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Le grand Motchane et mes années CERES par Philippe Corcuff

Créé par le 04 nov 2017 | Dans : Non classé

31 oct. 201Par Philippe Corcuff

Blog : Quand l’hippopotame s’emmêle…

Humour d’un intellectuel critique, dirigeant de la gauche de gauche
Didier Motchane (17 septembre 1931-29 octobre 2017) est une figure trop méconnue du socialisme français contemporain. Il a d’abord été un maître pour moi dans mes années d’apprentissage militant, puis est devenu un ami…
Cet homme n’était pas situé aux devants de la scène publique. Il fut pourtant un des principaux artisans du congrès d’Epinay, qui a vu la refondation du Parti socialiste en juin 1971 sous la houlette de François Mitterrand, ainsi que de la stratégie d’Union de la gauche, débouchant sur la signature du programme commun de gouvernement signé le 27 juin 1972 par le Parti communiste et le Parti socialiste, rejoints par les Radicaux de gauche le 12 juillet de la même année. Il a été l’inventeur du logo « Le poing et la rose », qui a accompagné ces années de rénovation socialiste à une échelle internationale. Il avait cofondé en 1966 (avec Jean-Pierre Chevènement et quelques autres) le CERES  (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste, transformé en Socialisme et République en 1986), qui a constitué une petite aile renaissante au sein d’une SFIO en décomposition, puis s’est voulu l’axe de gauche du PS d’Epinay. Il a été secrétaire national du PS de 1973 à 1987 et député européen de 1979 à 1989. Il a quitté le PS en 1993 pour participer à la création du Mouvement des citoyens. Il fut la figure intellectuelle principale du CERES, dont il a animé les revues théoriques successives, Les Cahiers du Ceres (1967-1972), Frontière. Les Cahiers du CERES. Socialisme aujourd’hui (1972-1975) et Repères. Les Cahier du CERES (1975-1979), puis une revue élargie à des figures intellectuelles extérieures au CERES et au PS (1), Non ! Repères pour le socialisme (1980-1982), et, dans son sillage pluraliste (2), un mensuel vendu en kiosque, En Jeu. Pour la République et le Socialisme (1983-1985).

Bien qu’énarque (promotion 1954-1956) – mais formé à une époque où l’esprit de service public tenait encore à distance les séductions du « pantouflage » dans les entreprises privées -, il s’inscrivait davantage dans la tradition des intellectuels-dirigeants de la gauche et du mouvement ouvrier (depuis les grandes figures historiques de Proudhon, Marx, Bakounine, Pelloutier, Jaurès, Rosa Luxemburg…), en cours de disparition, que dans le triomphe actuel des dirigeants-technocrates. Sa culture politique, historique, philosophique et sociologique était impressionnante, encore plus pour un homme plongé quotidiennement dans l’action politique. Son ironie mordante l’éloignait du conformisme des hommes de cour « républicains » et lui permettait de mettre en perspective critique les événements. Deux extraits d’un livre publié en 2011, Les Années Mitterrand (Éditions Bruno Leprince, collection « Archives du CERES »), en témoignent : 

* Á propos de François Mitterrand : « Pétri d’une culture fin de siècle – mais c’était celle de l’autre ! – il revenait à cet excellent élève de rhétorique d’accoutumer en douceur les Français à confondre, réconciliés dans l’indiscernable, l’universalisme du cercle des Lumières et la circulation universelle du capital. » (p. 21) 

* Sur Jacques Delors : « Au lendemain d’un congrès du parti socialiste – c’était au mois de juin 1973, à Grenoble, deux ans après Epinay -, Jacques Delors me raconta au cours d’un très long verre l’esprit du parcours politique de sa vie, du projet de construire la « Nouvelle Société », de Jacques Chaban-Delmas, à la décision de rejoindre les rangs du parti socialiste, dont les militants de la section d’accueil, « tenue » par le CERES, lui ménagèrent d’ailleurs une « bronca » assez indigne. Son paysage n’était décidément pas le mien, bien que j’y reconnusse, dans l’échappée des nuages, les lambeaux du même ciel. » (pp. 14-15)

L’humour chez lui ne tournait pas à vide, il avait un sens politique… et poétique. C’était l’humour d’un intellectuel marxiste ayant mis les mains dans le cambouis de la politique politicienne.

Souvenirs impressionnistes d’un militant

Lycéen en Gironde, j’ai rejoint le CERES en septembre 1976. J’avais écrit au siège du CERES pour me renseigner, l’idée de transformer en une force révolutionnaire un parti de masse comme le PS m’ayant finalement davantage séduit que les groupuscules de mes amis d’extrême gauche qui avaient attirés dans un premier temps mon attention. Patrick Weil (qui deviendra par la suite un historien reconnu des questions d’immigration et de citoyenneté), alors étudiant et animateur (avec notamment Éric Dupin et Laurent Joffrin, futurs journalistes) du journal du CERES étudiant, Le Crayon entre les Dents, m’avait répondu en m’envoyant des revues et des brochures et en me branchant sur le CERES girondin. J’adhérais alors au Mouvement de la jeunesse socialiste et, quelques mois après en 1977, au PS. Nous créâmes à quelques-uns le groupe Rosa Luxemburg du lycée de Bordeaux-Bastide du MJS.

