Résultats pour 'pauvre repas deux'

Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?

Claude Cabanes est décédé …A lire dans l’Huma

Créé par le 27 août 2015 | Dans : Gauche anti-libérale

l’HUmanité.fr
Mercredi, 26 Août, 2015
Humanite.fr

cabannes.jpg

    Claude Cabanes est décédé ...A lire dans l'Huma dans Gauche anti-libérale
Claude Cabanes, ancien rédacteur en chef de l’Humanité de 1984 à 2000, est décédé mardi à l’âge de 79 ans des suites d’un cancer ont annoncé son fils et Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.
« Pour nous, c’est une des grandes figures de l’Humanité qui part. C’était une voix et un style particulier. Il ciselait les mots et les utilisait comme des armes, au bon sens du terme », a Patrick Le Hyaric à propos de cet homme « chaleureux, très cultivé et toujours à l’affût de l’information ».
Passionné par les mots et l’écrit en général, Claude Cabane était devenu en 2000 éditorialiste et chroniqueur. Il avait publié un livre d’inspiration autobiographique, « Le Siècle dans la peau » (2005) et un « Eloge de la vulgarité » (2011).
Né le 29 avril 1936 à Toulouse (Haute-Garonne), Claude Cabanes, licencié en droit, adhère au PCF en 1962, au lendemain de la guerre d’Algérie qui l’a profondément révolté. Il entre en 1971 comme rédacteur à l’Humanité-Dimanche, dont il sera successivement chef du service culturel (1973), adjoint au chef du service politique (1975), puis rédacteur en chef adjoint (1976). Deux ans plus tard, il assume les mêmes fonctions au quotidien l’Humanité, avant d’être nommé fin 1981 chef du service culturel des deux publications. En 1984, Claude Cabanes remplace René Andrieu comme rédacteur-en-chef. Il assume cette fonction durant seize ans.
 
Hommages
François Hollande :   »Fils d’un chef d’ État-major des FTP (francs-tireurs partisans, ndlr) dans le Sud-Ouest, il était resté fidèle à la mémoire des résistants communistes », a réagi le président de la République à propos de celui qui participait régulièrement à l’émission « On refait le monde » sur RTL ou de « Droit de réponse » sur TF1.
 
Fleur Pellerin, ministre de la Culture : « La culture de Claude Cabanes était immense, et bien connue des lecteurs du journal fondé par Jean Jaurès. Il avait pour lui cet amour des mots et de la langue française, et cette intelligence passionnée des combats d’idées ».
 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « Une grande plume de l’Humanité s’est éteinte » : Ce matin, il fait un temps splendide à Paris. Et pourtant , aujourd’hui, la chaude voix du sud de Claude Cabanes s’est éteinte, vaincue par le cancer. Claude était une des grandes plumes de l’Humanité, dont il a dirigé la rédaction de longues années. Personne n’oubliera ses éditoriaux cinglants. Il fut aussi une grande voix du journal dans de nombreux médias, de France Inter puis à RTL.
Avec sa  voix rocailleuse, son sourire ou sa plume  aiguisée et pleine d’humour, il aimait les mots, il aimait le débat d’idées, la confrontation des esprits. Il aimait l’impertinence, le monde ouvrier,  la vie.  Claude détestait les injustices, toutes les injustices.
Il trouvait à chaque occasion, le bon mot, la bonne phrase qui ferait mouche. Il pouvait parfois même être de mauvaise foi, mais toujours pour la bonne cause.  Cela fut vrai dans ses nombreuses tentatives d’arrêter la cigarette.  J’ai  eu la chance d’apprendre mon métier à l’Humanité quand Claude en était l’une des signatures illustres. J’ai pu apprécier son envie de faire comprendre les njeux politiques du moment. J’ai vu comment il cherchait les angles d’attaques d’un éditorial, d’un article.
Comment dire simplement des choses compliquées.  Je l’ai vu chercher toujours  comment renouveler le journal, ce qui valait de belles empoignades dans la rédaction. Homme d’une grande culture, Claude a  toujours partagé cette richesse avec les lecteurs de l’Humanité et de l’Humanité dimanche, mais aussi  à la Fête du journal où il aimait polémiquer sur les estrades.  A sa famille, sa femme que j’ai eue hier au téléphone, à  tous ses proches, à ses amis journalistes du monde de la culture, j’adresse le salut fraternel du Parti Communiste. A tous, j’adresse  mon affection et mon amitié dans ce moment si difficile. « 
 

Posté par le 07 juil 2008 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Débats autour de la refondation de la gauche Modifier

 

A lire sur le blog citoyen notre rencontre avec Claude Cabane
l’intervention de Claude Cabanes lors de la table ronde sur les perspectives politiques à la fête du PCF dans les Landes, le 6 juillet 2007

L'intervention de Claude Cabanes lors de la table ronde sur les perspectives politiques à la fête du PCF dans les Landes, le 6 juillet dernier dans a5-Les entretiens du blog citoyen photobio-claude-cabanes_232249_M » … Première chose. Quand on est communiste et qu’on parle, il peut y avoir des communistes qui ne partagent pas votre opinion. Donc je respecte les autres opinions des communistes et ce que je vais dire, évidemment, n’engage que moi…

Quand on écoute la radio et la télévision, on pourrait croire que le parti communiste français est mort puique on ne l’entend plus … Je veux dire que la parti communiste n’est pas mort. Pour moi, le parti communiste français, c’est comme une nappe phréatique. Il a subi, certes, beaucoup de défaites. Le communisme a été trahi ! Horriblement trahi  par certains dans le monde. Mais la nappe phréatique du communisme français, elle est toujours vivante…

Notre histoire, lorsqu’on a été acteur du Front populaire en 36, lorsqu’on a été acteur décicif de la résistance contre les nazis, lorsqu’on a pris part au gouvernement de la Libération, lorsqu’on a lutté contre les guerres coloniales, lorsqu’on a pris part à mai 68, on est une force politique encore vivante ! Je voulais le dire !

