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Passion de la France

Créé par le 16 fév 2019 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Le Che, Pour une autre Europe, Projet politique, Une autre mondialisation

Le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement, parution le 14 février 2019 (Editions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1568 pages, 34 euros).

Présentation du livre

Passion de la France
« Jean-Pierre Chevènement jouit dans l’opinion d’une estime qui dépasse tous les clivages. On reconnaît à son caractère et à sa pensée une force et une cohérence qui lui valent respect et admiration. Ses livres sont inspirés par sa connaissance de la société française et par une vision de notre histoire en relation avec celle des autres peuples.Ce volume illustre les moments forts de son expression publique, tout au long d’un demi-siècle de vie politique, et regroupe les grands thèmes qui donnent sens à son engagement : la Nation et la République, l’État et le citoyen, l’Europe et la relation franco-allemande, le défi de l’islam radical…Le lecteur pourra ainsi apprécier l’évolution de la pensée de Jean-Pierre Chevènement et sa continuité depuis qu’adolescent il s’est irrésistiblement senti attiré par la politique. Son sens, pour lui, n’a jamais changé : c’était l’Histoire en train de se faire, et pas n’importe quelle histoire, celle de la France. On ne naît pas impunément en 1939. C’est de la brûlure suscitée par une défaite sans précédent qu’est née sa  » passion  » de la France, au sens premier du terme : une souffrance naturellement sublimée.Jean-Pierre Chevènement revient ici sur cinquante ans d’engagement politique inspiré par l’idée d’une République de justice et d’exigence. Il évoque son admiration pour Charles de Gaulle, ses relations complexes avec François Mitterrand, ses combats, au sein et en dehors du Parti socialiste, une fois reconnues  » les impasses de la gauche « , jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron, dont il fournit ici une subtile analyse. En un temps de grande incertitude, en France comme dans le monde, cet ouvrage offre à nos dirigeants comme à chaque citoyen le solide ancrage d’une conception républicaine de la nation, à la fois rempart contre l’extrémisme et tremplin d’une refondation. »

 

Retrouvez la table des matières ci-après et :
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Table des matières

Préface, par Jean-Pierre ChevènementBiographie, Jean-Pierre Chevènement, parcours d’un homme d’ÉtatProloguePartie I FIGURES TUTÉLAIRES ET RÉCIT NATIONAL
Avant-propos
Chapitre I. – Michelet et Jaurès, et la centralité de la révolution française dans notre histoire
Chapitre II. – Notre dix-neuvième siècle à travers la « Débâcle » de Zola
Chapitre III. – 1914 : La matrice et l’énigme de notre histoire
Chapitre IV. – Versailles cent ans après
Chapitre V. – Le tragique isolement de la France après 1918
Chapitre VI. – De Gaulle : contre le choix de la défaite, le « parti de l’Histoire de France »
Chapitre VII. – Modernité de Clemenceau
Chapitre VIII. – Sous la figure tutélaire de Pierre Mendès France, la foi républicaine de Claude Nicolet
Chapitre IX. – François Mitterrand : il étaitPartie II ENGAGEMENTS DE JEUNESSE
Chapitre I. – Mes sources
Chapitre II. – Feu sur l’Énarchie
Chapitre III. – Années 1960 : à l’Ouest, du nouveau
Chapitre IV. – Le pari d’Épinay : pouvait-on relever la France à travers l’union de la gauche ?Partie III LES IMPASSES DE LA GAUCHE
Chapitre I. – Le mythe de l’union de la gauche revisité
Chapitre II. – La gauche perd la bataille qu’elle n’a pas livrée
Chapitre III. – 1983‑1989 : Bruxelles-Paris : Le chemin le plus court pour la normalisation libérale
Chapitre IV. – 1989‑1995 : Le pari pascalien de François Mitterrand
Chapitre V. – 1983‑2010 : le temps des petites ambitions et des seconds couteaux
Chapitre VI. – « Au-dessus de la droite, au-dessus de la gauche telles qu’elles sont devenues : il y a la république »Partie IV LA RÉPUBLIQUE ET LA NATION
Chapitre I. – Finis Franciae ?
Chapitre II. – Deux conceptions de la nation
Chapitre III. – La nation républicaine : articulation du particulier et de l’universel
Chapitre IV. – La nation, brique de base de l’internationalisme
Chapitre V. – Pourquoi la France ne doit pas disparaître
Chapitre VI. – Europe, nation et sentiment d’appartenancePartie V L’ÉTAT RÉPUBLICAIN ET LE CITOYEN
Chapitre I. – Rousseau, père du républicanisme civique
Chapitre II. – Faire des citoyens
Chapitre III. – Le défi migratoire : métissage accepté, citoyenneté maintenue
Chapitre IV. – L’état républicain
Chapitre V. – Pour une décentralisation républicaine
Chapitre VI. – La montée des communautarismes
Chapitre VII. – Laïcité et citoyenneté
Chapitre VIII. – Continuer à ≪ faire France ≫
Chapitre IX. – Un exemple de déconstruction républicaine : la Corse, au miroir de la France
Chapitre X. – Regard sur la souveraineté