Á l’époque Didier – que l’on appelait avec déférence « Motchane » – constituait une figure encore lointaine qui nous en imposait. Pour ceux comme moi qui prirent dans ce bain bouillonnant le goût du travail intellectuel et de ses liens avec l’engagement politique, il représentait le repère principal du CERES, plus que Jean-Pierre Chevènement, figure davantage publique du CERES. Entre 16 et 21 ans, je définissais volontiers mon profil politique comme « luxemburgiste » et « motchanien ». La direction du CERES fonctionnait alors de manière assez collégiale et le CERES n’était pas fréquemment vécu de l’intérieur comme le courant dirigé par Chevènement. C’est après 1981 que la personnalisation autour de Chevènement l’a emporté et que le CERES a été progressivement perçu en externe et en interne comme son courant.

Énarques marxisants et syndicalistes (de la CGT, de la CFDT et de la FEN) représentaient une part importante de la direction nationale du CERES. C’était souvent des énarques qui, lors des stages nationaux du CERES, nous apprenaient les linéaments du marxisme, de la conception de l’hégémonie chez Antonio Gramsci ou des analyses des rapports entre classes et État de Nicos Poulantzas. Après 1981, ces énarques se sont souvent fondus dans les institutions étatiques, voire les grandes entreprises publiques et privées. Didier est un des rares à être resté profondément marxiste, mais sans dogmatisme, ni sectarisme, avec une large culture extra-marxiste. Il y a peu de dirigeants politiques comme lui avec qui on pouvait discuter sérieusement de la phénoménologie d’Edmund Husserl, de la philosophie politique de Maurice Merleau-Ponty, de l’éthique du visage d’Emmanuel Levinas ou de la sociologie de Pierre Bourdieu, parce qu’il les avait lus. Bien plus tard, Pierre Bourdieu (qui avait participé à un ou des colloques du CERES à la fin des années 1960) m’a expliqué le respect intellectuel que lui inspirait Didier, alors qu’il n’avait guère, en général, de considération spontanée pour les professionnels de la politique et les technocrates. 

 Didier Motchane, Pierre Guidoni, Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre (Congrès de Metz du PS, avril 1979)

 C’est avec ma collaboration à la revue Non ! et surtout au mensuel En Jeu (où j’effectuais un stage universitaire) que, de repère intimidant, « Motchane » est devenu plus proche, « Didier », et au fil du temps un ami. Il m’a ainsi demandé en janvier 2006 d’être son témoin lors de son mariage en mairie de Montreuil avec la cinéaste Dominique Cabrera (3). En avril 2013, il me fera l’honneur d’assister à la soutenance de mon Habilitation à diriger des recherches en sciences sociales. Au début du mois de juin 2017, nous devions déjeuner ensemble lors d’un de mes passages à Paris. Un problème de santé le conduisit à décommander au dernier moment. Il m’appela toutefois en meilleure forme à la fin de ce même mois pour me féliciter d’une tribune parue dans Libération. Revenant à Paris début juillet, je lui proposais de nous voir, mais il n’était pas disponible dans le créneau restreint dont je disposais. On s’était promis de se revoir lors de mon prochain déplacement dans la capitale. Je ne suis pas revenu à Paris depuis…

Á la fin des années 1970, Didier a fait partie des quelques-uns avec Chevènement à avoir perçu dans « la deuxième gauche » rocardienne (4) un risque de dissolution marchande de la gauche (ce qu’on n’appelait pas encore « social-libéralisme »). En 1983, avec En Jeu, il était aux avant-postes de la bataille contre « la parenthèse de la rigueur », qui se révèlera être un tournant néolibéral définitif. Les mitterrandistes d’alors (dont un certain Jean-Luc Mélenchon…pour lequel Didier se prononcera au premier tour de la Présidentielle de 2012, puis de 2017 (5)) ont suivi le choix du Président, et nous étions peu à résister dans l’espace public (6) comme au sein des sections socialistes. En 1990, dans un article de l’hebdomadaire Témoignage Chrétien à l’occasion des 70 ans du Congrès de Tours (qui vit la scission des communistes et des socialistes), Didier diagnostiquera l’état de quasi-mort intellectuelle du PS (dont il était encore membre) : « Les socialistes sont-ils capables d’ouvrir le réfrigérateur de leur pensée pour en sortir autre chose que des tranches de marxisme rance ensevelies dans les pots de confiture du social-libéralisme ? » (7).

