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Georges Wolinski: « Le courage du peuple cubain »

Créé par le 08 fév 2012 | Dans : Amérique Latine

L’Humanité de ce mardi 7 février fait le bilan de cinquante ans de blocus total imposé par les Etats-Unis à Cuba, depuis le 7 février 1962. Nous publions ici le point de vue de George Wolinski, dessinateur et président d’honneur de Cuba Si France.

« En 1970, je suis allé à Cuba pour la première fois. Je représentais la France à une exposition de dessins politiques. Ceux que j’exposais avaient été publiés, pendant les évènements de 1968, dans Action,  L’Enragé et Charlie Hebdo. Ensuite, invité par le festival de l’humour de San Antonio de Los Banos, j’ai fait de nombreux séjours à Cuba. J’ai pu côtoyer des dessinateurs roumains, coréens du Nord, polonais, tchèques. Place de la Révolution, trois heures durant, j’ai écouté le discours de Fidel Castro. Plus tard, en 1992, j’ai été le président d’honneur de la biennale de l’humour.

Pour rejoindre Cuba, il fallait partir de Madrid ou de Prague et voyager quelques vingt deux heures. A l’époque, étant donné le blocus américain, 80% de l’économie cubaine, dépendait de Moscou et des pays de l’Est. Puis, il y eut l’effondrement du bloc soviétique et ce fut un coup dur pour Cuba. Le peuple manquait de tout pour vivre comme pour travailler. Charly Bouhana, membre du syndicat de Livre, m’a demandé de le rejoindre pour aider les artistes et les écoliers cubains. Ainsi, est née l’association de solidarité : Cuba Si France. Première initiative : le bateau de la solidarité. Un cargo chargé de cahiers et autres feuilles de papier, de fournitures scolaires, destinés aux écoles.

Georges Wolinski:

Ensuite, l’association a accompagné différents projets d’aide à l’enfance. Il y eut encore un envoi de matériel destiné aux artistes qui ne disposaient plus de rien pour créer. Des artistes liés au gouvernement en place mais qui, malgré tout, ne pouvaient plus travailler.

Depuis cette époque, Cuba Si France n’a pas cessé de manifester son indignation contre le blocus américain. Il y a deux ans, quand je suis retourné à Cuba, j’ai pu observer le courage du peuple pour résister aux conditions de vie provoquées par l’embargo. J’ai vu défiler un million et demi de jeunes cubains, visiblement en pleine santé, devant un Raul Castro souverain. Pas un n’a crié : « Dégage Raul ! » en passant devant la tribune.

2012-02-07cuba-embargo-dessin2 dans Amérique Latine

Le 8 mars, lors de la journée internationale de la femme, j’ai écouté les propos de Mayda Alvarez Suarez, militante du Centre d’Etude de la Femmes, organisme sous tutelle du gouvernement. Elle était l’invitée en France de notre association. Après cinquante-deux ans de révolution, Mayda résume la philosophie des Cubaines. A la surprise générale et malgré le peu d’enthousiasme des hommes, elles ont, dit-elle, conquis leur autonomie. L’égalité des salaires est instaurée par la loi et elles peuvent exercer des postes décisionnaires. Et cela, malgré la vie difficile, le manque de denrées alimentaires, les crèches introuvables et la violence en hausse.

Quant à la natalité, elle décroit. 1,6 enfant par couple. Avant la révolution Mayda explique que de nombre de jeunes filles de 14 ans se retrouvaient enceintes, aujourd’hui, l’âge moyen la natalité est de 24 ans. Qu’en est-il des rapports hommes-femmes ? La formule est envoyée par Mayda : les hommes que veulent les femmes n’existent pas encore. Les femmes que les hommes veulent n’existent plus !   Dans un avenir proche, d’importantes réformes se préparent, comme la perte de 500.000 fonctionnaires. Mayda sourit : « On en a vu d’autres ».

Découvrez notre édition ici 

http://www.humanite.fr/monde/georges-wolinski-le-courage-du-peuple-cubain-489523

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Quelques retours sur cette année 2011 croquée dans mon blog au fil d’une cinquantaine d’articles qui partent du réel pour aller à l’idéal… Du printemps arabe à la pré-campagne présidentielle sans oublier la crise financière, quelques gasconneries, un peu d’exotisme et beaucoup d’auto-critiques avec des billets d’un citoyen ordinaire, travailleur de la plume et voyageur du web à ses heures. Avec pour devises ces mots, l’un de Régis Debray : « ceux qui vont à contre-courant arriveront les premiers », l’autre de France-Libertés : « l’Homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir ».
Pour une année 2012 de mouvement de reconquête citoyenne dans la fidélité à nos valeurs de justice, de progrès social et d’émancipation humaine.  
  