Partie VI DU FORDISME AU CAPITALISME FINANCIER MONDIALISÉ, LE RÔLE DE L’ÉTAT STRATÈGE
Avant-propos
En guise de préambule, Le projet industrialiste de la gauche
Chapitre I. – La relance de l’effort de recherche et de développement
Chapitre II. – L’échec du projet industrialisté (1982‑1983)
Chapitre III. – En trois décennies, la mutation du vieux bonhomme capitaliste
Chapitre IV. – Le second décrochage industriel français
Chapitre V. – Un État stratège nécessaire

Partie VII TRANSMETTRE
Avant-propos
Chapitre I. – Au ministère de l’Éducation nationale, relever l’École républicaine
Chapitre II. – D’abord régler ≪ la querelle public-privé ≫
Chapitre III. – Le retour aux fondamentaux de l’École républicaine
Chapitre IV. – L’École, fer de lance de la modernisation
Chapitre V. – L’École au défi de l’intégration
Chapitre VI. – Transmettre ou disparaître

Partie VIII LA FIN DU COMMUNISME ET LE RENVERSEMENT DU MONDE
Avant-propos
Chapitre I. – Au temps de la pérestroïka
Chapitre II. – Le suicide du Centre
Chapitre III. – L’Union soviétique et le destin du siècle
Chapitre IV. – Retour à Marx et à la Belle Époque
Chapitre V. – Regard rétrospectif sur le Bicentenaire (1989)

Partie IX LA GUERRE DU GOLFE, MÈRE DE TOUTES LES BATAILLES
Avant-propos
Chapitre I. – La guerre du Golfe, leçon inaugurale du nouvel ordre mondial
Chapitre II. – Récit de voyage : Le Vert et le Noir

Partie X LA DÉFENSE DE LA FRANCE
Avant-propos
Chapitre I. – Politique étrangère et intérêt national
Chapitre II. – Sur la dissuasion
Chapitre III. – L’évolution de la posture de défense de la guerre froide aux interventions extérieures
Chapitre IV. – Les interventions extérieures

Partie XI L’EMPIRE AMÉRICAIN ET NOUS : DE L’ATLANTISME À L’OCCIDENTALISME
Avant-propos
Chapitre I. – Le choc du 11-septembre
Chapitre II. – Les États-Unis et le reste du monde
Chapitre III. – L’Amérique, destination manifeste ? (2004)
Chapitre IV. – L’Euramérique, une nouvelle et grande Cancanie (sur un livre d’Ulrich Beck)
Chapitre V. – L’avenir des relations germano-américaines
Annexe I. – L’extraterritorialité du droit américain

Partie XII CHAOS MONDIAL ET ISLAMISME RADICAL
Avant-propos
Chapitre I. – La globalisation, mère du chaos mondial
Chapitre II. – Quel est le sens des « révolutions arabes » ?
Chapitre III. – Face à la radicalisation
Chapitre IV. – Un ressentiment venu de loin
Chapitre V. – La panne de l’intégration républicaine et la crise du modèle républicain civique
Chapitre VI. – Le défi de l’Islam de France

Partie XIII LA MONTÉE DES ÉMERGENTS ET DE LA CHINE
Avant-propos, sur la notion d’émergence
Chapitre I. – La première mondialisation, laboratoire de la seconde ?
Chapitre II. – Entre les États-Unis et la Chine, la question de l’Hegemon au XXIe siècle
Chapitre III. – Cinquante ans après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine
Chapitre IV. – La montée de l’Inde
Chapitre V. – Une forme particulière d’émergence : le Pakistan et l’arme nucléaire
Chapitre VI. – La Chine vue de l’Inde
Chapitre VII. – l’Asie du Sud-Est entre la Chine et les États-Unis
Chapitre VIII. – Entre les États-Unis de Donald Trump et la Chine, y a-t‑il place pour un gaullisme européen ?

