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De Maris à Mitterrand : c’était hier (sur la chaîne parlementaire)

Créé par le 10 jan 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

J’ai savouré avec émotion les deux émissions successives de la soirée consacrées à Bernard Maris et à François Mitterrand.

Ce dernier nous était conté par le journaliste belge Hugues Le Paige accrédité pour enregistrer et filmer le dénommé Prince dans son palais et dans ses déplacements, seul ou accompagné, sous ses oripeaux de chef d’Etat comme dans sa vie privée.

Deux images résument le ton et le style du documentaire.

https://www.youtube.com/watch?v=86YGElLQle4

La première, en ouverture, présente le courroux d’un monarque usant de méthodes inqualifiables pour nier la réalité des écoutes sur lesquelles notre journaliste tentait vainement quelques questionnements. Dans une colère feinte, le Prince remercia ce désobligeant qui fut tout de go disqualifié et congédié de son séjour élyséen! Par ce tête à queue renversant le documentaire annonçait la couleur… Dans cette posture machiavélienne, l’hôte de l’Elysée déroula pendant l’émission ce visage sournois d’un homme habile, fort instruit de la chose publique mais tout imprégné de la psychologie du Souverain. Cet homme par ailleurs grand amateur d’art, de littérature, de culture mais aussi de la nature dans laquelle il se ressourçait dans sa bergerie de Latché. (1)

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Retour sur Cuba/ Choses vues et entendues depuis Cuba –

Créé par le 17 déc 2014 | Dans : a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, Amérique Latine

 En pleins feux d’actualité sur Cuba avec les discours historiques du président Obama et de Raoul Castro, retour sur notre conférence de l’AGAUREPS-Prométhée du 25/04/2013

L’alliance bolivarienne en marche :
choses vues et entendues depuis Cuba

intervention de Xavier DUMOULIN )

 

La France et les Caraïbes

Histoire : Haïti (la révolution – Toussaint-Louverture –
l’émigration française vers l’Oriente)

Economie : Accords CEE et UE avec la zone caraïbe dans le cadre des ACP (1)

Politique : Outre-mer ( contradictions françaises dans
la région – déclaration du ministre Lurel à la mort de Chavez )

 

Cuba, les Caraïbes et l’Alliance bolivarienne

Politique régionale active : ALBA, CARICOM et CELAC

Diversité culturelle (linguistique), économique ( niveaux de
développement inégaux ), politique ( régimes progressistes et conservateurs,
pluralité des voies vers le socialisme, pays de la région intégrés dans
métropoles des anciens pays colonisateurs ).

Recherche d’un ciment : de l’histoire de la colonisation
et de l’esclavage à l’émancipation commune (une identité forgée par l’esclavage
enracinée dans les cultures africaines ; un intérêt commun pour
s’émanciper d’un passé colonial).

Une dynamique en œuvre : Cuba et Vénézuela au coeur de l’Alliance bolivarienne

L’alliance bolivarienne ( sources dans l’excellente synthèse sur l’ALBA disponible sur le site Wikipédia après vérification de l’exactitude de la présentation)
« Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América – Tratado de Comercio de los Pueblos » en espagnol est une organisation politique, sociale et économique pour promouvoir l’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, construite sur les principes de solidarité, de complémentarité, de justice et de coopération.
Lancée par Hugo Chávez, président du Venezuela, lors d’un sommet, en décembre 2001, des chefs d’État de la Communauté des Caraïbes, l’ALBA naît en avril 2005, par la signature d’un « traité commercial des peuples » entre Cuba et le Venezuela.
La Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras se sont depuis associés à cette alternative à la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) promue par Washington. Saint-Vincent-et-les-Grenadines en est devenu membre le 17 avril 2009. Enfin, en juin 2009, le nombre de membres passe à neuf, suite à l’adhésion d’Antigua-et-Barbuda et de l’Équateur. Depuis janvier 2010, le Honduras ne fait plus partie de l’ALBA après que le congrès en a réclamé sa sortie.  L’Association bolivarienne pour les Amériques est officiellement née à La Havane, en avril 2005, par la signature d’un Traité commercial des peuples (TCP) entre le Venezuela et Cuba. Le but du traité est d’échanger des services médicaux cubains contre du pétrole vénézuélien.
Le TCP est signé une année plus tard, le 29 avril 2006, par Evo Morales, le président de la Bolivie, quelques jours avant que ce dernier annonce sa volonté de nationaliser les hydrocarbures. Les trois chefs d’États s’engagent à lutter contre l’analphabétisme et le chômage, tandis que Cuba s’engage à prendre en charge les soins ophtalmiques des Boliviens qui ne pourraient s’offrir ces traitements.
Le 16 janvier 2007 les nouveaux Présidents des Républiques du Nicaragua (Daniel Ortega) et d’Équateur (Rafael Correa) ont annoncé de concert leur intention de participer à l’ALBA. Le Nicaragua a depuis rejoint l’ALBA, mais l’Équateur a fait part, en juin 2008, de sa décision de ne pas intégrer l’organisation. Rafael Correa avait posé comme précondition à l’intégration de son pays que Caracas rejoigne la Communauté andine, organisation que le Venezuela avait quittée en 2006 suite à la signature d’accords de libre-échange entre les États-Unis, la Colombie et le Pérou.
En janvier 2008, la Dominique rejoint l’ALBA.
Le 25 août 2008, le président du Honduras Manuel Zelaya signe un accord pour que son pays rejoigne l’ALBA en présence de plusieurs chefs de gouvernement de pays membres, dont Hugo Chávez et Evo Morales.
En avril 2009, Saint-Vincent-et-les-Grenadines rejoint l’organisation avant  Antigua-et-Barbuda qui se joint pleinement à son tour en juin de la même année.
L’Équateur décide  de rejoindre l’Alba en juin 2009. Le président équatorien, Rafael Correa.  L’ALBA change de nom et devient l’Alliance bolivarienne des Peuples d’Amérique.
Le 16 avril 2009, « Le sucre, système unique de compensation régionale (pour le commerce) est né » au sommet de l’Alba qui se tenait jeudi à Cumana.
Actuellement, les membres de l’ALBA se rapprochent de la Russie en renforçant leur coopération dans différents domaines : énergie, pétrole, gaz, nucléaire, aide humanitaire, alimentaire, coopération financière, coopération monétaire, industrie automobile, industrie aéronautique, industrie aérospatiale, tourisme, transports, enseignement, services de renseignements, matériel militaire, armes, banque, commerce, pêche, agriculture, mines, armée, diplomatie, politique, transports, recherche scientifique, communications, environnement, défense, sécurité.
But
Sur le plan économique, l’ALBA vise à favoriser la logique coopérative et s’oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d’ordonner des privatisations, l’ALBA favorise au contraire le secteur public.
Le Venezuela peut compter sur ses ressources pétrolières pour convaincre certains États de la région, énergétiquement dépendants. L’ALBA ambitionne par exemple de créer une compagnie pétrolière commune, Petrosur, une équivalente à l’échelle de l’Amérique latine de Petrocaribe, qui regroupe des États membres du CARICOM. Outre Petrosur, Tele Sur, une télévision commune conçue comme sorte d’Al Jazeera pour l’Amérique latine, a été lancée en 2005, afin de concurrencer les chaînes CNN et ABC. Le capital de TeleSUR est réparti entre le Venezuela, l’Argentine, Cuba et l’Uruguay (dans l’ordre d’importance).
Des transferts de technologie sont aussi mis en œuvre.
La coopération pourrait s’étendre à d’autres domaines :
• en matière de santé : Cuba a déjà passé des accords de coopération avec le Venezuela : ce dernier livre du pétrole à un tarif préférentiel en échange de l’envoi de médecins par Cuba.
• à terme, la défense des États pourrait également faire l’objet de coopération renforcée

 

Des idées reçues à l’épreuve des faits sur l’espace bolivarien : le cas cubain

Cuba dans la mondialisation : une concentration de symboles

- Cuba plaque tournante de la 1° mondialisation (Cuba du temps des conquêtes espagnoles )

- Cuba symbole de la lutte pour l’indépendance et l’émancipation ( guerre d’indépendance ; Marti ; le triomphe de la révolution),

- Cuba force de changement pour la région ( cf l’alliance bolivarienne)

- Cuba désigné comme ennemi par l’impérialisme américain ( une politique constante de Kennedy à Obama en passant par Bush )

- Cuba : de la résistance farouche à l’intégration néo-libérale à la recherche d’une nouvelle intégration régionale

1° D’abord chasser les idées fausses sur Cuba

Cuba n’est pas le dernier vestige du socialisme réel

La révolution cubaine, ses origines, ses promesses et sa dynamique propre

Du triomphe de la révolution originelle à la période dogmatique puis à la période spéciale aux perspectives originales dans le cadre de l’Alliance bolivarienne

-  Cuba est un pays souverain et libre

Le peuple cubain reste soudé contre l’hégémonisme américain, l’idéologie et la politique néo-libérales.

La société cubaine est permissive : les traits originaux de la société cubaine ; les mutations dans la société cubaine ; une réalité vécue
différente des discours convenus

 

- La vraie richesse de Cuba s’évalue bien au-delà de
son PIB

Le développement phénoménal de la culture et des services publics de la santé et de l’éducation selon des rythmes marqués par l’histoire de la révolution

Le contraste entre le niveau de vie très bas et le potentiel de développement humain et social

2° Ensuite faire connaître le vrai visage de Cuba

- Le peuple cubain est émancipé et toujours en lutte

Le combat pour l’indépendance et la souveraineté

Le patriotisme et l’internationalisme

Le combat pour l’égalité et l’émancipation

 

- L’Etat cubain est souverain, dynamique et juste

La défense de la nation cubaine

Une société qui promeut l’effort, l’initiative et la solidarité en s’arrachant de l’idéologie « égalitariste »

La création, la répartition des richesses, la protection et la justice sociale

 

- Cuba dispose de ressources naturelles, culturelles
et sociales

La mobilisation du patrimoine national dans la révolution

La nature, l’architecture, l’agriculture et l’industrie

L’éducation, la culture et la recherche

Le génie cubain

Le développement auto-centré, l’alliance bolivarienne et le tourisme : une dynamique de développement soutenable et humain

- Cuba n’est pas isolé et œuvre activement au sein de la région : CELAC ; CARICOM ; UNASUR

3° Présenter Cuba sans gommer ses contradictions et
ses vulnérabilités

- Une société bloquée ?

Direction politique, hégémonie culturelle et société civile dans le processus
révolutionnaire cubain

La timide émergence de la société civile

Les ambiguités d’une évolution contrastée : produire sans verser dans l’économisme ;

- Une société civile trop gélatineuse ?

émanciper la société civile sans fragiliser la révolution ou comment redistribuer les rôles (PCC, organes exécutifs et législatifs, syndicats, associations, vie de quartier, vie culturelle, églises…)

 

4° L’action associative et solidaire envers le peuple
cubain

La reconnaissance mutuelle

L’aide ponctuelle

Les échanges culturels

Demain les échanges humains ?