X.D
 
N.B : Ce clin d’oeil avec ce premier article en guise de réponse anticipée aux voeux de Nicolas Sarkosy!
 
 

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A cheval sur les principes… d’un art de vivre et de penser en toutes libertés! Lettres dédiées à Hippone qui s’est endormie ce dimanche 26 mars pour un monde où les hommes et les chevaux sont toujours des amis…

Créé par le 28 déc 2010 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Accaparé par mille tâches rustiques harassantes mais gratifiantes, je retrouve, ce jour, l’esprit avisé de l’ homme de cheval qui va en avant, calme et droit, débutant sa journée de vacances dans la gelée matinale de ce froid décembre pour distribuer le foin odorant et l’avoine susurrante. Le bruit de mes pas éveille les joyeux hennissements de la cavalerie. Les » Merens », – Hippone et sa pouliche Walkiry -, et  les « Connemara », – Bracken, Fany et son poulain Alba dont j’ai la fierté d’être reconnu le « naisseur » sur les papiers délivrés par les Haras nationaux.

Alba, ce nom qui sonne aussi beau que celui de l’alliance bolivarienne, et que j’ai choisi, en cette année de la lettre A, en révérence aux libertadores. Ceux-là  qui de San Martin à Bolivar – mille fois représentés dans des statues équestres en Amérique du Sud – ont délivré les peuples en combinant l’action militaire insurectionnelle et l’importation de notre république, de ses idéaux issus des Lumières et de la révolution française. Références toujours vivantes et plus que jamais respectées en pays latins du nouveau monde.

Après le bon picotin et le pansage, Hippone, poulinière Merens, se laisse brider et seller dans une posture impassible. L’ancienne vice championne de sa race au concours national de Bouan, récemment acquise par Michèle,  séduite par le charme et la puissance de cette princesse d’Ariège au sang froid, m’accorde pour la troisième fois une ballade en sa compagnie. Et nous voilà partis à travers champs et bois dans un pas soutenu, conversant, au gré de nos rencontres, avec des bûcherons toujours curieux à la vue d’un cheval, et atteignant enfin l’ancien chemin de halage qui longe la Midouze, cet affluent de l’Adour. Des vols de palombes, sous ce beau ciel bleu ensoleillé, agrémentent la ballade rytmée par le craquement des flaques glacées sous les sabots de ma monture. Dans ce trot allongé qui me laisse en suspension un temps sur deux, pour mon plus grand confort, la nature pénètre mes sens attisés par l’air vivifiant et la magie de cette clarté hivernale. Un panneau annonce une palombière et exige un sifflement continu pour prévenir de notre arrivée. Ici nous stoppons notre élan pour observer le pigeon blessé, sans doute par quelques plombs de cartouche, et qui traverse péniblement le sentier avant de plonger dans la rivière où il se laisse dériver dans le courant qui l’emporte pour sa dernière course.

Je songe à Crin-Blanc, chevauché par le jeune Falco poursuivi par les manadiers implorant trop tardivement son pardon et se jetant dans le fleuve pour atteindre un monde où les hommes et les chevaux sont toujours des amis… Et à ce parrain disparu l’an passé, qui m’offrit ce beau livre illustré dans ma prime jeunesse. Et de là, à mon père défunt qui eut, un jour d’août, cette idée délicieuse de nous conduire à la foire de Saubusse pour y rencontrer les éleveurs de chevaux venus concourir et vendre leur poulains. Avec la médiation du Docteur Soulé, ce vétérinaire qui assura la sauvegarde du patrimoine équin landais au cours des années soixante dix, nous acquérions auprès d’un éleveur de Rivière, un « Landais » bai brun de dix huit mois,  poney arabisé en provenance du berceau de la race, ces barthes de l’Adour. Je sus le dresser avec intelligence, tact et sang froid dans mes années d’adolescence. Ce « Barthais », élégant dans ses proportions et allures, mais robuste et rustique, constituait jadis avant-guerre l’une des deux branches du petit cheval landais. L’autre évoluait dans les dunes du littoral  de la côte d’argent. Chaque métairie avait alors sa jument pour l’attelage et les petits travaux agricoles. Chétif mais plein de tempérament, « le Lédon » vivait comme le « Barthais » en liberté. Son extinction fut exigée en raison de la promotion de la civilisation de l’automobile – l’état sauvage devenant incompatible avec la sécurité des routes – et du règne des maïsculteurs, ces déforestateurs insatiables qui ne voyaient en cet animal qu’un prédateur au même titre que le chevreuil, le cerf ou le sanglier. A Saint-Julien-en-Born, où chaque métayer possédait plusieurs poneys, le troupeau du « Braou » était évalué à près d’un millier de chevaux  selon un reportage du journal  »Le sport universel » de 1908. En réaction aux arrêtés municipaux qui interdirent aux éleveurs de laisser vaquer leur cavalerie – d’abord pendant la période hivernale, pour que le cheptel bénéficia d’une alimentation fourragère, puis toute l’année pour préserver la sécurité routière -, les propriétaires exigèrent des pouvoirs publics le dédommagement des frais de fil de clôture, ce qui leur fut refusé.

