terreur de masse dans le monde. Al Qaeda puis Daech, et leurs avatars régionaux, constituent la concrétisation de la branche armée d’un Islam politique qui, de dérive sectaire en dérive sectaire, a une lecture régressive des écritures religieuses et pense que la guerre sainte signifie la guerre physique contre l’Occident. Cet Islam armé et idéologique n’est pas seulement incompatible avec la République : la République doit l’anéantir. Il est cependant à remarquer que les attentats atroces commis sur le sol occidental sont très rarement le fait de croyants qui se seraient peu à peu endoctrinés dans des mosquées françaises. Le parcours de ces terroristes relève souvent de parcours de petits délinquants récidivistes, qui connurent la prison et la désocialisation. Après un voyage en Syrie ou dans des théâtres de guerre, ils revinrent « en mission » punir l’Occident décadent. Du point de vue de l’endoctrinement et de la fabrication de bombes humaines, l’imam Internet ou la prison, semblent plus efficaces que les mosquées… 
Dans le Monde du 24 novembre 2016, Olivier Roy expliquait d’ailleurs très bien cette « islamisation de la radicalité ». Ayant souligné le fait qu’un quart des « radicaux » sont des convertis  venant des campagnes françaises (comme le funeste Maxime Hauchard), il souligne comment des jeunes délinquants, désocialisés épousent le salafisme à défaut de respecter une religion non « insérée culturellement » à laquelle ils ne comprennent rien. Ils reprennent alors une « identité » : choisir l’Islam radical tendance terrorisme, c’est choisir la révolte radicale contre la société. 
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L’Islam radical est le terme usité dans notre vocabulaire occidental pour évoquer les tendances les plus dures d’une religion très diverse et très divisée. Parmi les tenants d’un Islam radical dont les valeurs seraient contraires à celle de la République, l’on peut distinguer trois mouvements qui méritent notre attention : le salafisme, le takfirisme, le mouvement des Frères musulmans. 
Le salafisme est une branche dérivée d’une école sunnite particulièrement orthodoxe qui prône et applique un retour à l’Islam des origines. Il convient de vivre comme le Prophète et ses compagnons. Les salafistes (de salaf, ancien en arabe) refusent toute innovation et font une lecture littérale des textes sacrés musulmans. Marqueurs d’un grave repli identitaire, ils sont loin de partager les valeurs de la République telles que nous les définissons, mais ils prônent la non-violence et ne souhaitent pas créer le trouble en ne respectant pas les lois de notre pays. Même s’ils réprouvent l’Occident qu’ils considèrent comme une civilisation de mécréants, ils ne veulent pas rentrer en conflit avec lui, ce conflit serait une division mortifère, « la fitna ». Selon différentes sources, on compte entre 15 000 et 20 000 salafistes en France, majoritairement des salafistes quiétistes qui défendent un mode de vie très orthodoxe et très communautaire. Les salafistes revendiquent leur mode de vie et, dans l’espace public, portent barbes apparentes, qamîs pour les hommes, tenue longue traditionnelle, et l’abaya pour les femmes, un long tissu noir qui couvre intégralement le corps. Le discours salafiste, simple et compréhensible par tous, séduit énormément les jeunes musulmans des quartiers, en perte de repères et sans culture religieuse. Les imams salafistes sont très souvent de jeunes français parlant donc parfaitement notre langue, ressemblant aux jeunes qu’ils endoctrinent, alors que les imams porteurs d’un
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Islam qui accepte l’interprétation et compatible avec les valeurs de l’Occident, sont soit de la génération de leurs parents ou de leurs grands-parents, soit des imams étrangers qui ne peuvent communiquer en français avec la jeunesse de notre pays. 
 Un schisme s’est produit chez les salafistes avec l’émergence dans les années 1970, du takfirisme, importé en France par les radicaux du GIA Algérien. Ayant une lecture tout aussi littérale des textes sacrés, ils s’inspirent de savants sunnites radicaux contemporains des croisades, réinterprétés par Saïd Qotb, un militant qui encourage la lutte armée, un djihad par la force, contre tous les pouvoirs qui ne sont pas fondamentalement orthodoxes. Il est bien difficile de savoir combien de personnes sont concernées sur notre sol : la distinction entre partisan du salafisme et du takfirisme étant subtile, les services de renseignement considèrent qu’elles seraient une dizaine de milliers. Sans doute de très nombreux salafistes sont suivis sans pour autant être partisans de la lutte armée.  
