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Posté par sr07 le 16 jan 2010 | Dans : Amérique Latine, Articles de fond
Il arrive que des événements apparemment secondaires expriment des éléments essentiels d’une société ou d’une époque. C’est pourquoi je voudrais ici évoquer un événement passé quasiment inaperçu dans les médias cubains : la présentation et la distribution gratuite par l’Institut d’investigation culturelle Juan-Marinello, le 15 octobre, d’un cédérom contenant une édition critique des Cahiers de prison d’Antonio Gramsci et d’autres textes importants sur la vie et l’œuvre du grand théoricien communiste italien.
Qu’une institution, à l’heure où la circulation des idées est entravée par la dictature du copyright, offre un assemblage de textes importants et appelle à sa libre reproduction est déjà est en soi inhabituel. Mais le plus remarquable n’est pas le défi à la logique mercantile, ni même l’objet cédérom. «Gramsci à La Havane» pourrait n’être qu’un titre attirant pour ceux qui ignorent ceci : depuis 1997, l’Institut Juan-Marinello (alors sous la direction de Pablo Pacheco) ne cesse de faire connaître l’œuvre de ce penseur. Pour comprendre l’événement du 15 octobre, il faut l’interpréter dans le contexte de ces phénomènes les plus intéressants apparus depuis trois ans dans la société cubaine : l’influence réciproque entre un déploiement neuf et vigoureux de la société civile et le développement du débat sur les transformations à réaliser dans les structures du pays.
En juillet 2007, la direction politique la plus haute appelle la population à un débat sur les changements nécessaires. Des milliers de réunions eurent lieu dans les espaces traditionnels : organisations étudiantes et de voisinage, syndicats, etc. Mais l’exigence de débat déborda rapidement ces canaux pour se répandre dans d’autres, qui existaient déjà et qui devinrent plus importants. Ce mouvement conduisit à la création, depuis la base, de nouveaux lieux et formes d’expression. Le développement et la complexification de la société civile sautent désormais aux yeux. Parmi eux, l’Eglise catholique et certaines Eglises protestantes, avec leurs revues et centres culturels. Des institutions culturelles et de recherche organisent et - parfois - publient des débats. L’utilisation de l’Internet et des courriers électroniques est un élément important de puissance et de diffusion des opinions.
L’appareillage théorique de Gramsci permet de comprendre ce mouvement. La pensée néolibérale conçoit la société civile comme une sphère autonome, différente de la société politique. Dans le cas de Cuba, elle devient alors synonyme d’opposition à l’Etat. On l’identifie exclusivement à ce qui a été catalogué comme «dissidence». Gramsci a identifié la société civile à des espaces de socialisation politique, de transmission de codes et de valeurs, de formation des usages culturels et des règles de conduite. Il saisit la société civile dans sa compénétration profonde avec la société politique. Il relève ses contradictions internes. Il rejette la vision socialiste centrée sur l’Etat. Il affirme la nécessité du développement des formes de société civile permettant d’affronter l’hégémonie du capital ? Ces secteurs facilitent et exigent la socialisation du pouvoir. Sans leur développement, la révolution ne peut accéder à un plan supérieur.
Il arrive à Cuba quelque chose de cet ordre. Les contradictions de la société cubaine ne doivent pas nous surprendre. C’est le résultat nécessaire et enviable d’une révolution qui a prêché le développement culturel de sa population. Dans cette société, il existe des groupes qui souhaitent une restauration libérale ramenant le pays au passé d’avant 1959. Mais ce sont des groupes minoritaires. Ils ont peu d’influence sur une population viscéralement attachée aux politiques sociales qui, après un demi-siècle, sont un élément du sens commun politique cubain. L’intérêt vient d’autres groupes sociaux, différents les uns des autres, que ce soit par leurs formations ou par leurs intérêts, qui ont en commun deux choses : leur identification aux valeurs du socialisme et leur utilisation de l’Internet comme moyen d’expression. Les exemples sont nombreux : le cinéaste qui dénonce la censure de son œuvre ; l’acteur qui s’oppose à un éditorial paru dans un important journal national ; des écrivains et des artistes qui dénoncent les vieilles pratiques culturelles ; des économistes qui proposent des formes nouvelles de propriété en coopérative ; des communistes de base qui présentent des propositions de réforme pour développer le socialisme ; des sociologues et des psychologues qui analysent la question de la pauvreté à Cuba ; de jeunes publicistes qui organisent des débats sur des thèmes d’actualité. Ils utilisent tous les possibilités offertes par le cyberespace.