On ne mesurera jamais les conséquences de cette erreur politique, cause de l’extinction de la race. Imaginons  l’attractivité qui serait celle du « cheval landais » en liberté comme ses voisins « Pottokak » du pays basque sur les montagnes de la Rhune ou des « Camarguais » de l’estuaire du Rhône. Mon beau département maritime, forestier, diversifié à l’intérieur de ses terres gasconnes de la Chalosse, du Tursan, du Marsan, du Gabardan, du Bas Armagnac ou de la Haute-Lande et de surcroit célèbre pour ses corridas et courses de vaches landaises, élevées localement, n’aurait-il pas joui d’une réputation égalant celle de la Camargue? Ce pays notoirement réputé pour ses manadiers et leurs gardians de chevaux et taureaux dont il entretient le folklore et en qui il trouve un de ses attraits touristiques majeurs en dépit de son espace borné et écologiquement fragilisé.

J’offris à mon tour un « Pottok » de robe pie alezan à  mon fils aîné, alors âgé de huit ans. Il conserve, – peut être pour cela, - avec son cadet, cet esprit généreux et ouvert, cette éthique du  »caballero » – pour ne pas dire chevaleresque en raison de l’ambivalence du qualificatif – tous deux devenus plus tard des jeunes militants syndicalistes et associatifs bien trempés. Comme « leurs frères » de Cuba ou d’Argentine, nations équestres par excellence ; dans l’île des caraïbes, ils  attellent leur cheval trop  maigre mais toujours allant, sur la chaussée partagée avec les cyclistes, les camionneurs et les rares automobilistes; dans l’immensité de la Pampa, ils chevauchent leur créole infatigable, agile et trapu en habits de péon, sur une selle revêtue d’une peau de mouton…

Ma jument dresse ses oreilles et ralentit soudainement : j’aperçois en bout de ligne du chemin de halage, cinq faons bondissant dans une traversée gracieusement cadencée. Ils quittent les fourrés des bords de la rivière et remontent vers la forêt de pins qui la surplombe. Une borne, vestige du temps du commerce par voie d’eau entre Mont de Marsan et Bayonne, annonce celle-ci à 118 Km. Je dépasse la borne à main droite et tourne le regard vers le côté adjacent qui signale Mont de Marsan à 18 Km. Sauf erreur de mémoire le chemin de halage s’étendait donc sur près de 140 Km. Les syndicats de communes landaises préservent aujourd’hui ce bien commun, loin des petits calculs de rentabilité quand le conseil général finance les ponts qui enjambent les centaines de petits ruisseaux venant se déverser dans la rivière.

Dans les Landes, – soit dit en passant -, l’eau est aussi un bien commun qui échappe, autant que possible à la gestion privée pour le plus grand bénéfice des populations locales; « Ca coule de source » pour reprendre le slogan du canton voisin de Morcenx – où vont aussi les chemins de Saint Jacques – et qui abrite la commune d’Arjuzanx et ses vingt mille grues. Elles viennent hiverner chaque année en très grand nombre depuis la reconversion, dans les années quatre vingt dix, du site minier ouvert d’EDF en étendue de lacs. Je les observe religieusement chaque fin de semaine hivernale. Je confesse ce culte envers ce peuple migrateur qui m’offre de novembre à mars des vols majestueux que je scrute à l’oeil nu ou avec des jumelles depuis le lac ou sur un observatoire. Celui de Villenave me permet même d’observer les grues se posant et se regroupant par centaines pour la nuit en zone marécageuse, inaccesible aux prédateurs, avant de repartir au petit matin vers les champs de Solférino, s’alimenter de grains et  vermines.

Ma chevauchée, fréquemment interrompue par des descentes de cheval qui dégourdissent mon corps, s’agrémente de longues marches à pied aux côtés d’Hipone. Je vais ainsi, au pas cadencé mais léger, méditant, le corps et l’esprit libre en harmonie avec la forêt giboyeuse, traversée par cette rivière au lit de sable et aux eaux vives et boueuses, couleurs de l’ocre de ces fougères fanées qui la bordent de toutes parts. Les grasses herbes des berges régalent aussi ma jument vagabonde.