Certes nous n’avions pas que des accords avec Didier, mais il était souvent tolérant avec mes points de vue s’ils étaient argumentés. Je me suis abstenu en avril 1986 lors de la transformation du CERES en Socialisme et République et il ne m’en a pas voulu. Je craignais que la thématique républicaine de plus en plus prégnante n’éloigne la question sociale au profit de la question institutionnelle. Didier parlait lui, à la différence de Chevènement, de « la République sociale », de « la Sociale » à l’ancienne. J’ai quitté le PS fin 1992, avant Chevènement et Didier, et j’ai même appelé à voter au premier tour des élections législatives de mars 1993, dans le 20e arrondissement de Paris où j’habitais, pour le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire, Daniel Bensaïd (8). Didier m’a légèrement sermonné pour mon « manque de sérieux politique ». Mais il m’a appris que, au début des années 1970, il avait souhaité que la Ligue communiste – le groupe d’extrême gauche pour lequel il avait le plus de considération intellectuelle – rejoigne le CERES. Des discussions avaient même été entamées avec des dirigeants de la Ligue. Je l’ai ensuite suivi lors de la création du Mouvement des citoyens en décembre 1993.

Après, il ne m’a pas reproché mon parcours militant cahoteux, sensible qu’il était aux brouillages de repères à gauche et à la pluralité des cheminements qu’il autorisait : d’avoir quitté le MDC pour les Verts en 1994 (jusqu’en 1997), de m’être rapproché de la Ligue communiste révolutionnaire en décembre 1997 pour y adhérer formellement en 1999, puis au Nouveau Parti Anticapitaliste qui a pris sa suite, ou mon engagement à la Fédération Anarchiste à partir de février 2013. Dans les derniers temps, nous avions un désaccord sur la place de la nation : il la voyait pour longtemps comme l’espace privilégié de la démocratie, je penchais pour une vue plus feuilletée des souverainetés populaires du local au mondial. Cependant, nous restions tous deux attachés à un horizon internationaliste.

Les tensions les plus fortes entre nous ont eu lieu lors d’une grève de la faim de personnes issues de l’immigration soumises à « la double peine » (une peine de prison pour un délit, puis une peine d’expulsion dans un pays qui n’était plus vraiment le leur, alors qu’ils étaient arrivés jeunes en France et y avaient fait leur vie de famille) à Lyon au printemps 1998, dans laquelle j’étais fortement impliqué avec mon syndicat SUD Éducation. Didier était membre du cabinet du ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, peu ouvert à la négociation. Il a atténué la portée de nos divergences en les mettant sur le compte d’un « souci humanitaire » de ma part, mais en sous-estimant sa portée politique. 

Le CERES, si intensément incarné par Didier, a été pour moi une grande école d’apprentissage politique, un lieu d’ouverture intellectuelle, un espace de créativité politique associant marxisme vivant et perspective autogestionnaire, horizon révolutionnaire et pragmatisme, souplesse tactique et fermeté stratégique, avec une lucidité pionnière et rare quant à ce qui s’est avéré un poison mortel pour le PS : l’imprégnation néolibérale. J’y vois aussi, après coup, des impensés importants dans la perspective d’une réinvention de la gauche au XXIe siècle : la galaxie des problèmes tournant autour de l’étatisme, du verticalisme politique et de la professionnalisation politique, les enjeux écologistes ainsi que l’oubli de l’angle des individus dans des sociétés devenues individualistes.

Didier, c’était aussi des éclairs d’intelligence et d’humanité au cours de bonnes bouffes bien arrosées et entrecoupées d’anecdotes ! Il me convia un jour dans un restaurant du Quartier latin où il avait mangé en tête à tête avec François Mitterrand au début des années 1970. Mitterrand lui avait donné des conseils sur la meilleure façon de déguster du saucisson, en découpant des tranches épaisses (et pas fines comme à Paris !), et avait fini le repas en lui lançant « Motchane, nous aurions pu être amis si vous n’aviez pas fait de politique ». Fronçant des sourcils broussailleux, souvent habillé de noir et trainant un pied handicapé de jeunesse, ces déplacements dans les travées des congrès et des conventions socialistes inspiraient la crainte. Et pourtant son sourire printanier et sa gaieté musicale dissipaient d’un coup les blessures de la vie.

Sa fidélité non dogmatique à certaines idées et sa culture pouvaient susciter le ressentiment. Vers 1991-1992, me rendant à une réunion parisienne où le PS invitait des intellectuels pour discuter de son nouveau projet, je croise l’organisateur du débat, Michel Charzat, ancien animateur du CERES ayant tourné casaque au moment de la première guerre du Golfe (1990-1991), qui me dit dans le cours de la conversation : « Motchane n’est qu’un handicapé intellectuel ! », remarque à la finesse d’apparatchik au regard du handicap physique de Didier. Je sentis mon poing partir en direction de son visage bouffi d’aigreur, mais la main apaisante sur mon épaule du regretté sociologue Paul Ladrière (1927-2013) arrêta mon mouvement…

Clefs pour le socialisme (1973) : une boussole politico-intellectuelle dans les années 1970…et au-delà ?