 Le salafisme par sa lecture radicale, même si le mouvement ne souhaite pas la lutte armée et condamne même les attentats sanglants, est de plus en plus vécu comme l’antichambre des plus radicaux qui se tournent ensuite vers le terrorisme qu’encourage le takfirisme. 
 Les salafistes s’opposent aux Frères musulmans qui, eux, prônent le jeu des institutions locales, défendent un Islam politique qui veut s’imposer par le nombre, par les voies institutionnelles, par ses revendications traditionnalistes. L’Arabie Saoudite, proche et parfois inspiratrice des mouvements salafistes, combat les frères musulmans, comme l’a montré son soutien au coup d’État militaire contre Mohammed Morsi, le
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président égyptien appartenant à l’obédience des Frères musulmans pourtant démocratiquement élu. Ce qui intéresse avant tout l’Arabie Saoudite, c’est la lutte contre les chiites en général et l’Iran en particulier. 
 A la fin de la guerre froide, l’Occident s’est mis à soutenir des groupes islamistes radicaux contre les forces soutenues par l’Union Soviétique puis par les États dictatoriaux du Moyen Orient. L’Occident, apprenti-sorcier, a déstabilisé une région bien éruptive et a soutenu, en armes et en argent, des tendances radicales dont les descendants, rêvent, aujourd’hui d’imposer un islam armé et politique. 
 En France, comme dans tous les États du monde, des groupes activistes, inspirés par les lectures littérales et simplistes d’un Islam dérivant vers le sectarisme, testent la solidité de la République, de ses institutions, de ses valeurs, par entrisme, par revendication, par provocation. 
 La culture et l’éducation peuvent être des armes à long terme pour éclairer les Français, notamment ceux de confession musulmane, sur ce qu’est l’Islam et ce qu’est le monde arabomusulman. Le travail de l’Institut du monde arabe doit être grandement salué et largement développé. L’apprentissage de la langue arabe doit se faire à l’école de la République  et non dans des lieux de culte que personne ne contrôle. Tenir un autre discours relève de la démagogie ou de l’ignorance dangereuse.    Il convient de faire abandonner, y compris par des actes d’autorité, toute volonté à l’Islam de s’intéresser à la politique. Cela fait, la République sera prête à voir tous ses enfants, y
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compris musulmans, participer à sa gouvernance, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.  
2.3. L’Islam est-il compatible avec la République ?  
La grande majorité des croyants en Occident pratique cependant un Islam qui relève de bien d’autres écoles de pratiques que le salafisme. Ces croyants respectent le texte coranique et les piliers de l’Islam, mais ne refusent ni l’innovation ni le monde occidental. Leur pratique religieuse est souvent fervente mais elle n’est en rien incompatible avec notre modèle occidental, l’égalité homme/femme, la démocratie et l’état de droit. S’ils sont particulièrement attentifs sur ce qui relève de l’autorisé et de l’interdit religieux, ils ne l’imposent pas aux autres et s’appliquent seulement à eux-mêmes ces prescriptions qui viennent, selon eux, directement de Dieu.  Ils sont musulmans comme on peut être catholique ou juif pratiquant : le cœur ouvert, mais sourcieux du respect des « dogmes », du sacré et des interdits religieux. Conservateurs sur le plan moral, ils essayent d’appliquer à euxmêmes ce qu’ils prônent pour la société, qu’il s’agisse du comportement individuel, de l’éducation des enfants ou de la vie en société. 
Puis vient une immense masse de « musulmans » qui le sont comme une majorité de Français sont chrétiens : par tradition, par culture, par habitude familiale. C’est l’Islam des gâteaux au miel et du couscous familial. Ces musulmans-là respectent les croyants, participent souvent aux fêtes religieuses, notamment l’Aïd, fête familiale, comme beaucoup de catholiques fêtent Noël et Pâques, sans aller à la messe tous les dimanches ou