A droite, un sentier fend les broussailles. Je prends le parti de le suivre à la recherche intuitive d’une hypothétique découverte. Nous voici au bout de cinq cents mètres récompensés de cet effort d’enjambement de troncs et de branches laissés sur place après quelques coupes rases. Un paysage féerique s’offre à nos yeux éblouis par la blanche lumière réflétée dans les eaux glacées de petits étangs alignés. Des cygnes et des canards glissent sur ces eaux froides survolées par des vols de ramiers tourbillonnant à la recherche d’un site accueillant. Des clôtures interdisent une exploration de ces lieux merveilleux, frustrant un peu ma curiosité de pénétrer dans ce jardin anglais et d’y visiter ses trois cabannes d’observation, construites sur des promontoirs dominants les étangs.

Nous reprenons le sentier dans l’autre sens pour retrouver les berges plus hospitalières. Là nous coupons par un chemin de traverse qui nous conduit sur un bout de route tranquille, réservé à la desserte de quelques habitats dispersés au coeur d’une nature accueillante bien qu’éprouvée par la tempête de janvier 2009.

Nous abordons quelque vieille connaissance et son épouse, évoquant à l’occasion des temps révolus ; quand les mules étaient encore utilisées pour les travaux agricoles, l’attelage des charrettes sur les chemins ou le débardage dans la pinède.  Cette époque  postérieure à celle des moutonniers landais et à l’utilisation massive des boeufs. Ceux-ci tractaient, depuis le chemin de halage, les gabarres en partance des cales de Mont de Marsan, où l’on stockait, dans des entrepôts, des produits de Gascogne, eaux-de-vie d’Armagnac, vins, blés, miel,  laines, essence de térébenthine et potaux. Ces derniers destinés aux mines du pays de Galles, par ailleurs, grosses utilisatrices de poneys, recherchés, parait-il, jusque dans nos Landes. Ces pinasses, revenaient à contre-courant, pleines de sels mais aussi de morues et de sardines, d’étoffes étrangères, de fromages de Hollande, d’huile, de houille, de minerais de métaux… La descente de la Midouze depuis l’ancien port de Mont de Marsan via Tartas et Dax ne prenait que trois jours quand la remontée depuis celui de Bayonne, d’une lenteur désespérante aux dires des plus érudits, exigeait une tirée à cordelle depuis le chemin de halage, la galupe, dénomination gasconne de la gabarre, étant aussi équipée d’énormes avirons. Un dur labeur phénoménal et quotidien pour ces mariniers fluviaux!

Ce marché devait ressembler un tantinet à celui des temps néolithiques, à base de troc, durant la toute première civilisation agro-pastorale, hormis la technique de navigation et la médiation monétaire accompagnant la diversification des échanges et leur promotion à un niveau bien supérieur. Jusqu’à  l’accumulation originelle de puissants capitaux, après les premières grandes coupes du début du siècle dernier de la vaste forêt de pins, plantée quarante ans plus tôt. A l’instar du capitalisme industriel, l’exploitation du pignada vécut une sévère crise dans les années trente, le département des Landes se trouvant fragilisé de sa monoculture pourtant à l’origine des fortunes insolentes des générations montantes. A l’opposé, la pauvre vie des résiniers n’avait sans doute rien à envier à celle des métayers. Lesquels virent leur sort s’améliorer sous la poussée syndicale du monde agricole soutenue par l’action législative des socialistes, des communistes et des chrétiens-démocrates à la Libération.

Depuis, la civilisation technicienne a certainement contribué à l’évolution positive des modes de vie quand les luttes sociales firent reculer l’intensité de l’exploitation des travailleurs des villes et des champs. Car il faut surtout considérer la part  des conquêtes sociales du mouvement ouvrier dans l’amélioration des conditions de travail ; l’affranchissement de l’homme des tâches les plus ingrates dans un cycle de travail plus limité ne saurait en effet se réduire à la substitution du moteur et de la mécanique à la force musculaire animale ou humaine. Sans éprouver de nostalgie pour ces temps de misère, je reste cependant saisi de vertige en songeant à cette fuite en avant récente, depuis la révolution informatique, d’un monde capitaliste marchandisé et globalisé où l’argent fêtiche règne en maître absolu dans cette civilisation du bruit, de l’éphémère et du clinquant. Ce monde qui est aussi celui de la précarité, chargé de frustrations en tous genres avec ses replis sécuritaires et identitaires à connotations racistes. N’est-ce point le retour à la barbarie annoncée, des années cinquante jusqu’au milieu des années soixante, dans la revue « Socialisme ou barbarie » portée par un groupe d’intellectuels d’inspiration spartakiste?