Un livre de Didier, Clefs pour le socialisme (précédé d’un texte de Chevènement, Éditions Seghers, 1973), a participé à fabriquer la boussole politique et intellectuelle de nombre de militants du CERES au cours des années 1970. Il garde encore aujourd’hui une certaine pertinence. Quelques exemples: 

* Sur les processus de dogmatisation : « La méthode se dégrade en doctrine, le projet en catéchisme, le mouvement historique se fige dans l’immobilité et l’apologie d’un système de pouvoir. Á la pensée critique succède une série d’images pieuses. Coupé de l’histoire concrète, de sa substance même, il ne reste du socialisme que logomachie, rhétorique, et procédés scolastiques coagulés. » (p. 40) 

* Une critique lucide de la social-démocratie comme symptôme de processus plus larges d’institutionnalisation des forces critiques au sein du capitalisme : « Une critique sérieuse de la social-démocratie devra dépasser le terrain des considérations morales et s’astreindre à répondre à la question décisive à laquelle le mouvement ouvrier ne cesse d’être confronté : comment durer, en tant qu’organisation révolutionnaire de masse, sans avoir fait la révolution ? » (p. 96) 

* Une critique du léninisme comme « tentation de considérer que la conscience révolutionnaire d’une minorité peut se substituer durablement et complètement à celle des masses. C’est le mécanisme de toutes les oligarchies. » (p. 111) 

* Une piste (à ne pas retenir aujourd’hui de façon exclusive) d’accrochage entre les potentialités subversives d’une situation inédite qui surgit et le travail intérieur et antérieur dans une organisation : « C’est dans la crise révolutionnaire qu’un parti de masse devient révolutionnaire, s’il a su développer en lui une tension suffisante pour arracher le socialisme au destin qui, dans la société bourgeoise, s’appelle la social-démocratie. » (p. 113) 

* Sur le ridicule gauchiste : « Dans les grandes banlieues de la révolution, l’illusion lyrique n’est séparée de l’illusion comique que par un terrain vague : la confusion politique, la gesticulation idéologique s’y donnent libre cours. » (p. 198). J’ai repris cette phrase en exergue de la partie I d’un récent livre de philosophie politique anarchiste, Enjeux libertaires pour le XXIe siècle par un anarchiste néophyte (Éditions du Monde libertaire, 2015), afin de marquer une fidélité pragmatique et anti-gauchiste. 

* Un dilemme pour les visées d’auto-émancipation sociale : « une révolution ne peut s’accomplir que par l’adhésion majoritaire du peuple ; mais il n’est pas d’exemple qu’une révolution n’ait été anticipée et induite par des minorités. » (p. 203) 

* Une définition de l’autogestion en tant qu’horizon utopique pour une action politique à la fois radicale et pragmatique : « Nous entendons par autogestion une organisation de la société telle que, dans tous les domaines de l’activité sociale, celle-ci s’accomplisse sans diviser d’aucune manière les hommes entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, une organisation qui assure donc l’abolition permanente, réelle et constitutionnelle de toute séparation entre gouvernants et gouvernés. » (p. 242)

 Nous sommes quelques-uns à considérer qu’il y a un grand Motchane, comme il y a eu hier pour des cercles militants beaucoup plus larges un grand Jaurès, avec certes nettement moins d’effets sur le cours du socialisme français, mais d’une grande intensité sur un petit nombre.

Notes :

(1) Parmi les figures intellectuelles extérieures au PS et au CERES du comité de rédaction de Non ! : Gérard Althabe, Daniel Bachet, Bernard Cassen, Régis Debray, Marc Ferro, Jean-Pierre Garnier, Maurice Godelier, Alain Joxe, Dominique Lecourt, Armand Mattelart, Pierre Rolle…

(2) Roger Brunet et Danièle Linhart rejoindront notamment les « collaborateurs permanents » d’En Jeu.

(3) Dominique Cabrera, avec qui j’avais écrit le scénario de son film Nadia et les hippopotames (1999), situé lors des grèves de l’hiver 1995.

(4) Dès le colloque du magazine L’expansion d’octobre 1976 sur Les socialistes face aux patrons (dont les Actes ont été publiés par Flammarion en 1977), Michel Rocard avançait que, avec le PS, « le système de régulation restera le marché » (p. 182).