Deuxième chose… je pense qu’il faut garder le mot communiste (applaudissements). J’ai hésité longtemps, je me suis longtemps interrogé, mais ce n’est pas en effaçant les mots qu’on efface les choses. Et lorsque certains abandonnent les mots communiste et révolutionnaire, je pense qu’il est important pour nous de les conserver. Mais bien sûr, de les faire vivre avec les temps d’aujourd’hui et les temps de demain…

Je pense que la politique de Nicolas Sarkozy est minoritaire socialement mais qu’elle est majoritaire politiquement. Elle est minoritaire socialement parce qu’elle est détestable pour le sort du peuple français, détestable ! Par exemple nous passons tous à la station service. Nous sommes effarés du prix du sans plomb 98. Eh bien, il y a un an, le sans plomb coûtait un euro et il y avait 65% de taxes de cet euro qui rentraient dans les caisses de l’Etat. Aujourd’hui, il coûte un euro cinquante, il y a toujours 65% des taxes qui rentrent dans les caisses de l’Etat. Autrement dit, pendant que les pauvres travailleurs se posent la question  » mais comment je vais aller de mon domicile à mon travail, tous les jours avec ce prix de l’essence ? » hé bien, le robinet de l’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat !

… Je crois que la force de Sarkozy aujourd’hui, c’est la faiblesse à gauche ! C’est la faiblesse de la gauche ! Et je crois que la gauche – je vais vite – elle a perdu la bataille électorale, elle a perdu la bataille politique parce qu’elle a perdu la bataille des valeurs ! Parce que Sarkozy a enfoncé la gauche sur la question du travail ! Sur la question du progrès ! Sur la question du mérite ! Même sur la question des classes !

… Pendant la campagne électorale, c’est presque le seul qui a parlé de la classe ouvrière ! c’est incroyable quand même ! La gauche, elle a reculé sur tous les fronts qui faisaient ses valeurs… Je tends à penser que je reste communiste parce que je crois que la société française est toujours organisée en classes sociales. Et qu’aujourd’hui ce n’est pas parce que le capital est aujourd’hui la classe dominante qui écrase tout, qui domine tout, qu’il n’y a pas d’autres classes. Il y a dans ce pays, sept millions de travailleurs qui travaillent dans des conditions difficiles, qui sont mal payés, qui vivent mal en dehors de leur travail ! Eh bien, c’est ça la classe ouvrière ! Ce qui a reculé, c’est la conscience de classe. Mais les classes sont toujours là ! Et même (…)  on voit que ces contradictions de classes, elles gagnent la société aujourd’hui… On a été battu sur les valeurs ! Quand on est battu sur les valeurs, on est battu politiquement et syndicalement. Donc il faut reconquérir les valeurs. Vous savez qu’il y avait un grand révolutionnaire italien qui s’appelait Gramsci. C’est lui qui a dit (que) lorsqu »on perd les batailles sur les idées, on perd les batailles politiques ! Et alors, moi, j’avoue que j’ai été ravi d’entendre l’autre jour, monsieur Fillon, le premier ministre, dire  » nous avons battu la gauche idéologiquement ! »

Jusqu’ici on nous disait  »Mais l’idéologie c’est mort. Tout ça ce sont des ringardises, des vieilles choses… » Le premier ministre dit « On les a battu idéologiquement ! » Eh oui, ils nous ont battu idéologiquement au delà même des personnes, des partis… Donc la bataille à gauche, c’est une bataille très profonde maintenant. Très, très profonde…

J’ai deux convictions profondes depuis que je m’occupe de politique, depuis que je suis communiste. La première, c’est que sans l’union, l’unité – quelque mot qu’on utilise – de la gauche, on ne peut rien faire de fondamental dans ce pays. Première chose. Ca c’est la conviction absolue ! Il y a un peuple de gauche dans ce pays et quand on n’utilise pas l’ensemble de ce peuple de gauche, on ne peut pas bouger les lignes, on ne peut pas conquérir le pouvoir, on ne peut pas changer la société ! Mais inversement, quand la gauche renonce à être elle-même – et pardonne-moi mais quand j’entends un éminent dirigeant du parti socialiste – Manuel Valls - dire  » Moi désormais, je préfère Clémenceau à Jaurès «  eh bien j’appelle ça une défaite en rase campagne ! une défaite en rase campagne ! (applaudissements)