C’est justement un spartakiste qui va occuper notre amicale conversation téléphonique du même jour avec mon ancien professeur de littérature. Nous évoquons Carl Einstein, cet homme de lettres, passionné d’art nègre et de peinture cubiste et par ailleurs militant intrépide de la révolution spartakiste belge et des brigades internationales. Combattant contre le fascisme franquiste dans la colonne Durruti, il eut le triste privilège de prononcer l’éloge funèbre du dirigeant anarchiste tombé au combat. Nous parlions ensemble de ce personnage pourchassé par les nazis parce que juif, intellectuel, exilé allemand et de surcroît révolutionnaire, fuyant les troupes hitlériennes et trouvant asile en juin 40 à l’hôpital civil mixte de Lesbazeilles au coeur de la cité montoise pour un court séjour de soins de trois jours avant de reprendre, à l’arrivée des Allemands le 28 juin, la route vers Pau, d’où il devait mettre fin à sa vie en se jetant d’un pont. L’homme d’art m’a confié introduire, dans le récit de son livre à paraître prochainement, ce personnage rayonnant d’esprit, de courage et de convictions.

Au fil d’une journée champêtre remplie d’heureux moments de partage avec mes proches, ma progéniture et même ma plus noble conquête, je goûte enfin ce temps de vivre. Temps trop rare avant de se retrouver « cendre et givre » pour reprendre l’expression crue de Francesca Solleville. Cette même chanteuse qui me fait toujours rêver en annonçant dans ce refrain :

« Il y aura des promenades,

En amis, en camarades,

Le jour où nous aurons le temps,

Le temps de prendre enfin le temps

De nous retrouver dans les yeux

De femmes et d’hommes d’un monde heureux… »

dans sa chanson pour l’ami d’un soir

https://www.musicme.com/#/Francesca-Solleville/albums/Avanti-Popolo-0602547850393.html

 http://www.musicme.com/#/Francesca-Solleville/albums/Venge-La-Vie-:-1959-1983-3259130181128-05.html

« J’en ai connu beaucoup, moi qui voyage,

Ami d’un soir qui m’ont parlé ainsi

Avec des mots qui venaient de la vie.

ils m’ont laissé malgré tout confiante

Et c’est pour eux, avec eux que je chante! »

Xavier Dumoulin, « naisseur » de chevaux et poneys de races françaises.

Le Merens, prince noir d’Ariège mais cheval populaire

Connaissez-vous le Mérens? Ce petit cheval des pyrénées ariégeoises, originaire de la commune éponyme de ce département montagnard, très prisé en raison de sa grande polyvalence possède un excellent mental et un aspect fascinant : avec du cadre, de l’os, du lustre et du crin, cette morphologie athlétique marie robustesse et finesse dans une robe « noir zain ou pangaré » à l’instar de ses cousins Frison ou Minorquin, ces deux autres perles du monde équin.

Par delà cette éblouissante présentation, le Mérens rassemble surtout des qualités équestres essentielles. Elite en cheval de loisir, le Mérens a le pied sûr, un équilibre, un allant et une puissance qui vous transportent aux trois allures sur des terrains variés en toute sécurité, de la carrière de dressage aux chemins de crête et autres sentiers escarpés de basses montagnes.

Il faut assister, pour mieux vérifier cette adresse, à la spectaculaire descente dite « des éboulis » de la montagne de Bouan. En fin d’après-midi, depuis le pré où se tient annuellement (depuis 1979 à Bouan et cette année les 20 et 21 d’août dernier) le concours suprême de la race (les concours de la race existent depuis 1872), le spectacle de cette chevauchée cavalière sur des pentes caillouteuses à trente cinq degrés d’inclinaison, s’accompagne d’un silence religieux d’un public médusé. Public nombreux d’éleveurs, de cavaliers utilisateurs et d’amateurs régionaux, nationaux, voire internationaux avec cet engouement tout particulier des Hollandais, des Belges ou des Italiens. Dans ce canton de « Les Cabannes », à proximité d’Ax- les-Thermes et de Tarascon, le concours national des modèles et allures du Mérens honore les poulains et pouliches des « un et deux ans » manipulés, les poulains et pouliches de trois ans montés, les poulinières suitées ou les étalons approuvés. La désignation des champions suprêmes de la race, mâle et femelle des catégories des juniors ou séniors vient couronner le travail des éleveurs.

Avec près de cinq cent naissances annuelles déclarées, la race n’est plus menacée d’extinction. Une race fixée depuis près d’un siècle par une politique d’indigénat pertinente arrêtée par ses défenseurs et promoteurs et dont on mesure à présent toute la réussite. Pour comprendre toute l’intelligence de cette  politique, il faudrait revenir sur la longue résistance des populations locales, en terres ariégeoises comme dans tous les  autres pays d’élève – c’est à dire principalement dans les zones de grands marécages ou de montagnes, impropres à la culture des sols mais riches en vaines pâtures,- aux injonctions multiséculaires des haras royaux puis nationaux obligeant la saillie des juments autochtones par les étalons agréés.