Ceux qui y voient un affaiblissement de la révolution se trompent. Mais il s’agit bien d’un défi à la tranquillité où fermentent bureaucrates et technocrates. Les acteurs de ces nouveaux espaces de débat permettent de construire ce que Gramsci appellerait un «consensus actif» - élément indispensable à la consolidation d’un projet socialiste. Le fait que Gramsci circule à La Havane n’est peut-être pas en soi une nouvelle, mais sa présence dans le cyberespace en est sans doute une : comme nouveauté, mais aussi comme espoir d’un peuple en un pari, celui qu’il fit de secouer le joug et l’aliénation du capitalisme.
Tribune libre dans Libé du 15/01/2010
L'intervention de Robert Fossaert - de Condorcet à Gramsci - reproduite en lien ci-dessous a été présentée au cours du colloque organisé par l'Ecole Française de Rome à l'occasion du Bicentenaire de la mort de Condorcet (1743-1794). Elle a été initialement publiée dans les Mélanges de l'Ecole Française de Rome (MEFRIM - Tome 108 - 1996 - 2).
http://www.macrosociologie.com/macrosociologie/Condorcet.html
Posté par sr07 le 27 jan 2010 | Dans : Amérique Latine
http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1338

25.01.10. Caracas. La réunion des chanceliers des pays membres de l’ALBA a abouti à huit décisions de coopération concrète avec le peuple haïtien, avec pour axe central la santé.
L’efficacité de cette coopération reposera sur une action à court, moyen et long terme, supervisée par une commission nommée à cette fin.
Le plan a pour premier point le secteur de la santé, divisé en trois phases fondamentales.
a) l’urgence, pour soigner les traumatismes et les pathologies directement produites par le tremblement de terre ;
b) l’épidémiologie, pour traiter les conséquences dérivées de l’insalubrité, avec des services de base ;
c) la réhabilitation.
20 millions de dollars ont été engagés pour commencer ce travail.
Second point : un appui financier à travers le Fond Humanitaire de l’ALBA pour Haïti, doté par les États membres dans le but de rassembler des Fonds des organisations politiques apportés de manière volontaire. Cela se développera via les collectes d’entreprises comme Pétroles du Venezuela (Pdvsa) et de l’entreprise CITGO. Pour cela le président Chávez a suggéré une première dotation de 100 millions de dollars.
Troisième point, la continuation de l’appui énergétique à travers Petrocaribe. Le président vénézuélien a souligné l’annulation de la dette d’Haïti envers Petrocaribe. Il a également annoncé la création d’un plan spécial pour l’approvisionnement direct en combustible à travers les stations-service dans les endroits stratégiques.
Elles seront orientées sous la forme d’aides gratuites pour les véhicules utilisés par les centres d’assistance humanitaire, hôpitaux et personnel de soutien, ainsi que l’aide directe à la population pour la génération d’électricité.
Quatrième point : des initiatives agricoles seront développées pour la fourniture d’aliments et des plans de production seront réactivés tels qu’ils s’effectuaient auparavant dans le cadre de l’initiative ALBA-Aliments. Débutera une campagne de reforestation, pour laquelle seront construits de petites réserves d’eau, des citernes de captation, des puits artésiens avec des camions-perforeurs, des dons de semence et d’outils agricoles tels que des machettes seront effectués, ainsi que des microtracteurs, des pelles pour la construction, dans le but de construire une école de formation en agro écologie, initiative de la Brigade de la Vía Campesina du Brésil, présente en Haïti.
L’éducation constitue le cinquième point : il s’agit de former les jeunes haïtiens à des carrières techniques de cycle court. Un plan prioritaire sera développé pour la réhabilitation et les fournitures scolaires, la formation de maîtres et la réception prioritaire d’enfants dont les parents migreraient vers des pays de l’ALBA dans des écoles de systèmes publics nationaux.
Sixième point, le chef de l’État vénézuélien a souligné l’importance d’intensifier les plans de l’ALBA en décrétant l’amnistie migratoire aux fins de faciliter le mouvement dans les deux sens :
a) Réception des familles dans les pays de l’ALBA.
b) Création d’une brigade solidaire de coopération qui apportera une aide à travers les réseaux de haïtiens qui résident au Venezuela, environ 15000 personnes.