Lorsque j’entends un éminent dirigeant du parti socialiste, par ailleurs pour lequel j’ai voté aux élections municipales à Paris – j’ai voté pour lui et pour les listes de gauche – dire qu’il veut marier le socialisme et le libéralisme, eh bien, je ne crois pas que l’on peut marier le socialisme et le libéralisme ! Je crois que si l’on veut avoir une perspective d’avenir, il faut avoir le courage d’affronter le libéralisme ! Eh je vais vous dire… je pense qu’à gauche, étant donné l’histoire  cruelle qu’on a vécu, en particulier nous les communistes… étant donné la catastrophe que ça a été à l’Est – à l’Est ils ont construit une société qui était complètement invivable, invivable, des Etats policiers, des Etats concentrationnaires… Eh bien tout ça nous a traumatisé… Mais je me pose maintenant des questions. par exemple : est-ce que pour une politique  de gauche vraiment … efficace pour reconstruire ce travail à gauche, est-ce qu’il ne faut pas se reposer la question des nationalisations, est-ce qu’il ne va pas y avoir des  moyens de production, des centres financiers  qu’il va falloir reprendre en main ? Pourquoi est-ce que l’on aurait peur du mot nationalisation ? Moi je n’en n’ai pas peur ! Certes les nationalisations, elles n’ont pas bien fonctionné en bas … mais je crois que l’on ne pourra pas faire une nouvelle politique de gauche si l’on ne reconquiert pas du terrain sur le marché et sur le capital. Voilà ! Et je pense  qu’il va falloir même de la planification, de la planification – j’ai presqu’envie de dire autoritaire ! Il va falloir  contraindre parfois à ne pas vider les usines pour les amener je ne sais où ! A ne pas accepter par exemple … Hier soit, il y avait un débat au casino d’ Hossegor – j’étais très fier car j’ai réussi à faire applaudir Karl marx au casino d’Hossegor ! – (rires) J’en suis très fier, ça je n’oublierai jamais ! Mais il y avait un débat sur mai 68 formidable  –  comme quoi, il y a un besoin quand même , très grand… Il y a eu un débat où on a évoqué la Chine, l’Inde, la mondialisation (avec une attitude résigné NDLR). Mais enfin, moi je crois qu’il n’y a aucun rapport entre ce que font les Chinois et le fait qu’un grand groupe de la grande distribution qui est côté au CAC 40, qui est un des plus grand bénéficiaire de l’économie française aujourd’hui , refuse à des caissières de supermarché des tickets de restaurant à 4,25 ou 5 euros. Ca n’a aucun rapport ni avec la Chine, ni avec la mondialisation ! Ca s’appelle simplement de l’expoitation ! Nous vivons dans une société où l’expoitation est toujours là de plus en plus présente…

Pour la gauche, on a un chantier formidable. Il y a deux congrès : le congrès du parti socialiste, le congrès du parti communiste. Je ne sais pas ce qu’il va en sortir. Je ne sais pas. Je m’inquiète un peu tout de même… Il faut qu’on devienne crédible… Il faut donc montrer les outils qui vont permettre de devenir crédible. C’est pour ça que je parlais de nationalisation. Il faut que l’Etat reprenne la main… En Grande Bretagne c’est l’Etat qui a renfloué une grande banque pour éviter la catastrophe ! Aux Etats-Unis, c’est l’Etat fédéral, d’autres Etats, qui prennent en mains toute une partie de l’économie pour la protéger ! Je ne vois pas pourquoi à gauche on aurait des pudeurs de jeune fille ! Franchement !

 … Donc il faut réfléchir, travailler !

L’Europe aussi elle va mal. On a vu que les Irlandais ont dit qu’elle allait mal ! Je suis toujours extrêmement choqué! Après que la peuple français a dit non, on lui a repassé le plat en douce à l’Assemblée nationale – pardonnez moi : repassé le plat en douce ! (bis) Je pense que sur l’Europe il ne va pas falloir se laisser faire ! Quand on pense que des commissaires européens, des hommes sans voix, sans visage, des sortes de spectres anonymes qui ne viennent jamais s’expliquer nulle part, ni à la TV… Et donc il y a un gros problème maintenant de la démocratie et de l’Europe !

Et quant à la gauche, il faut qu’elle ait du courage, qu’elle regarde les choses en face ! Actuellement on peut dire qu’elle est assez lamentable ! Elle est incapable de faire face à ce que dit Nicolas sarkozy ! Il faut vraiment qu’elle se reprenne. Mais peut être que pour ça il faut que le peuple s’en mêle ! (vifs applaudissements)

Propos recueillis et publiés par X D pour le blog citoyen, socialiste et républicain avec l’aimable autorisation de Claude Cabanes.

Claude Cabanes,  journaliste et écrivain  a été chef de la rubrique culture, puis rédacteur en chef adjoint de l’Humanité dimanche, puis rédacteur en chef de l’Humanité.

LES CHEFS D’ETAT DEMANDENT AUX PAUVRES DE SAUTER UN REPAS SUR DEUX !

Créé par le 09 fév 2013 | Dans : Pour une autre Europe

Paris, le 8 février 2013,

Communiqué de presse

Les chefs d’Etat ont fini par s’accorder pour fixer la politique budgétaire de l’Europe 2014-2020.

L’aide européenne aux plus démunis est heureusement maintenue mais elle est considérablement réduite (2.5 milliards pour 28 Etats contre 3.5 milliards pour 20 Etats actuellement). La situation sociale en Europe et l’accroissement du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté auraient au contraire justifié une augmentation de l’aide destinée aux européens les plus fragiles.

Les 4 associations

(Banques Alimentaires, Croix Rouge, Restaurants du Coeur et Secours Populaire français), qui se sont battues sans relâche, sont déçues et préoccupées par les conséquences de cette décision. 

A partir de 2014, en France, près de la moitié des 130 millions de repas pourraient ne plus être distribués.

Les associations se trouveront donc devant un choix inhumain: donner moins, à qui et sur quels critères ?