En guise de conclusion provisoire

Cuba, Etat pacifique et solidaire, œuvre pour la reconnaissance mutuelle au sein de la communauté internationale

L’alliance bolivarienne comme préfiguration et témoignage du renouveau du socialisme latino-américain au carrefour de son destin

Les voies de l’émancipation supposent le maintien d’une dynamique régionale et un renouveau de la société civile cubaine

Gramsci à Cuba ou comment articuler théorie (marxisme-léninisme, guévarisme, castrisme) et pratique du changement vers un socialisme « participatif et démocratique ».

A lire

Posté par le 25 avr 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

http://www.fondation-res-publica.org/L-Amerique-latine-en-mouvement_r64.html

et sur le blog citoyen, socialiste et républicain  la revue de presse dans la catégorie Amérique Latine ou, sous la plume de XD, les articles référencés ci-dessous :

Cuba, cinquante ans après la Révolution, quelles perspectives?

Du temps de Fidel et de ses disciples

Che !

11 septembre, Chili au coeur ! ¡ Chile en el corazón !

Les dominants et les factieux contre une Bolivie terre d’émancipation

L’hommage fraternel des militants anonymes

La retraite du “comandante”

Cristina presidente ! Avec 43,55% des voix au premier tour selon le décompte de 75% des suffrages.

Los indios guaranies de “la tierra sin mal” : du mythe à la réalité

Los indios guaranies (suite)

Notes

(1) Relations de l’UE avec Cuba (sources UE)

                                             Cuba est la plus grande île des Caraïbes. Elle est située à l’ouest de l’île  d’Hispaniola, qui comprend Haïti et la République dominicaine, et
à 145 km au sud de l’île de Key West, en Floride (États-Unis). Sa  population s’élève à 11,24 millions d’habitants.
Principaux aspects des relations entre l’UE et Cuba

Les relations entre l’UE et Cuba reposent sur une «position commune» adoptée en 1996.

Cuba a été admise dans le groupe ACP en 2000, mais n’a pas signé l’accord de
Cotonou. Le pays est membre du CARIFORUM depuis octobre 2001 et a signé
un accord créant une zone de libre‑échange «partielle» avec le CARICOM

Le dialogue politique UE-Cuba
a été renoué à la suite de la décision du Conseil du 23 juin 2008 de
lever les mesures diplomatiques adoptées à l’encontre de Cuba en 2003.
Celui-ci couvre un grand nombre de domaines, notamment les questions
politiques, économiques, scientifiques et culturelles, ainsi que celles
relatives aux droits de l’homme et à la coopération au développement.
Dans ses conclusions du 15 juin 2009, le Conseil estime que «le dialogue
politique avec Cuba devrait être poursuivi et approfondi».

De 1993 à 2003, la Commission a financé des mesures d’assistance pour un
montant de près de 145 millions d’euros, principalement dans le domaine
de l’aide humanitaire (90 millions d’euros). Avec la reprise officielle
de la coopération en octobre 2008, une aide d’urgence
de 4 millions d’euros a été débloquée afin de couvrir les principaux
besoins humanitaires des victimes des ouragans Gustav, Ike et Paloma.
En 2009, un montant supplémentaire de 36 millions d’euros a été affecté à
la coopération dans différents domaines: la reconstruction et la
réhabilitation après le passage des ouragans, la sécurité alimentaire,
l’environnement, le changement climatique, la gestion d’entreprise et la
culture.

Le 12 mai 2010, la Commission a adopté son premier document de stratégie
par pays pour la République de Cuba. Une somme indicative de 20 millions
d’euros a été allouée à Cuba pour la période 2011-2013 dans le cadre de
l’instrument de coopération au développement (ICD).Trois secteurs
prioritaires ont été définis dans le document de stratégie:

                          la sécurité alimentaire;
l’environnement et l’adaptation au changement climatique;
les échanges d’expertise, la formation et les études.

Des fonds supplémentaires peuvent être obtenus au titre de projets et de
programmes régionaux financés par l’ICD et le FED, ainsi que dans le
cadre de programmes thématiques de l’ICD et d’autres instruments de
coopération de l’UE.
Enfin, l’Union européenne est le principal partenaire commercial
de Cuba, puisqu’elle représente un tiers de l’ensemble des échanges et
près de la moitié des investissements directs étrangers. En outre, plus
de la moitié des touristes séjournant dans l’île sont européens. Dans
ses échanges commerciaux avec l’UE, Cuba bénéficie du système de
préférences généralisées (SPG).

Compétitivité -emploi-redressement productif-financement de la protection sociale : les éléments du débat présentés par les intervenants à l’assemblée citoyenne montoise du 12 janvier 2013

Créé par le 12 jan 2013 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine

Compétitivité -emploi-redressement productif-financement de la protection sociale : les éléments du débat présentés par les intervenants à l'assemblée citoyenne montoise du 12 janvier 2013 dans a-Fédérations MRC d'Aquitaine vue-de-lassemblee-citoyenne-montoise-300x225Une vue de l’assemblée du 12 janvier 2013 à Mont de Marsan

Les formations et associations sollicitées ont toutes répondues présentes à notre appel au débat public. Nous ne citons ici que les représentants officiels, ceux-ci étant souvent accompagnés d’autres camarades.

L’AGAUREPS-Prométhée était notamment représentée par Jacques Senlecque, le PG par Guy Gaujacq, le PCF par Alain Baché, le PRG par les citoyens Michel  Mougeot et Benoit Vidal, le PS par Maryvonne Florence. D’autres « personnalités » et/ou élus du PS, de la gauche socialiste, du parti de gauche et du PCF nous ont fait le grand plaisir d’être là ainsi qu’à nos voeux chaleureux  et certains ont prolongé les échanges autour d’un repas avec les citoyens du Mouvement.

Notre camarade députée des Landes, Florence Delaunay a révisé son agenda pour réserver toute la matinée à cet important débat au cours duquel elle a pu prendre un temps conséquent pour défendre le pacte national du gouvernement et de la majorité présidentielle. Deux secrétaires nationaux du MRC se sont aussi totalement impliqués dans cette assemblée : Josette Robert et Bruno Moschetto ( SN aux affaires économiques).

« Le rapport Gallois nous dit que la cote d’alerte est atteinte. Sur la base de ce constat et des propositions du rapport Gallois, le gouvernement et François Hollande ont fait un choix stratégique clair : la reconquête de la compétitivité conditionne la réindustrialisation de la France et le retour à l’emploi.

Le chemin a été ouvert. Il faut s’y engager pleinement, mobiliser le pays. C’est le rôle de la gauche d’abord et, en son sein, de notre parti, le MRC, qui se veut la « boussole républicaine » de la majorité mais aussi du pays tout entier. Car c’est aussi le rôle de toutes les forces vives, de tous ceux pour lesquels le mot « patriotisme » a gardé un sens.

C’est ainsi que la France ira « du déclin au renouveau », selon l’expression employée jadis par le Général De Gaulle.

Certes il y a beaucoup à faire pour repenser l’euro d’abord mais aussi pour fonder un nouveau « pacte social », afin de réaliser cette « Alliance des productifs » qui est la clé du redressement. »

Jean-Pierre Chevènement

La motion d’orientation du MRC a été présentée en ouverture de séance par Josette Robert, Secrétaire nationale, qui a participé à la commission des résolution. Josette Robert a apporté toutes les précisions sur le déroulement du congrès des 14 et 15 décembre derniers (cf note 1 qui suit l’introduction).

Les enjeux liés de la compétitivité, du redressement productif et du financement de la protection socialeAssemblée citoyenne à l'initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l'AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif dans a-Fédérations MRC d'Aquitaine assemblee-citoyenne-a-mont-de-marsan-300x225De gauche à droite Josette Robert, secrétaire nationale du MRC, Florence Delaunay, députée des Landes (PS), Xavier Dumoulin, premier secrétaire MRC Aquitaine

Le cadre du débat politique sur ces thèmes est d’abord posé par Xavier DUMOULIN, premier secrétaire de l’Union Régionale d’Aquitaine du MRC

Introduction : Le cadre de la réflexion

L’adoption de la motion « Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France » affirme l’appartenance du MRC à la majorité présidentielle « les yeux ouverts » en tant qu’ « allié mais non rallié ». (1)

Les militants du mouvement doivent ainsi débattre des questions à l’ordre du jour de l’agenda gouvernemental et échanger largement avec les citoyens de ce pays pour donner sens à ces objectifs de compétitivité, de redressement productif et, en arrière plan des choix présents, du financement de la protection sociale (dans l’attente des propositions du HCFPS). Ils doivent le faire tout en se questionnant sur l’impact, les limites et le cadre objectif dans lequel s’incrivent les politiques visant à relever ces mêmes enjeux.

Enoncer les enjeux conduit à préciser leur nature et les intérêts en cause. Au MRC, notre logiciel est celui d’une gauche vraiment républicaine d’abord au service du peuple français et de l’intérêt général mais aussi habitée par la volonté de réorienter l’Europe dans l’intérêt de ses nations et de ses peuples.

La désindustrialisation de la France est le résultat d’une globalisation marchande (marché mondial dont l’Europe n’est qu’une passoire) et financière (les marchés financiers). Le processus s’inscrit dans un nouveau rapport social émergent, à la fin des trente glorieuses, avec la montée du modèle néolibéral anglo-saxon (EU et Angleterre) qui entame la logique du système productiviste fordiste.

Ce nouveau paradigme des années 70 se conjugue avec l’idéologie néo-conservatrice (Thatcher, Reagan et Bush père et fils) qui nie la société (le lien social, la solidarité, etc.) et désactive la démocratie (le colloque du CERES sur la rupture démocratique en 1979, les analyse de Michel Foucault sur le néolibéralisme dans ses cours au collège de France en 1977).

Le basculement du modèle productiviste fordiste (contesté dans l’ambivalence du mouvement étudiant et écologique de la fin des années 60 et de la décennie 70) avec l’émergence au sein des classes dirigeantes d’une interrogation sur les fondements du système (rapport Mansholt sur l’épuisement des ressources naturelles en hydrocarbures et la perspective de la croissance zéro) et la remise en question simultanée du rôle de l’Etat dans la régulation de l’économie et du social (Etat moderne=Etat modeste) impacte aussi la gauche (le débat sur les deux cultures au sein du PS, les débats au sein de l’Union de la gauche ou entre les forces syndicales – avec le recentrage de la CFDT d’Edmond Maire…).

