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Hugo Chavez a su rendre au peuple vénézuélien sa dignité

Créé par le 14 mar 2013 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Amérique Latine

Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, 1ere-vice présidente du MRC chargée des relations européennes et internationales, Députée de l’Aisne, mercredi 6 mars 2013.

Le Mouvement Républicain et Citoyen rend hommage à Hugo Chavez qui a su comprendre les aspirations populaires et fonder sur celles-ci la politique de l’État vénézuélien. Cette alchimie entre un dirigeant élu et tout un peuple se nomme, n’en déplaise à quelques bonnes âmes, la démocratie, au sens premier du terme. Hugo Chavez a su rendre à ce peuple sa dignité par le progrès social et par l’affirmation de son indépendance face aux puissants. Dans une époque de l’histoire où trop souvent les États renoncent à leur souveraineté devant les prétendues lois mondiales de l’économie, version contemporaine de la loi du plus fort, il a su montrer combien la volonté politique avait encore de ressources. Il mérite à cet égard d’être salué par tous les républicains. 

Révolution Française et Révolution Bolivarienne

Créé par le 12 août 2010 | Dans : Amérique Latine

Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /2010 11:55 Par Cercle Bolivarien de Paris - Publié dans : La Revolution Bolivarienne

Paris,  14 juillet 1789.   Caracas, 14 juillet 2010

par Jean Araud

Caracas, Juillet 2010.

Chaque 14 juillet, la France célèbre sa Révolution de 1789.

180 ans plus tard, Zhou Enlai, alors Premier Ministre de Chine, interrogé sur la possible influence de la Révolution Française répondit que il était trop tôt pour en tirer des conclusions ”.

Au Venezuela, á deux siècles de la Révolution Française, certaines possibles influences peuvent se mentionner, lorsque le Venezuela vit sa Révolution Bolivarienne depuis plus d´une décennie.

En France et pour célébrer sa Révolution, chaque 14 juillet, s´entonne la Marseillaise, l´hymne national, avec plus de patriotisme que de coutume. Le motif est qu´avant d´être l´hymne national la Marseillaise fut un chant révolutionnaire. Entre les volontaires qui lutaient pour défendre la Révolution, se remarqua un groupe qui venait de Marseille en chantant un hymne plein de foi patriotique et révolutionnaire. Ce chant, lettre et musique du jeune officier Claude Rouget de Lisle, fut composé dans la ville de Strasbourg. Le peuple le baptisa la Marseillaise et plus tard il fut adopté comme hymne national. La Marseillaise est en réalité un chant pour encourager les révolutionnaires á défendre la patrie des contre-révolutionnaires.

Quelques faits historiques, similitudes et situations contemporaines permettent de soupçonner que la Révolution Bolivarienne actuelle a peut-être de la Révolution Française une certaine influence et héritage.

Naissance des Révolutions

Au XVIIIème siècle la France était divisée en trois classes sociales : le Clergé, la Noblesse et le “Tiers-Etat” (le peuple). Les ouvriers et les paysans sont les pauvres. Le peuple se plaint de sa pauvreté et de payer tous les impôts, au contraire de la Noblesse et du Haut-Clergé (oligarchie de l´époque) qui ne les payent pas. Seuls les riches et les puissants privilégiés ne veulent pas changer un régime duquel ils sont les bénéficiaires. La Révolution approche. Le 5 mai 1789 sont convoqué les Etats Généraux, la Noblesse, le Clergé et le Tiers-Etat élisent leurs députés et le peuple rédige ses “Cahiers de Doléances”. Les députés de l´oligarchie acceptent de se réunir avec le peuple en Assemblée Constituante mais tentent de le tromper avec une manipulation du système de vote (un vote pour la noblesse, un vote pour le clergé et un vote pour le peuple). Les députés du peuple qui représentent 96% de la population s’y refusent, se proclament en Assemblée Nationale mais le Roi ordonne de fermer leur salle de réunion. Ils se réunissent á part et prêtent serment de donner á la France une Constitution. Le peuple se rebelle et prend La Bastille, prison emblématique des défavorisés. C’est la Révolution.