(5) Sur sa page Facebook du 15 avril 2017, Didier notait à propos de l’éventuelle victoire de Jean-Luc Mélenchon : « Dans la donne qui s’ouvrirait alors nous ne retrouverons pas forcément toutes les cartes que nous souhaitons, mais elle est la seule dont nous pouvons raisonnablement espérer qu’elle en rebattra réellement le jeu. », https://fr-fr.facebook.com/Didier-Motchane-41638524114/. Toutefois, il admettait mes critiques à l’égard de Mélenchon. Lucide et pragmatique !

(6) En dehors d’En Jeu, l’économiste Alain Lipietz a été un des rares, le nez pourtant dans le guidon de l’événement, à amorcer une analyse de la social-libéralisation du PS, en particulier dans « Un socialisme français aux couleurs du libéralisme », Le Monde diplomatique, n° 360, mars 1984, https://www.monde-diplomatique.fr/1984/03/LIPIETZ/37893, en étant un des premiers à parler de « tournant libéral ».

(7) Didier Motchane, « PS : rendez-vous manqué », Témoignage Chrétien, 22 décembre 1990.

(8) Daniel Bensaïd demanda à me rencontrer à cette occasion : ce fut notre premier contact et le point de départ d’une nouvelle amitié militante et intellectuelle.

Mort de Max Gallo, académicien et roi du roman historique populaire

Créé par le 21 juil 2017 | Dans : Vive le blog citoyen

Max Gallo l’académicien…dans notre billet daté à l’occasion de sa réception à l’Académie française

Créé par le 31 mai 2007 à 22:33 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin,

Max Gallo voit son oeuvre couronnée avec son entrée à l’Académie française. Cet homme poignant sut conjuguer le verbe et l’action. Sa force de raisonnement et ses profondes convictions ont toujours dicté  sa conduite. Il avait placé en épigraphe de son « Robespierre – Histoire d’une solitude » ce mot de Mirabeau :   »Celui-là ira loin, il croit tout ce qu’il dit ». Nous avons appris  de  ce biographe dans ses récits des grandes vies de la geste ouvrière. Historien, écrivain et  militant, Gallo a porté un regard lucide sur le monde et  particulièrement  sévère sur son époque. Après nous avoir entraîné dans son sillage, il emprunte un nouveau chemin. Sa solitude est aussi la nôtre.

XD

L’écrivain a également touché à la politique, de député PS en 1981 à compagnon du souverainiste Jean-Pierre Chevènement. Il est décédé à 85 ans

LE MONDE | 20.07.2017 à 05h51 • Mis à jour le 20.07.2017 à 09h36 | Par Raphaëlle Leyris

L’écrivain Max Gallo en 2002.

 

De sa vie, il disait volontiers qu’elle était « une histoire française », lui dont les deux grandes affaires furent l’Histoire et la France. Historien, romancier, académicien, cet homme au talent oratoire porté par sa voix chaude et son léger accent du Sud était passionné de politique : son engagement avait commencé au Parti communiste (PCF) pour s’achever à la droite du spectre, après une expérience comme député et de ministre socialiste et un long compagnonnage avec Jean-Pierre Chevènement. Max Gallo est mort mardi 18 juillet dans sa résidence secondaire de Cabris (Alpes-Maritimes).

Agé de 85 ans, il souffrait de la maladie de Parkinson, ce qu’il avait révélé en 2015 lors de la parution de Dieu le veut (XO), son « centetquelquième » livre – la prolificité de cet auteur à succès, qui confiait « tomber » 10 000 signes par jour, tous les jours (soit l’équivalent d’une page entière du Monde), sur sa machine à écrire, et avait toujours plusieurs manuscrits d’avance dans ses tiroirs, avait fini par décourager d’en tenir le compte précis.

Si le grand amoureux de la République voyait dans son existence « une histoire française », c’est parce qu’elle apparaît d’abord comme une histoire de méritocratie. Max Gallo naît en 1932 à Nice dans une famille d’origine italienne, très modeste de part et d’autre. Sa mère lui lit au coucher des vers de La Divine Comédie, de Dante – dans le texte –, préparant ainsi, selon lui, le terrain à sa future vocation d’écrivain.

Ouvrier électricien, son père a servi comme marin pendant la première guerre mondiale, résisté pendant la seconde (quoique ses proches n’en aient alors rien su) et lui assène que la volonté peut tout.

Un écrivain populaire

Le parcours du fils en témoigne. A 16 ans, il obtient un CAP de mécanicien-ajusteur, puis passe un bac mathématiques et technique. Alors qu’il commence à travailler comme technicien à la RTF (Radiodiffusion-télévision française),…

http://http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/20/mort-de-max-gallo-academicien-et-roi-du-roman-historique-populaire_5162702_3382.html

L’académicien, historien et écrivain Max Gallo est mort

L’auteur d’une centaine de livres est mort à 85 ans. Sa carrière politique avait traversé les partis.