Cette vague néolibérale ( envahissement des marchés – école des anticipations rationnelles-théorie de l’individualisme méthodologique de Raymond Boudon – l’invention de l’homo-économicus et le mythe anthropologique d’un homme mû par ses seuls intérêts individuels aux antipodes des perspectives sociologiques d’un Durkeim ou ethnologique d’un Marcel Mauss, son disciple avec les théories du
don et de la réciprocité) envahit l’Europe (politique du TINA de Mme Thatcher) et le vieux continent (en France la parenthèse libérale qui marque aussi la fin d’une politique des filières industrielles autour de grands groupes publics industriels et financiers tels que décidée dans le projet socialiste pour la France rédigé par Jean-Pierre Chevènement –en Europe de l’Est et centrale, la fin du socialisme réel et le retour au marché..).

Une confusion gagne l’esprit des dirigeants socialistes :

en France, la nécessaire politique de mutations industrielles du gouvernement Fabius marque aussi la liquidation

- d’une vision économique volontariste issue de la planification (le CERES d’avant l’exercice du pouvoir prônait le triptyque nationalisations-planification démocratique-contrôle ouvrier et insistait sur la dialectique entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas refusé dans les thèses pour l’autogestion du PS),

- d’un partage de la VA entre le Capital et le Travail sur les bases du compromis fordiste, de l’Etat social façonné par un siècle de conquêtes ouvrières…

En Europe, la période d’hégémonie politique social-démocrate est gâchée

- par une construction européenne construite autour du grand marché et de la monnaie unique qui ne tiendra jamais ses promesses d’une Europe sociale,

- par la montée du blairisme

- par les mutations à l’Est avec la réunification allemande et son jeu à part

- par les espoirs déçus de la gauche française.

Dans ce contexte, les contradictions ne cessent de s’exacerber (perte de compétitivité prix avec l’euro cher et surévalué par rapport au dollar – délocalisations – tendance à l’inversion du partage de la VA entre le Capital et le Travail – émiettement du tissu productif – l’emploi, variable d’ajustement et chômage de masse – les services publics de proximité menacés, liquidés ou dénaturés).

Le délitement du lien social et son cortège d’incivilités, l’abstention massive aux élections intermédiaires, la grave crise intellectuelle et morale générée par le capitalisme financier et ses élites mondialisées parfois drapées dans une parure de gauche font des ravages auprès d’une opinion populaire trop souvent abusée pour ne pas être désabusée…

D’où la belle campagne de Jean-Pierre Chevènement en 2002 pour un retour en tous points à la République, d’où notre mobilisation significative contre le projet dudit TCE au référendum de 2005, d’où notre soutien à Ségolène Royal en 2007 sur la base de l’accord PS-MRC-PRG prévoyant une réorientation de l’Europe conforme en tous points à notre perspective d’alors, d’où notre posture actuelle qui fait suite à nos accords et désaccords avec le PS actés dans un document qu’il faut lire et relire car il fonde notre perspective d’un soutien à la majorité présidentielle les yeux ouverts…

Aujourd’hui, une majorité présidentielle entend présider aux destinées de notre peuple. Nous devons montrer la direction sans confusion entre les intérêts populaires et ceux de la finance, les intérêts nationaux et ceux des prédateurs prêts à sacrifier ce qu’il reste du modèle de l’Etat social européen et français (le programme du conseil national de la résistance) et d’une certaine idée républicaine de l’intérêt général.

C’est tout le sens de la réflexion autour du thème du jour que d’illustrer cette nécessaire »alliance des productifs » pour le redressement du site de production France qui suppose la reconquête industrielle sans laquelle il n’est pas de création de richesses possible ( le mythe du libre échange facteur en soi de croissance a fait long feu). D’où l’impuissance d’une politique purement social-démocrate de redistribution en l’absence de croissance !

Je vous propose de présenter tour à tour
1°- les constats au travers notamment du fameux rapport Gallois – pour lequel je n’éprouve ni fascination, ni répulsion – en s’attachant au décrochage de notre industrie,

2°- les perspectives du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi proposé par le gouvernement,

3° – l’autre enjeu – lié à ceux de la compétitivité et du redressement productif – d’un choix cohérent de financement de notre protection sociale.

Avant d’ouvrir ce débat dans cette assemblée citoyenne sur ces questions, nous avons le souci de clarifier ces enjeux sur lesquels une certaine gauche bobo aurait tendance à faire l’impasse au faux prétexte que la compétitivité serait intrinsèquement une idée de droite, l’industrie ringarde et polluante quand nous serions à l’âge du post-industriel et de l’adieu au prolétariat, la conception républicaine de l’intérêt général une illusion dénoncée de longue date.

Pour notre part, nous ne joignons pas notre voix à ceux qui ignorent encore et toujours – dans le plus grand paradoxe et de concert avec les sociaux-libéraux et les libéraux pure souche – que de la défense de l’intérêt général au patriotisme économique, il n’y a qu’un fil conducteur ; celui de la souveraineté populaire !

 (1) La motion a été présentée en ouverture de séance par Josette Robert, SN, qui a participé à la commission des résolution. Josette Robert a apporté toutes les précisions sur le déroulement du congrès des 15 et 16 décembre derniers.

La motion affirme la place du MRC comme boussole républicaine pour la gauche et pour la France.

Elle précise l’origine du projet politique du mouvement à partir des grands repères qui jalonnent les dernières décennies (notamment parenthèse libérale, guerre du Golfe, Maastricht, campagne de 2002, référendum sur le TC, élections présidentielles de 2007 et 2012).

Le MRC affiche ainsi toute la pertinence de son logiciel républicain autour de six axes majeurs :

-L’Europe ne peut se construire qu’en s’appuyant sur des peuples souverains;

- Le peuple français peut se rassembler autour de l’intérêt général;

- L’Etat républicain est le garant de l’égalité des citoyens;

- L’industrie est la base de notre richesse collective;

- Notre pays a besoin de recherche, c’est à dire de science et de rationnalité;

- L’école de la République est le socle de la France de demain.

Pour accomplir son projet, la gauche a besoin d’une refondation républicaine à laquelle le MRC peut apporter une contribution décisive au travers de sa capacité d’analyse et d’action. Le MRC veut participer au mouvement des idées, être présent dans la vie économique et sociale, avoir une audience internationale, être actif au Parlement au travers de ses quatre parlementaires, élargir le champ de ses interventions (santé, protection sociale), promouvoir et former de nouvelles générations de militants, faire connaître ses idées dans les partis de gauche et préparer les échéances à venir.

La motion conclut ainsi : « Notre boussole est la République. Notre rôle ne consiste pas à réciter un bréviaire républicain mais de faire avancer par la pertinence de nos analyses la conscience de la gauche et du pays tout entier. Tâche exigeante. mais c’est seulement si nous nous en montrons capables que nous pourrons être nous-mêmes la boussole républicaine de la gauche et de la France. »

Alliés (et non ralliés), les citoyens du mouvement républicain soutiennent ainsi la majorité présidentielle « les yeux ouverts ».vue-de-lassemblee-cotoyenne-300x225 dans a-Fédérations MRC d'Aquitaine

 

La présentation des constats – avec l’examen rapide d’un extrait du contenu du rapport Gallois – d’un véritable décrochage qui appellent des réponses fortes et urgentes pour le redressement productif du site de production France (sources rapport Gallois)

 

Le décrochage de l’industrie française, qui s’est amorcé dans les années 1970 s’est accéléréau cours de la dernière décennie, notamment par rapport à l’Allemagne, mais aussi par rapport à la Suède ou l’Italie. Toutes les analyses récentes convergent vers un même constat3:

l’industrie française atteint aujourd’hui un seuil critique, au-delà duquel elle est menacée de déstructuration.

_ La part de l’industrie (hors construction) dans la valeur ajoutée totale, en France4, est passée de 18 %, en 2000, à un peu plus de 12,5 %, en 2011, nous situant désormais à la 15e place parmi les 17 pays de la zone euro, bien loin de l’Italie (18,6 %), de la Suède (21,2 %) ou de l’Allemagne (26,2 %).

_ L’emploi industriel (hors construction) s’est également continuellement dégradé : il est passé de plus de 26 % de l’emploi salarié total en 1980 (5,1 millions de salariés) à 12,6 %, en 2011 (3,1 millions de salariés), la France perdant ainsi plus de 2 millions d’emplois

industriels en 30 ans. L’accroissement de la concurrence étrangère, celle des pays européens comme celle de plus en plus présente des pays émergents, expliquerait entre un tiers et la moitié de ces destructions d’emplois sur la période récente (2000-2007)5._ L’affaiblissement de l’industrie française se traduit par des pertes de parts de marché

considérables à l’exportation : en Europe, premier débouché commercial de la France (58,4 % des exportations en 2011), la part de marché des exportations françaises est passée de 12,7 %, en 2000, à 9,3 %, en 20116. Sur la même période, les exportations intracommunautaires de l’Allemagne ont progressé de 21,4 % à 22,4 %.

Globalement, le solde de la balance commerciale est passé d’un excédent de 3,5 milliards d’euros en 2002 à un déficit de 71,2 milliards d’euros (soit 3,5 points de PIB), en 20117.

La balance hors énergie était de + 25,5 milliards d’euros en 2002, elle est de –25,4 milliards d’euros, en 20118.

Cette situation se répercute sur le déficit public et l’endettement de notre pays. La perte de compétitivité a ainsi des conséquences majeures sur l’économie française. Les drames industriels, que la presse évoque tous les jours, émeuvent à juste titre l’opinion publique et lui donnent le sentiment que l’industrie « fout le camp » et, pire, que c’est irrémédiable.

Quelques éléments de réflexion du MRC autour du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi

1 – L’urgence, pour s’attaquer au chômage de masse (actuellement 5,2 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues), c’est de mettre la France en ordre de marche pour reconquérir sa capacité industrielle aujourd’hui très affaiblie.

2 – Du rapport Gallois au pacte national pour la croissance, il y a une même inspiration nuancée de quelques inflexions.

3 – C’est d’abord par un taux de change de l’euro plus raisonnable que l’économie, et donc l’industrie française, récupèrera des marges. Le combat pour un euro faible et, à terme, pour une monnaie commune, reste d’actualité.

4 – Il ne s’agit pas de baisser la part des salaires, mais de baisser le coût direct et surtout indirect du travail, pour que la tendance à la localisation des activités ailleurs qu’en France soit enrayée et pour que le choix d’embaucher soit favorisé.

5 – La ré-industrialisation de la France ne peut que reposer sur un nouveau pacte social qu’il s’agit de construire : une plus grande sécurité des parcours professionnels, la participation des salariés à la gestion des entreprises.

6 – Elle passe aussi par la réciprocité dans les échanges internationaux, ce qui signifie la remise en cause des dogmes du libre échange, rendu inégal par de grandes différences dans l’ouverture des marchés. L’appui des entreprises françaises à l’international est une nécessité.

7 – Le rapport Gallois proposait un transfert de cotisations et contributions sociales vers l’impôt et la réduction de la dépense publique, mais le gouvernement a décidé le CICE, qui est un crédit d’impôt (sur les sociétés ou sur le revenu) pour la compétitivité et l’emploi, à hauteur de 6% de la masse salariale correspondant aux salariés jusqu’à 2 ,5 SMIC, ce qui allège de fait les charges sociales sur les salaires petits et moyens.