Point sept, une étude détaillée sera faite avec des recommandations pour concentrer l’effort et refonder le développement humanitaire en Haití. A cette fin seront créés trois campements avec une capacité de loger jusqu’à 8 mille victimes à Port-au-Prince, Jacmel et Leogane, avec la logistique de l’entreprise pétrolière CITGO aux États-Unis (filiale de Pdvsa) pour acquérir les outils, les matériels spécialisés nécessaires à remettre en état les ports haïtiens. En ce sens CITGO a acheminé sur les lieux de la catastrophe 2 mille 500 transmetteurs de radio et des milliers de tentes de campagne.
Le huitième point concerne la coopération en matière de sécurité, de transport et de logistique pour réunir les efforts et appuyer le peuple de manière efficace sur le plan humanitaire.
Les représentants de l’ALBA ont souligné l’importance de ce que “les efforts pour reconstruire Haití devront veiller à ce que le peuple et le gouvernement de ce pays en soient les principaux protagonistes. Ils ont insisté sur le principe de souveraineté et d’intégrité territoriale“.
Ils ont manifesté leur préoccupation au sujet de “la présence excessive de forces militaires étrangères en Haití, sans motifs qui le justifient et sans que soient précisés leur autorité, leurs objectifs, leurs compétences et la durée de leur séjour”.
Les pays de l’ALBA rappellent que “l’instance la plus indiquée est le G-192, constitué par l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin de garantir que nul ne profite de la terrible situation que vit Haïti pour entamer une nouvelle occupation qui viole la souveraineté de ce pays et pour que nulle entrave ou restriction d’aucune sorte ne soient mises aux pays qui souhaitent coopérer”.
(FIN/ Rodicely Cárdenas Barillas)
Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve/
Posté par sr07 le 21 jan 2010 | Dans : Amérique Latine
Las noticias que llegan de Haití configuran el gran caos que era de esperar en la situación excepcional creada por la catástrofe.
Sorpresa, asombro, conmoción en los primeros instantes, deseos de prestar ayuda inmediata en los más apartados rincones de la Tierra. ¿Qué enviar y cómo hacerlo hacia un rincón del Caribe, desde China, India, Vietnam y otros puntos ubicados a decenas de miles de kilómetros? La magnitud del terremoto y la pobreza del país generan en los primeros instantes ideas de necesidades imaginarias, que dan lugar a todo tipo de promesas posibles que después se tratan de hacer llegar por cualquier vía.
Los cubanos comprendimos que lo más importante en ese instante era salvar vidas, para lo cual estábamos entrenados no sólo frente a catástrofes como esa, sino también contra otras catástrofes naturales relacionadas con la salud.
Allí estaban cientos de médicos cubanos y, adicionalmente, un buen número de jóvenes haitianos de humilde origen, convertidos en bien entrenados profesionales de la salud, una tarea en la que hemos cooperado durante muchos años con ese hermano y vecino país. Una parte de nuestros compatriotas estaban de vacaciones y otros de origen haitiano se entrenaban o estudiaban en Cuba.
El terremoto superó cualquier cálculo; las casas humildes de adobe y barro ─de una ciudad con casi dos millones de habitantes─ no podían resistir. Instalaciones gubernamentales sólidas se derrumbaron, manzanas completas de viviendas se desplomaron sobre los moradores, que a esa hora, al iniciarse la noche, estaban en sus hogares y quedaron sepultados bajo las ruinas, vivos o muertos. Las calles repletas de personas heridas clamaban por auxilio. La MINUSTAH, fuerza de Naciones Unidas, el Gobierno y la Policía quedaron sin jefatura ni puesto de mando. En los primeros instantes, la tarea de esas instituciones con miles de personas fue saber quiénes quedaban con vida y dónde.
La decisión inmediata de nuestros abnegados médicos que laboraban en Haití, así como de los jóvenes especialistas de la salud graduados en Cuba, fue comunicarse entre sí, conocer de su suerte y saber con qué se contaba para asistir al pueblo haitiano en aquella tragedia.
Los que estaban de vacaciones en Cuba se dispusieron de inmediato a partir, así como los médicos haitianos que se especializaban en nuestra Patria. Otros expertos cubanos en cirugía que han cumplido difíciles misiones se ofrecieron para partir con ellos. Basta decir que antes de 24 horas ya nuestros médicos habían atendido a cientos de pacientes. Hoy 16 de enero, a sólo tres días y medio de la tragedia, se elevaba a varios miles el número de personas afectadas que habían sido ya asistidas por ellos.
En horas del mediodía de hoy sábado, la jefatura de nuestra brigada informó entre otros datos los siguientes:
“…realmente es encomiable lo que están haciendo los compañeros. Es opinión unánime que Pakistán ha quedado pequeño -allí hubo otro gran terremoto donde algunos laboraron-; en aquel país muchas veces recibían fracturas incluso mal consolidadas, algunos aplastamientos, pero aquí ha sobrepasado todo lo imaginable: amputaciones abundantes, las operaciones prácticamente hay que hacerlas en público; es la imagen que habían imaginado de una guerra.”