Cette recherche, apparemment bien intentionnée, d’un apport des étalons de « pur sang » pour relever les produits et régénerer les races autochtones, – avec aussi des visées militaires comme celle de la préparation de la guerre franco-prussienne à la fin du second Empire qui visait à croiser les poulinières ariégeoises avec des étalons arabes pour obtenir une cavalerie légère – n’en produisait pas moins des effets délétères en dénaturant et débilisant les produits des jumenteries locales par la perte des qualités de robustesse et de rusticité attendues principalement de populations paysannes utilisatrices de petits chevaux de bât et de trait. Mais les poulinières qui montaient à l’estive avec leurs poulains de l’année dès la saison printanière des amours pour s’y régaler jusqu’à l’automne des herbages de montagne, retournaient à la ferme  après avoir été honorées par l’étalon de la race en capacité de saillir et de remplir une trentaine de juments échappant ainsi aux soupirs des prétendants de race supérieure mis à la disposition des éleveurs dans les dépôts des haras nationaux! Avec, soyons honnête, des exceptions notoires qui ont laissé quelques traces indélébiles du sang arabe de ces étalons orientaux ( la station de Mérens verra se succéder neuf étalons dont sept arabes et deux anglo-arabes de 1870 à 1879 ) qui font aussi tout le chic et la distinction du Mérens à la tête expressive et au chanfrein droit ou camus.

Un grand malentendu historique donc, source d’affrontement ici comme dans les autres pays d’élève des juments, entre deux visions du cheval. L’une, aristocratique privilégiant les qualités du cheval de manège et de cour, l’autre, populaire recherchant un cheval économique d’entretien, donc rustique mais aussi fort et robuste pour assurer les travaux des champs et des forêts – labours, moissons, débardage – de traits, de bâts et d’attelage ainsi que le transport des hommes ou des produits de la ferme jusqu’aux marchés locaux…

D’où la contestation d’une réglementation nationale imposant les saillies des juments autochtones par les étalons des écuries royales devenues plus tard haras nationaux. Des prescriptions mises en échec, comme nous l’évoquions, par la résistance passive des éleveurs de l’Ariège qui n’avaient, du reste, pas le loisir de conduire depuis leurs vallées encaissées leur jumenterie aux lieux de dépôts et de mise à disposition onéreuse des étalons nationaux quand la relève naturelle des générations s’accomplissait dans les luxuriantes – et non moins luxurieuses - montagnes d’estive !

Une tradition qui se perpétue encore grâce à l’intelligence de deux éminentes personnalités du monde équestre convaincues de la nécessité de préserver les qualités de la race Mérens : celles de Gabriel Lamarque, personnalité du monde hippique qui présidait la société d’Agriculture de l’Ariège et créa en 1908 des concours de sélection des meilleurs produits issus de l’indigénat; celle de Lucien Lafont de Sentenac, directeur du dépôt des Haras nationaux  de Tarbes, lui-même originaire du pays, qui accorda une place importante au Mérens dans une circonscription s’étendant au Languedoc et à la Corse. On lui doit tout l’appareil réglementaire de promotion de la race, l’arrêté préfectoral du 27 mars 1947 ouvrant un livre généalogique dont la tenue était confiée au syndicat hippique d’élevage de la race chevaline pyrénéenne ariégeoise dite de Mérens.

Depuis cette époque le dynamisme des éleveurs soutenus et accompagnés par le SHERPA Mérens, présidé par Mme Foisnel, porte ses fruits. Mais la crise aggrave les difficultés d’un élevage en soi peu rentable avec des coûts de production alourdis, des débouchés plus restreints et un désengagement de l’Institut Français du Cheval- Haras Nationaux (établissement touché lui-même par la vague de libéralisation avec son souci d’optimisation, de commercialisation et de fermeture des dépôts de proximité…). Dans ce contexte on doit se réjouir de l’attention toute particulière des politiques d’encouragement et d’aide à l’élevage du Mérens promues par le conseil régional de Midi-Pyrénées et le conseil général de l’Ariège dont la présence personnelle de son président à la manifestation de Bouan n’est pas fortuite. Il faut donc saluer cette entreprise de promotion d’un cheval de sang qui possède son propre Stud-Book en France et à l’étranger et améliore ses performances sportives pour en faire un cheval complet dans toutes les disciplines équestres du TREC au loisir et à l’endurance jusqu’à la compétition de dressage et bien sûr de l’attelage dans laquelle il excelle également. Ce cheval élégant et polyvalent constitue par ailleurs la meilleure ressource en équithérapie du fait de ses qualités mentales inégalables.