8 – L’augmentation prévue de la TVA en compensation de ce crédit d’impôt épargne les produits de première nécessité et porte sur le taux intermédiaire (dont la restauration, qui n’a pas tenu les engagements pris lors de la baisse) et sur le taux normal. Socialement, cette augmentation doit donc être justement répartie.

9 – L’exigence d’uns stabilité des dispositifs incitatifs est une exigence raisonnable des entreprises dans un environnement incertain. Cela concerne le crédit d’impôt recherche, les exonérations en faveur des jeunes entreprises innovantes, les investissements dans les PME, les dispositifs favorisant la détention et la transmission d’entreprise.

10 – La création de plates-formes territoriales d’appui aux mutations viendra en appui des TPE et des PME pour la gestion de leurs ressources humaines : formations pour évoluer en fonction des marchés de l’entreprise, embauche de salariés qualifiés nécessaires, reconversion des salariés touchés par la disparition de leur emploi.

Xavier Dumoulin a rappelé les positions nationales du MRC en matière de financement de la protection sociale avant de laisser la parole à la députée pour défendre le pacte national

Promouvoir une véritable sécurité sociale professionnelle

La sécurité sociale professionnelle découle de l’effort pour retrouver un niveau d’activité suffisant par une politique économique volontariste.

Rééquilibrer les revenus du travail et du capital

La revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut commencer en France par la réforme des charges sociales. Nous proposons que les cotisations sociales patronales, aujourd’hui assises sur les salaires, soient graduellement remplacées par un prélèvement sur la valeur ajoutée comptable de l’entreprise. Les cotisations salariales, à l’exception de la retraite, doivent être transférées vers une CSG. Ces transferts devraient permettre de revaloriser le SMIC et les bas salaires et de rendre aux salariés du pouvoir d’achat. A l’inverse, les revenus du capital seraient appelés à financer bien davantage la protection sociale. Une taxe sur les contrats précaires pourrait être instituée.

 

Garantir les protections sociales

Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue une immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. L’issue n’est pas dans les fonds de pension qui ne font qu’engendrer de nouveaux risques. Elle est dans la réforme de l’assiette des cotisations, l’amélioration du taux d’activité en fin de carrière… et dans le recul du chômage. C’est dans cette optique que nous estimons indispensable d’affirmer le droit à la retraite et de revenir à une logique de solidarité nationale, responsable et respectant un humanisme républicain. Cela demandera un important chantier de refonte des systèmes qui devra notamment prendre en compte la pénibilité du travail.

Nous voulons renforcer un système de protection universel, égalitaire et solidaire, dégagé des contraintes de rentabilité mais équilibré financièrement.Nous proposons de rendre au Parlement un rôle directeur dans la politique de santé publique et dans les dépenses de santé : (prévention, politique du médicament, libérée des pressions des grands groupes pharmaceutiques, défense et modernisation de l’hôpital public qui doit rester un élément essentiel de notre système de soins synergie entre médecine de ville et établissements, maintien des services de proximité , juste répartition des moyens , organisation du risque dépendance, etc.

tribune-assemblee-citoyenne-300x225 dans AGAUREPS-Prométhée

Florence Delaunay présente ensuite les perspectives du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi en s’attachant à détailler les huit principaux leviers et trente cinq décisions concrètes (lire le billet du blog en tête des articles récents – colonne de gauche du blog - reprenant l’intégralité du pacte national)

 

Mettre en place un Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi

Garantir aux TPE, PME et ETI des financements performants et de proximité

Accompagner la montée en gamme en stimulant l’innovation

Produire ensemble

Renforcer les conquêtes de nos entreprises à l’étranger et l’attractivité de notre pays

Offrir aux jeunes et aux salariés des formations tournées vers l’emploi et l’avenir

Faciliter la vie des entreprises en simplifiant et stabilisant leur environnement réglementaire et fiscal

Assurer une action publique exemplaire et des réformes structurelles au service de la compétitivité

 

Le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi structurera l’action du Gouvernement dans les mois et années à venir. L’ensemble des ministres sera pleinement mobilisé pour mettre en oeuvre ce pacte.

La mobilisation de l’État ne prendra tout son sens que si elle est accompagnée par un engagement de l’ensemble des acteurs économiques. La croissance, la compétitivité et l’emploi sont l’affaire de tous et un Pacte est un engagement réciproque. Le Gouvernement attend en particulier que les entreprises utilisent les marges financières créées par le crédit d’impôt pour investir ou embaucher. Il attend également un comportement exemplaire en matière de rémunérations et de civisme fiscal et social, ainsi qu’une réforme de la gouvernance des entreprises et une participation constructive à la démarche de modernisation de l’action publique en cours. Le Gouvernement attend également de l’ensemble des partenaires sociaux qu’ils contribuent à faire émerger des résultats rapides et ambitieux dans les négociations sur la sécurisation de l’emploi.

Le Premier ministre a reçu, accompagné des ministres de l’Économie et des Finances, du Redressement productif et du Travail et de l’Emploi, les partenaires sociaux pour des rencontres bilatérales.

Le Premier ministre saisit parallèlement le Haut Conseil du financement pour conduire des analyses et formuler des propositions sur les évolutions nécessaires des modalités de financement de la protection sociale.

La mise en oeuvre du Pacte fera l’objet d’un suivi très précis, auquel le Premier ministre a demandé à Louis Gallois de s’associer. Le Premier ministre réunira les ministres tous les six mois pour évaluer les avancées réalisées, qui seront rendues publiques.

Plusieurs projets de loi seront présentés début 2013 afin de matérialiser les premières décisions de ce pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.seance-dedicace-bruno-maschetto-300x225 dans MRC-PSBruno Moschetto, Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales(HEC) et à l’Université de Paris 1, par ailleurs secrétaire national du MRC aux questions économiques dédicace son livre à l’issue de l’assemblée citoyenne montoise

Bruno Moschetto a présenté ensuite une  réflexion approfondie sur  la  compétitivité et la croissance ( premier point de son intervention), l’accélération de la crise de l’euro appellant sa nécessaire et urgente maitrise par les autorités quelles soient politiques, économiques et monétaires (deuxième partie de son intervention reproduite dans sa totalité ci-dessous).

DU MYTHE DE LA COMPETITIVITE (1°) A LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO (2°)

Tel pourrait être – mes chers camarades – mes chers compagnons – le fil d’Ariane  des réflexions que je souhaiterais développer devant vous. Tout d’abord celles-ci passent par une analyse de la réelle compétitivité à l’irréelle croissance.
Premier point de mon intervention.

DU  MYTHE DE LA COMPETITIVITE

Dans notre environnement européen contemporain  le concept de compétitivité n’est-il pas fondamentalement paradoxal ? La compétitivité qu’est-ce-à dire ? S’agit-il  des ou de la compétitivité ?

Les compétitivités peuvent être sectorielles. Ainsi elles peuvent concerner le secteur agricole, le secteur  automobile, le secteur aéronautique, le secteur hôtelier, le secteur financier. Issues de la productivité c’est-à-dire du rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir, les compétitivités  se mesurent en prix, c’est-à-dire de nos jours en monnaie. Ce grand commensurable selon la formule d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque. Dans un pays déterminé, les taux de compétitivité sectorielles peuvent se compenser et permettre dans les échanges internationaux de bénéficier d’avantages dits comparatifs en fait  compétitifs. Où chacun s’enrichit de ses mutuelles différences. Le fait par exemple que la première de nos grandes  écoles de commerce  caracole en tête depuis plus d’une décennie dans le classement du Financial Times des business schools européennes est un témoignage éclatant d’une compétitivité sectorielle.

Mais la somme des  compétitivités forme un bloc de compétence et elle devient par là globale. Celle là tient compte du prix des produits marchands que ce soient des actifs corporels ou non corporels,  c’est-à-dire le prix des biens et des  services qui dans le combat économique extérieur se réduit au solde de la balance des transactions courantes, alors que seul le déficit de la balance commerciale stigmatise, à tort, les faiblesses compétitives d’une nation.

Mais dans la compétitivité globale,  il y  a aussi celle issue des produits marchands et celle issue des produits non marchands  tels que la protection sociale, les services publics, et plus généralement l’art de vivre. Tout ceci résulte d’un choix démocratique et culturel exercé par chacune des nations. Ainsi, nous déroulons effectivement un tapis rouge à nos amis anglais lorsqu’ils viennent se faire opérer dans les 18 jours de leur arrivée  alors qu’il leur aurait fallu attendre 18 mois dans leur pays avec le risque de passer de vie à trépas !

De nos jours, l’accent est mis dans le couple franco-allemand, sur la seule compétitivité des produits  marchands et qui se traduit par un insolent excédent de la balance commerciale   pour l’Allemagne (150 MD€) et d’un déficit récurrent  pour la France (75 MD€ )La France est ainsi  réputée être à la traine de l’Allemagne . Mais à la réflexion, l’Allemagne ne tire-t-elle pas par cette soi- disant réussite l’ensemble de ses partenaires de l’Europe, dont la France, vers le bas ?
C’est le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi en Europe dont les conclusions sont reprises par le Monde du 25 Janvier 2012 – Article qui s’intitule - : « la crise de la zone euro : la faute à Berlin » et qui pose cette impertinente question.

Pour l’OIT les bas salaires outre -Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro « la baisse relative du coût du travail allemand depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques. En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 90, l’Allemagne a créé au niveau européen les conditions d’un marasme économique prolongé, poursuit le rapport de l’institution onusienne. L’OIT épingle au passage les réformes Schröder qui ont eu  pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle notamment dans les services. Je rappellerai simplement que l’heure de baby sitting se rémunère en Allemagne 4€ contre 8 € en France. Tout ceci correspond à ce que l’on appelle la dévaluation interne qui se fait au détriment du monde du travail.

Nul doute qu’il faut pour l’Europe,  tout sauf de l’austérité, ( Bruno Moschetto –La Tribune – 20 mars 2010)  puisque dans l’équilibre économique ,  les dépenses des uns sont les revenus des autres. La cure de 30 MD€ annoncée par François Hollande  dimanche 9 septembre 2012,  équivaut à 1 ½% de la production intérieure brute (PIB)  et  se traduira immanquablement  par une contraction  mécanique de l’activité,  c’est-à-dire de  la croissance tant désirée et qui le sera encore plus. D’ailleurs Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie,  estime que l’Europe court à sa perte en persistant à mener des politiques d’austérité défendues principalement par l’Allemagne, dans une déclaration télévisée faite  le même dimanche, et  rapportée par le Monde du 11 septembre 2012.

Sans compter qu’à l’instar de la Chine –atelier du monde – l’Allemagne est devenue celui de l’Europe :   puisqu’elle achète des produits à bas coût dans son hinterland : les pays de l’Europe de l’Est , les assemble et les vend aux pays de l’Europe de l’Ouest – essentiellement ceux de la zone euro à pouvoir d’achat plus élevé  et où,  selon la formule de Jacques Sapir, les produits made by Germany remplacent ceux made inGermany.