“…el hospital Delmas 33 ya está funcionando; el mismo tiene tres salones quirúrgicos, con plantas eléctricas, áreas de consulta, etcétera, pero está absolutamente repleto.”
“…12 médicos chilenos se han incorporado, uno de ellos anestesiólogo; también ocho médicos venezolanos; nueve monjitas españolas; se espera la incorporación, de un momento a otro, de 18 españoles a los cuales la ONU y Salud Pública haitiana les había entregado el hospital, pero les faltaban recursos de urgencia que no habían podido arribar, por lo que decidieron sumarse a nosotros y comenzar de inmediato a trabajar.”
“…fueron enviados 32 médicos residentes haitianos, seis de ellos iban a ir directo a Carrefour, un sitio totalmente devastado. También viajaron los tres equipos quirúrgicos cubanos que llegaron ayer.”
“…estamos operando las siguientes instalaciones médicas en Puerto Príncipe:
Hospital La Renaissance.
Hospital del Seguro Social.
Hospital de la Paz.”
“…funcionan ya cuatro CDI (Centros de Diagnóstico Integral).”
En esta información se transmite sólo una idea de lo que están haciendo en Haití el personal médico cubano y de otros países que laboran con ellos, entre los primeros que llegaron a esa nación. Nuestro personal está en disposición de cooperar y unir sus fuerzas con todos los especialistas de la salud que han sido enviados para salvar vidas en ese pueblo hermano. Haití podría convertirse en un ejemplo de lo que la humanidad puede hacer por sí misma. La posibilidad y los medios existen, pero la voluntad falta.
Cuanto más tiempo se dilate el entierro o la incineración de los fallecidos, la distribución de alimentos y otros productos vitales, los riesgos de epidemias y violencias sociales se elevan.
En Haití se pondrá a prueba cuánto puede durar el espíritu de cooperación, antes de que el egoísmo, el chovinismo, los intereses mezquinos y el desprecio por otras naciones prevalezcan.
Un cambio climático amenaza a toda la humanidad. El terremoto de Puerto Príncipe, apenas tres semanas después, nos está recordando a todos cuán egoístas y autosuficientes nos comportamos en Copenhague.
Los países observan de cerca todo lo que ocurre en Haití. La opinión mundial y los pueblos serán cada vez más severos e implacables en sus críticas.

Fidel Castro Ruz
Enero 16 de 2010
Les nouvelles qui parviennent d’Haïti confirment le grand chaos qu’on était en droit d’attendre dans la situation exceptionnelle engendrée par la catastrophe.
Surprise, étonnement, commotion dans les premiers instants, désir dans les recoins les plus éloignés de la planète de prêter de l’aide sans retard… Qu’envoyer et comment le faire vers une petite île des Caraïbes depuis la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres endroits situés à des dizaines de milliers de kilomètres de distance ? L’ampleur du séisme et la pauvreté du pays génèrent dans les premiers instants des idées de besoins imaginaires qui donnent lieu à toutes sortes de promesses possibles qu’on s’efforce ensuite de concrétiser par tous les moyens.
Pour nous, Cubains, nous avons compris que le plus important était de sauver des vies, ce pour quoi nous sommes entraînés face non seulement à des catastrophes de ce genre, mais aussi à d’autres désastres naturels de nature sanitaire.
Des centaines de médecins cubains étaient déjà sur place, ainsi qu’un bon nombre de jeunes Haïtiens aux origines modestes, convertis en de bons professionnels de la santé, car c’est à cela que nous avons consacré notre coopération avec ce pays frère et voisin depuis de longues années. Une partie de nos compatriotes était toutefois en vacances, tandis que des Haïtiens se formaient ou étudiaient à Cuba.
Le tremblement de terre a dépassé tous les calculs : les modestes demeures de pisé et de torchis – dans une ville de presque deux millions d’habitants – ne pouvaient pas résister. De solides bâtiments publics se sont effondrés, des îlots entiers se sont écroulés sur leurs habitants qui se trouvaient chez eux alors que la nuit tombait et qui furent ensevelis sous les ruines, vivants ou morts. Les personnes blessées qui remplissaient les rues réclamaient des secours. La force des Nations Unies (MINUSTAH), le gouvernement et la police se sont retrouvés sans direction ni commandement. Ces institutions employant des milliers de personnes se sont attelées dans les premiers moments à la tâche de savoir quelles sont celles qui étaient en vie et où.