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sans observer la période de Carême. Chez ces musulmans, les mariages mixtes sont nombreux, ils leur arrivent de fumer et de boire, ils ne se marient pas forcément de manière religieuse, la circoncision n’est pas toujours appliquée aux enfants, ils ne vont jamais dans les mosquées. Mais ils prennent pour eux les actes de haine et de rejet d’une partie de la population et leurs prénoms, à consonance arabe, les fait mettre dans le même sac que les poseurs de bombes ou les prêcheurs de haine. A ne pas y prendre garde, à oublier ces subtilités, à répéter de façon pavlovienne que l’Islam, et donc ses croyants dans leur ensemble, sont incompatibles, par nature, avec la République et donc avec la France, le danger est grand de jeter dans les bras des extrémistes sectaires les musulmans dans leur ensemble. La guerre entre l’Islam politique et l’Occident se transformerait alors en guerre entre les musulmans et l’Occident. 
Les états de services patriotiques des musulmans envers la France ne sont plus à attendre. Par trois fois, au moins, les Français de confession musulmane ont démontré au prix du sang leur amour et leur attachement à la mère patrie et au drapeau tricolore. 
Lors de la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de soldats venus d’Afrique et particulièrement d’Algérie, sont venus combattre en Métropole. Ils payèrent très cher le prix du sang : ils ne furent pas les derniers, à Verdun, à connaître la mort ou les séquelles à vie des balles, des éclats d’obus et du gaz. Déjà sous l’Empire, de nombreux soldats musulmans étaient au rendez-vous de la patrie en Crimée ou à Sedan. Il faut dire que l’Algérie était française depuis 1830, avant Nice et la Savoie… 
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Lors de la Deuxième Guerre mondiale, alors que de nombreux français de « souche » étaient au mieux attentistes, au pire collaborationnistes, certains historiens précisent que c’est presque la moitié de l’armée française libre qui était composée de soldats musulmans. En Corse, en Italie, en Provence, ce sont des soldats qui priaient Allah qui ont, en grande partie, porté l’uniforme français. A Monte Cassino, alors que les alliés avaient bien du mal à rompre les lignes de l’Axe, c’est le Corps expéditionnaire français, et principalement la deuxième division d’infanterie marocaine, sous les ordres du Maréchal Juin, qui a permis, au prix de milliers de morts, de hisser le drapeau tricolore en Italie et d’ouvrir la route vers Rome. Le cimetière italien de Venafro témoigne de ces Français musulmans morts pour la libération de l’Europe.  
Mais il est vrai, que l’une des grandes erreurs de la France est de ne pas avoir imposé le Concordat puis la loi de Séparation à ses colonies… Sans doute aurions-nous gagné un temps précieux et aurions-nous planté la petite graine de la laïcité à la française dans les mœurs et dans les esprits. 
Durant la guerre d’Algérie, et surtout juste après, ce sont presque 100 000 harkis, c’est-à-dire des musulmans d’Algérie qui voulaient servir la France, qui furent assassinés, dans des conditions relevant souvent de la torture la plus ignoble. Ils vénéraient le Coran, faisaient leurs prières en se tournant vers la Mecque, ne mangeaient pas de porc, mais ils étaient français par le plus beau des droits : celui du sang versé. 20 000 sont venus en Métropole : beaucoup d’entre eux furent parqués comme des animaux dans des camps où, parfois, certains de leurs enfants sont morts de froid. Ils étaient musulmans et ils avaient choisi la France. Certains peuvent en déduire, non sans raison, qu’à ce
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moment-là, c’est la France qui n’était pas compatible avec la beauté et l’honneur de l’engagement de ces musulmans pour notre pays, pour notre Nation, pour notre drapeau. 
La France n’est ni une couleur de peau, ni une religion. La France est une idée qui s’incarne dans une Nation et qu’importe l’épiderme de ses enfants et leurs croyances ou leurs noncroyances. Plutôt que d’exciter le côté reptilien du cerveau de nos compatriotes, nos responsables politiques devraient rappeler notre Histoire. Ce roman national dans lequel chacun peut se reconnaître. La preuve par l’Histoire, qu’y a-t-il de plus efficace ? Cette grande Histoire rejoint souvent la petite, ce qui permettrait de mettre en avant des anecdotes et des faits qui contribueraient à la compréhension du monde. Aussi, les Français savent-ils que le premier parlementaire converti à l’Islam l’a été sous Napoléon et s’appelait le Baron de Ménoul ? Que le premier député musulman s’appelait Philippe Grenier, et qu’il était l’élu de Pontarlier en 1896 ? Que le Bachaga Boualem, héros de guerre, présidait en tenue traditionnelle les séances de l’Assemblée Nationale quand Michel Debré était Premier ministre ?   