Ces effets déflationnistes  dévastateurs entrainent  dans l’opinion et les médias  la création  d’une chaine de contrevérités . Celle –ci part du constat de l’analyse de la balance commerciale où il apparaît que les pays vertueux se situent au Nord et par là les non vertueux se situent au Sud ; d’où ceux du Sud doivent s’aligner sur ceux du Nord. Il s’agit là d’un véritable contresens .  Celui-ci est dénoncé par la parabole du jeu de billes de Jacques Rueff aux termes de laquelle les gagnants de billes (de devises)  équivalent billes en matière d’échange internationaux doivent les prêter aux perdants de billes (de devises)sinon il n’y a tout simplement plus de jeu de billes ni de jeu commercialinternational.

Ce contresens est poussé à son paroxysme par le slogan selon lequel l’Allemagne ne veut pas payer pour les pays du Club Med d’ailleurs, il ne s’agit pas de payer mais de prêter. Et s’il n’y a plus de Club Med parce que ces pays  ne disposeraient plus de devises i.e. de billes pour acheter,  il n’y aurait plus d’Allemagne qui, assise sur son tas de billes i.e.  devises  ne pourrait plus vendre ses produits.. Dans le même esprit on peut prétendre  que le Club Med dont la Grèce  a réellement payé pour l’Allemagne du fait de la surévaluation de sa monnaie – l’euro ! Alors comment en sortir ?

D’où les esquisses de solutions. Un autre prix Nobel d’Economie , Paul Krugman dans son dernier livre paru  le 5 septembre 2012, intitulé « Sortez-nous de cette crise ;maintenant »  en évoque trois possibles.   La première l’inflation sur les prix des flux. C’est-à-dire celle qui résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre de produits et la demande de produits sur l’ensemble des marchés de biens et de services.  

Les conséquences financières  d’un tel déséquilibre réel  se traduisent par une hausse générale et continue des prix et en cas d’indexation des salaires sur les prix – ce qui suppose un quasi plein emploi alors que nous sommes hélas  dans une période de chômage de masse – et par là un effacement des dettes des agents économiques que ce soient les ménages – les entreprises et les administrations . D’où dans cette hypothèse  et dans cette hypohèse de plein emploi  seulement, une relance possible de la demande et un retour à la croissance.

Mais même si l’on bousculait le mandat de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est  d’assumer d’abord et surtout  la stabilité des prix , reflétée par un taux  d’inflation bas et  délibérément fixé par son Conseil des Gouverneurs, et si ce taux était  porté par exemple de 2%  à 4 ½%  selon les recommandations du Fonds Monétaire International (FMI) – afin de contribuer à l’effacement des dettes et à la relance de l’économie –  ce taux d’inflation   serait unique pour tous les pays de la zone euro  et l’Allemagne n’en voudrait pas ! Traumatisée à tort par l’hyperinflation des années 20 et non pas par la politique déflationniste des années 30 dont le taux de chômage l’a faitbasculer dans l’irréparable. Donc  il faut  renoncer à cette  première solution.

Aussi  Paul Krugman évoque t-il comme deuxième  solution  la monétisation des dettes c’est-à-dire le financement des créances souveraines par les banques  centrales dont  - il faut le rappeler – ce n’est pas lavocation fondamentale. En effet les banques centrales  sont les banques des banques , elles  émettent des billets dont elles détiennent lemonopole d’émission , en mettant des liquidités à la disposition des banques commerciales  contre des actifs –  crédits ou titres préalablement détenus par celles-ci et qui avaient antérieurement donné lieu à création monétaire. Aussi ce transfert des actifs des bilans des banques commerciales vers ceux des banques centrales contre des liquidités  ne change en rien le volume de la masse monétaire tout comme le volume des contreparties de celles-ci.

En revanche, lorsqu’une banque centrale se comporte comme une banque commerciale en  prêtant  directement à des entreprises ou à des Etats – ce qui a été fait par la banque centrale américaine (FED) quant elle a prêté  – dès 2008 à General Motors ou au Trésoraméricain – il y a véritablement création monétaire par elle.  Ce n’est pas ce qui est demandé à la BCE. Mais les banques centrales créent également de la monnaie lorsqu’elles rachètent des bons du Trésor sur le marché secondaire ainsi que le fait régulièrement la BCE  depuis quelques années au grand dam de la banque centrale allemande. Et depuis le vendredi 7 septembre 2012 c’est ce que propose de faire  d’une façon illimitée mais conditionnelle dans le temps et l’espace  le Président de la BCE.

« Mais on trompe les Français » – nous a rappelé dans le cadre de nos travaux Jean-Pierre Chevènement -  «  sur la portée réelle des engagement pris par Mario Draghi »  … « On oublie de mentionner que ce rachat ne pourra intervenir que moyennant stérilisation de toutes liquidités additionnelles » Celle-ci  générées par l’achat des obligations publiques serait immédiatement compensée par la revente parallèle d’obligations privées .  Ce qui aurait  pour résultat de faire baisser le taux des créances souveraines au bénéfice des Etats mais de rehausser celui des obligations privées au détriment du financement des entreprises . Cette mise au point a été soulignée par l’Est Républicain du Dimanche 16 Septembre 2012 dans l’article : Chevènement refuse «  l’austérité. »

Une telle stérilisation n’aurait-elle pas lieu, ² encore faudrait-il  que cet accroissement du volume de la monnaie mise en circulation par les banques centrales  soit utilisé par la clientèle des banques commerciales. En effet comme le rappelait John Maynard   Keynes « on peut conduire un âne à la rivière mais on ne peut l’y contraindre à boire » . Autrement dit si les agents économiques ne veulent pas consommer ou investir , la demande globale ne sera pas relancée. Et ce d’autant plus qu’en période de stagnation ou d’austérité,  se manifeste la pratique de ce que l’on appelle l’équivalence ricardienne aux termes de laquelle on épargne pour faire face aux aléas enclenchés par la: perte de revenus dus à la montée des prélèvements obligatoires ou à la montée du chômage.

Reste, troisième solution  la dévaluation. A la différence de la dépréciation d’une monnaie , qui peut être progressive,  temporaire et réversible , la dévaluation correspond à un décrochage brutal et irréversible  de la valeur externe de la monnaie nationale par rapport aux autres : les devises. La dévaluation rend immédiatement les prix nationaux compétitifs puisque convertis en devises, le   prix de nos produits  baissent d’où l’augmentation de pouvoir d’achat de nos partenaires  et par  là le développement de notre potentiel  d’exportation.

Dans cet esprit, Michel Aglietta , l’un de nos plus lucides économistes , disait au sujet de la Grèce  dans le Monde du 8 février 2012, qu’elle avait eu tort de rentrer dans la zone euro et qu’elle devrait en sortir, c’est-à-dire revenir à la drachme    et de dévaluer de plus de 70% afin de relancer ses exportations. C’est ce que Jean Claude Trichet, lorsqu’il était Directeur du Trésor appelait les dévaluations compétitives auxquelles il fallait selon lui renoncer pour « coller » au mark, avec le résultat que l’on sait tout au moins pour  cequi nous concerne

Dans le même esprit, Paul Krugman dans son livre rappelle  que les pays ayant choisi « ab initio »,  i.e. depuis le départ  de ne pas adopter l’euro – la  Grande Bretagne et la Suède, s’en sortent beaucoup mieux que leurs voisins de ladite zone. D’où , pour lui, l’invite àles rejoindre en quelque sorte en sortant des contraintes de ladite zone. A cela il apporte un bémol en disant qu’un tel retour à la monnaie nationale , impliquerait pour les pays lourdement endettés en euros,  un coût de décrochage –  dû au  réhaussement de leur dette libellée  en euros  -trop important. Ce n’ est pas tout –à- fait exact  et même pas du tout exact. D’où l’évocation d’une véritable solution pour ceux qui le voudraient  – développée dans la deuxième partie de mon propos à laquelle j’arrive maintenant.

LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO

La description des mécanismes de cette construction nécessite d’être précédée par un état des lieux . L’accélération de la crise de l’euro appelle sa nécessaire et urgente maitrise par les autorités quelles soient politiques, économiques et monétaires. L’atermoiement du choix d’une solution rationnelle à un problème né de la non intégration des facteurs de risque d’éclatement lors de la conception de cette unité monétaire ne fait qu’ajouter la crise à la crise.

En effet tout semble être mis en œuvre pour le maintien du statu quo c’est-à-dire la poursuite de la gestion monétaire par l’ensemble des pays participants au prix certes d’un acharnement thérapeutique au chevet des pays malades d’un endettement réputé excessif.   

D’où la succession de plans d’aide aux finances publiques internes négociés en contrepartie de plans d’austérité acceptés par les gouvernements des pays bénéficiaires mais rejetés par les populations concernées. Par là,  les pays légaux s’opposent aux pays réels. Jusqu’à quand les résignés, devenus  indignés ne se transformeront-ils pas en insurgés. ? En revanche soit dit en passant  les déséquilibres des finances extérieures des pays en difficulté ne posent pas de problème quant à eux , puisqu’au sein de cette zone monétaire parfaite, mais non optimale qu’est la zone euro, les réserves publiques de change ont été communautarisées c’est-à-dire mises en pool et ainsi par exemple, les excédents commerciaux allemands financent les déficits de même nature français. Alors que paradoxalement ils ne veulent pas financer nos déficits budgétaires. Cherchez l’erreur !   

Toute  solution rationnelle implique que l’on puisse répondre à la question suivante : comment faire  durablement coexister dans le même ensemble économique et monétaire qu’est la zone euro des Etats-nation dont les performances économiques divergent à la limite de la rupture ? Ainsi par exemple l’une d’entre-elle – l’Espagne – affiche un taux de chômage de plus  25% et l’autre – l’Allemagne – un taux de chômage  de moins de 7 ½%  Dans une économie monde – selon la formule de Fernand Braudel –  telle que le sont  les Etats Unis d’Amérique la coexistence se fait par des mouvements  de population des Etats en difficulté vers les Etats prospères .Malheureusement ces mouvements  ne peuvent s’opérer dans l’économie monde composée des Etats de l’Union européenne et plus particulièrement ceux de l’Union économique et monétaire i.e. la zone euro, parce qu’à la différence des Etats Unis d’Amérique qui sont des Etats- région, ceux de l’Europe sont des Etats nation. Pour que les Etats- nation deviennent des Etats-région il faudrait que l’homogénéisation des populations soit quasi parfaite et leur fluidité impliquerait  l’adoption d’une langue commune pour l’ensemble de la pyramide de la  population et pas seulement  de  son élite. Cette  langue commune ne pourrait d’ailleurs  être que «l’ European English »avec tous les renoncements et les efforts que cela impliquerait, particulièrement pour le peuple français.  Nul doute que l’aboutissement des  Etats-Unis d’Europe ne pourra se réaliser en un quinquennat mais au plus tôt en un quart de siècle ! 