Nos associations restent déterminées et mobilisées. Même si le symbole de la solidarité semble pré-servé, nous demandons aux dirigeants français, à la Commission et au Parlement européen qui, toutes tendances politiques confondues ont toujours soutenu notre combat, de s’organiser pour aboutir à un programme cohérent avec l’objectif ambitieux de l’Union Européenne : réduire de 25% le nombre de pauvres d’ici 2020 mais surtout avec les besoins criants de millions d’Européens !


CONTACTS PRESSE

Banques Alimentaires

Laurence Champier- Solène Job- 01 49 08 04 70 – laurence.champier@banquealimentaire.org

Croix-Rouge française

Christèle Lambert-Côme 01 44 43 12 07 / 06 07 34 99 29 – christele.lambert-come@croix-rouge.fr

Restos du Coeur

Maya Paumelle – Agathe Revol – 01 53 32 23 14 / 40 – communication@restosducoeur.org

Secours populaire français

Karine Vauloup 01 44 78 21 57 / 06 77 04 57 33 – karine.vauloup@secourspopulaire.fr

Comment se construisent les inégalités sociales de santé ?

Créé par le 29 jan 2011 | Dans : Santé-social-logement

le 21 décembre 2010 
Comment expliquer qu’un cadre à 35 ans ait une espérance de vie de 46 ans, alors qu’un ouvrier du même âge ne dispose que de 39 années à vivre en moyenne ? Le tour de la question des inégalités sociales de santé, par Pierre Volovitch de l’Observatoire des inégalités.

Comment expliquer qu’un cadre à 35 ans ait, en moyenne, une espérance de vie de 46 ans, alors qu’un ouvrier du même âge ne dispose que de 39 années à vivre en moyenne ? Que chez les enfants d’ouvriers, le risque d’obésité soit de près de quatre fois plus élevé que pour les enfants de cadres ? Les obstacles les plus évidents sont économiques : rien de tel que d’être riche pour être aussi bien portant. Mais ils ne sont pas les seuls.

Les obstacles les plus évidents sont d’ordre économique

Les revenus comptent

- 15 % de la population française déclarent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières en dépit du système de protection sociale. Principalement, il s’agit des soins mal pris en charge par l’Assurance maladie : les dents, les lunettes… 0,5 % des enfants de cadres supérieurs en classe de 3e ont au moins deux dents cariées non soignées, contre 8,5 % des enfants d’ouvriers non-qualifiés. La Finlande a quasiment fait disparaître les inégalités dans ce domaine en mettant en place des soins obligatoires et gratuits dans le domaine dentaire à l’école. Sur ce point, lire notre article « Santé bucco-dentaire des adolescents et milieu social« .

- Les renoncements aux soins concernent également des maladies chroniques. Certes, le coût unitaire des soins peut sembler faible, mais leur renouvellement fréquent sur la durée est onéreux.

- Les services d’urgence des hôpitaux sont – du fait de leur accès gratuit – de plus en plus fréquentés par des populations pour lesquelles l’avance de frais est un problème. Dans le système de soins français le « tiers payant » [1] n’est pas généralisé, il faut souvent payer, puis attendre le remboursement.

L’impact des conditions de vie

- Les grandes avancées hygiénistes du début du 20e siècle, le renforcement des normes sanitaires dans le domaine du logement ont considérablement réduit l’impact des conditions d’habitat sur la santé, sans totalement l’éradiquer. L’humidité, les mauvaises conditions de chauffage ou le bruit pèsent sur la santé. Le saturnisme infantile existe toujours en France. Sans parler des personnes qui vivent à la rue dans des conditions d’hygiène très dégradées.

Le mouvement hygiéniste

- L’alimentation influence aussi l’état de santé. L’accès facilité à une nourriture trop riche en matières grasses, en sel ou en sucres, combiné à des modes de vie plus sédentaires joue un rôle dans la montée de maladies comme l’obésité ou le diabète… Les catégories sociales les plus modestes qui ont, en partie pour des raisons économiques, des modes d’alimentation moins variés, sont, plus que les autres, exposées à ce type de risque. Chez les 15 ans et plus, le taux d’obésité atteint 5,4 % pour les foyers dont le revenu dépasse 5 300 euros, contre 18,8 % pour ceux où il n’est que de 900 euros. Sur ce point, lire notre article « Obésité et milieux sociaux« .

Les facteurs culturels

Catégories sociales et rapport au corps

- Les personnes issues de milieux modestes – même dans les pays européens où la santé est pratiquement gratuite – accèdent aux soins plus tardivement, et plus souvent par le canal de la médecine de premier recours. A l’inverse, les catégories plus favorisées ont recours plus tôt aux soins, et plus souvent en passant par la médecine spécialisée. Les difficultés de santé des plus pauvres, prises en charge plus tardivement, donnent lieu à des soins plus lourds et plus coûteux pour de moins bons résultats. Le « seuil » à partir duquel la douleur, ou simplement la gêne, déclenche le recours au système de soins n’est pas le même d’une catégorie sociale à une autre. Les personnes qui exercent les métiers les plus pénibles apprennent à endurer des douleurs qui font partie du quotidien. Le seuil à partir duquel la plainte est possible s’élève. A la fois parce que l’accès aux soins est coûteux et peut être pénalisant dans son métier, à la fois aussi parce que la capacité à « tenir le coup » physiquement peut être valorisée.

Quand le patient et le professionnel parlent deux langages différents

- Souvent, le médecin, et dans une moindre mesure les autres professionnels de santé, parlent de la santé et du corps de leurs patients dans un langage correspondant à leur niveau d’études. Le patient, lui, en parle avec les savoirs et le langage dont il dispose et qui ne sont pas les mêmes que ceux du professionnel. La compréhension par le professionnel des symptômes que lui décrit le patient, et par le patient du traitement que propose le professionnel, est d’autant plus difficile que les écarts de formations sont grands.