La première chose qu’on faite nos médecins dévoués en Haïti et les jeunes spécialistes de la santé formés à Cuba, c’est de communiquer entre eux afin de connaître leur sort et de savoir sur quoi ils pouvaient compter pour aider le peuple haïtien dans cette tragédie.
Ceux qui étaient en congés à Cuba et les médecins haïtiens qui suivaient une spécialisation dans notre pays se sont aussitôt préparés à partir. D’autres experts cubains en chirurgie qui avaient rempli des missions difficiles se sont offerts à les accompagner. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, nos médecins avaient déjà soigné des centaines de patients. Aujourd’hui, 16 janvier, à peine trois jours et demi après la tragédie, ils avaient traité plusieurs milliers de victimes.
Ce samedi midi, la direction de notre brigade a informé entre autres :
« Ce que font les compagnons est vraiment digne d’éloge. Ils sont tous d’avis que ce qui s’est passé au Pakistan pâlit en comparaison [il y a eu là-bas un grave séisme où certains ont travaillé]. Là-bas, ils avaient dû soigner bien des personnes ayant souffert de fractures, parfois mal consolidées, ou l’écrasement de membres, mais ici ça dépasse tout ce qu’ont peut imaginer : de nombreuses amputations ; il faut pratiquement amputer en plein air : c’est l’image de ce qu’ils avaient supposé se passer pendant une guerre.
« … l’hôpital Delmas 33 fonctionne déjà ; il compte trois blocs opératoires dotés de groupes électrogènes, des secteurs de consultation, etc., mais il est absolument bondé.
« …douze médecins chiliens nous ont rejoints, dont un anesthésiste, ainsi que huit médecins vénézuéliens, et neuf religieuses espagnoles ; on attend d’un moment à l’autre dix-huit Espagnols auxquels l’ONU et le ministère haïtien de la Santé publique avaient confié l’hôpital, mais qui n’avaient pas les ressources d’urgence qui n’avaient pas pu arriver, si bien qu’ils ont décidé de se joindre à nous et de commencer à travailler sans retard.
« …trente-deux médecins haïtiens résidents ont été envoyés ici, dont six allaient partir directement à Carrefour, un endroit totalement dévasté. Les trois équipes de chirurgiens cubains qui sont arrivées hier ont aussi fait le voyage.
« …nous opérons dans les installations médicales suivantes à Port-au-Prince : l’hôpital La Renaissance, l’hôpital de la Sécurité sociale et l’hôpital de la Paix.
« …quatre centres de diagnostic intégral fonctionnent aussi. »
Cette information donne une petite idée de ce que font en Haïti les personnels médicaux de Cuba et ceux d’autres pays qui travaillent avec eux, parmi les premiers à être arrivés dans ce pays. Notre personnel est disposé à coopérer et à joindre ses forces avec tous les spécialistes de la santé envoyés de partout pour sauver des vies dans ce peuple frère. Haïti pourrait se convertir en un exemple de ce que l’humanité peut faire pour soi. La possibilité et les moyens existent ; c’est la volonté, toutefois, qui fait défaut.
Plus l’on mettra de temps à enterrer ou à incinérer les morts, à distribuer des aliments et d’autres produits vitaux, et plus les risques d’épidémies et de violences sociales s’aggraveront.
Haïti permettra de prouver combien de temps l’esprit de coopération durera avant que ne l’emportent l’égoïsme, le chauvinisme, les intérêts mesquins et le mépris d’autres nations. Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Le séisme de Port-au-Prince nous rappelle à tous, à peine trois semaines après, à quel point nous avons été égoïstes et suffisants à Copenhague !
Les pays observent de près tout ce qu’il se passe en Haïti. L’opinion publique mondiale et les peuples seront de plus sévères et implacables dans leurs critiques.