La confirmation de cette hypothèse  nous est donnée sans ambages par l’économiste Luis Carlos  Bresser- Peireira lequel  a notamment été Ministre des finances des Etats-Unis du Brésil. Il démontre dans un lumineux article reproduit dans le Monde du 7 août 2012 « qu’une monnaie commune » ne peut exister que dans un Etat fédéral ». Il ajoute d’ailleurs qu’arriver à créer pour et en Europe  un Etat fédéral prendrait beaucoup de temps, et que  le voir émerger à court terme est quasi impossible  puisqu’il faudrait que le budget de l’Union Européenne passe d’environ un peu plus de 1% du produit intérieur brut (PIB) à au moins 25% ce qui au rythme de croissance de un point par an demanderait vingt cinq ans. Il poursuit « si vous persistez à vouloir maintenir l’euro en vie la probabilité de le voir s’effondrer de façon incontrôlée grossit de jour en jour, ce qui ferait tomber ensuite toute la construction européenne ». En  fait l’euro – ce virus – tuerait l’Europe et par là toutes ses avancées. Aussi préconise t-il par un retour aux monnaies nationales, « de mettre fin  à l’euro de façon planifiée  et coordonnée ce qui lui semble être la voie la plus sage. »

A la réflexion, notre solution semble plus conservatrice. Avant que les marchés déclenchent  une désintégration anarchique de l’euro , une gestion pragmatique de leur monnaie par les pays membres de la zone euro s’impose. En effet, bien que la banque centrale, sise à Francfort soit européenne,  les billets émis par chacune des banques centrales nationale ne le sont pas. Cette affirmation résulte de notre code monétaire et financier lequel par son article 1er, du chapitre 1er intitulé l’unité monétaire, nous rappelle que « la monnaie de la France est l’euro et « que l’euro est divisé en cent centimes » . L’on peut en déduire par transposition  que l’euro est la monnaie de chaque Etat membre de ladite zone. . Cette donnée fondamentale est illustrée par le fait que les pièces de monnaie ont pour chaque Etat une face nationale et les billets un code national  qui précède le numéro de chaque billet :  les lettres U pour la France, X pour l’Allemagne, Y pour la Grèce et ainsi de suite. Par là, notre monnaie, l’euro, comme toutes les autres a gardé son ancrage national .

Autrement dit les émissions de billets pour l’ensemble des pays de la zone sont déjà segmentés en compartiments
correspondant aux sous ensembles nationaux. Aussi pour ce qui nous concerne rien n’interdirait de débaptiser notre unité monétaire , l’euro en euro-franc.  Une banque commerciale française  dont le déposant  résident ou non, souhaiterait convertir ses avoirs en compte, en billets se verrait offrir des billets portant explicitement la mention euro franc correspondant au signe distinctif U. Celui-ci cohabiterait avec les autres euros nationaux  et cette cohabitation pourrait donner lieu à des dépréciations ou des appréciations  qui tempèreraient le passage d’une euro monnaie à une autre et par là ne  nécessiterait pas l’établissement d’un contrôle des changes. Cette réforme monétaire pourrait se faire sans le recours à des dispositifs spécifiques et se ferait ainsi en toute simplicité et en  toute transparence.

Mais qu’en est-il du risque d’un tel passage pour les Etats qui adopteraient une telle réforme ? La réponse procède de la définition de la monnaie.  C’est pour ceux qui la détiennent, qu’ils soient résidents ou non,   des créances sur l’appareil bancaire des pays concernés,  en l’espèce des avoirs en compte  ou la monnaie dite  scripturale, lesquels  correspondent à des créances sur les banques commerciales. Et, des avoirs en poche, les billets ou la monnaie dite  fiduciaire lesquels  correspondent à des créances sur les banques centrales du système . La masse monétaire de chacune de ces monnaie a pour contrepartie et pour gage en quelque sorte, des crédits pour l’essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire tout se $ ramène aux territoires nationaux. Ainsi le passage pour un pays donné , de l’euro-euro à l’euro- national ne change en rien la nature et le montant  des dettes des pays qui opteraient pour le passage de l’euro euro à l’euro national.

Pour prendre l’exemple le plus sensible, le système bancaire grec serait toujours redevable vis-à-vis de ses créanciers ,  du même montant en euros dont la dénomination aurait tout simplement changée et serait devenu des euro drachmes .Par cette formule les craintes évoquées par Paul Krugman n’auraient pas lieu d’être. En revanche les détenteurs d’euro drachmes , pourraient voir la valeur de leur créance se contracter mais ce seulement s’ils sont non résidents et dans cette hypothèse, ils verraient la valeur de leurs créances se déprécier parallèlement à la dépréciation de l’euro drachme sur les marchés internationaux. Autrement dit les perdants potentiels ne sont pas les résidents mais les non résidents détenteurs de créances.

Ce qui est valable pour les avoirs monétaires, c’est-à-dire les dettes bancaires le serait aussi pour les avoirs obligataires – dont les dettes souveraines – lesquelles seraient au terme de leurs échéances respectivement payées en euro nationaux, c’est-à-dire en euro drachmes pour  ce qui concerne la Grèce par exemple. Naturellement ces créances ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire spontanée des « euro-euro »  en « euros nationaux » mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires. Aussi pourrait-on très bien imaginer que face à une dépréciationsignificative de ces créances leurs détenteurs et notamment les banques non résidentes seraient conduites à constituer des provisions compensatoires . Mais rien n’interdit de penser que ces provisions  pourraient être reprises en cas d’appréciation ultérieure de la valeur de leurs créances sur les marchés, due à une prospérité retrouvée grâce à une politique économique indépendante, susceptible d’entrainer  ,  un retour à la croissance et une évacuation du chômage de masse.  Cela pourrait tout particulièrement jouer pour la Grèce qui retrouverait ainsi la compétitivité de son industrie touristique.

L’avantage considérable de cette formule –  qui peut a priori être assimilée à un tour de passe –passe -   en réalité ne l’est pas du tout puisqu’un euro national quel qu’il soit vaut toujours nominalement un euro-euro. Autrement dit par une telle formule seuls les détenteurs non résidents d’euros nationaux pourraient voir éventuellementla valeur de leurs  créances se déprécier sur les marchés , tant qu’elles  ne sont pas arrivées à leur  échéance moment auquel ils en récupéreraient la totalité de  la valeur nominale. l

L‘euro zone   redeviendrait une zone monétaire soutenable et durable. L’Allemagne, n’aurait plus  à effectuer   des transferts financiers qui s’annoncent sans fond en dépit de la mauvaise  et bonne volonté de la Cour de Karlsruhe , ni la Grèce à supporter un appauvrissement qui s’annonce sans fin.

Ainsi  que vive l’euro franc et ses semblables! Dans ce nouvel univers monétaire chacunretrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et services,  sans avoir à rendre compte à une quelconque Troïka en cas de difficultés, qui auraient été par avance résolues et éliminées par l’adoption de changes multiples en lieu et place d’une monnaie unique. La France  retrouverait ainsi sa souveraineté monétaire en conservant l’euro. Mais elle serait redevenue prince –  c’est-à-dire la première –  dans son royaume c’est-à-dire l’hexagone et l’outre-mer.

Assemblée citoyenne à l’initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l’AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif

Créé par le 12 jan 2013 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, AGAUREPS-Prométhée, Front de gauche, Gauche anti-libérale, MRC-PS, Parti socialiste

Assemblée citoyenne à l'initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l'AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif dans a-Fédérations MRC d'Aquitaine assemblee-citoyenne-a-mont-de-marsan-300x225tribune-assemblee-citoyenne-300x225 dans AGAUREPS-Prométhée De gauche à droite sur les 1° et 2° diapositives, Josette Robert, secrétaire nationale du MRC, Florence Delaunay, députée des Landes (PS), Xavier Dumoulin, premier secrétaire MRC Aquitaine et Bruno Moschetto, Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales(HEC) et à l’Université de Paris 1, par ailleurs secrétaire national du MRC aux questions économiquesvue-de-lassemblee-cotoyenne-300x225 dans Front de gauche vuesvue-de-lassemblee-citoyenne-montoise-300x225 dans Gauche anti-libérale de l’assembléeseance-dedicace-bruno-maschetto-300x225 dans MRC-PSséance dédicace du livre de B.Maschetto « Tout savoir – ou presque – sur la face cachée de l’Euro », préface de Jean-Pierre Chevènement

 

Lire l’intervention de Bruno Moschetto lors de l’assemblée citoyenne montoise

DU MYTHE DE LA COMPETITIVITE A LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO

Tel pourrait être – mes chers camarades – mes chers compagnons – le fil d’Ariane  des réflexions que je souhaiterais développer devant vous. Tout d’abord celles-ci passent par une analyse de la réelle compétitivité à l’irréelle croissance.
Premier point de mon intervention.

DU  MYTHE DE LA COMPETITIVITE

Dans notre environnement européen contemporain  le concept de compétitivité n’est-il pas fondamentalement paradoxal ? La compétitivité qu’est-ce-à dire ? S’agit-il  des ou de la compétitivité ?

Les compétitivités peuvent être sectorielles. Ainsi elles peuvent concerner le secteur agricole, le secteur  automobile, le secteur aéronautique, le secteur hôtelier, le secteur financier. Issues de la productivité c’est-à-dire du rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir, les compétitivités  se mesurent en prix, c’est-à-dire de nos jours en monnaie. Ce grand commensurable selon la formule d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque. Dans un pays déterminé, les taux de compétitivité sectorielles peuvent se compenser et permettre dans les échanges internationaux de bénéficier d’avantages dits comparatifs en fait  compétitifs. Où chacun s’enrichit de ses mutuelles différences. Le fait par exemple que la première de nos grandes  écoles de commerce  caracole en tête depuis plus d’une décennie dans le classement du Financial Times des business schools européennes est un témoignage éclatant d’une compétitivité sectorielle.

Mais la somme des  compétitivités forme un bloc de compétence et elle devient par là globale. Celle là tient compte du prix des produits marchands que ce soient des actifs corporels ou non corporels,  c’est-à-dire le prix des biens et des  services qui dans le combat économique extérieur se réduit au solde de la balance des transactions courantes, alors que seul le déficit de la balance commerciale stigmatise, à tort, les faiblesses compétitives d’une nation.

Mais dans la compétitivité globale,  il y  a aussi celle issue des produits marchands et celle issue des produits non marchands  tels que la protection sociale, les services publics, et plus généralement l’art de vivre. Tout ceci résulte d’un choix démocratique et culturel exercé par chacune des nations. Ainsi, nous déroulons effectivement un tapis rouge à nos amis anglais lorsqu’ils viennent se faire opérer dans les 18 jours de leur arrivée  alors qu’il leur aurait fallu attendre 18 mois dans leur pays avec le risque de passer de vie à trépas !