- Le professionnel de santé n’a pas toujours une bonne connaissance des conditions de vie concrètes du patient, par exemple dans le domaine des horaires. La prescription n’est parfois pas adaptée à son rythme de vie.

La transmission des savoirs n’a rien d’automatique

- Notre système de santé fonctionne le plus souvent « comme si » les règles de base de l’alimentation, de l’hygiène, de l’usage des médicaments, étaient connues de tous. L’école, sauf initiative personnelle d’un enseignant, n’a pas de fonction de formation dans ce domaine. Or, ces savoirs sont très inégalement transmis et actualisés par l’éducation familiale.

Le travail a des effets directs et indirects

Le travail peut être pathogène [2]

- Le travail peut être pathogène par les produits que l’on utilise (chimie), par les travaux à accomplir comme des charges à porter, les poussières que l’on respire… Sur ce point, lire notre article « Les conditions du travail en France« .

- Il peut aussi être pathogène du fait de ses rythmes. Le travail « posté », avec des horaires variables, oblige l’organisme à des changements de rythmes perpétuels qui ont des effets négatifs bien identifiés sur la santé. Les mêmes gestes répétés à une forte cadence (travail à la chaîne, travail de saisie informatique, travail des caissières de supermarché) provoquent des lésions articulaires, aujourd’hui de plus en plus fréquentes et connues, les troubles musculo-squelettiques (TMS). Sur ce point, lire notre article « L’exposition aux maladies professionnelles« .

- La précarité du travail a un impact sur la santé. Le « collectif de travail » (les collègues ou la hiérarchie) a un rôle dans la transmission des savoirs qui permettent de se protéger contre les risques de l’activité exercée. Le travailleur précaire, qui passe d’un emploi à un autre, ne bénéficie pas de la protection de ce collectif de travail.

- L’impact du travail sur la santé peut également avoir des sources moins matérielles. Les formes actuelles d’organisation, où le salarié est tenu à des résultats tout en ne disposant pas toujours des moyens de les atteindre, sont fortement pathogènes. La forme extrême de la souffrance dans ce cas pouvant prendre la forme de suicide.

- Si le travail peut porter atteinte à la santé, l’absence de travail n’est pas un gage de bonne santé… Le chômage peut être pathogène. Les demandeurs d’emploi sont soumis à des inquiétudes, à des angoisses, dont les effets négatifs sur la santé sont reconnus.

Le travail et la santé de la famille…

Les rythmes de travail des parents – ou du parent dans le cas des familles monoparentales – ont un impact sur les horaires de la vie de famille, en particulier sur les horaires des repas et du coucher. Les horaires des adultes rendent parfois pratiquement impossible la prise commune de plusieurs repas, ce qui nuit évidemment à leur qualité. Le fait de devoir veiller tard se répercute aussi sur la santé des enfants.

Un système d’inégalités

Les facteurs qui entraînent les inégalités sociales de santé forment un ensemble. Un bas niveau de qualification à la sortie de l’école conduit le plus souvent à un emploi dans lequel les contraintes du travail sur la santé sont fortes, qu’il s’agisse des rythmes imposés ou de la charge physique du métier. Ce travail contraignant est souvent mal rémunéré. La faiblesse des revenus joue, à son tour, sur les conditions de logement, les loisirs, les comportements alimentaires… Ces facteurs finissent par se combiner entre eux, ce qui accroît les inégalités.

Le milieu social n’agit pas pour autant comme une mécanique implacable. L’attention au corps se diffuse dans tous les milieux sociaux, et une partie des professionnels de santé œuvrent pour réduire ce type d’inégalités. Certaines mesures mises en place – comme la couverture maladie universelle (CMU) – améliorent l’accès aux soins des catégories défavorisées, mais d’autres, comme les déremboursements de médicaments ou la franchise de soin, agissent en sens inverse…

Pierre Volovitch.

Un impact qui ne se mesure que dans la durée

© Frog 974 – Fotolia.com

[1] Tiers-payant : prise en charge de la dépense par un tiers (sécurité sociale, certaines assurances complémentaires), sans avance de frais.

[2] Pathogène : qui entraîne une maladie pour le salarié

[3] « Vulnérabilité sociale et santé ». Rapport Irdes n° 1621, 2006/01

Haití pone a prueba el espíritu de cooperación / HAÏTI MET À L’ÉPREUVE L’ESPRIT DE COOPÉRATION

Créé par le 21 jan 2010 | Dans : Amérique Latine

Las noticias que llegan de Haití configuran el gran caos que era de esperar en la situación excepcional creada por la catástrofe.

Sorpresa, asombro, conmoción en los primeros instantes, deseos de prestar ayuda inmediata en los más apartados rincones de la Tierra. ¿Qué enviar y cómo hacerlo hacia un rincón del Caribe, desde China, India, Vietnam y otros puntos ubicados a decenas de miles de kilómetros? La magnitud del terremoto y la pobreza del país generan en los primeros instantes ideas de necesidades imaginarias, que dan lugar a todo tipo de promesas posibles que después se tratan de hacer llegar por cualquier vía.

Los cubanos comprendimos que lo más importante en ese instante era salvar vidas, para lo cual estábamos entrenados no sólo frente a catástrofes como esa, sino también contra otras catástrofes naturales relacionadas con la salud.