Pour toute ces raisons, la promotion du Mérens  reste un challenge majeur dans le monde du cheval. Etant moi-même, en amateur, cavalier et éleveur, vous comprendrez tout le sens de cette évocation des qualités du Mérens qui n’a rien d’incongrue dans ce blog citoyen qui encourage aussi le maintien de la biodiversité et d’un mode de vie et de développement soutenable.

Et, en ces temps d’universités d’été, cette référence trop ignorée de nos ténors à la devise du cavalier :  « En avant, calme et droit »!

X.D, le 27 août 2011

Réponse à Phila Costa

Créé par le 09 nov 2008 | Dans : Non classé

Sur ce blog citoyen, Phila Costa m’envoie le message ci-dessous avec un lien internet.

http://tunisie-harakati.mylivepage.com

« Je m’étonne de constater que le gouvernement français ainsi que le chef de l’état restent silencieux face au dossier tunisien de la jeune Sameh Harakati.
Je sais de source sûre que le mari de cette femme relance sans cesse chacun des membres du gouvernement de la France et rien ne bouge. Madame Rama Yade et Monsieur Nicolas Sarkozy, que faites-vous pour venir en aide à l’innocence de Sameh ? »

Je n’ai pas étudié ce dossier et je ne dispose pas d’éléments d’appréciation. Je me propose d’adresser ces éléments au président de ma section d’appartenance de la Ligue des Droits de l’Homme afin que cette affaire soit évoquée.

Le citoyen et ligueur, Xavier DUMOULIN

P.S : Je vous suggère d’informer la famille sur les coordonnées de la Ligue des Droits de l’Homme dont le président national est Jean-Pierre DUBOIS. LDH – 138 rue Marcadet 75018 Paris – Tél 0156555100 et Fax 0142555121 – e-mail : ldh@france.org

Notre entretien avec Georges Sarre, ancien ministre et dirigeant du MRC, en exclusivité pour le blog citoyen, socialiste et républicain

Créé par le 27 juin 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, a5-Les entretiens du blog citoyen, Débats autour de la refondation de la gauche

georgessarre.bmpX D : Dans cette dernière période, vous avez eu un rôle clef dans l’animation de ce mouvement politique. Peut-on considérer aujourd’hui - au regard des idées sur lesquelles nous nous sommes battus ces dernières années, notamment depuis Maastricht et la première guerre du Golfe – que ces idées ont avancé et que le MRC est un vecteur de renouveau ?

Georges Sarre : Tout d’abord je dirais que l’évolution du PS, évolution vers plus de libéralisme, c’est en 1983 avec la question monétaire qui a été tranchée par François Mitterrand. C’était le serpent (monétaire)  et ( ou bien ) on poursuivait dedans – et donc on savait que l’économie française souffrirait – ou bien on sortait du serpent et c’était une politique autre qui aurait été pratiquée. Le premier tournant important est celui-ci. Il y aura bien sûr après, comme vous l’avez dit, Maastricht, le référendum en mai 2005, tout cela n’a fait évidemment que fatiguer la gauche. Car la gauche aujourd’hui est – je ne dirais pas en crise – mais traverse une période d’hésitations, de reculs, de tensions tout à fait exceptionnelle. Ce matin, un camarade disait à la tribune  » Au parti communiste, il n’y a plus de discipline, chacun fait à peu près ce qu’il veut ! « . J’ai l’impression qu’il n’y a pas qu’au parti communiste !

Donc ce qui est important, aujourd’hui, avec le congrès du MRC, c’est de travailler à une vraie refondation et à quelque chose qui sera mieux qu’un rebond. C »est à dire faire ce que les hommes ( du mouvement ouvrier tentent ) depuis toujours ( de réaliser ) – enfin plus exactement depuis l’industrialisation de la France, fin 18° et au 19°siècle quand les ouvriers sont arrivés dans les villes, les métropoles régionales… avec des salaires très bas, les enfants dans les usines… – ( avec ) la recherche de l’unité ! Il suffit de prendre les premiers socialistes - je parle avant la Commune – pour comprendre qu’ils étaient très éloignés les uns des autres. Mais malgré le massacre de la commune, grâce à tout ce qui va se produire sous la Troisième république, il y aura un changement profond. Et puis ce sera l’école publique, gratuite ! Ce sera , bien entendu, le droit du travail qui avancera – ce sera plus long – et puis ce sera un pays qui deviendra profondément républicain – c’est à dire un peuple  souverain qui ne s’en laisse pas conter !

Ce qui est important, c’est que la proposition de Jean Pierre Chevènement, à mon avis, va permettre d’enclencher quelque chose de nouveau. Je ne suis pas en train de vous dire dans six mois, ce sera un parti unique !  Evidemment que non ! Pour arriver au congrès d’Epinay,  il a fallu passer par 1965. Alors là, c’est peut être deux ans, c’est peut être trois ans, c’est peut être cinq ans !