Fidel Castro Ruz
Le 16 janvier 2010
Posté par sr07 le 19 jan 2010 | Dans : Amérique Latine
1 18 /01 /2010 23:36
Le Collectif de Solidarité avec la Bolivie
et l'Association Kollasuyo Bolivia
Vous invitent à l'investiture du deuxième mandat
du Président de l'Etat Plurinational de Bolivie
Evo Morales Ayma
et à la Fête de l'EKEKO
(Fête de l'abondance, de la prospérité, de l'amitié et du partage)
CONFERENCES, DOCUMENTAIRES, MUSIQUE, DANSES, RESTAURATION
“ALASITAS”
N'oubliez pas d'apporter des plats, tartes, salées, sucrées, gâteaux
pour partager en toute convivialité (sauf boissons)
Samedi 23 janvier 2010
Entrée libre
De 17h00 à 22h00
Espace ROBESPIERRE
2, rue Robespierre, 94200 Ivry sur Seine
Metro : Mairie d'Ivry Sur Seine (Ligne N° 7 La Courneuve - Mairie d'Ivry), RER C
Information Tél. : 06 99 57 02 27 - 06 17 62 51 11
Posté par sr07 le 06 déc 2009 | Dans : Amérique Latine
LE CONSEJO PRO BOLIVIA ET ALBA-FRANCIA
Ont le plaisir de vous inviter à partager autour d’un verre
la retransmission des résultats des
élections présidentielles et législatives en Bolivie
A l’Espace ECAL, 12 rue Auger 75020 Paris
M° Avron/Nation.
Le 6 décembre 2009 de 21h30 a 0h30
Info : 06..28.32.77.44 ou 06.98.44.34.81 -
Tinkuy del Grupo Semilla
con la voz de Evo
Más información:le discours du président après sa victoire électorale
RED CONSEJO PRO-BOLIVIA EUROPA
www.pro-bolivia.net
cpbeuropa@gmail.com
Posté par sr07 le 15 nov 2009 | Dans : Amérique Latine
Posté par sr07 le 29 sept 2009 | Dans : Amérique Latine
Les forces de l'ordre honduriennes ont investit, lundi 28 septembre, les locaux d'une radio et d'une télévision d'opposition pour les empêcher d'émettre. Depuis l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, le président déchu Manuel Zelaya a appelé la communauté internationale à l'aide, trois mois jour pour jour après sa destitution.
Vers 5 h 30 du matin heure locale (13 h 30 en France), les émissions de Radio Globo se sont tues. Des policiers et militaires ont investi les locaux de la station située dans le centre de la capitale du Honduras. Quatre personnes se trouvaient dans la radio au moment de l'arrivée des forces de l'ordre, a déclaré le directeur de la radio Juan-David Romero, qui se trouvait à l'intérieur. “Nous avions préparé la fuite, avec une échelle et des cordes”, a-t-il témoigné. Non loin de là, les locaux de la chaîne 36 de télévision ont également été investis par la police. Un policier sur place a montré le texte émis par l'organisme de supervision des télécommunications, Conatel, qui ordonnait la fermeture, justifiée par les “atteintes à l'ordre public” dont est accusé ce média.
Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, qui parlait régulièrement à ces deux médias grâce auxquels il faisait passer des messages à ses partisans, a peu après appelé la communauté internationale à“réagir immédiatement” face à cette situation, qui pourrait conduire selon lui à sa propre disparition. “Ils ont fait taire les seules voix du peuple hondurien. Ils tuent notre esprit, de manière cruelle et inhumaine”, a déclaré Manuel Zelaya.
LES ÉTATS-UNIS CHANGENT DE TON
Quelques heures plus tôt, le ministère français des affaires étrangères avait fait part de la préoccupation de la France, pour les “graves atteintes” portées aux garanties constitutionnelles et aux libertés au Honduras.
Dimanche soir, le gouvernement putschiste avait en effet annoncé la signature d'un décret s'apparentant à l'instauration de l'état de siège, restreignant pendant quarante-cinq jours la liberté de réunion, de circulation ou encore de presse.
La Maison Blanche a quant à elle changé de ton vis-à-vis de la situation au Honduras. Après avoir estimé que le retour de Manuel Zelaya constituait une chance de résoudre la crise politique dans ce pays, un représentant américain à l'Organisation des Etats américains l'a qualifié “d'irresponsable”. “Il ne sert ni les intérêts du peuple hondurien, ni de ceux qui travaillent au rétablissement pacifique de l'ordre démocratique au Honduras”, a-t-il déclaré.
LEMONDE.FR | 28.09.09 | 21h58
Posté par sr07 le 24 sept 2009 | Dans : Amérique Latine
Le président Zelaya de retour au Honduras
Rassemblements Place St Michel à Paris
le jeudi 24 et le lundi 28 septembre
de 18h à 20h
Lundi 21 septembre, le président constitutionnel hondurien Manuel Zelaya est rentré au Honduras, près de trois mois après le coup d’Etat du 28 juin dernier. Pour soutenir son retour, des milliers de Honduriens se sont alors rassemblés à Tegucigalpa, devant l’ambassade du Brésil, où Manuel Zelaya s’est réfugié.