De nos jours, l’accent est mis dans le couple franco-allemand, sur la seule compétitivité des produits  marchands et qui se traduit par un insolent excédent de la balance commerciale   pour l’Allemagne (150 MD€) et d’un déficit récurrent  pour la France (75 MD€ )La France est ainsi  réputée être à la traine de l’Allemagne . Mais à la réflexion, l’Allemagne ne tire-t-elle pas par cette soi- disant réussite l’ensemble de ses partenaires de l’Europe, dont la France, vers le bas ?
C’est le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi en Europe dont les conclusions sont reprises par le Monde du 25 Janvier 2012 – Article qui s’intitule - : « la crise de la zone euro : la faute à Berlin » et qui pose cette impertinente question.

Pour l’OIT les bas salaires outre -Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro « la baisse relative du coût du travail allemand depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques. En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 90, l’Allemagne a créé au niveau européen les conditions d’un marasme économique prolongé, poursuit le rapport de l’institution onusienne. L’OIT épingle au passage les réformes Schröder qui ont eu  pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle notamment dans les services. Je rappellerai simplement que l’heure de baby sitting se rémunère en Allemagne 4€ contre 8 € en France. Tout ceci correspond à ce que l’on appelle la dévaluation interne qui se fait au détriment du monde du travail.

Nul doute qu’il faut pour l’Europe,  tout sauf de l’austérité, ( Bruno Moschetto –La Tribune – 20 mars 2010)  puisque dans l’équilibre économique ,  les dépenses des uns sont les revenus des autres. La cure de 30 MD€ annoncée par François Hollande  dimanche 9 septembre 2012,  équivaut à 1 ½% de la production intérieure brute (PIB)  et  se traduira immanquablement  par une contraction  mécanique de l’activité,  c’est-à-dire de  la croissance tant désirée et qui le sera encore plus. D’ailleurs Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie,  estime que l’Europe court à sa perte en persistant à mener des politiques d’austérité défendues principalement par l’Allemagne, dans une déclaration télévisée faite  le même dimanche, et  rapportée par le Monde du 11 septembre 2012.

Sans compter qu’à l’instar de la Chine –atelier du monde – l’Allemagne est devenue celui de l’Europe :   puisqu’elle achète des produits à bas coût dans son hinterland : les pays de l’Europe de l’Est , les assemble et les vend aux pays de l’Europe de l’Ouest – essentiellement ceux de la zone euro à pouvoir d’achat plus élevé  et où,  selon la formule de Jacques Sapir, les produits made by Germany remplacent ceux made in Germany.

Ces effets déflationnistes  dévastateurs entrainent  dans l’opinion et les médias  la création  d’une chaine de contrevérités . Celle –ci part du constat de l’analyse de la balance commerciale où il apparaît que les pays vertueux se situent au Nord et par là les non vertueux se situent au Sud ; d’où ceux du Sud doivent s’aligner sur ceux du Nord. Il s’agit là d’un véritable contresens .  Celui-ci est dénoncé par la parabole du jeu de billes de Jacques Rueff aux termes de laquelle les gagnants de billes (de devises)  équivalent billes en matière d’échange internationaux doivent les prêter aux perdants de billes (de devises)sinon il n’y a tout simplement plus de jeu de billes ni de jeu commercialinternational.

Ce contresens est poussé à son paroxysme par le slogan selon lequel l’Allemagne ne veut pas payer pour les pays du Club Med d’ailleurs, il ne s’agit pas de payer mais de prêter. Et s’il n’y a plus de Club Med parce que ces pays  ne disposeraient plus de devises i.e. de billes pour acheter,  il n’y aurait plus d’Allemagne qui, assise sur son tas de billes i.e.  devises  ne pourrait plus vendre ses produits.. Dans le même esprit on peut prétendre  que le Club Med dont la Grèce  a réellement payé pour l’Allemagne du fait de la surévaluation de sa monnaie – l’euro ! Alors comment en sortir ?

D’où les esquisses de solutions. Un autre prix Nobel d’Economie , Paul Krugman dans son dernier livre paru  le 5 septembre 2012, intitulé « Sortez-nous de cette crise ;maintenant »  en évoque trois possibles.   La première l’inflation sur les prix des flux. C’est-à-dire celle qui résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre de produits et la demande de produits sur l’ensemble des marchés de biens et de services.  

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Danielle Mitterrand nous laisse en héritage son humanité

Créé par le 17 déc 2012 | Dans : Danielle Mitterrand, Danielle Mitterrand et France Libertés

lelivredemammoire.bmp Plus qu’un témoignage, « Le livre de ma mémoire » interpelle et ouvre des horizons, loin des conformismes et du prêt à penser… Danielle Mitterrand propose une alternative complète au néolibéralisme et appelle les citoyens à s’engager dans les combats majeurs. Elle puise dans la force de ses convictions sa capacité d’agir pour affirmer ses valeurs humanistes et œuvrer aux côtés des plus humbles pour l’avenir de l’Humanité.Chavez à la mairie du 11° avec G.Sarre et Danièle Miterrand

Xavier Dumoulin – Je voudrais vous poser quelques questions après la lecture de votre livre très captivant et très instructif aussi. On pourrait commencer tout simplement par la chronologie. Vous évoquez votre histoire familiale, une illustration d’une réalité historique : ces milieux républicains, socialistes, ces vignerons, ce père principal de collège… Quel enseignement principal retirez-vous de cet héritage de votre milieu familial et de ces valeurs dans lesquelles vous avez été éduquée ?

« Une continuité dans le choix de société de ma famille de mettre l’Homme en priorité… celui d’une société harmonieuse ! »

 

Danielle Mitterrand – Je crois qu’ il y avait une continuité dans le choix de société de ma famille de mettre l’Homme en priorité dans l’organisation de la société – l’autre terme, c’est de mettre la richesse et l’argent comme priorités dans le choix de société chez ceux qui pensent que l’argent donne le pouvoir et la domination. Le premier choix, l’Homme comme priorité avec l’intelligence, les dons qui ont été faits à l’Humanité de pouvoir parler et évoluer et surtout la solidarité : c’est celui d’une société harmonieuse !

 

Xavier Dumoulin – Et tout cela constitue la trame de votre livre dans lequel on retrouve toutes ces valeurs. Alors passons à vos années de jeunesse. Vous traversez l’Histoire, une histoire difficile car votre père souffre beaucoup à cause de ses idées. Ca va jusqu’à la période du maréchal quand il est sanctionné. Vous évoquez tout cela On sent que vous gardez de votre jeunesse un sentiment agréable, malgré ces épisodes du pensionnat et ces difficultés. Ce qui ressort en tout cas c’est que vous avez été heureuse. Tous ces épisodes, vous ont-ils perturbée en fait ou pas du tout ? est-ce que vous avez souffert ? car ça ne paraît pas trop.

 

Danielle Mitterrand – Ca m’a construite surtout ! C’est-à-dire que ce refus de l’injustice qui a présidé à toute ma vie est dû à ces premières souffrances, à l’injustice et à la mauvaise foi dont j’ai souffert étant toute petite fille parce que j’étais devenue l’otage de deux opinions opposées. Et surtout à la souffrance de mon père que l’on accusait à tort parce qu’il avait des opinions politiques et philosophiques qui ne correspondaient ni au lieu dans lequel nous vivions – qu’était la Bretagne – ni au dogme de l’époque qui nous amenait insidieusement au nazisme.

 

« J’ai vécu mes premières années jusqu’à l’adolescence dans un nid douillet »

 

Xavier Dumoulin – Oui et d’ailleurs, vous racontez la vengeance de cette institutrice qui réagissait méchamment à cette arrivée du nouveau principal… Mais vous gardez de votre  famille cette chaleur humaine.

Danielle Mitterrand – Parce que dans ma famille il y avait un climat chaleureux. Nous étions très liés les uns aux autres, très proches les uns des autres. J’ai vécu mes premières années jusqu’à l’adolescence dans un nid douillet avec des parents attentifs et tout cela fait que j’étais heureuse et privilégiée.

 

Xavier Dumoulin – Revenons donc à cette période difficile mais avant une question sur ce bac. C’est un épisode à la fois amusant mais difficile quand même à encaisser ?

 

Danielle Mitterrand – En définitive, je ne l’ai pas passé parce que j’étais déjà dans cette mouvance de la Résistance depuis quelque temps. Du fait que je suivais François partout, mon nom était repéré et évidemment, aller me chercher à la sortie du bac, c’était tellement facile… Quelqu’un est venu me chercher avant mais c’était un ami de François… Si bien que je n’ai pas passé mon bac ! J’ai passé les deux premières épreuves…

 

« Mon premier fait de résistance, il est quand j’avais six ans »

 

Xavier Dumoulin – Et alors tout se déroule finalement dans cette période très difficile – je passe sur les détails, ils sont dans votre livre pour comprendre justement cette période. Et finalement tout s’enchaîne rapidement. C’est presque naturellement que vous rentrez dans la Résistance. Quel est votre premier fait de résistance en réalité ?  En avez-vous eu conscience ?

 

Danielle Mitterrand – Non, mon premier fait de résistance, il est quand j’avais six ans et quand j’ai répondu à cette directrice par un acte de rébellion devant son injustice : elle m’avait privée des bonbons que je méritais donc je me suis servie moi-même et ça m’a valu évidemment des sanctions dont je n’oublierai jamais la cruauté.

Xavier Dumoulin – Et votre petit malin dont vous parlez toujours qu’est-ce qu’il disait à ce moment là ?

Danielle Mitterrand – Mon petit malin c’est un peu le «Durito» de Marcos – du sous-commandant Marcos – et cette petite conscience qui est toujours là et qui nous rappelle qu’elle existe et qu’elle est là pour vous guider.

 

« Il fallait détruire la réputation de François et sa réputation de Résistant… »

 

Xavier Dumoulin – Alors cette conscience justement… On est dans la Résistance. Vous rencontrez François Mitterrand. Tout vous amène à le rencontrer : il y a ses amis qui sont cachés à Cluny, enfin, il y a force témoignages et, justement c’est très nourri sur ce plan factuel de la Résistance et notamment celle de François Mitterrand. Et pourquoi finalement cette histoire a-t-elle été entourée de tant de suspiscions ? Pourquoi, finalement ne pas avoir pu la raconter comme vous la racontez ? On comprend tout cet enchaînement, cette histoire est simple à comprendre comme vous la racontez.

Danielle Mitterrand – Parce que c’est la vérité. Moi je raconte la vérité. Il fallait détruire la réputation de François et sa réputation de Résistant… La Résistance intérieure a été très minimisée parce que tout s’est organisé à l’extérieur. Bien sûr dans la paix c’est plus facile que quand on a les fusils ou la gestapo derrière soi !