Au Venezuela, en 1992, un jeune officier refusant d´accepter appartenir á un pays riche peuplé de pauvres et témoin des privilèges de l´oligarchie ainsi que des grossiers abus des gouvernants, prend la tête d’une rébellion pour entreprendre une Révolution. Sur le moment, il semble ne pas atteindre son objectif, il est détenu et emprisonné, mais le peuple instigué par cet exemple se réveille et proteste avec une telle force que le président du moment sera jugé, condamné et emprisonné. La vérité est que la rébellion a atteint son objectif de démettre le pouvoir corrompu. En 1998, le même jeune officier, Hugo Chavez, est proclamé par le peuple comme Président de la République. Une Nouvelle Constitution est votée et nait la démocratie participative pour le peuple. C´est la Révolution Bolivarienne. 

A Paris, la nuit de la prise de la Bastille, un noble réveille le Roi pour l´informer des événements.

 “ C´est donc une révolte?” demande le Roi.  “ Non, Sire, c´est une révolution!”.

A Caracas la nuit du 4 février 1992 c´est une rébellion. En décembre 1998, c´est une révolution.

Naissance aussi des contre révolutions

En France pour résister á la Révolution, la Noblesse tente de produite une famine et ordonne de bruler les champs de blé. Pour reprendre le pouvoir elle conspire á l´étranger afin d´obtenir l´intervention et invasion de puissances étrangères, la Prussie et l´Autriche. Le Roi Louis XVI reste en rapport avec les souverains étrangers et la Reine Marie Antoinette supplie son frère, empereur d´Autriche, d´intervenir contre la France révolutionnaire. Le frère du Roi et beaucoup de nobles qui se refusent á perdre leurs privilèges fuient á l´étranger. Le pays réorganise son administration et même des juges, des prêtres et évêques sont élu et doivent prêter serment á la Constitution (beaucoup refusent et son déclarés prêtres réfractaires). L’Assemblée Législative doit lutter contre les ennemis de la Révolution et démontre ne pas être disposée á tolérer les tentatives contre-révolutionnaires des émigrés et des prêtres réfractaires. Elle publie un Décret de “Patrie en danger” et commence l´enrôlement sur les places publiques de nombreux volontaires réservistes. Un décret contre les émigrés punissant de la peine de mort leur trahison á la patrie est voté. Les prêtres réfractaires peuvent être expulsés ou emprisonnés. Début septembre 1792, la Prussie envahit la France avec des émigrés et la complicité de notables mais le 20 septembre elle s´affronte á Valmy aux Forces Révolutionnaires qui lui avaient été présentées comme un “ramassis de tailleurs et de savetiers” prêts á fuir au premier affrontement. Les Prussiens sont déroutés. La Patrie et la liberté sont sauvées au mot d´ordre de “La Patrie ou la mort”. Deux jours plus tard, le 22 septembre 1792, la Convention proclame la Première République Française. Le Roi est condamné á mort pour trahison et exécuté le 21 janvier 1793.

Pour sauver la France des dangers internes et externes, la Convention doit organiser la terrible période de La Terreur. Au sein des Forces armées, qui compte un million d´hommes sous le commandement de jeunes généraux républicains, l´officier le plus remarqué qui parvient á maintenir l´ordre á Paris et dérouter les puissances étrangères qui menacent la France s´appelle Napoléon Bonaparte.

Au Venezuela et pour résister á la Révolution Bolivarienne, l´oligarchie organise un sabotage de l´industrie pétrolière nationale pour paralyser le pais. Elle organise aussi une grève du ravitaillement des produits alimentaires qui provoque une disette pour le peuple. L´oligarchie demande l´appui et intervention de puissances étrangères auxquelles elle présente les révolutionnaires bolivariens comme un “ramassis de pieds nus, édentés et illettrés”. Le 11 avril 2002 c´est le coup d´état avec la participation de l´oligarchie, le haut-clergé, la présence d´officiers états-uniens en uniforme et la reconnaissance officielle de Washington et de Madrid. Hugo Chavez est arrêté et emprisonné. Le peuple descend dans la rue et déroute les putschistes. Deux jours plus tard Hugo Chavez est restitué au pouvoir.  La patrie et la liberté sont sauvées. Les oligarques réfractaires fuient á l´étranger et dans ce cas sont accueillis aux Etats-Unis, Pérou, Costa Rica et Colombie. Le pays réorganise son administration et commence l´enrôlement de nombreux volontaires réservistes pour défendre la Révolution avec le mot d´ordre de “Patria o Muerte” (Patrie ou Mort).

La Révolution Bolivarienne et  la Révolution Française

Quand Hugo Chavez incita le peuple vénézuélien á s´enrôler dans les rangs de la Révolution Bolivarienne il reprit et brandit les bannières révolutionnaires du Libérateur Simon Bolivar et du Précurseur Francisco de Miranda, les deux principaux acteurs de l´Indépendance du Venezuela, probablement influencés par la Révolution Française.

Simon Bolivar arriva pour la première fois á Paris en 1802, á peine treize ans après le début de la Révolution Française et adopta ses concepts de  “Liberté, Egalité, Fraternité”, allant  jusqu’à condamner de façon énergique Napoléon lorsque celui-ci se consacra Empereur.

Francisco de Miranda, eut une remarquable participation au sein de la Révolution Française au point d´être nommé Commandant en Chef des Troupes du Nord de la Révolution avec le grade de Maréchal, c´est á dire que Miranda participa activement á la défense de cette Révolution. Son attachement á la Révolution Française il l´exprimait lorsqu´au Venezuela il se présentait en uniforme de Général français. La France rétribua ses services au point de l´immortaliser en gravant son nom sur l´Arc de Triomphe de Paris parmi les cent héros de sa Révolution, en exposant son portrait dans la Salle 1789 du Palais de Versailles et en érigeant sa statue sur le Champ de Bataille de Valmy.

Du point de vue historique, nous pouvons présumer une certaine influence de la Révolution Française sur la Révolution Bolivarienne, parce que son chef de file  le Président Chavez reprit beaucoup des idéologies de Simon Bolivar et de Francisco de Miranda. Pour qui est attentif aux orientations de l´actuel processus de la Révolution Bolivarienne, il est facile de comprendre qu´á sa manière et ses expressions propres aussi prévalent les fondements de “Liberté, Egalité, Fraternité”.

Le 14 Juillet

Curieusement, la date emblématique de la Révolution Française, et Fête Nationale de la France, le 14 juillet, est aussi un jour historique au Venezuela pour divers motifs.

14 juillet 1810

La première mission diplomatique du continent Sud Américain vers l´Europe arrive à Londres. Envoyé par la Junte Suprême de Caracas, á la tète de la mission se trouve le jeune Colonel Bolivar, avec le Commissaire Luis Lopez Mendez et le Commissaire de Guerre Don Andres Bello qui fait office de Secrétaire de la mission. Le 19 ils se réunissent avec Miranda en sa résidence de Grafton Street, Nº 27.

14 juillet 1816

Mort de  Francisco de Miranda dans la prison de Cadix en Espagne.

14 juillet 1816

Le même jour de la mort de Miranda, Bolivar débarque á Ocumare de la Cote mais l´action se converti en l´une des plus grandes défaites de l´expédition révolutionnaire. Règne la confusion la plus grande. Le Général Soublette a été vaincu par les troupes espagnole á la bataille de Los Aguacates. Les patriotes se démembrent. Soudain, Simon Bolivar se retrouve seul sur la plage et encerclé d´ennemis. A ce moment, le français Jean Baptiste Bideau, Capitaine du brigantin “Indio Libre” qui déjà avait levé l´ancre, se rend compte de la situation. Il met une barque á la mer, rame jusqu´a la plage, prend Bolivar, le met á bord de la barque et revient au navire. Dans l´une de ses lettres, Bolivar écrira quelques temps plus tard:

“J’ai été trompé á la fois par un aide de Camp du Général Mariño et par les marins étrangers qui ont commis l´acte le plus infâme du monde me laissant entre mes ennemis sur une plage déserte. J´allais me tirer un coup de pistolet quand l´un d´eux, Mr. Bideau, revenait de la mer avec une barque et me prit pour me sauver”.

Ce 14 juillet, un mulâtre français sauva Bolivar de sa décision de suicide pour ne pas se rendre á l´ennemi.

14 juillet 1811

Le 5 juillet 1811 le Congrès déclara l´Indépendance du Venezuela. Mais c´est le 14 juillet que fut publiée á Caracas de façon solennelle  l´Acte d´Indépendance, assermentées les troupes et hissé pour la première fois le drapeau tri couleurs auquel se rendirent les honneurs officiels au Fort San Carlos.

Avec un Libérateur comme Simon Bolivar et un Précurseur comme Francisco de Miranda, cette date du 14 juillet était-elle un simple hasard ou un message révolutionnaire de plus?

11 septembre, Chili au coeur ! ¡ Chile en el corazón !

Créé par le 10 sept 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Amérique Latine

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Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain. A la izquierda del editorialista se reconoce Ernesto León, el vocero de la asociación, llamado TITO LEON, y a la derecha  Carlos Gusman, sub secretario. La presidente no está en la foto pero estaba presente en la manifestación.

Les journaux ont la mémoire sélective. La date anniversaire  des tragiques attentats du World Trade Center n’est pas oubliée : « we well never forget » dit-on Outre Atlantique quand ici, tel ancien dirigeant de gauche avait pu s’égarer jusqu’à affirmer sous l’émotion « nous sommes tous américains » quelques jours apres la tragédie, face  à des militants aussi réservés qu’embarrassés.

« Nunca más » dit-on en pays latinos et notamment en Amérique latine qui a connu d’effroyables répressions jusque dans les années récentes. On parle de plus de 200000 disparus au Guatemala ! Et la campagne électorale de l’an passé dans un climat de violences et de crimes politiques nous rappelle la persistance de cette barbarie d’état.

En militants républicains de gauche, nous sommes nombreux de ma génération á avoir toujours réagi avec la mème sincérité face aux évenements des dernieres décennies : la répression franquiste, le golpe du général Pinochet appuyé par la CIA, le régime sanglant des colonnels en Argentine, sans oublier le coup d’état du général Jaruzelski en Pologne ou le massacre de Tien An Men, pour ne prendre que ces quelques exemples ! La défense des droits de l’Homme est indivisible, ce qu’oublient trop souvent nos principaux médias, toujours sensibles aux pressions malveillantes des lobbies. A droite  on a souvent l’esprit plus sélectif quand on ne verse pas dans le délire idéologique. Je pense aux campagnes honteuses contre les peuples vénézuélien ou bolivien pour les mauvaises raisons que l’on sait quand les dirigeants démocratiquement élus de ces pays ne trouvent même pas l’appui de l’internationale socialiste dans leurs tentatives de se réapproprier les richesses de leur pays !

C’est du reste ce que tenta le président Allende et son gouvernement d’Unité Populaire en butte à l’hostilité d’étroits intérets économiques : ceux des multinationales et des couches les plus aisés de la population. On sait ce qu’il advint de cette démocratie après le 11 septembre 1973 ! Et l’on n’a pas encore vraiment rendu justice dans ce pays qui a subi sans doute un des plus grands lavages de cerveaux  sous la dictature de Pinochet et des chicago boy’s. Ceux-ci purent expérimenter sous haute protection militaire leur  théorie inspirée d’un Friedman ou d’un Hayeck : le marché, rien que le marché et la concurrence libre et non faussée. Histoire de légitimer la répression du mouvement ouvrier qui fausse comme chacun sait le libre jeu du renard capitaliste !

Nous ne sommes pas dupes de ces supercheries et accueillons avec solidarité le travail militant de larges secteurs de la gauche chilienne qui oeuvre a present pour la défense des droits de son peuple et de sa mémoire. Nous saluons tout particulierement « le comando des exonerados », ces victimes du régime de Pinochet qui se sont vu reconnaitre récemment quelques droits dans un pays qui tarde trop à faire justice. Avec eux, nous avons rendu hommage au compañero Salvador Allende devant le Palais de la Moneda, le 4 septembre, date anniversaire de l’élection du président socialiste en 1970 en écoutant 

 El hymno de los exonerados politicos de Chile :

Somos el pasado y el presente

Somos el combate del futuro

En aquellos dias tan oscuros

Quisieron borrarnos totalmente.

Fuimos junto a Salvador Allende

Sueño de una patria soberana

Fuimos defendiendo la mañana

Junto al invensible presidente.

Chile, por Chile fuimos exonerados

De nuestro trabadejo y nuestra libertad

Defendimos firme nuestra libertad

Defendimos firme nuestra dignidad

Nunca jamas seremos callados.

Por nuestros derechos usurpados

Recupararemos nuestra historia

Somos nuestra patria y memoria

Nunca mas seremos olvidados.

Nombres y mujeres finalmente

La fuerza del pueblo renacida

Por los hijos y por nuestra vida

Seguimos marchando nuevamente.

Chile, por Chile, fuimos exonerados

De nuestro trabajo y nuestra libertad

Defendimos firme nuestra libertad

Defendimos firme nuestra dignidad

Nunca jamas seremos acallados

Nunca jamas seremos acallados.

Por nuestros derechos usurpados

Recupararemos nuestra historia

Somos nuestra patria y memoria

Nunca mas seremos olvidados.

Nombres y mujeres finalmente

La fuerza del pueblo renacida

Por los hijos y por nuestra vida

Seguimos marchando nuevamente.

Le rêve de Mafalda

Créé par le 21 nov 2007 | Dans : Amérique Latine

Par Christophe Ventura et Gaël Brustier, militants altermondialistes. A l’occasion de la visite d’Hugo Chavez en France et de la campagne de dénigrement qui l’accompagne, les deux militants livrent quelques réflexions à Marianne2.fr.


 


Le Président du Venezuela, Hugo Chavez sera en France ce mardi 20 novembre. Celui ci fait l’objet d’une campagne internationale de dénigrement d’une ampleur inégalée pour un Président démocratiquement élu depuis celle qui a frappé le Président Allende au début des années 1970 avant que celui-ci ne soit victime du putsch du Général Pinochet. Un déluge de mensonges s’abat sur le Venezuela… Tout y passe ! « Dérive dictatoriale », Ahmadinejad, « fermeture » autoritaire d’une télévision, « répression » de manifestations étudiantes sans oublier la plus ignoble mais pas la moins ridicule de toutes les accusations : celle d’antisémitisme…Pour prendre une image, Chavez ressemble à Mafalda, le personnage inventé par le dessinateur argentin Quino. Dans un des albums, désireuse de changer sa façon de voir le monde, Mafalda, petite fille idéaliste et très politisée, renverse le planisphère qui est affiché dans sa chambre pour placer l’hémisphère Sud en haut du mur. Chavez ressemble à Mafalda et le Nord ne le lui pardonne pas…

Chavez a été élu en décembre 1998, réélu en décembre 2000 puis en décembre 2006. Il a remporté un référendum révocatoire en août 2004 et nombre d’autres scrutins. Pendant des décennies, le Venezuela n’a eu que les apparences de la démocratie. Une infime minorité s’est constamment enrichie grâce à la rente pétrolière et établi un système bipartite qui excluait les forces progressistes du jeu politique. Ainsi, nombreux furent les militants de gauche qui, de 1958 aux années 1990, furent froidement assassinés par des gouvernements prétendument « sociaux-démocrates » ou « chrétiens-sociaux ». Hugo Chavez est un ancien militaire « de gauche ». Il fait partie de ceux qui ont refusé le massacre de février 1989 quand le pouvoir de Carlos Andrés Pérez fit assassiner 3000 civils qui manifestaient contre les réformes imposées par le FMI. Il a tenté un putsch qu’on pourrait comparer à la Révolution des Œillets… Cette « révolution » là ne vit pas le jour et Chavez et la Gauche attendirent 1998 pour gagner les élections… Depuis lors, la nouvelle majorité a mis un terme à la ségrégation sociale et à une ségrégation raciale qui ne disait pas son nom.