Le gouvernement de facto a aussitôt établi un couvre-feu, et a coupé l’électricité dans ce quartier. Roberto Micheletti actuellement à la tête du pouvoir et représentant d’une oligarchie des plus réactionnaires, a appelé le Brésil « à respecter le mandat d'arrêt dicté contre M. Zelaya en le remettant aux autorités compétentes du Honduras ». Ce gouvernement de facto doit être refusé, ainsi que toutes élections qu'il pourra organiser.
Le Frente Nacional de Resistencia contra el Golpe de Estado au Honduras annonce une répression violente à l’égard des manifestants, alors que depuis des mois, le Peuple hondurien, soulevé pacifiquement depuis l'enlèvement de son président élu, est réprimé de plus en plus violemment par la police et les militaires.
La solidarité internationale est urgente. Les organisations françaises et latino-américaines ci-dessous, qui se félicitent du retour du président Manuel Zelaya, appellent donc à une forte mobilisation sur la place Saint Michel à Paris dans le Vème, le 28 septembre prochain, à 18h30, afin d’exiger :
- La restitution immédiate et inconditionnelle de Manuel Zelaya en tant que président
- Le respect de la liberté d’expression et d’opinion ainsi que de l’intégrité physique des manifestants
- La libération des détenus et la sanction de la répression militaire
- La remise en route du processus de l’assemblée constituante à travers la «cuarta urna»*
- L’Europe ne doit pas reconnaître le gouvernement putschiste ou toute élection qui soit organisée par lui, et doit suspendre toute aide matériel ou appuis économiques avec ce gouvernement
Les Etats-Unis doivent suspendre toute aide militaire et économique au gouvernement de fait de Micheletti, tel qu’il a été décidé par l’Assemblée Générale de l’ONU et de l’OEA.**
Il faut dénoncer le rôle des fonctionnaires de l’administration Bush encore en poste, complices des putschistes au Honduras.
En outre il est nécessaire de dénoncer la présence des bases militaires étasuniennes en Colombie, qui n’ont pour but que de déstabiliser de la région et servir d’appui logistique aux Etats-Unis.
Seul le Peuple a le droit de choisir son président.
Toute atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales dans le monde concerne aussi la France et l’Europe !
*La « Quatrième urne » pour les élections en novembre 2009, proposée par le gouvernement Zelaya, serait destinée à une consultation populaire permettant au peuple hondurien de s’exprimer sur l’introduction dans la constitution de dispositions sur la démocratie participative.
**Organisation des Nations Unies et Organisation des Etats Américains
Posté par sr07 le 12 sept 2009 | Dans : Amérique Latine
Héros fragiles, un DVD proposé par Le Monde diplomatique
Un projet de loi présenté le 8 septembre par la présidente chilienne Michelle Bachelet propose de mettre un terme à la « Loi réservée du cuivre » (Ley reservada del cobre). Edictée sous le gouvernement du général Augusto Pinochet (1973-1990), celle-ci octroie aux Forces armées 10 % des revenus générés par l’exportation de la principale richesse du pays : le cuivre. Grâce à (ou à cause de) cette mesure héritée de la dictature, le Chili est le pays latino-américain qui dépense le plus pour ses militaires – après le Brésil (immense) et la Colombie (enlisée dans un conflit). Son budget de la défense n’a cessé de croître de manière impressionnante ces dernières années, plaçant le pays au 12e rang des destinataires mondiaux d’armements pour la période 2003-2007 (4,9 milliards de dollars en 2007) .
Tout en réincorporant le budget militaire dans le budget national, la loi proposée par Mme Bachelet, si elle est votée, pourrait permettre d’affecter une part plus importante des revenus du cuivre, gérés par l’entreprise publique Corporación del Cobre (Codelco), aux insuffisants et indispensables programmes sociaux.
En son temps — celui de la guerre froide — c’est ce que voulait faire, toutes choses égales par ailleurs, Salvador Allende. Elu le 4 septembre 1970, partisan d’un socialisme démocratique, il nationalise les banques, la grande industrie et… les mines de cuivre (propriété des multinationales américaines). On sait ce qu’il en advint. Le président Richard Nixon et son secrétaire d’Etat Henry Kissinger donnent des instructions directes à la Central Intelligence Agency (CIA) pour « faire craquer l’économie chilienne » (« Make the economy scream »). Grèves (en particulier des camionneurs) et manifestations se succèdent sur la droite du gouvernement de l’Union patriotique (UP), occupations de terres et d’usines se multiplient sur sa gauche, ne facilitant pas son action. Tandis qu’une campagne médiatique haineuse et souvent mensongère, menée par le quotidien El Mercurio, prépare le terrain, l’état-major de l’insurrection regroupe l’organisation fasciste Patrie et Liberté, le Parti national, les officiers putschistes. L’ambassadeur américain Harry Schlaudeman – qui a participé à l’invasion de la République dominicaine en 1965 – assure la coordination entre les militaires chiliens et la CIA.