Allí estaban cientos de médicos cubanos y, adicionalmente, un buen número de jóvenes haitianos de humilde origen, convertidos en bien entrenados profesionales de la salud, una tarea en la que hemos cooperado durante muchos años con ese hermano y vecino país. Una parte de nuestros compatriotas estaban de vacaciones y otros de origen haitiano se entrenaban o estudiaban en Cuba.

El terremoto superó cualquier cálculo; las casas humildes de adobe y barro ­­─de una ciudad con casi dos millones de habitantes­─ no podían resistir. Instalaciones gubernamentales sólidas se derrumbaron, manzanas completas de viviendas se desplomaron sobre los moradores, que a esa hora, al iniciarse la noche, estaban en sus hogares y quedaron sepultados bajo las ruinas, vivos o muertos. Las calles repletas de personas heridas clamaban por auxilio. La MINUSTAH, fuerza de Naciones Unidas, el Gobierno y la Policía quedaron sin jefatura ni puesto de mando. En los primeros instantes, la tarea de esas instituciones con miles de personas fue saber quiénes quedaban con vida y dónde.

La decisión inmediata de nuestros abnegados médicos que laboraban en Haití, así como de los jóvenes especialistas de la salud graduados en Cuba, fue comunicarse entre sí, conocer de su suerte y saber con qué se contaba para asistir al pueblo haitiano en aquella tragedia.

Los que estaban de vacaciones en Cuba se dispusieron de inmediato a partir, así como los médicos haitianos que se especializaban en nuestra Patria. Otros expertos cubanos en cirugía que han cumplido difíciles misiones se ofrecieron para partir con ellos. Basta decir que antes de 24 horas ya nuestros médicos habían atendido a cientos de pacientes. Hoy 16 de enero, a sólo tres días y medio de la tragedia, se elevaba a varios miles el número de personas afectadas que habían sido ya asistidas por ellos.

En horas del mediodía de hoy sábado, la jefatura de nuestra brigada informó entre otros datos los siguientes:

“…realmente es encomiable lo que están haciendo los compañeros.  Es opinión unánime que Pakistán ha quedado pequeño -allí hubo otro gran terremoto donde algunos laboraron-; en aquel país muchas veces recibían fracturas incluso mal consolidadas, algunos aplastamientos, pero aquí ha sobrepasado todo lo imaginable: amputaciones abundantes, las operaciones prácticamente hay que hacerlas en público; es la imagen que habían imaginado de una guerra.”

“…el hospital Delmas 33 ya está funcionando;  el mismo tiene tres salones quirúrgicos, con plantas eléctricas, áreas de consulta, etcétera, pero está absolutamente repleto.”

“…12 médicos chilenos se han incorporado, uno de ellos anestesiólogo; también ocho médicos venezolanos; nueve monjitas españolas; se espera la incorporación, de un momento a otro, de 18 españoles a los cuales la ONU y Salud Pública haitiana les había entregado el hospital, pero les faltaban recursos de urgencia que no habían podido arribar, por lo que decidieron sumarse a nosotros y comenzar de inmediato a trabajar.”

“…fueron enviados 32 médicos residentes haitianos, seis de ellos iban a ir directo a Carrefour, un sitio totalmente devastado.  También viajaron los tres equipos quirúrgicos cubanos que llegaron ayer.”

“…estamos operando las siguientes instalaciones médicas en Puerto Príncipe:

Hospital La Renaissance.

Hospital del Seguro Social.

Hospital de la Paz.”

“…funcionan ya cuatro CDI (Centros de Diagnóstico Integral).”

En esta información se transmite sólo una idea de lo que están haciendo en Haití el personal médico cubano y  de otros países que laboran con ellos, entre los primeros que llegaron a esa nación. Nuestro personal está en disposición de cooperar y unir sus fuerzas con todos los especialistas de la salud que han sido enviados para salvar vidas en ese pueblo hermano. Haití podría convertirse en un ejemplo de lo que la humanidad puede hacer por sí misma. La posibilidad y los medios existen, pero la voluntad falta.

Cuanto más tiempo se dilate el entierro o la incineración de los fallecidos, la distribución de alimentos y otros productos vitales, los riesgos de epidemias y violencias sociales se elevan.

En Haití se pondrá a prueba cuánto puede durar el espíritu de cooperación, antes de que el egoísmo, el chovinismo, los intereses mezquinos y el desprecio por otras naciones prevalezcan.

Un cambio climático amenaza a toda la humanidad. El terremoto de Puerto Príncipe, apenas tres semanas después, nos está recordando a todos cuán egoístas y autosuficientes nos comportamos en Copenhague.

Los países observan de cerca todo lo que ocurre en Haití. La opinión mundial y los pueblos serán cada vez más severos e implacables en sus críticas.

Haití pone a prueba el espíritu de cooperación / HAÏTI MET À L’ÉPREUVE L’ESPRIT DE COOPÉRATION dans Amérique Latine firma-de-fidel-16-de-enero-de-2010-300x197

Fidel Castro Ruz
Enero 16 de 2010

  Les nouvelles qui parviennent d’Haïti confirment le grand chaos qu’on était en droit d’attendre dans la situation exceptionnelle engendrée par la catastrophe. 

Surprise, étonnement, commotion dans les premiers instants, désir dans les recoins les plus éloignés de la planète de prêter de l’aide sans retard… Qu’envoyer et comment le faire vers une petite île des Caraïbes depuis la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres endroits situés à des dizaines de milliers de kilomètres de distance ? L’ampleur du séisme et la pauvreté du pays génèrent dans les premiers instants des idées de besoins imaginaires qui donnent lieu à toutes sortes de promesses possibles qu’on s’efforce ensuite de concrétiser par tous les moyens. 