LE MONDE | 19.07.2017 à 18h38 • Mis à jour le 19.07.2017 à 20h48

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/07/19/534×0/5162637_7_d184_l-ecrivain-et-academicien-max-gallo-le-31_ddcecb6b7924bb200f372e74a1b4365f.jpgL'écrivain et académicien Max Gallo, le 31 janvier 2008 à l'Académie française, à l'issue de son discours de réception en présence du président Nicolas Sarkozy.

L’académicien Max Gallo est mort à l’âge de 85 ans, a annoncé mercredi 19 juillet la maison d’édition XO. Historien et romancier prolifique, Max Gallo est l’auteur d’une centaine de romans, biographies et études historiques. Il souffrait de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Ses obsèques seront célébrées vendredi à 10 h 30, en l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris.

Il avait annoncé lui-même être malade en mai 2015, au moment de la parution de son dernier roman, Dieu le veut. « Nous avons toujours la liberté d’en finir avec nous-mêmes », déclarait-il alors. Au printemps dernier, sa femme Marielle Gallet avait publié un livre, Bella Ciao, dans lequel elle racontait leur combat quotidien face à la maladie.

Né à Nice en 1932, dans une famille d’immigrés italiens, il avait la fibre patriotique et la passion de la République. Il s’est d’abord fait connaître comme historien, avant de toucher le grand public avec des sagas romanesques (La Baie des anges, Les Patriotes…) et des biographies historiques à succès, de Robespierre, Garibaldi, Jaurès, de Gaulle ou Napoléon.

Député, secrétaire d’Etat, député européen

Ancien militant communiste dans sa jeunesse, Max Gallo a également mené une carrière politique dans les années 1980-1990. Député socialiste de 1981 à 1983, puis porte-parole du gouvernement socialiste (1983-1984), il avait ensuite pris ses distances avec la gauche. Max Gallo avait par ailleurs exercé un mandat de député européen de 1984 à 1994. Grand pourfendeur de la « repentance », l’écrivain avait soutenu le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007. Il a été élu cette année-là à l’Académie française.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a adressé ses « pensées aux proches de Max Gallo » et rendu hommage à un « homme d’engagement. » Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a pour sa part salué un « conteur éclairant de notre récit national ».

« Max Gallo nous parlait si bien de la France, de son histoire, notre histoire », a regretté le maire de Bordeaux, Alain Juppé. Il a « mis sa plume au service de l’histoire et sa pensée au service de la France », a salué le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. La ville de Nice aura aussi son avenue Max-Gallo en hommage à l’académicien, a déclaré le maire de la ville (Les Républicains), Christian Estrosi.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/19/l-academicien-historien-et-ecrivain-max-gallo_5162638_3382.html#JvbESjV3wx2jfEX5.99

Retour sur notre position encore et toujours centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères et de renoncements

Créé par le 13 mai 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Dans la tradition révolutionnaire, le centrisme n’a pas du tout la même acception que dans le langage politicien usuel. Il signifie une posture intermédiaire non pas entre la gauche et la droite mais entre courants de gauche. Ainsi Jean Longuet, petit fils de Karl Marx, passé par le guesdisme puis « le jauressisme de gauche », fut-il qualifié de « centriste »  pour ses positions conciliantes envers l’aspiration à la reconstruction, sous réserves, de l »Internationale – après la faillite de la seconde - en réfutant néanmoins les exigences de Zinoviev et de Lénine au congrès de Tours de 1920. Jean Longuet devait finalement se ranger aux raisons d’un Léon Blum que celui-ci exposa dans son discours historique préparé par un mentor du socialisme français : Lucien Herr. Ce discours, « trop connu pour ne pas être méconnu » selon Philippe Corcuff, révêle « une tradition française réformiste révolutionnaire » susceptible de bousculer les idées reçues des militants communistes, trotskyste et /ou altermondialiste. « Les militants socialistes actuels qui croient, selon P Corcuff, que le socialisme français constitue une version vaguement sociale de l’économie de marché n’en seront pas moins perturbés par la radicalité du propos ».

Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche (…), la position « centriste » originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin – peut nous éviter un double écueil :

-  Celui de l’abandon par la gauche de l’essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d’un prétendu  caractère indépassable de l’économie de marché dominée par le néolibéralisme. C’est hélas déjà une réalité incontestable avérée par de trop nombreux exemples : la posture du gouvernement Fabius en 1984 dans la lignée de la « parenthèse libérale » augurée par son prédécesseur à Matignon; l’adoption et la mise en oeuvre du « grand marché »,  de « l’acte unique », des  traités de Maastricht et d’Amsterdam sous les gouvernements Rocard, Bérégovoy et Jospin – ce dernier ayant par ailleurs pulvérisé le record de cessions d’actifs d’entreprises nationales sous  sa législature et appuyé le camp favorable au TCE en 2005 – . ( Et bien entendu le quinquennat du président Hollande qui illustre à présent l’échec patent des gestions social-libérales …)

- Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste – incarnée jadis par Guy Mollet –  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d’opposition. (…)

Chacun sait bien, par ailleurs, que les plus sociaux-libéraux dans la gestion gouvernementale ne sont pas forcément les moins disant en critiques gauchisantes dans l’opposition ! Les courants d’extrême-gauche  demeurent quant à eux totalement étrangers à toute perspective d’exercice du pouvoir et se perdent souvent en conjectures dans d’épuisantes querelles de chapelles parfaitement ésotériques pour le profane.