 

La République face au djihad, par Xavier Dumoulin

Créé par le 17 juil 2016 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

La tuerie de Nice - revendiquée par Daesh – constitue une attaque sans précédent avec cette forme nouvelle de criminalité terroriste le jour de notre fête nationale. Avec ses drapeaux en berne pour ces jours de deuil national, la République laïque, une et indivisible doit affronter avec courage et dans l’unité cette nouvelle épreuve.

Par delà le prolongement de l’Etat d’urgence, comment faire face au djihadisme, ce phénomène de voyous radicalisés parfois peu de temps avant leur passage à l’acte? Ne doit-on pas s’interroger à la manière d’un Jean Birnbaum sur cette impasse du camp progressiste vis à vis de ces actions terroristes? Et notamment réfuter ce discours sur le  »rien à voir » ( comprenez avec l’islam) trop catégorique et qui voudrait exorciser le mal à bon compte. Car pour l’auteur de « Un silence religieux- la gauche face au djihadisme », l’islamisme politique n’est pas sans lien avec l’islam religieux, même s’il en constitue une perversion.  

On saura gré à Jean Birnbaum de se dégager des lieux communs pour questionner la gauche sur ce silence qui trouve son origine dans une perspective philosophique voyant dans la religion l’opium du peuple, lequel trouverait aussi dans la religion des leviers de révolte. Il en fût ainsi pendant la guerre d’Algérie avec toutes les méprises de cette intelligentsia française sur l’ambivalence idéologique du FLN : un discours quasi islamique en direction des populations autochtones et plutôt marxisant auprès des pieds-rouges et intellectuels de gauche. Lesquels auraient mis, selon Birnbaum,  plus de trente ans à intégrer cette réalité originelle!

On peut nuancer le propos comme le fait Philippe Corcuff et sortir du manichéisme en agrégeant plusieurs dimensions dans l’explication du terrorisme islamique telles que les facteurs socio-économiques ou les composantes géopolitiques du phénomène. Mais le sociologue rend grâce à Birnbaum de son interprétation de « l’islamisme comme symptôme d’une léthargie spirituelle ».

Telle est du reste la quête « Pour une spiritualité sans dieux » de notre sociologue bourdieusien et libertaire dans son dernier ouvrage qui fait écho au questionnement de Birnbaum.

On ne saurait ignorer ces deux ouvrages traversés d’interrogations sur la promotion d’une spiritualité laïque peut être salutaire dans ce monde sans conscience et sans boussole.

Xavier DUMOULIN

 

 

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