Pourquoi j’insiste tellement sur la Libération de Paris ? C’est parce que justement, personne n’en parle ! Personne n’en parle ! Tout le monde pense que le général Leclerc – qui évidemment a été très utile – et De Gaulle ont libéré Paris. Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas vrai ! C’est la résistance intérieure qui a libéré Paris et je voulais rendre hommage à tous ceux qui à cette époque là se sont faits tuer pour libérer Paris !

 

Xavier Dumoulin – Votre contribution grandit encore plus la France finalement. Et alors justement le gaullisme ? Nous arrivons dans cette période de l’après-guerre. Bon je passe rapidement. Je voulais quand même vous interpeller sur votre sévérité à l’égard du Général De Gaulle. Non pas sévérité par rapport aux évènements de Charonne quand vous vous révoltez à juste raison contre ce qui s’est passé. Par contre, je trouve une sévérité excessive – moi qui suis pourtant tout à fait enclin à suivre le déroulement de votre pensée -! Parce que par exemple, sur le plan de la diplomatie, on peut penser que l’œuvre du général n’est quand même pas négative.

 

Danielle Mitterrand – Non, elle est loin d’être négative. Mais je le dis. Mais vous savez moi je n’ai témoigné en mon nom que ce que j’ai vécu moi-même. Si vous remarquez, chaque fois que c’est un évènement que je n’ai pas vécu moi-même, je fais parler l’intéressé.

C’est De Gaulle qui, lui, parle de son pouvoir. C’est De Gaulle, ce sont des textes de De Gaulle qui décrivent un pouvoir personnel qu’il a évidemment pratiqué. C’est lui-même qui raconte sa propre histoire, j’ai toujours fait témoigner des gens qui étaient sur place, qui étaient présents, qui pouvaient témoigner.

Donc ma sévérité ce sont les faits, ce n’est pas ma sévérité, c’est la sévérité des faits. Et ces faits, ils sont têtus. Ils sont là. On peut les interpréter. On ne peut pas les reconstituer. Ce sont eux que je mets sur le papier. Ce ne sont pas les interprétations.

Xavier Dumoulin – On est en tout cas très instruit des mille tracasseries et complots qui se trament, évidemment pour des raisons de refus d’accepter l’opposition politique.

 

Danielle Mitterrand – Il n’y a jamais eu autant d’assassinats politiques qu’à cette période là. Il n’y a jamais eu autant d’injustice politique – quelque soit le milieu – que pendant cette période.

 

Xavier Dumoulin – C’est une période d’ailleurs qui a été dure pour vous personnellement. Vous racontez tout ceci dans votre livre et on comprend qu’elle soit chargée d’émotion cette période parce qu’on a touché aussi quelque part à des choses fortes quand on a voulu s’attaquer à…

 

Danielle Mitterrand – A l’honneur…

 

Xavier Dumoulin – A l’honneur d’un homme . Tout à fait !

Alors tout cela nous ramène à Mai 68. Dans ces évènements de 68, finalement, j’ai vu un François Mitterrand plus distant qu’on ne le pensait par rapport à ce qui se passait.

Qu’est-ce qu’il y a de positif dans cette situation de 68 dont on va fêter le quarantième anniversaire cette année?

Danielle Mitterrand – Ca a été un tournant. Ca a été une prise de conscience. François a tout de suite vu que ceux qui étaient les meneurs rentreraient dans le rang et deviendraient très vite des soumis. Alors que lui, il voyait peut être plus rapidement en tout cas l’évolution vers cette résistance au système. Et il a pensé – il s’est peut être trompé, je n’en sais rien – que les évènements de 68 freinaient un mouvement qui était déjà en marche, peut être encore  inconsciemment, mais déjà en marche. Il a été nécessaire. Et puis on ne refait pas l’Histoire. C’est comme ça. 68 est arrivé, ça devait être ainsi. Ensuite, il fallait réfléchir à ce que l’on ferait de cette Histoire.

Ne croyez pas qu’il était absent. Il était très très présent pendant toute cette période. Il l’a analysée mais il a…

 

Xavier Dumoulin – Il n’était pas à Charlety !

 

Danielle Mitterrand – Il n’était pas à Charlety mais pour cause. Il ne croyait pas à Charlety. Il a sans doute eu raison parce que Charlety n’a rien donné !

 

« Mais la gauche, elle existe ! Elle travaille ! Elle est là ! Ce n’est pas parce qu’elle a des représentants qui ne la représentent pas qu’elle n’existe plus ! »

Xavier Dumoulin – Hélas oui, oui, tout à fait.

Vous êtes aussi sévère – je partage profondément votre sévérité envers tous ceux qui se sont récemment retournés – , vous avez des mots durs et très clairs envers eux et ce n’est pas la peine d’insister, tout est dit dans le livre.

Cela m’amène à parler de la gauche. Le livre respire la nostalgie de cette gauche des années soixante dix, cette gauche dynamique, capable de poser des débats d’idées, féconde, cette gauche conquérante avec François Mitterrand à sa tête, l’Unité … Cette réalité à laquelle on aspirerait mais qu’on n’arrive plus à trouver !

Mais que peut-on espérer de raisonnable aujourd’hui à gauche, justement en regard de tout ce qui s’est passé, et en regard de cette atonie actuelle ? Est-ce que vous avez envie de dire deux petits mots là-dessus ?

 

Danielle Mitterrand – Mais la gauche, elle existe ! Elle travaille ! Elle est là ! Ce n’est pas parce qu’elle a des représentants qui ne la représentent pas qu’elle n’existe plus !

Je vous assure qu’elle travaille et elle travaille bien ! Pas seulement en France, mais dans le monde entier.

Et c’est justement parce qu’elle travaille dans le reste du monde qu’elle avance. Et quand je vois les progrès qu’il y a sur le statut de l’eau par exemple – l’eau qui ne peut pas être une marchandise alors que les grandes entreprises internationales de l’eau sont françaises et que dans le reste du monde, elles sont combattues parce que des pays entiers reprennent leur gestion de l’eau publique -, c’est le travail de la gauche et de la gauche française aussi avec les autres.

Croyez moi, le mouvement, il est parti ! Il est irréversible !

La seule inquiétude, c’est de savoir où en sont les dégats. Et s’il n’y a pas une situation irréversible dans les dégats et dans le processus de la destruction de l’humanité. Actuellement, le régime, le système actuel, il est à bout de souffle. Cet argent qui a étouffé tout le monde, il s’étouffe lui-même aujourd’hui. Et il ne faut pas le laisser mourir tout seul. Il faut l’aider à mourir et le combattre mais la relève est là et croyez moi, l’alternative elle est prête, elle est là !

 

Xavier Dumoulin – Elle est prête. Vous posez les choses avec beaucoup de sens : sur la monnaie par exemple, c’est très fort ce que vous dites ! Vous ne vous érigez pas en expert économique mais vous ramenez les choses à leur juste dimension. Mais la gauche quand même se laisse impressionner par un discours qui devrait être un discours désuet, tant la réalité est à l’opposé de l’idéologie dans ses effets tout à fait néfastes. Cette capacité d’indignation, la gauche semble l’avoir perdue – enfin la gauche, peut être pas la base… On dirait qu’il y a une banalisation, une intériorisation de l’idéologie de la droite, des néo-conservateurs ! et c’est d’autant plus révoltant qu’on a besoin de ce discours que vous tenez !

Danielle Mitterrand – Mais oui, c’est sans doute parce que nos représentants ne représentent pas la gauche. Ils représentent une ambition du pouvoir dont la gauche n’est pas du tout- comment dirais-je? – inspiratrice.

Quand on parle de démocratie participative, bien sûr on ne veut pas implanter une démocratie directe parce que ça serait l’anarchie mais on veut avoir des représentants, mais des représentants qui entendent les aspirations ! Or aujourd’hui, nos représentants ils ne pensent qu’à leur ambition carriériste ! Donc c’est pour ça, que l’on ne se reconnaît pas du tout en eux !

 

« Mais, en tout cas, l’Europe telle qu’on nous la propose actuellement, elle est inacceptable ! C’est vraiment l’Europe de l’argent »

 

Xavier Dumoulin – Une question – et je conçois bien qu’elle est peut être délicate-. Vous avez beaucoup parlé de l’Europe dans votre livre, vous avez parlé de votre position lors du référendum de mai 2005. Aujourd’hui, analysez-vous comme un déni de démocratie le fait qu’il n’y ait pas de référendum pour l’adoption de ce prétendu nouveau traité ?

Danielle Mitterrand – Je crois que les premiers intéressés sont quand même les populations ! Et si on ne leur demande pas leur avis, ça n’a plus rien de démocratique. C’est un point de vue à débattre. On peut dire aussi que les assemblées sont des représentations du peuple. Bon, ça c’est un autre débat. Mais, en tout cas, l’Europe telle qu’on nous la propose actuellement, elle est inacceptable ! C’est vraiment l’Europe de l’argent essentiellement, l’Europe économique. Moi l’Europe dont j’ai rêvé pendant la guerre et dont rêvaient ceux qui l’ont inspirée – les Schuman, les Monnet, François, c’était une Europe des peuples, ce n’était pas une Europe de l’argent, ce n’était pas une Europe des banques, ce n’était pas une Europe des entreprises, ce n’était pas une europe économique.

L’économie vient au service de la politique. Elle ne peut pas diriger la politique. Aujourd’hui c’est ce qui se passe. On est dans une telle aberration que ça ne peut pas durer, ça ne peut pas durer ! On peut se leurrer encore pendant quelque temps…

Le même discours est tenu depuis des années et des années et on s’aperçoit que ça donne les mêmes effets négatifs.

L’Homme est intelligent – il est réputé comme tel-. Il va bien se dire à un moment ce n’est pas cette politique, ce n’est pas ce système qui peut nous amener à une organisation de la société possible. Je crois en l’instinct de conservation de la vie. C’est ça qui va permettre de relever le défi. Quand on va voir que tout ce qu’on organise c’est pour la mort, il arrivera bien un moment où on se dira mais on veut vivre !

 

Xavier Dumoulin – En vous lisant, on s’en convainc et ça nous donne de la force pour contiuer. Alors, c’est ma dernière question : qu’est-ce qu’on peut faire aux côtés de votre fondation très concrètement pour ceux qui voudraient agir. ?

Danielle Mitterrand – Il faut tenir un discours qui entraîne les gens à résister au système actuel et puis pas seulement en mots mais en actions. Et aujourd’hui tous les jours il y a une possibilité de réagir contre ce système. Moi je ne spécule pas. Je n’ai pas une action. Eh bien, que beaucoup de gens fassent comme moi et ils verront que ça finira par changer !

 

 

Cet entretien exclusif a été accordé au « blog citoyen, socialiste et républicain » à Mont de Marsan à l’occasion des rencontres dédicaces du samedi 5 janvier 2008.

 

« Le livre de ma mémoire »; éditions Jean-Claude Gawsewitch; novembre 2007

Danielle Mitterrand cède ses droits d’auteur à la Fondation France Libertés

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