Partie XIV L’EUROPE PEUT-ELLE ÊTRE REDRESSÉE ?
Avant-propos
Chapitre I. – Le lourd passif génétique de la construction européenne
Chapitre II. – Le combat de Maastricht (1992)
Chapitre III. – L’Europe piégée
Chapitre IV. – Pour une Europe des nations républicaine
Chapitre V. – Changer de cap : de la souveraineté populaire à l’Europe européenne
Chapitre VI. – Repenser le modèle de développement européen

Partie XV FRANCE-ALLEMAGNE, DEUX NATIONS EN MIROIR
Chapitre I. – Question de méthode
Chapitre II. – 1945 année zéro : le traumatisme allemand
Chapitre III. – La signification de la seconde unification (1990)
Chapitre IV. – 1990‑2010 : Le retour de l’Allemagne au premier plan de la scène européenne au début du XXIe siècle
Chapitre V. – France-Allemagne : les miroirs déformants
Chapitre VI. – Les dilemmes de l’Allemagne d’aujourd’hui

Partie XVI L’EUROPE, DE L’ATLANTIQUE À LA RUSSIE
Avant-propos
Chapitre I. – 2005 : Aider la Russie à aller dans le sens où elle déclare vouloir aller ?
Chapitre II. – La crise ukrainienne ne doit pas faire oublier les fondamentaux de la relation franco-russe
Chapitre III. – 5 mai 2014 : entretien avec Vladimir Poutine à Sotchi
Chapitre IV. – 25 ans après la chute du Mur
Chapitre V. – Organiser la « résilience » de l’Europe et de la Russie au XXIe siècle
Chapitre VI. – Le partenariat avec la Russie, clé de la sécurité européenne

En guise de conclusion – Entre trump et Merkel, recalibrer la politique de la France

Discours de Jean-Pierre Chevènement lors de l’hommage public rendu à Georges Sarre à la Mairie du 11ème arrondissement de Paris, le mardi 5 février 2019

Créé par le 06 fév 2019 | Dans : Blog du Che

Georges Sarre a d’abord été un pionnier, qui a renouvelé l’offre politique de son temps et son rôle a été décisif. C’est le secret de notre amitié.

Amitié, un mot souvent galvaudé en politique, où les proclamations d’amitié ne manquent pas mais où on connait plus souvent les manquements à l’amitié que le don de soi qui va avec l’amitié. Or Georges m’a apporté cette amitié qui n’impliquait nul renoncement de sa part à ses convictions. Une amitié véritable, entière, indéfectible, une amitié sans faille pendant plus de cinquante ans, née le jour de décembre 1964 où nous avons adhéré ensemble à la 14ème section du Parti socialiste, Villa Duthy. 1964, c’était aussi l’année du mariage de Georges Sarre avec Jacqueline qu’il avait rencontrée dans une fête populaire à Chénérailles.

Sur une poutre de la Villa Duthy, une inscription de Bracke-Desrousseaux : « Le socialisme n’a pas besoin de surhommes, il a besoin d’hommes sûrs ». Sûr, Georges l’était assurément, comme une forteresse de convictions, républicaines, laïques et bien sûr socialistes, mais il avait aussi un petit côté « surhomme ». J’y reviendrai. Lire la suite »

Hommage à Max Gallo

Créé par le 24 nov 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

 

Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque de la Fondation Res Publica du 21 novembre 2017 « Max Gallo, la fierté d’être français ».

http://www.chevenement.fr/Hommage-a-Max-Gallo_a1957.html


1. Ce qui dominait chez Max c’était l’empathie naturelle, la simplicité, la capacité, comme l’a dit Philippe Meyer, de créer de la fraternité, c’était la puissance généreuse de son intelligence, sa capacité à aller à l’essentiel, par exemple, ce qu’il appelait après Braudel « la problématique centrale de la nation ». Max disait : « J’ai toujours eu le désir de comprendre comment cela fonctionne ». Il excellait à décentrer ou plutôt à recentrer votre regard en situant le problème dans la longue durée. Il n’était pourtant nullement un déterministe, encore moins un marxiste. Il croyait à la responsabilité des individus et particulièrement à la responsabilité des intellectuels. Parce qu’il croyait en la liberté, il n’écartait pas la possibilité du surgissement d’un « génie » individuel. 2. Nos relations se sont nouées après son départ du dernier gouvernement Mauroy, auquel d’ailleurs je ne participais plus. Le ralliement de François Mitterrand et du PS au néolibéralisme ambiant, au prétexte de l’Europe à construire, éloignait progressivement le CERES de François Mitterrand.