Pour nous, Cubains, nous avons compris que le plus important était de sauver des vies, ce pour quoi nous sommes entraînés face non seulement à des catastrophes de ce genre, mais aussi à d’autres désastres naturels de nature sanitaire. 

Des centaines de médecins cubains étaient déjà sur place, ainsi qu’un bon nombre de jeunes Haïtiens aux origines modestes, convertis en de bons professionnels de la santé, car c’est à cela que nous avons consacré notre coopération avec ce pays frère et voisin depuis de longues années. Une partie de nos compatriotes était toutefois en vacances, tandis que des Haïtiens se formaient ou étudiaient à Cuba. 

Le tremblement de terre a dépassé tous les calculs : les modestes demeures de pisé et de torchis – dans une ville de presque deux millions d’habitants – ne pouvaient pas résister. De solides bâtiments publics se sont effondrés, des îlots entiers se sont écroulés sur leurs habitants qui se trouvaient chez eux alors que la nuit tombait et qui furent ensevelis sous les ruines, vivants ou morts. Les personnes blessées qui remplissaient les rues réclamaient des secours. La force des Nations Unies (MINUSTAH), le gouvernement et la police se sont retrouvés sans direction ni commandement. Ces institutions employant des milliers de personnes se sont attelées dans les premiers moments à la tâche de savoir quelles sont celles qui étaient en vie et où. 

La première chose qu’on faite nos médecins dévoués en Haïti et les jeunes spécialistes de la santé formés à Cuba, c’est de communiquer entre eux afin de connaître leur sort et de savoir sur quoi ils pouvaient compter pour aider le peuple haïtien dans cette tragédie. 

Ceux qui étaient en congés à Cuba et les médecins haïtiens qui suivaient une spécialisation dans notre pays se sont aussitôt préparés à partir. D’autres experts cubains en chirurgie qui avaient rempli des missions difficiles se sont offerts à les accompagner. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, nos médecins avaient déjà soigné des centaines de patients. Aujourd’hui, 16 janvier, à peine trois jours et demi après la tragédie, ils avaient traité plusieurs milliers de victimes. 

Ce samedi midi, la direction de notre brigade a informé entre autres : 

« Ce que font les compagnons est vraiment digne d’éloge. Ils sont tous d’avis que ce qui s’est passé au Pakistan pâlit en comparaison [il y a eu là-bas un grave séisme où certains ont travaillé]. Là-bas, ils avaient dû soigner bien des personnes ayant souffert de fractures, parfois mal consolidées, ou l’écrasement de membres, mais ici ça dépasse tout ce qu’ont peut imaginer : de nombreuses amputations ; il faut pratiquement amputer en plein air : c’est l’image de ce qu’ils avaient supposé se passer pendant une guerre.   

« … l’hôpital Delmas 33 fonctionne déjà ; il compte trois blocs opératoires dotés de groupes électrogènes, des secteurs de consultation, etc., mais il est absolument bondé. 

« …douze médecins chiliens nous ont rejoints, dont un anesthésiste, ainsi que huit médecins vénézuéliens, et neuf religieuses espagnoles ; on attend d’un moment à l’autre dix-huit Espagnols auxquels l’ONU et le ministère haïtien de la Santé publique avaient confié l’hôpital, mais qui n’avaient pas les ressources d’urgence qui n’avaient pas pu arriver, si bien qu’ils ont décidé de se joindre à nous et de commencer à travailler sans retard. 

« …trente-deux médecins haïtiens résidents ont été envoyés ici, dont six allaient partir directement à Carrefour, un endroit totalement dévasté. Les trois équipes de chirurgiens cubains qui sont arrivées hier ont aussi fait le voyage. 

« …nous opérons dans les installations médicales suivantes à Port-au-Prince : l’hôpital La Renaissance, l’hôpital de la Sécurité sociale et l’hôpital de la Paix. 

« …quatre centres de diagnostic intégral fonctionnent aussi. » 

Cette information donne une petite idée de ce que font en Haïti les personnels médicaux de Cuba et ceux d’autres pays qui travaillent avec eux, parmi les premiers à être arrivés dans ce pays. Notre personnel est disposé à coopérer et à joindre ses forces avec tous les spécialistes de la santé envoyés de partout pour sauver des vies dans ce peuple frère. Haïti pourrait se convertir en un exemple de ce que l’humanité peut faire pour soi. La possibilité et les moyens existent ; c’est la volonté, toutefois, qui fait défaut. 

              Plus l’on mettra de temps à enterrer ou à incinérer les morts, à distribuer des aliments et d’autres produits vitaux, et plus les risques d’épidémies et de violences sociales s’aggraveront. 

             Haïti permettra de prouver combien de temps l’esprit de coopération durera avant que ne l’emportent l’égoïsme, le chauvinisme, les intérêts mesquins et le mépris d’autres nations.              Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Le séisme de Port-au-Prince nous rappelle à tous, à peine trois semaines après, à quel point nous avons été égoïstes et suffisants à Copenhague ! 

             Les pays observent de près tout ce qu’il se passe en Haïti. L’opinion publique mondiale et les peuples seront de plus sévères et implacables dans leurs critiques. 