Le 11 septembre 1973, la flotte entre à Valparaiso et l’armée attaque le palais présidentiel de la Moneda. C’est de là qu’Allende émet son dernier discours, transmis par Radio Magallanes : « Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. (…) Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure. (…) Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu’au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison. »
Plutôt que de se rendre, Allende se suicidera.
Le documentaire Héros fragiles d’Emilio Pacull revient sur ces événements. Dans ce voyage intime vers le passé, sous-titré « Chili 1973, affaire non classée », Pacull, après une longue absence, se lance sur les traces de son beau-père, Augusto Olivares, proche collaborateur d’Allende qui, lui aussi, s’est donné la mort dans le palais de la Moneda le 11 septembre 1973. A travers des archives, des extraits de films de fiction, des entretiens avec victimes, militants, anciens de l’Unité populaire et des acteurs (repentis ou non) du coup d’Etat, Pacull livre un travail d’investigation remarquable. Il permet également de (re)découvrir, in vivo pourrait-on dire, le rôle du patronat chilien, des médias et des Etats-Unis, dans cette page marquante de l’histoire qui a mené le Chili de l’utopie socialiste au « paradis » néolibéral.
Maurice Lemoine http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-09-11-L-autre-11-Septembre
Héros fragiles, d’Emilio Pacull, Editions Montparnasse, 2009, 83 minutes.
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Posté par sr07 le 15 août 2009 | Dans : Amérique Latine, Santé-social-logement
Des premiers cas de grippe porcine ont été déclarés chez des Indiens d'Amazonie, les Matsigenka du Pérou, rapporte l'ONG Survival, qui craint une “contagion dévastatrice” parmi les peuples isolés de la planète n'ayant “aucune immunité contre les maladies extérieures”. L'ONG, qui milite pour la défense de la vie, des terres et de l'avenir des peuples indigènes, s'inquiète notamment du sort des Aborigènes d'Australie et des communautés des Premières Nations au Manitoba (Canada).
L'anthropologue Glenn Shepard, expert des Indiens matsigenka, estime que “l'arrivée de la grippe A chez les Matsigenka est particulièrement préoccupante puisqu'ils ont des contacts intermittents avec des groupes d'Indiens très isolés qui vivent à proximité”, rapporte l'ONG sur son site internet. Or, explique le professeur de médecine à l'université de Bristol, Stafford Lightman, “les Indiens isolés n'ont aucune immunité face aux maladies contagieuses qui se répandent parmi notre société industrielle et seront particulièrement vulnérables à la grippe A. Cela pourrait être dévastateur et pourrait contaminer simultanément des communautés entières.”
Afin d'illustrer son cri d'alarme, Survival met en ligne le témoignage de Jorge, un Indien murunahua, qui se souvient de la tragédie qu'a connue son peuple dans les années 1990 lors de sa première rencontre avec un groupe de bûcherons. La moitié des siens avait alors succombé à la grippe, un virus jusque-là inconnu dans sa communauté :
Selon les autorités locales péruviennes, les sept indigènes contaminés, qui vivent le long du rio Urubamba en Amazonie, sont désormais “hors de danger”. “Le groupe d'indigènes affectés a reçu le traitement adéquat. Ils ont réagi favorablement et sont en train de guérir. Il n'y a aucun problème majeur”, a déclaré le directeur régional des services de santé de Cusco (Sud-Est), Santiago Saco Mendez, cité par l'agence officielle Andina.
Survival redoute néanmoins que le virus ne se transmette à la quinzaine de groupes isolés vivant au Pérou. Parmi eux, les Cacataibos, les Isconahua, les Matsigenka, les Mashco-Piro, les Mastanahua, les Murunahua (ou Chitonahua), les Nanti ou encore les Yora habitent dans les régions les plus reculées de la forêt amazonienne. L'ONG affirme en outre qu'en Australie, près d'un Aborigène sur dix meurt de la grippe A, et que le taux d'infection parmi les communautés des Premières Nations au Manitoba (Canada) est de 130 pour 100 000, contre 24 pour 100 000 pour l'ensemble de la population.