La guerre du Golfe et la lecture du Traité de Maastricht achevèrent de nous rapprocher. Max n’avait pas le lien affectif qu’avait créé, entre François Mitterrand et moi, le Congrès d’Epinay et la mise sur orbite de l’union de la gauche, quinze années durant.

Max fut après Jacques Berque, mais aussi avec Didier Motchane et Régis Debray, un de ceux qui m’aidèrent à franchir le pas difficile que me dictaient aussi bien une connaissance du monde arabe qui remontait à la guerre d’Algérie que la vision de la montée du fondamentalisme islamique depuis 1979.

Le jugement de Max sur les choix qu’opéra alors François Mitterrand ne s’encombrait pas de considérations affectives.

C’est peu dire qu’il n’aimait pas le Parti Socialiste, et peut-être encore moins François Mitterrand. Peut-être avait-il gardé de sa prime jeunesse, où il avait adhéré au Parti Communiste, comme adolescent humilié plus qu’en intellectuel convaincu, un certain mépris que vouaient les communistes aux sociaux-démocrates, ces « sociaux-traîtres » au regard de la doxa léniniste. Le regard de Max procédait aussi d’autres sources : de sa brève collaboration avec François Mitterrand comme porte-parole du gouvernement et surtout de sa culture d’historien. Là où le CERES voyait chez François Mitterrand une conversion rédemptrice, il voyait surtout la trajectoire d’une ambition. Mais surtout, le Parti Socialiste n’avait plus d’autre ambition que le « dur désir de durer », comme dit Paul Eluard, bref d’exercer le pouvoir pour le pouvoir, en oubliant les raisons qu’il avait de l’exercer. François Mitterrand lui avait appris à durer au gouvernement mais aussi à aimer le pouvoir pour lui-même. Ainsi notre rencontre intellectuelle et politique se fit-elle au croisement de la conversion républicaine à laquelle j’avais appelé la gauche dès qu’elle fut parvenue au pouvoir qui contrariait évidemment la conversion libérale opérée par le Parti Socialiste dans ces années-là, et de l’évolution de Max vers une forme de patriotisme enraciné que je ne récusais pas, bien au contraire, dès lors qu’elle restait ouverte sur l’universel et ne contrariait pas le message de la citoyenneté. Or, comme je le montrerai, Max est toujours resté un républicain. Lire la suite »

A lire : « Didier Motchane vivant » par Philippe Corcuff (sur son blog)

Créé par le 04 nov 2017 | Dans : Non classé

LU DANS Blog : Quand l’hippopotame s’emmêle…

Quelques-unes des interventions et messages présentés hier jeudi 2 novembre 2017 lors de l’hommage public rendu à Didier Motchane (17 septembre 1931-29 octobre 2017) à la mairie de Montreuil : Régis Debray, Didier Leschi, Jocelyn Benoist, Sophie Wahnich et moi-même.

Didier Motchane a été un des cofondateurs en 1966 (avec Jean-Pierre Chevènement et quelques autres) du CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste, transformé en Socialisme et République en 1986). Il fut un des principaux artisans du congrès d’Epinay, qui a vu la refondation du Parti socialiste en juin 1971, ainsi que de la stratégie d’Union de la gauche, débouchant sur la signature du programme commun de gouvernement en 1972. Il a quitté le PS en 1993 pour participer à la création du Mouvement des citoyens (MDC). Il a été aussi et surtout un intellectuel exigeant en politique. Il a épousé la cinéaste Dominique Cabrera en janvier 2006.

Quelques témoignages lus le jeudi 2 novembre 2017 en mairie de Montreuil

Didier Leschi est aujourd’hui préfet. Il a rejoint le PS et le CERES en 1985, venant du trotskysme. Il intègre le secrétariat national de Socialisme et République, comme responsable du secteur Jeunes, après le mouvement étudiant de novembre-décembre 1986, dont il a été un animateur à l’Université Paris Nanterre. Son intervention :

Des amis et camarades ont souhaité faire part à tous du regret de ne pouvoir être avec nous dans ce moment de deuil et de fraternité.