Fidel Castro Ruz 

Le 16 janvier 2010 

Manger bio, sage précaution, par Michel de Lorgeril

Créé par le 15 août 2009 | Dans : Agriculture, Articles de fond, Santé-social-logement

Au mois de juillet, des experts anglais travaillant pour la Food Standards Agency ont publié un rapport suggérant que « les produits bio ne sont pas meilleurs pour la santé que les aliments ordinaires ». De nombreux médias ont repris ce message de santé plutôt hostile à l’agriculture bio. 

En fait, le rapport complet dit seulement que les aliments bio n’apportent pas plus d’éléments nutritifs que les aliments produits de façon conventionnelle. Ce n’était donc pas une information santé à proprement parler, mais la simple affirmation que le surcoût des aliments bio n’est pas justifié si on considère uniquement leurs contenus en nutriments. Le rapport élude la question des insecticides, herbicides, fongicides et de leurs multiples résidus dans les aliments conventionnels, réelle question de santé pourtant.

Pourquoi préférer l’aubergine bio ? Parce qu’elle contient plus de fer ou de vitamine C ? Non ! Les nutriments importants (vitamines, oligoéléments et polyphénols) des légumes sont surtout présents dans la peau du légume, où se concentrent également les pesticides. Donc, si on veut se nourrir (sans risque) avec des aliments riches en saveurs et en nutriments non caloriques, on n’épluche pas et on achète bio.

Pourquoi préférer le pain bio ? Si on veut éviter les farines raffinées (pauvres en minéraux, fibres et vitamines), on préfère le pain complet. Mais c’est aussi dans l’enveloppe des céréales que se concentrent les pesticides. Si on veut du pain complet, il le faut bio.

Certains diront que l’agriculture conventionnelle respecte des normes pour les résidus de pesticides. Admettons. Mais que savons-nous de la toxicité de ces agents sur le long terme et de leurs interactions ? Or nous mangeons trois repas par jour et chaque fois plusieurs aliments contaminés par plusieurs pesticides. Ces agents s’accumulent dans nos tissus. On leur attribue un rôle causal dans des pathologies hormono-dépendantes (cancers du sein, infertilité masculine, anomalies du sexe des garçons), des maladies neurologiques (Parkinson), des lymphomes et autres cancers et leucémies. Précaution s’impose !

Mais laissons ces questions puisque le rapport anglais ne traite pas des pesticides. On y trouve une revue de la littérature, avec 150 études pertinentes, quelques calculs statistiques et une synthèse sous forme de deux grands chapitres : l’un concernant les produits végétaux (où 23 types de nutriments ont été analysés) et l’autre les produits animaux (10 nutriments analysés). Oublions l’analyse secondaire du rapport fondée sur une sélection (arbitraire) des meilleures études parce que, en statistiques, les grands nombres sont censés compenser les défauts techniques. Si des différences significatives entre les aliments conventionnels et les bio sont mises au jour dans cette marécageuse base de données, cela signifie qu’elles sont très résistantes aux facteurs de confusion et reflètent la réalité.

A propos des aliments végétaux, les experts observent des différences pour sept types de nutriments. Ils en concluent curieusement que c’est négligeable : moins de résidus azotés (dus aux engrais chimiques) dans les aliments bio, mais plus de magnésium et de zinc, ce qui est intéressant puisque nos populations tendent à en manquer ; plus de matières sèches dans les aliments bio, donc moins d’eau et plus d’éléments nutritifs, ce qui est confirmé par des différences significatives pour les sucres, les polyphénols (en général) et les flavonoïdes dans les aliments bio.

Pour les produits animaux, il y a des différences pour trois types de nutriments : plus de lipides, plus de polyinsaturés et plus d’acides gras dits « trans » dans le bio. Les experts concluent que c’est négligeable en termes de nutrition (fort contestable) mais insistent sur les trans. On distingue les trans industriels issus de l’hydrogénation des huiles végétales et les trans naturels produits lors de la rumination et présents dans les aliments animaux.

Les deux types de trans seraient, selon nos auteurs, également nuisibles pour la santé, car ils augmentent de façon identique le cholestérol sanguin. Or les trans diffèrent radicalement vis-à-vis des maladies cardiaques : les trans industriels sont associés à un doublement du risque, tandis que les trans naturels (ceux qui sont en plus grande quantité dans le bio animal) sont associés à une diminution du risque. Avantage au bio ! Cet exemple illustre aussi, pour ceux qui n’en sont pas encore convaincus, que le cholestérol ne joue qu’un rôle négligeable dans les maladies du coeur.

Tout cela indique qu’il est préférable de manger bio, qu’il s’agisse d’aliments végétaux ou animaux, surtout pour protéger sa santé, selon la formule classique « que tes aliments soient ta médecine ». Encore faut-il que cela soit acceptable pour le budget familial.

Une dernière question concerne l’opportunité de publier ce rapport en juillet. Y aurait-il quelque part et à l’approche des grandes négociations sur l’avenir de l’agriculture européenne une stratégie visant à décrédibiliser une agriculture qui ne soit pas industrielle et productiviste, exportatrice (plutôt que locale), prédatrice des ressources naturelles et dévastatrice pour l’environnement ? Assistons-nous aux premières escarmouches de la grande bataille qui s’annonce et dont l’enjeu pourrait être l’émergence d’un Monde Nouveau où Monsanto, Unilever et les autres ne seraient plus les rois de la fête ?



Michel de Lorgeril est cardiologue, chercheur CNRS au laboratoire TIMC « Coeur et nutrition » de l’université de Grenoble

Michel de Lorgeril

12

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY