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Madame Macron : une charte pourquoi faire?

Créé par le 22 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

La « charte de transparence relative au statut du conjoint de Chef de l’Etat » est en ligne sur le site de l’Elysée. Le rôle de l’épouse du chef de l’Etat est ainsi précisé :

Elle « assure la représentation de la France, aux côtés du Président de la République, lors des sommets et réunions internationales », »invitée comme tous les conjoints de chefs d’Etat ou de chefs de gouvernement. » Madame Macron « peut également prendre part à des actions nationales et internationales, mises en place avec d’autres conjoints de Chefs d’Etat, notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants. »

Elle « répond aux sollicitations des Français et des personnalités françaises et étrangères qui souhaitent la rencontrer » et répond aux courriers qui lui sont adressés.

Elle  « supervise la tenue des manifestations et réceptions officielles au sein du Palais de l’Elysée. »

Elle « soutient, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».

Pour conduire ses missions, « l’épouse du Chef de l’Etat ne bénéficie d’aucune rémunération et ne dispose pas de frais de représentation » ni de « budget propre ».

« le cabinet du Président de la République. »reste à sa disposition avec notamment deux conseillers du Président de la République 

– Un conseiller spécial qui assure la fonction de directeur du cabinet de Brigitte Macron.
– Un conseiller qui exerce la fonction de chef de cabinet.- Un secrétariat est également mis à sa disposition

- La protection  de Madame Macron est assurée par le Groupement de sécurité de la Présidence de la République.

Tous « les coûts de fonctionnement associés au conjoint du Chef de l’Etat feront l’objet d’une présentation transparente dans la comptabilité analytique de l’Elysée, soumise au contrôle de la Cour des Comptes qui en rendra compte publiquement par un rapport spécifique. »

On observera la nouveauté du genre qui traduit cet esprit de transparence et de clarification au travers de cette formalisation. On passe de l’usage à la charte avec toutes les ambivalences du terme. Certes la mode est aux chartes, ces documents qui n’engagent que ceux qui les proclament. Et nous avions un peu oublié, malgré Carla Bruni-Sarkosy et le passage éphémère, en début de quinquennat, de la compagne de François Hollande, la place de la première dame de France à part entière.

Avec Madame Mitterrand et Madame Chirac, nous étions de plain pied dans une action soutenue qui perdure d’ailleurs au-delà du mandat de leur époux respectif. La fondation France-Libertés existe toujours après le décès de sa présidente et les célèbres opérations pièces jaunes continuent de venir en appui aux projets portés par les établissements sanitaires et médico-sociaux.

Pour avoir été l’un des présidents des comités relais de France-Libertés, je peux témoigner de la grande liberté de ton et d’action de la fondation qui trouvait dans son autonomie de réflexion et de développement de ses projets, une dynamique originale et un rayonnement certain en France et à l’étranger (1). En tant que « manager hospitalier », je mesure l’efficacité des aides aux projets par la fondation Bernadette Chirac-Hôpitaux de Paris.

Dans les deux cas ces actions vigoureuses et constantes se déploient, en toute autonomie politique, par le biais d’une fondation d’utilité publique reconnue et médiatisée. N’est-ce point là l’essentiel de la contribution féminine spécifique du couple présidentielle par delà les obligations mondaines ou de représentations que l’on retrouvent partout dans le monde? La personnalité de l’épouse constitue le principal vecteur de son action, laquelle bénéficie de la notoriété de ladite dame, avec, à l’évidence, le renfort d’opérations médiatiques. La charte participe de cette dynamique autour d’une Brigitte qui sait faire parler d’elle. Après le registre des considérations sur la psychologie du couple, vient le temps du statut de l’épouse du président à qui l’on souhaite de mener dans la continuité des exemples précédents sa mission au service des plus déshérités. Sans tomber ce faisant dans les travers de l’imagerie d’un conte de fée…

Xavier Dumoulin

(1) Cf la liberté d’expression et le caractère de Danielle Mitterrand qui nous accordait un entretien pour ce blog lors de la parution de sa dernière publication « le livre de ma mémoire »* :

Xavier Dumoulin  Alors, c’est ma dernière question : qu’est-ce qu’on peut faire aux côtés de votre fondation très concrètement pour ceux qui voudraient agir?

Danielle Mitterrand – Il faut tenir un discours qui entraîne les gens à résister au système actuel et puis pas seulement en mots mais en actions. Et aujourd’hui tous les jours il y a une possibilité de réagir contre ce système. Moi je ne spécule pas. Je n’ai pas une action (en bourse NDLR). Eh bien, que beaucoup de gens fassent comme moi et ils verront que ça finira par changer !

*Plus qu’un témoignage, « Le livre de ma mémoire » interpelle et ouvre des horizons, loin des conformismes et du prêt à penser… Danielle Mitterrand propose une alternative complète au néolibéralisme et appelle les citoyens à s’engager dans les combats majeurs. Elle puise dans la force de ses convictions sa capacité d’agir pour affirmer ses valeurs humanistes et œuvrer aux côtés des plus humbles pour l’avenir de l’Humanité.lelivredemammoire1.bmp

Bella Ciao

Créé par le 05 août 2017 | Dans : a-articles privés accès autorisés, a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Voir aussi Actes du colloque de la Fondation Res Publica : « Max Gallo, la fierté d’être français »

Les actes du colloque du 21 novembre 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

lBella Ciao

« Et voilà qu’à mon tour, je sacrifie à la mode de l’egocentrisme. Je ne vaux pas mieux que mes congénères, pire, je suis peut-être pire qu’eux puisque j’entreprends d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi. Je ne me pose pas la question de savoir si l’épreuve que nous traversons mérite d’intéresser quiconque. Écrire m’apparaît comme le seul moyen de résister, résister à ma manière, non pas à l’invasion des Allemands, mais à la maladie de l’homme que j’aime, un homme qui n’est plus celui que j’ai aimé. Moi non plus, je ne suis plus celle qu’il a aimée. J’ai pris conscience, il y a bien longtemps, qu’il existait plusieurs versions de soi-même. » 

Le rapport à la maladie de Parkinson, la vie de couple perturbée dans une relation d’amour qui n’endigue pas l’épuisement, générant parfois la colère, sont évoqués dans une totale sincérité et laissent place à l’interrogation sur la nature humaine.

Dès les premières pages de son récit de vie avec Max, Marielle soulève la question de la dualité de l’être – « il existe plusieurs versions de soi-même » qui peuvent être « concomitantes » – dans « une multiplicité de temps individuels, superposés mais discordants ». Tout est rassemblé en quelques phrases. Mais au fond cette problématique n’est elle pas beaucoup plus large?

La maladie exacerbe à l’évidence ce difficile rapport à l’Autre. Elle ne saurait résumer les contradictions de l’existence. Marielle évoque sa vie compliquée avec ses trois enfants issus de trois pères, constat d’une vraie difficulté dans la vie de couple. Avec cette situation rocambolesque des retrouvailles des époux Gallo dans la garçonnière de Max pour s’adonner aux jeux de l’amour, loin des risques de promiscuité avec leurs enfants respectifs qui pourraient faire irruption dans la chambre d’amour quand Julien, le fils de Max déjà trentenaire au moment de l’écriture du roman, avait fait élection de domicile chez son père, Max refusant la recomposition parentale sous un même toit.

Ses moments de tendres complicités, Marielle en parle avec pudeur et drôlerie évoquant  quand même ses tenues affriolantes et ses talons aiguilles avec sa garde robe, précieusement rangés dans leur nid d’amour. Lire la suite »

Retour sur notre position encore et toujours centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères et de renoncements

Créé par le 13 mai 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Dans la tradition révolutionnaire, le centrisme n’a pas du tout la même acception que dans le langage politicien usuel. Il signifie une posture intermédiaire non pas entre la gauche et la droite mais entre courants de gauche. Ainsi Jean Longuet, petit fils de Karl Marx, passé par le guesdisme puis « le jauressisme de gauche », fut-il qualifié de « centriste »  pour ses positions conciliantes envers l’aspiration à la reconstruction, sous réserves, de l »Internationale – après la faillite de la seconde - en réfutant néanmoins les exigences de Zinoviev et de Lénine au congrès de Tours de 1920. Jean Longuet devait finalement se ranger aux raisons d’un Léon Blum que celui-ci exposa dans son discours historique préparé par un mentor du socialisme français : Lucien Herr. Ce discours, « trop connu pour ne pas être méconnu » selon Philippe Corcuff, révêle « une tradition française réformiste révolutionnaire » susceptible de bousculer les idées reçues des militants communistes, trotskyste et /ou altermondialiste. « Les militants socialistes actuels qui croient, selon P Corcuff, que le socialisme français constitue une version vaguement sociale de l’économie de marché n’en seront pas moins perturbés par la radicalité du propos ».

Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche (…), la position « centriste » originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin – peut nous éviter un double écueil :

-  Celui de l’abandon par la gauche de l’essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d’un prétendu  caractère indépassable de l’économie de marché dominée par le néolibéralisme. C’est hélas déjà une réalité incontestable avérée par de trop nombreux exemples : la posture du gouvernement Fabius en 1984 dans la lignée de la « parenthèse libérale » augurée par son prédécesseur à Matignon; l’adoption et la mise en oeuvre du « grand marché »,  de « l’acte unique », des  traités de Maastricht et d’Amsterdam sous les gouvernements Rocard, Bérégovoy et Jospin – ce dernier ayant par ailleurs pulvérisé le record de cessions d’actifs d’entreprises nationales sous  sa législature et appuyé le camp favorable au TCE en 2005 – . ( Et bien entendu le quinquennat du président Hollande qui illustre à présent l’échec patent des gestions social-libérales …)

- Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste – incarnée jadis par Guy Mollet –  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d’opposition. (…)

Chacun sait bien, par ailleurs, que les plus sociaux-libéraux dans la gestion gouvernementale ne sont pas forcément les moins disant en critiques gauchisantes dans l’opposition ! Les courants d’extrême-gauche  demeurent quant à eux totalement étrangers à toute perspective d’exercice du pouvoir et se perdent souvent en conjectures dans d’épuisantes querelles de chapelles parfaitement ésotériques pour le profane.

Pour sortir de ces impasses, la posture centriste pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de « la  gauche de gauche » et de  l’altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche. Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français – qui porte  haut l’exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne -, la gauche reste le creuset d’une perspective sociale audacieuse. Le néolibéralisme – qui n’est rien d’autre qu’une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail –  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d’entamer et de contester sa légitimité.

Il s’agit d’un  engagement concret de soutien et de relais aux luttes des salariés et aux aspirations populaires, en France, en Europe et dans d’autres régions du monde, couplé d’un travail d’analyses, d’échanges et  d’éducation populaire.  Une telle perspective – en contrepoint absolu avec la logique du néolibéralisme – suppose l’élaboration collective, en France, d’un  projet politique visant à souder un « Front de classes » d’abord  ancré dans les couches populaires ( sans oublier les travailleurs précaires ) et trouvant ses appuis dans de larges fractions du salariat, des travailleurs indépendants et des couches intellectuelles. C’est le combat pour une nouvelle hégémonie culturelle et idéologique autour des valeurs républicaines et sociales de la gauche française ! C’est une volonté de peser pour une Europe solidaire vraiment européenne, tournée vers le Sud et l’Est en contrepoids à la mondialisation libérale et à l’unilatéralisme américain.

La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique  »centriste » à la recherche de l’ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d’une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d’un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. D’où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau  »centrisme » a besoin d’être expliqué pour devenir un nouveau point d’équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C’est un défi encore loin d’être relevé !

X D

Le billet ci-dessus du 8 mai 2007 qui n’a pas pris une ride!!! sinon l’actualisation des parenthèses par suppression de passages anachroniques ou rajout.

Ci-dessous extrait d’une conférence de mars 2016 sur le même thème.

La conférence est disponible avec les apports complémentaires d’autres rédacteurs sur ce blog dans la catégorie blog-notes politique de Xavier Dumoulin

Quelle alternative à cette gauche des chimères et des renoncements? Comment sortir de cet enlisement et de cette étrange connivence entre discours maximalistes et frilosité politicienne?Pourquoi faut-il mettre le cap sur la reconquête d’une république sociale?

Présentation du plan d’ensemble

Introduction: Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements

A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne

Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche

1° partie – Du glissement islamophobe – au prétexte de la laïcité- à la liquidation de la politique arabe de la France

§1 -Une polémique entre un écrivain et des chercheurs en sciences sociales révélatrice d’une intériorisation de l’islamophobie

1- Une chronique de l’écrivain Kamel Daoud sur les évènements de Cologne qui fait réagir le monde des sciences sociales

2- Une brèche dans le camp des laïcs

§2-Les virevoltes de la diplomatie française au Proche-Orient et dans le dossier syrien comme symptôme de l’absence de perspective face aux enjeux de la menace terroriste

§3-Le grossier amalgame de Valls entre la volonté de comprendre et la culture de l’excuse

2° partie – Du discours « écolo » radical, comme critique du progrès, à l’accompagnement des politiques de désindustrialisation et de déflation

§1-Le fondamentalisme écologique comme négation de l’héritage humaniste et progressiste et de la perspective d’éco-socialisme.

§2-De l’écologie à la théorie de la décroissance :

1-vert de rage ou de raison?

2- l’embrouille autour de la question du nucléaire Vox Populi,  Mox  Dei

§3-Européisme, austérité et chômage de masse

1-La Grèce, l’Europe et la souveraineté par Jacques Sapir

2-La leçon grecque par Jean-Pierre Chevènement

3° partie – De la déconstruction de l’idée de nation à l’enlisement
de la France dans le néolibéralisme et le capitalisme financier mondialisé

§1-Le grossier amalgame du fait des élites mondialisées entre le nationalisme, la conception citoyenne de la nation et la nature des institutions pour brouiller les repères historiques de la gauche, masquer leur domination et entretenir la confusion entre souveraineté populaire et régression populiste

1-La notion de Nation est-elle obsolète ? Pascale FOURIER, Jean-Pierre CHEVENEMENT

2-Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

§2-De la réfutation de l’intérêt national à la fuite en avant dans l’européisme

§3-La soumission aux dogmes de l’ordo-libéralisme et du capitalisme financier mondialisé

4° partie – Du dénigrement du droit à la sûreté et à la sécurité à la liquidation de l’ordre public social

§1-Du refus de l’ordre juste

§2-A l’acceptation des zones de non droit et au détricotage du code du travail

Problématiques en guise de conclusions provisoires

§1-Comment sortir la gauche de sa torpeur et de son essoufflement?

§2-Le communisme et la gauche de la gauche ont-ils encore un avenir?

1-PCF : quelle mutation?

2-L’avenir des gauches (de gauche ou à la gauche de la gauche?)

§3-Pour la rupture démocratique : sortir du néolibéralisme et combattre le néo-conservatisme

§4-Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

§5-Pour la refondation de la gauche sans mythe ni mirage

1- Quelle refondation? Avec qui? pourquoi? pour qui?

2-Pour prolonger notre conversation entre amis socialistes et républicains…

3-Le pari de la citoyenneté

Introduction:
Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements
A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne
Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche Lire la suite »

Eloge de la laideur par temps de grisaille

Créé par le 01 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

image : Affiche Mont de Marsan Sculptures 10 - 2016Les oeuvres du sculpteur Mauro Corda prochainement exposées à Mont de MarsanAfficher l'image d'origine

Mauro Corda
A partir du 8 octobre, dans les rues de Mont-de-Marsan, l’exposition « Visages » met l’humain au coeur de la 10ème édition de « Mont-de-Marsan Sculptures ». Les oeuvres de Mauro Corda seront ainsi exposées aux côtés de celles de Charles Despiau, Christophe Charbonnel, Lisbeth Delisle, Diadji Diop, Jan Fabre, Annick Leroy, Laurent Reynès, Virepinte D., Camille Claudel, Igor Mitoraj, Auguste Rodin…Organisée depuis 1988, la triennale « Mont-de-Marsan Sculptures » décline, autour d’une thématique particulière, une série d’expositions et d’installations sur un parcours urbain, en écho au fonds de sculptures figuratives du Musée Despiau-Wlérick.Du 8 octobre au 6 novembre 2016, l’exposition « Visages » présentera une sélection d’œuvres et d’installations d’artistes modernes et contemporains positionnés le long d’un parcours piéton entre la Minoterie et les berges de la Midouze, le musée et ses jardins, ceux du Presbytère et du Conseil départemental, les jardins de la Villa Mirasol et la Rotonde de la Vignotte.

J’ai beau tourner et retourner ma carte d’invitation à l’inauguration de la dixième édition de Mont de Marsan sculptures intitulée « Visages », je ne vois que d’affreuses grimaces dans ces expressions faciales visqueuses en forme de ballon de foire d’un vert cru, tourmentées et suspendues à un fil qui les retient…(1)

Je les retrouve aussi sur de grands panneaux publicitaires, à l’entrée de ma ville, ces sept visages qui rivalisent de laideur pour annoncer l’évènement culturel de l’automne. Dans un premier temps, j’ai vécu cette rencontre avec l’image comme un choc s’accompagnant d’un sentiment de rejet esthétique. Cette agression primitive a évolué au fil des jours et de mes passages devant ces icônes. J’en suis revenu à plus de sérénité envers ces odieuses créatures. Et même à considérer que sur un plan commercial, je veux dire en terme d’accroche, il y aurait peut être là quelque chose de génial qui ne laisse pas indifférent.

Prochainement exposées dans la rue, l’affiche annonce des œuvres de Corda (2), Charbonnel, Claudel,  Delisle, Despiau, Diop, Fabre, Leroy, Mitoraj, Reynès, Rodin et Virepinte. Si mon amie montoise regrettée, Béatrice, talentueuse critique d’art, était encore avec nous, je me serais naturellement tournée vers elle pour me faire expliquer cette fascination pour la laideur. Peut être m’aurait-elle rassurée quant à mes réactions viscérales ou bien, au contraire, accompagnée dans un cheminement initiatique, pour regarder autrement ces faces répugnantes qui inspirent jusqu’au dégoût.

A la réflexion elles appellent à plus de respect quand on songe à ces visages tourmentés des bourgeois de Calais du musée Rodin et à bien d’autres œuvres de haute signature dans le sillon de Claudel…

J’en viens tout de go à une éloge de la laideur par ces temps sans clarté, avec ces catastrophes humanitaires dans un monde apocalyptique en proie au fondamentalisme annoncé il y a peu dans un roman couronné par l’académie française. De l’art à la littérature, du monde de l’esprit aux choses de la vie, cet obscur horizon qui s’annonce dans ces visions prophétiques d’un chaos universel, rappelle l’apocalypse de Saint-Sever. Une autre façon artistique d’évoquer cette fin du monde qui hante les esprits depuis les temps anciens.

Entre laideur et désespérance, il pourrait y avoir quelques connivences. Mais ce serait sans doute bien réducteur de considérer avec tant de trivialité ce message pathétique d’un art qui ne flirte qu’en apparence avec le mauvais goût. Rappelons-nous pour nous consoler l’ouverture puis la chute rédemptrice de ce poème de Baudelaire : « une charogne » (3)

Xavier DUMOULIN

(1) « Ses ballons nous emmènent à la porte des rêves illusoires, mais la chute est là, rire sarcastique, grimace d’écoeurement. Rouges, bleus, oranges, verts, jaunes, ils nous dévisagent du haut de leurs piques, ces Ballons suspendus. C’est comme à la fête foraine, l’ambiance n’y est plus, on n’y croit plus, on fait semblant de s’amuser, on mise en sachant qu’on ne peut que perdre ; il y a là comme un relent de mort annoncée. »
Thierry Delcourt, psychanalyste et critique d’art

(2) Le Torero, Mauro Corda, un bronze de 3,20m de hauteur a été commandé par la ville de Mont-de-Marsan à la suite d’une exposition du Musée Despiau-Wlérick (1991). L’attitude cambrée du torero, son visage, aux traits anguleux reflètent la noblesse et la force (cf l’illustration de notre billet  L’esprit du Sud face au droit animalier, à l’éthique animale et à « l’idéologie végane »)

(3) Une charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été si doux : Au détour d’un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux, Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d’exhalaisons. Le soleil rayonnait sur cette pourriture,……Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements. Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers, Que j’ai gardé la forme et l’essence divine De mes amours décomposés !

Le grand écart de François Bayrou

Créé par le 24 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Cette fin de semaine, le MODEM tient son université de rentrée à Guidel, en Bretagne, jusqu’à Dimanche. Au programme, on l’imagine, la question des présidentielles. Y aller ou pas? Et si oui dans quelles conditions? Avec quels soutiens et pour quoi faire?

Le dernier sondage pour Les Echos et Radio classique donne 12% à Bayrou au premier tour, en cas de désignation de Sarkosy aux primaires. Une estimation encourageante pour les supporters du palois alors même que ce dernier attend les résultats de la primaire pour une vraie rentrée politique. Car à ce jour, Bayrou en reste au soutien à Juppé pour la primaire. Avec cette immense ambiguité, que l’on retrouve à gauche chez Montebourg, quant au statut et au sens de cette élection, en liant la candidature aux présidentielles aux résultats d’une primaire que l’on tiendra pour licite si son favori vient à triompher ou  bien comme nulle et non avenue si l’adversaire la remporte. De quoi y perdre son latin, la primaire étant justement la méthode de résolution de la pluralité de candidature dans chaque camp.

Désigner sa préférence pour la primaire pour  présenter ensuite sa propre candidature relève de la grande acrobatie. Mieux vaut la posture fermée d’un Mélenchon, à gauche, qui n’entend nullement légitimer les primaires socialistes et affiche la couleur depuis le début. Avec, à la différence de Montebourg,  ce refus de tout autre processus qui verrait une primaire ouverte de toute la gauche, excluant ou non la candidature du président sortant. A la vérité, Bayrou, ressent la même aversion pour Sarkosy que les candidats déclarés du camp de « la gauche de gauche » ou de « la gauche de la gauche »", expriment à l’égard de Hollande. Et pour couronner le tout, Bayrou, qui ne participera pas à ce scrutin, en redoute publiquement les effets pervers favorables aux discours les plus durs.

Si Alain Juppé ne passe pas l’épreuve de la primaire et si Nicolas Sarkozy est désigné candidat de l’ex-UMP, le président du Modem affiche la couleur : il se déclarera lui-même candidat à la présidentielle. François Bayrou voudrait une sorte de grand rassemblement des Français au-delà des clivages droite-gauche. Il estime d’ailleurs qu’il est temps de rompre avec ce système  qui est l’une des causes du mal politique français.  Il croit d’autant plus à la nécessité de se tenir sur cette ligne du rassemblement qu’elle serait la seule manière de permettre des majorités solides pour engager les grandes réformes nécessaires.

Entouré de ses soutiens et d’une liste impressionnante d’invités, Bayrou enfoncera davantage le clou à l’issue des travaux de Guidel, avec le sourire teinté d’impatience de celui dont son prédécesseur à la mairie de Pau, André Labarrère, résumait cruellement toute l’ambivalence en disant qu’en  l’observant, il ne savait jamais s’il fallait voir la tête d’un pâtre grec ou celle d’une face de boeuf. En d’autres termes il désignait ainsi cette tête de Janus inclinant à la sagesse du professeur de philosophie versus… Je vous laisse maître des mots pour illustrer la seconde image. Un bon point quand même pour le MODEM avec cette rencontre qui permet de tourner la page d’un récent scandale fortement médiatisé mettant en cause son vice-président.

Reste le fond des choses. Toutes ces postures de double jeux ne suffisent pas à faire une politique qui réponde aux défis de la période.  Si Juppé a la faveur du MODEM, c’est donc qu’il incarne le projet de Bayrou, auquel cas le choix de la droite à la primaire mettra fin au débat et Macron, une fois candidat, pourrait bien damer le pion au palois privé du soutien officiel d’un Juppé défait par son camp. Du grand écart sur la méthode au risque de chute vertigineuse, il n’y a qu’un pas de trop sur cette corde raide!

Xavier Dumoulin

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