Pour sortir de ces impasses, la posture centriste pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de « la  gauche de gauche » et de  l’altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche. Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français – qui porte  haut l’exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne -, la gauche reste le creuset d’une perspective sociale audacieuse. Le néolibéralisme – qui n’est rien d’autre qu’une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail –  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d’entamer et de contester sa légitimité.

Il s’agit d’un  engagement concret de soutien et de relais aux luttes des salariés et aux aspirations populaires, en France, en Europe et dans d’autres régions du monde, couplé d’un travail d’analyses, d’échanges et  d’éducation populaire.  Une telle perspective – en contrepoint absolu avec la logique du néolibéralisme – suppose l’élaboration collective, en France, d’un  projet politique visant à souder un « Front de classes » d’abord  ancré dans les couches populaires ( sans oublier les travailleurs précaires ) et trouvant ses appuis dans de larges fractions du salariat, des travailleurs indépendants et des couches intellectuelles. C’est le combat pour une nouvelle hégémonie culturelle et idéologique autour des valeurs républicaines et sociales de la gauche française ! C’est une volonté de peser pour une Europe solidaire vraiment européenne, tournée vers le Sud et l’Est en contrepoids à la mondialisation libérale et à l’unilatéralisme américain.

La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique  »centriste » à la recherche de l’ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d’une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d’un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. D’où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau  »centrisme » a besoin d’être expliqué pour devenir un nouveau point d’équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C’est un défi encore loin d’être relevé !

X D

Le billet ci-dessus du 8 mai 2007 qui n’a pas pris une ride!!! sinon l’actualisation des parenthèses par suppression de passages anachroniques ou rajout.

Ci-dessous extrait d’une conférence de mars 2016 sur le même thème.

La conférence est disponible avec les apports complémentaires d’autres rédacteurs sur ce blog dans la catégorie blog-notes politique de Xavier Dumoulin

Quelle alternative à cette gauche des chimères et des renoncements? Comment sortir de cet enlisement et de cette étrange connivence entre discours maximalistes et frilosité politicienne?Pourquoi faut-il mettre le cap sur la reconquête d’une république sociale?

Présentation du plan d’ensemble

Introduction: Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements

A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne

Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche

1° partie – Du glissement islamophobe – au prétexte de la laïcité- à la liquidation de la politique arabe de la France

§1 -Une polémique entre un écrivain et des chercheurs en sciences sociales révélatrice d’une intériorisation de l’islamophobie

1- Une chronique de l’écrivain Kamel Daoud sur les évènements de Cologne qui fait réagir le monde des sciences sociales

2- Une brèche dans le camp des laïcs

§2-Les virevoltes de la diplomatie française au Proche-Orient et dans le dossier syrien comme symptôme de l’absence de perspective face aux enjeux de la menace terroriste

§3-Le grossier amalgame de Valls entre la volonté de comprendre et la culture de l’excuse

2° partie – Du discours « écolo » radical, comme critique du progrès, à l’accompagnement des politiques de désindustrialisation et de déflation

§1-Le fondamentalisme écologique comme négation de l’héritage humaniste et progressiste et de la perspective d’éco-socialisme.

§2-De l’écologie à la théorie de la décroissance :

1-vert de rage ou de raison?

2- l’embrouille autour de la question du nucléaire Vox Populi,  Mox  Dei

§3-Européisme, austérité et chômage de masse

1-La Grèce, l’Europe et la souveraineté par Jacques Sapir

2-La leçon grecque par Jean-Pierre Chevènement

3° partie – De la déconstruction de l’idée de nation à l’enlisement
de la France dans le néolibéralisme et le capitalisme financier mondialisé

§1-Le grossier amalgame du fait des élites mondialisées entre le nationalisme, la conception citoyenne de la nation et la nature des institutions pour brouiller les repères historiques de la gauche, masquer leur domination et entretenir la confusion entre souveraineté populaire et régression populiste

1-La notion de Nation est-elle obsolète ? Pascale FOURIER, Jean-Pierre CHEVENEMENT

2-Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

§2-De la réfutation de l’intérêt national à la fuite en avant dans l’européisme

§3-La soumission aux dogmes de l’ordo-libéralisme et du capitalisme financier mondialisé

4° partie – Du dénigrement du droit à la sûreté et à la sécurité à la liquidation de l’ordre public social

§1-Du refus de l’ordre juste

§2-A l’acceptation des zones de non droit et au détricotage du code du travail

Problématiques en guise de conclusions provisoires

§1-Comment sortir la gauche de sa torpeur et de son essoufflement?