Régis Debray a envoyé le message suivant qu’il m’a demandé de vous lire :

Ne pouvant être à vos côtés, permettez-moi de saluer en quelques mots plus qu’un vieil ami : l’un de ces hommes d’engagement qui n’ont jamais sacrifié leurs convictions à leur carrière, et qui ne sont pas légion. Historien du présent, d’autant plus remarquable que réfractaire à l’air du temps, et à ce titre bon perceur de baudruches, son ironie lucide et son art du mot juste se sont toujours évité les facilités du désespoir ou du haussement d’épaule. Avec lui, l’action et la pensée marchaient main dans la main, et cette exigence morale autant qu’intellectuelle restera pour tous ses camarades un exemple d’intégrité. On s’efforcera, cher Didier, de ne pas l’oublier

Régis Debray

Je voudrais ajouter quelques mots qui rejoindront la pensée de beaucoup. Didier était à mes yeux le frère bohème de Jean-Pierre Chevènement, un mélange de Rimbaud et Stendhal.

Il était généreux et affectueux. J’ai beaucoup bénéficié de sa générosité et de son affection, de ses invitations au restaurant qui se transformait en cour politique sur l’état du monde. Il aura joué un rôle fondamental dans mon évolution politique en polissant mon trotskysme originel avec sa pensée faite de rigueur et d’originalité,  ouverte sur le monde curieuse de tout. J’admirais son érudition, sa connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier, du marxisme, du socialisme, de la Révolution française. Didier ne nous entourait pas simplement par les idées, mais aussi par son affection attentionnée dès lors qu’il avait confiance. J’ai pu bénéficier de cette confiance plus peut être que je ne l’aurais imaginé quand j’ai commencé à le connaître. 

Et j’ai toujours vu Didier comme une sorte d’albatros qui refusait la plainte.

L’albatros s’en est allé…

Didier Leschi

Didier Leschi est de la même génération que moi (il est né en 1959 et moi en 1960). J’étais de la « dernière génération » du CERES, celle de la fin des années 1970, alors qu’il a rejoint ce courant politique juste un peu avant qu’il ne se transforme en Socialisme et République. Mon intervention :

Je suis entré dans la « famille » CERES, lycéen, en septembre 1976. J’ai quitté le MDC (Mouvement des citoyens) en 1994. Cependant, Didier est resté, depuis, un repère et un ami. Il a incarné de manière batailleuse et broussailleuse, exploratrice et joyeuse, impliquée et distanciée, la tension incandescente entre engagement politique et travail intellectuel, qui aujourd’hui se brouille sous le quadruple effet de la technocratisation, du présentisme médiatique, de l’anti-intellectualisme internautique et de l’éloignement académique des chocs de la cité. Didier a fortement contribué, comme après lui Daniel Bensaïd, à mettre cette tension au centre de mon parcours cahoteux. Á la conscience de la grandeur de ceux qui m’ont ainsi aidé à me faire plus humain et moins stupide, s’est ajoutée au fil des ans une lucidité quant au ridicule de ceux comme moi qui apparaissent décalés dans leur époque, dans leur métier intellectuel, dans leur cadre militant.

Didier fait partie des quelques-uns qui m’ont appris que l’effort pour « penser par soi-même » impliquait également de « penser contre soi-même ». M’étant déplacé depuis 1994 vers des rives militantes qu’il aurait qualifié dans les années 1970 de « gauchistes », je garde chevillé au corps, jusque dans mon engagement anarchiste actuel, une vigilance pragmatique et anti-gauchiste qu’il m’a transmise dans le rapport à l’exigence toujours actuelle de révolution sociale. Je pense tout particulièrement à une phrase de son livre de 1973 Clefs pour le socialisme qui m’accompagne encore de son ironie porteuse de sens politique : « Dans les grandes banlieues de la révolution, l’illusion lyrique n’est séparée de l’illusion comique que par un terrain vague : la confusion politique, la gesticulation idéologique s’y donnent libre cours. »

Philippe Corcuff

J’ai ensuite lu les messages de Jocelyn Benoist et de Sophie Wahnich, qui ne pouvaient pas être en France ce 2 novembre.

Jocelyn Benoist est professeur de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Né en 1968, il est de « la première génération » de Socialisme et République. Son message :

Hélas je ne suis pas à Paris jeudi. Je le regrette. La mort de Didier me bouleverse profondément. Il me manque terriblement. Il a été en un sens un père pour moi et le seul qui encore aujourd’hui donne du sens à la politique même si je n’ai jamais trouvé ma propre voie dans l’intériorité / extériorité à elle qu’il avait su inventer. Il était unique et GRAND en effet. Mon amour s’adresse à l’ombre immense de sa bonté.

Jocelyn Benoist

C’est un autre fil que la galaxie CERES-Socialisme et République-MDC qui a relié Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française et directrice de recherche au CNRS, à Didier Motchane : celui justement de la Révolution française. Elle est d’une génération située entre celle de Jocelyn Benoist et la mienne. Son message :

Lorsque j’expliquais au moment du bicentenaire à Didier Leschi que la Révolution française ce n’était pas l’invention d’une république étatiste mais d’un espace continuellement délibératif,  sa première envie a été de me faire rencontrer Didier Motchane. Nous avons diné ensemble mais sans réussir cette fois à nous rencontrer. C’est parfois long une rencontre. Il aura fallu le mouvement de novembre et décembre 1995 pour rencontrer cette fois Dominique Cabrera. Mais ce n’est pas avec Nadia et les hippopotames que l’histoire continue mais avec Demain et encore demain.
Un film sur l’énigme de la vie, de l’amour et de la politique, sur ce qui tisse notre intimité. Nous avons alors discuté tous ensemble de la séquence « gauche plurielle », de ses impasses, des raisons qui faisaient qu’on ne pouvait plus voter, même au seul premier tour, pour un parti aussi décevant. Puis nous avons fait le stage au Moulin d’Andé, un moment heureux sur une journée politique malheureuse de juillet 1791, et dans la conversation qui a égayé un dîner qui venait clore cette séquence estivale, j’ai enfin compris que Didier Motchane non seulement avait entendu mes questions mais m’avait lue et qu’il avait aimé ça, et il faut reconnaître que ce n’est pas rien d’être lue par Didier Motchane.

Didier et Dominique sont venus au lancement de mon dernier livre dans une petite librairie du 11e arrondissement, puis nous avons dîné. Et il  y a peu j’ai reçu un message de Didier qui voulait me dire son plein accord sur ma manière de regarder la Catalogne et une légalité désormais faite pour protéger les puissants. Il avait lu le Libé des historiens et mon petit texte dedans.

Demain ne prendra plus bien sur la même couleur, mais ces moments précieux partagés sont pour chacun comme ces edelweiss, cueillies comme le miracle de la vie qui s’insinue, surgie, éclot et demeure.

Sophie Wahnich

Dans Libé, l’ entretien d’Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» Par Rachid Laïreche

Créé par le 25 août 2017 | Dans : Non classé

  • Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» dans Libération du 24/08/2017 Rachid Laïreche

La France insoumise se réunit à partir de ce jeudi à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, «Libé» a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement.

L’heure de la rentrée a sonné pour La France insoumise, réunie à partir de ce jeudi et pendant quatre jours à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, Libération a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement. Outre l’avenir des insoumis, il revient sur le «grand succès» de la campagne «de l’aveu même de nos adversaires», sur les premiers mois du «social killer» Macron aux «sourires permanents» et sur les polémiques à propos du Venezuela ou de Neymar.

C’est la fin des vacances, un nouveau cycle s’ouvre. Mais d’abord, retour en arrière : quel est le bilan de La France insoumise depuis sa création en février 2016 ?

La France insoumise rassemble désormais plus de 500 000 personnes autour de sa plateforme numérique. Force ouverte, populaire, rassembleuse, écologique, sociale et pour une VIe République, elle est tournée vers l’action concrète. Elle s’est constituée initialement en soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, avec un score de presque 20% à l’arrivée, c’est-à-dire dans le même étiage qu’Emmanuel Macron. La campagne, de l’aveu même de nos adversaires même les plus hostiles, fut un grand succès, mêlant intelligence et inventivité.

Cette dynamique ne s’est pas arrêtée au soir du premier tour. A l’occasion des élections législatives, les candidats de La France insoumise ont été présents dans la quasi-totalité des circonscriptions, et ils ont accédé au second tour dans près d’une centaine d’entre elles. Au final, nous avons fait entrer à l’Assemblée nationale un groupe parlementaire original qui a fait entendre une voix forte et une alternative sérieuse. Enfin, le nom d’«insoumis», devenu très populaire, s’est imposé dans le vocabulaire politique en tant que nouvelle sensibilité politique.

Bien sûr, à cette heure, nous aurions souhaité gouverner le pays pour répondre aux immenses défis qui sont devant lui. Mais ces deux campagnes ont permis de faire naître un large mouvement populaire qui dirigera un jour ce pays. Lire la suite »

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