Mais le mouvement est pris et c’est ça qui est le phénomène véritablement nouveau pour nous et pour les autres !

X D : Il y a une question que je me pose en tant que militant. Comment sortir de cette contradiction par le haut ? Puisque d’une certaine façon on peut avoir un positionnement qui est très clair sur les grands enjeux de la période - sur le capitalisme financier, sur sa critique, sur toutes les réponses de fond qu’appelle la période actuelle  pour répondre aux attentes du monde du travail - mais risquer un positionnement autonome, ce n’est plus ce que l’on veut. Donc on veut mettre notre logiciel républicain au service de toute la gauche mais comment réussir ce pari sans l’édulcorer, ce logiciel républicain ?  Parce que pour autant, aujourd’hui, j’entends des choses  intéressantes mais pas que des choses intéressantes ( autour de nous )…

Georges Sarre : Personne n’est parfait. Puis que nous sommes des hommes il y a de très belles et bonnes choses et puis des dérapages, des imperfections, des erreurs. Nous sommes des hommes !

Alors, je crois que  ce qui est tout à fait intéressant, c’est de partir de l’idée que nous allons créer la dynamique…  

On ne peut pas tous les jours dire  » regardez ce qui se passe, c’est terrible… » ( en faisant comme si ) en changeant, en remplaçant Sarkozy on aurait régler le problème ! Tant que nous n’aurons pas un parti de gauche uni et rassemblé ayant sa doctrine, ayant son projet, ayant son programme,  même en cas de victoire de la gauche ce ne serait qu’une désillusion supplémentaire !

Donc, ce qui est important aujourd’hui, c’est de comprendre cette idée de rassemblement. Et les hommes et les femmes de ce pays attendent cela. Ceux de gauche, et d’autres qui seraient séduits le moment venu en se disant  » je ne les voyais pas comme ça, je ne croyais pas qu’ils aimaient la France, qu’ils comprenaient ce qu’est la république, qu’ils voulaient relever la recherche, l’éducation nationale … Ca m’intéresse, je ne suis pourtant pas socialiste mais je vais voter pour eux ! « 

Ce que l’on doit rechercher c’est ce que j’ai appellé – et d’autres avant moi – le front de classes. Il faut le rassemblement des ouvriers, employés de ménage, conducteurs de poids lourds, enseignants… Tous, ils n’ont pas stricto sensu les mêmes intérêts mais ils ont un intérêt commun ! C’est ramener la république à son meilleur niveau. C’est faire en sorte que la France soit un pays qui compte à l’échelon international et que nous ne soyons pas en permanence sous cette coupe de la commission européenne.

X D : Ce front de classes ! Je n’espérais plus entendre ce vocabulaire qui renvoie aussi à des considérations sociologiques. Sur le plan strictement politique - et pour en conclure sur ce point - ce signe fort au moment du congrès, ce processus dynamique de refondation, ça passe par quoi ? Une fédération, un parti de toute la gauche ? Quelles formes politiques cela peut-il prendre ?

Georges Sarre : Je crois que vous apportez la réponse vous-mêmes. Ce qui serait un coup de baguette magique, c’est que après une réunion de la gauche, on se retrouve ensemble pour dire on fixe la date du congrès qui sera exceptionnel, extraordinaire, etc, puis après on élit une direction, en gros on est d’accord… Non, ça ne se passera pas comme cela. Ca peut prendre six mois comme ça peut prendre cinq ans. Nul ne peut le dire ! Personne ne le sait ! Ce qui est tout à fait évident, c’est que naturellement, il y aura sans doute des propositions pour que ce soit une confédération comme il y a eu la fédération de la gauche démocrate et socialiste dans les années soixante cinq. Je ne plaide pas pour ça mais c’est quelque chose qu’il faut avoir dans la tête. Si quelqu’un, deux ou trois partis faisaient ce genre de propositions, n’importe quel sage dira concrètement mais il faut débattre. Comment ça fonctionne ? Comment tous les adhérents et les sympatisans peuvent être concernés car il ne faut pas que ce soit une opération bureaucratique avec seulement les apparachiks – avec le MRC, on ne craint rien, il n’y a pas de permanents ! – il est tout à fait évident que ça passera par une étape de ce genre. Quand, comment? Point d’interrogation !

X D : Merci de cet optimisme…

Georges Sarre : Ce n’est pas de l’optimisme.  C’est ce qu’il faut réussir !

X D : On va le faire. Merci Monsieur le Premier Secrétaire

Propos du Premier secrétaire du MRC, Georges Sarre, à la veille de céder son poste à Jean Pierre Chevènement,  donnés en exclusivité au blog citoyen, socialiste et républicain,  et recueillis par Xavier Dumoulin.

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