La Constitution de 1999 comme dans sa version révisée proposée aux électeurs en décembre prochain s’inscrit pleinement dans la tradition démocratique. Ses idées sont inspirées des Républicains français des 18ème et 19ème siècles, des socialistes utopistes et des courants autogestionnaires de la Gauche latino-américaine. Les avancées du gouvernement de gauche existent : sur le plan démocratique (démocratie participative, référendum révocatoire, conseils locaux etc.) mais également sur le plan économique (recul du chômage, taux de croissance à 12%, développement du secteur privé, conquête de l’autosuffisance alimentaire en cours) et social (protection sociale créée, création de dizaines de milliers d’entreprises coopératives, ouverture d’Ecoles, missions d’alphabétisation, ouverture de l’Université aux classes les plus pauvres), sur le plan des infrastructures (transports collectifs…), sur le plan des échanges internationaux (création de l’ALBA, concurrente « équitable » de l’ALCA nord-américaine)… Le Venezuela change, il éduque, construit, produit et… parle !

L’opposition à Chavez existe. Elle est libre, manifeste, écrit, dispose des télévisions du pays (Globovision notamment), de journaux (El Nacional, Tal Cual), de partis politiques (de l’extrême droite avec Primero Justicia aux anciens partis comme Accion Democratica)… En décembre 2006, elle a opté pour la stratégie légaliste tout en ayant appuyé le putsch d’avril 2002, au cours duquel, pendant 47 heures, elle plaça Chavez en détention et appela les citoyens à dénoncer responsables et militants de Gauche. Il y a dans l’opposition des hommes d’extrême droite (Julio Borgès), d’anciens guérilleros gauchistes convertis au nélibéralisme (Teodoro Petkoff qui fut à la droite vénézuelienne ce que Kouchner est à la notre), les fortunes du pays (Carlos Cisneros) les patrons des médias privés (Marcel Granier), les anciens dirigeants du pays (Carlos Andrés Pérez qui appelle à assassiner Chavez). On peut se demander, quand on connait le Venezuela, pourquoi les dénonciateurs de Chavez s’appuient exclusivement sur l’argumentaire de la frange d’extrême droite de l’opposition qui a toujours rêvé de prolonger le rêve colonial des anciennes élites…

Enfin, Chavez a commis un crime de lèse-hémisphère Nord : il a prétendu avoir une politique internationale d’Etat à Etat, libre des diktats de l’Amérique du Nord ou de l’Europe. Chavez est un homme du Sud. Il n’accepte pas que le Roi d’Espagne lui demande de « la boucler » pas plus qu’il ne tolère qu’on lui dicte sa conscience. L’homme a du caractère, est démonstratif et a sans doute le sens de la provocation. Quand il parle à l’ONU, il enflamme les masses du Sud et effraie les élites du Nord.

Plutôt que de caricaturer Chavez, il faut à l’Europe comme à la France le courage de repenser son rapport au Sud. Il faut sortir des mythes relatifs à l’éveil de l’Amérique latine. Si Chavez, Correa, Morales, Kirchner (1 et 2), Tabaré Vasquez, Lula, Ortega, Bachelet gagnent les élections, c’est que quelque chose change en profondeur. A nous, Européens ou Français, de l’analyser et d’y répondre. L’hystérie anti-Chavez au Nord le démontre : le rêve de Mafalda est en train de réaliser…


 

Lundi 19 Novembre 2007

Christophe Ventura et Gaël Brustier

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