§2-Le communisme et la gauche de la gauche ont-ils encore un avenir?

1-PCF : quelle mutation?

2-L’avenir des gauches (de gauche ou à la gauche de la gauche?)

§3-Pour la rupture démocratique : sortir du néolibéralisme et combattre le néo-conservatisme

§4-Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

§5-Pour la refondation de la gauche sans mythe ni mirage

1- Quelle refondation? Avec qui? pourquoi? pour qui?

2-Pour prolonger notre conversation entre amis socialistes et républicains…

3-Le pari de la citoyenneté

Introduction:
Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements
A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne
Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche Lire la suite »

Chevènement, la confession

Créé par le 15 oct 2016 | Dans : Blog du Che

entretien Che au point 13 10 16Voici le texte validé de l’interview donnée par Jean-Pierre Chevènement à l’Hebdomadaire Le Point qui en reproduit une version contractée, jeudi 13 octobre 2016, propos recueillis par Laureline Dupont et Thomas Mahler.

http://www.chevenement.fr/Entretien-a-l-hebdomadaire-Le-Point_a1866.html

Le Point: Votre livre est une défense de la realpolitik et d’une vision stratégique sur le long terme. Mais cela peut-être dur à entendre quand on assiste au quotidien à un martyre comme celui de la ville d’Alep…
Jean-Pierre Chevènement:
Le plus grand risque pour un politique qui entend comprendre le monde c’est de se laisser happer par l’immédiateté, et c’est le plus sûr moyen de réduire la politique à la communication, c’est-à-dire à rien. La France aborde un temps d’épreuves qu’elle ne surmontera que si elle comprend la nature du défi qui lui est jeté, non seulement par le terrorisme mondialisé, mais par la « globalisation », dont celui-ci n’est qu’une facette. L’ambition de ce livre a été de déplacer l’axe de la caméra de la partie vers le tout, de l’Islam vers une « globalisation » devenue à elle-même sa propre fin, non pour nier la réalité et la gravité des périls qui nous menacent, mais pour les comprendre afin de les surmonter.

La France est aujourd’hui en panne de projet. J’ai voulu montrer qu’il y avait pour elle un chemin, celui de « l’Europe européenne », de l’Atlantique à la Russie, que le général de Gaulle lui avait indiqué, il y a plus d’un demi-siècle. C’est le seul moyen de relever les défis venus du Sud par un projet de civilisation et de desserrer, au XXIe siècle, les mâchoires du G2 sino-américain qui sont déjà en train de se refermer sur l’Europe. Je propose donc une grille de lecture du monde, et particulièrement des relations entre le monde musulman et l’Occident, depuis au moins un demi-siècle. Il y a évidemment un rapport entre celles-ci et le terrorisme qui nous frappe. Pour comprendre la réaction du monde musulman à la « globalisation » et au tsunami de modernité et d’hyperindividualisme occidental, j’utilise les concepts forgés par Pierre Brochand que je crois éclairants : rebond (Malaisie-Indonésie) – rente (pays du Golfe) – renoncement (Somalie) – refus, à travers l’islamisme politique (Iran et pays sunnites gagnés à l’influence des « Frères musulmans »), rejet enfin, à travers le terrorisme djihadiste dont Gilles Kepel a décrit les étapes depuis 1979 : djihad afghan, djihad planétaire d’Al Quaïda, djihad territorialisé et réticulaire de Daech. Lire la suite »

Fidel Castro fête ses 90 ans

Créé par le 13 août 2016 | Dans : Amérique Latine

manifestation du 1° mai 2016 à Jagueymanifestation du 1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

Cubadebate presentó su nuevo sitio web “Fidel Soldado de las Ideas” (+ Fotos y Video)

En este artículo:                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  90 cumpleaños de Fidel, Cuba, Cubadebate, Fidel Castro Ruz, Internet, Medios de Comunicación, Páginas Web, Sitio web
    12 agosto 2016         |         79                                                                                                                                                                                                                                  |

                                                

PORTADA SITIO 940

Esta tarde, en el Memorial José Martí, en La Habana, Cubadebate presentó su nuevo sitio web Fidel Soldado de las Ideas, como un homenaje al líder de la Revolución Cubana, Fidel Castro Ruz, en su cumpleaños 90.

Desarrollado por la Universidad de las Ciencias Informáticas y con el apoyo técnico y editorial de varias instituciones del país, el nuevo espacio digital contiene una amplia recopilación, todavía inconclusa, de discursos, artículos, sucesos, documentos, libros e imágenes de Fidel; lo que permitirá a los internautas encontrar en un solo sitio una parte importante del pensamiento y la obra del Comandante en Jefe.

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